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Couverture de la série Autour de Kate
Autour de Kate

J'ai été agréablement surpris par la conception de cette série. On peut ne pas être d'accord avec le principe de reprendre deux séries, dont une à succès, pour créer une série un peu "déjà lue". Toutefois j'ai trouvé l'introduction très réussie. Le contexte de la création de K, une jolie comète, la participation d'Alfred et la description de la production de l'œuvre faite d'un jet sous le coup de l'émotion m'a permis de voir K sous un autre angle bien plus intéressant que lors de ma première lecture. Je ne connaissais pas la seconde série écrite grâce à Kate et pour lui "redonner vie". J'ai trouvé l'idée d'hommage posthume pour Kate et le papa d'Efix très tendre et très artistique. De plus j'ai bien aimé le polar des "amis de Josy" même si j'ai regretté de pas avoir le version couleur qui se prête mieux au style rond de Efix à mon avis. La conclusion avec ce retour sur terre ne m'a pas convaincu mais l'essentiel était fait. Un très bon moment de lecture avec un graphisme très agréable. 3.5

17/10/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Blade Runner 2019
Blade Runner 2019

Ayant récemment pris beaucoup de plaisir à (re)visionner les 2 films « Blade Runner » et « Blade Runner 2049 », j’ai voulu continuer d’explorer l’univers dystopique passionnant de Philip K Dick. La lecture de cette première série de comics m’a à ce titre beaucoup plu. On retrouve l’univers noir et désespéré des films, et Ash, une nouvelle protagoniste un peu cliché mais attachante et à la personnalité bien définie (avec notamment des flashbacks sur sa jeunesse). Les 3 tomes forment une histoire complète, qui oscille entre une enquête intéressante et bien construite, et des scènes d’action superbement orchestrées. Rien de bien original, certes, mais efficace. Notez que Michael Green, coscénariste de cette série, était aussi coscénariste du film « Blade Runner 2049 » ! Les films misaient beaucoup sur l’esthétisme et la bande son, et si cette dernière manque beaucoup, il faut avouer que Guinaldo et Lesko ont fait du beau boulot, et que les planches ont de la gueule, tout en s’éloignant un peu des films (c’est moins sombre). Une chouette trilogie, je lirai certainement la suite des aventures de Ash dans Blade Runner 2029.

16/10/2022 (modifier)
Couverture de la série Batman - The Dark Knight returns
Batman - The Dark Knight returns

