Le Vaisseau de Pierre

Note: 3.06/5
(3.06/5 pour 18 avis)

Quand les morts aident les vivants, aucune bataille n'est jamais perdue d'avance. De l'écologie fantastique et poétique.


Bretagne Enki Bilal Environnement et écologie Pierre Christin

Un village traditionnel de marins est menacé par des promoteurs assoiffés d'argent. Ces derniers veulent en effet détruire leur cadre naturel originel et en faire un immense centre touristisque et économique. Un combat entre politiciens et habitants d'un monde lointain et tranquille... Une histoire fantastique pleine de poésie. Les combattants du vaisseau de pierre parviendront-ils à déjouer le complot des requins, promoteurs et politiciens véreux qui veulent défigurer leur terre ?

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Juillet 1976
Statut histoire One shot (fait partie des Légendes d'aujourd'hui) 1 tome paru
Couverture de la série Le Vaisseau de Pierre
Les notes (18)
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02/07/2002 | Hô-Behnit
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L'avatar du posteur Agecanonix

Sur la base d'un postulat simple et relativement classique (un village breton menacé par des promoteurs immobiliers sans scrupules), Christin et Bilal traitent le sujet en mode fantastique où se télescopent nostalgie et écologie face à l'avidité immobilière qui n'hésite pas à détruire un décor séculaire et un cadre de vie à l'ancienne sympathique pour faire des bénéfices colossaux. On peut y voir une sorte de lutte de David contre Goliath où l'ancienneté rurale est écrasée par les fléaux de la civilisation moderne. Il faut évidemment avoir envie de rentrer dans le choix fait par les auteurs, qui peut sembler à la fois naïf et traité de façon simpliste, mais quand c'est pour contrer ces ignobles fabricants de béton, on peut faire l'effort. Le dessin de Bilal est ici dans sa première phase, c'est à dire dans sa période d'imitation moebiusienne ; beaucoup préfèrent le style qu'il s'est ensuite inventé, mais moi j'aime bien ce style, il fait quand même preuve d'une dextérité graphique où l'on peut remarquer déjà un goût pour la décrépitude (notamment sur certains décors et véhicules). Son dessin est donc très influencé par Moebius (et un peu par Mézières), rempli de hachures et de pointillés, il convient très bien au sujet et donne une ambiance un peu lovecraftienne dans les séquences avec l'ermite et le ballet infernal des morts qui descendent du vieux château. Ce second récit de Bilal de la série "Légendes d'aujourd'hui" initialement paru en 1976 dans Pilote, est une fable sociale à tendance fantastique très acceptable qui est hélas encore d'actualité, rien n'a changé depuis 1976, il y a toujours des gens expropriés et de jolis cadres de vie détruits par les bulldozers.. Je n'ai cependant pas envie de posséder cet album, je préfère l'emprunter en bibli.

22/06/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Ben oui Thobias, bien sur que cette BD de Bilal est plutôt sympathique, au niveau du dessin ça a pris un peu d'âge mais tout ça reste quand même assez bien foutu. Après Bilal est parti dans une autre atmosphère et un style graphique plus proche de la peinture que du dessin, à toi de voir! Dans le même style graphique n'hésites pas avec Partie de chasse et Les Phalanges de l'ordre noir. Bonne lecture

01/06/2014 (modifier)
Par Thobias
Note: 4/5

Encore une bonne bd d'Enki Bilal, auteur et dessinateur talentueux que je suis en train de découvrir. C'est très manichéen, avec une opposition riches promoteurs immobiliers pourris/villageois bretons sympathiques, mais étrangement cet aspect de l'oeuvre qui pourrait être un sacré défaut dans une série, m'a beaucoup plu dans ce one-shot où l'on a envie de lutter avec les villageois pour virer l'ordure capitaliste de leur bled. On s'attache vraiment à ces personnages même si la plupart sont à peine esquissés, il faut plutôt les prendre comme un ensemble. Ça m'a assez surpris de tomber sur une bd engagée, je n'avais lu que la trilogie Nikopol de Bilal mais c'est loin de m'avoir déplu. En plus en tant que breton j'ai particulièrement apprécié cette ambiance de retrouvaille dans un bar après le boulot, ces personnalités très différentes qui s'associent dans un même combat et cette lutte contre d'infâmes bétonneurs qui ont déjà massacrés des villes comme La Baule. De toutes ces figures émerge quand même le personnage du vieux qui est tout bonnement fascinant, ça première apparition avec sa tenue SF fusil à la main est énorme. Pour ce qui est du dessin il est pas mal du tout mais reste très loin du travail de Bilal sur la trilogie Nikopol, je ne suis pas fan de la technique choisie ici (et dont j'ignore le nom) qui consiste à accumuler des traits, comme le pointillisme avec les points (ça existe le traitisme?).

