Les derniers avis (32319 avis)

Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série Mlle Ôishi
Mlle Ôishi

Célibataire, mademoiselle Oishi aimerait bien rencontrer un compagnon pour fonder un foyer. Elle a 28 ans dans le tome 1 et 32 dans le tome 4. Mais voilà, ses histoires d’amour ne durent pas et elle commence à se demander si elle va un jour rencontrer l’âme sœur. Sa rencontre avec Henmi va tout changer. Mais le séduisant et gentil Henmi va rapidement révéler un caractère moins doux qu’il y paraissait. C’est une petite série que j’avais lue il y a longtemps et que je viens de relire. Au-delà de l’aspect girly de notre héroïne, Q-ta Minami aborde des sujets profonds : le poids du célibat, la vie de couple idéalisée qui se confronte à la réalité du quotidien, l’égoïsme, le mensonge, les dettes... Kon est une héroïne douce, fraiche et sincère, passionnée de couture et de vêtements. Un modèle d’innocence ? C’est une jolie série, toute en douceur, en mélancolie et en profondeur.

04/11/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série November
November

La nouvelle série de Matt Fraction (Sex Criminals) débarque en France chez… Sarbacane, un éditeur pas forcément spécialisé dans les comics, mais qui ont eu du flair sur le coup. J’avais découvert le tome 1 VO en librairie, attiré par la couverture élégante et le résumé vraiment intriguant… une semaine plus tard j’achetais le reste ! « November » raconte les mésaventures de 3 femmes sans lien apparent, qui se retrouvent malgré elles réunies et confrontées à une organisation criminelle mise en place par des flics aussi pourris que violents. Mais, ça, on ne le comprend que beaucoup plus tard. La narration « Tarantinesque » est en effet volontairement nébuleuse, l’auteur passe d’une protagoniste à l’autre et fait de nombreux sauts temporels pas toujours très clairs. Il faut s’accrocher, surtout lors des premiers chapitres, les réponses finissant par arriver. En tout cas l’histoire est tellement haletante que j’ai avalé les 4 tomes VO d’une traite (la VF est en 2 tomes). L’intrigue est bien construite, noire et pessimiste au possible, avec une brochette de personnages désespérés aux personnalités bien définies. La fin est bien amenée, avec une vision de l’unité des victimes assez poignante. Un détail intéressant : les victimes innocentes sont tous des femmes (y compris leurs partenaires, Dee et Key étant lesbiennes), et les « méchants » tous des hommes. La mise en image de Elsa Charretier et les couleurs pastelles de Matt Hollingsworth donnent vraiment du cachet aux albums. Le dessin est élégant, et le découpage alterne entre grandes cases et petites cases plus nombreuses montrant divers détails dans les décors. Les cadrages sont réussis, les scènes d’action sont dynamiques… bref, les planches ont de la gueule. Voila, un chouette polar noir et violent, terminé en 2 tomes VF (ou 4 tomes VO).

25/05/2022 (MAJ le 03/11/2022) (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série Une étude en émeraude
Une étude en émeraude

Adaptée d'une nouvelle de Neil Gaiman, cette histoire commence par un étrange assassinat. Pour résoudre ce mystère bien encombrant pour les plus hautes sphères de l’État britannique, Scotland Yard fait appel en toute discrétion à un détective privé bien connu qui met immédiatement en route sa capacité d’observation, son talent d’analyse et ses déductions implacables. Un savant mélange d’enquête à la Sherlock et de surnaturel façon Lovecraft. Fortement inspiré d’« Une étude en rouge » de sir Arthur Conan Doyle - même si ici il s’agit de vert émeraude - cette enquête tient le lecteur en haleine jusqu’au bout. Pas de temps mort. Le tout porté par un beau dessin qui restitue l’ambiance londonienne à merveille. Même si les noms ne sont pas prononcés, toutes ressemblances avec les personnages de Sherlock Holmes, et du docteur Watson ne sont pas fortuites. Une enquête classique à laquelle vient subtilement se mélanger une dimension surnaturelle. Il n’en faut pas plus pour peu que tout soit bien dosé. Et c’est le cas…

03/11/2022 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Banquier du Reich
Le Banquier du Reich

