Voilà une petite pépite bien sombre qui est passée à l’as ! L’ambiance est bien noire. Ca pue la banlieue sordide italienne gangrénée par la mafia. Oui oui nous sommes presque dans la série Gomorra. L’histoire se déroule sur trois périodes qui se mélangent à merveille. Le nœud de l’histoire est un immeuble squatté que la police souhaite voir évacuer mais les habitants ne sont pas décidés à se laisser faire.
L’intrigue n’est pas mauvaise. Je dirais même que c'est bien ficelé. Le rythme est cadencé par les flashbacks. Tout est réglé comme du papier à musique. J’avoue que je n’ai pas vu arriver la fin. C’est prenant. On ne s’ennuie pas mais cela se lit vite malheureusement.
La colorisation essentiellement bichromique souligne le côté glauque et poisseux de l’histoire. Beaucoup de scènes ont lieu la nuit. Visuellement ca vaut vraiment le coup d’œil surtout que la mise en page est très intéressante avec une alternance de plans comme au cinéma. Du coup une deuxième lecture s’impose axée sur l’analyse du travail des auteurs.
Une belle découverte que je recommande
Sans ce site, et l'avis de la semaine de Paco qui m'avait motivée à l'achat les yeux fermés, je n'aurais jamais découvert cette délicieuse petite histoire. C'est frais, divertissant et intelligent.
Le petit village de Kilkenny, son église, son pub, son curé... et ses moutons, nous sommes en Irlande ! Mais ce village a une particularité curieuse, le pub est accolé à l'église, ce qui divise quelque peu les paroissiens.
Son curé aussi sort des sentiers battus, il répète chaque matin ses prêches face aux moutons qui l'écoutent religieusement en attendant les friandises qui ne manquent pas de suivre ce moment de recueillement.
Et quand le curé disparaît, tout le troupeau est en émoi, la manne divine s'est tarie ! Parmi les animaux, c'est le hibou (nommé Sir Doyle!) qui mènera l'enquête, forcément. Pendant que les moutons... comment dire... traverseront une crise finalement bien humaine.
Une très jolie fable, quand même bien critique mais très poétique et pleine d'humour, servie par un délicieux dessin super expressif. Tous les personnages ont des trognes, même, et surtout les moutons.
Pas très loin de chez moi, il y a un pré avec 11 moutons. Aller les voir est un de mes buts de promenade. Demain je leur apporterai des friandises :-)
MAJ après lecture du tome 2 :
Toujours aussi sympa.
C’est vrai que la découverte de ce petit monde n’a plus tout à fait la même saveur, mais l’histoire est assez prenante. Les caractères des villageois sont à croquer. Les dessins subliment l’ambiance. J’en veux encore :)
C’est en déambulant dans les allées de quai des bulles que j’ai découvert par hasard chez les humanoïdes associés l’intégrale de « Retour sur Belzagor ». Je ne connais pas du tout le roman de Robert Silverberg mais visuellement je suis tombé raide dingue du graphisme de Laura Zuccheri. Son coup de crayon est juste incroyable. Que c’est beau, avec un festival d’animaux exotiques incroyables. Rien que pour l’animalerie extra-terrestre cela vaut le coup d’œil.
Je ne peux pas ne pas faire le parallèle avec le monde chimérique de Léo. Nous sommes sur la même veine. C’est du grand art et je me suis vraiment régalé à suivre les aventures de Gundy sur les terres de Belzagor. De belles valeurs sont mises en exergue. La colonisation et le racisme sont dénoncés. La tolérance est prônée. Du suspens et des rebondissements sont au rendez-vous. La lecture est fluide et prenante. On ne lâche pas le bouquin. Au final c’est une histoire aboutie qui mérite toute votre attention. Le mythe de la jeunesse éternelle revisitée !
Pour leur première collaboration, Nicolas Dumontheuil et Aurélien Ducoudray ont opté pour une fable burlesque haute en couleurs, en prenant pour thème une pratique qui avait cours au temps du Roi Soleil : le « Congrès » ! Méconnue pour la plupart d’entre nous et si saugrenue puisse-t-elle paraître, cette pratique permettait à une épouse d’annuler son mariage pour cause d’impuissance de son époux. Devant une assistance composée de juristes, d’ecclésiastiques (sic !) et de témoins, le mari avait pour obligation de démontrer qu’il avait la capacité d’« honorer » sa conjointe et que son « appareil reproducteur » était en état de marche. Bien sûr, aucun voyeurisme là-dedans (qu’allez-vous chercher, voyons ?), le but étant de favoriser la croissance démographique, comme le préconisaient les textes saints… Pratique odieuse et humiliante s’il en était, le « congrès » aura duré plus de cent ans (en France uniquement !) avant d’être aboli en 1677.
