Les derniers avis (32296 avis)

Couverture de la série Eté brûlant à Saint-Allaire
Eté brûlant à Saint-Allaire

Voilà une bien sympathique comédie rurale ! Entre récit policier, étude de caractères et humour, cette histoire donne le sourire aux lèvres tout en nous présentant quelques personnages bien pittoresques. Mais bien plus que dans un scénario sommes toutes fort léger, sa qualité première réside dans le talent de ses auteurs et autrice. Tout d’abord, il y a Franck Bouysse. Sa plume est alerte et les jeux de mots, phrases à double sens et sous-entendus sont nombreux. Pourtant l’écriture reste légère et vraiment agréable à lire. C’est fin, c’est très fin, ça se mange sans faim. Puis vient le trait de Daniel Casanave, dont je suis fan depuis longtemps déjà. De celui-ci se dégage une fraicheur, une poésie, une espièglerie qui cadrent parfaitement avec les mots de Franck Bouysse. Enfin vient la colorisation de Claire Champion, qui comme à sa bonne habitude vient enjouer le trait de Daniel Casanave. C’est frais et lumineux, agréable à regarder et agréable à lire. Malgré une histoire cousue de fil blanc, le découpage et les qualités techniques de l’œuvre sont tels qu’il est difficile d’interrompre sa lecture. Et une fois la dernière page tournée, on est là, bêtement le sourire aux lèvres, en train de lire la biographie des auteurs toujours réalisée avec la même fraicheur candide, heureux de pouvoir encore quelques minutes prolonger ce petit plaisir de lecture. Pas une œuvre majeure… mais j’ai vraiment bien aimé !

01/06/2023 (modifier)
Couverture de la série Poltron Minet
Poltron Minet

J’en attendais pas grand chose mais je dois dire que ce premier tome m’a tout simplement plus qu’emballé. Une chouette découverte comme je les aime. Sous un aspect de prime abord bien typé jeunesse, le récit a su me contenter pleinement et m’a agréablement surpris sur bien des points. Une belle prouesse de la part des auteurs, c’est vraiment axé tout public. Chacun y trouvera son compte. Le dessin et couleurs toutes mignonnes satisferont tout le monde, un style lisible et léger pour un rendu chatoyant à l’œil. En plus c’est animé par des personnages forts attachants et il y a de nombreux second rôle. Quant à l’histoire, sur un postulât relativement classique (le chaton abandonné qui veux retrouver sa jeune maîtresse), les péripéties n’ont eu de cesse de me surprendre positivement. C’est bien amené et ça n’oublie pas de développer quelques thématiques intéressantes, le tout est fluide et sans lourdeur. En vrai, j’ai dévoré l’album, je suis tout de suite rentré dedans et la fin m’a fait un petit pincement au coeur, preuve que je me suis bien attaché à notre minet, j’ai hâte de découvrir la suite. Rien de révolutionnaire mais si vous recherchez une BD universelle au ton léger, Poltron minet est fait pour vous. Du bel ouvrage.

