Où le regard ne porte pas...

Note: 3.8/5
(3.8/5 pour 86 avis)

2004 : Grand prix RTL de la bande dessinée (tome 1). Peu importe l'histoire, rêvez-la...


BD à offrir Grand prix RTL de la bande dessinée Italie Les Meilleurs Diptyques Petits villages perdus Réincarnations

1906. William a dix ans lorsque sa famille quitte Londres pour Barellito, un petit village italien qui vit tranquillement de la pêche. Des tensions apparaissent pourtant, aiguisées par l'arrivée de ces étrangers. Pour William le changement est radical et sa vie chamboulée. De nouveaux paysages, la lumière du Sud, une liberté touteneuve et surtout de nouveaux amis : Paolo, Nino, et la charmante Lisa... Une date et un étrange objet semblent les unir inexorablement...

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Janvier 2004
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus

Couverture de la série Où le regard ne porte pas... © Dargaud 2004
Les notes
Note: 3.8/5
(3.8/5 pour 86 avis)
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Par ethanos
Note: 3/5
L'avatar du posteur ethanos

De nombreuses choses ont déjà été dites, je vais donc me limiter à l'essentiel. Comme beaucoup, j'ai plutôt bien aimé ce premier tome assez agréable à lire. On se laisse porter par la narration, sans forcément chercher à tout bien comprendre dès le départ, mais cela reste très agréable. Le dessin et l'histoire se complètent bien, et entrent en résonance, nous sommes, la plupart du temps au moins, dans une sorte de 'virée à...4 en Italie' , dans un doux parfum d'enfance, et du 'temps d'avant', du temps des copains. Apparaissent ça et là quelques pages aux couleurs plus rouges et orangées, quelque peu intrigantes, qui participent à l'arrivée progressive d'une forme de violence larvée et diffuse. Mais cela se fait à bas bruit, par petites touches, à mesure que le mystère s'épaissit. Et puis vient, le deuxième tome de ce diptyque, et le temps des explications, de la résolution de (certains) mystères, la fin de l'enfance, et le plongeon dans un âge adulte, presque plus irrationnel encore. La rupture est brutale, tant sur un plan chronologique, que narratif. Et là, j'avoue n'avoir guère accroché à l'histoire qui nous est contée. De l'interprétation des rêves des gosses, nous passons à quelque chose de plus ésotérique, sur des formes de réincarnations, je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler, que je trouve peu convaincantes. Là où on prenait plaisir à se laisser porter par un univers enfantin, un peu suranné, dans le premier tome, on reste sceptique devant cette narration à deux personnes, qui s'enfonce dans une jungle où l'on n'a au fond pas vraiment envie d'aller. On se surprend à ne plus vraiment se soucier de ce qui arrive aux personnages, l'intérêt s'amoindrit petit à petit, pour finir par une certaine forme d'indifférence aux destin des uns et des autres, y compris lorsque des évènements dramatiques se produisent. Alors quelle note apporter à l'ensemble ? Je me décide pour un petit 3/5, moyenne d'un bon 3,5 pour la première partie, et d'un tout petit 2 pour la suite. Peut-être plus à lire par curiosité, que forcément à acheter, donc ?

27/06/2024 (modifier)
L'avatar du posteur bamiléké

Cette lecture est franchement une déception pour moi. Je me suis ennuyé ferme pratiquement du début à la fin. Je suis un grand amateur des romans de Pagnol et je n'ai pas vraiment retrouvé cette ambiance de cigales, ces courses à travers la garrigue où ces odeurs d'herbes de sud. À propos d'herbe on a droit à des séances de fumettes planantes avec une Lisa en mode chamane peu crédible. La demi-tragédie du bateau s'anticipe dès la page 10 et les auteurs nous parachutent une seconde tragédie d'honneur de fille bafoué via un épisode de voyeurisme dans une chambrée inondée de lumière (en 1900 !) pour clore un épisode où il ne se passe pas grand-chose. Le tome 2 plonge dans un ésotérisme voyageur encore moins crédible autour d'une thématique du temps assez floue à mon goût. Les personnages masculins deviennent très superficiels et sans profondeur. La fin est expédiée en deux planches mode pathos pour arracher une larme. J'avais beaucoup aimé le graphisme de Pont dans Un putain de salopard. Je trouve qu'on est loin du compte avec cette série. Les visages sont parfois approximatifs et les expressions assez faciles et imprécises. La jungle costaricaine est un ersatz de ce que sera la même jungle (Brésilienne) 15 ans plus tard. Si les lumières et les couleurs du tome 1 sont plaisantes, l'ambiance de la balade sud-américaine est vraiment pas au top. Une lecture qui m'a déçu sur de nombreux points au regard des avis précédents.