31/05/2014 (modifier)
Par jul
Note: 3/5

Une vieille bd de Bilal, plutôt datée mais très réussie. Nous sommes là dans sa 1ère période et son style graphique n'avait pas encore pris son envol et donc pas encore atteint sa pleine maturité. Mais ce trait austère, dur et sombre restitue à merveille l'atmosphère noire, terreuse et charbonneuse de cette ambiance " bretonnante" quasi-lovecraftienne. C'est vraiment encré dans son époque ( les années 70 ) et cette ambiance m'a vraiment emporté. J'ai lu ça plusieurs fois enfant ( avant sa trilogie Nikopol ) et donc cet album est resté gravé dans ma mémoire. Pour moi c'est un peu sa 2ème trilogie ( enfin qualitativement ) car chronologiquement c'est sa 1ère. Devant la croisière des oubliés et la ville qui n'existait pas. 3,5.

25/01/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Après La Croisière des Oubliés, le duo Bilal/Christin récidive avec une histoire où le fantastique permet de s’échapper du train train d’un quotidien vraiment morne – et d’une histoire qui le semblait aussi ! En effet, le début, qui plante le décor, est un peu long, avec une ambiance très « giscardienne ». Puis, petit à petit, la conversion des villageois – et du lecteur dans la foulée, au mythe de l’Ankou rend le scénario plus intéressant. Malgré tout, ce n’est clairement pas encore le grand Bilal. Ici seulement au dessin, il reste dans un style assez « classique » (et bon !) pour lui et proche de ce qu’il fait depuis ses débuts. Beaucoup de marron, de gris, mais pas encore ce bleu qui sera sa signature. L’histoire de Christin elle-même se laisse lire, assez rapidement, mais je n’ai pas été plus enthousiasmé que ça. C’est à peine « pas mal ». L’achat est envisageable, mais essayez plutôt de l’emprunter en bibliothèque.

04/12/2013 (modifier)
Par McClure
Note: 1/5

Vraiment pas aimé, déjà graphiquement, c'est très loin de la grande qualité des productions plus récentes de Bilal et cela nuit grandement à la lecture. Cela va du dessin lui même aux couleurs. Le scénario est plutôt bien ficelé, lui, mais s'appuie sur un manichéisme politique trop évident pour que ma lecture n'en soit pas heurtée. De même, cela part trop dans un fantastique mystique qui ici ne trouve pas à mon sens sa place. Je suis vraiment passé à côté.

28/01/2012 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

2.5 J'ai mieux apprécié cet album que lors de ma première lecture. L'aspect politique est toujours un peu chiant et les personnages sont stéréotypés, quoique heureusement beaucoup moins que dans La Croisière des Oubliés, mais j'aime bien l'aspect fantastique de l'œuvre. Il contient une poésie que j'aime bien. Le dessin de Bilal n'est pas encore au top, mais il crée une atmosphère de magie qui va bien avec le récit. Le seul truc que je n'aime pas vraiment est que le scénario est long et met beaucoup de temps à démarrer. Il y a des scènes que je juge inutiles et je trouve que le scénariste aurait pu aller plus loin avec le fantastique.