30/05/2023 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Clocki
Clocki

Sous ses airs enfantins et désuets (la couverture parle pour elle-même), il serait malvenu d'offrir Clocki à un enfant en s'imaginant que ce joli réveil tout rond dont les aiguilles forment la moustache lui serait destiné. Il n'en est effectivement rien et Mathias Martinez offre une fable étonnante pour une première bande dessinée qui louche davantage du côté du Pinocchio de Winshluss ou de Rose Profond de Michel Pirus et Dionnet pour le dessin et peut-être également pour le fond. Sans atteindre la maestria graphique des livres précités, le style de Martinez est plutôt étonnant ou détonnant. Pour sur, il ne laissera personne indifférent avec ce coté naïf et désuet mais perturbant en trois couleurs dont un orange persistant. Clocki raconte l'histoire d'une mascotte d'un parc d'attractions à succès et se découpe en 4 chapitres bien distincts qui pourraient s'apparenter à l'ascension, la gloire de ce lieu de divertissement prisé puis sa déchéance et sa chute. Le tout possède un charme certain appuyé par une voix off constante et finalement peu de phylactères. Les histoires sont plutôt captivantes comme d'autant d'étapes de la vie du parc avec une certaine noirceur dans les propos. Le parc s'avère plutôt effrayant et monstrueux lorsqu'on en devine les ficelles avec un aspect fondant dans les dessins et on serait tenté de refermer le tout en le rebaptisant "Glauqui" mais il reste toujours une certaine lueur d'espoir dans la destinée des différents protagonistes dont les histoires se suivent sans réellement se rencontrer. En effet le véritable "héros" c'est bien évidemment ce parc où les sourires s'effacent pour laisser place à des drames plus personnels comme la solitude, la trahison ou le temps qui passent... Clocki est réellement efficace dans ce qu'il dénonce, on peut y voir un parallèle entre le parc Mirapolis ou Big Bang Schtroumpf qui ont connu des ascensions équivoques. Ces petites fables sont remarquables et font de cet ouvrage un périple étonnant et plutôt mélancolique. Avec un style graphique plus appuyé et un peu plus d'audace, on ne passait pas loin du chef d’œuvre mais pour un premièr essai, le travail de Mathias Martinez est surprenant et laisse supposer de jolies choses à venir dans un registre indépendant. Dans tous les cas, l'univers de Clocki me restera longtemps en mémoire.

30/05/2023 (modifier)
Couverture de la série Bertille & Bertille
Bertille & Bertille

Un polar bien ancré dans l’histoire des années 1920, une touche de fantastique comme fil rouge (ou boule rouge en fait !) : j’ai trouvé cette lecture très agréable. Pourtant, comme Mac Arthur, je reconnais que Stalner n’a pas créé quelque chose de révolutionnaire, avec ses deux personnages principaux que tout semble opposer (un vieux flic bourru qui n’aime pas qu’on lui fasse à l’envers et une très jeune aristocrate émancipée et énervante), mais dont on devine rapidement qu’ils vont finir par bien s’entendre. De la même manière l’intrigue purement politico-policière sent le déjà-vu. Mais voilà, avec quelques ingrédients simples et sans faire de folie, Stalner a su développer une histoire des plus plaisantes. La narration est très fluide et agréable, les dialogues sont bien construits (le flic s’en sort mieux dans ce domaine d’ailleurs). Ce qui bonifie clairement l’ensemble, c’est tout d’abord le dessin, que j’ai trouvé chouette. Et surtout la colorisation, très grisâtre, avec de petites touches de rouge de plus en plus présentes : le rendu est vraiment très sympathique. Ensuite, la présence du fantastique, avec cette boule venue d’on ne sait où, donne des petites touches absurdes, parfois loufoques – y compris lorsqu’elle semble annoncer un drame. Je n’ai personnellement pas été frustré de ne pas en savoir plus sur elle. De toute façon, je pense qu’une « explication », un retour du rationnel, auraient été forcément décevants, je préfère rester sur cette fin, qui laisse le mystère et un peu de poésie flotter dans l’air, comme dans la dernière case. D’autres albums peuvent être envisageables. Je ne sais si c’est une bonne idée, la magie, l’équilibre fragile de celui-ci risquant de ne pas résister à des redites. En tout cas si une suite parait, j’irais certainement vérifier si j’ai eu tort de la craindre. Un album surprenant et fort recommandable en tout cas.

29/05/2023 (modifier)
Couverture de la série La Voix des bêtes, la faim des hommes
La Voix des bêtes, la faim des hommes

Superbe enquête médiévale. Thomas Gilbert, auteur plutôt prolixe, arrive une nouvelle fois à livrer une BD captivante de bout en bout. Ça sonne très pacte des loups, rivières pourpres ou nom de la rose, mais au final l'histoire trouve son propre ton et chemin. Il faudra avoir le coeur bien accroché pour aller jusqu'au bout car l'auteur ne nous épargne rien. C'est cru, cruel, rude, sanglant et sans compromis. Le titre est très bon, très bien trouvé, car il exprime parfaitement les principales thématiques du livre.

