"Les Gens" clôt le cycle de "New York". Will Eisner est le porte-parole des petites gens, les "Invisibles". Ces gens sont l'âme de la grande ville mais paradoxalement personne n'y fait attention. Il faut l'oeil du maître Eisner pour nous introduire dans la profondeur émotionnelle de ces vies qui en valent bien d'autres. Ici l'auteur nous propose trois récits courts très sombres. Will Eisner aime à situer ses personnages dans les années trente.
Comme l'époque, ces vies sont sur le fil du rasoir. Il ne faudrait pas grand-chose pour que cela bascule du côté bonheur et c'est tout le talent de Eisner de nous faire miroiter un possible "temps meilleurs" que ces trois destins ne savent pas saisir.
Les trois scénarii sont bien ficelés dans une ambiance à la Dickens. (Même si c'est un peu répétitif)
Le graphisme de Will Eisner est toujours au sommet. Souple, précis, expressif dans le visage mais aussi dans les corps, on n’a pas fait beaucoup mieux ailleurs. L'auteur est un maître du N&B travaillant sur les éclairages, les lumières, les découpages et les constructions de ses planches.
Une très bonne conclusion pour ce cycle. Bonne lecture.
Pour faire simple, c'est l'originalité du scénario qui fait la force de ce diptyque.
Quoi de mieux pour introduire l'histoire qu'un petit village de pêcheur italien sur les côtes de la mer Adriatique (?) ?
Le tout dans une ambiance délicate et chaleureuse qui nous replonge en enfance où l'insouciance règne.
Le tome 1 se lit donc très facilement. Il est là pour poser le socle du récit et les quelques flashbacks semblent, à ce stade de l'histoire, encore bien flous (ce qui n'est pas un problème à mes yeux).
Nous retrouvons les quatre protagonistes 20 ans plus tard dans le tome 2. Tout commence à prendre sens. Trop rapidement peut-être ?
Je regrette en effet l'enchaînement du scénario dans ce second volet. J'aurais aimé voir les personnages prendre davantage le temps de se retrouver avant de partir pour une aventure on ne peut plus bouleversante ! Il en va de même pour la remontée du Tortuguero (le fleuve) que j'ai trouvé expéditive.
Des planches supplémentaires où nos amis aborderaient ces 20 années d'éloignement auraient sans doute pu donner davantage de cohérence à cette série.
Un très bon dénouement en revanche.
Fait assez rare pour ne pas être relevé : un rallongement de la série en 3 tomes au lieu de 2 n'aurait pas été une mauvaise idée selon moi.
Bref, je recommande vivement cette lecture ;)
Cette nouvelle trilogie de Larcenet surprend : à cheval entre ses BD purement humoristiques (Bill Baroud...) et celles sérieuses sur des sujets ambitieux (Blast, Le Rapport de Brodeck), ligne intermédiaire qu'il avait déjà d'une certaine manière emprunté avec son chef d’œuvre Le Combat ordinaire.
Sur un sujet désormais peu original (la peur de la page blanche chez l'artiste), Larcenet évoque la BD d'aujourd'hui, l'édition, l'influence de l'histoire de l'art... avec la belle idée esthétique de mêler les styles, les genres et formes : ici pour idolâtrer, là pour dénigrer gentiment, ailleurs pour interroger une mode éditoriale ou une bienveillance des publics, etc.
"Thérapie de groupe" est une belle série quand elle déstabilise visuellement (des couleurs criardes, des nez outrageusement gros), quand elle ose proposer un regard méchant sur certains auteurs en vue (FabCaro en prend pour son grade, idem pour les reportages à la première personne sans concession), quand elle développe un propos original sur l’hôpital psychiatrique ; et qui déçoit plutôt quand elle propose de l'humour un peu trop facile et attendu sur le couple, le loser magnifique ou l'influence des médias.
Bref, une belle série de Larcenet, qui promet beaucoup davantage qu'elle ne satisfait les attentes créées. Les moments passés en sa compagnie demeurent bons, malgré le sentiment que le chef d’œuvre crû à portée de crayons n'a finalement pas été réalisé.
Cette série qui sent bon les 80's nous plonge dans le mythe de Tristan et Iseult. Avec Roméo et Juliette c'est le couple le plus connu de la littérature occidentale. C'est aussi une pensée sur l'Amour (Eros) qui a fondé beaucoup de notre comportement dans la relation homme-femme en occident.
Le scénario de Xavier Josset est fidèle au texte de la légende. Le texte assez érudit reprend la trame de la légende et y incorpore des poésies ce qui donne une forte coloration celte antechrétienne au récit.
Le récit est un prologue à l'histoire d'Iseult-Marc et Tristan. En remontant aux origines de Tristan et ses aventures qui le mettent en présence d'Iseult, le récit nous montre la légitimité de l'amour d'Iseult pour Tristan.
