Quand la Bd était sortie en 2014, je ne pensais pas m'y intéresser, et puis finalement au vu des dessins en feuilletant par curiosité en bibli, je me suis lancé dans cette aventure, et j'ai bien fait.
On est quasiment immergé dans cet univers animalier post-apocalyptique, sombre, chaotique, impitoyable et dangereux grâce à un scénario parfaitement conduit à défaut d'une grande originalité. Car en fait, j'y ai retrouvé un ton, des situations et un univers assez semblable à celui de Conan, lorsqu'il erre en quête de gloire et de richesses ; la différence ici c'est que Solo et la plupart des autres espèces animalières errent dans ce monde détruit à la recherche de nourriture, sinon on se fait bouffer. Je vois à droite à gauche que c'est un Mad Max animalier, un univers à la Mad Max... je dirais oui et non, il n'y a pas ici de quête pour l'essence, c'est seulement pour bouffer, de plus dans les Mad Max, du moins dans le 1er film, il n'y a que des humains d'une part, et le monde ne semble pas encore complètement détruit d'autre part, il est sauvage mais il y a encore une once de civilisation, c'est dans l'opus 2 que ça devient plus sauvage et plus apocalyptique, on sent que les hommes ont fait péter la planète.
Chez Solo, il y a aussi des humains, mais les animaux anthropoïdes sont plutôt dominants et ne cessent de se battre, soit pour assurer leur survie, soit en arène comme des gladiateurs. A cela s'ajoute une petit côté fantasy dans cet univers, surtout marqué par les silhouettes de gros bourrins des personnages, les armes blanches qu'ils emploient, et leurs techniques de combat, même le décor dévasté et désertique rappelle un peu le genre fantasy. En tout cas, ce monde a beau être désertique, il est très riche et dense au niveau background. Le héros a beau être un personnage badass, il est très attachant, et c'est pourquoi on ressort triste et un peu dépité je l'avoue à la lecture du tome 3 car l'auteur n'hésite pas à le tuer, clôturant un cycle exceptionnel nourri d'un mélange d'action et de réflexion, soutenu par un dessin hors norme d'un dynamisme rare.
Parlons-en de ce dessin justement : Oscar Martin est un dessinateur très talentueux, décidément ces dessinateurs espagnols ne cesseront de m'émerveiller. Sa technique anthropomorphique est poussée au maximum avec un grand brio, comme chez son compatriote Guarnido, croquant des personnages hyper musclés et très expressifs, on les reconnait tous ; son trait est rugueux, épais, puissant, et possède en même temps un petit air disneyen, la colorisation dans des tons de beige, de gris et de couleurs approchantes est bien dosée, ses cadrages et ses dessins en pleine-page ont aussi un impact énorme, dommage que le format d'album choisi soit petit, ces dessins se seraient peut-être senti moins à l'étroit dans un format d'album normal, je sais pas ; l'auteur compense le format par le nombre de pages qui est conséquent. En tout cas, j'adore ce dessin, c'est une belle claque graphique.
J'en viens à présent au gros défaut qui m'empêche de noter 5/5 : la voix off qui permet à Solo d'exprimer ses pensées sur la difficulté de construire son identité quand on doit tuer pour exister ; l'idée est bonne, mais ça aurait été cent fois mieux à petite dose, là on a un dialogue intérieur en texte narratif trop envahissant, trop verbeux, qui tend à ralentir la lecture et qui devient vite pénible. C'est dommage.
Maintenant, est-ce que la série aurait dû s'en tenir à ce cycle de 3 albums qui se termine par la mort stupide de Solo ? Je répond oui, pour moi ça aurait pu rentrer parmi les Bd exceptionnelles par sa dimension rare. Vouloir continuer est certes concevable, je le comprend, d'autant que le nouveau cycle qui démarre avec Legatus, fils spirituel de Solo, se révèle plus psychologique, renouvelant le concept tout en gardant un lien avec le premier cycle car l'ombre de Solo plane dessus, tout au moins avec le tome 4 qui est encore d'un bon niveau. Le premier cycle était sans doute plus brut de décoffrage, avec une succession de bastons, de massacres et d'étripages qui revenaient un peu trop souvent, mais le fond était d'une richesse inouïe ; on y décelait même de l'amour et de l'humanisme, un vrai paradoxe avec ces personnages animaliers. Dans ce second cycle, il y a un peu moins d'action, plus d'introspection, mais au final, ça finit par répéter un peu le premier cycle, je l'ai trouvé moins attractif, sans trop de renouvellement, d'ailleurs je n'ai pas vraiment apprécié le tome 5.
