On m'a prêté cet album, il fallait que je le lise assez vite pour ne pas trop tarder à le rendre, et ça tombait bien car c'est pas une Bd compliquée, donc ça se lit assez vite, mais attention je n'ai pas eu l'impression d'un travail bâclé et d'un truc très moyen. En plus, ça m'a plu.
D'après ce qu'on m'a dit, il paraît que c'est inspiré de faits réels qui ont nécessité l'intervention d'Interpol, cette police internationale et transfrontalière qui a déja fait l'objet d'une autre série Agence Interpol que j'avais trouvée moins intéressante, surtout sur le plan graphique. Ici, ça va, le dessin de Dupré, je l'avais découvert dans Coma et par rapport à cette dernière, je trouve qu'il a légèrement changé son style, je l'ai trouvé plus banal mais pas dans un sens péjoratif, non plutôt sur un plan plus formaté je dirais, c'est à dire que son dessin ressemble plus à ceux que j'ai vus sur les BD de la collection Bulle Noire de Glénat, ou encore sur Sisco et Frank Lincoln, bref j'aime bien ces styles très fluides qui conviennent parfaitement aux Bd policières d'action.
Bon, comme je disais, c'est inspiré de faits criminels réels ; je n'ai pas eu vent de cette affaire car en général ces affaires criminelles ne m'intéressent que de loin, donc ça me facilite sans doute la vie pour ne pas faire le chieur à pinailler sur ce qui est juste ou pas. En BD, ça passe mieux, ça m'a beaucoup plus intéressé. J'avais aussi l'impression d'avoir déja vu ce genre d'affaire dans les films hollywoodiens modernes qui brassent en principe ce genre d'enquête, et ça a tendance à me saouler parce que j'en ai trop vu, mais encore une fois, en BD ça passe beaucoup mieux, je peux supporter une narration même si elle est convenue surtout quand c'est bien fait, c'est le cas ici.
Je crois que les auteurs ont bien romancé le tout, sans trop coller de trop près aux faits, l'essentiel étant d'offrir au lecteur une Bd policière d'action musclée et actuelle, qui soit captivante et prenante, d'où une psychologie des personnages plus en retrait, car le principal doit se concentrer sur l'action. Et je trouve que c'est peut-être pas plus mal ; la psychologie c'est bien mais parfois quand c'est trop redondant et trop appuyé, ça me saoule.
Voici donc une enquête bien menée, bien dosée, efficace, formatée pour une lecture de pure détente, comme dans des bandes comme Narcos, Sienna, Agents du Mossad ou même I.R.$.... de la BD tout public de qualité.
« Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir » chantait l’autre. C’est un peu ce qui vient à l’esprit lorsqu’on se plonge dans cette lecture.
Nous suivons l’équipée sanglante et funeste/funèbre d’un tueur à gages, qui prend conscience de sa fin proche, et qui semble ne plus être animé que par une volonté indéfectible de « solder les comptes ».
C’est ainsi qu’il va dézinguer à tout va, connaissances, commanditaires, concurrents, rencontres de hasard. Il pisse le sang, sa santé décline, seules des injections de drogue le tiennent encore en action, mais rien ne l’arrête.
J’ai bien aimé la narration, simple, presque épurée. Pas de digression, de psychologie, c’est assez brut et linéaire, désespéré, mais l’ambiance développée, aussi noire soit-elle, accroche le lecteur et ne le lâche plus du début à la fin.
Note réelle 3,5/5.
Mise à jour suite à lecture du dernier tome.
Donc, à la demande de Ro, j'enregistre et j'avise Terre. ;-)
C'était prévu, mais pas forcément avant les vacances.
Mandor a quitté le vaisseau Jupiter avec Beth et d'autres compagnons.
Arrivés sur une planète inconnue, ils commencent par "monter" un village suspendu, avant de partir explorer ce nouveau monde.
Rodolphe nous livre un récit de qualité avec son lot de surprises.
De la science fiction qui reste dans les normes standards, mais diablement efficace.
Juste un bémol sur les deux scènes de nu, pas forcément obligatoires pour la compréhension de l'histoire.
Passons à Christophe Dubois, je suis FAN depuis son extraordinaire Cycle d'Ostruce, si si, extraordinaire. C'est entièrement partial.
Son trait hachuré tout en nuances est magnifique. Il donne du rythme et aide à donner une ambiance inquiétante. Une capacité à créer des mondes tous plus beaux les uns que les autres.
Toutes ses planches sont somptueuses.
Avec une très belle mise en couleur.
Le point fort de cet album.
J'attends avec impatience la suite.
J'en conseille la lecture et plus si affinités.
En cadeau, un superbe cahier graphique.