A la lecture de l’ouvrage, on sent bien que les auteurs se sont emparés du sujet avec une certaine jubilation. Aurélien Ducoudray nous sert un scénario coquin qui suscite nos interrogations tout au long du livre : le pauvre Comte de Dardille retrouvera-t-il sa vigueur sexuelle grâce à l’intervention avisée de son ami « membré », dit « le Marquis » ? Celui-ci, persuadé qu’il peut redresser… la situation, va accompagner le Comte dans des hauts lieux de perdition prévus pour rendre sa « raideur » à un mort, tout raide soit-il déjà… Pour les textes, Ducoudray a pris un soin tout particulier à respecter le beau langage de l’époque tout en le rendant compréhensible au lecteur du XXIe siècle, se payant même le luxe de produire des rimes… Aurait-il convoqué les muses de Molière ? En tout cas, cet auteur excelle l’art des pieds et des versets, nous rappelant — au cas où on l’aurait oublié —, que la langue française est la plus belle du monde…
De même, la partition graphique est gérée de main de maître par Nicolas Dumontheuil. Son trait n’a jamais été aussi énergique, tout en exubérance, et quel meilleur adjectif que « baroque » pour le qualifier ici, dans ce contexte historique « Ancien Régime » ? L’auteur de "Qui a tué l’idiot ?" ne connaît pas la ligne droite, et c’est bien ce qui rend son dessin si vivant ! Les bâtiments ont l’air de danser au rythme des personnages, eux-mêmes dotés de mines très expressives. Tout cela confère à l’ensemble un air de farandole échevelée. Et que dire de la multitude de détails qui ornent chaque page ? Nos yeux ne savent plus donner de la tête qui, elle, en reste étourdie… C’est du grand art, un plaisir de bédéphile.
« L’Impudence des chiens » s’avère une fable tragi-comique réjouissante, et l’on sait gré aux auteurs de ne pas être tombés dans le piège de la lubricité, ce qui, vu le sujet traité, aurait été facile… Bien au contraire, ils ont adopté le ton juste et réussissent à s’amuser du rite odieux d’une époque heureusement révolue, dont aujourd’hui on a peine à croire qu’elle ait vraiment existé. Si par son crayon élastique, Dumontheuil aime à rendre hommage aux formes féminines, il n’en va pas de même pour les hommes, très peu à leur avantage en tenue d’Adam… et lorsqu’ils sont habillés, leurs perruques démesurées de paons ridicules ne constituent pas forcément des invitations à l’amour… Je ne dirai rien du dénouement et de la scène finale, aussi hilarants qu’inattendus, mais le petit message à l’adresse des hommes de guerre, dont l’érection semble plus souvent stimulée par les canons, est des plus — passez-moi l’expression — jouissif.
Je ne suis pas un expert de Batman mais j’ai bien aimé cet album. Ça faisait un bout de temps que je souhaitais le lire, j’ai profité de la bonne initiative de l’éditeur avec cette réédition souple au prix modique.
Mon avis (et la note) sera insidieusement impacté par cette édition. J’y trouve un super ratio qualité/prix, en plus le format des pages est plus que correct. Voilà pour le côté matériel.
Pour le fond et la forme, c’est fort réussi à mes yeux, pas mal de qualités.
Une idée originale avec le Joker en chevalier blanc, une inversion des rôles maîtrisée, une histoire qui se suffit et qui ne cherche pas à rentrer dans le continuum de Gotham, quelques petits moments poussifs mais rien de méchant.
La partie graphique typée comics (forcément) possède quelque chose, bizarrement alors que je n’ai trouvé aucune page somptueuse, j’ai beaucoup aimé, c’est dense, efficace, fluide, la représentation des persos m’a bien plu.
Un auteur à suivre, j’ai bien aimé sa version, un bon moment de lecture à la clé.
Pas un récit indispensable, ni vraiment marquant mais bien plaisant de part sa réalisation et son tarif.
J’ai découvert il y a peu, une suite à cette aventure dans la même édition, j’ai acheté les yeux fermés.
