David Ratte est un artiste dont j'apprécie beaucoup le graphisme et l'humour. J'ai retrouvé dans Mamada ce qui me procure un grand plaisir de lecture : un graphisme semi réaliste précis et drôle au service d'un humour au deuxième degré dont je raffole.
Pourtant au fil des trois albums David Ratte ne fait pas toujours dans la facilité. Il construit un scénario humoristique et fantastique qui pourrait nous emmener assez vite dans du délirium/n'importe quoi.
De plus, il détourne des clichés racistes avec tant d'habileté (pour nous les renvoyer en pleine figure) que l'on se croirait dans une version d'OSS de Michel Hazanavicius.
Mamada navigue entre deux déserts : son désert natal du Kalahari et notre désert d'humanité du RER A. N'est pas le plus aride celui qu'on pense. Par la grâce d'un patron londonien charismatique et d'un dictateur nord-coréen, Mamada va pouvoir troubler un ordre pas si naturel que ça.
Mamada ne s'étonne de rien, et nous avec, dans cette suite de rebondissements délirants et de dialogues piquants.
J'aime beaucoup cette école qui propose cette ligne claire, bien ronde qui met en valeur les expressions humoristiques des corps et des visages.
La mise en couleur qui s'appuie sur les différences de peaux est vive et chaude. C'est entièrement à mon goût.
Une lecture très agréable d'un auteur que j'apprécie beaucoup pour son humour.
Les amis de Josy qui devait être le premier opus de la série du Lieutenant Kate est un polar sympathique et un peu particulier.
En effet deux des trois policiers de l'équipe sont des références/hommages à des très proches des auteurs disparus dans des conditions dramatiques (Kate et Rob).
C'est d'ailleurs probablement à cause de cela que la série balance entre deux atmosphères diamétralement opposées. Un côté comique fort, porté par le (très bon) graphisme "toon" de Efix, les excentricités de Kate ou la personnalité de Popeye.
Tous les dialogues humoristiques, les scènes drôles avec Youssef sont en complet décalage avec la fin très glauque de la série.
Le noyau de l'intrigue est assez classique et déjà utilisé dans d'autres oeuvres. L'originalité est de replacer l'histoire en relation avec l'époque mythique des Verts et encore dans une ambiance qui touche l'enfance avec la collection des cartes Panini.
Le scénario de Cric travaille dans ce sens de l'ambiguïté entre l'odeur agréable des cafés/croissants le matin et celle des cadavres horriblement mutilés la nuit. La fin est vraiment sombre comme dans un monde où il n'y a que des perdants.
Une lecture intéressante 3.5
Nouvelle variation de Christophe Bec sur l'espace et la découverte d'un monde inhospitalier que je découvre, celle-ci me satisfait grandement ! L'avantage, c'est qu'en 3 tomes, l'auteur n'a pas vraiment le temps de s'égarer, ce qui donne un récit très resserré, où on n'a pas (assez) le temps pour la parlotte.
Christophe Bec met donc en place un récit qu'on connaît déjà : l'expédition scientifique, la découverte de la planète inhospitalière, la créature qui domine toutes les autres, etc. Ce sont des thèmes qui ont déjà été abordés dans d'autres BD, mais ce classicisme n'empêche pas Bec de dérouler son histoire efficacement. C'est efficace, car il le fait sans reculer devant la cruauté, n'hésitant pas à tuer ses personnages, et sans jamais ralentir la narration.
D'ailleurs, le format "3 tomes" est parfait, mais paradoxalement, s'il permet de resserrer le récit, il empêche aussi l'auteur de développer son scénario comme il l'aurait fallu. Ici, les personnages sont très vite caractérisés et beaucoup d'étapes sont expédiées en quatrième vitesse, ce qui est regrettable. Cela dit, Christophe Bec n'a pas ici l'ambition démesurée d'un Crusaders, il cherche juste à développer une histoire somme toute classique, mais bien racontée. Et ça, pour le coup, ça marche bien.
Si la narration de Bec est efficace, que dire du dessin d'Alexis Sentenac ? C'est aussi (voire surtout) grâce à lui que j'ai pris autant de plaisir à la lecture de cette saga. Sentenac a un coup de crayon extrêmement immersif, et crée des planches dans lesquelles on adore se perdre ! Là, on retrouve le plaisir pris devant un bon Ridley Scott à la Alien ou Prometheus, on veut en savoir plus sur cette planète mystérieuse où nos scientifiques ont débarqué.
Et pour le coup, Christophe Bec gère parfaitement cette idée. Il sait distiller savamment le mystère tout au long du récit, jusqu'à le faire éclater au moment du grand final dans des explications légèrement verbeuses (mais quand on sort de Crusaders, on est prêt à tout !), mais simples et crédibles. On ne tombe pas de notre chaise, mais au moins, les explications paraissent cohérentes.
Ainsi, Siberia 56 a tout de la bonne surprise à mes yeux. Bec et Sentenac y ont en tous cas la plus extrême des politesses de l'auteur : réserver au lecteur une montée en puissance, qui permet à chaque nouveau tome de gagner en ampleur sur les précédents. Et malgré quelques raccourcis scénaristiques, raconter tout ça en quelques pages était une gageure que les auteurs ont remporté haut la main !