TOME 2
Visuellement, le travail de Dubois est toujours aussi éblouissant. Je ne m'en lasse pas.
L'histoire avance à grand pas, nos héros ont retrouvé le Jupiter, leur ancien vaisseau qu'ils avaient abandonné dans l'espace. Que fait-il sur Terre et surtout pourquoi dirait-on qu'il est échoué depuis plusieurs années ?
On va aussi re-découvrir des personnages de TER.
Un scénario qui ne faiblit pas.
Tome 3
Changement de ton pour ce dernier opus, il est empreint de poésie. Je pourrais lui reprocher quelques facilités scénaristiques avec ses failles temporelles, mais non je ne peux pas.
Ce dernier tome parle aussi d'amour avec beaucoup d'humanité et j'ai trouvé la conclusion bien trouvée.
Visuellement je suis toujours aux anges.
Rodolphe et Dubois ont réalisé de l'excellent travail.
Toujours coup de cœur.
C’est assez incompréhensible qu’un tel projet soit abandonné ? A qui la faute ? Editeur ? Divergence entre auteurs ? Mévente ? En tout cas, ce premier tome possède déjà beaucoup de qualité qui, à mon humble avis, aurait pu en faire une excellente série. Le dessin de March fait du bien, il est beau, soigné, généreux avec des vues variées et cases bien remplies. La mise en couleur (aquarelle?) est particulière, quelque peu flashy, électrique, elle sait aussi se révéler plus douce quand il le faut et donne du cachet à l'ensemble. Tout ce travail pour en rester sur un tome ? Ca serait regrettable.
Le scénario de Dufaux nous plongent dans un univers mystérieux en diable avec un érotisme et un côté malsain qui intriguent énormément. Ce ressenti provient de personnages obscurs à l’identité forte, je pense notamment à : Jude, travailleur du sexe, Megan l’énigmatique et recruteuse de talent cinématographique, l’étonnante The Strange au corps tatoué qui pourrait être une succube mais sans en être tout à fait certain, l’auteur laisse planer le doute….Et puis, cette boîte de production cinéma, l’IAP, qui sent le truc pas net avec comme logo, une tête de bélier qui suscite beaucoup de curiosité et dont j’aurai apprécié voir l’envers du décor.
Bref, il y a ici une quantité de pistes alléchantes qui méritent d’être poursuivies et éclairées mais aucune nouvelle d’une suite depuis cinq ans me fait le craindre le pire. A lire tout de même.
J’ai récemment découvert Guillaume Singelin avec le superbe Frontier, et j’ai retrouvé les mêmes qualités dans « P.T.S.D. », à commencer par cette bienfaisance omniprésente, ces personnages tellement humains cherchant à s’entre-aider. J’aime beaucoup cette vision de l’humanité, même si je reconnais son classicisme. J’ai en tout cas beaucoup aimé l’histoire de Jun, son présent compliqué, mais aussi son passé, raconté via des flash-backs efficaces.
Et puis j’adore le style graphique et narratif de l’auteur, qui s’est clairement inspiré du manga et de l’anime, mais aussi de la culture japonaise de manière plus générale (culinaire, architecturale). Je trouve les planches très jolies, et j’ai passé beaucoup de temps à en admirer les nombreux détails.
Un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.
Un titre qui interpelle.
Un pavé qui fait découvrir un pan de la vie de Patricia Higsmith, celui de ses débuts, celui où elle officiait en tant que scénariste dans le monde du comics avant sa reconnaissance en tant qu'écrivaine.
Comme le mentionne Ellis Grace dans son introduction, elle ne veut pas mettre sous silence les nombreux défauts de Patricia Higsmith, elle était antisémite, raciste, misogyne et d'un caractère exécrable. Mais plutôt un portrait réaliste de cette femme de caractère qui fume, boit, jure et a pour meilleur ami son chat. Et c'est réussi, j'ai même ressenti une certaine affection pour cette femme au tempérament bien trempé, elle peut être attachante, émouvante et odieuse. Un personnage complexe qui ira jusqu'à se faire soigner pour être dans les normes d'une société d'une autre époque. Sa maladie ? Son homosexualité !
Une mini biographie captivante qui met en exergue le tiraillement d'une femme, assumer ou renier son homosexualité et sa ténacité pour réussir à faire publier son sulfureux roman Carol.
Je trouve la partie graphique bien en adéquation avec les années 1950, un dessin sobre, lisible et expressif (il retranscrit à merveille les émotions de Patricia).
Un autre point fort : la mise en page, elle permet d'être au plus près du personnage, de rentrer dans son intimité.
J'ai aimé la colorisation dans les tons ocres, gris et marrons.
Une lecture instructive plus que recommandable.
