Une histoire d'aventure bien menée avec des personnages typés, des disputes et des situations tortueuses.... Le trait est fabuleux et l'univers bien retranscrit. La version noir et blanc est pour moi la meilleure. Un indispensable.
Une très bonne série qui doit soutenir l'incessante comparaison avec "Lucky Lucke", et force et de constater que la comparaison ne joue pas en la défaveur de Cotton Kid.
Léturgie (qui par ailleurs a co-signé avec Fauche quelques-uns des meilleurs albums de Morris) se révèle un digne héritier de Goscinny. Il sait exploiter chaque situation avec humour et vivacité pour créer des scénarios lisibles et sans temps morts. L'idée de lancer Cotton Kid sur les traces de son frère Trévor dans ses enquêtes (ce dernier étant un détective particulièrement maladroit de l'agence Pinkerton) donne lieu à de nombreux quiproquos tout-à-fait réjouissants pour maintenir l'équilibre de départ : Trévor doit rester un héros au yeux de son petit frère même si c'est involontairement grâce à lui qu'il réussit ses missions, et c'est au grand dam de ses supérieurs qu'il les réussit, vu les piètres résultats de sa formation.
Evidément, Trévor est un personnage sophistiqué et suffisant, bien convaincu de son talent et loin d'imaginer la véritable raison de ses réussites. Il faut toute la naïveté et la bonne volonté de Cotton Kid pour sauver la face de son frère dans un far-west parfaitement sauvage où le détective de Pinkerton nargue dédaigneusement les sinistres brutes qui le peuplent.
Brillants dialogues et renouvellement des situations, pas de doutes, le scénariste a parfaitement réussi à créer une situation originale pour explorer avec humour le western.
Pearce (Conrad donc) possède une évidente parenté avec le style de Morris (Il a déjà commis avec Léturgie un excellent Kid Lucky). Sens du dynamisme et personnalité des personnages, il met en valeur d'un trait simple et nerveux les textes de son scénariste pour un résultat efficace et sans prétention.
Une belle série humoristique, proche par son cadre de "Lucky Lucke", mais servie à merveille par des auteurs rompus à l'exercice qui à partir d'un cadre originale revisitent avec style et panache le western parodique.
Note approximative : 3.5/5
J'étais persuadé que je n'allais pas aimer cette BD car, d'une part je n'avais pas vu qui étaient ses auteurs, et d'autre part je croyais reconnaître là une BD commerciale de plus, attirant le chaland par la promesse de corps nus à toutes les pages. Et puis les couvertures ne m'attiraient vraiment pas.
Mais mes craintes n'étaient pas fondées et j'ai été agréablement surpris.
Agréablement surpris déjà par le dessin. J'aime bien le style de Darasse. Ses personnages me rappellent ceux de son autre série Le Gang Mazda que j'aimais déjà. Et étrangement, ses décors me font penser à ceux, excellentes, de Janry, ce qui m'a interloqué quand je voyais Tome au scénario. Quoiqu'il en soit, tant au niveau du trait que des couleurs, c'est un dessin pro qui me plait bien. Et puis quant à avoir droit à des hommes et femmes nus à chaque page, autant que les femmes soient belles, et c'est le cas ici. Darasse réussit à rendre charmante les femmes même les plus potelées.
A la lecture du début du premier tome, je dois dire que je n'ai pas tout de suite accroché. Il s'entame en effet par une présentation des différents personnages dans leur vie "textile" et professionnelle avant de tous les retrouver quelques pages plus loin sur l'île naturiste des Minoukinis. Puis une fois sur place, les gags ne m'ont encore une fois fait que sourire dans un premier temps car ce sont des gags de mise en place, abordant les idées classiques de ce qu'on peut imaginer sur une communauté nudistes.
Mais au fil des pages, et surtout dans le deuxième tome, j'ai trouvé que l'humour devenait vraiment bon. Les histoires abordent cette communauté naturiste avec une certaine tendresse et une vraie authenticité. Quant aux gags, ils m'ont rappelé certaines planches un peu olé-olé de la série Le Petit Spirou du même scénariste, à la différence près que le public cible des Minoukinis étant plus âgé, il se lâche un peu plus. Pas trop de tabou donc dans cette communauté, même si l'érotisme reste très soft.
