Décidément la collection Pépites porte bien son nom...
Jusqu'ici pas de véritable déception parmi les quelques albums sortis et que j'ai pu lire. Cette fois-ci c'est un roman (unique) de Pierre Bottero qui est adapté par Maxe l'Hermenier, une petite aventure mêlant histoire de sorcières et vie courante. Ce qui est intéressant, en sous-texte, c'est cette habile alliance entre intrigue à dominante fantastique et decorum moderne : les enfants doivent aller à l'école, leur mère, séparée de leur père, les confie à leurs grands-parents pour les vacances... C'est ainsi que des enfants, au-delà de l'évasion, peuvent aussi s'identifier aux héros des histoires qu'ils lisent. J'imagine que l'adaptateur a ajusté le récit à notre époque, malgré la présence d'une deux-chevaux.
Après autorisation de la veuve de Pierre Bottéro, Maxe l'Hermenier a eu envie de poursuivre les aventures de Jean et de sa famille si particulière. Il a acquis des pouvoirs entretemps, et tente de les utiliser pour aider sa soeur, dont les angoisses nocturnes commencent à dégrader leur environnement... Mais bien sûr cela ne va pas se passer comme prévu, et une fois de plus, grâce à son coeur, ses ressources et sa famille, les choses vont rentrer dans l'ordre. Je dois dire que j'ai été impressionné par ce tome 2 ; l'Hermenier semble avoir été galvanisé et honoré par cette liberté donnée au sujet d'un univers créé par un autre, et qui lui plaît. L'album est truffé de scènes impressionnantes, assez fortes, avec une créature relativement inquiétante. J'ai l'impression que la suite de la série va être très intéressante à suivre...
A côté de tout ça, Steven Dhondt (alias Stedho) propose un graphisme alliant efficacement les avantages de Janry (Le Petit Spirou) et Didier Conrad (Les Innommables). Cela donne une grande efficacité aux scènes, qu'elles soient intimistes ou d'action. La scène de retrouvailles entre les deux enfants et leur père est d'ailleurs bien gérée. Dans le tome 2 j'ai trouvé certains décors un peu chargés, mais il arrive lui aussi à bien gérer les scènes d'action, c'est l'essentiel.
Bravo donc à toute l'équipe, et j'ai hâte de lire la suite !
Adorant la mythologie grecque, ce fut une lecture plaisante. Les dessins sont vraiment très beaux, c'est une BD beaucoup plus contemplative qu'autre chose en vérité. Le scénario des fois se trouve longuet, mais au vu de l'aventure du personnage avec son immortalité, ironiquement ça va dans son sens.
Je dirais que cette BD mérite plus un 3,5/5 étoiles.
Passionnant scénario sur fond de déliquescence de l’empire romain en proie aux doutes, aux invasions et à l’arrivée d’une nouvelle religion, celle des chrétiens. Historiquement, ce n’est pas une période simple et le scénario construit avec des flash-backs, n’est pas simple non plus. Mais avec un peu d’attention, ça passe bien. Le scénario teinté de fantastique est prétexte à raconter la dynastie des Sévère et en particulier le règne pour le moins original d’Elagabal ainsi que les ambitions des trois Julia, les célèbres femmes d’Emèse. C’est intelligent, hyper bien documenté et le scénario retombe sur ses pieds à la fin. Gilles Chaillet connaît Rome et l’histoire de Rome comme sa poche. C’est un régal de précision et les dessins montrant la Ville avec ses monuments, son organisation politique et religieuse, ses traditions auxquelles s’accrochent désespérément ce qui reste des grandes familles sénatoriales sont bluffants ! A lire sans hésiter pour tous les amateurs de la Rome antique.