Encore une fois le droit naturel que fonde ce récit (la relation Tristan/Iseult) s'affronte au droit positif (la relation Marc/Iseult). C'est toute la liberté de choix dans le mariage qui se trouve interrogée par cette légende et qui est bien montrée par le scénario.
Le graphisme est un style réaliste historique où les paysages celtes ainsi que les costumes sont mis en valeurs. C'est bien dynamique même si les plans restent assez dans un grand angle qui rapetisse les personnages.
La mise en couleur est un peu datée mais le récit se lit avec plaisir pour redécouvrir un grand texte de la littérature occidentale. 3.5
Oh Chaussette et Merlin sont de retour !
Après Chaussette et Jeannot, Loïc Clément revient nous proposer pour une dernière séance une tranche de vie avec les personnages fétiches de sa collection "Les Contes des coeurs perdus". Si la lecture des précédents épisodes ne s'impose pas, elle est quand même recommandée. Comme pour Jeannot, c'est Carole Maurel et sa palette chaude et colorée que nous retrouvons au dessin.
Merlin que nous avions connu tout jeune est devenu un adolescent en pleine forme. Seul hic, on découvre que sa mère est atteinte d'un cancer... et c'est dans ce moment difficile que Merlin finit par découvrir l'amour. Merlin se retrouve donc tiraillé entre ces deux sentiments contraires : tomber amoureux ou se concentrer sur l'aide et la compassion pour la maladie de sa mère. Jamais simple l'adolescence, surtout quand tout vous tombe dessus et que les ressentis sont décuplés ! Heureusement Josette n'est pas née de la dernière pluie et va trouver les mots justes pour apaiser Merlin.
C'est toujours un plaisir de retrouver ces personnes emplis d'humanités, avec tout ce que la présuppose : les bons comme les mauvais côtés. Et c'est ce que j'apprécie dans cette collection, c'est d'une, les sujets difficiles abordés (mort, maladie, vieillesse) et enfin la façon de les traiter. C'est simple, cash, intelligent, tout ce que les adultes devraient être en mesure de transmettre à leurs enfants pour leur éviter angoisses et mal être. Il n'est pas question de nier la souffrance que suppose ces "rencontres", mais plutôt de savoir mettre de mots dessus pour apaiser, adoucir ces confrontations.
Voilà en tout cas à nouveau, un bel album, qui traite de façon toujours aussi intelligente des sujets délicats.
L'avis d'Hervé m'a incité à me lancer dans cette aventure, car c'est tout à fait dans un style que j'aime, le genre de bande remuante et décomplexée dans le même style que Mexicana, Nevada (Delcourt) ou Tango (Xavier/Matz)... à la différence que je suis plus généreux en note que l'avis précédent, parce que justement c'est une Bd de pure détente qui ne s'encombre pas d'une psychologie poussée ou d'introspection chargée, il en faut de temps en temps. De plus, il faut reconnaître que la couverture du tome 1 est très aguicheuse.
On est au coeur de l'Australie sauvage, peuplée de bouseux, les paysages ressemblent beaucoup à certains de l'Ouest américain, et si on ne nous disait pas que c'est situé dans l'outback australien et si on n'y voyait pas la culture aborigène, ça pourrait très bien se passer en Arizona ou au Nouveau Mexique...
La bande utilise une trame scénaristique classique, il s'agit d'une sombre histoire d'héritage familial et de scandale écologique, avec un duo féminin comme il se doit puisqu'on est dans une époque de néo-féminisme exacerbé, on retrouve tout ceci dans les films hollywoodiens récents. Bref, on a une jolie fille opposée à une bande de salopards qui de plus sont sa belle famille ; à ce récit principal, se greffent des intrigues secondaires avec des gens corrompus et pas nets, ces intrigues étrangement renforcent l'intrigue principale, les péripéties sont nombreuses, c'est mené rondement, de façon explosive, c'est rythmé, sans temps morts, avec de nombreuses fusillades. Comme on le voit, c'est un peu cliché et déja vu, mais ça m'est égal, je me suis régalé avec ce diptyque.
Le dessin est proprement superbe, je ne connais pas ce dessinateur, mais bravo ! j'espère qu'on le reverra sur d'autres Bd. Son dessin est très inspiré de celui de Philippe Aymond sur Lady S., un trait fin et très élégant, qui met en valeur l'héroïne principale Birdy, et qui reproduit de magnifiques décors grâce aussi à de grands cadrages qui ressemblent à des plans cinématographiques, bref c'est une belle ambiance graphique.
Quant au choix éditorial de sortir 2 albums le même jour, ça peut sembler étonnant, mais ça s'est déja vu, et ça n'affecte pas la qualité de cette Bd qui je le répète, est une pure Bd de détente, un peu dans l'esprit de Tango (Xavier/Matz).