Des chutes de gags assez fines parfois, du moins sans grosse blague pointée du doigt pour lecteur mentalement amorphe, m'ont parfois vraiment fait éclater de rire (surtout dans le second tome, je le répète).
Bref, une lecture sympathique, sur une communauté attachante même si le naturisme n'est vraiment pas ma tasse de thé dans la vie réelle.
J'ai découvert Rocky au festival d'Angoulême 2007, il y avait quelques strips dans un magazine du festival. Ces quelques images ont suffi pour que je fonce tête baissée sur cette BD. Et grand bien m'en a pris...
Je crois que je n'ai jamais autant rigolé en lisant une BD. Les dessins sont simples mais efficaces, la majorité des gags sont excellents, les dialogues magiques (merci aux traducteurs) et la mise en page très aérée; et l'ensemble est franchement volumineux.
Pour une excellente série qui commence (malgré les nombreux volumes sortis en suède); j'attends le prochain avec impatience !!!
Victor Hugo n’avait que 27 ans quand il publia « Le dernier jour d’un condamné ». Avec plus de 150 ans d’avance sur l’Histoire, il signa là un réquisitoire poignant contre la peine de mort.
Stanislas Gros a adapté avec une grande fidélité le récit. L’intrigue passe rapidement au second plan puisque le nom du condamné ainsi que les motifs de son incarcération sont totalement inconnus. En revanche, l’auteur met l’accent sur la souffrance morale et sur l’attente horrible qui précède le moment fatidique. Certains passages très légers laissent rapidement place à d’autres plus émouvants et même tragiques, notamment quand la petite fille du prisonnier ne parvient pas à reconnaître son propre père. Quant à la mort, représentée symboliquement par un crâne encapé, elle attend son heure avec impatience.
Stanislas Gros illustre de façon remarquable le récit. Les décors en prison sont minimalistes afin d’attirer toute l’attention du lecteur sur l’expression des personnages. Les couleurs, aux dominantes sombres voire noires, sont parfaitement maîtrisées par Marie Galopin.
« Le dernier jour d’un condamné » inaugure de bien belle façon « Ex-Libris », la nouvelle collection de Delcourt dirigée par Jean-David Morvan.
Louis Ferchot, un gentil gaucho aux penchants anarchistes nous emmène dans ses aventures entre deux guerres. La Guigne, c'est son surnom, il se retrouve toujours au mauvais endroit, au mauvais moment (de l'histoire) dans un pays rempli de fachos. Et les fachos, il n’aime pas le Loulou, du coup à chaque album, il en prend plein la tronche sans broncher.
Grâce à cet anti-héros rapidement attachant, Frank Giroud nous fait découvrir une époque fascinante où les extrêmes se rencontrent et s'affrontent, dans ce qui apparaît comme les prémices de la seconde guerre mondiale et de la guerre froide ; partie de notre siècle qui me fascine.
Les dessins sont "à l'ancienne" et donne une ambiance glauque qui colle assez bien au personnage. La structure des histoires est, elle, plutôt classique mais pas déplaisante.
On pourra juste reprocher à l'auteur d'afficher des opinions politiques radicales qui peuvent ne pas être du goût de tout le monde. En gros si vous aimez Bilal quand il ne fait pas du fantastique vous aimerez.
Série à prendre avec des pincettes donc et qui aurait mérité une fin digne de ce nom pour devenir culte.
Nemon, simple d’esprit, est chasseur de mouches dans le port de Marseille. Il est la risée des locaux qui ne voient en lui qu’un simplet aux mains atrophiées. Mais Nemon s’en fiche, il est le meilleur chasseur de mouches de la ville et en est fier !