28/05/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Shangri-La
Shangri-La

Quand l'Homme veut devenir Dieu, il ne peut que se brûler les ailes. Après avoir découvert Mathieu Bablet avec Adrastée et la mythologie, voici un space opéra qui fera date dans le domaine de la science-fiction. Un récit qui sur le fond reste classique mais qui a su maintenir mon intérêt de la première à la dernière page. Une narration maîtrisée qui visite le racisme avec les animoïdes et la publicité très sexualisée. Une dystopie réaliste qui fait réfléchir sur l'intérêt de protéger notre belle planète. Une relecture toujours aussi jouissive. Parlons du dessin maintenant, là où il fera consensus, c'est dans les décors, on est véritablement plongé dans l'espace, dans ce grand vide. Bablet utilise un appareillage numérique pour les couleurs et ainsi reproduire un effet photographique du plus bel effet. Bluffant ! Son trait précis, minutieux et détaillé pour la représentation de la station orbitale apporte du réalisme au récit. Remarquable ! Par contre, là où son dessin fera débat c'est sur les personnages aux visages disgracieux et aux petits "pieds bandés" issus d'un Japon d'un autre temps. Alors oui, cela ne permet pas toujours de différencier les personnages, il faut rester concentré, mais ce petit effort en vaut la peine. Je suis fan du style Bablet. Toujours coup de cœur.

28/05/2023 (modifier)
Couverture de la série Nausicaa - L'autre odyssée
Nausicaa - L'autre odyssée

Très bonne idée des éditions Futuropolis de re-publier cette bande dessinée. Elle rejoint ainsi Rhapsodie en bleu et Gauloises du même dessinateur chez cet éditeur. Première oeuvre envoutante d'Andrea Serio, il y démontre déjà tout son talent en rendant un hommage vibrant à nombres de ses influences (Mattotti en tête). Magnifique graphisme au pastel. Le scenario n'est pas en deçà du dessin et propose au final un beau portrait de jeune femme dans sa quête de vérité(s). Chaudement recommandé.

27/05/2023 (modifier)
Couverture de la série À bord de l'Aquarius
À bord de l'Aquarius

Les deux auteurs ont accompagné en 2017 la mission du navire Aquarius, qui arpente la Méditerranée pour une association humanitaire venant au secours des migrants en détresse. Avec eux nous découvrons le quotidien de l’équipage humanitaire. Mais aussi l’horreur vécue par la plupart des migrants recueillis, qui ont subi séquestrations, racket, viol et autres joyeusetés durant leur traversée de l’Afrique (et surtout au moment de leur passage en Libye – qui depuis l’intervention controversée menée par Sarkozy a sombré dans le chaos et est devenue une plaque tournante de tous les trafics). Plusieurs témoignages sont bouleversants. On a parfois aussi l’impression que l’Aquarius écope la mer avec une petite cuillère, tant les flux migratoires et la rapacité des passeurs ne sont pas près de se tarir. Mais l’action de ce genre d’association est hélas nécessaire, et l’on mesure l’engagement des médecins, des logisticiens, et des marins pour sauver des vies – même si nombreux sont les migrants morts dans le désert ou la Méditerranée sans laisser de trace. En lisant cet album, on mesure aussi le cynisme et l’hypocrisie de certains gouvernements (Français, Italien entre autres), qui mettent ces dernières années des bâtons dans les roues de ces associations humanitaires, et font tout pour que les migrants soient « gérés » par les autorités libyennes (dans l’horreur, mais loin des yeux et des médias). Ce genre de documentaire n’en est que plus nécessaire. Le dessin est parfois un peu maladroit, mais il est en tout cas très clair et lisible. La colorisation use surtout de dégradés de gris et d’autres rares couleurs très ternes. Seules quelques pointes d’orange sont plus visibles – couleur des sauveteurs (les auteurs expliquent pourquoi cette couleur est choisie). La présence récurrente d'un rouge-gorge sur le navire est bien amenée, avec plusieurs degrés de lecture. Note réelle 3,5/5.

