Voilà une collaboration en profondeur que j'attendais depuis longtemps!
Et je fus ... satisfait
Le scénario, s'il reste grand public (dialogues aussi d'ailleurs) est convaincant. Le dessin de Lauffray est comme d'habitude très bon, même si quelques imprécisions gâchent un peu le résultat final. Mon seul regret, la couleur, qui reste de bonne facture au niveau du choix des camaïeux, mais qui semble, un peu comme le reste de la production, fait à la va vite.
C'est malgré tout compensé par la densité de l'histoire et de la bd.
Bref, quite à ronchonner un peu, il faut qu'ils prennent plus de temps pour améliorer la qualité esthétique globale de la série. Cela la rendra, j'en suis sûr car je leur fais confiance, la série indispensable
Continuez comme ça c'est du tout bon.
Voilà une BD qui promet beaucoup. Long John Silver nous propose une suite au fameux roman L'île au trésor. Tout le monde connaît ce roman. Euh ben non... désolé je le connaît que de nom. Je l'ai jamais lu... (un sentiment d'embarras m'envahit) mais ça a au moins un point positif (je dois bien défendre ma position) : même sans avoir lu le roman cette "suite" est premièrement tout à fait compréhensible et deuxièmement très intéressante. Il me semble d'ailleurs que cette BD est faite pour pouvoir être lue sans avoir pris connaissance au préalable du roman L'île au trésor (corriger moi si je me trompe svp).
Le dessin est bon. C'est ma première BD de Lauffray il me semble et je dois dire que j'aime bien son style. C'est purement personnel mais je trouve que les visages féminins ressemblent par moment aux visage de Loisel dans Peter Pan... Enfin c'est qu'une impression. La colorisation est très réussie mais fort sombre. C'est à la fois un défaut et un avantage. Un défaut car certaines planches sont un peu glauques. Un avantage car l'ambiance qui se dégage du dessin est excellente et illustre à merveille le récit (climat anglais pluvieux, en hiver, ambiance vieux port, etc.). Les scènes dans la taverne avec Long John Silver et Miss Hastings sont particulièrement belles.
Côté scénario on retrouve le talentueux Xavier Dorison déjà aux manettes dans les excellents Sanctuaire et Le Troisième Testament entre autres. Comme dans les deux séries citées, l'ambiance est une réussite. Ce premier tome est une introduction certes mais qui laisse entrevoir de bien belles perspectives pour la suite. On fait connaissance avec les personnages (Long John Silver, Lady Hastings et le docteur pour les principaux), on découvre l'existence d'une citée perdue, les enjeux, la soif de richesse des protagonistes etc. Tout cela est donc très prometteur ! Vivement la suite !
Achat plus que conseillé ! Peut être un futur immanquable qui sait !!
Après l’excellente série Le Roi des bourdons, David De Thuin récidive avec un autre récit tout aussi poignant : "La colère dans l’eau".
Le dessin enfantin ne laisse en rien présager de la gravité des propos soulevée par le récit. L’auteur y décrit les ravages d’un Tsunami en suivant en temps réel le destin d’une petite famille en vacances en bord de mer qui va être confrontée à cette terrible vague. La narration est directe. Rien n’est épargné au lecteur qui est, lui aussi, emporté par cette déferlante. Les dialogues sont percutants. Le final est fort émotionnellement.
Une bd qui remue . . . On n’en ressort pas indemne.
France info fête ses 20 ans et pour ce si bel âge, la station de radio s’offre un livre anniversaire sur mesure, réalisé par une multitude d’auteurs de renom, eux mêmes traitant un fait de société marquant s’étant produit durant ces 20 dernières années.
L’idée est intéressante et dans cette période folle de course à l’info où tout et n’importe quoi se dit, on est heureux de pouvoir se poser et lire, tranquillement, une partie de notre Histoire, sans polémique et sans conflit. Là, il s’agit de rester bien calé au fond d’un fauteuil (le livre est gros et lourd) et de se laisser envahir par les différentes émotions si bien partagées par les auteurs.
