La Ville qui n'existait pas

Note: 3.13/5
(3.13/5 pour 23 avis)

Une ville de rêve, où les enfants sont rois, les femmes libres, les hommes égaux, heureux et sans souci. Où l'on vérifie une nouvelle fois que l'utopie comme l'enfer ont ceci de commun qu'ils sont tous deux pavés d'excellentes intentions.


Bienvenue dans le Nord ! Enki Bilal Pierre Christin Utopies, Dystopies

C'est la crise dans cette ville minière du Nord. Le vieux patron est mort et les syndicats ne savent pas qui est cette nouvelle héritière en chaise roulante. Pourtant le pari de cette femme dépasse l'imagination. Mais le rêve et l'utopie sont-ils à même de remplacer la vie simple et le bonheur d'être libre ? Une nouvelle collaboration entre Bilal et Christin et une nouvelle critique de notre société.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 1977
Statut histoire One shot (fait partie des Légendes d'aujourd'hui) 1 tome paru
Couverture de la série La Ville qui n'existait pas
Les notes (23)
Cliquez pour lire les avis

02/07/2002 | Hô-Behnit
Modifier


L'avatar du posteur Agecanonix

3ème album de la série "Légendes d'aujourd'hui", fruit de la collaboration entre Christin et Bilal, c'est sans doute le moins intéressant par son sujet, contrairement à Le Vaisseau de Pierre, Les Phalanges de l'ordre noir et Partie de chasse (pas encore lu La Croisière des Oubliés). C'est sans doute pour ça que c'est aussi celui qui m'a le moins impressionné. L'idée de départ n'est pas mauvaise, mais la narration s'englue dans des remous complexes, il n'y a pas de rythme, c'est trop statique, le récit ne m'a pas du tout passionné... Question dessin par contre, c'est très intéressant : le style graphique de Bilal commence à muter, à prendre légèrement forme, on est en 1977 lorsque le récit parait dans Pilote, c'est à dire que son style est à mi-chemin entre le style de Moebius et celui qui sera le sien plus tard, froid, clinique, un peu raide, aux contours dépourvus de hachures... style qui se stabilisera sur "la Foire aux immortels". On perçoit ici quelques détails graphiques typiques de ce changement, notamment dans la forme des visages et des profils.

10/09/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Aïe aïe aïe ! Des trois albums de Bilal et Christin regroupés dans la série des « Légendes d’aujourd’hui », c’est celui que j’ai le moins aimé. Comme pour les deux autres, un long – ici très et trop long ! – préambule présente le « décor » de l’intrigue, à savoir la crise économique et ses conséquences dans les vieilles industries du Nord de la France dans les années 1970 (allusion aux Boussac et autres magnats du textile ou de la sidérurgie). Même si les conséquences des fermetures d’usines sur la vie des ouvriers et de leur famille, ainsi que des villes et régions où ils « vivent » est hélas encore d’actualité, le sujet et son traitement sont plus que datés, très années 70, c’est lourd, ennuyeux. Et même si le dessin de Bilal (d’avant Nikopol) est bon, la partie « fantastique » de l’histoire, en fin d’album, est courte et peu intéressante : contrairement aux deux autres opus de la même veine, rien pour rattraper ce début mollasson. De plus, le côté utopique est vraiment trop dégoulinant de bons sentiments, peu crédible, et finalement aussi lourd que le début de l’album. Et franchement daté ! Je suis plutôt fan du travail de Bilal, mais c’est le premier album auquel il a participé que j’ai eu du mal à finir !... Le seul aussi d’ailleurs, heureusement.

04/12/2013 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 2/5

Même si l’histoire pousse à la réflexion, j’ai trouvé sa lecture un poil ennuyante et peu percutante. Les dialogues sont parfois flous, complexes et manquent de détails surtout qu’on ne saura pas grand-chose de cette « Ville qui n’existe pas ». Dommage car il y avait de quoi exploiter. A part ça, l’ambiance pessimiste sur fond de crise sociale est bien retranscrite par les dessins de Bilal que j’aime toujours autant accompagnés de couleurs froides, grisâtres propres au style. Une demi déception. 2.5/5