Un bon vieux polar, bien sombre, bien embrouillé comme on les aime… tout ça sur fond de guerre d’Algérie, ça donne envie de s’y plonger. Très bon connaisseur de la guerre d’Algérie, Jacques Ferrandez adapte un roman de Maurice Attia et en profite pour nous restituer l’ambiance angoissante et hyper violente des derniers mois du conflit. Les attentats sont quotidiens, l’Algérie française joue ses dernières cartes et tout le monde sait comment ça va se terminer. Deux flics de Babel Oued sont chargés d’une enquête criminelle qui doit élucider le meurtre de deux adolescents dont les corps ont été retrouvés sur la plage. L’enquête est compliquée, les pistes sont nombreuses, les suspects aussi et il faut faire un peu attention pour ne pas perdre le fil. Les deux enquêteurs sont des personnages très intéressants et très riches humainement, en parfaite osmose avec leur environnement.
Au fil de l’album la tension monte. L’enquête semble presque dérisoire rapportée aux événements complexes et violents qui se déroulent au même moment. La dimension historique de l’album devient d’ailleurs trop prégnante, affaiblissant la recherche acharnée du coupable et du mobile du crime. L'enquête passe un peu au second plan. C’est bien compliqué, bien lourd et vraiment bien écrit mais… J’ai trouvé qu’il y avait une petite baisse d’intensité en milieu d’album ce qui m'a fait hésiter dans ma notation entre 3 et 4.
Chaque lecture de ce petit album me conforte sur tout le bien que j’en pense.
Cette chasse au trésor à travers les siècles est absurde et plaisante à suivre avec sa surenchère incessante.
Un chouette exercice d’Étienne Lécroart, facile à suivre, je conseille.
3,5
Il faut accepter de se laisser bercer par le rythme lent de ces histoires aux allures de contes de Toppi pour pleinement apprécier ce recueil – et plus généralement l’œuvre de ce très grand auteur italien.
Les 4 histoires regroupées ici sont intéressantes, avec à chaque fois une sorte de morale, un peu noire ou ironique pour conclure. La narration prend son temps, est assez épurée, la lecture est rapide et agréable. La seule frustration vient du fait que ces histoires sont courtes, et auraient sans doute gagné à être densifiées.
Comme toujours avec cet auteur, le dessin est vraiment chouette, un véritable atout ! C’est à la fois là aussi épuré, avec d’importantes plages de blanc dans les pages ou cases (lorsqu’il y en a) et hyper précis et fouillé et détaillé pour les décors ou les personnages, avec un trait fin, jouant sur des hachures. Du Toppi classique, excellent dans ce domaine.
Note réelle 3,5/5.
On ne peut pas dire que Lax et son fils aient choisi la facilité pour leur expérience commune de BD. A tel point que sur le site, Soleil cou coupé est proche de la voiture balai. Pour Lax qui aime tant le monde du vélo c'est duraille.
Oui cette BD est particulière et quelquefois aride mais je lui trouve certaines qualités peut être pas si évidentes à trouver au premier coup d'oeil.
En premier lieu choisir une histoire d'amour entre trois travestis prostitués et un cheminot est un thème courageux et original. Je trouve qu'il est traité avec beaucoup de délicatesse et sans voyeurisme.
L'accent est mis sur l'humanité irréductible de Linda, Ruth et Sacha qui rencontrent bien plus que la solitude d'Antoine.
Dès les premières lignes, les Lacroix nous indiquent qu'il va être question de rives. "Les putes c'est sur l'autre rive !" alors qu'en guise de fleuve nous avons les voies ferrées qu'enjambe une passerelle de service.
Lax nous place d'entrée dans la zone glauque, sombre et froide, lieu de travail de nos héro-ïne-s. C'est aussi là que travaille Antoine surtout la nuit, au milieu de ces trains qui coulent comme l'eau du fleuve.
"Vienne la nuit sonne l'heure/Les jours s'en vont je demeure" est vraiment le leitmotiv d'Antoine. Quand Linda exhume Alccols de Guillaume Appolinaire de la bibliothèque maternelle, elle retrouve immédiatement "Le Pont Mirabeau" coincé entre "Zone" et "La chanson du mal-aimé".
Le scénario ne nous invite-il pas à une relecture du célébre poète suréaliste via une BD ? Il s'agit bien pour notre quatuor de passer d'une rive à l'autre en abandonnant les amours perdus et contruire un pont en se tenant la main.