Lu les 4 albums à la suite, je n'aurais pas pu attendre si j'avais lu cette Bd lors de sa parution, tant c'est passionnant. Après avoir lu Afrikakorps du même Olivier Speltens, je continue mon exploration de la WW2 avec ce récit de guerre, cette fois sur le front russe, période peu abordée en BD ; je me souviens d'avoir lu déja Kursk - Tourmente d'acier, une Bd de Dimitri à une époque où cet auteur faisait pas mal de récits de guerre, il existe peut-être d'autres Bd sur le sujet, je ne sais pas, mais "l'Armée de l'ombre" vaut vraiment le détour.
Son angle d'approche est donc peu courant dans la BD de guerre puisque le conflit est vu du côté allemand, à travers les yeux du jeune Ernst Kessler. On suit un petit groupe de soldats et on assiste lentement mais sûrement à la débâcle de la Wehrmacht ; la défaite de Stalingrad a déja porté un coup rude, et le point d'orgue est la bataille de Koursk qui a sans aucun doute fait basculer l'issue de la guerre sur le front russe. A partir de là, l'armée allemande n'a d'autre ressource que de reculer vers l'Allemagne pour empêcher les Bolcheviques d'entrer dans Berlin.
Kessler prend conscience du sort inexorable qui l'attend lui et ses camarades, il prend conscience aussi des exactions commises par ses propres troupes sur la population civile. Il vieillit moralement et physiquement, la fatigue, le froid, la faim, le ras le bol, les embuscades des partisans... tout ceci pèse sur le moral et met à mal les organismes et la volonté des troupes, si bien que je peux reprendre ma phrase écrite dans mon avis sur Afrikakorps : ce sont de pauvres types qui perdent leurs illusions et qui sont embringués dans un conflit qui les dépasse, et ceci sans glorification du régime nazi.
Les enjeux politiques et la stratégie sont laissés de côté au profit de l'aspect humain, l'auteur s'intéresse aux hommes qui souffrent des conditions climatiques rudes et de l'âpreté de leur cheminement, même si comme dans Afrikakorps, le fait de prendre en considération des soldats allemands peut déranger quelque part.
Le dessin traduit tout ça avec une grande puissance à l'aide d'un souci du détail, d'une bonne mise en page et d'une documentation très poussée ; les plans d'ensemble, les décors, le matériel militaire sont remarquables, c'est un peu moins probant sur les personnages, le trait est un peu figé, et on a du mal à reconnaître les gars lorsqu'ils sont casqués, ils ont presque tous la même physionomie et ne se distinguent que par leurs cheveux. Contrairement à la série Afrikakorps où les couleurs étaient lumineuses en raison du décor ensoleillé, ici, la colorisation est bien choisie, avec des couleurs sombres et hivernales.
D'autre part, le personnage de Kessler reste la figure centrale mais il n'a pas de charisme, c'est un soldat comme les autres, il est comme ses camarades, des hommes ordinaires jetés dans la tourmente de la guerre. Enfin, je reste déçu par le final que je trouve non seulement raté mais très peu probable, surtout lorsqu'on a vécu dans un village rural comme Kessler et sa copine, où tout le monde se connaît, je trouve cette pirouette absolument pas convaincante.
Mis à part ce défaut final, je reste globalement satisfait par cette vision de la guerre sur le front russe, et par le dessin à l'aspect rugueux qui convient parfaitement à ce type de bande.
Ah ! Retrouver le goût de l’aventure que symbolise à merveille dans l’imaginaire collectif la piraterie du XVIIIe siècle ! Les grandes heures du cinéma de cape et d’épée ont toujours su profiter de cette petite boîte à faire rêver les gamins férus d’aventure, de chasse au trésor et de combats épiques et voilà bien longtemps que la bande dessinée ne nous avait pas proposé un titre aussi réussi dans ce domaine !
L’intérêt de cet album tient avant tout à la volonté de nos deux auteurs de mettre en lumière un pan peu connu de la piraterie de l’époque : l’aspect démocratique de leur organisation. Car si liberté et fraternité bercent notre imaginaire à leur encontre, cet aspect de démocratie directe reste peu connu. C’est donc en conjuguant une fiction épique et des faits historiques que Ronan Toulhoat et Vincent Brugeas nous propulsent dans les mers chaudes pour suivre les péripéties de trois personnages hauts en couleur et en idéologie. Les mauvais penchants ne sont pas en reste et l’utopie va souffrir de sa confrontation à la dure réalité de l’époque… Vengeance quand tu nous tient !