Première excursion dans la galaxie comics de Batman, et vraiment enchanté par ce thriller signé Frank Miller, Klaus Janson et Lynn Varley. Un thriller noir, noir comme la couleur de l'album, noir comme le décorum et l'ambiance de l'histoire plus globalement. Oui parce que ce qui frappe au premier abord , lorsque l'on pose les yeux sur The Dark Knight Returns, c'est la noirceur qui s'en dégage. Nous retrouvons une ville de Gotham rongée de l'intérieur par le grand banditisme et le crime organisé. Depuis que Batman a décidé de raccrocher définitivement ses crampons de justicier masqué, le Mal sévit en toute liberté et en profite pour corrompre la cité américaine et la transformer en pandémonium. Bruce Wayne observe tout ce théâtre de mort en retrait avec ses yeux vieillissant de quinquagénaire fataliste et misanthrope. Gotham est une ville maudite. Depuis que sa némésis, le Joker, a assassiné Robin, son fidèle acolyte, il a perdu le goût de faire le bien. Cependant une clique de hors-la-loi particulièrement malfaisants, surnommée les Mutants, s'avèrent être beaucoup trop dangereuse pour une force de police complètement débordée. Saisi malgré lui par l'appel de la justice, Wayne va remettre son costume d'homme chauve-souris et va se remettre en selle. Batman est de retour. On retrouve dans ce comic tous les ingrédients que j'apprécie dans l'univers Batman ( en particulièrement la trilogie de Nolan, qui est mon point de référence, et le dessin animé de 1992 ). La noirceur de l'oeuvre s'explique d'abord, aussi bête que ça puisse paraître, par sa temporalité. En effet la majeure partie de l'histoire se déroule la nuit, que ce soit pour l'enquête criminelle où pour les combats, ce qui imprime cette tonalité lugubre et sombre caractéristique de la saga. Batman, en tant que super-héros, est avant tout un homme de l'obscurité. L'effet est décuplé par le dessin poisseux qui donne un rendu glauque, menaçant, voire même suffocant. Le dessinateur a fait un travail de maître. Ce que j'aime bien aussi c'est que l'intrigue a permit de faire converger pas mal de personnages iconiques du monde des super-héros. En effet on retrouve Double-Face, dont on découvrira au fil de l'enquête qu'il était la tête pensante derrière les agissements des Mutants, on revoit l'inévitable Joker, on fait la connaissance d'un nouveau Robin ( où plutôt d'une nouvelle Robin ) et on assiste même, clou du spectacle, à un combat monumental entre Batman et Superman, entre le vagabond insoumis et le fidèle petit lieutenant du gouvernement américain ( en parlant de ça, le président dans le comic ne ressemblerait-il pas à s'y méprendre à Ronald Reagan ?). The DKR, c'est un peu l'équivalent d'un All-Star Game de NBA, où toutes les têtes d'affiches finissent par se rencontrer. Il y a énormément d'action, et lorsque Batman n'enquête pas, il se bat (et parfois même il enquête en combattant). Il combat dans les airs, il combat dans la boue, à la foire...lors de ces duels monstrueux on retrouve le Bruce Wayne martial et indomptable, mais pas complètement : on se rend compte que comparé à d'habitude il est très souvent mis en difficulté, d'ailleurs à la fin contre Superman, son pauvre petit coeur de vieillard finit par lâcher. Ce sont des séquences qui permettent d'illustrer les effets de la sénescence naturelle sur son corps, qui ne lui permettent plus d'être aussi tonique et résistant qu'auparavant. Même s'il garde de très bons restes, il n'en est pas moins un homme usé autant mentalement que physiquement. Pour élargir un peu sur ce point, j'ai trouvé ça très malin et assez original la façon dont Frank Miller prend le contrepied du mythe Batman, en faisant de lui un homme affaibli qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été. Cet angle d'attaque donne la vision d'un justicier qui n'est pas invincible, en proie au doute, et je dois dire que personnellement cela a accru l'empathie que je pouvais ressentir pour le personnage. Je trouve que ça "l'humanise" en quelque sorte et ça le rend beaucoup plus proche de nous et de nos propres faiblesses. Et si finalement, au lieu d'être un "super-héros", Batman n'était plus qu'un simple héros ? S'il fallait absolument désigner un point noir, je dirais que j'ai trouvé l'histoire assez verbeuse. Il y a une somme conséquente de textes introspectifs où l'on rentre dans la tête des personnages pour s'imprégner de leur réflexions et leur points de vue, malheureusement ça peut devenir un peu lourdingue même si je comprends bien leur utilité : c'est une manière très habile de poser les divergences d'opinions philosophiques et politiques qui divisent Batman et Superman. Quoi qu'il en soit un comic très qualitatif, à titre personnel il a été la porte d'entrée idéale aux bandes dessinées Batman. Vu le niveau affiché, on va certainement continuer sur cette lancée et aller se dégoter quelques uns des autres bijoux de la collection.

16/10/2022 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Edmond
Edmond

Une histoire virevoltante qui imagine comment Edmond Rostand, dramaturge un peu falot de la toute fin du XIXème siècle, s'est mis à écrire Cyrano de Bergerac, la pièce comique à succès que l'on connait. (surtout grâce au film avec Gérard Depardieu) La couverture manquant de précision et d'originalité, les avis de BDthèque n'étant guère enthousiastes, j'avais loupé cet album. Puis, en cherchant une lecture gaie, dans une librairie d'occasion, je tombe sur le volume : j'ouvre et je vois une lumière chaude, des couleurs, des sourires aux joues rougies, des trognes, le tout baignant dans une aquarelle un peu débordante : je l'empoche. Ce scénario gigogne de la fiction à l'intérieur de la fiction (un peu comme dans le film "Looking for Richard") est ici très bien mené. Je suppose qu'en pièce de théâtre cela donne un effet un peu redondant, too much. Mais en BD, c'est très réussi. L'urgence économique du propriétaire du théâtre qui est aussi celui qui jouera le rôle de Cyrano, le milieu des demi-mondaines et des comédiennes, le tenancier noir et érudit du bistro où Edmond Rostand à ses habitudes, la facilité à improviser en vers de l'écrivain, à se servir de ce qui l'entoure pour reconstituer un fil narratif... Tout est drôle et enchevêtré avec habileté. L'ambiance 1900 est certes éloignée de nos préoccupations actuelles, le dessin peu inventif mais très efficace, et c'est par la jubilation des mots et des dispositifs scéniques que cet album emporte le morceau. C'est roboratif, complexe et agréable. A conseiller aux amoureux des mots, du théâtre et des tout débuts du XXème siècle, et à ceux qui on besoin de penser à autre chose qu'eux-même ...