En revenant sur les circonstances tumultueuses du retour aux plus hautes fonctions de Charles de Gaulle en mai 1958, les auteurs retracent un moment-clé de la vie politique française, dont les effets se font toujours sentir aujourd’hui. Car en effet, cette période, dans le contexte troublé de la guerre d’Algérie, marque la naissance de la Cinquième république, un régime quasi monarchisant où depuis son palais, le Président règne sur ses « sujets » tout en tirant les ficelles, concentrant la totalité de l’exécutif au détriment du gouvernement. Un régime taillé sur mesure pour un général qui, tout auréolé de ses « faits d’armes » durant la seconde guerre mondiale et à la Libération, avait toujours aspiré au commandement suprême. L’homme, populaire, immensément respecté pour sa droiture et plutôt habile, ardemment soutenu par les généraux « pro-Algérie française », du moins dans les premiers temps, rencontra peu d’obstacles dans son accession à la présidence. Il était le « sauveur », et ceux qui lui cherchaient des poux savaient que le combat était perdu d’avance. En même temps, peut-être est-ce le même qui sauva la république...
Cette BD, qui est un véritable cours d’Histoire sur une période finalement assez peu connue, est passionnante. Juncker et Boucq nous en livrent ici une lecture originale en utilisant les ressorts de la caricature politique. Si les auteurs se sont autorisés quelques libertés avec la réalité (par exemple, Massu tout essoufflé à force de faire des allers et retours dans le souterrain entre le QG des forces armées de l’Algérie et le gouvernement général), la plupart des événements relatés sont authentiques.
Malgré la multiplicité des protagonistes, Nicolas Juncker a su concevoir une narration qui tient la route. Ces généraux, fanatiques partisans de l’Algérie française (et fondateurs de l’OAS de sinistre mémoire), nous apparaissent ici comme des pieds nickelés à côté de leurs rangers, peu conscients du fait que le vent de l’Histoire avait tourné et que l’heure était à la décolonisation. Ils avaient pourtant réussi à semer la peur en métropole en menaçant de faire main basse sur les institutions de pouvoir de la capitale, une peur disproportionnée aux lumières de ce récit qui fait de leur rébellion un théâtre grand-guignolesque. Celui qui en prend le plus pour son grade est sans doute Massu, décrit comme un bourrin qui n’a pas inventé la poudre.
La patte corrosive de François Boucq y est pour beaucoup dans la réussite de cette bande dessinée. Etonnement, c’est la première fois que l’auteur de Bouche du diable collabore à un ouvrage politique, et on se demande bien pourquoi. Il laisse ici littéralement éclater son talent, et on imagine aisément que pour lui, De Gaulle, peut-être le plus caricaturé des hommes politiques, était une véritable aubaine. Ainsi, le créateur de Jérôme Moucherot fait ressortir, avec un sens accompli du cocasse, le contraste entre le flegme du bonhomme, attendant patiemment son heure dans son havre paisible de Colombey-les-Deux-Eglises, et l’hystérie des généraux furieux à l’idée d’accorder l’indépendance à l’Algérie. Le tout est assez jubilatoire, et on est parfois interloqué du décalage entre la réalité décrite, plus que lunaire, et le compte-rendu disproportionné des événements dans la presse de l’époque, notamment lors de la rocambolesque « prise » de la préfecture d’Ajaccio qui provoqua un certain émoi en métropole.
En conclusion, ce que les auteurs ont parfaitement su mettre en avant, c’est que le retour du Général de Gaulle au pouvoir n’avait rien de vraiment démocratique. Mais celui-ci s’imposait comme le seul homme providentiel face à la crise algérienne, tandis que la quatrième République était en plein marasme, déboussolée par ce coup de force d’une poignée de nostalgiques du temps des colonies, initiative plus théâtrale que véritablement menaçante. Ce récit aux allures de parodie a pourtant une réelle valeur historique, et dans certains cas comme ici, la réalité frise si bien le ridicule qu’on se pince pour y croire. Il n’en reste pas moins que, comme le rappelle l’historien Tramor Quemeneur en postface, ces putschistes au petit pied n’étaient pas des enfants de chœur, à commencer par Massu, adepte de la torture et des assassinats pour faire régner l’ordre à Alger. Même si cette engeance séditieuse fut dupée par celui qu’ils portèrent aux portes du pouvoir, — il est vrai que De Gaulle, qui n’était pas si naïf, s’est un peu servi d’eux — on peut avancer sans trop exagérer que la Ve République est un peu la conséquence d’un coup d’Etat qui ne veut pas dire son nom et permit à la présidence de se voir accorder les pleins pouvoirs. Pierre Mendès-France, fervent opposant à De Gaulle, ne l’avait-il pas dit lui-même ? : « C’est parce que le Parlement s’est couché qu’il n’y a pas eu de coup d’État ! » Cela nous éclaire sur la manière dont les présidents élus après « le Général » ont été bien souvent gagnés par la folie des grandeurs…
La scène finale, qui montre un De Gaulle « sacrificiel », avec ses interminables bras en croix (de Lorraine), lâcher son célèbre « Je vous ai compris ! » devant la foule algéroise en délire, est tout à fait savoureuse, d’autant qu’elle fait délibérément lien avec la première image, non moins hilarante. Tout cela fait une vraie réussite d’« Un général, des généraux », compte-rendu à la fois instructif et humoristique d’une période édifiante de l’Histoire de France.