Je garde quand même un excellent moment de lecture, la série (et surtout son premier cycle) est une totale réussite.
Lemire est un auteur intriguant. C’est inégal, mais ses séries sont assez originales pour que je m’intéresse à ce qu’il produit – hormis les univers super-héros dont je ne raffole pas. En tout cas, cet album SF est une bonne surprise.
J’ai avant tout apprécié l’ambiance générale, le rythme lent, l’impression de traverser une sorte de rêve. Ce n’est pas de la SF testostéronée, avec moult vaisseaux spatiaux et entités extraterrestres menaçantes. Je n’ai pas été frustré par la fin ouverte, et le fait que beaucoup de choses restent inexpliquées – cela participe de l’ambiance décrite plus haut. Mais il ne faut pas être réfractaire à ce genre d’univers.
Autre point que j’ai aimé, le dessin, fragile – comme toujours chez Lemire. Simple, agréable, faussement brouillon (la colorisation accentue cette impression). La fragilité est d’ailleurs sans doute le terme qui me parait le mieux résumer ce qu’illustrent beaucoup des séries et des personnages de Lemire. Et là, dans une ambiance de « fin du monde » (les derniers humains sont menacés de disparaitre), cette fragilité est encore mise en lumière, avec le personnage de Nika.
J’ai été perturbé par les pages à l’envers, ne comprenant qu’au bout d’un moment ce que je devais faire (ce n’est pas toujours clairement indiqué) et devant donc reprendre la lecture d’un chapitre. Une fois cela compris ça va, mais je trouve au final le procédé inutile, un peu artificiel.
Mais bon, ça reste quand même un album agréable à lire, une SF relativement originale à découvrir.
Note réelle 3,5/5.
C'est une lecture qui résonne d'une manière particulière pour moi. Malgré les différences, je me suis retrouvé dans quelques situations du mundélè Laurent de cette histoire.
La différence d'âge, la différence d'approche sur us et coutumes de chaque continent et le rôle de chacun dans le foyer conjugal sont des difficultés d'un couple mixte bien observées par KHP.
J'ai trouvé les personnalités de Laurent, Naomie et Yevline très finement travaillées et correspondant à l'ambiguïté des rapports humains très présente en l'Européen et l'Africaine, même quand ces rapports sont sincères.
Entre doute et confiance, sincérité et incompréhension le métissage des corps et des cultures n'est pas un chemin toujours aisé.
KHP utilise parfois un discours un brin moralisateur mais propose une conclusion assez optimiste et loin d'une vision fondamentaliste puritaine pour la femme africaine moderne ce qui me convient très bien.
Pour goûter pleinement l'originalité du graphisme de KHP il faut lire le petit dossier en fin d'ouvrage. Son trait est fin, précis et constant. Son N&B fait un peu crayonné scolaire manquant de fantaisie mais son style réaliste rend des personnages très vivants et des jeunes femmes très belles.
C'est assez rare de trouver dans une BD africaine des scènes de sexe aussi poussées. Le dessin de KHP porte une charge érotique puissante. Je ne proposerai donc pas cette BD au moins de 15 ans.
J'ai bien apprécié cette série et découvert un artiste qui possède un bien beau talent.
Un documentaire qui parle d'une polémique française que je ne connaissais pas: on construit un site d'enfouissement de déchets nucléaires dans un petit village nommé Bure et évidemment les habitants ne sont pas contents.
Disons que cela fait un bon contre-pied à ''Le Monde sans fin'' où Jancovici nous explique à longueur de pages que le nucléaire c'est bien avec pratiquement aucun défaut. Là on montre que le risque zéro en matière de déchets nucléaires n'existent pas et lorsqu'un accident arrive, c'est très grave. Mais, personnellement, ce qui m'a surtout choqué c'est les agissements d'EDF pour construire leurs sites d'enfouissements. On va vers les petits villages vu qu'il y aura moins de protestations, on abreuve les régions choisies de subventions pour acheter les élus et le pire est lorsque la compagnie n'en a plus rien à foutre de la démocratie et les gendarmes deviennent pratiquement leur police privée, qui va casser la gueule à des manifestants qui se promènent à des endroits où ils avaient l'habitude d'aller. La France de Macron fait presque passer Sarkozy pour un gauchiste en comparaison !