J'ai un faible pour les séries qui viennent de pays où c'est un vrai parcours du combattant de créer, d'autant plus une série BD.
Madagascar m'impressionne par sa richesse créative. La série de Clerc et Pelayo m'a donné un vrai moment de détente agréable. Je connaissais déjà Franco Clerc que j'avais apprécié dans Les Mystères de Tana.
Cette série policière est bourrée d'humour et d'autodérision. Les auteurs nous conduisent dans un clin d'oeil qui ne se prend pas au sérieux dans une quasi parodie des experts de Miami. Les codes sont respectés : un crime abject sur une plage de rêve, un environnement hostile, un "expert" incorruptible, une naïade blonde et envoûtante et une bonne fausse piste.
Mais ici les pirogues remplacent les yachts et Ny Ravo n'a que son embonpoint et son bon sens a opposé aux forces hostiles à sa mission.
Les auteurs reviennent sur deux thématiques très présentes en Afrique la modernité vs les traditions et l'intégrité vs la corruption. La prouesse des auteurs est de traiter ces sujets sensibles avec beaucoup de doigté et d'humour sans donner de leçon de morale propre à satisfaire les vazahas (les Blancs).
Si le scénario est assez linéaire, il se lit bien avec même une certaine curiosité pour l'ambiance et les traditions de ce coin de la Grande Île.
De plus j'ai bien apprécié le graphisme de Pelayo avec ses "gueules" en mode semi caricatural qui dégagent de formidables expressions d'un comique à la Bernard Blier.
J'ai trouvé la mise en couleur vraiment très réussie. Cela procure un confort de lecture qui nous conduirait presque sous les tamariniers.
Une lecture de détente et de dépaysement très agréable.
Cette œuvre (à l'origine un classique de la littérature sociale Irlandaise) ne semble pas vieillir. Ecrite vers 1910, elle décrit par le menu la vie quotidienne d'un groupe de manœuvres employés sur des chantiers de rénovation. Ils évoquent leurs difficultés liées aux bas salaires, les maintenant dans un état de pauvreté crasse et les contraignant à la survie.
On y voit les grands patrons que le sort de leurs ouvriers laisse de marbre, englués déjà dans les magouilles et les collusions politiques... Les ouvriers pourtant, voient le socialisme naissant d'un méchant œil, et quand l'un d'entre eux prend fait et cause pour le mouvement, cela va créer certaines tensions.
Graphiquement, c'est bien plus sympatoche que ce que laisse entrevoir un feuilletage rapide. Comme ça, vite fait, on pense avoir affaire à un dessin un peu naïf, ce qui est essentiellement le fait de la mise en couleur qui confère à l'ensemble un aspect vaguement soyeux. Les couleurs sont bien choisies, mais l'effet est trompeur. Qu'à cela ne tienne ! Le dessin est vraiment bon quand on prend la peine de s'y attarder un peu. Les visages, postures et expressions sont finement représentées. Il y a en effet peu de scènes extérieures, peut-être un peu plus maladroites, ce que certains trouveront un peu dommageable. Il y a un petit côté à la fois monotone et étouffant, ce qui en même temps traduit parfaitement la situation du petit groupe d'hommes sur lequel on s'attarde.
Pour le reste, c'est assez bon. Ca va à l'essentiel en dressant un panorama de la politique/économie de l'époque dont on ne regrettera que la tiédeur, ce qui était d'ailleurs une des critiques formulée à l'encontre du roman au moment de sa sortie. Si je doute fort que ce genre d'ouvrage convertisse les plus libéraux d'entre nous à voir la vie de manière disons plus "collective", n'en reste pas moins qu'on comprend rapidement les enjeux. Il y a de bons dialogues, de très bonnes scènes. Les personnages sont très biens ficelés, et pas manichéens pour un shilling.
En fait, ce qui ressort avec le plus de force, ce qui y est le mieux saisi, c'est la condition même des ouvriers qui, à force d'être privés de ressources financières comme culturelles, et d'être réduits à des réflexes survivalistes, finissent par défendre bec et ongles leurs oppresseurs. Oui, c'est peut-être là que réside la grande force de cette BD, plus que la description par le menu des mécanismes d'oppression.
Le roman, lui, n'est toujours pas traduit en français nom de bleu !
3.5
Un autre thriller venu du Japon où le protagoniste et l'antagoniste sont intelligents et jouent à une espèce de jeu intellectuel du type chat contre la souris. J'avoue que c'est un genre qui tourne souvent au ridicule selon moi vu que souvent le méchant est super-fort est il est capable de commettre plein de meurtres spectaculaires et manipuler tout le monde.