Lax nous propose une mise en scène très nouvelle vague qui me fait penser à Jules et Jim. Pour ce faire, il adoucit son trait loin du style puissant et presque caricatural qu'il utilise ailleurs. Je trouve qu'il fait preuve de respect pour ses personnages qui vivent à la marge.
Un ouvrage qui ne mérite certainement pas la profondeur du classement où il se trouve.
Ah mais c'est franchement très sympa, ça !
Sorti de l'esprit (un brin bordélique) de James il y a quelques années, cet album regroupe un certain nombre de gags en une ou plusieurs planches , avec une sorte de lapin comme personnage principal. On suit ses péripéties, de sa naissance à son destin, à la recherche des plaisirs de la chair et de la jouissance de la vie. C'est très inventif, assez drôle la plupart du temps, même si un peu réchauffé parfois. Boris Mirroir semble s'être bien amusé, ça se sent dans son dessin, un brin halluciné mais tellement expressif. Ca ressemble un peu à une sorte de pari potache des deux auteurs plutôt qu'à un véritable projet éditorial.
On notera dans la nouvelle édition une galerie d'hommages faits par d'autres auteurs, vraiment sympathique. On passe un vrai bon moment.
J’ai adoré me perdre dans la bataille de Diên Biên Phu, sanglant épilogue de la guerre d’Indochine. Un cauchemar pour l’armée française. C’est surtout la fin de la présence coloniale française en Asie et c’est aussi la guerre du Vietnam qui s’annonce.
L’atmosphère cauchemardesque est bien là. La colorisation est juste magnifique. Le côté abominable et ignoble de cette guerre est excellement restitué. Le trait d’Erwan Le Saec est juste et précis. Visuellement c’est du grand art. J’ai l’impression d’être sur le champ de bataille. Les balles fusent. Les obus tombent de toute part.
Le scénario tout en s’appuyant sur des faits réels, relate l’histoire d’un petit groupe de soldats qui tente de percer les lignes ennemies. Un moyen de rappeler que ce fut la bataille la plus longue, la plus furieuse, la plus meurtrière de l’après seconde guerre mondiale et l’un des points culminants des guerres de décolonisation. L’évasion de ces combats terribles ne fut malheureusement possible que pour une poignée d’entres eux.
L’approche m’a séduite. J’ai apprécié que les auteurs ne s’attachent pas à un personnage particulièrement. La mise en avant de valeurs comme la bravoure, le courage, le sacrifice ou encore l’héroïsme est bien vu. Un album bouleversant au final que je vous invite à découvrir.
Kim et Marc sont des personnages attachants et toujours en action. Pas de temps mort ! Ils évoluent dans des paysages superbes aux couleurs franches… Cette série cumule pas mal de défauts qui auraient dû me rebuter mais par un phénomène étrange, après quelques pages de lectures, j’ai trouvé l’histoire captivante ! Je viens de relire le premier cycle, et il n’a rien perdu de ses qualités. Côté défauts : il y a d’abord les positions très figées des personnages aux expressions ahuries, bouches ouvertes, il y a aussi les dialogues, plus que mièvres quand il s’agit des rapports amoureux naissants entre adolescents aux sourires idiots. Côté plus : un scénario très bien écrit, sans temps morts, un rythme actif pour un récit fluide, au découpage impeccable. Les personnages n’ont pas tous un intérêt équivalent. Kim est la plus passionnante, la plus forte, la plus mûre et en miroir Marc, qui est en sorte l’inverse de Kim. A cela s’ajoute une critique politique d’un régime totalitaire aux excès d’autorité sans surprise mais qui donne un contexte et une profondeur assez intéressante à l’histoire. Quant à la Mantrisse, le fil rouge mystère de l’histoire, Léo laisse planer le doute sur son caractère bénéfique ou maléfique. Et c’est cette incertitude qui donne toute sa dimension au récit. Moralité : ne pas se fier à la simplicité et à la naïveté apparente de l’histoire…