Le reportage est clair et précis. On explique bien les enjeux et il y a pas trop de termes techniques. J'ai appris beaucoup de choses durant ma lecture et en plus ça se lit agréablement bien. La narration est fluide et le dessin est agréable. Un documentaire à lire pour les amateurs du genre qui apporte des réflexions sur le nucléaire et les pratiques de l'état français.
Philéas surfe sur le succès des adaptations en BD. En voilà encore une qui mérite toute votre attention. Du polar bien noir, original avec un décor à vous glacer jusqu’aux os !
Un cheval a été mutilé de façon atroce. L’ADN retrouvé sur les lieux de cette boucherie chevaline appartient à un dangereux criminel pourtant enfermé dans un établissement psychiatrique ultra sécurisé à quelques kilomètres de là !
Il y a du rythme. Plus on avance dans cette histoire angoissante, plus l’ambiance devient oppressante. C’est délicieux. L’atmosphère vous prend littéralement aux tripes. Vous êtes pris entre les montagnes impressionnantes, l’hôpital psychiatrique, et la neige. Le tout – nous sommes vernis – dans la pénombre des longues soirées de l’hiver pyrénéen. Grrrrr ! oui oui vous allez greloter ! Chapeau bas à Mig pour avoir su réaliser ce climat tout en mode blanc bleu si particulier.
Je vous le dis, pour la fin, vous aurez beau vous creuser la tête, tourner les pages, revenir en arrière, vous ne trouverez pas le dénouement. Et ça c’est vraiment brillant. L’histoire vous tient en haleine. Une belle surprise glacée que je vous recommande vivement. C’est diaboliquement bon.
Pour ma part je trouve que Lefranc est une bonne BD.
Les premiers albums sont superbes, bien dessinés, précis, bien documentés. Même si les histoires ne se valent pas toutes par la suite, on retrouve toujours des dessins de belle qualité et une ambiance, une atmosphère particulière qu’en ce qui me concerne j'apprécie énormément.
On a oublié que la cible des BD de cette époque était les enfants!
Je trouve qu’on ne se moquait pas d’eux.
Les avis à l’emporte pièces de certains sur ce site m’ont donné envie de réagir.
Une colorisation assez terne (des nuances de gris plus ou moins délavé), un dessin parfois grossier, en tout cas pas toujours dynamique, et un texte très abondant : je suis entré un peu à reculons dans cet album. Mais j’ai passé outre ces premières impressions (et je vous conseille d’en faire autant si vous avez les mêmes préventions), pour finalement être captivé par ce récit.
Car dès le premier album, c’est très très dense. Ce n’est pas qu’un tome d’exposition, car l’intrigue avance beaucoup, il y a beaucoup de personnages, de termes, d’idées. Cela se poursuit sur les tomes suivants, et du coup il faut prévoir d’investir du temps pour cette lecture !
Le ton évolue quelque peu, je l’ai trouvé plus noir sur la fin.
La narration joue sur des envolées lyriques, une surenchère de termes, sans noyer le lecteur. C’est riche, quelques légères pointes d’humour pimentent ce conte un peu SF, jouant aussi sur une poésie lyrique, un merveilleux, omniprésents. Mouchel n’hésite pas à sacrifier des personnages que l’on pensait pouvoir suivre plus longtemps. Cela maintient en tout cas surprise et dynamisme.
Je suis étonné que Mouchel n’ait rien publié d’autre, tant il nous montre ici une belle imagination, et de réels talents de conteur. A la fin du dernier tome, il s’adresse d’ailleurs aux lecteurs, en expliquant ne pas vouloir développer encore ce conte. Il faut croire qu’aucun éditeur ne l’a convaincu de remettre le couvert, c’est dommage.
Un chouette triptyque en tout cas, à redécouvrir.