Vous voulez savoir comment financièrement le parti nazi a pu appliquer son programme et comment l’Allemagne tout particulièrement a réussi à se reconstruire après la première guerre mondiale malgré toutes les contraintes qui ont été dicté par les « vainqueurs » ? Vous trouverez pratiquement toutes les réponses dans cet ouvrage « Le Banquier du Reich » réalisé par Pierre Boisserie et Philippe Guillaume au scénario, et par Cyrille Ternon au dessin. Le lecteur est invité à suivre Hjalmar Schacht considéré comme le grand argentier du Reich et comme l’un des plus grands économistes de l’époque. Cet homme a été tellement obsédé par les conséquences néfastes du traité de Versailles sur son pays qu’il n’avait qu’un seul but : relancer l’économie de l’Allemagne afin d’endiguer l’extrême pauvreté et l’effrayant taux de chômage qui ont plongé son pays dans une grave récession suite à la signature de ce fameux traité. Tellement obsédé par cet objectif qu’il a laissé passer non sans remords au second plan l’idéologie du parti nazi. On suit donc l’itinéraire de ce banquier antipathique ayant une haute opinion de lui-même, hautain, très sûr de lui et relativement dégradant envers tous ceux qui ne partagent pas ses opinions. Et pourtant, j’ai été vachement fasciné par ce personnage ! Il faut dire que les auteurs nous ont pondu une bande dessinée particulièrement agréable à feuilleter que ce soit scénaristiquement que graphiquement. On a là une mini-série qui nous prend par la main jusqu’à ce qu’on ne lâche plus la lecture jusqu’à son dénouement. Ceux qui ont adoré « Il était une fois en France » retrouveront de nombreuses similitudes avec « Le Banquier du Reich »… et il y a fort à parier qu’ils vont se régaler à sa lecture ! Fans d’histoire et lecteurs curieux des questions relatives à la seconde guerre mondiale, ne ratez pas cette bande dessinée qui mériterait une plus grande visibilité qu’il ne l’est actuellement. Quant aux autres bédéphiles, laissez-vous tenter tout de même par son feuilletage parce que ce personnage s’avère attachant malgré ses nombreux travers.

03/11/2022 (modifier)
Couverture de la série Ma fille, mon enfant
Ma fille, mon enfant

Le thème des amours de jeunesse contrariés est très prolifique dans le monde des arts. Il est souvent traité à la façon d'une farce comme chez Molière pour moquer la rigidité et le réactionnisme des structures en place. Il peut aussi être traité de façon dramatique comme chez Shakespeare pour montrer que l'amour est plus fort que la bêtise du moment. David Ratte a choisi cette seconde voie avec une vision politique plus large. Son oeuvre, coincée entre les attentats de 2015 et la mort de Samuel Paty, se veut exercice d'apaisement et de dialogue. C'est particulièrement vrai dans la scène du repas entre les parents où le très sensible sujet de Charlie Hebdo est abordé. On aimerait que le dialogue inter communautaire se fasse d'une façon aussi paisible et courtoise, hélas ce n'est pas toujours le cas. Si David Ratte place son récit dans ce coin de France, ce n'est sûrement pas par hasard. La douceur du climat et la beauté des paysages ne peut cacher la rudesse des engagements politiques. La famille de Chloé représente deux France qui ont une vision bien différente du futur de leurs enfants. David Ratte pousse jusqu'à la caricature le racisme de la maman et le coté humaniste presque "bisounours" du papa. Comme le souligne Ro le scénario se scinde en deux parties bien distinctes. Le début est assez classique avec des comportements prévisibles et convenus. La seconde partie propose un approfondissement des personnalités de Chloé et de sa maman. David Ratte reste dans une volonté d'apaisement et de réconciliation jusqu'au bout ce qui le conduit à ces dernières planches touchantes. J'aime le graphisme de David Ratte. Il y mêle rondeur, humour et couleurs chaudes. Cela crée un fort décalage avec l'ambiance du récit surtout quand il accentue les expressions ridicules des visages. Il y a bien quelques points qui me taquinent. Par exemple cette impression de "product placement" dans certaines cases. Plus embêtant la scène clé de la tenue hyper sexy de Chloé est vue uniquement du côté parents de la JF. Cela reste une lecture agréable sur une problématique difficile qui reste d'actualité. 3.5

03/11/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hoka Hey !
Hoka Hey !