Un Futuropolis des années 80 avec la signature de Berberian au scénario était trop tentant. Cet album est le quatrième de l’auteur accompagné pour l’occasion d’Aussel pour les dessins. Les planches sont contrastées : certaines sont assez chargées avec un trait un peu brouillon qui rend la lecture difficile, d’autres sont plus dépouillées. Heureusement, le contour des personnages reste net, ce qui permet de les dissocier de l’arrière-plan parfois flou et confus. La grande force de ce récit réside dans sa narration. Je reste admiratif devant le travail de Berberian qui part d’une situation assez anodine pour arriver à un final à la fois triste et déroutant mais très émouvant. Le récit monte donc en puissance pour terminer sur une image forte.
A découvrir !
[Assez glauque cependant, âmes sensibles...]
En matière d'humour absurde, Letzer et Cromheecke avaient déjà fait leurs armes avec Tom Carbone. Leur style s'est cependant affiné avec Plunk puisque les gags, tout en étant plus épurés, sont également plus percutants.
Le dessin est simple mais efficace, avec une vraie bouille bien expressive, et parfois bien idiote, pour le personnage du Plunk lui-même.
Les gags sont un peu inégaux. Sur certains d'entre eux, on voit en effet la chute venir et cela n'amène guère plus qu'un sourire. Mais sur d'autres, la chute est vraiment tellement surprenante que le rire est immédiat pour qui aime l'humour absurde. C'est si bon et rare de l'humour suffisamment original pour offrir des chutes inattendues. D'autant plus que tous les délires étant permis sur le concept du Plunk, cela permet des gags diversifiés.
Seul défaut, l'album se lit un peu trop vite. Mais c'est une bonne tranche de sourires et de pas mal de rires donc n'hésitez pas à le lire.
Je considérais l’époque de la prohibition comme de vulgaires règlements de compte entre gangsters jusqu’à ce que je lise « Mafia Story »…
« Ce qui est à nous », la bd à partir laquelle est venue « Mafia Story », est une série qui me fascine par son côté historique, mais le nombre de tomes qui la compose me rebute toujours de me lancer dans cette lecture. « Mafia story » a le gros avantage par rapport à « Ce qui est à nous » de nous proposer, à ce jour, 2 tomes qui forme une histoire complète.
Le premier cycle de « Mafia Story » raconte la vie de Dutch Schultz qui a vécu dans les années 1930 et qui fut l’un des plus grands caïds de New-York.
A la lecture de ces deux albums, je suis admiratif devant la précision des faits historiques et du gros travail de documentation que cela a dû induire à Chauvel, le scénariste de la série.
La vie de Dutch est exposée d’une manière incroyablement claire et cohérente. Malgré la complexité des relations de ce gangster et de sa vie agitée, la lecture m’est apparue plaisante et facile à suivre. Le mini-dossier présenté à la fin des tomes satisfera les acharnés de faits historiques.
Mais ce qui m’a fasciné le plus dans cette série, c’est sa capacité à nous faire comprendre que la prohibition a vraiment marqué l’histoire de l’Amérique. Ainsi, au-delà des rivalités entre gangs, ces caïds avaient beaucoup d’influences sur le pouvoir politique de cette époque. Le fait d’avoir les hauts responsables entre leurs mains, ces gangsters pouvaient aussi influencer par des pots de vins et par des trahisons des populations et donc l’économie d’un pays comme les Etats-Unis !
Les décors de New-York dessiné par Le Saec sont très détaillés. La mise en couleurs est très réussie, elle retransmet bien l’ambiance qu’on se fait de cette époque. Pour un peu, on se croirait en train de regarder le film de Sergio Léone « Il était une fois en Amérique » ! Le seul défaut que j’ai trouvé envers le dessin de Le Saec, c’est la difficulté par moments à bien distinguer les visages des différents personnages de la bd.
Les amoureux de récits historiques devraient, à mon avis, être aux anges en lisant cette série. Les faits y sont relatés d’une manière très précise. Grâce à un scénario clair et à une ambiance réussie qui nous fait plonger dans les années 30, la lecture se révèle très agréable. Cependant, je doute que les lecteurs qui détestent les récits historiques apprécieront cette bd car elle ne comporte pas de scènes romancées et les séquences d’action se résument à quelques courses poursuites ou règlements de compte avec l’arme aux poings en une-demi page.