C’est magnifiquement mis en image et découpé (les scènes d’action et de batailles sont saisissantes !), l’histoire de nos pirates nous fait voyager des Caraïbes aux côtes africaines sans temps morts, alors pas de quartiers et à l’abordage !
Une histoire totalement improbable.
Pour apprécier ce récit sanglant, il faut mettre son cerveau sur - pause - et se laisser guider de meurtre en meurtre.
Dans ce hameau perdu vit une petite population coupée du monde où les seules personnes qui passent sont le facteur et ceux en panne de voiture.
Un petit garçon va en devenir le serial killer, il va trucider les habitants les uns après les autres. Il est tordu, machiavélique et froid comme le marbre.
Une ribambelle de protagonistes bien trouvés au QI bien pauvre, du curé à la putain en passant par la commerçante. Que du "beau monde".
C'est glauque, horrible et sans artifice.
Une narration où la voix off glaçante de notre jeune garçon participe à mettre mal à l'aise.
Dans ce capharnaüm, Gaet's n'oublie pas de pointer du doigt des sujets brûlants : racisme, pédophilie et inceste.
Alors oui, je pense qu'il y a un peu plus qu'un léger bruit dans le moteur de ce petit garçon. Un vrai "Chucky".
Le dessin de Munoz met en valeur l'histoire avec ses visages déformés par la haine. Son trait précis, détaillé et tout en nuances est sublimé par une magnifique colorisation sombre. Le tout donne une ambiance cauchemardesque.
Très beau.
Je conseille horriblement.
J'aime bien cette BD et je suis étonné d'être le premier à la signaler sur ce site. Après tout, c'est quand même Noël Mamère qui l'a coécrite ! Quoi ? Vous ne connaissez pas ? Mais enfin, l'ex-candidat à EELV lors des présidentiels, monsieur moustache qui avait belle prestance !
Eh bien le vieux en a encore sous la pédale et nous le prouve avec cette BD, parfaite introduction à la question de la collapsologie et du changement climatique avec sa fabuleuse corolaire : l’effondrement.
Quand on parle changement climatique et effondrement, le nom de Jancovici revient souvent, et le bougre a fait aussi sa BD (Le Monde sans fin) qui est un complément bien plus détaillé à celle-ci. Mais ici, nous avons quelque chose de plus "simple" et "léger" qui permets d'aller appréhender ce qui semble si complexe à comprendre. Noël Mamère a proposée à cette jeune auteure de BD de le faire alors même qu'elle n'y connaissait rien du tout dans ce domaine. Ce qui est une excellente idée puisque nous avons alors l'ancien écologiste activiste (ancien dans le sens vieux, il est toujours activiste et encore plus écolo) qui explique quelques notions simples à une novice, le tout dans des échanges avec plusieurs personnes qui elles ont un passif dans l'action : ZAD, mode de vie alternative, éco-lieu, maisons autonomes ... C'est un échange permanent des différentes informations qui permets de s'investir dans le discours au fur et à mesure, sans devoir tout bouffer d'un coup.
Ce qui est chouette, à mon avis, c'est que cette lecture s'inscrit dans une complémentarité de Le Monde sans fin : après la lecture des faits et de l'état actuel de Jancovici, on peut se retrouver démuni. Ici, la BD fait le choix de nous montrer ceux qui agissent, ce qu'ils font et ce qu'il pensent. C'est peut-être le plus important qui est ici exposé : ce qu'on peut faire, ce qu'il faut faire. Les discours ne sont pas tous inspirants, loin de là ... En même temps la situation à de quoi être désespérée. Mais la BD renferme en elle une énergie qu'elle communique, avec l'idée de ne pas se laisser abattre, justement. D'ailleurs, j'aime beaucoup l'idée de finir sur la révolution. Au final, cette Bd invite à se dire qu'on est pas encore foutu. Qu'on peut encore agir, même lorsqu'on est vieux. C'est un très beau message et ça mérite d'être écouté.
Niveau dessin, je dois dire que c'est assez étrange pour une BD de ce genre mais finalement ça passe assez bien, notamment parce qu'on a tout le rapport entre la découverte de l'ampleur de la catastrophe et l'angoisse qui en découle. Les couleurs choisies, la mise en page, les bulles etc ... Tout fait penser à quelque chose de très contemporain mais en même temps assez lisible. On est pas dans de l'expérimental, tout de même.
En somme, une BD que je recommande vivement et que j'ai bien envie de diffuser, surtout si vous avez pris une claque avec les différentes BD (ou émission) sorties récemment sur le changement climatique. Ici, pas de fait sur celui-ci, juste des rencontres de gens qui se préparent à l'après, l'après pétrole, l'après gaz, l'après énergie pas chère. Et ça fait du bien de voir ce qui peut se faire, ça motive.
