Les derniers avis (32325 avis)

Couverture de la série Le Spirou de Yoann & Vehlmann - Les Géants pétrifiés
Le Spirou de Yoann & Vehlmann - Les Géants pétrifiés

Yoann et Vehlmann nous proposent un Spirou écartelé entre tradition et modernité. Il est loin l'uniforme du petit groom. Spirou avec ses sneakers, son jean moulant et son blouson adopte un look de baroudeur résolument moderne. Il n'hésite pas à faire le coup de poing et à flirter avec une jolie Indonésienne. Contrairement à Fantasio ou Champignac avec leurs costumes cravatés. Mais changement total pour l'action, Spirou devient le gardien des traditions par rapport à un Fantasio qui choisit la voie moderne. Une querelle des anciens et des modernes version Maoris. J'aime bien que des auteurs éloignés de la série mère fassent un one-shot en toute liberté de création graphique et scénaristique. L'unique contrainte est de respecter l'esprit de nos deux ( trois? quatre?) héros. C'est le cas dans l'album, même si le côté sentimental appuyé que vivent Spirou et Fantasio nous sort des habitudes. Le trait de Yoann est dynamique mais trop anguleux à mon goût. De plus Champignac en directeur de labo genre super sérieux a perdu sa folie amusante. C'est Martin qui apporte toute la folie à l'histoire, il en sera récompensé, quoique... Quant à Fantasio, en dandy quasi chauve, il me fait penser à un trader de la City en vacances sur son yacht. De même je trouve la représentation des jeunes Maoris pas très gratifiante et leurs références culturelles cantonnées au Seigneur des Anneaux un peu lourdes. Il y a quelques faiblesses dans le scénario. Toucher légalement à un patrimoine archéologique est quasi impossible partout dans le monde et tout particulièrement en Nouvelle-Zélande ou en Australie. De même la fin est un peu facile avec cette introduction de quasi-fantastique qui permet de punir les méchants à bon compte. J'aime bien les couleurs proposées même si certains mariages peuvent jurer. Une aventure sous-marine permettait d'explorer de nombreuses nuances de bleus d'éclairages sur les fonds marins toujours magnifiques. C'est quelquefois le cas mais je trouve les fonds décrits a minima avec des teintes trop sombres. Je trouve la couverture très belle mais la quatrième toute rouge pas à mon goût. Une lectures sympathique tout de même. J'aurais mis 3.5 donc je choisis 4 pour remonter la moyenne que je trouve sévère.

10/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Perdita Queen
Perdita Queen

J’ai découvert Crisse avec cet album, une petite claque à l’époque. Je viens de le relire et il garde toute ma sympathie, l’un des meilleurs lus de son auteur (avec les 2 premiers Kookaburra ;) ). La nostalgie a bien du jouer mais j’ai eu beaucoup de plaisir à m’y replonger. On (re)connait les tics de l’auteur mais ici ça passe plutôt bien je trouve, un peu moins racoleur que d’autres de ces œuvres (malgré la couverture de 95), une narration bien maîtrisée et on a droit à de chouettes couleurs d’Anyk. Un petit thriller fantastique qui se passe à Salem, alternant passé-présent, bien mené. L’album vieillit bien, c’est rapide et efficace. A noter une suite « Griffin Dark »tout simplement à éviter !!! Du coup un 4* généreux pour les bons souvenirs et que l’histoire s’autosuffit.

09/05/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Raptor
Raptor

Ce "Raptor" est envoûtant, mystique et poétique. Le Pays de Galles au XIX° siècle, l'histoire de deux hommes, l'un, Arthur, a perdu sa femme, l'autre, Sókol (faucon en slave) erre dans un monde fantastique chassant les monstres. Mon troisième McKean et ils ont tous un point commun, celui d'avoir comme fil conducteur un animal. Le chat pour Cages, le chien pour Black Dog - Les Rêves de Paul Nash et ici un rapace et plus particulièrement un faucon. Dans la mythologie celtes, le faucon est la mémoire du monde, un symbole ascensionnel, il annonce aussi la victoire de la lumière sur les ténèbres. Il aura toute sa place dans ce récit. Une narration a deux niveaux, l'un ancré dans le réel et l'autre dans l'imaginaire. Je me suis laissé aller au gré des ressacs, les ressacs de l'art, la nature, la vie et la mort. Des thèmes exploités de façon lyrique. Quelle maestria ! Visuellement c'est toujours aussi beau et les couleurs sont superbes. Du travail d'orfèvre. Une lecture immersive. Un diamant ciselé. Note réelle : 4,5.