Au cœur de ce team, les auteurs accueillent quelques petits nouveaux au talent déjà reconnu tels que Simon Hureau découvert par Ego comme X avec la publication de son « Palace » - extraordinaire pavé sur son voyage au Cambodge – ou encore des jeunes auteurs tout récemment propulsés par Futuropolis dans le sillage d’un scénariste ayant déjà publié.
Les récits sont courts, clairs et très significatifs d’un monde en difficulté. L’un d’entre eux, réalisé par le photographe décédé depuis Didier Lefèvre, est pour ainsi dire insoutenable.
E. Guibert, l’introduit avec un dessin le mettant en scène et conclut sur un dessin vidé de sa présence. Les photos de Didier sont terribles voire insoutenables et la présence de cet homme dans ce livre n’a rien d’anecdotique. C’est avec un grand malaise, et une vraie douleur que je termine ce « Ljubeniq ».
Ceci dit, tous les récits ont une puissance assez étonnante alors pour balayer rapidement de façon totalement sélective et forcément injuste, je dirais que certaines cases sont plus glaciales encore que d’autres comme celle de la page 146 (Martinez), la 4ème case de la page 156 (Rabaté), que des auteurs comme Stassen et Masson vont à l’essentiel, que Blutch laisse encore une fois libre cours à une interprétation de haut vol à couper le souffle, mais finalement tous ont royalement servi la cause de l’information et ajoutent au médium avec beaucoup de naturel et de spontanéité.
Ce qu’il ressort de cet exercice collectif est que la bande dessinée n’a jamais été aussi bien reconnue qu’en cette période alors, trêve de réflexion lisons, regardons et remplissons nous de cet art qui nous est si joliment offert.
Un mot ? : Essentiel, pour autant qu'on se sente concerné par notre environnement.
Imaginez que vous participez à un mariage, puis, pour une raison plus ou moins valable, tout foire et les participants se mettent à se disputer pour finalement finir par se détester… cette histoire est complètement tordue non ? Et pourtant, c’est ce que nous proposent comme scénario Van Hamme et Hermann avec "Lune de guerre".
La bd comporte un mini-dossier placé au début du livre qui nous explique comment Van Hamme a eu cette idée assez folle (à partir d’une histoire vraie), les différents personnages y sont présentés. Personnellement, je vous conseille de feuilleter ce mini-dossier après avoir lu la bd proprement dite sous peine de perdre une partie de la découverte.
Le scénario est totalement farfelu surtout lorsqu’on découvre à partir de quoi la fête se transformera vite en enfer. En fait, le lecteur s’apercevra à la fin de la lecture que ce mariage ne pouvait finir autrement étant donné tous les rancœurs et secrets malsains qui habitent la plupart des personnages. Des invraisemblances apparaissent dans cette bd notamment lorsque le lecteur découvre de quoi est capable le papy… paradoxalement, j’ai beaucoup aimé cette bd car elle est divertissante. L’histoire possède, à mon avis, un humour très noir que j’ai apprécié une fois ma lecture terminée, c’est à ce moment-là que la bd dévoile la bêtise humaine dans toute sa splendeur et sa folie ! En effet, l’histoire semble tellement irréelle qu’on y croit !
A mon avis, Hermann a réalisé une de ses meilleures bd avec son autre one-shot On a tué Wild Bill. Pour moi, ce dessinateur est actuellement le meilleur metteur en scène du 9ème art. Avec cet album, j’ai eu l’impression de suivre un film tellement la narration est fluide. Les cadrages et le découpage sont pertinemment choisis, la mise en couleurs directes est magnifique. Seuls les visages des femmes ne sont pas parus assez féminins.
"Lune de guerre" est une bd assez originale et divertissante à lire. L’histoire est très farfelue, tellement même qu’on croit à cette débauche de bêtises humaines. Le magnifique dessin et la narration exemplaire de Hermann m’ont énormément fait apprécier cette bd. A lire finalement !