06/01/2024 (modifier)
Par Patoun
Note: 4/5
L'avatar du posteur Patoun

Pour faire simple, c'est l'originalité du scénario qui fait la force de ce diptyque. Quoi de mieux pour introduire l'histoire qu'un petit village de pêcheur italien sur les côtes de la mer Adriatique (?) ? Le tout dans une ambiance délicate et chaleureuse qui nous replonge en enfance où l'insouciance règne. Le tome 1 se lit donc très facilement. Il est là pour poser le socle du récit et les quelques flashbacks semblent, à ce stade de l'histoire, encore bien flous (ce qui n'est pas un problème à mes yeux). Nous retrouvons les quatre protagonistes 20 ans plus tard dans le tome 2. Tout commence à prendre sens. Trop rapidement peut-être ? Je regrette en effet l'enchaînement du scénario dans ce second volet. J'aurais aimé voir les personnages prendre davantage le temps de se retrouver avant de partir pour une aventure on ne peut plus bouleversante ! Il en va de même pour la remontée du Tortuguero (le fleuve) que j'ai trouvé expéditive. Des planches supplémentaires où nos amis aborderaient ces 20 années d'éloignement auraient sans doute pu donner davantage de cohérence à cette série. Un très bon dénouement en revanche. Fait assez rare pour ne pas être relevé : un rallongement de la série en 3 tomes au lieu de 2 n'aurait pas été une mauvaise idée selon moi. Bref, je recommande vivement cette lecture ;)

15/10/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
L'avatar du posteur Solo

Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre et j'ai complètement accroché, du début à la fin. Dans l'ensemble, le dessin me plaît énormément pour dégager tout le vivant de ses enfants en train de copiner à 10 ou 30 ans. Et graphiquement, je me suis laissé emporter par l'environnement sauvage, où la nature a la part belle au décor et s'offre aux protagonistes comme un terrain de jeu, que l'on soit dans le premier ou le second tome. Je n'oublie pas les scènes graves ou sérieuses, qui m'ont également permis de ressentir l'aspect dramatique et réfléchi du récit. Ah oui, et j'oubliais mais ce sont ces 2 couvertures qui m'ont fait emprunter... Je ne sais pas trop dire pourquoi elles m'ont attiré autant mais je les trouve enivrantes, et je suis bien heureux qu'elles reflètent si bien l'intérieur du bouquin. Côté scénario, si j'ai beaucoup aimé le premier et le second tome, je regrette seulement le contraste un peu trop fort sur l'évolution du récit. Alors que je me laissais emporter par cette ambiance italienne, où la douceur sucrée de l'enfance se mêle avec les tensions du village, le saut de plusieurs années au début du second tome marque une rupture qui m'a été désagréable. Mais! Il faut dire que la partie mystérieuse est suffisamment présente, bien qu'immergée, au début du récit pour que l'on ne soit pas non plus étonné du déroulé. Après, il faut aimer et accepter que l'on vire davantage vers le fantastique jusqu'à la fin du récit. Et personnellement, je n'ai pas su m'arrêter, les intrigues ont très bien évolué jusqu'au bout. Pour moi, ça a été plus que du divertissement et je serai bien tenté de relire ce diptyque un jour, même si le second tome perd un peu de profondeur. Mais je dois rester honnête, l'amitié est trop formidablement mise en scène à travers cette aventure pour ne pas avoir envie de la retrouver une seconde fois. Je conseille vivement la lecture, l'achat est une option tout à fait valable. PS: je suis un peu ignare dans l'univers BD, mais je reste étonné du grand nombre d'avis postés sur ce récit.

30/07/2022 (modifier)
L'avatar du posteur gaspardfait

Déjà de nombreux avis très complets alors je vais être bref: Très belle BD avec une intrigue qui sort des sentiers battus. Les 4 personnages et leur aventure humaine sont touchants. La BD est structurée en 2 parties: dans le tome 1 sont instaurés tous les éléments d'intrigue. Dans le tome 2, tous ces éléments se résolvent. Je recommande donc fortement de lire les deux tomes, même si comme moi vous êtes dubitatif à la fin du tome 1. Contrairement à beaucoup de monde, j'ai préféré le tome 2 car tous les éléments instaurés dans le tome 1 s'organisent et prennent du sens, ce qui est très satisfaisant !

