Connectez-vous pour cacher cette bannière publicitaire.

Ma fille, mon enfant

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Le jour où Chloé annonce à sa mère que son petit copain s’appelle Abdelaziz, la nouvelle passe mal. Car, bien qu’elle s’en défende, Catherine est raciste. Et que personne ne se berce d’illusions ! Elle désapprouve cette relation et ne se prive pas de le faire savoir.


Languedoc-Roussillon Racisme, fascisme

Les relations entre la mère et la fille se tendent, se détériorent, s’amenuisent, puis disparaissent. Quand un événement tragique frappe Abdelaziz, Catherine veut soutenir sa fille mais le lien est rompu.

Scénariste
Dessinateur
Coloristes
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 29 Janvier 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Ma fille, mon enfant
Les notes (1)
Cliquez pour lire les avis

07/07/2020 | Ro
Modifier


Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Ma fille, mon enfant, c'est l'histoire d'une mère, doucement raciste, qui le prend très mal le jour où elle apprend que sa fille lycéenne sort avec un arabe. Aussi gentil et intégré que soit ce dernier, elle n'arrive pas à accepter la chose et finit par se fâcher pour de bon avec sa fille, par excès d'amour et par la faute d'idées préconçues. Avec cette BD, on retrouve la finesse d'esprit et l'humour de David Ratte, auteur du Voyage des Pères. Il aborde là un sujet très actuel, celui des couples mixtes dans une France marquée par le traumatisme de l'islamisme et des attentats terroristes. La mère de famille est ici certes très ronchonne et colérique, mais son racisme est presque un racisme ordinaire, celui d'un peu tout le monde qui sourit sans problème aux étrangers dans la rue ou au boulot tant qu'ils se contentent d'être des étrangers à leur vie intime mais qui a du mal à accepter l'idée que sa propre fille puisse sortir avec l'un d'entre eux. A l'inverse, son mari est beaucoup plus compréhensif... presque trop car son rôle parait un peu surfait tant il ne s'énerve jamais et accepte avec énormément de patience et de sagesse tant la relation amoureuse de sa fille que les emportements parfois scandaleux de sa femme. Si j'avais une réserve envers le récit, ce serait probablement sur le manque de naturel de ce mari et père trop parfait. Le récit se déroule dans une petite ville non nommée mais ceux qui l'ont visitée y reconnaîtront très vite Amélie-les-Bains, dans les Pyrénées orientales. L'ambiance provinciale y est rendue de manière très agréable, tant par la mise en scène que dans le dessin. David Ratte nous offre un graphisme très plaisant et on sent qu'il a acquis encore davantage de maîtrise depuis Le Voyage des Pères, même si ses personnages ont toujours un côté un petit peu raide et certains décors sont parfois très vides. J'aime bien les expressions de visages qu'il donne à ses personnages. L'histoire est un peu banale sur la première moitié de l'album, simple mise en scène de ce fameux racisme ordinaire tel qu'on peut le voir dans d'autres récits, que ce soit ce fameux sketch de Muriel Robin ou le film Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu. Mais l'intrigue prend ensuite brusquement un virage radical et change de ton pour devenir plus intense et plus forte en émotions. C'est à ce moment là, alors que la mère s'enfonce malgré elle dans ses travers, que j'ai eu le plus de mal à trouver crédible le contrepoids trop idéal formé par son mari. Cela a un petit peu réduit mon plaisir de lecture. Mais à l'inverse, j'ai trouvé la fin excellente, et notamment la toute dernière planche que j'ai trouvé très belle et drôle à la fois. Une excellente conclusion à un récit beau et plein de sincérité, de sentiments mais aussi d'humour.

07/07/2020 (modifier)