Cédric est une BD de mon enfance, au même titre que Titeuf, Gaston Lagaffe, Kid Paddle…
Dit autrement, une série culte qui est à mettre entre toutes les mains, pour découvrir la tranche de vie d’un garçon qui veut vivre simplement, avec ses amis, sa famille.
Profiter de la vie et apprendre de la vie sont les messages qui sont à chaque fois distillés.
Né quelques années après le premier tome je lis encore et collectionne chaque tome de Laudec et Cauvin, avec une certaine nostalgie de l’enfance et l’adolescence qui passent très vite. Le décès de Cauvin laisse en suspens la continuité de la série toutefois.
Le tome 35 est le premier tome publié depuis le décès de Cauvin l’année dernière. Il y a du changement dans la mise en page et dans la disposition des bulles, j’aime bien, parce que c’est une lecture moins linéaire. Les progrès informatiques rendent le dessin beaucoup plus joli à regarder, surtout sur iPad.
Les aventures de Cédric, de Christian et de Chen sont toujours plaisantes à lire, malgré une répétition des gags inévitable.
Je constate que Cédric a désormais un smartphone, ce qui ne l’empêche pas de faire un paquet de farces à son entourage.
Deux nouveautés à souligner aussi : Cédric ramène (enfin !) des bulletins scolaires avec la moyenne et je le trouve beaucoup plus proche et complice avec son Pépé (il l’était déjà avant mais ici c’est notable). Le soucis intergénérationnel est présent et montre que la compréhension peut se faire dès le plus jeune âge.
C'est les noms de Jeff Lemire, mais surtout celui d'Andréa Sorrentino qui ont attiré mon attention et un simple feuilletage a suffit de me convaincre pour passer à la caisse (et aussi l'avis d'Alix).
Le pitch de départ est intriguant et il le restera tout le long du récit. Impossible d'en dire plus, il faut garder le mystère entier pour avoir son lot de surprises.
Une narration non linéaire puisqu'elle va nous faire voyager du passé au présent et vice et versa. Les transitions se font naturellement, l'ensemble est fluide.
Un récit qui m'a captivé du début à la fin, une fin d'ailleurs qui laisse la porte ouverte à son imagination. Elle ne m'a pas déçu, même si j'attendais autre chose.
La partie graphique est monstrueuse de virtuosité. J'en ai les yeux écarquillés de bonheur.
Sorrentino et Stewart jouent sur deux styles différents suivant les époques.
Pour le passé, un trait gras associé à des couleurs ternes où le noir domine l'ensemble. J'ai particulièrement aimé les visages avec un côté flou, surtout celui de la jolie Yelena. La guerre froide est présente sur chaque case.
Et pour le présent, c'est un changement radical avec un trait plus fin, géométrique avec une mise en page hallucinante et des couleurs qui explosent de partout.
Une lecture d'une traite, un album que j'aurai plaisir à ouvrir de temps en temps pour en prendre plein les yeux.
Et une lecture doit donner du plaisir et j'en ai pris une sacrée dose. Que demander de plus ?
Gros coup de cœur graphique.
Ce récit immersif dans la ville de Jérusalem est particulièrement intéressant et bien écrit. Guy Delisle, marié à une logisticienne de MSF, s’apprête à vivre une année à Jérusalem. Alors que sa compagne travaille toute la semaine, et parfois aussi le week end, le père de famille part à la découverte de la ville, de ses quartiers, de ses coutumes et de ses surprises. Seul, avec ses enfants ou en compagnie d’un copain expat, il arpente les rues, les jardins publics, découvre les lieux saints et traverse le Mur. Le ton du récit, de même que le dessin, sont simples ou plutôt sobres et le tout est remarquable d’efficacité et de clarté. Pas de dialogues ou de pensées surjoués, pas de situations compliquées qui donneraient un rôle hors du commun à notre héros qui d’ailleurs n’en est pas un ! Non, tout tourne autour du quotidien d’une famille et ça suffit largement pour nous immerger en profondeur dans cette ville un peu mystérieuse, aux religions qui se côtoient et aux traditions bien affirmées. En filigrane, la question politique est omniprésente : la sécurité d’Israël, les colonies, Gaza, le rôle des missions humanitaires, et toutes les questions qui se posent à un visiteur étranger. Le texte (dialogues et pensées) et le dessin sont légers, très expressifs et ne manquent ni d’humour ni de situations qui confinent à l’absurde. Un album vraiment convaincant et difficile à refermer tant le héros est attachant.
Je peux m'exclamer : ENFIN ! ce volume arrive enfin, car la présence de cette reine trouve logiquement sa place parmi cette collection des Reines de sang, puisque le surnom qu'elle a laissé dans l'Histoire fut celui de Marie la Sanglante (Bloody Mary). Etais-je prophétique ? mais dans mon avis sur Frédégonde - La Sanguinaire, je formulais le voeu de trouver dans cette collection des reines comme Marie Tudor, Catherine de Médicis et Tseu-Hi... eh bien ça y est, elles y sont toutes ! D'autant plus qu'il n'y avait rien eu encore sur la monarchie britannique qui fut pourtant largement marquée par le sceau du sang selon les monarques.
