Les Phalanges de l'ordre noir

Note: 3.04/5
(3.04/5 pour 27 avis)

40 ans aprés la révolution espagnole la phalange de l'ordre noir refait son apparition. Ses adversaires de tout temps se réunissent à nouveau pour les combattre. Christin fait un portrait de ces personnes qui partent en guerre sans vraiment savoir pourquoi et qui défendent une idéologie qui n'est plus d'actualité ni comprise par tout le monde.


Enki Bilal La Guerre civile espagnole Pierre Christin Terrorisme

Une dépêche vient de tomber : "Le petit village (72 Hab) de Vièves, Aragon, a été totalament détruit et l'ensemble de ses habitants éxécutés, le 11 janvier, vers 19h00 ... Une cassette envoyée à une radio madrilène revendique l'attentat ... la déclaration est signée "Les phalanges de l'ordre noir"". Pritchard, journaliste à Londres, prend l'affaire en main. Aux vues de l'enthousisame de la rédaction porté à cette histoire il décide de reconstituer le groupe de la XVeme brigade internationale qui, 40 ans plus tôt, s'est déjà opposée à cette phalange. De Madrid à Paris en passant par Palerme, Munich, Amsterdam ... notre vieille phalange anti-terroriste arrivera-t'elle à venir à bout de l'ordre noir ?

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 1979
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Phalanges de l'ordre noir
Les notes (27)
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18/04/2002 | Ottonegger
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L'avatar du posteur Noirdésir

Tiens, c’est marrant, je pensais avoir avisé cet album depuis longtemps, avec les autres séries de Bilal ? Voilà donc un oubli aujourd’hui réparé. Après les trois albums de la série des « Légendes d’aujourd’hui », dans lesquelles ils mêlaient intrigue social et influences plus ou moins fantastiques dans diverses régions françaises, le duo Christin / Bilal s’est donc décidé à franchir les frontières – et même plusieurs, puisque cet album traverse, en long, en large et en travers une bonne partie de l’Europe de l’ouest. Les deux auteurs traiteront de l’Europe de l’est et ses démocraties populaires dans leur collaboration suivante (Partie de chasse). Une dizaine de vieillards, de diverses nationalités, rescapés des Brigades internationales et ayant « réussi » socialement depuis la guerre d’Espagne, se retrouvent quarante ans plus tard pour lutter contre un groupe terroriste, « Les phalanges de l’ordre noir » donc, réunissant lui d’anciens franquistes qu’ils avaient jadis combattus. L’histoire se laisse lire, même si c’est parfois un peu trop verbeux. Et si certaines situations paraissent improbables (ils ont de beaux restes ces anciens, rangés mais prêts à redevenir guérilleros !). Le final montre que Christin souhaitait mettre dos à dos toutes les formes de violence, qu’elles soient d’extrême droite ou d’extrême gauche, dans ces années de plomb que furent les années 1970. Là encore, comme pour les « Légendes d’aujourd’hui », l’actualité innerve l’intrigue (même si ici le fantastique est absent). Le dessin de Bilal – avec ses têtes de personnages très particulières, est bon, avec bien plus de couleurs que dans les trois albums précédents du duo. Il « explosera » l’année suivante avec « La foire aux immortels », premier tome de l’excellente trilogie Nikopol.

26/12/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Sentiment un brin mitigé après une relecture de cette bande que je possède depuis sa sortie. Comme le dit McClure dans son avis, le discours de Bilal concernant la légitimité des actions actuelles de nos septuagénaires possède un petit aspect propagande avec lequel je ne peut être d'accord. Quoi qu'il en soit cela est sans doute du au fait que je ne connais pas assez cette période pourtant actuelle de l'histoire Italienne pour me prononcer. A mon sen s les choses doivent être plus complexes qu'il n'y parait, les choses ne peuvent être ni noires ni blanches. Au delà de cette importante réserve je doit reconnaitre un talent certain à E.Bilal pour nous conter son histoire, plus triste, plus pathétique qu'autre chose. Certes cette histoire comporte des passages un peu mous ou les différents protagonistes se lancent dans d'interminables diatribes idéologiques d'un autre temps se qui ralenti le récit. Celui ci est tout de même suffisamment fort pour que l'on aille jusqu'au bout comme ces "soldats" d'une autre guerre. Hormis la réserve que j’émettais en début d'avis cette histoire mérite le détour, pour voir le dessin de Bilal à ses débuts, (il a beaucoup épuré depuis!) et (re)découvrir une tranche de notre histoire récente.