Je continue mon exploration de la Bd du continent africain. Sani nous livre un roman (autobio) graphique intimiste et sentimental sur les bords du Niger.
Sani a suivi un cursus de lettres modernes et je trouve que cela influence en bien son oeuvre. La relation tumultueuse de Sani et de Rose rappelle des épisodes des grands romans classiques du XIXème siècle.
Il y a aussi du " Bachelier" de Jules Valles dans cette description de ses aléas académiques et sentimentaux. Cela donne un côté universel à la vie étudiante qui dépasse les époques et les frontières. Une création sur le thème de l'amour qui porte de bien belles valeurs.
Les dialogues sont de bonnes qualités et les personnages de Rose et du Papa sont très travaillés avec de belles profondeurs psychologiques.
Le graphisme en N&B est assez sombre. Le trait est souple et réaliste. On a quelques cases qui ressemblent à des affiches lors des passages plus politiques du récit (un peu dans un style réalisme révolutionnaire).
Une lecture intéressante dans laquelle j'ai trouvé une bonne qualité littéraire. Un 3.5
Comme d'autres avis, j'ai retrouvé ici un air de Steinbeck, d'hommes en blouses de travail et de Californie du début XXè, de racisme, de prisons et de misère. C'est un récit d'une vie, celle d'un homme qui veut travailler de ses mains et avec l'électricité. Rapidement, l'histoire s'installe dans son rythme qu'elle ne perd plus jamais. Ce qui est remarquable, vu le nombre des pages, qui se lit d'ailleurs facilement et plus rapidement qu'on ne pourrait le croire, au vu du bouzin.
Le dessin est parfait pour ce genre de récit, rendant quelque chose de rugueux dans les textures. On sent la toile grossière des vêtements et les planches écaillées. Ça passe par le dessin, l'ambiance est très bien retransmise et permets de ressentir tout le poids du récit. Un excellent exemple de comment articuler le fond et la forme d'un récit.
Le récit, lui, est assez linéaire. On se doute vite de ce qui va arriver, mais l'importance n'est pas vraiment perceptible tout de suite. Par contre, une fois au pénitencier, c'est l'escalade de la violence et de la douleur pour notre personnage. Une sacrée descente aux enfers pour un brave gars qui veut juste bien faire son travail. J'aime le fait que l'accent ne soit jamais mis uniquement sur un "brave homme", puisqu'il a aussi des comportements qui ne conviennent pas, comme avec sa femme. Par contre, c'est un travailleur honnête ou qui essaye de l'être. Et j'aime le fait que ce qui l'anime avant tout soit sa passion pour son métier et la volonté de préserver sa famille. C'est simple, comme beaucoup de gens que j'ai pu croiser dans ma vie, et ça peut mener à des conséquences désastreuses. A partir de l'accident, on sent que l'auteure veut nous montrer le délitement de ce qui fait la vie de cet homme, mais aussi par là une critique de nos institutions, des pouvoirs et des humains. Que dire de ces gardiens de prisons si sadique, de ce jugement qui semble joué d'avance, de cette douleur de la séparation d'un couple ? La fin est assez cruelle, puisque rien ne reviendra à la normale et que tout restera dans cette déchéance humaine, avec une sorte de fin ironiquement noire.
Je suis très content de cette lecture, c'est le genre de BD qui arrive à faire ressentir tout ce qu'elle veut dire, le retransmet par le dessin comme par le texte, nous montre une cruauté humaine qui n'est jamais voyeuriste et pose des questions sur la façon dont nous nous traitons dans notre propre société. C'est un rappel de ce que purent être les lois dures et le pénitencier de ces années-là. Je ne connais pas les prisons actuelles mais je me demande ce que ça donnerait ... Bref, une lecture prenante et qui se dévore comme un rien, une chaude recommandation !
Toujours compliqué de se lancer dans l'appréciation d'un album de MAM. Le bougre a toujours été joueur, il aime les défis et se jouer des codes. Avec "Deep me" on n’échappe pas à la règle et il faut savoir lire entre les lignes, de fond comme de forme, car comme dans toute enquête digne de ce nom les fausses pistes sont de rigueur.
Le tour de force de cet album réside dans la quasi absence de dessin et de l'omniprésence du noir. L'objet que l'on tient en main est d'ailleurs d'un noir profond ; les inscriptions de la couverture ne se voient que grâce à un vernis sélectif. Idem pour la tranche (mis à part le logo de Delcourt... qui a quand même lâché le rouge sang pour un sobre gris pâle). MAM a même poussé le vice jusqu'à demander une tranche noire : tous les bords de page finissent de sceller cet étrange monolithe !