28/08/2013 (modifier)
Par yann75000
Note: 4/5

Bilal est un auteur de bande dessinée à part. Il s'est imposé comme l'un des artistes les plus importants du 9e Art alors que ses premières bandes dessinées sont bien datées, revival 70, avec un Christin au stylo qui défend les vieux principes d'une bande dessinée d'éthique politique, écrivant pour crier la rage des chevelus d'après 68 gerbant sur un monde capitaliste, aigri et égoïste. Donc un vieux machin de BD radotant sur des idées vieillotes et surannées idéalisant un monde de partage et de compréhension mutuelle. Mais voilà, aujourd'hui, même si leurs bandes dessinée sentent le roussi, c'est le monde d'aujourd'hui qui hurle à l'incendie. Et il faut lire et relire cette bande dessinée qui déjà prévoyait le lamentable destin de notre monde à l'agonie. C'est en visionnaire qu'il faut comprendre "La ville qui n'existait pas". Il y a sans doute une certaine naïveté dans le récit, mais que peut on opposer maintenant à ces auteurs qui formulaient un cri d'alarme artistique qui devient l'écho de notre société en pleine dégénérescence. Il est également très intéressant de voir le trait de Bilal à ses début, comprendre l'évolution d'un artiste qui en est aujourd'hui à sa pleine maturité. On peut lui reprocher une certaine naïveté dans le trait hachuré et gras qui campe des personnages un peu caricaturaux. Mais une bande dessinée, c'est aussi une atmosphère, un discours, et de ce point de vue, l'accord parfait de ces deux auteurs, Bilal et Christin, nous parle, nous interroge. Une bande dessinée, ce n'est pas obligatoirement s'oublier un instant devant un joli récit. "La ville qui n'existait pas" est sans doute le modèle d'une bande dessinée politique pas très moderne, mais tout de même assez importante pour la lire aujourd'hui, réfléchir à hier pour imaginer demain, et aujourd'hui, surtout aujourd'hui, nous en avons bien besoin.

29/11/2010 (modifier)
Par bedelisse
Note: 1/5

Franchement côté scénario, cela m’a vraiment gonflé. C’est tristement ennuyant du début jusqu’à la fin. De plus j’ai du mal à saisir le message que l’auteur cherche à faire passer. C’est flou et en plus on a du mal à comprendre les intérêts des uns et des autres protagonistes de l’histoire. Ils sont d’ailleurs trop nombreux à mon goût. Ensuite côté graphique, je pense qu’il faut vraiment être fan de Bilal pour apprécier. Personnellement, je n’aime pas du tout son trait de crayon (surtout les personnages que je trouve tous vraiment laids). La mise en couleur est plutôt sombre voire macabre.

28/11/2010 (modifier)
Par jurin
Note: 3/5

J’ai particulièrement apprécié la première partie du récit, c’est un peu caricatural mais l’ambiance, la vie sociale de cette citée industrielle est bien décrite. A l’époque il y avait beaucoup de villes où les patrons organisaient la vie de leurs ouvriers de la naissance à la mort. La deuxième partie est décevante, l’héritière du groupe Hannard crée une nouvelle ville mais avec le même mode de fonctionnement (le labeur en moins), elle organise la vie des gens sans les consulter ! Je ne sais pas si c’est voulu par le scénariste mais Madeleine me paraît de moins en moins sympathique au fil du récit. La fin me semble bâclée, il y a quand même mieux à offrir aux gens que cette prison dorée !

23/05/2010 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Un critique social encore incroyablement actuelle supporte un scénario finalement fort basique de Christin. Les personnages sont caricaturaux, les situations sont convenues et le dénouement est prévisible. Le dessin de Bilal est égal à lui-même (pour les œuvres de cette époque) : énormément de hachures, un style assez carré mais un charme étrange et indéfinissable. L’ensemble se lit sans ennui et plaira sans aucun doute aux soixante-huitards, qui retrouveront au travers de cette lecture leurs doutes et leurs espérances de l’époque. Une œuvre de musée … d’actualité, car finalement rien ne change en ce bas monde.

28/04/2009 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Je m'attendais à lire une oeuvre véritablement fantastique comme indiqué dans le genre. J'ai plutôt été surpris par cette lecture. Simplement, l'héritière d'une famille d'industriels d'une région du Nord durement touchée par la crise souhaite réaliser le rêve de la construction d'une ville idéale pour apporter la prospérité à des habitants meurtris. Aux Etats-Unis, des expériences similaires ont déjà été menées. Je ne vois pas en quoi ce rêve paraît utopique. Et dire qu'il y en a toujours pour s'enfuir et préférer la triste réalité. Cette réflexion est purement personnelle car je vois gros venir les objections. Cette bd donne en tout cas des pistes intéressantes et nous fait réfléchir sur la civilisation qu'on souhaite bâtir au milieu de tout ces hommes véreux à la recherche de toujours plus de puissance financière. Mais que se passera t-il si un jour tout devait s'écrouler ? En tout cas, j'adhère au rêve de Mademoiselle Madeleine. ;)