16/10/2022 (modifier)
Couverture de la série Raymond Kopa : L'inoubliable
Raymond Kopa : L'inoubliable

Pour les amateurs et joueurs de foot de ma génération, l'Equipe de France a traversé une longue période de disettes et d'humiliations. Jusqu'à une chaude soirée sévillane l'histoire des Bleus se résumait à une date 1958 et presque un seul nom : Kopa. J'étais trop bébé pour avoir vu jouer Kopa mais à la maison il a fallu attendre Platini pour accompagner Kopa dans l'imaginaire collectif de la beauté du jeu. Justo lui ne sera probablement jamais effacé mais d'un point de vue statistique. Alors oui, Kopa avec Platini et Zidane fait partie de la légende du sport numéro 1. Le scénario de Berthelot propose sept chapitres chronologiques de la venue de son père polonais dans le Nord jusqu'à ses activités d'ambassadeur de son sport dans les dernières années de sa vie. Le scénario introduit une grande part d'humain et d'émotionnel dans le récit. Seuls trois chapitres traitent à plein, de sa réussite sportive. Le reste met en valeur son humanité voire son intimité. Son enfance au fond de la fosse a probablement influencé pour beaucoup sur ses positions syndicales fortes dans un milieu hors la loi du travail. Les blessures subies aussi fortes que les honneurs reçus en font un champion d'une humanité profonde. Le graphisme est collectif mais assez homogène. Dans un style réaliste historique avec une mise en couleur qui rappelle les années 70/80. Cela correspond à une volonté de retrouver l'ambiance des années Kopa. Perso j'ai beaucoup aimé cet ouvrage car au delà d'un palmarès c'est tout un destin d'homme que les auteurs font découvrir aux jeunes fans de Zizou ou M'Bappé.

16/10/2022 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Merel
Merel

La description de Van Laere est parfaite , je n'ai presque rien à ajouter ! Comme elle (?) je suis emballée par la précision de l'observation du monde rural. En France, comme en Belgique visiblement, le contrôle social à la campagne est plus présent qu'ailleurs. Les lieux de socialisation sont moins nombreux, et regroupent les familles. Si bien que si on a envie de prendre un chemin de vie légèrement différent, souvent on est obligé de partir à la ville. Ici l'héroïne, Merel, qui élève des canards au bout du village, n'est pas partie. Elle a trouvé sa place sans se marier, et en devenant la correspondante du quotidien local, elle est de toutes les fêtes. Pourtant il suffit d'un couple qui bat de l'aile pour qu'elle devienne le bouc émissaire rêvé. Les trois points fort de cet album : 1. Des dialogues très simples et justes qui donnent de l'épaisseur aux personnages 2. Un scénario qui monte en pression au point qu'on ne sait pas du tout comment cela va se terminer, va-t-on vers le gore ? vers le happy-end ? et rien de tout cela finalement. Et ce qui aurait pu être un documentaire devient une fiction haletante. 3. Un dessin déroutant par sa simplicité presque enfantine, et l'égalité de traitement graphique entre les genres et les âges qui est tellement plus proche de la vraie vie que les représentations habituelles... Merci pour ça. C'est aussi une marche vers la déconstruction des genres, voire des rapports parents-enfants. Et quand je dis déconstruction, ce n'est pas destruction : une mise à plat qui rebat les cartes et nous aide à voir plus clair. Bref, c'est un album à mettre entre toutes les mains, la place des enfants est cruciale (dans le scénario comme dans la vie rurale), certains personnages plus âgés sont aussi importants dans l'histoire. Une fiction particulièrement utile pour comprendre notre époque . Les amateurs d'héroïc-fantasy, passez votre chemin, on est les deux pieds dans le fumier !