Et la conscience fût !
Adam ! L’album s’ouvre sur la découverte du prénom du personnage principal… Mais lui aussi semble le découvrir… Qui est-il ? Où est-il ? Que lui est-il arrivé ? Il ne se rappelle de rien. Comble de tout, il entend les gens qui lui parlent sans les voir, mais eux ne semblent pas l’entendre. Adam n’est plus que conscience, esprit, sans aucune prise sur ce qui l’entoure…
Les laps de conscience/inconscience s’enchaînent sans avoir d’idée précise sur le temps qui s’écoule entre chaque, mais Adam ne lâche rien. Il commence à reconstruire des bribes de ce qui lui serait arrivé grâce aux conversations qu’il saisit et à comprendre où il est grâce aux sons qu’il perçoit ; reclus dans ce noir absolu, ses sens s’affinent de plus en plus… A-t-il survécu à un accident ? A-t-il été kidnappé ? Rêve-t-il tout simplement ? C’est tout ce à quoi va tâcher de répondre cet album mystérieux qui s’interroge sur la conscience, l’intelligence… et l’espèce humaine.
Encore une très belle réussite de MAM, qui poursuit la construction d’une œuvre unique, en élaborant des supports toujours aussi singuliers, impliquant et remettant toujours en cause le medium qu’il utilise pour servir sa réflexion.
Le fantasme classique, celui de pouvoir parler à celui qu'on était dans le passé et pouvoir lui donner des conseils pour mieux réussir sa vie.
J'aime bien les albums de Gregory Pannacione. Même si ses personnages ont régulièrement un aspect de loser qui se laisse aller et dont je ne me sens pas proche, j'aime la fluidité de son style, la facilité de sa narration et je suis toujours accroché par sa mise en scène. Cela tient aussi bien au graphisme qu'à la manière de raconter. Il s'aide par exemple de petites mises en scène métaphoriques pour représenter les pensées de son héros et ses états d'âme et cela fonctionne très bien, même pour les quelques séquences muettes.
Encore faut-il que l'histoire soit bonne. Et là, elle l'est. Comme indiqué ci-dessus, elle ne part pas d'une idée follement originale, mais elle la met en place simplement et plaisamment. Les réactions des personnages sont crédibles, le déroulement satisfaisant, et malgré les passages convenus, il y a quelques éléments qui viennent surprendre le lecteur et d'autres éléments qui amènent une émotion certes attendue mais finalement efficace... sans doute là encore parce que le tout est bien raconté. Et puis ça finit bien, ça fait plaisir.
Bref, j'ai aimé cette BD.
J’ai dévoré l’intégrale !
Pourtant, je ne suis pas un grand amateur de récits fantastiques, surtout lorsqu’ils lorgnent vers le genre super-héros. Pourtant le dessin en noir et blanc me paraissait assez simpliste, trop propre sur lui. Pourtant le pavé est imposant et je craignais de voir ma lecture se tirer en longueur.
… Mais la vérité est que j’ai dévoré cette intégrale !
D’abord parce que si la série lorgne vers le genre super-héros (avec ici une combinaison qui dote son possesseur de capacités hors-normes), le personnage principal est tout sauf une super-héroïne. Fragile, bien souvent dépassée par ce qu’il lui arrive, ce personnage m’a beaucoup plu. J’ai aimé ses faiblesses, apprécié son caractère et son humour et admiré sa détermination.
Ensuite parce que ce dessin a beau être en noir et blanc, il n’en est pas moins très efficace et agréable à lire. C’est dynamique, expressif, avec des personnages bien typés, des décors simples mais bien présents. En clair, ce n’est peut-être pas super-beau ou digne d’être accroché au mur, mais pour raconter une histoire, ça le fait !
Et puis, la narration est fluide, l’intrigue constamment relancée, les concepts scientifiques et technologiques sont originaux et ‘amusants’. Ça prend en haleine et ça tient la route (bon, la fin est un peu grosse mais c’est encore acceptable). Il y a régulièrement des petites trouvailles qui font qu’on a envie de poursuivre notre lecture, juste pour voir où ça nous mène. Ce récit en devient addictif.
Vraiment chouette !
