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La Ville qui n'existait pas

Note: 3.19/5
(3.19/5 pour 26 avis)

Une ville de rêve, où les enfants sont rois, les femmes libres, les hommes égaux, heureux et sans souci. Où l'on vérifie une nouvelle fois que l'utopie comme l'enfer ont ceci de commun qu'ils sont tous deux pavés d'excellentes intentions.


Bienvenue dans le Nord ! Enki Bilal Pierre Christin Utopies, Dystopies

C'est la crise dans cette ville minière du Nord. Le vieux patron est mort et les syndicats ne savent pas qui est cette nouvelle héritière en chaise roulante. Pourtant le pari de cette femme dépasse l'imagination. Mais le rêve et l'utopie sont-ils à même de remplacer la vie simple et le bonheur d'être libre ? Une nouvelle collaboration entre Bilal et Christin et une nouvelle critique de notre société.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 1977
Statut histoire One shot (fait partie des Légendes d'aujourd'hui) 1 tome paru
Couverture de la série La Ville qui n'existait pas © Les Humanoïdes Associés 1977

02/07/2002 | Hô-Behnit
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Par Solo
Note: 4/5
L'avatar du posteur Solo

De mon côté, je n’hésite franchement pas à donner un avis positif à cette BD. J’ai pas 30 piges et pourtant cette histoire m’a emporté dans une nostalgie de moments que je n’ai pas vécus. La longue première partie m’a happé. L’ambiance qui s’y dégage me rappelle ces moments où des doyens de l’industrie me racontaient leurs histoires. C’est très poignant et je retrouve cette relation de camaraderie franche, impulsée notamment par l’engagement syndical des travailleurs. Voilà ce que j’ai ressenti et je trouve ça très beau. J’avoue être étonné que l’on mette en avant le fait que les personnages soient trop caricaturés, en ce qui me concerne j’ai un regard complètement différent. Et pour moi qui entends facilement les discours des uns et des autres à différents niveaux de la hiérarchie, il n’y a pas une seule réplique qui soit tirée par les cheveux. Avec la mort lente de la culture ouvrière française, cette BD m’embarque dans une mélancolie assez particulière. C’est triste, mais franchement pas que. Travaillant dans l’industrie et vivant dans le Nord actuellement, on trouve facilement les vestiges d’une région malade qui a été trop longtemps écartée. C’est ce tableau qui est dressé par Bilal (on peut faire un tableau bien plus coloré et joyeux sur cette région attention). C’est fou à quel point je le trouve toujours aussi actuel. Et son dessin est vraiment réussi je trouve, heureusement avec son style de l’époque qui s’y prête bien. Il y a un je-ne-sais-quoi de poétique et quelque chose qui me pousse à la réflexion, rien qu’à travers le dessin. Le partie où un rêve se réalise m’a également attiré graphiquement, notamment par ces couleurs. Pour moi, pas besoin d’avoir plus de planches dédiées sur ce moment, je comprends à la clôture du bouquin que je ne recherchais pas ça, mais seulement la problématique qui nous était posée. Faut il chercher à connaître la réalité pour être heureux? Est ce que les contraintes de la réalité nous en empêchent ? Faut-il être ignorant? Quels rêves nous restent ils en vivant dans une société parfaite? Des rêves où l’on ne s’y trouve pas ? Et finalement, quand est-ce que cette ville existe ? En tout cas moi, l’épilogue m’emporte complètement. Vous l’aurez compris, pour moi cette BD est un mix ambiance/réflexion qui m’a énormément plu. L’histoire en tant que telle et ces personnages m’ont un tout petit peu moins captivé. Encore que ! J’ai beaucoup apprécié le mystère environnant de l’héritière, les langues de bois qui l’entourent, les ouvriers méfiants. C’est assez simple mais je n’en demande pas plus alors je considère tout ça bien dosé. Vraiment je vous conseille la lecture, ça ne vieillit pas d’un poil a mes yeux!

09/05/2022 (modifier)
L'avatar du posteur bamiléké

Voilà un tableau nostalgique des luttes syndicales ouvrières des années 70 en France. Christin et Bilal ne se sont pas trompés en peignant leur conte socio-utopique dans un des berceaux de l'industrialisation française , celle du Nord. C'est une région que j'aime beaucoup et où j'ai travaillé de nombreuses années en Sidé. C'est un petit reproche que je fais aux auteurs de mettre l'accent sur la pluie et la tristesse des villages Nordistes. Je n'en ai pas du tout le même souvenir car c'est une région où il fait très bon vivre avec un patrimoine industriel, agricole et un bord de mer préservé magnifique. La charge contre le patronnat paternaliste du Nord et leurs directeurs est bien présente mais sans plus à mon avis. Ces directeurs vont d'ailleurs adhérer assez vite au projet futuriste de Madeleine. Là encore Bilal et Christin s'approprient un sujet innovant et révolutionnaire du moment: la création de ville nouvelle. Il y a un peu un côté Disneyland dans la ville de Madeleine,et l'on voit à la fin de l'ouvrage que c'est un demi-echec par manque d'ouverture. A villes nouvelles, idées nouvelles en terme d'urbanisme, de gestion, d'écologie semblaient proposer les auteurs. C'est un thème d'une actualité vivante ici mais partout dans le monde. Vraiment les oeuvres de Christin et Bilal méritent d'être relues avec un oeil contemporain. Je ne m'étendrais pas sur la qualité du dessin de Bilal puisque tout a été dit. D'ailleurs je préfère son dessin de ses années de jeunesse que celui de Bug. A lire et relire.