Commençons par ce qui m'a véritablement enthousiasmé : le dessin. Dès les premières planches on est happé par ces splendides vues de Monument Valley. Et tout au long des 140 pages de l'album c'est comme ça. Philippe Xavier rend un superbe hommage à la splendeur des paysages de l'ouest américain. C'est une région que j'adore, le panorama est à couper le souffle et la mise en image réalisée par le dessinateur est une vraie réussite. C'est un plaisir de "regarder" cet album. Coté scénario, Matz nous raconte l'histoire d'un mafieux repenti dans les années 70. Plutôt que de vivre dans un pavillon de banlieue avec un agent du FBI devant sa porte, celui-ci déambule en camping car dans les régions désertiques du sud ouest du pays.
Dans les moins, on pourrait dire que la thématique du repenti qui doit se cacher et éviter les tueurs de ses anciens complices en attendant de témoigner dans un procès est loin d'être originale. Le rythme est assez lent, le héros raconte son histoire par monologues successifs, et on a bien une histoire assez conventionnelle de mafieux repenti en attente du procès. Mais malgré cela, il y a pas mal d'efforts notables pour essayer de faire sortir cet album du lot.
Le travail de documentation sur le contexte historique de l'époque, où ce programme de protection des témoins était encore expérimental, apporte une touche de crédibilité appréciable. La pagination est conséquente et malgré ce rythme pépère, les monologues du héros sont entrecoupés de péripéties interessantes qui dynamisent le récit. La construction de l'album est efficace, l'osmose entre le scénario et le dessin est indéniable. Tout ça fait qu'on passe un vrai bon moment de lecture.
On ne va pas se mentir, cet album va dans le sens de mes convictions politiques, ça me plait forcément d'avance ! Mais ce n'est pas la seule raison qui me fait apprécier cet album. Car avant tout, nous avons un réel travail d'adaptation de livre en BD, voir même plus précisément de recherches sociologiques en BD. Et c'est très franchement une très bonne chose, parce que ce genre de BD est une parfaite approche d'un sujet complexe qui nécessite du temps et de la réflexion, ici amenée de façon plus subtile et pour autant pas édulcorée.
Marion Montaigne m'impressionne par sa capacité à synthétiser ce qu'elle a sous la main pour en faire une BD. Une vraie BD, dans le sens où ce n'est pas un banal support du texte chargé qui l'accompagne. Elle sait travailler une réelle mise en contexte de ses cases, de ses bulles, de sa présentation. C'est une recherche qui parait banale mais donne tout son poids à la vulgarisation. Parce que chacune de ses BD se lit plaisamment, émaillée de gags qui me font personnellement assez rire, le tout dans son style de dessin faussement brouillon, qui parvient à toujours rester clair et lisible.
La BD nous parle de ce qu'est la richesse aujourd'hui, une question qui dépasse largement le simple argent, et démontre encore une fois que tout n'est que question de reproduction sociale et de famille. J'aime beaucoup ce que la BD intègre comme message, assez pertinent, mais aussi ce qu'elle indique sur notre monde. Bien sur, je suis déjà adhérent de ce qu'elle défend mais ça fait du bien de se l'entendre redire avec des arguments.
Cette Bd est assez plaisante, instructive et didactique, éclairante sur la situation sociale actuelle. Lorsqu'on entends des présidents vanter la richesse et la réussite, voir des réseaux sociaux mettre en avant et glorifier ces mêmes traits, on ne peut qu'avoir envie de voir le message de cette BD être porté plus largement. C'est un excellent avertissement sur la question du mirage de l'argent, mais aussi le mythe du self-made men. Encore des illusions du capitalisme qui s'écroulent ...
J'adore Lapinot et élève "La Vie comme elle vient" au rang de chef d’œuvre.
Pour autant, nombre de tomes sont "simplement" très agréables à lire, car souvent basés sur une idée de départ un peu lâche finalement tenue sur un tome complet.
Mais il y a cette bienveillance merveilleuse, cet humour, la simplicité de ces tranches de vie, le dessin sympathique... Cela me fait penser à Gaston Lagaffe parfois.
Ces nouvelles aventures sont souvent plus anecdotiques que les anciennes dites formidables, mais je me précipite joyeusement sur chaque tome et me réjouis d'avance de la perspective de les lire dans mon lit le soir. Un des petits plaisirs de la vie, à cueillir tendrement.