Note approximative : 3.5/5
Amusante coïncidence (ou pas ?), deux adaptations de Tom Sawyer sortent en BD à moins d'un mois d'intervalle. Deux semaines après la lecture de Les Aventures de Tom Sawyer de Mark Twain, j'ai donc voulu faire la comparaison avec cette autre version.
Eh bien, moi qui suis un grand amateur des éditions Delcourt d'ordinaire, c'est nettement la version de chez Soleil que j'ai préférée.
Pourtant, les deux sont des adaptations quasi exactes du livre. Cela se repère vite : ce sont en grand majorité les mêmes scènes qu'on retrouve dans l'une et l'autre des séries. L'exercice est d'ailleurs très intéressant sur le plan du travail de la bande-dessinée car on y découvre clairement deux différentes façons d'aborder la narration, les dialogues et les personnages. Et pour moi, l'adaptation d'Istin gagne haut la main : les personnages y sont nettement plus attachants, le récit nettement plus fluide, le rythme bien mené, les coups d'éclats et autres moments d'humour mieux amenés. Bref, c'est une bonne adaptation.
A côté de cela, je dois l'avouer, hormis la couverture qui est excellente, le dessin des planches n'est pas terrible techniquement parlant. Les personnages sont plutôt corrects et bien dynamiques. Par contre, la majorité des décors sont nettement trop simples, trop basiques. Difficile de vouloir s'attarder sur une planche ou une autre pour le plaisir des yeux. Cependant, et pour contrer ces petits défauts du dessin, la colorisation est très bonne et de son simple fait donne un aspect d'ensemble de bonne qualité à chacune des planches.
Bref, cette série n'est pas un chef-d'oeuvre mais c'est un bon moyen de retrouver l'oeuvre de Mark Twain dans une adaptation en BD réussie et moderne.
Alors effectivement cette série ne brille pas pour son originalité. On retrouve les différentes races du Seigneur des Anneaux et invariablement l'empreinte de La Quête de l'Oiseau du Temps et de Loisel ; les yeux blancs complètement vides, les ruines dans la jungle du second tome ("le rige"), la race vivant dans le désert du troisième ("le temple de l'oubli"), Istin va même jusqu'à représenter le personnage qui traque l'Oslan avec les traits du Rige avec les dreadlocks en plus.
Passé outre ces hommages ou ce plagiat comme vous voudrez, c'est une série très agréable à lire, où les personnages sont attachants, les différentes races y sont bien décrites et ne nécessitent pas une énième encyclopédie du monde de Tro... pardon Asceltis et au moins l'histoire avance, pas de tome inutile.
Alors, puisque la bande dessinée reste un divertissement avec parfois pour seule prétention, celle de passer un bon moment (sans pour autant nous prendre pour des vaches à lait), je conseille vivement l'achat de cette bd qui ne fera largement pas tache au milieu de vos Trolls De Troy.
De plus, je conseille l'achat en parallèle de Les Exilés d'Asceltis du même scénariste.
Les gags de Plunk sont dessinés de manière sommaire, ils sont muets, l’album est lu en 3 minutes… mais qu’est-ce que c’est bon. Plunk est sans doute une des meilleures choses qui soit arrivées au journal de Spirou ces dernières années. De l’humour drôle, c’est toujours préférable, hilarant, c’est encore mieux. J’adore cet humour absurde et dérisoire. Pour moi la meilleure nouvelle série humoristique depuis Kinky & Cosy, au moins…
Moi j’ai beaucoup aimé, mais il faut avouer que c’est un peu confus… le début est assez classique, mais l’histoire bascule assez rapidement dans l’incompréhensible, avant de s’éclaircir petit à petit, au fur et à mesure que l’on comprend que l’on suit le même personnage à des époques différentes. Au final, je pense avoir (presque) tout compris, et je garde une impression très positive. L’ensemble est très poétique, onirique et touchant.