11/10/2008 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

Après les deux premiers tomes ennuyants qui dénonçaient avec facilité la destruction de l'environnement et où il ne se passait finalement pas grand chose à part un village qui vole et des morts qui ressuscitent, je pensais que le dernier tome qui possède un thème différent allait être bon. Malheureusement, il se ne passe pas grand chose non plus dans ce tome. Les personnages passent leur temps à parler et à dire que la situation actuelle va mal. Il faut attendre la page 40 pour qu'on commence à parler de la ville. J'étais alors heureux car on allait enfin voir ce qui allait se passer dans la ville, mais finalement il ne s'y passe pas grand chose. La seule chose que j'ai aimée ce sont les paroles du type contre la ville qui n'existe pas, mais c'est peu pour racheter l'album.

10/10/2008 (modifier)
Par Nijal
Note: 4/5

Il y a déjà un bon bout de temps que je voulais lire ce classique des années 70. Ce style de BD m'était complètement étranger, Bilal et Christin sont des auteurs que je ne connaissais pas; à vrai dire je pensais que "Christin Bilal" était le nom de l'auteur! Je me suis donc lancé dans cette oeuvre un peu craintif mais curieux de ce que j'allais découvrir, et je dois dire que ce mélange étrange de réalisme social, d'histoire industrielle et de contre-utopie m'a étonné. Mais en premier lieu je me dois de préciser que cette BD a eu d'autant plus d'impact sur moi que l'action se déroule dans une région que je connais bien. Les courées, les longs alignements rectilignes de maisons de brique rouge et marron, les cheminées d'usines, tout cela m'est très familier et la ville de Jadencourt ne m'a pas du tout semblé étrangère. Tout d'abord "la ville qui n'existait pas" est l'un des plus magistrales représentations de réalisme social. Bien que l'on ne nous montre pas la vie quotidienne de ces ouvriers et ouvrières, on sent toute la pesanteur et la pénibilité de leur condition sociale. Petite parenthèse historique: à partir des années 60 et 70, les régions de Lorraine et du Nord sont affectées par une énorme crise industrielle, qui détruit des pans entiers de l'économie en particulier le charbon et le textile. Les conséquences sociales sont désastreuses. Le lien social qui unissait le patronat au monde ouvrier se déchire, et de grandes grèves secouent les bastions ouvriers. Dans cette BD, nous assistons à l'une d'entre elle. Il est simple de dire que les patrons se sont enrichis sur le dos et la sueur des ouvriers, mais Christin est plus subtil que cela. Jules Hannars, le grand patron qui vient de mourir, est le dernier représentant d'un "paternalisme social-chrétien". Les cadres supérieurs de son groupe ont oublié l'ancien lien social, et sont pour la plupart prêts à sacrifier Jadencourt. La crise a donc aussi ébranlé le patronat dont les convictions ont évolué vers un capitalisme beaucoup moins paternaliste. C'est la fin d'une époque qui nous est contée, et le début d'un nouveau lien social, plus dur mais sans doute moins hypocrite que le précédent. Cette BD, dans une seconde mesure, est aussi une contre-utopie. Je ne peux pas dire que cette contre-utopie soit particulièrement bien réussie, mais elle est amenée d'une façon suffisamment surprenante pour étonner le lecteur. Cette contre-utopie est rendue effrayante car elle est le résultat d'un projet raisonné. A mon sens, cette oeuvre est terriblement pessimiste. Face à un environnement dur et sombre, l'homme ne serait-il capable de se réfugier que dans des cités idéales cloisonnées et soit-disant parfaites? Mais ces mondes utopiques n'existent que dans l'esprit de l'homme, car dans la réalité l'Idéal n'existe pas et ne peut pas exister. D'où le titre de cette oeuvre. Même si cette BD fait preuve de remarquables qualités, dont un dessin sombre à souhait et même parfois glauque, reflet d'un présent glacé, plusieurs défauts m'empêchent d'élever la note. Notamment un rythme qui s'étiole au fur et à mesure, et une fin somme toute assez décevante. Néanmoins je pourrai élever la note, si la stimulation intellectuelle que "la ville qui n'existait pas" m'a apporté était amenée à se prolonger.

06/08/2006 (MAJ le 01/11/2007) (modifier)