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Fils de sorcières
Décidément la collection Pépites porte bien son nom... Jusqu'ici pas de véritable déception parmi les quelques albums sortis et que j'ai pu lire. Cette fois-ci c'est un roman (unique) de Pierre Bottero qui est adapté par Maxe l'Hermenier, une petite aventure mêlant histoire de sorcières et vie courante. Ce qui est intéressant, en sous-texte, c'est cette habile alliance entre intrigue à dominante fantastique et decorum moderne : les enfants doivent aller à l'école, leur mère, séparée de leur père, les confie à leurs grands-parents pour les vacances... C'est ainsi que des enfants, au-delà de l'évasion, peuvent aussi s'identifier aux héros des histoires qu'ils lisent. J'imagine que l'adaptateur a ajusté le récit à notre époque, malgré la présence d'une deux-chevaux. Après autorisation de la veuve de Pierre Bottéro, Maxe l'Hermenier a eu envie de poursuivre les aventures de Jean et de sa famille si particulière. Il a acquis des pouvoirs entretemps, et tente de les utiliser pour aider sa soeur, dont les angoisses nocturnes commencent à dégrader leur environnement... Mais bien sûr cela ne va pas se passer comme prévu, et une fois de plus, grâce à son coeur, ses ressources et sa famille, les choses vont rentrer dans l'ordre. Je dois dire que j'ai été impressionné par ce tome 2 ; l'Hermenier semble avoir été galvanisé et honoré par cette liberté donnée au sujet d'un univers créé par un autre, et qui lui plaît. L'album est truffé de scènes impressionnantes, assez fortes, avec une créature relativement inquiétante. J'ai l'impression que la suite de la série va être très intéressante à suivre... A côté de tout ça, Steven Dhondt (alias Stedho) propose un graphisme alliant efficacement les avantages de Janry (Le Petit Spirou) et Didier Conrad (Les Innommables). Cela donne une grande efficacité aux scènes, qu'elles soient intimistes ou d'action. La scène de retrouvailles entre les deux enfants et leur père est d'ailleurs bien gérée. Dans le tome 2 j'ai trouvé certains décors un peu chargés, mais il arrive lui aussi à bien gérer les scènes d'action, c'est l'essentiel. Bravo donc à toute l'équipe, et j'ai hâte de lire la suite !
Adrastée
Adorant la mythologie grecque, ce fut une lecture plaisante. Les dessins sont vraiment très beaux, c'est une BD beaucoup plus contemplative qu'autre chose en vérité. Le scénario des fois se trouve longuet, mais au vu de l'aventure du personnage avec son immortalité, ironiquement ça va dans son sens. Je dirais que cette BD mérite plus un 3,5/5 étoiles.
La Dernière Prophétie
Passionnant scénario sur fond de déliquescence de l’empire romain en proie aux doutes, aux invasions et à l’arrivée d’une nouvelle religion, celle des chrétiens. Historiquement, ce n’est pas une période simple et le scénario construit avec des flash-backs, n’est pas simple non plus. Mais avec un peu d’attention, ça passe bien. Le scénario teinté de fantastique est prétexte à raconter la dynastie des Sévère et en particulier le règne pour le moins original d’Elagabal ainsi que les ambitions des trois Julia, les célèbres femmes d’Emèse. C’est intelligent, hyper bien documenté et le scénario retombe sur ses pieds à la fin. Gilles Chaillet connaît Rome et l’histoire de Rome comme sa poche. C’est un régal de précision et les dessins montrant la Ville avec ses monuments, son organisation politique et religieuse, ses traditions auxquelles s’accrochent désespérément ce qui reste des grandes familles sénatoriales sont bluffants ! A lire sans hésiter pour tous les amateurs de la Rome antique.