Pour ma part, je ne regrette absolument pas mon achat et j’attends impatiemment le prochain cycle !
Les deux précédents avis résument à merveille ces deux tomes des aventures d'Aymeric : à savoir une solide documentation au service d'un récit construit sur suffisamment de péripéties pour instruire en même temps que divertir.
La structure du scénario peut paraître classique, mais elle est habile, notamment grâce à ses textes brefs et directs conjugués à des dialogues vivants qui évitent la lourdeur ou la redondance d'une bande dessinée historique didactique.
Le dessin n'est pas en reste, Forton illustre son récit avec vivacité, même si son style semble un peu académique parfois. Il n'en est pas moins maîtrisé et se permet quelques audaces dans les choix d'angles tout en maintenant une indéniable fluidité aux scénarios. S'il se laisse aller à quelques schématismes, son dessin n'en oublie pas la rigueur historique et restitue quelques moments avec force : la scène où les cathares se jettent au bûcher est un moment qui vous marque pour longtemps.
Dommage que la mise en couleur manque parfois de réalisme et trouble le sérieux du travail des deux auteurs.
Donc, de passionnants moments d'Histoire raconté dans un style solide, sans doute pas révolutionnaire, mais efficace et sérieux, ce qui n'est pas rien. Un gage de qualité qui peut séduire un large public.
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L'Homme des Caraibes (Sven)
Une histoire d'aventure bien menée avec des personnages typés, des disputes et des situations tortueuses.... Le trait est fabuleux et l'univers bien retranscrit. La version noir et blanc est pour moi la meilleure. Un indispensable.
Cotton Kid
Une très bonne série qui doit soutenir l'incessante comparaison avec "Lucky Lucke", et force et de constater que la comparaison ne joue pas en la défaveur de Cotton Kid. Léturgie (qui par ailleurs a co-signé avec Fauche quelques-uns des meilleurs albums de Morris) se révèle un digne héritier de Goscinny. Il sait exploiter chaque situation avec humour et vivacité pour créer des scénarios lisibles et sans temps morts. L'idée de lancer Cotton Kid sur les traces de son frère Trévor dans ses enquêtes (ce dernier étant un détective particulièrement maladroit de l'agence Pinkerton) donne lieu à de nombreux quiproquos tout-à-fait réjouissants pour maintenir l'équilibre de départ : Trévor doit rester un héros au yeux de son petit frère même si c'est involontairement grâce à lui qu'il réussit ses missions, et c'est au grand dam de ses supérieurs qu'il les réussit, vu les piètres résultats de sa formation. Evidément, Trévor est un personnage sophistiqué et suffisant, bien convaincu de son talent et loin d'imaginer la véritable raison de ses réussites. Il faut toute la naïveté et la bonne volonté de Cotton Kid pour sauver la face de son frère dans un far-west parfaitement sauvage où le détective de Pinkerton nargue dédaigneusement les sinistres brutes qui le peuplent. Brillants dialogues et renouvellement des situations, pas de doutes, le scénariste a parfaitement réussi à créer une situation originale pour explorer avec humour le western. Pearce (Conrad donc) possède une évidente parenté avec le style de Morris (Il a déjà commis avec Léturgie un excellent Kid Lucky). Sens du dynamisme et personnalité des personnages, il met en valeur d'un trait simple et nerveux les textes de son scénariste pour un résultat efficace et sans prétention. Une belle série humoristique, proche par son cadre de "Lucky Lucke", mais servie à merveille par des auteurs rompus à l'exercice qui à partir d'un cadre originale revisitent avec style et panache le western parodique.