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Solo (Martin)
Quand la Bd était sortie en 2014, je ne pensais pas m'y intéresser, et puis finalement au vu des dessins en feuilletant par curiosité en bibli, je me suis lancé dans cette aventure, et j'ai bien fait. On est quasiment immergé dans cet univers animalier post-apocalyptique, sombre, chaotique, impitoyable et dangereux grâce à un scénario parfaitement conduit à défaut d'une grande originalité. Car en fait, j'y ai retrouvé un ton, des situations et un univers assez semblable à celui de Conan, lorsqu'il erre en quête de gloire et de richesses ; la différence ici c'est que Solo et la plupart des autres espèces animalières errent dans ce monde détruit à la recherche de nourriture, sinon on se fait bouffer. Je vois à droite à gauche que c'est un Mad Max animalier, un univers à la Mad Max... je dirais oui et non, il n'y a pas ici de quête pour l'essence, c'est seulement pour bouffer, de plus dans les Mad Max, du moins dans le 1er film, il n'y a que des humains d'une part, et le monde ne semble pas encore complètement détruit d'autre part, il est sauvage mais il y a encore une once de civilisation, c'est dans l'opus 2 que ça devient plus sauvage et plus apocalyptique, on sent que les hommes ont fait péter la planète. Chez Solo, il y a aussi des humains, mais les animaux anthropoïdes sont plutôt dominants et ne cessent de se battre, soit pour assurer leur survie, soit en arène comme des gladiateurs. A cela s'ajoute une petit côté fantasy dans cet univers, surtout marqué par les silhouettes de gros bourrins des personnages, les armes blanches qu'ils emploient, et leurs techniques de combat, même le décor dévasté et désertique rappelle un peu le genre fantasy. En tout cas, ce monde a beau être désertique, il est très riche et dense au niveau background. Le héros a beau être un personnage badass, il est très attachant, et c'est pourquoi on ressort triste et un peu dépité je l'avoue à la lecture du tome 3 car l'auteur n'hésite pas à le tuer, clôturant un cycle exceptionnel nourri d'un mélange d'action et de réflexion, soutenu par un dessin hors norme d'un dynamisme rare. Parlons-en de ce dessin justement : Oscar Martin est un dessinateur très talentueux, décidément ces dessinateurs espagnols ne cesseront de m'émerveiller. Sa technique anthropomorphique est poussée au maximum avec un grand brio, comme chez son compatriote Guarnido, croquant des personnages hyper musclés et très expressifs, on les reconnait tous ; son trait est rugueux, épais, puissant, et possède en même temps un petit air disneyen, la colorisation dans des tons de beige, de gris et de couleurs approchantes est bien dosée, ses cadrages et ses dessins en pleine-page ont aussi un impact énorme, dommage que le format d'album choisi soit petit, ces dessins se seraient peut-être senti moins à l'étroit dans un format d'album normal, je sais pas ; l'auteur compense le format par le nombre de pages qui est conséquent. En tout cas, j'adore ce dessin, c'est une belle claque graphique. J'en viens à présent au gros défaut qui m'empêche de noter 5/5 : la voix off qui permet à Solo d'exprimer ses pensées sur la difficulté de construire son identité quand on doit tuer pour exister ; l'idée est bonne, mais ça aurait été cent fois mieux à petite dose, là on a un dialogue intérieur en texte narratif trop envahissant, trop verbeux, qui tend à ralentir la lecture et qui devient vite pénible. C'est dommage. Maintenant, est-ce que la série aurait dû s'en tenir à ce cycle de 3 albums qui se termine par la mort stupide de Solo ? Je répond oui, pour moi ça aurait pu rentrer parmi les Bd exceptionnelles par sa dimension rare. Vouloir continuer est certes concevable, je le comprend, d'autant que le nouveau cycle qui démarre avec Legatus, fils spirituel de Solo, se révèle plus psychologique, renouvelant le concept tout en gardant un lien avec le premier cycle car l'ombre de Solo plane dessus, tout au moins avec le tome 4 qui est encore d'un bon niveau. Le premier cycle était sans doute plus brut de décoffrage, avec une succession de bastons, de massacres et d'étripages qui revenaient un peu trop souvent, mais le fond était d'une richesse inouïe ; on y décelait même de l'amour et de l'humanisme, un vrai paradoxe avec ces personnages animaliers. Dans ce second cycle, il y a un peu moins d'action, plus d'introspection, mais au final, ça finit par répéter un peu le premier cycle, je l'ai trouvé moins attractif, sans trop de renouvellement, d'ailleurs je n'ai pas vraiment apprécié le tome 5. Je garde quand même un excellent moment de lecture, la série (et surtout son premier cycle) est une totale réussite.