Un superbe western. Hoka Hey est le cri de guerre des indiens Lakota. Changement d'éditeur, mais la qualité est toujours présente avec le label 619. Dos toilé et pagination importante. Je vais commencer par le dessin qui m'a transporté dans ces paysages grandioses de l'ouest américain. Un trait fin, précis et foisonnant de détails. Les couleurs sont tantôt chaudes pour les vastes plaines, tantôt froides dans les forêts avec juste quelques rayons du soleil qui transpercent la canopée. Les effets de lumière sont à tomber par terre. Une mise en page cinématographique pour une immersion totale dans un Far West sauvage et immense. Un western qui met en lumière un peuple parqué dans des réserves. C'est dans l'une d'entre elles que vit Georges dans le Dakota, jeune amérindien de la tribu Lakota élevé par un pasteur et sa route va croiser un trio improbable. Un irlandais allergique au savon, une indienne qui cache son visage derrière un foulard et Little Knife, un guerrier Lakota au tempérament sanguin. Georges, bien malgré lui, va accompagner cette troupe en quête de vengeance. Mais un chasseur de primes est à leurs trousses. Le long périple ne sera pas de tout repos, la violence et la mort seront du voyage. Une narration qui alterne les moments d'action et ceux plus calmes qui permettent d'approfondir les relations qui se nouent entre Georges et ses trois acolytes. Des personnages attachants aux passés torturés. Un récit qui est aussi le prétexte pour montrer la tentative des États-Unis d'anéantir un peuple par l'absorption, de transformer en "blanc" tous les amérindiens par la culture et la religion. Un album sur le déracinement et sa place dans ce nouveau monde. Neyef a fait un travail remarquable de recherches sur la culture des Lakota, un mode de vie très proche de la nature. Elle est formidablement retranscrite et par les temps qui courent, on ferait bien de prendre exemple. Mais aussi un monde avec quelques coutumes barbares. Un scénario maîtrisé de bout en bout. Un album pour les aficionados du western, mais aussi pour tous les autres. Coup de cœur. Hoka Hey !

02/11/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série Là où vont nos pères
Là où vont nos pères

Une histoire où le surréalisme s’invite dans notre monde pour expliquer autrement les problématiques d’accueil des étrangers. On trouve un idéal de comportements, venant du peuple, mais nous ne sommes pas non plus sur une utopie du genre humain puisque le contexte et les péripéties sont aussi là pour montrer tous les travers de l’Humanité (guerres, répressions provoquant l’exil, travail à la chaîne, absence d’encadrement de l’immigration pour favoriser l’intégration sociale des étrangers…). De manière générale, les métaphores sont assez claires et bien trouvées. Le dessin réaliste permet aussi de comprendre les choses de manières concrètes, donc on n’entre pas dans un monde d’abstractions insolubles. Je n’ai pas su donner une interprétation sur tout, mais ça ne m’a pas empêché d’apprécier le scénario. Les animaux domestiques par exemple, chacun à le sien (ou doit avoir le sien?), mais je ne sais pas comment le traduire. BD muette, alors parlons du graphisme. La confrontation entre le réalisme et l’onirisme se retrouve dans le dessin, qui est vraiment très beau. Certaines pleines pages m'ont rendu contemplatif. J’ai lu en postface que l’auteur s’était appuyé sur des photographies par endroit pour réaliser ses dessins. Je l’avais en effet senti à la lecture car il y a très peu de dynamisme. Je ne veux pas en faire un reproche, ces arrêts sur image ajoutent un côté nostalgique et rêveur, comme quand on regarde des cartes postales ou des photos sépia. Je pousse à 4/5 pour l’originalité de l’œuvre, son approche sur un thème universel et pour la qualité du dessin. Je serai content de le lire à nouveau un jour, même si je n’irais pas jusqu’à la posséder.

02/11/2022 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Animan
Animan

Manimal : Les vieux de la veille se souviennent probablement de cette courte série télé américaine diffusée sur FR3, euh France 3 dans les années 80. Si l'ensemble de cette oeuvre n'aura pas perduré dans la durée (annulée par manque d'audience outre-Atlantique), ses multiples rediffusions plus son caractère fantastique auront marqué durablement les gamins que nous étions, à savoir un justicier ayant la faculté de se transformer par la pensée en n'importe quel animal (mais surtout en faucon et en panthère pour des raisons probablement budgétaires). Anouk Ricard s'est souvenue également de cette série et décide dès lors d'en développer sa propre version gauloise. Jonathan Chase devient ainsi Francis et sera Animan avec les mêmes pouvoirs mais dans un contexte assumé cette fois pour la rigolade ! La bande dessinée étant sans limites coté effets spéciaux, cette fois notre brave héros va devenir tour à tour un toutou pour discuter avec les chiens, une guêpe pour piquer les malfrats ou même un lombric pour aller mener une enquête outre tombe au sens propre !!! Bien évidemment notre héros va trouver sur sa route son ennemi juré, Objecto dont la particularité est de se transformer en objets familiers ! Une nouvelle fois, le sens de la dérision de Anouk Ricard fait mouche. Ses dessins si simples forment un parfait contrepoids avec des dialogues absurdes et le rire est souvent au rendez=vous ! Francis vit avec une grenouille dotée de la parole et qui ignore la double vie de son compagnon. L'ensemble est un mélange déconnant de vie de couple, d'enquêtes improbables sans oublier l'aspect super héros dans un rythme pétaradant entrecoupé de petits strips. Animan c'est un peu la synthèse de tout son travail, de Commissaire Toumi à Boule de Feu, et si elle dessine toujours aussi mal les voitures, son trait naïf participe grandement à la cohésion de l'ensemble sur un ton résolument décalé. Que du bonheur à lire et à relire, encore un sans fautes pour une autrice décidément pas comme les autres.