13/03/2022 (modifier)
Par Lamat
Note: 4/5
L'avatar du posteur Lamat

Tout a déjà été dit et, sans doute parce que je savais par les avis publiés ici que le tome 2 était moins bien, je n'ai pas été déçu. L'ensemble des 2 tomes reste plaisant et j'ai trouvé que l'idée de reprendre les personnages beaucoup plus tard n'était pas mauvaise. Excellent travail de Pont que je ne connaissais pas mais que je vais suivre à l'avenir.

12/01/2021 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Ma note réelle serait plus près de 3,5/5, mais j’arrondis au niveau supérieur, en grande partie grâce au premier tome, auquel j’ai clairement plus accroché qu’au second. Pour faire simple, puisque beaucoup de choses ont été écrites pour résumer l’histoire, je trouve le premier tome très accrocheur. Peu de dialogues finalement, de texte, mais une histoire simple, bucolique, très chouette, avec la rencontre de ces quatre gamins dans un coin paumé d’Italie (avec des montées de tension entre la famille anglaise apportant la modernité à une communauté villageoise peu ouverte aux risques de la nouveauté). Le seul bémol pour la narration, ce sont ces « rêves », dont on ne devine pas encore le sens (qui parle ? Qui sont ces gens ? Où sont-ils ?) et qui, dans une colorisation et un dessin très différents de l’histoire « principale », ont un peu haché ma lecture. Le dessin lui-même est vraiment chouette, avec de bonnes bouilles de gamins, de beaux paysages, très lumineux. Le second tome nous fait retrouver ce quatuor vingt ans plus tard, lorsqu’ils partent en Amérique du sud. Là encore le dessin des paysages est très bon, des personnages aussi – même si, adultes, ils ont ici des visages plus anguleux qui m’attirent moins. L’intrigue est close, on a des explications aux « mystères » (rêves des gamins, pierre à l’origine de leurs rites de gamins, etc.), et cela se laisse lire, c’est certain. Mais je trouve ce tome moins fort que le premier. D’abord parce que moins euphorisant (le premier était porté par un optimisme loin d’être béat) – l’âge des protagonistes aidant sans doute. Mais surtout parce que je n’ai pas été totalement convaincu par le côté fantastique. Pas complètement raté, mais qui m’attire moins (affaire de goûts sans doute). La rupture, chronologique, mais aussi au niveau du ton, m'a semblé trop forte entre les deux tomes. Cela reste quand même un diptyque intéressant, dont je vous recommande la lecture.

01/04/2017 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5

Que d’avis pour cette série ! Je vais donc faire court car tout semble avoir déjà été dit. J’ai dans l’ensemble été conquis par Où le regard ne porte pas… Franchement j’ai dévoré la série. Cependant, j’ai trouvé le premier tome plus intéressant, plus dense et plus profond. Le second volume, honnête tout de même, a le mérite de clore l’histoire et d’éclairer tous les mystères. Visuellement, c’est plutôt joli. Olivier Pont propose des planches aérées, avec un gros travail sur les paysages et les environnements. C’est dynamique, fluide et coloré ; les dessins sont très agréable à suivre tant il participe et accompagne le très beau scénario. Les personnages sont également très réussis. Où le regard ne porte pas… est une très belle série. A ne pas rater.