27/05/2023 (modifier)
Couverture de la série Mémoires horrifiques et burlesques d'un tueur
Mémoires horrifiques et burlesques d'un tueur

Cette période de la Renaissance italienne, et plus particulièrement autour des Borgia, a maintes fois été traitée, de façon plus ou moins réussie. Et je dois dire que Seyer – auteur que je découvre ici – nous livre une version à la fois réaliste et intéressante. Assez originale aussi. Le côté graphique déjà est assez prenant. Le rendu de son trait hyper réaliste est souvent proche de photos retravaillées. Mais c’est vraiment réussi, avec des décors (de face, en contre-plongée) minutieusement détaillés. Le gris plus ou moins dégradé est lui aussi intéressant. Bref, j’ai bien aimé ce dessin. Quant à l’histoire, assez connue dans ses grandes (et moins grandes) lignes, elle est centrée autour de César Borgia, et surtout de son exécuteur des basses œuvres, tueur à fort rendement et à faible philanthropie. Le texte, souvent au style indirect, est assez grandiloquent. Il use d’un vocabulaire et de tournures de phrases anachroniques, très contemporains (il y a un peu de Blondin ou d’Audiard dans certains dialogues ou remarques, l’humour en moins), mais ça passe très bien. Ça fait en tout cas très bien passer le cynisme extrême de ce panier de crabes (Machiavel, que l’on voit intervenir dans le second tome) ne s’y trompe pas, lui qui a érigé le cynisme en qualité nécessaire au gouvernement d’un État. Mention spéciale au patriarche Borgia, Alexandre, pape des plus dépravés et très éloigné du modèle christique. Si ces deux albums ne sont pas forcément simples à rencontrer, leur lecture est agréable, et offre une vision crédible d’une époque violente et créative (Léonard de Vinci traverse le second album). le cynisme politique de cette époque n’est d’ailleurs pas forcément si éloigné que ça de ce que nous pouvons observer de nos jours. Note réelle 3,5/5.

26/05/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Petite Lumière
La Petite Lumière

Oh ! Un nouveau Panaccione ! Plutôt fan de son travail, (je vous renvoie à la chouette interview que j'ai réalisé il y a un peu plus de 6 ans maintenant à Angoulême), c'est toujours un plaisir de retrouver son trait si particulier et l'expressivité qui se dégage de ses personnages ou des créatures qu'il met en scène. C'est à travers la vie solitaire d'un vieil homme isolé dans la campagne montagneuse que l'immersion commence. Il vit là, seul, dans sa bicoque, sans électricité, seule âme solitaire dans cette petite bourgade abandonnée jusqu'au jour où il aperçoit une petite lumière sur le versant d'en face. Tous les soirs, vers la même heure, cette lueur s'allume et intrigue notre homme jusqu'au jour où il décide de se lancer à la recherche de son origine. Avec "La petite lumière", adaptation d'un roman d'Antonio Moresco, Grégory Panaccione réussi le tour de force de coucher sur le papier par son trait et ses couleurs ce qui relève du ressenti, de l'émotion. Tout ici n'est que délicatesse. N'attendez pas des aventures loufoques comme l'auteur a très bien su nous le proposer avec Chronosquad par exemple ; on est ici dans l'émotion, qu'on peut toucher du doigt ou laisser caresser notre rétine. On se laisse happer par cette histoire étrange, que dis-je, envouter par cette ultime quête d'un être qui arrive au bout du chemin de sa vie. Grégory Panaccione impressionne par sa mise en couleur, s'amusant même avec les noirs profonds de certaines planches qui nous laissent tout juste deviner les traits des personnages et les lieux où ils évoluent. Je ne connaissais pas ce roman, mais voilà une adaptation qui donne envie d'aller le découvrir et les autres oeuvres d'Antonio Moresco. Encore un très bon Panaccione !

26/05/2023 (modifier)