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New York trilogie (Les Gens) (Peuple Invisible)
"Les Gens" clôt le cycle de "New York". Will Eisner est le porte-parole des petites gens, les "Invisibles". Ces gens sont l'âme de la grande ville mais paradoxalement personne n'y fait attention. Il faut l'oeil du maître Eisner pour nous introduire dans la profondeur émotionnelle de ces vies qui en valent bien d'autres. Ici l'auteur nous propose trois récits courts très sombres. Will Eisner aime à situer ses personnages dans les années trente. Comme l'époque, ces vies sont sur le fil du rasoir. Il ne faudrait pas grand-chose pour que cela bascule du côté bonheur et c'est tout le talent de Eisner de nous faire miroiter un possible "temps meilleurs" que ces trois destins ne savent pas saisir. Les trois scénarii sont bien ficelés dans une ambiance à la Dickens. (Même si c'est un peu répétitif) Le graphisme de Will Eisner est toujours au sommet. Souple, précis, expressif dans le visage mais aussi dans les corps, on n’a pas fait beaucoup mieux ailleurs. L'auteur est un maître du N&B travaillant sur les éclairages, les lumières, les découpages et les constructions de ses planches. Une très bonne conclusion pour ce cycle. Bonne lecture.
Où le regard ne porte pas...
Pour faire simple, c'est l'originalité du scénario qui fait la force de ce diptyque. Quoi de mieux pour introduire l'histoire qu'un petit village de pêcheur italien sur les côtes de la mer Adriatique (?) ? Le tout dans une ambiance délicate et chaleureuse qui nous replonge en enfance où l'insouciance règne. Le tome 1 se lit donc très facilement. Il est là pour poser le socle du récit et les quelques flashbacks semblent, à ce stade de l'histoire, encore bien flous (ce qui n'est pas un problème à mes yeux). Nous retrouvons les quatre protagonistes 20 ans plus tard dans le tome 2. Tout commence à prendre sens. Trop rapidement peut-être ? Je regrette en effet l'enchaînement du scénario dans ce second volet. J'aurais aimé voir les personnages prendre davantage le temps de se retrouver avant de partir pour une aventure on ne peut plus bouleversante ! Il en va de même pour la remontée du Tortuguero (le fleuve) que j'ai trouvé expéditive. Des planches supplémentaires où nos amis aborderaient ces 20 années d'éloignement auraient sans doute pu donner davantage de cohérence à cette série. Un très bon dénouement en revanche. Fait assez rare pour ne pas être relevé : un rallongement de la série en 3 tomes au lieu de 2 n'aurait pas été une mauvaise idée selon moi. Bref, je recommande vivement cette lecture ;)
Thérapie de groupe
Cette nouvelle trilogie de Larcenet surprend : à cheval entre ses BD purement humoristiques (Bill Baroud...) et celles sérieuses sur des sujets ambitieux (Blast, Le Rapport de Brodeck), ligne intermédiaire qu'il avait déjà d'une certaine manière emprunté avec son chef d’œuvre Le Combat ordinaire. Sur un sujet désormais peu original (la peur de la page blanche chez l'artiste), Larcenet évoque la BD d'aujourd'hui, l'édition, l'influence de l'histoire de l'art... avec la belle idée esthétique de mêler les styles, les genres et formes : ici pour idolâtrer, là pour dénigrer gentiment, ailleurs pour interroger une mode éditoriale ou une bienveillance des publics, etc. "Thérapie de groupe" est une belle série quand elle déstabilise visuellement (des couleurs criardes, des nez outrageusement gros), quand elle ose proposer un regard méchant sur certains auteurs en vue (FabCaro en prend pour son grade, idem pour les reportages à la première personne sans concession), quand elle développe un propos original sur l’hôpital psychiatrique ; et qui déçoit plutôt quand elle propose de l'humour un peu trop facile et attendu sur le couple, le loser magnifique ou l'influence des médias. Bref, une belle série de Larcenet, qui promet beaucoup davantage qu'elle ne satisfait les attentes créées. Les moments passés en sa compagnie demeurent bons, malgré le sentiment que le chef d’œuvre crû à portée de crayons n'a finalement pas été réalisé.