Trillium
Lemire est un auteur intriguant. C’est inégal, mais ses séries sont assez originales pour que je m’intéresse à ce qu’il produit – hormis les univers super-héros dont je ne raffole pas. En tout cas, cet album SF est une bonne surprise. J’ai avant tout apprécié l’ambiance générale, le rythme lent, l’impression de traverser une sorte de rêve. Ce n’est pas de la SF testostéronée, avec moult vaisseaux spatiaux et entités extraterrestres menaçantes. Je n’ai pas été frustré par la fin ouverte, et le fait que beaucoup de choses restent inexpliquées – cela participe de l’ambiance décrite plus haut. Mais il ne faut pas être réfractaire à ce genre d’univers. Autre point que j’ai aimé, le dessin, fragile – comme toujours chez Lemire. Simple, agréable, faussement brouillon (la colorisation accentue cette impression). La fragilité est d’ailleurs sans doute le terme qui me parait le mieux résumer ce qu’illustrent beaucoup des séries et des personnages de Lemire. Et là, dans une ambiance de « fin du monde » (les derniers humains sont menacés de disparaitre), cette fragilité est encore mise en lumière, avec le personnage de Nika. J’ai été perturbé par les pages à l’envers, ne comprenant qu’au bout d’un moment ce que je devais faire (ce n’est pas toujours clairement indiqué) et devant donc reprendre la lecture d’un chapitre. Une fois cela compris ça va, mais je trouve au final le procédé inutile, un peu artificiel. Mais bon, ça reste quand même un album agréable à lire, une SF relativement originale à découvrir. Note réelle 3,5/5.
Les Dessous de Pointe-Noire
C'est une lecture qui résonne d'une manière particulière pour moi. Malgré les différences, je me suis retrouvé dans quelques situations du mundélè Laurent de cette histoire. La différence d'âge, la différence d'approche sur us et coutumes de chaque continent et le rôle de chacun dans le foyer conjugal sont des difficultés d'un couple mixte bien observées par KHP. J'ai trouvé les personnalités de Laurent, Naomie et Yevline très finement travaillées et correspondant à l'ambiguïté des rapports humains très présente en l'Européen et l'Africaine, même quand ces rapports sont sincères. Entre doute et confiance, sincérité et incompréhension le métissage des corps et des cultures n'est pas un chemin toujours aisé. KHP utilise parfois un discours un brin moralisateur mais propose une conclusion assez optimiste et loin d'une vision fondamentaliste puritaine pour la femme africaine moderne ce qui me convient très bien. Pour goûter pleinement l'originalité du graphisme de KHP il faut lire le petit dossier en fin d'ouvrage. Son trait est fin, précis et constant. Son N&B fait un peu crayonné scolaire manquant de fantaisie mais son style réaliste rend des personnages très vivants et des jeunes femmes très belles. C'est assez rare de trouver dans une BD africaine des scènes de sexe aussi poussées. Le dessin de KHP porte une charge érotique puissante. Je ne proposerai donc pas cette BD au moins de 15 ans. J'ai bien apprécié cette série et découvert un artiste qui possède un bien beau talent.
Cent mille ans - Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires
Un documentaire qui parle d'une polémique française que je ne connaissais pas: on construit un site d'enfouissement de déchets nucléaires dans un petit village nommé Bure et évidemment les habitants ne sont pas contents. Disons que cela fait un bon contre-pied à ''Le Monde sans fin'' où Jancovici nous explique à longueur de pages que le nucléaire c'est bien avec pratiquement aucun défaut. Là on montre que le risque zéro en matière de déchets nucléaires n'existent pas et lorsqu'un accident arrive, c'est très grave. Mais, personnellement, ce qui m'a surtout choqué c'est les agissements d'EDF pour construire leurs sites d'enfouissements. On va vers les petits villages vu qu'il y aura moins de protestations, on abreuve les régions choisies de subventions pour acheter les élus et le pire est lorsque la compagnie n'en a plus rien à foutre de la démocratie et les gendarmes deviennent pratiquement leur police privée, qui va casser la gueule à des manifestants qui se promènent à des endroits où ils avaient l'habitude d'aller. La France de Macron fait presque passer Sarkozy pour un gauchiste en comparaison ! Le reportage est clair et précis. On explique bien les enjeux et il y a pas trop de termes techniques. J'ai appris beaucoup de choses durant ma lecture et en plus ça se lit agréablement bien. La narration est fluide et le dessin est agréable. Un documentaire à lire pour les amateurs du genre qui apporte des réflexions sur le nucléaire et les pratiques de l'état français.