29/03/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

En 1975, Bilal reprend avec La Croisière des Oubliés, le concept des Légendes d'aujourd'hui dans le journal Pilote que Christin avait initié avec Tardi en 1972 (Rumeurs sur le Rouergue). "Les Phalanges de l'ordre noir" en 1979 est le 4ème tome de cette série de one-shots que les auteurs vont hisser au sommet, et s'attaquent à un sujet graveleux et foncièrement politique, sur fond de guerre d'Espagne ; le discours est même engagé. Même si ce récit n'est pas le meilleur, à travers ces vieillards vengeurs qui 40 ans après veulent abattre d'anciens combattants franquistes, Christin livre une épopée cruelle et dérisoire qui sort la bande dessinée de sa formule classique basée sur la notion de héros et d'aventure, ouvrant ainsi le champ à une BD adulte dans ce qu'elle a de plus ardu, et prouvant qu'elle pouvait aborder des sujets sérieux. C'est une Bd au sujet fort et complexe, mais le scénario a tendance à se languir par endroits, d'où un manque de rythme entre un début qui démarre fort avec le massacre du village espagnol, et la fin qui est un vrai carnage. Certains passages sont même franchement ennuyeux avec des dialogues inutiles où les personnages se complaisent dans une nostalgie et une apologie de leurs actions. En gommant cet aspect, je trouve que le récit aurait pu se développer de façon moins molle. En même temps, c'est une réflexion sur l'engagement politique, les convictions profondes, le vieillissement, les illusions perdues... les héros sont fatigués voire pathétiques, de ce côté là, Christin a bien cerné ses personnages. Bilal, débarrassé d'un graphisme à la Moebius, assoit son style très pictural et très reconnaissable. Même si ce sujet ne fait pas partie des récits où je me sens à l'aise, je ne me vois pas l'acheter et le garder dans ma bibli, mais ça reste une solide lecture au ton grave, qu'il serait dommage d'ignorer.

09/02/2014 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5

Suite à un attentat en Espagne perpétré par un groupe d’extrême droite, des anciens des Brigades Internationales décident de repartir au combat et d’affronter leurs anciens ennemis. L’idée de base est alléchante. Des septuagénaires viennent défendre par la lutte armée les deux grandes idéologies totalitaires des années trente et quarante. Les auteurs ont peu de sympathie pour leurs personnages, enfermés dans leur dogmatisme idéologique et en complet décalage avec leur époque. Cet affrontement anachronique met tous les protagonistes dans le même sac, n’ayant rien retenu des leçons de l’histoire. J’ai trouvé l’œuvre très forte. Certes, quelques longueurs et mollesses dans le scénario viennent casser quelque peu le rythme. Mais l’intrigue est excellente, tout comme l’ambiance générale de l’album, poisseuse et désespérée. A découvrir absolument !

10/12/2012 (modifier)
Par McClure
Note: 2/5

Je viens d'aviser Partie de Chasse, que j'ai plutôt apprécié malgré une déception importante sur la trame scénaristique, très en retrait de l'intérêt historico-politique. Les défauts que j'ai trouvé dans cette histoire ressortent tous ici, mais ils sont exacerbés par d'énormes écueils au niveau du scénario et de l'implication induite de ce dernier. Niveau dessin, d'abord, je retrouve les défauts majeurs de Bilal évoqué dans l'avis sur Partie de Chasse à savoir des visages trop communs qui se mélangent au fil de l'histoire, où l'on est sans arrêt en réflexion pour se rappeler qui est qui, et cela nuit à la dynamique de lecture. Le scénariste nous livre en pagaille ses personnages, avec leur CV et leur passé. L'entrée en matière en flash back augure d'une bonne histoire, là encore tramée sur la grande Histoire, de la guerre d'Espagne à la lutte armée opposant fascisme et communisme. On est donc sur de bons rails pour qq'un de friand, comme je le suis, d'histoire et de connaissance. Mais au lieu de rentrer dans L'Histoire, on se contente de suivre la cavale d'une troupe septuagénaire qui se rappelle ses grandes heures de lutte tout en remettant en cause certains aspects de celle ci, via un certain embourgeoisement. Ces personnages deviennent vite assez inintéressants, se perdent dans de longues diatribes qui nuisent à la narration et n'apportent que peu d'intérêt en final. Enfin ce qui me dérange le plus dans cette œuvre, c'est le manichéisme de l'auteur, clairement tourné vers la réhabilitation des "brigades rouges" contre les "brigades noires". Et si cela s'est justifié dans la lutte contre Franco lors de la guerre civile ibérique, si la lutte armée contre les fascismes européens des années 40 était une bonne chose, les meurtres et attentats des années 50 à 80 sont beaucoup moins légitimes. Du coup, j'apprécie moins le cours d'histoire lorsqu'il est tourné en propagande.