Sauf qu'ici ça commence avec la tueuse déjà derrière les barreaux. Le jeu consiste à savoir comment elle est arrivée à devenir une tueuse. Quelle secret cache-t-elle ? Comment une grosse moche sous-douée est devenue soudainement aussi intelligente ? Quelle est la part de vérité et de mensonge dans ses paroles ? C'est quoi son but ultime ? J'ai trouvé cela plus intéressant que de voir un super-tueur qui est capable de calculer à la précision les mouvements de sa victime ou qui commet des crimes en plein jour sans qu'on le voie.
Notre (anti)-héros est un fonctionnaire des services sociaux qui s'occupent des enfants. L'un d'eux a perdu son père, tué par une tueuse en série dont la révision du procès commence bientôt et qui refuse de dire où elle a caché la tête du paternel. Le héros va finir par aider l'enfant en allant voir en prison la tueuse et lui faire croire qu'il est amoureux d'elle dans l'espoir de soutirer des informations et bien sûr il va mettre le doigt dans un engrenage dangereux et très vite on sait plus trop qui est le plus manipulateur des deux !
Le scénario est prenant et j'ai eu beaucoup de plaisir à lire les tomes les uns à la suite des autres. Les personnages sont complexes et crédibles. On va de surprise en surprise et le suspense est bien maitrisé. Maintenant il faut juste que l'auteur termine son manga avant de trop étirer la sauce et de faire durer inutilement l'intrigue avec des rebondissements bidons.
Le dessin est du réalisme correct.
J'ai beaucoup aimé ces trois opus de Léna et je me retrouve dans les excellents avis de roedingen, d'Hervé ou d'Eléanore-clo sur bien des points.
J'ajoute que je suis fan de Christin dans sa période Bilal qui a bercé ma jeunesse. On remarque immédiatement que les deux premiers tomes sont coincés entre le 9/11 et 2015.
J'invite donc les lecteurs à relire cette série à l'aune des événements dramatiques qui ont secoué la Syrie, l'Irak ou la France dans ces années 2013/2015.
Contrairement à ceux qui ont vu des scénarii longs et ennuyeux de la part de Christin, perso, j'y ai lu un plan super bien élaboré et malheureusement très crédible voire prophétique. Léna est une anti-007. Elle ne possède pas de gadget, ne voyage pas en jet, n'a même pas de CB et n'a aucune défense contre les frères syriens qui pourraient la tuer.
Sa seule défense est justement son sang froid qui se traduit par une non-action qui cadre avec un comportement peu susceptible d'attirer l'attention. L'utilisation de nombreuses voix off rend Léna étrangère à son action mais au combien pile dans son rôle.
Christin nous fait vivre ce que vit Léna, une découverte au fil des heures des lieux et des personnes qu'elle accepte comme ils viennent avec une fatalité positive. C'est même une héroïne féministe de premier plan, nul besoin de séduction active ni de se déshabiller ou de morts pour faire sa mission.
Le bon geste et la bonne attitude au bon moment dans une position presque maternelle sera son savoir-faire tout au long des trois opus.
En outre dans le tome 1 on retrouve un peu l'esprit de "La Partie de chasse" de Christin qui nous renvoie à une géopolitique d'un autre âge mais qui a des cendres encore brulantes.
Le tome 2 est glaçant d'anticipation malgré quelques faiblesses qui permettent un happy end que l'on aurait aimé vivre dans la réalité quelques années plus tard. Tout l'art des auteurs est de montrer que le danger n'est jamais plus grand que lorsque l'observateur (ici le lecteur) baisse son attention.
J'ai trouvé que le graphisme de Juillard correspondait pile à l'esprit du récit. Une Léna un peu figée. Des scènes intimistes de trains, de baignades, de promenades à la fois dérisoires et solitaires mais possiblement mortelles avec ces pas inconnus dans ces lieux inconnus.
En outre cette succession de lieux que l'on rejoint par une succession de sauts de puce a réveillé mon âme de routard sur des chemins que j'ai moi-même suivi.
Perso un vrai régal de lecture à la fois fictionnelle mais aussi en prise avec la réalité de la décennie.
Pour finir Christin et Juillard ont donné rendez-vous à Léna après cette décennie sanglante dans un espace clos avec les principaux acteurs de ce désastre humain.
Dans cette hôtellerie cachée au fin fond du Québec Christin nous propose une ambiance très Agatha Christie où Lena joue une miss Marple et Sir Charles un Hercule Poirot à la recherche de la paix.
L'action est réduite à son minimum mais j'ai vraiment aimé cette ambiance de faux semblants qui s'effondrent dès que l'on creuse un peu.
Une lecture que j'ai beaucoup aimée avec un Christin très lucide sur les dysfonctionnements égoïstes qui nous enlisent.