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Les Assiégés
Voilà une petite pépite bien sombre qui est passée à l’as ! L’ambiance est bien noire. Ca pue la banlieue sordide italienne gangrénée par la mafia. Oui oui nous sommes presque dans la série Gomorra. L’histoire se déroule sur trois périodes qui se mélangent à merveille. Le nœud de l’histoire est un immeuble squatté que la police souhaite voir évacuer mais les habitants ne sont pas décidés à se laisser faire. L’intrigue n’est pas mauvaise. Je dirais même que c'est bien ficelé. Le rythme est cadencé par les flashbacks. Tout est réglé comme du papier à musique. J’avoue que je n’ai pas vu arriver la fin. C’est prenant. On ne s’ennuie pas mais cela se lit vite malheureusement. La colorisation essentiellement bichromique souligne le côté glauque et poisseux de l’histoire. Beaucoup de scènes ont lieu la nuit. Visuellement ca vaut vraiment le coup d’œil surtout que la mise en page est très intéressante avec une alternance de plans comme au cinéma. Du coup une deuxième lecture s’impose axée sur l’analyse du travail des auteurs. Une belle découverte que je recommande
Le Pré derrière l'église
Sans ce site, et l'avis de la semaine de Paco qui m'avait motivée à l'achat les yeux fermés, je n'aurais jamais découvert cette délicieuse petite histoire. C'est frais, divertissant et intelligent. Le petit village de Kilkenny, son église, son pub, son curé... et ses moutons, nous sommes en Irlande ! Mais ce village a une particularité curieuse, le pub est accolé à l'église, ce qui divise quelque peu les paroissiens. Son curé aussi sort des sentiers battus, il répète chaque matin ses prêches face aux moutons qui l'écoutent religieusement en attendant les friandises qui ne manquent pas de suivre ce moment de recueillement. Et quand le curé disparaît, tout le troupeau est en émoi, la manne divine s'est tarie ! Parmi les animaux, c'est le hibou (nommé Sir Doyle!) qui mènera l'enquête, forcément. Pendant que les moutons... comment dire... traverseront une crise finalement bien humaine. Une très jolie fable, quand même bien critique mais très poétique et pleine d'humour, servie par un délicieux dessin super expressif. Tous les personnages ont des trognes, même, et surtout les moutons. Pas très loin de chez moi, il y a un pré avec 11 moutons. Aller les voir est un de mes buts de promenade. Demain je leur apporterai des friandises :-) MAJ après lecture du tome 2 : Toujours aussi sympa. C’est vrai que la découverte de ce petit monde n’a plus tout à fait la même saveur, mais l’histoire est assez prenante. Les caractères des villageois sont à croquer. Les dessins subliment l’ambiance. J’en veux encore :)
Retour sur Belzagor
C’est en déambulant dans les allées de quai des bulles que j’ai découvert par hasard chez les humanoïdes associés l’intégrale de « Retour sur Belzagor ». Je ne connais pas du tout le roman de Robert Silverberg mais visuellement je suis tombé raide dingue du graphisme de Laura Zuccheri. Son coup de crayon est juste incroyable. Que c’est beau, avec un festival d’animaux exotiques incroyables. Rien que pour l’animalerie extra-terrestre cela vaut le coup d’œil. Je ne peux pas ne pas faire le parallèle avec le monde chimérique de Léo. Nous sommes sur la même veine. C’est du grand art et je me suis vraiment régalé à suivre les aventures de Gundy sur les terres de Belzagor. De belles valeurs sont mises en exergue. La colonisation et le racisme sont dénoncés. La tolérance est prônée. Du suspens et des rebondissements sont au rendez-vous. La lecture est fluide et prenante. On ne lâche pas le bouquin. Au final c’est une histoire aboutie qui mérite toute votre attention. Le mythe de la jeunesse éternelle revisitée !