16/10/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Tueur - Affaires d'Etat
Le Tueur - Affaires d'Etat

Est-ce possible que le Tueur se soit rangé et qu’il travaille désormais dans un bureau, comme analyste dans une compagnie maritime ? Non, ce n’est qu’une apparence, une couverture comme ils disent dans le jargon des services secrets français. Après la fin de la série principale intitulée « Le Tueur », une nouvelle série commence. Cette fois, il s’agit du « Tueur, affaires d’Etat ». Notre héros est toujours aussi cynique, sombre et pessimiste sur les comportements humains. Il est aussi toujours tueur à gages et finalement, continue à faire ce qu’il a toujours fait : ses planques, ses visées et son sang froid qui opère, une fois de plus. Le Tueur exprime toujours ses pensées profondes en voix off, ses sujets de réflexion portant cette fois sur la vie politique et les hommes qui l’animent. Trafic de drogue, trafic d’armes, achats de voix électorales, corruption d'élus… sont les sujets traités par cette nouvelle série. Le tout sur fond de port du Havre ! C’est intéressant mais par rapport à la série principale, on voyage moins ! Une fois encore, le scénario fonctionne bien et le dessin, toujours au top. Les vues sur la mer depuis les immeubles de la Porte Océane, emblème de la ville reconstruite, sont superbes. Le premier tome lance l’histoire en douceur, le second et le troisième sont plus denses et posent pas mal de questions sur le monde politique... une question d’actualité. Le tome 4, que je viens de lire après avoir relu la série complète, marque une rupture dans la psychologie du personnage : son armure se fend de quelques dixièmes de millimètres... mais quand même, ce n'est pas rien ! Une ombre d'humanité plane sur quelques pages et on attend la suite pour voir comment ce très discret changement va faire évoluer le personnage, ou pas. Une bonne idée du scénariste pour secouer un peu notre héros dont le professionnalisme et la vie sont parfaitement huilés et maîtrisés. Par ailleurs, le Tueur ne se contente plus de son immuable "Comment ?" mais pose cette fois la question du "Pourquoi ?" à laquelle il avait toujours refusé de céder. Et ceci n'est pas non plus un détail. On attend la suite...

12/12/2021 (MAJ le 16/10/2022) (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Love story à l'iranienne
Love story à l'iranienne

Un album qui fait écho à l'actualité ! C'est l'avis récent de gruizzli qui a titillé ma curiosité. Une bd documentaire qui retranscrit les différentes rencontres réalisées en Iran par Jane Deuxard : duo de journalistes et un vrai couple dans la vie. Ils ne sont pas mariés ce qui est un problème pour louer une chambre en Iran. Deux bagues feront l'affaire. Un travail clandestin fatiguant, sous cette "république" théocratique islamique, car faire profil bas, se fondre dans le paysage, ça épuise, ça use les nerfs. Cet album est un témoignage sur la vie dans ce pays et plus particulièrement sur le ressenti de sa jeunesse, sur la relation qu'elle éprouve envers ce régime totalitaire religieux. Plusieurs témoignages, souvent des couples, de jeunes gens qui donnent leurs visions sur l'avenir, sur la condition des femmes et sur la recherche de l'amour. Un parcours du combattant pour ce marier, souvent des mariages arrangés avec des critères pour le moins surprenant pour trouver le mari "parfait". J'ai été aussi surpris par le discours de certaines de ces jeunes filles, qui ne veulent pas toutes d'une vie à l'occidentale. J'ai aussi découvert le Sigheh, le mariage temporaire, il permet d'avoir des relations sexuelles en dehors du mariage traditionnel. Il peut durer de quelques minutes à plusieurs années. Les mollahs en profitent bien. Un album qui permet d'avoir une vision moins stéréotypée sur ce pays puisqu'il donne la parole à sa jeunesse. Après la révolution de 1979, pas grand chose n'avait changé. Et aujourd'hui ? Un dessin qui m'a surpris en bien, un trait et des couleurs douces qui font passer les émotions. Une mise en page façon carnet de voyage. A lire évidemment.