09/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Captivé
Le Captivé

Étrange histoire que celle-ci, que j’ai un temps cru totalement inventée, mais qui se révèle au final des plus authentiques. Et un dossier final présente très bien le sujet, avec en sus une bonne bibliographie. Le dessin, efficace et volontairement vieillot, est très simple, naturel. Il entretient en tout cas une atmosphère quelque peu décalée, autour de ce personnage soumis à des pulsions improbables : sur un coup de tête, il quitte tout et part dans de longs périples, incapable de résister à ces appels au voyage. D’autant plus qu’il se révèle posséder d’incroyables capacités d’endurance. Ce « marcheur fou », traité comme un malade, n’est-il pas en fait le précurseur d’autres fous plus actuels, drogués à l’effort, qui enchainent les ultra trails et autres iron man ? Le personnage du médecin qui le « traite » est lui aussi intéressant. Adepte de méthodes douces – au contraire de ses confrères – et au parcours atypique, il va nouer des liens d’amitié avec son patient. Il est vrai que lui aussi souhaite sortir des sentiers battus, et qu’il est le précurseur de grandes courses cyclistes. Bref, un album intéressant, vite lu, mais qui sort de l’ordinaire, et qui pousse à la réflexion. Note réelle 3,5/5.

09/05/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série La Ville qui n'existait pas
La Ville qui n'existait pas

De mon côté, je n’hésite franchement pas à donner un avis positif à cette BD. J’ai pas 30 piges et pourtant cette histoire m’a emporté dans une nostalgie de moments que je n’ai pas vécus. La longue première partie m’a happé. L’ambiance qui s’y dégage me rappelle ces moments où des doyens de l’industrie me racontaient leurs histoires. C’est très poignant et je retrouve cette relation de camaraderie franche, impulsée notamment par l’engagement syndical des travailleurs. Voilà ce que j’ai ressenti et je trouve ça très beau. J’avoue être étonné que l’on mette en avant le fait que les personnages soient trop caricaturés, en ce qui me concerne j’ai un regard complètement différent. Et pour moi qui entends facilement les discours des uns et des autres à différents niveaux de la hiérarchie, il n’y a pas une seule réplique qui soit tirée par les cheveux. Avec la mort lente de la culture ouvrière française, cette BD m’embarque dans une mélancolie assez particulière. C’est triste, mais franchement pas que. Travaillant dans l’industrie et vivant dans le Nord actuellement, on trouve facilement les vestiges d’une région malade qui a été trop longtemps écartée. C’est ce tableau qui est dressé par Bilal (on peut faire un tableau bien plus coloré et joyeux sur cette région attention). C’est fou à quel point je le trouve toujours aussi actuel. Et son dessin est vraiment réussi je trouve, heureusement avec son style de l’époque qui s’y prête bien. Il y a un je-ne-sais-quoi de poétique et quelque chose qui me pousse à la réflexion, rien qu’à travers le dessin. Le partie où un rêve se réalise m’a également attiré graphiquement, notamment par ces couleurs. Pour moi, pas besoin d’avoir plus de planches dédiées sur ce moment, je comprends à la clôture du bouquin que je ne recherchais pas ça, mais seulement la problématique qui nous était posée. Faut il chercher à connaître la réalité pour être heureux? Est ce que les contraintes de la réalité nous en empêchent ? Faut-il être ignorant? Quels rêves nous restent ils en vivant dans une société parfaite? Des rêves où l’on ne s’y trouve pas ? Et finalement, quand est-ce que cette ville existe ? En tout cas moi, l’épilogue m’emporte complètement. Vous l’aurez compris, pour moi cette BD est un mix ambiance/réflexion qui m’a énormément plu. L’histoire en tant que telle et ces personnages m’ont un tout petit peu moins captivé. Encore que ! J’ai beaucoup apprécié le mystère environnant de l’héritière, les langues de bois qui l’entourent, les ouvriers méfiants. C’est assez simple mais je n’en demande pas plus alors je considère tout ça bien dosé. Vraiment je vous conseille la lecture, ça ne vieillit pas d’un poil a mes yeux!