Glacé - d'après Bernard Minier
Philéas surfe sur le succès des adaptations en BD. En voilà encore une qui mérite toute votre attention. Du polar bien noir, original avec un décor à vous glacer jusqu’aux os ! Un cheval a été mutilé de façon atroce. L’ADN retrouvé sur les lieux de cette boucherie chevaline appartient à un dangereux criminel pourtant enfermé dans un établissement psychiatrique ultra sécurisé à quelques kilomètres de là ! Il y a du rythme. Plus on avance dans cette histoire angoissante, plus l’ambiance devient oppressante. C’est délicieux. L’atmosphère vous prend littéralement aux tripes. Vous êtes pris entre les montagnes impressionnantes, l’hôpital psychiatrique, et la neige. Le tout – nous sommes vernis – dans la pénombre des longues soirées de l’hiver pyrénéen. Grrrrr ! oui oui vous allez greloter ! Chapeau bas à Mig pour avoir su réaliser ce climat tout en mode blanc bleu si particulier. Je vous le dis, pour la fin, vous aurez beau vous creuser la tête, tourner les pages, revenir en arrière, vous ne trouverez pas le dénouement. Et ça c’est vraiment brillant. L’histoire vous tient en haleine. Une belle surprise glacée que je vous recommande vivement. C’est diaboliquement bon.
Lefranc
Pour ma part je trouve que Lefranc est une bonne BD. Les premiers albums sont superbes, bien dessinés, précis, bien documentés. Même si les histoires ne se valent pas toutes par la suite, on retrouve toujours des dessins de belle qualité et une ambiance, une atmosphère particulière qu’en ce qui me concerne j'apprécie énormément. On a oublié que la cible des BD de cette époque était les enfants! Je trouve qu’on ne se moquait pas d’eux. Les avis à l’emporte pièces de certains sur ce site m’ont donné envie de réagir.
Le Mur de Pan
Une colorisation assez terne (des nuances de gris plus ou moins délavé), un dessin parfois grossier, en tout cas pas toujours dynamique, et un texte très abondant : je suis entré un peu à reculons dans cet album. Mais j’ai passé outre ces premières impressions (et je vous conseille d’en faire autant si vous avez les mêmes préventions), pour finalement être captivé par ce récit. Car dès le premier album, c’est très très dense. Ce n’est pas qu’un tome d’exposition, car l’intrigue avance beaucoup, il y a beaucoup de personnages, de termes, d’idées. Cela se poursuit sur les tomes suivants, et du coup il faut prévoir d’investir du temps pour cette lecture ! Le ton évolue quelque peu, je l’ai trouvé plus noir sur la fin. La narration joue sur des envolées lyriques, une surenchère de termes, sans noyer le lecteur. C’est riche, quelques légères pointes d’humour pimentent ce conte un peu SF, jouant aussi sur une poésie lyrique, un merveilleux, omniprésents. Mouchel n’hésite pas à sacrifier des personnages que l’on pensait pouvoir suivre plus longtemps. Cela maintient en tout cas surprise et dynamisme. Je suis étonné que Mouchel n’ait rien publié d’autre, tant il nous montre ici une belle imagination, et de réels talents de conteur. A la fin du dernier tome, il s’adresse d’ailleurs aux lecteurs, en expliquant ne pas vouloir développer encore ce conte. Il faut croire qu’aucun éditeur ne l’a convaincu de remettre le couvert, c’est dommage. Un chouette triptyque en tout cas, à redécouvrir.