Alger la noire
Un bon vieux polar, bien sombre, bien embrouillé comme on les aime… tout ça sur fond de guerre d’Algérie, ça donne envie de s’y plonger. Très bon connaisseur de la guerre d’Algérie, Jacques Ferrandez adapte un roman de Maurice Attia et en profite pour nous restituer l’ambiance angoissante et hyper violente des derniers mois du conflit. Les attentats sont quotidiens, l’Algérie française joue ses dernières cartes et tout le monde sait comment ça va se terminer. Deux flics de Babel Oued sont chargés d’une enquête criminelle qui doit élucider le meurtre de deux adolescents dont les corps ont été retrouvés sur la plage. L’enquête est compliquée, les pistes sont nombreuses, les suspects aussi et il faut faire un peu attention pour ne pas perdre le fil. Les deux enquêteurs sont des personnages très intéressants et très riches humainement, en parfaite osmose avec leur environnement. Au fil de l’album la tension monte. L’enquête semble presque dérisoire rapportée aux événements complexes et violents qui se déroulent au même moment. La dimension historique de l’album devient d’ailleurs trop prégnante, affaiblissant la recherche acharnée du coupable et du mobile du crime. L'enquête passe un peu au second plan. C’est bien compliqué, bien lourd et vraiment bien écrit mais… J’ai trouvé qu’il y avait une petite baisse d’intensité en milieu d’album ce qui m'a fait hésiter dans ma notation entre 3 et 4.
La Page de tous les désirs
Chaque lecture de ce petit album me conforte sur tout le bien que j’en pense. Cette chasse au trésor à travers les siècles est absurde et plaisante à suivre avec sa surenchère incessante. Un chouette exercice d’Étienne Lécroart, facile à suivre, je conseille. 3,5
Tanka
Il faut accepter de se laisser bercer par le rythme lent de ces histoires aux allures de contes de Toppi pour pleinement apprécier ce recueil – et plus généralement l’œuvre de ce très grand auteur italien. Les 4 histoires regroupées ici sont intéressantes, avec à chaque fois une sorte de morale, un peu noire ou ironique pour conclure. La narration prend son temps, est assez épurée, la lecture est rapide et agréable. La seule frustration vient du fait que ces histoires sont courtes, et auraient sans doute gagné à être densifiées. Comme toujours avec cet auteur, le dessin est vraiment chouette, un véritable atout ! C’est à la fois là aussi épuré, avec d’importantes plages de blanc dans les pages ou cases (lorsqu’il y en a) et hyper précis et fouillé et détaillé pour les décors ou les personnages, avec un trait fin, jouant sur des hachures. Du Toppi classique, excellent dans ce domaine. Note réelle 3,5/5.
Soleil Cou Coupé
On ne peut pas dire que Lax et son fils aient choisi la facilité pour leur expérience commune de BD. A tel point que sur le site, Soleil cou coupé est proche de la voiture balai. Pour Lax qui aime tant le monde du vélo c'est duraille. Oui cette BD est particulière et quelquefois aride mais je lui trouve certaines qualités peut être pas si évidentes à trouver au premier coup d'oeil. En premier lieu choisir une histoire d'amour entre trois travestis prostitués et un cheminot est un thème courageux et original. Je trouve qu'il est traité avec beaucoup de délicatesse et sans voyeurisme. L'accent est mis sur l'humanité irréductible de Linda, Ruth et Sacha qui rencontrent bien plus que la solitude d'Antoine. Dès les premières lignes, les Lacroix nous indiquent qu'il va être question de rives. "Les putes c'est sur l'autre rive !" alors qu'en guise de fleuve nous avons les voies ferrées qu'enjambe une passerelle de service. Lax nous place d'entrée dans la zone glauque, sombre et froide, lieu de travail de nos héro-ïne-s. C'est aussi là que travaille Antoine surtout la nuit, au milieu de ces trains qui coulent comme l'eau du fleuve. "Vienne la nuit sonne l'heure/Les jours s'en vont je demeure" est vraiment le leitmotiv d'Antoine. Quand Linda exhume Alccols de Guillaume Appolinaire de la bibliothèque maternelle, elle retrouve immédiatement "Le Pont Mirabeau" coincé entre "Zone" et "La chanson du mal-aimé". Le scénario ne nous invite-il pas à une relecture du célébre poète suréaliste via une BD ? Il s'agit bien pour notre quatuor de passer d'une rive à l'autre en abandonnant les amours perdus et contruire un pont en se tenant la main. Lax nous propose une mise en scène très nouvelle vague qui me fait penser à Jules et Jim. Pour ce faire, il adoucit son trait loin du style puissant et presque caricatural qu'il utilise ailleurs. Je trouve qu'il fait preuve de respect pour ses personnages qui vivent à la marge. Un ouvrage qui ne mérite certainement pas la profondeur du classement où il se trouve.