09/05/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série Henri Désiré Landru
Henri Désiré Landru

J'avais besoin d'une nouvelle dose de Chabouté. Cet auteur crée de grandes histoires. Et Henri Désiré Landru ne manque pas à la règle. Encore et toujours, je pénètre dans l'ambiance dès le départ. Ces 3 premières planches sont vraiment incroyables, ce muet nous permet déjà de capter l'endroit, le moment de la journée, l'ambiance, la temporalité de l'évènement, la Mort qui s'envole en faisant "bzzzzzz"... Hallucinant, quelle superbe introduction. Poussé par la curiosité, j'ai regardé l'histoire officielle de cet homme, Henri Désiré Landru, condamné à mort pour avoir tué 11 femmes. Si les faits sont accablants et ne laissant quasiment aucun doute, Chabouté s'amuse à jouer avec le "quasiment" pour remodeler l'histoire. D'un serial killer méticuleux et machiavélique, le voici présenté ici comme un vulgaire escroc miséreux ne sachant pas sortir des griffes de ce couple maître-chanteur, qui le force à attirer des femmes seules, isolées et bourgeoises dans sa Villa de campagne. Le scénario, macabre et très réaliste, donne un résultat très cohérent. L'intelligence de l'auteur est d'avoir exploité son récit à partir d'éléments issus de la véritable enquête : l'organisation de Henri Désiré, ses objets, les indices qui ont permis d'élucider l'affaire, l'usage des véritables noms des victimes, etc. Et puis, ce dessin... Vraiment parmi les plus beaux noir et blanc de l'histoire de la BD. Pour qui a lu plusieurs Chabouté (je commence à entrer dans ce club mine de rien), peut-être ne suis-je pas le seul à regretter le physique de ses personnages, qui se ressemblent trop souvent. Entre cette BD (publication en 2006) et Yellow Cab (2021), j'aimerais voir davantage d'évolution en tant que lecteur. Pour cette histoire, le personnage principal est tout de même différent par rapport aux autres, fidèle à la réalité, et c'est le principal. Nous ne sommes pas vraiment surpris par l'intrigue, même si des zones d'ombre traînent jusqu'à la fin. Je pense que Chabouté souhaite surtout porter notre regard sur la psychose des individus, pouvant vriller à cause d'un environnement effrayant et dévastateur (ici Première Guerre Mondiale). L'épilogue semble l'expliquer assez concrètement. J'aimerais voir davantage les BD de Chabouté garnirent les rayons de nos librairies. Ce sont de très belles histoires, sombres et angoissantes, que je trouve très souvent bouleversantes. Très singulier, ça mérite la lecture, la relecture, et je ne peux donc que conseiller l'achat.

08/05/2022 (modifier)
Par Borh
Note: 4/5
Couverture de la série Les Montagnes hallucinées (Tanabe)
Les Montagnes hallucinées (Tanabe)

J'ai lu le roman il y a une 20aine d'années, il m'en a laissé un très bon souvenir, comme une de mes histoires favorites de Lovecraft, mais je ne me souvenais pas de tous les détails. Cela m'a permis de redécouvrir l'histoire sans pouvoir réellement comparer au roman, ce qui est le mieux quand on veut profiter d'une adaptation. J'ai trouvé l'histoire toujours aussi excellente, et je pense qu'on peut en profiter sans problème même sans connaître le roman d'origine. Concernant les dessins, je suis un peu plus mitigé. Les personnages sont très bien dessinés, les visages sont détaillés et très expressif, on devine très bien ce qu'ils ressentent. Par contre les décors sont parfois un peu confus. Heureusement, les personnages décrivent souvent ce qu'ils sont en train de voir (comme dans le roman), ça permet de comprendre ce qu'on est censé voir, mais bon, dommage que ce soit nécessaire. En tout cas globalement un très bon manga, une très bonne histoire. Peut-être pas indispensable pour ceux qui ont déjà lu le roman, mais pour les autres, si vous préférez lire cette histoire en BD, allez-y, c'est excellent et vous n'y perdrez rien.