Le règne des Tudor fournit une occasion en or de raconter ce destin sanglant de Marie Tudor qui lors de son règne de 1553 à 1558, enverra à l'échafaud ou sur les bûchers des centaines d'hérétiques. A noter qu'elle sera la première reine régnante d'Angleterre et d'Irlande. Le tome 1 raconte sa vie de sa naissance à ses 21 ans lorsqu'elle devient marraine de son demi-frère, futur Edward VI. Le tome 2 racontera vraisemblablement son règne après avoir écarté l'infortunée Jane Grey, son désir de ramener le catholicisme en Angleterre, son mariage avec Philippe II d'Espagne, ses sanglantes répressions, et la perte de Calais qui hâta sans doute son trépas. Mais laissons cela, j'y reviendrai lors de la parution de ce tome en remontant mon avis.
Après une enfance choyée, Marie bascule soudain dans une forme de rejet paternel car Henry VIII veut un fils et il n'en a pas, il doit donc se remarier, mais il doit s'opposer à la papauté. Henry se remarie avec Anne Boleyn, sulfureuse prétendante, pour cela il rompt avec l'église catholique de Rome et se proclame chef de l'église anglicane. Marie doit alors prêter allégeance à la nouvelle souveraine, ce qu'elle refuse. Elle est ensuite nommée dame d'honneur de sa demi-soeur Elizabeth. Mais la roue du destin ne cesse de tourner, Anne Boleyn perd son crédit auprès du roi, une nouvelle reine, Jeanne Seymour la remplace, mais Marie ne perd pas de vue ses chances de monter un jour sur le trône. Tout ceci est bien relaté, Marie vit tous ces événements en mettant en place ses pions et en se formant à l'exercice du pouvoir par l'observation, préparant son règne lorsqu'elle succédera à son frère. Pour l'heure, elle subit, cette première partie de vie est pétrie de contradictions, de vexations, de frustrations et d'humiliations. Sa formidable volonté lui sera d'une aide précieuse.
On peut s'étonner que Corbeyran verse dans une Bd historique, ce n'est pas sa spécialité, il n'en a pas scénarisée tant que ça, et c'est d'autant plus méritoire que la période en question est complexe, mais ce XVIème siècle avec cette monarchie anglaise, c'est une période foisonnante qui m'a toujours fasciné et captivé, c'est vous dire mon intérêt pour cette Bd. Le traitement est très sérieux et assez pointu, Corbeyran ne s'écarte pas de la réalité historique, annonçant un tome 2 sanglant. Mais il faut au minimum être intéressé par la période et la monarchie anglaise, si ce n'est pas le cas, passez votre chemin.
Au dessin, Montalbano a fait ses preuves, son dessin est particulièrement soigné et précis, reproduisant magnifiquement cette Angleterre du XVIème siècle, avec un découpage classique, et on retrouve plusieurs têtes connues, notamment Henry VIII à l'allure svelte et pas encore obèse (sans doute dans le tome 2), tel qu'on le voit dans la série TV les Tudor sous les traits de Jonathan Rhys-Meyers.
Un bon début qui met bien en bouche pour un second album qui promet, enfin j'espère...
J'ai connu ce manga via son adaptation en anime que j'avais adoré et le manga est de même qualité.
On suit le quotidien d'une étudiante qui est traitée comme une déesse parfaite par les autres élèves qui cache un secret: elle souffre d'anxiété sociale et du coup a de la difficulté à parler et ne sait pas du tout être social. Un élève ordinaire découvre son secret, ils devient amis et il va tout faire pour qu'elle ait le plus d'amis possible.
Il y a beaucoup d'humour ce qui fait que la plupart des personnages ont des traits de caractères exagérés et cela fonctionne bien la plupart du temps. Il y a juste la lesbienne folle amoureuse de Komi qui deviennent vite horripilante et que je ne trouve pas vraiment marrante. Le fait que les camarades de classes de Komi la mettent sur un pied d'estrade au lieu de la traité comme un être humain ordinaire est un peu agachant aussi. Malgré tout, l'humour fonctionne la majorité du temps et la plupart des personnages sont attachants. Il y a un bon mélange d'humour et de moment un peu plus mignon entre les deux héros. Le dessin est très bon.
Seul problème est qu'il y a déjà plus de 27 tomes parus au Japon et j'espère que l'auteur va s'arrêter à temps parce que déjà je trouve que plus de 20 tomes d'un manga humoristique c'est trop, là on approche la trentaine et il semble pas que la fin soit pour bientôt....
La meilleure déclinaison de l’univers sera donc pour les nains, je ne pensais pas accrocher autant à ces histoires de poilus. La référence des Terres d’Arran (ndlr quasi aussi bon que son whisky, rhaa le machrie moor ;)
On retrouve le même concept que pour Elfes etc … des histoires en 1 tome qui explorent différents ordres.
La bonne idée est de n’avoir qu’un scénariste à la barre, Nicolas Jarry régale, on sent son amour pour ces cognards et ses longues heures de rôlistes. Chaque ordre est confié à un dessinateur attitré, du très bon boulot dans l’ensemble.
Ça rend le tout plus homogène.
On aura ses préférences (ordre ou auteurs) mais c’est plus que bon en général, je n’ai pas descellé de maillon faible, ça va du bon à l’excellent. Forcément sur la longueur, certaines histoires deviennent un peu déjà vu, même ressort scénaristique …
Malgré tout, à plus de 20 tomes lus, toujours du plaisir de lecture, un must pour les amateurs de la terre du milieu. J’attends impatiemment les nouveautés en médiathèque.