Celui qui ressemble à un lapin (Zzzwük)
Ah mais c'est franchement très sympa, ça ! Sorti de l'esprit (un brin bordélique) de James il y a quelques années, cet album regroupe un certain nombre de gags en une ou plusieurs planches , avec une sorte de lapin comme personnage principal. On suit ses péripéties, de sa naissance à son destin, à la recherche des plaisirs de la chair et de la jouissance de la vie. C'est très inventif, assez drôle la plupart du temps, même si un peu réchauffé parfois. Boris Mirroir semble s'être bien amusé, ça se sent dans son dessin, un brin halluciné mais tellement expressif. Ca ressemble un peu à une sorte de pari potache des deux auteurs plutôt qu'à un véritable projet éditorial. On notera dans la nouvelle édition une galerie d'hommages faits par d'autres auteurs, vraiment sympathique. On passe un vrai bon moment.
La Grande évasion - Diên Biên Phu
J’ai adoré me perdre dans la bataille de Diên Biên Phu, sanglant épilogue de la guerre d’Indochine. Un cauchemar pour l’armée française. C’est surtout la fin de la présence coloniale française en Asie et c’est aussi la guerre du Vietnam qui s’annonce. L’atmosphère cauchemardesque est bien là. La colorisation est juste magnifique. Le côté abominable et ignoble de cette guerre est excellement restitué. Le trait d’Erwan Le Saec est juste et précis. Visuellement c’est du grand art. J’ai l’impression d’être sur le champ de bataille. Les balles fusent. Les obus tombent de toute part. Le scénario tout en s’appuyant sur des faits réels, relate l’histoire d’un petit groupe de soldats qui tente de percer les lignes ennemies. Un moyen de rappeler que ce fut la bataille la plus longue, la plus furieuse, la plus meurtrière de l’après seconde guerre mondiale et l’un des points culminants des guerres de décolonisation. L’évasion de ces combats terribles ne fut malheureusement possible que pour une poignée d’entres eux. L’approche m’a séduite. J’ai apprécié que les auteurs ne s’attachent pas à un personnage particulièrement. La mise en avant de valeurs comme la bravoure, le courage, le sacrifice ou encore l’héroïsme est bien vu. Un album bouleversant au final que je vous invite à découvrir.
Aldébaran
Kim et Marc sont des personnages attachants et toujours en action. Pas de temps mort ! Ils évoluent dans des paysages superbes aux couleurs franches… Cette série cumule pas mal de défauts qui auraient dû me rebuter mais par un phénomène étrange, après quelques pages de lectures, j’ai trouvé l’histoire captivante ! Je viens de relire le premier cycle, et il n’a rien perdu de ses qualités. Côté défauts : il y a d’abord les positions très figées des personnages aux expressions ahuries, bouches ouvertes, il y a aussi les dialogues, plus que mièvres quand il s’agit des rapports amoureux naissants entre adolescents aux sourires idiots. Côté plus : un scénario très bien écrit, sans temps morts, un rythme actif pour un récit fluide, au découpage impeccable. Les personnages n’ont pas tous un intérêt équivalent. Kim est la plus passionnante, la plus forte, la plus mûre et en miroir Marc, qui est en sorte l’inverse de Kim. A cela s’ajoute une critique politique d’un régime totalitaire aux excès d’autorité sans surprise mais qui donne un contexte et une profondeur assez intéressante à l’histoire. Quant à la Mantrisse, le fil rouge mystère de l’histoire, Léo laisse planer le doute sur son caractère bénéfique ou maléfique. Et c’est cette incertitude qui donne toute sa dimension au récit. Moralité : ne pas se fier à la simplicité et à la naïveté apparente de l’histoire…