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Interpol
On m'a prêté cet album, il fallait que je le lise assez vite pour ne pas trop tarder à le rendre, et ça tombait bien car c'est pas une Bd compliquée, donc ça se lit assez vite, mais attention je n'ai pas eu l'impression d'un travail bâclé et d'un truc très moyen. En plus, ça m'a plu. D'après ce qu'on m'a dit, il paraît que c'est inspiré de faits réels qui ont nécessité l'intervention d'Interpol, cette police internationale et transfrontalière qui a déja fait l'objet d'une autre série Agence Interpol que j'avais trouvée moins intéressante, surtout sur le plan graphique. Ici, ça va, le dessin de Dupré, je l'avais découvert dans Coma et par rapport à cette dernière, je trouve qu'il a légèrement changé son style, je l'ai trouvé plus banal mais pas dans un sens péjoratif, non plutôt sur un plan plus formaté je dirais, c'est à dire que son dessin ressemble plus à ceux que j'ai vus sur les BD de la collection Bulle Noire de Glénat, ou encore sur Sisco et Frank Lincoln, bref j'aime bien ces styles très fluides qui conviennent parfaitement aux Bd policières d'action. Bon, comme je disais, c'est inspiré de faits criminels réels ; je n'ai pas eu vent de cette affaire car en général ces affaires criminelles ne m'intéressent que de loin, donc ça me facilite sans doute la vie pour ne pas faire le chieur à pinailler sur ce qui est juste ou pas. En BD, ça passe mieux, ça m'a beaucoup plus intéressé. J'avais aussi l'impression d'avoir déja vu ce genre d'affaire dans les films hollywoodiens modernes qui brassent en principe ce genre d'enquête, et ça a tendance à me saouler parce que j'en ai trop vu, mais encore une fois, en BD ça passe beaucoup mieux, je peux supporter une narration même si elle est convenue surtout quand c'est bien fait, c'est le cas ici. Je crois que les auteurs ont bien romancé le tout, sans trop coller de trop près aux faits, l'essentiel étant d'offrir au lecteur une Bd policière d'action musclée et actuelle, qui soit captivante et prenante, d'où une psychologie des personnages plus en retrait, car le principal doit se concentrer sur l'action. Et je trouve que c'est peut-être pas plus mal ; la psychologie c'est bien mais parfois quand c'est trop redondant et trop appuyé, ça me saoule. Voici donc une enquête bien menée, bien dosée, efficace, formatée pour une lecture de pure détente, comme dans des bandes comme Narcos, Sienna, Agents du Mossad ou même I.R.$.... de la BD tout public de qualité.
Le Sang des Voyous
« Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir » chantait l’autre. C’est un peu ce qui vient à l’esprit lorsqu’on se plonge dans cette lecture. Nous suivons l’équipée sanglante et funeste/funèbre d’un tueur à gages, qui prend conscience de sa fin proche, et qui semble ne plus être animé que par une volonté indéfectible de « solder les comptes ». C’est ainsi qu’il va dézinguer à tout va, connaissances, commanditaires, concurrents, rencontres de hasard. Il pisse le sang, sa santé décline, seules des injections de drogue le tiennent encore en action, mais rien ne l’arrête. J’ai bien aimé la narration, simple, presque épurée. Pas de digression, de psychologie, c’est assez brut et linéaire, désespéré, mais l’ambiance développée, aussi noire soit-elle, accroche le lecteur et ne le lâche plus du début à la fin. Note réelle 3,5/5.
TERRE
Mise à jour suite à lecture du dernier tome. Donc, à la demande de Ro, j'enregistre et j'avise Terre. ;-) C'était prévu, mais pas forcément avant les vacances. Mandor a quitté le vaisseau Jupiter avec Beth et d'autres compagnons. Arrivés sur une planète inconnue, ils commencent par "monter" un village suspendu, avant de partir explorer ce nouveau monde. Rodolphe nous livre un récit de qualité avec son lot de surprises. De la science fiction qui reste dans les normes standards, mais diablement efficace. Juste un bémol sur les deux scènes de nu, pas forcément obligatoires pour la compréhension de l'histoire. Passons à Christophe Dubois, je suis FAN depuis son extraordinaire Cycle d'Ostruce, si si, extraordinaire. C'est entièrement partial. Son trait hachuré tout en nuances est magnifique. Il donne du rythme et aide à donner une ambiance inquiétante. Une capacité à créer des mondes tous plus beaux les uns que les autres. Toutes ses planches sont somptueuses. Avec une très belle mise en couleur. Le point fort de cet album. J'attends avec impatience la suite. J'en conseille la lecture et plus si affinités. En cadeau, un superbe cahier graphique. TOME 2 Visuellement, le travail de Dubois est toujours aussi éblouissant. Je ne m'en lasse pas. L'histoire avance à grand pas, nos héros ont retrouvé le Jupiter, leur ancien vaisseau qu'ils avaient abandonné dans l'espace. Que fait-il sur Terre et surtout pourquoi dirait-on qu'il est échoué depuis plusieurs années ? On va aussi re-découvrir des personnages de TER. Un scénario qui ne faiblit pas. Tome 3 Changement de ton pour ce dernier opus, il est empreint de poésie. Je pourrais lui reprocher quelques facilités scénaristiques avec ses failles temporelles, mais non je ne peux pas. Ce dernier tome parle aussi d'amour avec beaucoup d'humanité et j'ai trouvé la conclusion bien trouvée. Visuellement je suis toujours aux anges. Rodolphe et Dubois ont réalisé de l'excellent travail. Toujours coup de cœur.