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Mamada
David Ratte est un artiste dont j'apprécie beaucoup le graphisme et l'humour. J'ai retrouvé dans Mamada ce qui me procure un grand plaisir de lecture : un graphisme semi réaliste précis et drôle au service d'un humour au deuxième degré dont je raffole. Pourtant au fil des trois albums David Ratte ne fait pas toujours dans la facilité. Il construit un scénario humoristique et fantastique qui pourrait nous emmener assez vite dans du délirium/n'importe quoi. De plus, il détourne des clichés racistes avec tant d'habileté (pour nous les renvoyer en pleine figure) que l'on se croirait dans une version d'OSS de Michel Hazanavicius. Mamada navigue entre deux déserts : son désert natal du Kalahari et notre désert d'humanité du RER A. N'est pas le plus aride celui qu'on pense. Par la grâce d'un patron londonien charismatique et d'un dictateur nord-coréen, Mamada va pouvoir troubler un ordre pas si naturel que ça. Mamada ne s'étonne de rien, et nous avec, dans cette suite de rebondissements délirants et de dialogues piquants. J'aime beaucoup cette école qui propose cette ligne claire, bien ronde qui met en valeur les expressions humoristiques des corps et des visages. La mise en couleur qui s'appuie sur les différences de peaux est vive et chaude. C'est entièrement à mon goût. Une lecture très agréable d'un auteur que j'apprécie beaucoup pour son humour.
Lieutenant Kate
Les amis de Josy qui devait être le premier opus de la série du Lieutenant Kate est un polar sympathique et un peu particulier. En effet deux des trois policiers de l'équipe sont des références/hommages à des très proches des auteurs disparus dans des conditions dramatiques (Kate et Rob). C'est d'ailleurs probablement à cause de cela que la série balance entre deux atmosphères diamétralement opposées. Un côté comique fort, porté par le (très bon) graphisme "toon" de Efix, les excentricités de Kate ou la personnalité de Popeye. Tous les dialogues humoristiques, les scènes drôles avec Youssef sont en complet décalage avec la fin très glauque de la série. Le noyau de l'intrigue est assez classique et déjà utilisé dans d'autres oeuvres. L'originalité est de replacer l'histoire en relation avec l'époque mythique des Verts et encore dans une ambiance qui touche l'enfance avec la collection des cartes Panini. Le scénario de Cric travaille dans ce sens de l'ambiguïté entre l'odeur agréable des cafés/croissants le matin et celle des cadavres horriblement mutilés la nuit. La fin est vraiment sombre comme dans un monde où il n'y a que des perdants. Une lecture intéressante 3.5
Siberia 56
Nouvelle variation de Christophe Bec sur l'espace et la découverte d'un monde inhospitalier que je découvre, celle-ci me satisfait grandement ! L'avantage, c'est qu'en 3 tomes, l'auteur n'a pas vraiment le temps de s'égarer, ce qui donne un récit très resserré, où on n'a pas (assez) le temps pour la parlotte. Christophe Bec met donc en place un récit qu'on connaît déjà : l'expédition scientifique, la découverte de la planète inhospitalière, la créature qui domine toutes les autres, etc. Ce sont des thèmes qui ont déjà été abordés dans d'autres BD, mais ce classicisme n'empêche pas Bec de dérouler son histoire efficacement. C'est efficace, car il le fait sans reculer devant la cruauté, n'hésitant pas à tuer ses personnages, et sans jamais ralentir la narration. D'ailleurs, le format "3 tomes" est parfait, mais paradoxalement, s'il permet de resserrer le récit, il empêche aussi l'auteur de développer son scénario comme il l'aurait fallu. Ici, les personnages sont très vite caractérisés et beaucoup d'étapes sont expédiées en quatrième vitesse, ce qui est regrettable. Cela dit, Christophe Bec n'a pas ici l'ambition démesurée d'un Crusaders, il cherche juste à développer une histoire somme toute classique, mais bien racontée. Et ça, pour le coup, ça marche bien. Si la narration de Bec est efficace, que dire du dessin d'Alexis Sentenac ? C'est aussi (voire surtout) grâce à lui que j'ai pris autant de plaisir à la lecture de cette saga. Sentenac a un coup de crayon extrêmement immersif, et crée des planches dans lesquelles on adore se perdre ! Là, on retrouve le plaisir pris devant un bon Ridley Scott à la Alien ou Prometheus, on veut en savoir plus sur cette planète mystérieuse où nos scientifiques ont débarqué. Et pour le coup, Christophe Bec gère parfaitement cette idée. Il sait distiller savamment le mystère tout au long du récit, jusqu'à le faire éclater au moment du grand final dans des explications légèrement verbeuses (mais quand on sort de Crusaders, on est prêt à tout !), mais simples et crédibles. On ne tombe pas de notre chaise, mais au moins, les explications paraissent cohérentes. Ainsi, Siberia 56 a tout de la bonne surprise à mes yeux. Bec et Sentenac y ont en tous cas la plus extrême des politesses de l'auteur : réserver au lecteur une montée en puissance, qui permet à chaque nouveau tome de gagner en ampleur sur les précédents. Et malgré quelques raccourcis scénaristiques, raconter tout ça en quelques pages était une gageure que les auteurs ont remporté haut la main !