07/07/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

J'ai beaucoup entendu parler de cette Bd, et je me méfiais avant d'en commencer la lecture, car toutes ces bandes surestimées et parfois trop surcotées, ça ne m'inspire rien de bon. Pas manqué, je ne suis pas vraiment surpris du résultat, ou plutôt je m'attendais à être transporté comme le laissaient penser les avis que j'avais lu. Disons que je reste mesuré, sans être totalement conquis. D'abord, le dessin n'est pas trop dans mes goûts, mais il n'est pas vilain et j'ai surmonté ce cap ; il est lumineux et met bien en valeur ce décor méditerranéen, seuls les personnages sont moyens, les visages sont parfois un peu déformés mais l'ensemble est acceptable. Ce que j'aime, c'est la mise en page aérée avec des cases larges de différents formats et pas envahies de dialogues, juste l'essentiel. Le décor est superbe et évocateur, symbole d'une certaine sérénité, mais derrière ce décor enchanteur, la vie tranquille peut basculer soudain dans le drame sous le poids du destin. Les auteurs livrent donc une belle histoire tragique un peu à la manière de Pagnol dans Jean de Florette, avec une profondeur humaine très forte. Mais la rupture entre les 2 tomes est trop forte : c'est l'innocence de l'enfance dans le tome 1 qui se voulait contemplatif, contre les turpitudes adultes dans le tome 2 à cause d'un plongeon trop brutal dans la gravité et le fantastique, ce qui explique enfin ces scènes étranges aux tons orangés vues dans le tome 1, et devant lesquelles on reste interloqué au début... D'autres petits détails me gênent comme cette narration à 2 personnages, on ne sait pas trop qui raconte cette histoire... Alors oui, c'est un joli conte, mais quelque part, je ne suis pas entièrement satisfait, et quand je vois la note moyenne de 3.83/5 et l'option d'achat de 89%, je trouve ça encore trop exagéré. Je l'ai lu en bibliothèque et ça m'a suffi sans pour autant m'avoir marqué ; je trouve que ce tome 2 fout tout par terre, ça ne sert à rien de voir évoluer les héros 20 ans plus tard une fois adultes, ça m'a laissé complètement indifférent. De plus, ce côté paranormal est abusif et fantoche, et c'est pas crédible dans un récit comme celui-là, sans compter que la fin est un peu ridicule... Bref je me serais contenté du tome 1 qui serait resté une belle histoire d'enfance insouciante, et j'aurais noté 4/5...

25/12/2015 (modifier)
Par Walran
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Cette fois-ci, indéniablement, la mention culte me semble de rigueur. Dès ses premières planches qui présentent une Italie baignée de soleil, « Où le regard ne porte pas… » séduit et subjugue. Nous suivons l’arrivée de William au sein de cet écrin de poésie, partagé entre curiosité et enthousiasme. La force de ce magnifique premier tome, à l’ambiance excellemment retranscrite, est de nous faire vivre l’action à travers les yeux du personnage, avec une très grande justesse de ton. Les enfants n’ont pas la même vision que les adultes de ce qui les entoure, les mêmes rêves et priorités et subissent parfois les actions de leurs aînés – et leurs conséquences - sans comprendre réellement leurs motivations. La présence de magnifiques planches aux tons rouges et ocres, encore inexpliquées, ajoutent un surcroît de mystère et de magie à cette histoire que l’on aurait aimé vivre. Une enfance au grand air en bord de mer, dans un esprit de franche camaraderie, sous le soleil éclatant, avec cette insouciance juvénile, ces excursions fantastiques et ces voyages intérieurs. Le rythme relativement lent permet une immersion totale, véritable bonheur. Les personnages secondaires ont du corps, du caractère, de l’épaisseur et une grande crédibilité. Le second tome nous fait retrouver les protagonistes 20 ans plus tard et dans des contextes extrêmement différents. Mais là encore, Pont et Abolin abordent ce tournant difficile avec une impressionnante maîtrise. Beaucoup de BDs ou de films (français, notamment), se sont intéressés aux trentenaires (ou aux quadragénaires) « en crise », qui plaquent tout pour fuir leur quotidien assommant et retrouver un goût d’enfance et de légèreté. Mais ici, point de pathos ou de tergiversations vaseuses. Tous ont répondu à l’appel de Lisa et partent sans le savoir vraiment à la recherche du secret qui les unit depuis toujours. Et là encore, impossible de ne pas ressentir une énorme empathie pour les personnages tant les dialogues et la narration sonnent justes et les émotions se voient bien retranscrites. Comme sur le premier tome, le découpage et les couleurs collent à merveille à cette aventure. Le final, enfin, délivre un goût de nostalgie et d’amertume, même si l’espoir est toujours présent. « Où le regard ne porte pas… » laisse une trace, nous invite à la songerie, à des réflexions sur l’au-delà et l’indicible, aux forces qui régissent nos destins, nos existences, nos rencontres. Un défaut, s’il fallait en trouver un ? Une Lisa, qui si elle évite le cliché de l’héroïne « trop-sexy-pour-être-vraie », paraît trop masculine dans le tome 2 (comme d'autres posteurs l'ont relevé avant moi) et une présentation peut-être trop succincte de Thomas, à qui nous n’avons pas le temps de nous attacher avant de partir à sa recherche. Pour le reste, c’est un sans-faute et un bijou comme on en voit trop peu. De l’excellente bande-dessinée !

02/06/2015 (modifier)