The Dream
C’est assez incompréhensible qu’un tel projet soit abandonné ? A qui la faute ? Editeur ? Divergence entre auteurs ? Mévente ? En tout cas, ce premier tome possède déjà beaucoup de qualité qui, à mon humble avis, aurait pu en faire une excellente série. Le dessin de March fait du bien, il est beau, soigné, généreux avec des vues variées et cases bien remplies. La mise en couleur (aquarelle?) est particulière, quelque peu flashy, électrique, elle sait aussi se révéler plus douce quand il le faut et donne du cachet à l'ensemble. Tout ce travail pour en rester sur un tome ? Ca serait regrettable. Le scénario de Dufaux nous plongent dans un univers mystérieux en diable avec un érotisme et un côté malsain qui intriguent énormément. Ce ressenti provient de personnages obscurs à l’identité forte, je pense notamment à : Jude, travailleur du sexe, Megan l’énigmatique et recruteuse de talent cinématographique, l’étonnante The Strange au corps tatoué qui pourrait être une succube mais sans en être tout à fait certain, l’auteur laisse planer le doute….Et puis, cette boîte de production cinéma, l’IAP, qui sent le truc pas net avec comme logo, une tête de bélier qui suscite beaucoup de curiosité et dont j’aurai apprécié voir l’envers du décor. Bref, il y a ici une quantité de pistes alléchantes qui méritent d’être poursuivies et éclairées mais aucune nouvelle d’une suite depuis cinq ans me fait le craindre le pire. A lire tout de même.
P.T.S.D.
J’ai récemment découvert Guillaume Singelin avec le superbe Frontier, et j’ai retrouvé les mêmes qualités dans « P.T.S.D. », à commencer par cette bienfaisance omniprésente, ces personnages tellement humains cherchant à s’entre-aider. J’aime beaucoup cette vision de l’humanité, même si je reconnais son classicisme. J’ai en tout cas beaucoup aimé l’histoire de Jun, son présent compliqué, mais aussi son passé, raconté via des flash-backs efficaces. Et puis j’adore le style graphique et narratif de l’auteur, qui s’est clairement inspiré du manga et de l’anime, mais aussi de la culture japonaise de manière plus générale (culinaire, architecturale). Je trouve les planches très jolies, et j’ai passé beaucoup de temps à en admirer les nombreux détails. Un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.
Tombée d'une autre planète - D'après les aventures indécentes de Patricia Highsmith
Un titre qui interpelle. Un pavé qui fait découvrir un pan de la vie de Patricia Higsmith, celui de ses débuts, celui où elle officiait en tant que scénariste dans le monde du comics avant sa reconnaissance en tant qu'écrivaine. Comme le mentionne Ellis Grace dans son introduction, elle ne veut pas mettre sous silence les nombreux défauts de Patricia Higsmith, elle était antisémite, raciste, misogyne et d'un caractère exécrable. Mais plutôt un portrait réaliste de cette femme de caractère qui fume, boit, jure et a pour meilleur ami son chat. Et c'est réussi, j'ai même ressenti une certaine affection pour cette femme au tempérament bien trempé, elle peut être attachante, émouvante et odieuse. Un personnage complexe qui ira jusqu'à se faire soigner pour être dans les normes d'une société d'une autre époque. Sa maladie ? Son homosexualité ! Une mini biographie captivante qui met en exergue le tiraillement d'une femme, assumer ou renier son homosexualité et sa ténacité pour réussir à faire publier son sulfureux roman Carol. Je trouve la partie graphique bien en adéquation avec les années 1950, un dessin sobre, lisible et expressif (il retranscrit à merveille les émotions de Patricia). Un autre point fort : la mise en page, elle permet d'être au plus près du personnage, de rentrer dans son intimité. J'ai aimé la colorisation dans les tons ocres, gris et marrons. Une lecture instructive plus que recommandable.