08/05/2022 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5
Couverture de la série L'Histoire du Corbac aux Baskets
L'Histoire du Corbac aux Baskets

Il m’a bien fait rire ce corbac. Pourtant ce n’était pas gagné, je n’ai jamais réussi à lire Philémon plus de quelques pages. J’ai bien fait de réessayer l’humour de Fred sur cet album qui est réputé pour être de son meilleur cru. Ce personnage se retrouve dans un univers un peu kafkaïen. Il est vraiment touchant. En proie à l’incompréhension, victime de tous les ostracismes, il tente de comprendre et de se défendre. Son psy est improbable, mais ne manque pas de finesse somme toute. Quant à la famille dingue qu’il rencontre, elle est …. dingue. L’absurde le dispute au loufoque, mais finalement c’est plutôt amusant de voir comment chaque personnage réagit avec une logique implacable mais qui lui est propre. Surtout le corbeau, fou mais lucide. Le dessin de Fred est toujours trop brouillon à mon goût, surtout les personnages. En revanche j’ai beaucoup aimé les décors alambiqués de la grande maison. Je veux le même papier peint chez moi. Avis aux hermétiques à Philémon, essayez le corbac !

08/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Spirou à Berlin
Spirou à Berlin

Cet album paru 30 ans, presque jour pour jour, aprés la chute du mur de Berlin peut être lu comme un double ( ou triple ?) hommage. Hommage aux manifestants Berlinois qui ont su faire tomber sans violence un régime policier bien organisé. Hommage aux créateurs de la série et à l'éditeur qui permettent à Flix de donner libre court à son talent sur une série phare de la BD franco-belge. Il y a tellement de séries figées avec des héros qui ne changent jamais en plusieurs dizaines d'années que cela en devient un brin conformiste et ennuyeux. Spirou est une exception dans ce monde et je trouve cela bienvenu. Dans un monde à l'ambiance de QRN avec un appareil à la Zorglub, des singes cousins des Brothers et une poignée de main à la Tome et Janry dans" la Vallée des Bannis", Flix n'oublie pas à qui il doit sa création. Pour autant cela ne l'empêche pas d'imprimer sa marque et son style pour cet album. Le graphisme est un peu désorientant mais c'est justement ça que je trouve bien, cela empêche une sorte de sclérose des héros ( et du lecteur). On s'y fait vite car le trait de Flix est très vivant avec ces visages très humoristiques remplis d'expressions amusantes. Il fallait une bonne dose d'humour pour reproduire une structure comme la Stasi sans tomber dans l'excessif ni le réalisme froid qui nous sortiraient de l'esprit de la série. La fin de l'aventure est assez traditionnelle et rappelle les films d'espionnages des années 70 où ce passage à l'Ouest était toujours un moment crucial et dramatique. C'est aussi un hommage à tous ceux qui ont perdu la vie en tentant ce passage. Une bonne lecture divertissante et agréable.

08/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Séjour en Afrique
Séjour en Afrique

La préface de Jodorowsky nous prévient, nous entrons dans du bizarre. Ni carnet de voyage, ni roman graphique traitant du colonialisme ( encore que) les auteurs ,qui ne n'étaient jamais allés en Afrique si j'en crois la préface, nous offrent un conte poétique fantasmé et quelque peu hermétique. Une sorte de poésie typée Mallarmé influencé par un graphisme à la Munch? Evidemment cela surprend car le graphisme d'Alain Garrigue vient vous chercher pour vous mettre mal à l'aise. Le rêve de l'ethnologue se transforme en cauchemar dès son arrivée. Lui le Français bardé de diplôme, suffisant ( "Le chef me dit "bonjour" dans un français impeccable." lol) avec son rationnalisme et sa technologie va se faire happer par la magie de ce continent qui a su garder le lien avec ses traditions ancestrales. Pourtant les villages du continent en ont connus des orages au cours des siècles. (La liste est trop longue). Toujours avec résillience , le village s'est reconstruit un peu plus loin. Oui un peu comme Mallarmé, les auteurs ne peignent pas la chose mais l'effet qu'elle produit. Nous sommes submergés par cette eau qui se veut porteuse de vie mais qui in fine détruit tout et apporte la mort ( un petit goût de colonialisme non?), submergés par ces bouches qui crient au dessus du désastre. Un dernier mot sur les magnifiques couleurs produites par J. Alessandra ses rouges et ses noirs sont chauds, vivants presqu'envoûtants... Un peu comme cet album pas si facile. Une oeuvre de création qui sort des sentiers battus.

08/05/2022 (modifier)