05/04/2022 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
L'avatar du posteur gruizzli

Après lecture de cette BD, je suis plutôt mitigé sur le résultat final. Je comprends ce que les auteurs ont voulu créer, mais je ne suis pas vraiment rentré dedans et j'ajouterai que je ne suis pas foncièrement d'accord avec le sujet. Un point de vue totalement personnel, bien sur. Le dessin de Bilal m'a beaucoup plu dans cette Bd, alors que généralement je n'en suis pas un grand fan. Notamment à cause de ses situations figées, et ses attitudes raides, mais ici il a quelque chose de plus vivant, de plus dynamique. J'ai été assez surpris de la fantasy de certaines cases également, bien que ce soit le ton du récit qui le demande, et j'ai trouvé que le style de Bilal collait plutôt bien ! Il retranscrit également à merveille l'ambiance du Nord minier, ces villes et ces cités ouvrières qui tombèrent en décrépitude au cours du siècle dernier. Niveau scénario, j'ai retrouvé quelques choses déjà évoqué dans La Croisière des Oubliés, autour de la question des populations délaissées par un monde moderne, une touche de poésie mais aussi de mélancolie, un final un peu amer ... Mais encore une fois, j'ai l'impression qu'il manque réellement quelque chose, une petite touche plus marquante dans l'histoire. J'ai l'impression que l'auteur voulait faire quelque chose sans trop y parvenir. C'est dur de mettre exactement le doigt sur ce qui me dérange dans ce récit, et il faudra sans doute que je le relise. Mais voila, sans être un extraordinaire et inoubliable récit, il a quelques idées que j'ai bien aimées, et un récit qui oscille entre optimisme et pessimisme. C'est plutôt original dans le déroulé et je ne le déconseillerais pas à la lecture !

12/03/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

3ème album de la série "Légendes d'aujourd'hui", fruit de la collaboration entre Christin et Bilal, c'est sans doute le moins intéressant par son sujet, contrairement à Le Vaisseau de Pierre, Les Phalanges de l'ordre noir et Partie de chasse (pas encore lu La Croisière des Oubliés). C'est sans doute pour ça que c'est aussi celui qui m'a le moins impressionné. L'idée de départ n'est pas mauvaise, mais la narration s'englue dans des remous complexes, il n'y a pas de rythme, c'est trop statique, le récit ne m'a pas du tout passionné... Question dessin par contre, c'est très intéressant : le style graphique de Bilal commence à muter, à prendre légèrement forme, on est en 1977 lorsque le récit parait dans Pilote, c'est à dire que son style est à mi-chemin entre le style de Moebius et celui qui sera le sien plus tard, froid, clinique, un peu raide, aux contours dépourvus de hachures... style qui se stabilisera sur "la Foire aux immortels". On perçoit ici quelques détails graphiques typiques de ce changement, notamment dans la forme des visages et des profils.

10/09/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Aïe aïe aïe ! Des trois albums de Bilal et Christin regroupés dans la série des « Légendes d’aujourd’hui », c’est celui que j’ai le moins aimé. Comme pour les deux autres, un long – ici très et trop long ! – préambule présente le « décor » de l’intrigue, à savoir la crise économique et ses conséquences dans les vieilles industries du Nord de la France dans les années 1970 (allusion aux Boussac et autres magnats du textile ou de la sidérurgie). Même si les conséquences des fermetures d’usines sur la vie des ouvriers et de leur famille, ainsi que des villes et régions où ils « vivent » est hélas encore d’actualité, le sujet et son traitement sont plus que datés, très années 70, c’est lourd, ennuyeux. Et même si le dessin de Bilal (d’avant Nikopol) est bon, la partie « fantastique » de l’histoire, en fin d’album, est courte et peu intéressante : contrairement aux deux autres opus de la même veine, rien pour rattraper ce début mollasson. De plus, le côté utopique est vraiment trop dégoulinant de bons sentiments, peu crédible, et finalement aussi lourd que le début de l’album. Et franchement daté ! Je suis plutôt fan du travail de Bilal, mais c’est le premier album auquel il a participé que j’ai eu du mal à finir !... Le seul aussi d’ailleurs, heureusement.