Un général, des généraux
En revenant sur les circonstances tumultueuses du retour aux plus hautes fonctions de Charles de Gaulle en mai 1958, les auteurs retracent un moment-clé de la vie politique française, dont les effets se font toujours sentir aujourd’hui. Car en effet, cette période, dans le contexte troublé de la guerre d’Algérie, marque la naissance de la Cinquième république, un régime quasi monarchisant où depuis son palais, le Président règne sur ses « sujets » tout en tirant les ficelles, concentrant la totalité de l’exécutif au détriment du gouvernement. Un régime taillé sur mesure pour un général qui, tout auréolé de ses « faits d’armes » durant la seconde guerre mondiale et à la Libération, avait toujours aspiré au commandement suprême. L’homme, populaire, immensément respecté pour sa droiture et plutôt habile, ardemment soutenu par les généraux « pro-Algérie française », du moins dans les premiers temps, rencontra peu d’obstacles dans son accession à la présidence. Il était le « sauveur », et ceux qui lui cherchaient des poux savaient que le combat était perdu d’avance. En même temps, peut-être est-ce le même qui sauva la république... Cette BD, qui est un véritable cours d’Histoire sur une période finalement assez peu connue, est passionnante. Juncker et Boucq nous en livrent ici une lecture originale en utilisant les ressorts de la caricature politique. Si les auteurs se sont autorisés quelques libertés avec la réalité (par exemple, Massu tout essoufflé à force de faire des allers et retours dans le souterrain entre le QG des forces armées de l’Algérie et le gouvernement général), la plupart des événements relatés sont authentiques. Malgré la multiplicité des protagonistes, Nicolas Juncker a su concevoir une narration qui tient la route. Ces généraux, fanatiques partisans de l’Algérie française (et fondateurs de l’OAS de sinistre mémoire), nous apparaissent ici comme des pieds nickelés à côté de leurs rangers, peu conscients du fait que le vent de l’Histoire avait tourné et que l’heure était à la décolonisation. Ils avaient pourtant réussi à semer la peur en métropole en menaçant de faire main basse sur les institutions de pouvoir de la capitale, une peur disproportionnée aux lumières de ce récit qui fait de leur rébellion un théâtre grand-guignolesque. Celui qui en prend le plus pour son grade est sans doute Massu, décrit comme un bourrin qui n’a pas inventé la poudre. La patte corrosive de François Boucq y est pour beaucoup dans la réussite de cette bande dessinée. Etonnement, c’est la première fois que l’auteur de Bouche du diable collabore à un ouvrage politique, et on se demande bien pourquoi. Il laisse ici littéralement éclater son talent, et on imagine aisément que pour lui, De Gaulle, peut-être le plus caricaturé des hommes politiques, était une véritable aubaine. Ainsi, le créateur de Jérôme Moucherot fait ressortir, avec un sens accompli du cocasse, le contraste entre le flegme du bonhomme, attendant patiemment son heure dans son havre paisible de Colombey-les-Deux-Eglises, et l’hystérie des généraux furieux à l’idée d’accorder l’indépendance à l’Algérie. Le tout est assez jubilatoire, et on est parfois interloqué du décalage entre la réalité décrite, plus que lunaire, et le compte-rendu disproportionné des événements dans la presse de l’époque, notamment lors de la rocambolesque « prise » de la préfecture d’Ajaccio qui provoqua un certain émoi en métropole. En conclusion, ce que les auteurs ont parfaitement su mettre en avant, c’est que le retour du Général de Gaulle au pouvoir n’avait rien de vraiment démocratique. Mais celui-ci s’imposait comme le seul homme providentiel face à la crise algérienne, tandis que la quatrième République était en plein marasme, déboussolée par ce coup de force d’une poignée de nostalgiques du temps des colonies, initiative plus théâtrale que véritablement menaçante. Ce récit aux allures de parodie a pourtant une réelle valeur historique, et dans certains cas comme ici, la réalité frise si bien le ridicule qu’on se pince pour y croire. Il n’en reste pas moins que, comme le rappelle l’historien Tramor Quemeneur en postface, ces putschistes au petit pied n’étaient pas des enfants de chœur, à commencer par Massu, adepte de la torture et des assassinats pour faire régner l’ordre à Alger. Même si cette engeance séditieuse fut dupée par celui qu’ils portèrent aux portes du pouvoir, — il est vrai que De Gaulle, qui n’était pas si naïf, s’est un peu servi d’eux — on peut avancer sans trop exagérer que la Ve République est un peu la conséquence d’un coup d’Etat qui ne veut pas dire son nom et permit à la présidence de se voir accorder les pleins pouvoirs. Pierre Mendès-France, fervent opposant à De Gaulle, ne l’avait-il pas dit lui-même ? : « C’est parce que le Parlement s’est couché qu’il n’y a pas eu de coup d’État ! » Cela nous éclaire sur la manière dont les présidents élus après « le Général » ont été bien souvent gagnés par la folie des grandeurs… La scène finale, qui montre un De Gaulle « sacrificiel », avec ses interminables bras en croix (de Lorraine), lâcher son célèbre « Je vous ai compris ! » devant la foule algéroise en délire, est tout à fait savoureuse, d’autant qu’elle fait délibérément lien avec la première image, non moins hilarante. Tout cela fait une vraie réussite d’« Un général, des généraux », compte-rendu à la fois instructif et humoristique d’une période édifiante de l’Histoire de France.