Le Serpent et le Coyote
Commençons par ce qui m'a véritablement enthousiasmé : le dessin. Dès les premières planches on est happé par ces splendides vues de Monument Valley. Et tout au long des 140 pages de l'album c'est comme ça. Philippe Xavier rend un superbe hommage à la splendeur des paysages de l'ouest américain. C'est une région que j'adore, le panorama est à couper le souffle et la mise en image réalisée par le dessinateur est une vraie réussite. C'est un plaisir de "regarder" cet album. Coté scénario, Matz nous raconte l'histoire d'un mafieux repenti dans les années 70. Plutôt que de vivre dans un pavillon de banlieue avec un agent du FBI devant sa porte, celui-ci déambule en camping car dans les régions désertiques du sud ouest du pays. Dans les moins, on pourrait dire que la thématique du repenti qui doit se cacher et éviter les tueurs de ses anciens complices en attendant de témoigner dans un procès est loin d'être originale. Le rythme est assez lent, le héros raconte son histoire par monologues successifs, et on a bien une histoire assez conventionnelle de mafieux repenti en attente du procès. Mais malgré cela, il y a pas mal d'efforts notables pour essayer de faire sortir cet album du lot. Le travail de documentation sur le contexte historique de l'époque, où ce programme de protection des témoins était encore expérimental, apporte une touche de crédibilité appréciable. La pagination est conséquente et malgré ce rythme pépère, les monologues du héros sont entrecoupés de péripéties interessantes qui dynamisent le récit. La construction de l'album est efficace, l'osmose entre le scénario et le dessin est indéniable. Tout ça fait qu'on passe un vrai bon moment de lecture.
Riche, pourquoi pas toi ?
On ne va pas se mentir, cet album va dans le sens de mes convictions politiques, ça me plait forcément d'avance ! Mais ce n'est pas la seule raison qui me fait apprécier cet album. Car avant tout, nous avons un réel travail d'adaptation de livre en BD, voir même plus précisément de recherches sociologiques en BD. Et c'est très franchement une très bonne chose, parce que ce genre de BD est une parfaite approche d'un sujet complexe qui nécessite du temps et de la réflexion, ici amenée de façon plus subtile et pour autant pas édulcorée. Marion Montaigne m'impressionne par sa capacité à synthétiser ce qu'elle a sous la main pour en faire une BD. Une vraie BD, dans le sens où ce n'est pas un banal support du texte chargé qui l'accompagne. Elle sait travailler une réelle mise en contexte de ses cases, de ses bulles, de sa présentation. C'est une recherche qui parait banale mais donne tout son poids à la vulgarisation. Parce que chacune de ses BD se lit plaisamment, émaillée de gags qui me font personnellement assez rire, le tout dans son style de dessin faussement brouillon, qui parvient à toujours rester clair et lisible. La BD nous parle de ce qu'est la richesse aujourd'hui, une question qui dépasse largement le simple argent, et démontre encore une fois que tout n'est que question de reproduction sociale et de famille. J'aime beaucoup ce que la BD intègre comme message, assez pertinent, mais aussi ce qu'elle indique sur notre monde. Bien sur, je suis déjà adhérent de ce qu'elle défend mais ça fait du bien de se l'entendre redire avec des arguments. Cette Bd est assez plaisante, instructive et didactique, éclairante sur la situation sociale actuelle. Lorsqu'on entends des présidents vanter la richesse et la réussite, voir des réseaux sociaux mettre en avant et glorifier ces mêmes traits, on ne peut qu'avoir envie de voir le message de cette BD être porté plus largement. C'est un excellent avertissement sur la question du mirage de l'argent, mais aussi le mythe du self-made men. Encore des illusions du capitalisme qui s'écroulent ...
Les Nouvelles Aventures de Lapinot
J'adore Lapinot et élève "La Vie comme elle vient" au rang de chef d’œuvre. Pour autant, nombre de tomes sont "simplement" très agréables à lire, car souvent basés sur une idée de départ un peu lâche finalement tenue sur un tome complet. Mais il y a cette bienveillance merveilleuse, cet humour, la simplicité de ces tranches de vie, le dessin sympathique... Cela me fait penser à Gaston Lagaffe parfois. Ces nouvelles aventures sont souvent plus anecdotiques que les anciennes dites formidables, mais je me précipite joyeusement sur chaque tome et me réjouis d'avance de la perspective de les lire dans mon lit le soir. Un des petits plaisirs de la vie, à cueillir tendrement.