02/11/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série Overseas highway
Overseas highway

Voilà un album qui se dévore à 100 à l’heure. Une course poursuite qui démarre sur les chapeaux de roues sur la fameuse overseas highway qui relie Miami à key West tout au sud de la Floride. Ça pue le gasoil et le caoutchouc cramé sur l’asphalte. Les balles fusent entre les différents protagonistes. Certains [ des rabats-joies ] diront que le scénario tient sur une feuille de papier à cigarette. On s’en fout un peu. Le rythme est juste dingue. Les décors sont sublimes. De l’action et encore de l’action au menu. On ne s’ennuie pas une seconde. La pédale de frein ? Elle ne doit pas exister. C’est plein gaz durant tout l’album. Attachez vos ceintures je vous le dis ! Du coup la lecture de l’album malgré une pagination au-delà des 110 pages se lit – hélas - assez rapidement. Je ne peux cependant que vous conseillez la lecture de ce one shot ébouriffant avec des airs de fast and furious et d’un film de Tarantino.

01/11/2022 (modifier)
Par Borh
Note: 4/5
Couverture de la série Le Cauchemar d'Innsmouth
Le Cauchemar d'Innsmouth

J'ai lu tous les volumes des adaptations de Lovecraft par Gou Tanabe sorties jusqu'à maintenant, et mes deux préférées sont clairement les Montagnes hallucinées et le Cauchemar d'Innsmouth, donc je ne ferai un avis que pour ces deux-là, même si les autres sont pas mal aussi, juste moins bien. Le Cauchemar d'Innsmouth est tout à fait conforme à la structure classique des histoires de Lovecraft. Un récit à la première personne se déroulant en Nouvelle Angleterre, principalement d'enquête, avec une structure de récit dans le récit et assez peu de suspense puisque dès le début, on nous explique de façon assez claire que ça va pas bien se finir. Cette structure habituelle des romans de Lovecraft fait que ses récits sont parfois un peu difficile à lire car il y a peu de tension, peu de suspense contrairement aux auteurs d'horreur contemporains. L'intérêt de Lovecraft, c'est ce côté vraiment crédible de ses histoires, on y croit en le lisant, ce qui fait que même si ses histoires me font rarement peur, j'en ai parfois fait des cauchemars à postériori. L'intérêt du Cauchemar d'Innsmouth, c'est justement que pour une fois, Lovecraft réussi à créer du suspense et de la tension, et oui par moment, ça fout vraiment les jetons. Après comme scénario, j'ai tout de même préféré les Montagnes hallucinées, car justement, là on sort de la structure habituelle des histoires de Lovecraft pour se rapprocher beaucoup plus d'un roman d'aventure, pas loin de ce qu'on aurait dans un Indiana Jones (en beaucoup plus sombre). Par contre si je dois juger le travail d'adaptation de Gou Tanabe, j'ai préféré le Cauchemar d'Innsmouth. Dans les Montagnes hallucinées, j'avais trouvé les dessins souvent assez confus pour ce qui était des paysages et décors, heureusement que les personnages décrivent ce qu'ils voient, sinon j'aurais pas compris. Alors que dans le Cauchemar d'Innsmouth, y a vraiment rien à dire sur les dessins, c'est beaucoup plus soignés, beaucoup plus clair. Je n'en conseillerais pas un plutôt que l'autre, globalement je conseille de lire toute la collection, que ceux qui veulent découvrir Lovecraft, ou ceux qui connaissent déjà et qui veulent redécouvrir.

01/11/2022 (modifier)