17/07/2011 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Voici ma bd préférée de Pierre Christin. Ce conte naïf et ironique (oui, oui, l’un n’empêche pas l’autre) est à la fois visionnaire (car toujours d’actualité à l’heure actuelle), amusant (grâce à des dialogues souvent ironiques) et poétique (du fait de la présence (et des pouvoirs) de l’Ankou). Maintenant, si l’on veut chicaner, on peut critiquer le gauchisme primaire sous-jacent et l’aspect complètement irréaliste de l’ensemble de la bd. Mais c’est un conte ! Et si le scénariste ne peut cacher ses préférences politiques, il ne nous impose pas de les partager, car ce récit n’est absolument pas un manifeste partisan. Au niveau du dessin, le trait de Bilal, avec ses nombreuses hachures, n’est pas ce que je préfère. Mais la qualité est bien présente et le dessin, dans son ensemble, dégage une certaine magie (à moins que ce ne soit de la nostalgie). Ses couleurs (verdâtres et … humides) se prêtent vraiment bien à ce récit. A essayer par tous, même les plus jeunes (adolescents), qui pourront mieux capter un certain état d’esprit post-soixante-huitard, et se rendre compte que 30 ans après, on en est toujours aux mêmes interrogations.

10/04/2009 (modifier)
Par Nijal
Note: 3/5

"Le vaisseau de pierre" est le deuxième volet du triptyque des "Légendes d'aujourd'hui". La thématique du récit, après La Croisière des Oubliés, s'inscrit toujours dans un discours socialo-fantastique. Là où le premier volet des "Légendes d'aujourd'hui" nous transportait dans un hameau des Landes confronté aux projets d'une base militaire voisine, "le vaisseau de pierre" nous montre la réaction des habitants d'un petit village de pêcheurs bretons face à l'appétit de quelques gros promoteurs immobiliers. Enki Bilal, alors débutant, montre déjà une assez grande maîtrise des arts graphiques. Des plans sobres, un trait fin mais encore "brut-de-coffre" qui donne une certaine personnalité au dessin, des trognes bien croquées, mais surtout des couleurs délavées, conférant une ambiance glauque au récit, Bilal pose déjà sa patte. Ces atmosphères crasseuses, empreintes de mélancolie et de nostalgie, seront le dénominateur commun des "Légendes d'aujourd'hui". C'est aussi l'occasion pour le duo Christon-Bilal d'approfondir la peinture sociale de cette France du milieu des années 70, même si elle est moins réussie que dans La Croisière des Oubliés. On retrouve cette France de la ruralité un peu à l'écart du monde, comme figée dans un cadre éternel et invariable. Une France des exclus et des opprimés: les pêcheurs, les ouvriers du chantier naval, les agriculteurs, n'ont rien à dire face aux convoitises immobilières des "grands", appuyée par l'intelligensia technocratique. Les "petites gens", dans leur révolte, seront appuyés par des forces fantastiques et terrifiantes, qu'un vieil ermite aveugle vivant reclus dans un château abandonné fait resurgir de temps révolus. Faut-il y voir un message pessimiste: le petit peuple ne trouvera d'aide que dans une évasion fantastique et donc illusoire, en se coupant du monde? Ou faut-il y voir simplement un cri de révolte un peu désespéré, ancré dans l'actualité à une époque où la France bétonnait son littoral à tout va (la Grande Motte dans l'Hérault date de cette période)? En définitive, "Le vaisseau de pierre", à l'instar de son prédécesseur, est un curieux mélange entre contestation sociale, fable écologique et fantastique. L'intention est louable mais ça persuade difficilement. Trop de parti pris. Trop de mystère(s) peut-être? En tout cas, même si ce croisement hybride des genres peut en rebuter plus d'un, les amateurs apprécieront l'ambiance nostalgique de l'ouvrage, quand d'autres y verront le reflet d'une époque.

01/11/2007 (MAJ le 01/11/2007) (modifier)
Par Erik
Note: 1/5
L'avatar du posteur Erik

Visiblement, je ne suis pas preneur des histoires fantastiques du duo Christin-Bilal. Cela ne produit rien en moi. C'est véritablement creux même si on décèle une critique acérée de l'urbanisation et ses méfaits. Le scénario est long et ennuyeux. Je ne suis pas entré dans l'ambiance de cette multitude de personnages bretons où aucun ne se détache véritablement du lot. Ah si, le vieux grincheux ! ;) Au niveau du dessin, cela sent le vieilli. On est loin de la trilogie Nikopol ou la tétralogie Le Sommeil du Monstre. Je suis au final resté très sceptique. Pas le moindre soupçon de rêve...

26/09/2007 (modifier)