L'Impudence des chiens
Pour leur première collaboration, Nicolas Dumontheuil et Aurélien Ducoudray ont opté pour une fable burlesque haute en couleurs, en prenant pour thème une pratique qui avait cours au temps du Roi Soleil : le « Congrès » ! Méconnue pour la plupart d’entre nous et si saugrenue puisse-t-elle paraître, cette pratique permettait à une épouse d’annuler son mariage pour cause d’impuissance de son époux. Devant une assistance composée de juristes, d’ecclésiastiques (sic !) et de témoins, le mari avait pour obligation de démontrer qu’il avait la capacité d’« honorer » sa conjointe et que son « appareil reproducteur » était en état de marche. Bien sûr, aucun voyeurisme là-dedans (qu’allez-vous chercher, voyons ?), le but étant de favoriser la croissance démographique, comme le préconisaient les textes saints… Pratique odieuse et humiliante s’il en était, le « congrès » aura duré plus de cent ans (en France uniquement !) avant d’être aboli en 1677. A la lecture de l’ouvrage, on sent bien que les auteurs se sont emparés du sujet avec une certaine jubilation. Aurélien Ducoudray nous sert un scénario coquin qui suscite nos interrogations tout au long du livre : le pauvre Comte de Dardille retrouvera-t-il sa vigueur sexuelle grâce à l’intervention avisée de son ami « membré », dit « le Marquis » ? Celui-ci, persuadé qu’il peut redresser… la situation, va accompagner le Comte dans des hauts lieux de perdition prévus pour rendre sa « raideur » à un mort, tout raide soit-il déjà… Pour les textes, Ducoudray a pris un soin tout particulier à respecter le beau langage de l’époque tout en le rendant compréhensible au lecteur du XXIe siècle, se payant même le luxe de produire des rimes… Aurait-il convoqué les muses de Molière ? En tout cas, cet auteur excelle l’art des pieds et des versets, nous rappelant — au cas où on l’aurait oublié —, que la langue française est la plus belle du monde… De même, la partition graphique est gérée de main de maître par Nicolas Dumontheuil. Son trait n’a jamais été aussi énergique, tout en exubérance, et quel meilleur adjectif que « baroque » pour le qualifier ici, dans ce contexte historique « Ancien Régime » ? L’auteur de "Qui a tué l’idiot ?" ne connaît pas la ligne droite, et c’est bien ce qui rend son dessin si vivant ! Les bâtiments ont l’air de danser au rythme des personnages, eux-mêmes dotés de mines très expressives. Tout cela confère à l’ensemble un air de farandole échevelée. Et que dire de la multitude de détails qui ornent chaque page ? Nos yeux ne savent plus donner de la tête qui, elle, en reste étourdie… C’est du grand art, un plaisir de bédéphile. « L’Impudence des chiens » s’avère une fable tragi-comique réjouissante, et l’on sait gré aux auteurs de ne pas être tombés dans le piège de la lubricité, ce qui, vu le sujet traité, aurait été facile… Bien au contraire, ils ont adopté le ton juste et réussissent à s’amuser du rite odieux d’une époque heureusement révolue, dont aujourd’hui on a peine à croire qu’elle ait vraiment existé. Si par son crayon élastique, Dumontheuil aime à rendre hommage aux formes féminines, il n’en va pas de même pour les hommes, très peu à leur avantage en tenue d’Adam… et lorsqu’ils sont habillés, leurs perruques démesurées de paons ridicules ne constituent pas forcément des invitations à l’amour… Je ne dirai rien du dénouement et de la scène finale, aussi hilarants qu’inattendus, mais le petit message à l’adresse des hommes de guerre, dont l’érection semble plus souvent stimulée par les canons, est des plus — passez-moi l’expression — jouissif.
Batman - White Knight
Je ne suis pas un expert de Batman mais j’ai bien aimé cet album. Ça faisait un bout de temps que je souhaitais le lire, j’ai profité de la bonne initiative de l’éditeur avec cette réédition souple au prix modique. Mon avis (et la note) sera insidieusement impacté par cette édition. J’y trouve un super ratio qualité/prix, en plus le format des pages est plus que correct. Voilà pour le côté matériel. Pour le fond et la forme, c’est fort réussi à mes yeux, pas mal de qualités. Une idée originale avec le Joker en chevalier blanc, une inversion des rôles maîtrisée, une histoire qui se suffit et qui ne cherche pas à rentrer dans le continuum de Gotham, quelques petits moments poussifs mais rien de méchant. La partie graphique typée comics (forcément) possède quelque chose, bizarrement alors que je n’ai trouvé aucune page somptueuse, j’ai beaucoup aimé, c’est dense, efficace, fluide, la représentation des persos m’a bien plu. Un auteur à suivre, j’ai bien aimé sa version, un bon moment de lecture à la clé. Pas un récit indispensable, ni vraiment marquant mais bien plaisant de part sa réalisation et son tarif. J’ai découvert il y a peu, une suite à cette aventure dans la même édition, j’ai acheté les yeux fermés.