Le dessin est spécial, et peut paraître approximatif sur certaines cases, mais dans l’ensemble il est magnifique, et rappelle un peu le style de Dave McKean, dont je suis un grand fan. Bon, par contre je me doute bien qu’il ne sera pas du goût de tout le monde, à vous de feuilleter pour vous faire une idée.
Voilà, je reste sur une impression très positive donc. Je n’aime pas particulièrement les histoires trop compliquées, mais si « The Fountain » est souvent à la limite de la compréhension, on ne décroche jamais complètement. J’ai relu cette BD deux fois de suite avec beaucoup de plaisir, ce qui m’arrive rarement… un bon signe quand même non ? :)
Pandemonium est une excellente série qui démarre avec au scénario l'excellent, et incontournable ces derniers temps, Christophe Bec.
Doris amène sa fille Cora dans un centre se soin pour la tuberculose où elle a elle-même été soignée dans son enfance. Dès son arrivée, Cora voit une infirmière inquiétante à une fenêtre. Je ne révèlerai rien d'autre pour préserver intacte le plaisir de lecture des futurs acheteurs. L'ambiance est très réussie. Le mystère plane sur ce sanatorium. Que s'est-il passé dans la chambre 502 ???
Ce premier tome est une excellente introduction à une série qui semble fort prometteuse. Il s'en dégage véritablement quelque chose. Je suis plus qu'impatient de connaître la suite.
Pour le dessin je suis plus nuancé... certes il restitue très bien l'atmosphère qui se dégage du scénario mais je n'aime pas les visages des personnages, surtout les yeux d'ailleurs. Dommage surtout que les corps de ces derniers, les décors et la mise en couleur tiennent bien la route.
Christophe Bec fait donc encore mouche et j'en redemande !
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Long John Silver
Voilà une collaboration en profondeur que j'attendais depuis longtemps! Et je fus ... satisfait Le scénario, s'il reste grand public (dialogues aussi d'ailleurs) est convaincant. Le dessin de Lauffray est comme d'habitude très bon, même si quelques imprécisions gâchent un peu le résultat final. Mon seul regret, la couleur, qui reste de bonne facture au niveau du choix des camaïeux, mais qui semble, un peu comme le reste de la production, fait à la va vite. C'est malgré tout compensé par la densité de l'histoire et de la bd. Bref, quite à ronchonner un peu, il faut qu'ils prennent plus de temps pour améliorer la qualité esthétique globale de la série. Cela la rendra, j'en suis sûr car je leur fais confiance, la série indispensable Continuez comme ça c'est du tout bon.
Long John Silver
Voilà une BD qui promet beaucoup. Long John Silver nous propose une suite au fameux roman L'île au trésor. Tout le monde connaît ce roman. Euh ben non... désolé je le connaît que de nom. Je l'ai jamais lu... (un sentiment d'embarras m'envahit) mais ça a au moins un point positif (je dois bien défendre ma position) : même sans avoir lu le roman cette "suite" est premièrement tout à fait compréhensible et deuxièmement très intéressante. Il me semble d'ailleurs que cette BD est faite pour pouvoir être lue sans avoir pris connaissance au préalable du roman L'île au trésor (corriger moi si je me trompe svp). Le dessin est bon. C'est ma première BD de Lauffray il me semble et je dois dire que j'aime bien son style. C'est purement personnel mais je trouve que les visages féminins ressemblent par moment aux visage de Loisel dans Peter Pan... Enfin c'est qu'une impression. La colorisation est très réussie mais fort sombre. C'est à la fois un défaut et un avantage. Un défaut car certaines planches sont un peu glauques. Un avantage car l'ambiance qui se dégage du dessin est excellente et illustre à merveille le récit (climat anglais pluvieux, en hiver, ambiance vieux port, etc.). Les scènes dans la taverne avec Long John Silver et Miss Hastings sont particulièrement belles. Côté scénario on retrouve le talentueux Xavier Dorison déjà aux manettes dans les excellents Sanctuaire et Le Troisième Testament entre autres. Comme dans les deux séries citées, l'ambiance est une réussite. Ce premier tome est une introduction certes mais qui laisse entrevoir de bien belles perspectives pour la suite. On fait connaissance avec les personnages (Long John Silver, Lady Hastings et le docteur pour les principaux), on découvre l'existence d'une citée perdue, les enjeux, la soif de richesse des protagonistes etc. Tout cela est donc très prometteur ! Vivement la suite ! Achat plus que conseillé ! Peut être un futur immanquable qui sait !!