15/10/2022 (modifier)
Couverture de la série Akira
Akira

J'ai fait connaissance avec Akira relativement récemment, grâce à l'adaptation animé de 1988 car j'en avais entendu le plus grand bien. Charmé par ce travail d'animation singulier et déroutant, je me suis alors penché sur le matériau d'origine : le manga, publié par Glénat en six tomes. Et le manga est tout aussi déroutant que l'animé. C'est une plongée dans un Tokyo sombre et post-apocalyptique, près de quatre décennies après son bombardement complet à l'arme atomique durant la Troisième Guerre Mondiale. Une nuit, Testuo, un bosozoku, un de ces gangsters à moto qui gangrènent la capitale nipponne, se retrouve nez à nez avec un étrange garçon alors qu'il sillonnait l'une des grandes artères de la ville, et fait un terrible accident en essayant tant bien que mal de l'éviter. Recueilli et soigné par l'armée, cette dernière va l'examiner en détail pour tenter de déceler en lui un potentiel "Akira", un mutant aux capacités psychiques rares. Des événements initiaux mystérieux et rocambolesques qui vont lancer une immense épopée urbaine aux conséquences mondiales. Ce que j'apprécie beaucoup dans ce manga c'est qu'elle est une oeuvre très "cinématographique" si l'on peut dire, Otomo a le chic pour les grandes scènes d'explosions grandiloquentes, les images de destruction d'immeubles, les grands plans urbains, les aéronefs et engins militaires, les scènes de guerre grandioses. Quasiment chacun des six tomes de la saga se conclue par un cataclysme. Il me semble que l'auteur nippon a confessé avoir des références et des influences hollywoodiennes, notamment certains films des années 60, ce qui explique beaucoup de choses. Les tomes sont massifs, autant par leur dimensions que par le nombre de pages de chacun d'entre eux, pourtant ils se lisent très vite, parce qu'il faut bien le dire : Akira c'est avant tout beaucoup d'action, avec énormément de séquences sans dialogue, ce qui offre une grande limpidité à la lecture. L'intrigue est rondement menée, tambour battant, habilement construite, sans trop de longueurs, et on se passionne pour cet énigmatique complot d'état et cette lutte à mort des rebelles de la ville contre les agissements opaques de l'armée. Le portrait qu'il dessine de ce Tokyo dystopique est très réussi dans sa description de la misère et de l'anarchie. Dans Akira, la capitale du Japon ressemble bien davantage à un bidonville qu'à la métropole internationale que l'on connait. En tournant chaque page l'auteur parvient à nous faire ressentir l'ambiance de fin du monde de cette ville, la détresse des masses paupérisées, l'absurdité nihiliste du chaos urbain, le désordre, l'atmosphère de folie et les remugles de la mort. La fumée, les ruines, les cris, la peur...en faisant un petit effort on pourrait très bien se croire au beau milieu d'Hiroshima et de Nagasaki en 1945, après que les américains y ai lâché leur courroux nucléaire, et je pense effectivement que cette saga fait écho au traumatisme qu'ont été pour Otomo et les japonais en général les dramatiques bombardements atomiques de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, qui précipita leur capitulation. derrière cette apologie sans concession de la destruction et de la violence se cache surement une sorte de travail de thérapie cathartique qui ne dit pas son nom. Je mets donc un 4/5 à ce manga dense et énorme, que l'on peut classer comme une saga cyberpunk. J'ai passé un agréable moment avec ces protagonistes attachants, qui luttent pour leur propre survie ainsi que pour la survie de leur monde. Un classique incontournable, aussi bien l'oeuvre originelle que son adaptation animée.

15/10/2022 (modifier)
Couverture de la série Bobby Sombrero - Holy Flamingo !
Bobby Sombrero - Holy Flamingo !

Dans un univers qui hésite entre Disney et Star Wars, Bobby et Al vont être chahutés comme une boule de flipper qui deviendrait folle. Les auteurs nous proposent un monde déjanté, peuplé de princesses et de saucisses où l'humour est une arme de destruction massive. Ce mixte d'humour à la Disney et de SF à la star Wars m'a procuré une très agréable lecture récréative. Giovanni Barbieri nous propose un scénario qui défile à cent à l'heure sans souffler ni savoir dans quelle direction la planche suivante va vous conduire. Les deux héros sont vraiment sympathiques de bonne volonté au milieu de ces princesses un peu collantes, de leurs papas un peu guerriers et des saucisses un peu indigestes. C'est du délire amusant et gentil à toutes les pages. Les dialogues ping pong ne laissent pas le temps de s'arrêter en route. Le récit est très bien porté par le très bon graphisme de "Cinci" Canfailla très dynamique et très créatif. J'ai beaucoup aimé la mise en couleur très vive qui donne du fouet comme un bon milkish aux harengs. Une lecture pour penser à autre chose que ses impôts, cela fait du bien.

15/10/2022 (modifier)