Un Guerrier Dendi
Je continue mon exploration de la Bd du continent africain. Sani nous livre un roman (autobio) graphique intimiste et sentimental sur les bords du Niger. Sani a suivi un cursus de lettres modernes et je trouve que cela influence en bien son oeuvre. La relation tumultueuse de Sani et de Rose rappelle des épisodes des grands romans classiques du XIXème siècle. Il y a aussi du " Bachelier" de Jules Valles dans cette description de ses aléas académiques et sentimentaux. Cela donne un côté universel à la vie étudiante qui dépasse les époques et les frontières. Une création sur le thème de l'amour qui porte de bien belles valeurs. Les dialogues sont de bonnes qualités et les personnages de Rose et du Papa sont très travaillés avec de belles profondeurs psychologiques. Le graphisme en N&B est assez sombre. Le trait est souple et réaliste. On a quelques cases qui ressemblent à des affiches lors des passages plus politiques du récit (un peu dans un style réalisme révolutionnaire). Une lecture intéressante dans laquelle j'ai trouvé une bonne qualité littéraire. Un 3.5
Un travail comme un autre
Comme d'autres avis, j'ai retrouvé ici un air de Steinbeck, d'hommes en blouses de travail et de Californie du début XXè, de racisme, de prisons et de misère. C'est un récit d'une vie, celle d'un homme qui veut travailler de ses mains et avec l'électricité. Rapidement, l'histoire s'installe dans son rythme qu'elle ne perd plus jamais. Ce qui est remarquable, vu le nombre des pages, qui se lit d'ailleurs facilement et plus rapidement qu'on ne pourrait le croire, au vu du bouzin. Le dessin est parfait pour ce genre de récit, rendant quelque chose de rugueux dans les textures. On sent la toile grossière des vêtements et les planches écaillées. Ça passe par le dessin, l'ambiance est très bien retransmise et permets de ressentir tout le poids du récit. Un excellent exemple de comment articuler le fond et la forme d'un récit. Le récit, lui, est assez linéaire. On se doute vite de ce qui va arriver, mais l'importance n'est pas vraiment perceptible tout de suite. Par contre, une fois au pénitencier, c'est l'escalade de la violence et de la douleur pour notre personnage. Une sacrée descente aux enfers pour un brave gars qui veut juste bien faire son travail. J'aime le fait que l'accent ne soit jamais mis uniquement sur un "brave homme", puisqu'il a aussi des comportements qui ne conviennent pas, comme avec sa femme. Par contre, c'est un travailleur honnête ou qui essaye de l'être. Et j'aime le fait que ce qui l'anime avant tout soit sa passion pour son métier et la volonté de préserver sa famille. C'est simple, comme beaucoup de gens que j'ai pu croiser dans ma vie, et ça peut mener à des conséquences désastreuses. A partir de l'accident, on sent que l'auteure veut nous montrer le délitement de ce qui fait la vie de cet homme, mais aussi par là une critique de nos institutions, des pouvoirs et des humains. Que dire de ces gardiens de prisons si sadique, de ce jugement qui semble joué d'avance, de cette douleur de la séparation d'un couple ? La fin est assez cruelle, puisque rien ne reviendra à la normale et que tout restera dans cette déchéance humaine, avec une sorte de fin ironiquement noire. Je suis très content de cette lecture, c'est le genre de BD qui arrive à faire ressentir tout ce qu'elle veut dire, le retransmet par le dessin comme par le texte, nous montre une cruauté humaine qui n'est jamais voyeuriste et pose des questions sur la façon dont nous nous traitons dans notre propre société. C'est un rappel de ce que purent être les lois dures et le pénitencier de ces années-là. Je ne connais pas les prisons actuelles mais je me demande ce que ça donnerait ... Bref, une lecture prenante et qui se dévore comme un rien, une chaude recommandation !