La Quête de la Fille aux Cheveux d'Or
Cette série qui sent bon les 80's nous plonge dans le mythe de Tristan et Iseult. Avec Roméo et Juliette c'est le couple le plus connu de la littérature occidentale. C'est aussi une pensée sur l'Amour (Eros) qui a fondé beaucoup de notre comportement dans la relation homme-femme en occident. Le scénario de Xavier Josset est fidèle au texte de la légende. Le texte assez érudit reprend la trame de la légende et y incorpore des poésies ce qui donne une forte coloration celte antechrétienne au récit. Le récit est un prologue à l'histoire d'Iseult-Marc et Tristan. En remontant aux origines de Tristan et ses aventures qui le mettent en présence d'Iseult, le récit nous montre la légitimité de l'amour d'Iseult pour Tristan. Encore une fois le droit naturel que fonde ce récit (la relation Tristan/Iseult) s'affronte au droit positif (la relation Marc/Iseult). C'est toute la liberté de choix dans le mariage qui se trouve interrogée par cette légende et qui est bien montrée par le scénario. Le graphisme est un style réaliste historique où les paysages celtes ainsi que les costumes sont mis en valeurs. C'est bien dynamique même si les plans restent assez dans un grand angle qui rapetisse les personnages. La mise en couleur est un peu datée mais le récit se lit avec plaisir pour redécouvrir un grand texte de la littérature occidentale. 3.5
Merlin
Oh Chaussette et Merlin sont de retour ! Après Chaussette et Jeannot, Loïc Clément revient nous proposer pour une dernière séance une tranche de vie avec les personnages fétiches de sa collection "Les Contes des coeurs perdus". Si la lecture des précédents épisodes ne s'impose pas, elle est quand même recommandée. Comme pour Jeannot, c'est Carole Maurel et sa palette chaude et colorée que nous retrouvons au dessin. Merlin que nous avions connu tout jeune est devenu un adolescent en pleine forme. Seul hic, on découvre que sa mère est atteinte d'un cancer... et c'est dans ce moment difficile que Merlin finit par découvrir l'amour. Merlin se retrouve donc tiraillé entre ces deux sentiments contraires : tomber amoureux ou se concentrer sur l'aide et la compassion pour la maladie de sa mère. Jamais simple l'adolescence, surtout quand tout vous tombe dessus et que les ressentis sont décuplés ! Heureusement Josette n'est pas née de la dernière pluie et va trouver les mots justes pour apaiser Merlin. C'est toujours un plaisir de retrouver ces personnes emplis d'humanités, avec tout ce que la présuppose : les bons comme les mauvais côtés. Et c'est ce que j'apprécie dans cette collection, c'est d'une, les sujets difficiles abordés (mort, maladie, vieillesse) et enfin la façon de les traiter. C'est simple, cash, intelligent, tout ce que les adultes devraient être en mesure de transmettre à leurs enfants pour leur éviter angoisses et mal être. Il n'est pas question de nier la souffrance que suppose ces "rencontres", mais plutôt de savoir mettre de mots dessus pour apaiser, adoucir ces confrontations. Voilà en tout cas à nouveau, un bel album, qui traite de façon toujours aussi intelligente des sujets délicats.
A prix d'or
L'avis d'Hervé m'a incité à me lancer dans cette aventure, car c'est tout à fait dans un style que j'aime, le genre de bande remuante et décomplexée dans le même style que Mexicana, Nevada (Delcourt) ou Tango (Xavier/Matz)... à la différence que je suis plus généreux en note que l'avis précédent, parce que justement c'est une Bd de pure détente qui ne s'encombre pas d'une psychologie poussée ou d'introspection chargée, il en faut de temps en temps. De plus, il faut reconnaître que la couverture du tome 1 est très aguicheuse. On est au coeur de l'Australie sauvage, peuplée de bouseux, les paysages ressemblent beaucoup à certains de l'Ouest américain, et si on ne nous disait pas que c'est situé dans l'outback australien et si on n'y voyait pas la culture aborigène, ça pourrait très bien se passer en Arizona ou au Nouveau Mexique... La bande utilise une trame scénaristique classique, il s'agit d'une sombre histoire d'héritage familial et de scandale écologique, avec un duo féminin comme il se doit puisqu'on est dans une époque de néo-féminisme exacerbé, on retrouve tout ceci dans les films hollywoodiens récents. Bref, on a une jolie fille opposée à une bande de salopards qui de plus sont sa belle famille ; à ce récit principal, se greffent des intrigues secondaires avec des gens corrompus et pas nets, ces intrigues étrangement renforcent l'intrigue principale, les péripéties sont nombreuses, c'est mené rondement, de façon explosive, c'est rythmé, sans temps morts, avec de nombreuses fusillades. Comme on le voit, c'est un peu cliché et déja vu, mais ça m'est égal, je me suis régalé avec ce diptyque. Le dessin est proprement superbe, je ne connais pas ce dessinateur, mais bravo ! j'espère qu'on le reverra sur d'autres Bd. Son dessin est très inspiré de celui de Philippe Aymond sur Lady S., un trait fin et très élégant, qui met en valeur l'héroïne principale Birdy, et qui reproduit de magnifiques décors grâce aussi à de grands cadrages qui ressemblent à des plans cinématographiques, bref c'est une belle ambiance graphique. Quant au choix éditorial de sortir 2 albums le même jour, ça peut sembler étonnant, mais ça s'est déja vu, et ça n'affecte pas la qualité de cette Bd qui je le répète, est une pure Bd de détente, un peu dans l'esprit de Tango (Xavier/Matz).