La Colère dans l'eau
Après l’excellente série Le Roi des bourdons, David De Thuin récidive avec un autre récit tout aussi poignant : "La colère dans l’eau". Le dessin enfantin ne laisse en rien présager de la gravité des propos soulevée par le récit. L’auteur y décrit les ravages d’un Tsunami en suivant en temps réel le destin d’une petite famille en vacances en bord de mer qui va être confrontée à cette terrible vague. La narration est directe. Rien n’est épargné au lecteur qui est, lui aussi, emporté par cette déferlante. Les dialogues sont percutants. Le final est fort émotionnellement. Une bd qui remue . . . On n’en ressort pas indemne.
France Info, 30 ans d'actualité (Le jour où...)
France info fête ses 20 ans et pour ce si bel âge, la station de radio s’offre un livre anniversaire sur mesure, réalisé par une multitude d’auteurs de renom, eux mêmes traitant un fait de société marquant s’étant produit durant ces 20 dernières années. L’idée est intéressante et dans cette période folle de course à l’info où tout et n’importe quoi se dit, on est heureux de pouvoir se poser et lire, tranquillement, une partie de notre Histoire, sans polémique et sans conflit. Là, il s’agit de rester bien calé au fond d’un fauteuil (le livre est gros et lourd) et de se laisser envahir par les différentes émotions si bien partagées par les auteurs. Au cœur de ce team, les auteurs accueillent quelques petits nouveaux au talent déjà reconnu tels que Simon Hureau découvert par Ego comme X avec la publication de son « Palace » - extraordinaire pavé sur son voyage au Cambodge – ou encore des jeunes auteurs tout récemment propulsés par Futuropolis dans le sillage d’un scénariste ayant déjà publié. Les récits sont courts, clairs et très significatifs d’un monde en difficulté. L’un d’entre eux, réalisé par le photographe décédé depuis Didier Lefèvre, est pour ainsi dire insoutenable. E. Guibert, l’introduit avec un dessin le mettant en scène et conclut sur un dessin vidé de sa présence. Les photos de Didier sont terribles voire insoutenables et la présence de cet homme dans ce livre n’a rien d’anecdotique. C’est avec un grand malaise, et une vraie douleur que je termine ce « Ljubeniq ». Ceci dit, tous les récits ont une puissance assez étonnante alors pour balayer rapidement de façon totalement sélective et forcément injuste, je dirais que certaines cases sont plus glaciales encore que d’autres comme celle de la page 146 (Martinez), la 4ème case de la page 156 (Rabaté), que des auteurs comme Stassen et Masson vont à l’essentiel, que Blutch laisse encore une fois libre cours à une interprétation de haut vol à couper le souffle, mais finalement tous ont royalement servi la cause de l’information et ajoutent au médium avec beaucoup de naturel et de spontanéité. Ce qu’il ressort de cet exercice collectif est que la bande dessinée n’a jamais été aussi bien reconnue qu’en cette période alors, trêve de réflexion lisons, regardons et remplissons nous de cet art qui nous est si joliment offert. Un mot ? : Essentiel, pour autant qu'on se sente concerné par notre environnement.