Cédric
Cédric est une BD de mon enfance, au même titre que Titeuf, Gaston Lagaffe, Kid Paddle… Dit autrement, une série culte qui est à mettre entre toutes les mains, pour découvrir la tranche de vie d’un garçon qui veut vivre simplement, avec ses amis, sa famille. Profiter de la vie et apprendre de la vie sont les messages qui sont à chaque fois distillés. Né quelques années après le premier tome je lis encore et collectionne chaque tome de Laudec et Cauvin, avec une certaine nostalgie de l’enfance et l’adolescence qui passent très vite. Le décès de Cauvin laisse en suspens la continuité de la série toutefois. Le tome 35 est le premier tome publié depuis le décès de Cauvin l’année dernière. Il y a du changement dans la mise en page et dans la disposition des bulles, j’aime bien, parce que c’est une lecture moins linéaire. Les progrès informatiques rendent le dessin beaucoup plus joli à regarder, surtout sur iPad. Les aventures de Cédric, de Christian et de Chen sont toujours plaisantes à lire, malgré une répétition des gags inévitable. Je constate que Cédric a désormais un smartphone, ce qui ne l’empêche pas de faire un paquet de farces à son entourage. Deux nouveautés à souligner aussi : Cédric ramène (enfin !) des bulletins scolaires avec la moyenne et je le trouve beaucoup plus proche et complice avec son Pépé (il l’était déjà avant mais ici c’est notable). Le soucis intergénérationnel est présent et montre que la compréhension peut se faire dès le plus jeune âge.
Primordial
C'est les noms de Jeff Lemire, mais surtout celui d'Andréa Sorrentino qui ont attiré mon attention et un simple feuilletage a suffit de me convaincre pour passer à la caisse (et aussi l'avis d'Alix). Le pitch de départ est intriguant et il le restera tout le long du récit. Impossible d'en dire plus, il faut garder le mystère entier pour avoir son lot de surprises. Une narration non linéaire puisqu'elle va nous faire voyager du passé au présent et vice et versa. Les transitions se font naturellement, l'ensemble est fluide. Un récit qui m'a captivé du début à la fin, une fin d'ailleurs qui laisse la porte ouverte à son imagination. Elle ne m'a pas déçu, même si j'attendais autre chose. La partie graphique est monstrueuse de virtuosité. J'en ai les yeux écarquillés de bonheur. Sorrentino et Stewart jouent sur deux styles différents suivant les époques. Pour le passé, un trait gras associé à des couleurs ternes où le noir domine l'ensemble. J'ai particulièrement aimé les visages avec un côté flou, surtout celui de la jolie Yelena. La guerre froide est présente sur chaque case. Et pour le présent, c'est un changement radical avec un trait plus fin, géométrique avec une mise en page hallucinante et des couleurs qui explosent de partout. Une lecture d'une traite, un album que j'aurai plaisir à ouvrir de temps en temps pour en prendre plein les yeux. Et une lecture doit donner du plaisir et j'en ai pris une sacrée dose. Que demander de plus ? Gros coup de cœur graphique.
Chroniques de Jérusalem
Ce récit immersif dans la ville de Jérusalem est particulièrement intéressant et bien écrit. Guy Delisle, marié à une logisticienne de MSF, s’apprête à vivre une année à Jérusalem. Alors que sa compagne travaille toute la semaine, et parfois aussi le week end, le père de famille part à la découverte de la ville, de ses quartiers, de ses coutumes et de ses surprises. Seul, avec ses enfants ou en compagnie d’un copain expat, il arpente les rues, les jardins publics, découvre les lieux saints et traverse le Mur. Le ton du récit, de même que le dessin, sont simples ou plutôt sobres et le tout est remarquable d’efficacité et de clarté. Pas de dialogues ou de pensées surjoués, pas de situations compliquées qui donneraient un rôle hors du commun à notre héros qui d’ailleurs n’en est pas un ! Non, tout tourne autour du quotidien d’une famille et ça suffit largement pour nous immerger en profondeur dans cette ville un peu mystérieuse, aux religions qui se côtoient et aux traditions bien affirmées. En filigrane, la question politique est omniprésente : la sécurité d’Israël, les colonies, Gaza, le rôle des missions humanitaires, et toutes les questions qui se posent à un visiteur étranger. Le texte (dialogues et pensées) et le dessin sont légers, très expressifs et ne manquent ni d’humour ni de situations qui confinent à l’absurde. Un album vraiment convaincant et difficile à refermer tant le héros est attachant.