Haza'Lahy
J'ai un faible pour les séries qui viennent de pays où c'est un vrai parcours du combattant de créer, d'autant plus une série BD. Madagascar m'impressionne par sa richesse créative. La série de Clerc et Pelayo m'a donné un vrai moment de détente agréable. Je connaissais déjà Franco Clerc que j'avais apprécié dans Les Mystères de Tana. Cette série policière est bourrée d'humour et d'autodérision. Les auteurs nous conduisent dans un clin d'oeil qui ne se prend pas au sérieux dans une quasi parodie des experts de Miami. Les codes sont respectés : un crime abject sur une plage de rêve, un environnement hostile, un "expert" incorruptible, une naïade blonde et envoûtante et une bonne fausse piste. Mais ici les pirogues remplacent les yachts et Ny Ravo n'a que son embonpoint et son bon sens a opposé aux forces hostiles à sa mission. Les auteurs reviennent sur deux thématiques très présentes en Afrique la modernité vs les traditions et l'intégrité vs la corruption. La prouesse des auteurs est de traiter ces sujets sensibles avec beaucoup de doigté et d'humour sans donner de leçon de morale propre à satisfaire les vazahas (les Blancs). Si le scénario est assez linéaire, il se lit bien avec même une certaine curiosité pour l'ambiance et les traditions de ce coin de la Grande Île. De plus j'ai bien apprécié le graphisme de Pelayo avec ses "gueules" en mode semi caricatural qui dégagent de formidables expressions d'un comique à la Bernard Blier. J'ai trouvé la mise en couleur vraiment très réussie. Cela procure un confort de lecture qui nous conduirait presque sous les tamariniers. Une lecture de détente et de dépaysement très agréable.
Les Philanthropes aux poches percées
Cette œuvre (à l'origine un classique de la littérature sociale Irlandaise) ne semble pas vieillir. Ecrite vers 1910, elle décrit par le menu la vie quotidienne d'un groupe de manœuvres employés sur des chantiers de rénovation. Ils évoquent leurs difficultés liées aux bas salaires, les maintenant dans un état de pauvreté crasse et les contraignant à la survie. On y voit les grands patrons que le sort de leurs ouvriers laisse de marbre, englués déjà dans les magouilles et les collusions politiques... Les ouvriers pourtant, voient le socialisme naissant d'un méchant œil, et quand l'un d'entre eux prend fait et cause pour le mouvement, cela va créer certaines tensions. Graphiquement, c'est bien plus sympatoche que ce que laisse entrevoir un feuilletage rapide. Comme ça, vite fait, on pense avoir affaire à un dessin un peu naïf, ce qui est essentiellement le fait de la mise en couleur qui confère à l'ensemble un aspect vaguement soyeux. Les couleurs sont bien choisies, mais l'effet est trompeur. Qu'à cela ne tienne ! Le dessin est vraiment bon quand on prend la peine de s'y attarder un peu. Les visages, postures et expressions sont finement représentées. Il y a en effet peu de scènes extérieures, peut-être un peu plus maladroites, ce que certains trouveront un peu dommageable. Il y a un petit côté à la fois monotone et étouffant, ce qui en même temps traduit parfaitement la situation du petit groupe d'hommes sur lequel on s'attarde. Pour le reste, c'est assez bon. Ca va à l'essentiel en dressant un panorama de la politique/économie de l'époque dont on ne regrettera que la tiédeur, ce qui était d'ailleurs une des critiques formulée à l'encontre du roman au moment de sa sortie. Si je doute fort que ce genre d'ouvrage convertisse les plus libéraux d'entre nous à voir la vie de manière disons plus "collective", n'en reste pas moins qu'on comprend rapidement les enjeux. Il y a de bons dialogues, de très bonnes scènes. Les personnages sont très biens ficelés, et pas manichéens pour un shilling. En fait, ce qui ressort avec le plus de force, ce qui y est le mieux saisi, c'est la condition même des ouvriers qui, à force d'être privés de ressources financières comme culturelles, et d'être réduits à des réflexes survivalistes, finissent par défendre bec et ongles leurs oppresseurs. Oui, c'est peut-être là que réside la grande force de cette BD, plus que la description par le menu des mécanismes d'oppression. Le roman, lui, n'est toujours pas traduit en français nom de bleu !