Lune de guerre
Imaginez que vous participez à un mariage, puis, pour une raison plus ou moins valable, tout foire et les participants se mettent à se disputer pour finalement finir par se détester… cette histoire est complètement tordue non ? Et pourtant, c’est ce que nous proposent comme scénario Van Hamme et Hermann avec "Lune de guerre". La bd comporte un mini-dossier placé au début du livre qui nous explique comment Van Hamme a eu cette idée assez folle (à partir d’une histoire vraie), les différents personnages y sont présentés. Personnellement, je vous conseille de feuilleter ce mini-dossier après avoir lu la bd proprement dite sous peine de perdre une partie de la découverte. Le scénario est totalement farfelu surtout lorsqu’on découvre à partir de quoi la fête se transformera vite en enfer. En fait, le lecteur s’apercevra à la fin de la lecture que ce mariage ne pouvait finir autrement étant donné tous les rancœurs et secrets malsains qui habitent la plupart des personnages. Des invraisemblances apparaissent dans cette bd notamment lorsque le lecteur découvre de quoi est capable le papy… paradoxalement, j’ai beaucoup aimé cette bd car elle est divertissante. L’histoire possède, à mon avis, un humour très noir que j’ai apprécié une fois ma lecture terminée, c’est à ce moment-là que la bd dévoile la bêtise humaine dans toute sa splendeur et sa folie ! En effet, l’histoire semble tellement irréelle qu’on y croit ! A mon avis, Hermann a réalisé une de ses meilleures bd avec son autre one-shot On a tué Wild Bill. Pour moi, ce dessinateur est actuellement le meilleur metteur en scène du 9ème art. Avec cet album, j’ai eu l’impression de suivre un film tellement la narration est fluide. Les cadrages et le découpage sont pertinemment choisis, la mise en couleurs directes est magnifique. Seuls les visages des femmes ne sont pas parus assez féminins. "Lune de guerre" est une bd assez originale et divertissante à lire. L’histoire est très farfelue, tellement même qu’on croit à cette débauche de bêtises humaines. Le magnifique dessin et la narration exemplaire de Hermann m’ont énormément fait apprécier cette bd. A lire finalement !
Les Aventures de Tom Sawyer
Note approximative : 3.5/5 Amusante coïncidence (ou pas ?), deux adaptations de Tom Sawyer sortent en BD à moins d'un mois d'intervalle. Deux semaines après la lecture de Les Aventures de Tom Sawyer de Mark Twain, j'ai donc voulu faire la comparaison avec cette autre version. Eh bien, moi qui suis un grand amateur des éditions Delcourt d'ordinaire, c'est nettement la version de chez Soleil que j'ai préférée. Pourtant, les deux sont des adaptations quasi exactes du livre. Cela se repère vite : ce sont en grand majorité les mêmes scènes qu'on retrouve dans l'une et l'autre des séries. L'exercice est d'ailleurs très intéressant sur le plan du travail de la bande-dessinée car on y découvre clairement deux différentes façons d'aborder la narration, les dialogues et les personnages. Et pour moi, l'adaptation d'Istin gagne haut la main : les personnages y sont nettement plus attachants, le récit nettement plus fluide, le rythme bien mené, les coups d'éclats et autres moments d'humour mieux amenés. Bref, c'est une bonne adaptation. A côté de cela, je dois l'avouer, hormis la couverture qui est excellente, le dessin des planches n'est pas terrible techniquement parlant. Les personnages sont plutôt corrects et bien dynamiques. Par contre, la majorité des décors sont nettement trop simples, trop basiques. Difficile de vouloir s'attarder sur une planche ou une autre pour le plaisir des yeux. Cependant, et pour contrer ces petits défauts du dessin, la colorisation est très bonne et de son simple fait donne un aspect d'ensemble de bonne qualité à chacune des planches. Bref, cette série n'est pas un chef-d'oeuvre mais c'est un bon moyen de retrouver l'oeuvre de Mark Twain dans une adaptation en BD réussie et moderne.