L'Armée de l'ombre
Lu les 4 albums à la suite, je n'aurais pas pu attendre si j'avais lu cette Bd lors de sa parution, tant c'est passionnant. Après avoir lu Afrikakorps du même Olivier Speltens, je continue mon exploration de la WW2 avec ce récit de guerre, cette fois sur le front russe, période peu abordée en BD ; je me souviens d'avoir lu déja Kursk - Tourmente d'acier, une Bd de Dimitri à une époque où cet auteur faisait pas mal de récits de guerre, il existe peut-être d'autres Bd sur le sujet, je ne sais pas, mais "l'Armée de l'ombre" vaut vraiment le détour. Son angle d'approche est donc peu courant dans la BD de guerre puisque le conflit est vu du côté allemand, à travers les yeux du jeune Ernst Kessler. On suit un petit groupe de soldats et on assiste lentement mais sûrement à la débâcle de la Wehrmacht ; la défaite de Stalingrad a déja porté un coup rude, et le point d'orgue est la bataille de Koursk qui a sans aucun doute fait basculer l'issue de la guerre sur le front russe. A partir de là, l'armée allemande n'a d'autre ressource que de reculer vers l'Allemagne pour empêcher les Bolcheviques d'entrer dans Berlin. Kessler prend conscience du sort inexorable qui l'attend lui et ses camarades, il prend conscience aussi des exactions commises par ses propres troupes sur la population civile. Il vieillit moralement et physiquement, la fatigue, le froid, la faim, le ras le bol, les embuscades des partisans... tout ceci pèse sur le moral et met à mal les organismes et la volonté des troupes, si bien que je peux reprendre ma phrase écrite dans mon avis sur Afrikakorps : ce sont de pauvres types qui perdent leurs illusions et qui sont embringués dans un conflit qui les dépasse, et ceci sans glorification du régime nazi. Les enjeux politiques et la stratégie sont laissés de côté au profit de l'aspect humain, l'auteur s'intéresse aux hommes qui souffrent des conditions climatiques rudes et de l'âpreté de leur cheminement, même si comme dans Afrikakorps, le fait de prendre en considération des soldats allemands peut déranger quelque part. Le dessin traduit tout ça avec une grande puissance à l'aide d'un souci du détail, d'une bonne mise en page et d'une documentation très poussée ; les plans d'ensemble, les décors, le matériel militaire sont remarquables, c'est un peu moins probant sur les personnages, le trait est un peu figé, et on a du mal à reconnaître les gars lorsqu'ils sont casqués, ils ont presque tous la même physionomie et ne se distinguent que par leurs cheveux. Contrairement à la série Afrikakorps où les couleurs étaient lumineuses en raison du décor ensoleillé, ici, la colorisation est bien choisie, avec des couleurs sombres et hivernales. D'autre part, le personnage de Kessler reste la figure centrale mais il n'a pas de charisme, c'est un soldat comme les autres, il est comme ses camarades, des hommes ordinaires jetés dans la tourmente de la guerre. Enfin, je reste déçu par le final que je trouve non seulement raté mais très peu probable, surtout lorsqu'on a vécu dans un village rural comme Kessler et sa copine, où tout le monde se connaît, je trouve cette pirouette absolument pas convaincante. Mis à part ce défaut final, je reste globalement satisfait par cette vision de la guerre sur le front russe, et par le dessin à l'aspect rugueux qui convient parfaitement à ce type de bande.
La République du Crâne
Ah ! Retrouver le goût de l’aventure que symbolise à merveille dans l’imaginaire collectif la piraterie du XVIIIe siècle ! Les grandes heures du cinéma de cape et d’épée ont toujours su profiter de cette petite boîte à faire rêver les gamins férus d’aventure, de chasse au trésor et de combats épiques et voilà bien longtemps que la bande dessinée ne nous avait pas proposé un titre aussi réussi dans ce domaine ! L’intérêt de cet album tient avant tout à la volonté de nos deux auteurs de mettre en lumière un pan peu connu de la piraterie de l’époque : l’aspect démocratique de leur organisation. Car si liberté et fraternité bercent notre imaginaire à leur encontre, cet aspect de démocratie directe reste peu connu. C’est donc en conjuguant une fiction épique et des faits historiques que Ronan Toulhoat et Vincent Brugeas nous propulsent dans les mers chaudes pour suivre les péripéties de trois personnages hauts en couleur et en idéologie. Les mauvais penchants ne sont pas en reste et l’utopie va souffrir de sa confrontation à la dure réalité de l’époque… Vengeance quand tu nous tient ! C’est magnifiquement mis en image et découpé (les scènes d’action et de batailles sont saisissantes !), l’histoire de nos pirates nous fait voyager des Caraïbes aux côtes africaines sans temps morts, alors pas de quartiers et à l’abordage !