Pour le pire
3.5 Un autre thriller venu du Japon où le protagoniste et l'antagoniste sont intelligents et jouent à une espèce de jeu intellectuel du type chat contre la souris. J'avoue que c'est un genre qui tourne souvent au ridicule selon moi vu que souvent le méchant est super-fort est il est capable de commettre plein de meurtres spectaculaires et manipuler tout le monde. Sauf qu'ici ça commence avec la tueuse déjà derrière les barreaux. Le jeu consiste à savoir comment elle est arrivée à devenir une tueuse. Quelle secret cache-t-elle ? Comment une grosse moche sous-douée est devenue soudainement aussi intelligente ? Quelle est la part de vérité et de mensonge dans ses paroles ? C'est quoi son but ultime ? J'ai trouvé cela plus intéressant que de voir un super-tueur qui est capable de calculer à la précision les mouvements de sa victime ou qui commet des crimes en plein jour sans qu'on le voie. Notre (anti)-héros est un fonctionnaire des services sociaux qui s'occupent des enfants. L'un d'eux a perdu son père, tué par une tueuse en série dont la révision du procès commence bientôt et qui refuse de dire où elle a caché la tête du paternel. Le héros va finir par aider l'enfant en allant voir en prison la tueuse et lui faire croire qu'il est amoureux d'elle dans l'espoir de soutirer des informations et bien sûr il va mettre le doigt dans un engrenage dangereux et très vite on sait plus trop qui est le plus manipulateur des deux ! Le scénario est prenant et j'ai eu beaucoup de plaisir à lire les tomes les uns à la suite des autres. Les personnages sont complexes et crédibles. On va de surprise en surprise et le suspense est bien maitrisé. Maintenant il faut juste que l'auteur termine son manga avant de trop étirer la sauce et de faire durer inutilement l'intrigue avec des rebondissements bidons. Le dessin est du réalisme correct.
Léna (Le Long Voyage de Léna)
J'ai beaucoup aimé ces trois opus de Léna et je me retrouve dans les excellents avis de roedingen, d'Hervé ou d'Eléanore-clo sur bien des points. J'ajoute que je suis fan de Christin dans sa période Bilal qui a bercé ma jeunesse. On remarque immédiatement que les deux premiers tomes sont coincés entre le 9/11 et 2015. J'invite donc les lecteurs à relire cette série à l'aune des événements dramatiques qui ont secoué la Syrie, l'Irak ou la France dans ces années 2013/2015. Contrairement à ceux qui ont vu des scénarii longs et ennuyeux de la part de Christin, perso, j'y ai lu un plan super bien élaboré et malheureusement très crédible voire prophétique. Léna est une anti-007. Elle ne possède pas de gadget, ne voyage pas en jet, n'a même pas de CB et n'a aucune défense contre les frères syriens qui pourraient la tuer. Sa seule défense est justement son sang froid qui se traduit par une non-action qui cadre avec un comportement peu susceptible d'attirer l'attention. L'utilisation de nombreuses voix off rend Léna étrangère à son action mais au combien pile dans son rôle. Christin nous fait vivre ce que vit Léna, une découverte au fil des heures des lieux et des personnes qu'elle accepte comme ils viennent avec une fatalité positive. C'est même une héroïne féministe de premier plan, nul besoin de séduction active ni de se déshabiller ou de morts pour faire sa mission. Le bon geste et la bonne attitude au bon moment dans une position presque maternelle sera son savoir-faire tout au long des trois opus. En outre dans le tome 1 on retrouve un peu l'esprit de "La Partie de chasse" de Christin qui nous renvoie à une géopolitique d'un autre âge mais qui a des cendres encore brulantes. Le tome 2 est glaçant d'anticipation malgré quelques faiblesses qui permettent un happy end que l'on aurait aimé vivre dans la réalité quelques années plus tard. Tout l'art des auteurs est de montrer que le danger n'est jamais plus grand que lorsque l'observateur (ici le lecteur) baisse son attention. J'ai trouvé que le graphisme de Juillard correspondait pile à l'esprit du récit. Une Léna un peu figée. Des scènes intimistes de trains, de baignades, de promenades à la fois dérisoires et solitaires mais possiblement mortelles avec ces pas inconnus dans ces lieux inconnus. En outre cette succession de lieux que l'on rejoint par une succession de sauts de puce a réveillé mon âme de routard sur des chemins que j'ai moi-même suivi. Perso un vrai régal de lecture à la fois fictionnelle mais aussi en prise avec la réalité de la décennie. Pour finir Christin et Juillard ont donné rendez-vous à Léna après cette décennie sanglante dans un espace clos avec les principaux acteurs de ce désastre humain. Dans cette hôtellerie cachée au fin fond du Québec Christin nous propose une ambiance très Agatha Christie où Lena joue une miss Marple et Sir Charles un Hercule Poirot à la recherche de la paix. L'action est réduite à son minimum mais j'ai vraiment aimé cette ambiance de faux semblants qui s'effondrent dès que l'on creuse un peu. Une lecture que j'ai beaucoup aimée avec un Christin très lucide sur les dysfonctionnements égoïstes qui nous enlisent.