04/12/2013 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 2/5
L'avatar du posteur DamBDfan

Même si l’histoire pousse à la réflexion, j’ai trouvé sa lecture un poil ennuyante et peu percutante. Les dialogues sont parfois flous, complexes et manquent de détails surtout qu’on ne saura pas grand-chose de cette « Ville qui n’existe pas ». Dommage car il y avait de quoi exploiter. A part ça, l’ambiance pessimiste sur fond de crise sociale est bien retranscrite par les dessins de Bilal que j’aime toujours autant accompagnés de couleurs froides, grisâtres propres au style. Une demi déception. 2.5/5

28/08/2013 (modifier)
Par yann75000
Note: 4/5

Bilal est un auteur de bande dessinée à part. Il s'est imposé comme l'un des artistes les plus importants du 9e Art alors que ses premières bandes dessinées sont bien datées, revival 70, avec un Christin au stylo qui défend les vieux principes d'une bande dessinée d'éthique politique, écrivant pour crier la rage des chevelus d'après 68 gerbant sur un monde capitaliste, aigri et égoïste. Donc un vieux machin de BD radotant sur des idées vieillotes et surannées idéalisant un monde de partage et de compréhension mutuelle. Mais voilà, aujourd'hui, même si leurs bandes dessinée sentent le roussi, c'est le monde d'aujourd'hui qui hurle à l'incendie. Et il faut lire et relire cette bande dessinée qui déjà prévoyait le lamentable destin de notre monde à l'agonie. C'est en visionnaire qu'il faut comprendre "La ville qui n'existait pas". Il y a sans doute une certaine naïveté dans le récit, mais que peut on opposer maintenant à ces auteurs qui formulaient un cri d'alarme artistique qui devient l'écho de notre société en pleine dégénérescence. Il est également très intéressant de voir le trait de Bilal à ses début, comprendre l'évolution d'un artiste qui en est aujourd'hui à sa pleine maturité. On peut lui reprocher une certaine naïveté dans le trait hachuré et gras qui campe des personnages un peu caricaturaux. Mais une bande dessinée, c'est aussi une atmosphère, un discours, et de ce point de vue, l'accord parfait de ces deux auteurs, Bilal et Christin, nous parle, nous interroge. Une bande dessinée, ce n'est pas obligatoirement s'oublier un instant devant un joli récit. "La ville qui n'existait pas" est sans doute le modèle d'une bande dessinée politique pas très moderne, mais tout de même assez importante pour la lire aujourd'hui, réfléchir à hier pour imaginer demain, et aujourd'hui, surtout aujourd'hui, nous en avons bien besoin.

29/11/2010 (modifier)
Par bedelisse
Note: 1/5

Franchement côté scénario, cela m’a vraiment gonflé. C’est tristement ennuyant du début jusqu’à la fin. De plus j’ai du mal à saisir le message que l’auteur cherche à faire passer. C’est flou et en plus on a du mal à comprendre les intérêts des uns et des autres protagonistes de l’histoire. Ils sont d’ailleurs trop nombreux à mon goût. Ensuite côté graphique, je pense qu’il faut vraiment être fan de Bilal pour apprécier. Personnellement, je n’aime pas du tout son trait de crayon (surtout les personnages que je trouve tous vraiment laids). La mise en couleur est plutôt sombre voire macabre.

28/11/2010 (modifier)
Par jurin
Note: 3/5

J’ai particulièrement apprécié la première partie du récit, c’est un peu caricatural mais l’ambiance, la vie sociale de cette citée industrielle est bien décrite. A l’époque il y avait beaucoup de villes où les patrons organisaient la vie de leurs ouvriers de la naissance à la mort. La deuxième partie est décevante, l’héritière du groupe Hannard crée une nouvelle ville mais avec le même mode de fonctionnement (le labeur en moins), elle organise la vie des gens sans les consulter ! Je ne sais pas si c’est voulu par le scénariste mais Madeleine me paraît de moins en moins sympathique au fil du récit. La fin me semble bâclée, il y a quand même mieux à offrir aux gens que cette prison dorée !

23/05/2010 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Une critique sociale encore incroyablement actuelle supporte un scénario finalement fort basique de Christin. Les personnages sont caricaturaux, les situations sont convenues et le dénouement est prévisible. Le dessin de Bilal est égal à lui-même (pour les œuvres de cette époque) : énormément de hachures, un style assez carré mais un charme étrange et indéfinissable. L’ensemble se lit sans ennui et plaira sans aucun doute aux soixante-huitards, qui retrouveront au travers de cette lecture leurs doutes et leurs espérances de l’époque. Une œuvre de musée … d’actualité, car finalement rien ne change en ce bas monde.

28/04/2009 (modifier)