Un léger bruit dans le moteur
Une histoire totalement improbable. Pour apprécier ce récit sanglant, il faut mettre son cerveau sur - pause - et se laisser guider de meurtre en meurtre. Dans ce hameau perdu vit une petite population coupée du monde où les seules personnes qui passent sont le facteur et ceux en panne de voiture. Un petit garçon va en devenir le serial killer, il va trucider les habitants les uns après les autres. Il est tordu, machiavélique et froid comme le marbre. Une ribambelle de protagonistes bien trouvés au QI bien pauvre, du curé à la putain en passant par la commerçante. Que du "beau monde". C'est glauque, horrible et sans artifice. Une narration où la voix off glaçante de notre jeune garçon participe à mettre mal à l'aise. Dans ce capharnaüm, Gaet's n'oublie pas de pointer du doigt des sujets brûlants : racisme, pédophilie et inceste. Alors oui, je pense qu'il y a un peu plus qu'un léger bruit dans le moteur de ce petit garçon. Un vrai "Chucky". Le dessin de Munoz met en valeur l'histoire avec ses visages déformés par la haine. Son trait précis, détaillé et tout en nuances est sublimé par une magnifique colorisation sombre. Le tout donne une ambiance cauchemardesque. Très beau. Je conseille horriblement.
Les Terrestres
J'aime bien cette BD et je suis étonné d'être le premier à la signaler sur ce site. Après tout, c'est quand même Noël Mamère qui l'a coécrite ! Quoi ? Vous ne connaissez pas ? Mais enfin, l'ex-candidat à EELV lors des présidentiels, monsieur moustache qui avait belle prestance ! Eh bien le vieux en a encore sous la pédale et nous le prouve avec cette BD, parfaite introduction à la question de la collapsologie et du changement climatique avec sa fabuleuse corolaire : l’effondrement. Quand on parle changement climatique et effondrement, le nom de Jancovici revient souvent, et le bougre a fait aussi sa BD (Le Monde sans fin) qui est un complément bien plus détaillé à celle-ci. Mais ici, nous avons quelque chose de plus "simple" et "léger" qui permets d'aller appréhender ce qui semble si complexe à comprendre. Noël Mamère a proposée à cette jeune auteure de BD de le faire alors même qu'elle n'y connaissait rien du tout dans ce domaine. Ce qui est une excellente idée puisque nous avons alors l'ancien écologiste activiste (ancien dans le sens vieux, il est toujours activiste et encore plus écolo) qui explique quelques notions simples à une novice, le tout dans des échanges avec plusieurs personnes qui elles ont un passif dans l'action : ZAD, mode de vie alternative, éco-lieu, maisons autonomes ... C'est un échange permanent des différentes informations qui permets de s'investir dans le discours au fur et à mesure, sans devoir tout bouffer d'un coup. Ce qui est chouette, à mon avis, c'est que cette lecture s'inscrit dans une complémentarité de Le Monde sans fin : après la lecture des faits et de l'état actuel de Jancovici, on peut se retrouver démuni. Ici, la BD fait le choix de nous montrer ceux qui agissent, ce qu'ils font et ce qu'il pensent. C'est peut-être le plus important qui est ici exposé : ce qu'on peut faire, ce qu'il faut faire. Les discours ne sont pas tous inspirants, loin de là ... En même temps la situation à de quoi être désespérée. Mais la BD renferme en elle une énergie qu'elle communique, avec l'idée de ne pas se laisser abattre, justement. D'ailleurs, j'aime beaucoup l'idée de finir sur la révolution. Au final, cette Bd invite à se dire qu'on est pas encore foutu. Qu'on peut encore agir, même lorsqu'on est vieux. C'est un très beau message et ça mérite d'être écouté. Niveau dessin, je dois dire que c'est assez étrange pour une BD de ce genre mais finalement ça passe assez bien, notamment parce qu'on a tout le rapport entre la découverte de l'ampleur de la catastrophe et l'angoisse qui en découle. Les couleurs choisies, la mise en page, les bulles etc ... Tout fait penser à quelque chose de très contemporain mais en même temps assez lisible. On est pas dans de l'expérimental, tout de même. En somme, une BD que je recommande vivement et que j'ai bien envie de diffuser, surtout si vous avez pris une claque avec les différentes BD (ou émission) sorties récemment sur le changement climatique. Ici, pas de fait sur celui-ci, juste des rencontres de gens qui se préparent à l'après, l'après pétrole, l'après gaz, l'après énergie pas chère. Et ça fait du bien de voir ce qui peut se faire, ça motive.