Deep Me
Toujours compliqué de se lancer dans l'appréciation d'un album de MAM. Le bougre a toujours été joueur, il aime les défis et se jouer des codes. Avec "Deep me" on n’échappe pas à la règle et il faut savoir lire entre les lignes, de fond comme de forme, car comme dans toute enquête digne de ce nom les fausses pistes sont de rigueur. Le tour de force de cet album réside dans la quasi absence de dessin et de l'omniprésence du noir. L'objet que l'on tient en main est d'ailleurs d'un noir profond ; les inscriptions de la couverture ne se voient que grâce à un vernis sélectif. Idem pour la tranche (mis à part le logo de Delcourt... qui a quand même lâché le rouge sang pour un sobre gris pâle). MAM a même poussé le vice jusqu'à demander une tranche noire : tous les bords de page finissent de sceller cet étrange monolithe ! Et la conscience fût ! Adam ! L’album s’ouvre sur la découverte du prénom du personnage principal… Mais lui aussi semble le découvrir… Qui est-il ? Où est-il ? Que lui est-il arrivé ? Il ne se rappelle de rien. Comble de tout, il entend les gens qui lui parlent sans les voir, mais eux ne semblent pas l’entendre. Adam n’est plus que conscience, esprit, sans aucune prise sur ce qui l’entoure… Les laps de conscience/inconscience s’enchaînent sans avoir d’idée précise sur le temps qui s’écoule entre chaque, mais Adam ne lâche rien. Il commence à reconstruire des bribes de ce qui lui serait arrivé grâce aux conversations qu’il saisit et à comprendre où il est grâce aux sons qu’il perçoit ; reclus dans ce noir absolu, ses sens s’affinent de plus en plus… A-t-il survécu à un accident ? A-t-il été kidnappé ? Rêve-t-il tout simplement ? C’est tout ce à quoi va tâcher de répondre cet album mystérieux qui s’interroge sur la conscience, l’intelligence… et l’espèce humaine. Encore une très belle réussite de MAM, qui poursuit la construction d’une œuvre unique, en élaborant des supports toujours aussi singuliers, impliquant et remettant toujours en cause le medium qu’il utilise pour servir sa réflexion.
Quelqu'un à qui parler
Le fantasme classique, celui de pouvoir parler à celui qu'on était dans le passé et pouvoir lui donner des conseils pour mieux réussir sa vie. J'aime bien les albums de Gregory Pannacione. Même si ses personnages ont régulièrement un aspect de loser qui se laisse aller et dont je ne me sens pas proche, j'aime la fluidité de son style, la facilité de sa narration et je suis toujours accroché par sa mise en scène. Cela tient aussi bien au graphisme qu'à la manière de raconter. Il s'aide par exemple de petites mises en scène métaphoriques pour représenter les pensées de son héros et ses états d'âme et cela fonctionne très bien, même pour les quelques séquences muettes. Encore faut-il que l'histoire soit bonne. Et là, elle l'est. Comme indiqué ci-dessus, elle ne part pas d'une idée follement originale, mais elle la met en place simplement et plaisamment. Les réactions des personnages sont crédibles, le déroulement satisfaisant, et malgré les passages convenus, il y a quelques éléments qui viennent surprendre le lecteur et d'autres éléments qui amènent une émotion certes attendue mais finalement efficace... sans doute là encore parce que le tout est bien raconté. Et puis ça finit bien, ça fait plaisir. Bref, j'ai aimé cette BD.
Echo
J’ai dévoré l’intégrale ! Pourtant, je ne suis pas un grand amateur de récits fantastiques, surtout lorsqu’ils lorgnent vers le genre super-héros. Pourtant le dessin en noir et blanc me paraissait assez simpliste, trop propre sur lui. Pourtant le pavé est imposant et je craignais de voir ma lecture se tirer en longueur. … Mais la vérité est que j’ai dévoré cette intégrale ! D’abord parce que si la série lorgne vers le genre super-héros (avec ici une combinaison qui dote son possesseur de capacités hors-normes), le personnage principal est tout sauf une super-héroïne. Fragile, bien souvent dépassée par ce qu’il lui arrive, ce personnage m’a beaucoup plu. J’ai aimé ses faiblesses, apprécié son caractère et son humour et admiré sa détermination. Ensuite parce que ce dessin a beau être en noir et blanc, il n’en est pas moins très efficace et agréable à lire. C’est dynamique, expressif, avec des personnages bien typés, des décors simples mais bien présents. En clair, ce n’est peut-être pas super-beau ou digne d’être accroché au mur, mais pour raconter une histoire, ça le fait ! Et puis, la narration est fluide, l’intrigue constamment relancée, les concepts scientifiques et technologiques sont originaux et ‘amusants’. Ça prend en haleine et ça tient la route (bon, la fin est un peu grosse mais c’est encore acceptable). Il y a régulièrement des petites trouvailles qui font qu’on a envie de poursuivre notre lecture, juste pour voir où ça nous mène. Ce récit en devient addictif. Vraiment chouette !