27/12/2011 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

2.5 Un one-shot avec des bonnes et des mauvaises choses. Le point de départ de cette aventure est intéressant et j'étais vraiment emballé après la présentation des différents protagonistes. Malheureusement, mon intérêt pour l'histoire est devenu de plus en plus petit au fil des pages. L'album est trop long et si certains passages sont captivants, plusieurs sont aussi très ennuyeux et les péripéties sont répétitifs: les héros arrivent dans un pays, font deux-trois trucs et il s'en vont dans un autre pays parce que les méchants sont déjà partis. De plus, bien que la fin soit excellente, je la trouve aussi un peu trop prévisible. Ça se laisse lire, mais l'intrigue aurait pu être beaucoup mieux.

26/01/2011 (modifier)

Une petite déception pour moi qui suis habituellement plutôt fan des œuvres de Bilal. Je ne m'appesantirai pas sur le dessin car le trait de Bilal est très personnel. On aime ou on n'aime pas. Moi j'aime beaucoup. La déception concerne essentiellement le scénario qui, comme l'ont souligné beaucoup de lecteurs, traine un peu trop en longueur et manque cruellement de rythme. L'idée de départ était pourtant originale et la réflexion sur le vieillissement intéressante mais l'ensemble manque de documentation et la psychologie des personnages n'est pas assez développée. Ce one-shot reste correct mais en deçà des autres ouvrages de cet auteur. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 5/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 8/10 NOTE GLOBALE : 13/20

22/11/2010 (modifier)
Par jurin
Note: 3/5

L’idée de départ est originale, des septuagénaires (ou presque) abandonnent leurs vies paisibles pour défendre leurs idées de jeunesse. C’est d’autant plus remarquable qu’ils savent que c’est probablement le dernier combat. L’histoire est un peu longue et manque de dynamisme, je pense que l’auteur n’a pas assez développé le fonctionnement du groupuscule d’extrême droite, la psychologie et la motivation de ses membres, d’éventuelles connexions avec le pouvoir. Le chassé-croisé entre nos deux groupes est, à mon avis, mal exploité par l’auteur. Le dessin de E. Bilal est bon sans plus.

24/05/2010 (MAJ le 24/05/2010) (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

D’habitude, je préfère Christin lorsqu’il laisse libre court à son côté « fantastique » (Le Vaisseau de Pierre, Valérian) mais cette longue course poursuite entre vétérans de la guerre d’Espagne m’a vraiment bien plu. J’ai apprécié la perte des illusions de ce groupe de vieux Républicains (tendance communiste) au fil de l’histoire. Leur quête semble de plus en plus vaine au fur et à mesure que le temps passe. Les personnages sont bien typés et (presque) crédibles. De plus, les péripéties ne manquent pas tout au long de cet album, et lorsqu’une accalmie se présente, Pierre Christin parvient à nous faire ressentir le sentiment d’ennui que partagent ses personnages. Le dessin de Bilal est semblable à ses œuvres antérieures (Le Vaisseau de Pierre, La Ville qui n'existait pas). Son trait multiplie les hachures mais n’en pas moins fluide pour autant. Ce style est typique d’une époque et si l’artiste a fait mieux depuis (voir le graphiquement superbe Animal'z), il n’a pas à rougir de cet album. Un très bon album, tout simplement.

12/06/2009 (modifier)
Par Erik
Note: 1/5
L'avatar du posteur Erik

J'ai vraiment essayé d'aimer cette lecture mais c'est réellement au dessus de mes forces. Rien à faire: je n'aime pas. J'ai trouvé cette lecture fastidieuse et ennuyeuse, ou les deux à la fois. Cette histoire de combat d'arrière garde entre deux bandes de vieillards qui reprennent les armes m'a laissé perplexe. Pourtant, je ne suis pas refractaire aux histoires de combattants (ex: Quintos que je viens de lire récemment). Je n'arrive ni à m'attacher aux différents personnages, ni à suivre cette narration complexe avec ce rythme saccadé. Même le dessin de Bilal me laisse de marbre, c'est dire! :?)

08/10/2007 (MAJ le 23/04/2008) (modifier)