Marie Tudor - La Reine sanglante
Je peux m'exclamer : ENFIN ! ce volume arrive enfin, car la présence de cette reine trouve logiquement sa place parmi cette collection des Reines de sang, puisque le surnom qu'elle a laissé dans l'Histoire fut celui de Marie la Sanglante (Bloody Mary). Etais-je prophétique ? mais dans mon avis sur Frédégonde - La Sanguinaire, je formulais le voeu de trouver dans cette collection des reines comme Marie Tudor, Catherine de Médicis et Tseu-Hi... eh bien ça y est, elles y sont toutes ! D'autant plus qu'il n'y avait rien eu encore sur la monarchie britannique qui fut pourtant largement marquée par le sceau du sang selon les monarques. Le règne des Tudor fournit une occasion en or de raconter ce destin sanglant de Marie Tudor qui lors de son règne de 1553 à 1558, enverra à l'échafaud ou sur les bûchers des centaines d'hérétiques. A noter qu'elle sera la première reine régnante d'Angleterre et d'Irlande. Le tome 1 raconte sa vie de sa naissance à ses 21 ans lorsqu'elle devient marraine de son demi-frère, futur Edward VI. Le tome 2 racontera vraisemblablement son règne après avoir écarté l'infortunée Jane Grey, son désir de ramener le catholicisme en Angleterre, son mariage avec Philippe II d'Espagne, ses sanglantes répressions, et la perte de Calais qui hâta sans doute son trépas. Mais laissons cela, j'y reviendrai lors de la parution de ce tome en remontant mon avis. Après une enfance choyée, Marie bascule soudain dans une forme de rejet paternel car Henry VIII veut un fils et il n'en a pas, il doit donc se remarier, mais il doit s'opposer à la papauté. Henry se remarie avec Anne Boleyn, sulfureuse prétendante, pour cela il rompt avec l'église catholique de Rome et se proclame chef de l'église anglicane. Marie doit alors prêter allégeance à la nouvelle souveraine, ce qu'elle refuse. Elle est ensuite nommée dame d'honneur de sa demi-soeur Elizabeth. Mais la roue du destin ne cesse de tourner, Anne Boleyn perd son crédit auprès du roi, une nouvelle reine, Jeanne Seymour la remplace, mais Marie ne perd pas de vue ses chances de monter un jour sur le trône. Tout ceci est bien relaté, Marie vit tous ces événements en mettant en place ses pions et en se formant à l'exercice du pouvoir par l'observation, préparant son règne lorsqu'elle succédera à son frère. Pour l'heure, elle subit, cette première partie de vie est pétrie de contradictions, de vexations, de frustrations et d'humiliations. Sa formidable volonté lui sera d'une aide précieuse. On peut s'étonner que Corbeyran verse dans une Bd historique, ce n'est pas sa spécialité, il n'en a pas scénarisée tant que ça, et c'est d'autant plus méritoire que la période en question est complexe, mais ce XVIème siècle avec cette monarchie anglaise, c'est une période foisonnante qui m'a toujours fasciné et captivé, c'est vous dire mon intérêt pour cette Bd. Le traitement est très sérieux et assez pointu, Corbeyran ne s'écarte pas de la réalité historique, annonçant un tome 2 sanglant. Mais il faut au minimum être intéressé par la période et la monarchie anglaise, si ce n'est pas le cas, passez votre chemin. Au dessin, Montalbano a fait ses preuves, son dessin est particulièrement soigné et précis, reproduisant magnifiquement cette Angleterre du XVIème siècle, avec un découpage classique, et on retrouve plusieurs têtes connues, notamment Henry VIII à l'allure svelte et pas encore obèse (sans doute dans le tome 2), tel qu'on le voit dans la série TV les Tudor sous les traits de Jonathan Rhys-Meyers. Un bon début qui met bien en bouche pour un second album qui promet, enfin j'espère...
Komi cherche ses mots
J'ai connu ce manga via son adaptation en anime que j'avais adoré et le manga est de même qualité. On suit le quotidien d'une étudiante qui est traitée comme une déesse parfaite par les autres élèves qui cache un secret: elle souffre d'anxiété sociale et du coup a de la difficulté à parler et ne sait pas du tout être social. Un élève ordinaire découvre son secret, ils devient amis et il va tout faire pour qu'elle ait le plus d'amis possible. Il y a beaucoup d'humour ce qui fait que la plupart des personnages ont des traits de caractères exagérés et cela fonctionne bien la plupart du temps. Il y a juste la lesbienne folle amoureuse de Komi qui deviennent vite horripilante et que je ne trouve pas vraiment marrante. Le fait que les camarades de classes de Komi la mettent sur un pied d'estrade au lieu de la traité comme un être humain ordinaire est un peu agachant aussi. Malgré tout, l'humour fonctionne la majorité du temps et la plupart des personnages sont attachants. Il y a un bon mélange d'humour et de moment un peu plus mignon entre les deux héros. Le dessin est très bon. Seul problème est qu'il y a déjà plus de 27 tomes parus au Japon et j'espère que l'auteur va s'arrêter à temps parce que déjà je trouve que plus de 20 tomes d'un manga humoristique c'est trop, là on approche la trentaine et il semble pas que la fin soit pour bientôt....
Nains
La meilleure déclinaison de l’univers sera donc pour les nains, je ne pensais pas accrocher autant à ces histoires de poilus. La référence des Terres d’Arran (ndlr quasi aussi bon que son whisky, rhaa le machrie moor ;) On retrouve le même concept que pour Elfes etc … des histoires en 1 tome qui explorent différents ordres. La bonne idée est de n’avoir qu’un scénariste à la barre, Nicolas Jarry régale, on sent son amour pour ces cognards et ses longues heures de rôlistes. Chaque ordre est confié à un dessinateur attitré, du très bon boulot dans l’ensemble. Ça rend le tout plus homogène. On aura ses préférences (ordre ou auteurs) mais c’est plus que bon en général, je n’ai pas descellé de maillon faible, ça va du bon à l’excellent. Forcément sur la longueur, certaines histoires deviennent un peu déjà vu, même ressort scénaristique … Malgré tout, à plus de 20 tomes lus, toujours du plaisir de lecture, un must pour les amateurs de la terre du milieu. J’attends impatiemment les nouveautés en médiathèque.