Les Brumes d'Asceltis
Alors effectivement cette série ne brille pas pour son originalité. On retrouve les différentes races du Seigneur des Anneaux et invariablement l'empreinte de La Quête de l'Oiseau du Temps et de Loisel ; les yeux blancs complètement vides, les ruines dans la jungle du second tome ("le rige"), la race vivant dans le désert du troisième ("le temple de l'oubli"), Istin va même jusqu'à représenter le personnage qui traque l'Oslan avec les traits du Rige avec les dreadlocks en plus. Passé outre ces hommages ou ce plagiat comme vous voudrez, c'est une série très agréable à lire, où les personnages sont attachants, les différentes races y sont bien décrites et ne nécessitent pas une énième encyclopédie du monde de Tro... pardon Asceltis et au moins l'histoire avance, pas de tome inutile. Alors, puisque la bande dessinée reste un divertissement avec parfois pour seule prétention, celle de passer un bon moment (sans pour autant nous prendre pour des vaches à lait), je conseille vivement l'achat de cette bd qui ne fera largement pas tache au milieu de vos Trolls De Troy. De plus, je conseille l'achat en parallèle de Les Exilés d'Asceltis du même scénariste.
Plunk
Les gags de Plunk sont dessinés de manière sommaire, ils sont muets, l’album est lu en 3 minutes… mais qu’est-ce que c’est bon. Plunk est sans doute une des meilleures choses qui soit arrivées au journal de Spirou ces dernières années. De l’humour drôle, c’est toujours préférable, hilarant, c’est encore mieux. J’adore cet humour absurde et dérisoire. Pour moi la meilleure nouvelle série humoristique depuis Kinky & Cosy, au moins…
The Fountain
Moi j’ai beaucoup aimé, mais il faut avouer que c’est un peu confus… le début est assez classique, mais l’histoire bascule assez rapidement dans l’incompréhensible, avant de s’éclaircir petit à petit, au fur et à mesure que l’on comprend que l’on suit le même personnage à des époques différentes. Au final, je pense avoir (presque) tout compris, et je garde une impression très positive. L’ensemble est très poétique, onirique et touchant. Le dessin est spécial, et peut paraître approximatif sur certaines cases, mais dans l’ensemble il est magnifique, et rappelle un peu le style de Dave McKean, dont je suis un grand fan. Bon, par contre je me doute bien qu’il ne sera pas du goût de tout le monde, à vous de feuilleter pour vous faire une idée. Voilà, je reste sur une impression très positive donc. Je n’aime pas particulièrement les histoires trop compliquées, mais si « The Fountain » est souvent à la limite de la compréhension, on ne décroche jamais complètement. J’ai relu cette BD deux fois de suite avec beaucoup de plaisir, ce qui m’arrive rarement… un bon signe quand même non ? :)
Pandemonium
Pandemonium est une excellente série qui démarre avec au scénario l'excellent, et incontournable ces derniers temps, Christophe Bec. Doris amène sa fille Cora dans un centre se soin pour la tuberculose où elle a elle-même été soignée dans son enfance. Dès son arrivée, Cora voit une infirmière inquiétante à une fenêtre. Je ne révèlerai rien d'autre pour préserver intacte le plaisir de lecture des futurs acheteurs. L'ambiance est très réussie. Le mystère plane sur ce sanatorium. Que s'est-il passé dans la chambre 502 ??? Ce premier tome est une excellente introduction à une série qui semble fort prometteuse. Il s'en dégage véritablement quelque chose. Je suis plus qu'impatient de connaître la suite. Pour le dessin je suis plus nuancé... certes il restitue très bien l'atmosphère qui se dégage du scénario mais je n'aime pas les visages des personnages, surtout les yeux d'ailleurs. Dommage surtout que les corps de ces derniers, les décors et la mise en couleur tiennent bien la route. Christophe Bec fait donc encore mouche et j'en redemande !