Les Minoukinis (Bronzage intégral)
Note approximative : 3.5/5 J'étais persuadé que je n'allais pas aimer cette BD car, d'une part je n'avais pas vu qui étaient ses auteurs, et d'autre part je croyais reconnaître là une BD commerciale de plus, attirant le chaland par la promesse de corps nus à toutes les pages. Et puis les couvertures ne m'attiraient vraiment pas. Mais mes craintes n'étaient pas fondées et j'ai été agréablement surpris. Agréablement surpris déjà par le dessin. J'aime bien le style de Darasse. Ses personnages me rappellent ceux de son autre série Le Gang Mazda que j'aimais déjà. Et étrangement, ses décors me font penser à ceux, excellentes, de Janry, ce qui m'a interloqué quand je voyais Tome au scénario. Quoiqu'il en soit, tant au niveau du trait que des couleurs, c'est un dessin pro qui me plait bien. Et puis quant à avoir droit à des hommes et femmes nus à chaque page, autant que les femmes soient belles, et c'est le cas ici. Darasse réussit à rendre charmante les femmes même les plus potelées. A la lecture du début du premier tome, je dois dire que je n'ai pas tout de suite accroché. Il s'entame en effet par une présentation des différents personnages dans leur vie "textile" et professionnelle avant de tous les retrouver quelques pages plus loin sur l'île naturiste des Minoukinis. Puis une fois sur place, les gags ne m'ont encore une fois fait que sourire dans un premier temps car ce sont des gags de mise en place, abordant les idées classiques de ce qu'on peut imaginer sur une communauté nudistes. Mais au fil des pages, et surtout dans le deuxième tome, j'ai trouvé que l'humour devenait vraiment bon. Les histoires abordent cette communauté naturiste avec une certaine tendresse et une vraie authenticité. Quant aux gags, ils m'ont rappelé certaines planches un peu olé-olé de la série Le Petit Spirou du même scénariste, à la différence près que le public cible des Minoukinis étant plus âgé, il se lâche un peu plus. Pas trop de tabou donc dans cette communauté, même si l'érotisme reste très soft. Des chutes de gags assez fines parfois, du moins sans grosse blague pointée du doigt pour lecteur mentalement amorphe, m'ont parfois vraiment fait éclater de rire (surtout dans le second tome, je le répète). Bref, une lecture sympathique, sur une communauté attachante même si le naturisme n'est vraiment pas ma tasse de thé dans la vie réelle.
Rocky
J'ai découvert Rocky au festival d'Angoulême 2007, il y avait quelques strips dans un magazine du festival. Ces quelques images ont suffi pour que je fonce tête baissée sur cette BD. Et grand bien m'en a pris... Je crois que je n'ai jamais autant rigolé en lisant une BD. Les dessins sont simples mais efficaces, la majorité des gags sont excellents, les dialogues magiques (merci aux traducteurs) et la mise en page très aérée; et l'ensemble est franchement volumineux. Pour une excellente série qui commence (malgré les nombreux volumes sortis en suède); j'attends le prochain avec impatience !!!
Le Dernier Jour d'un Condamné de Victor Hugo
Victor Hugo n’avait que 27 ans quand il publia « Le dernier jour d’un condamné ». Avec plus de 150 ans d’avance sur l’Histoire, il signa là un réquisitoire poignant contre la peine de mort. Stanislas Gros a adapté avec une grande fidélité le récit. L’intrigue passe rapidement au second plan puisque le nom du condamné ainsi que les motifs de son incarcération sont totalement inconnus. En revanche, l’auteur met l’accent sur la souffrance morale et sur l’attente horrible qui précède le moment fatidique. Certains passages très légers laissent rapidement place à d’autres plus émouvants et même tragiques, notamment quand la petite fille du prisonnier ne parvient pas à reconnaître son propre père. Quant à la mort, représentée symboliquement par un crâne encapé, elle attend son heure avec impatience. Stanislas Gros illustre de façon remarquable le récit. Les décors en prison sont minimalistes afin d’attirer toute l’attention du lecteur sur l’expression des personnages. Les couleurs, aux dominantes sombres voire noires, sont parfaitement maîtrisées par Marie Galopin. « Le dernier jour d’un condamné » inaugure de bien belle façon « Ex-Libris », la nouvelle collection de Delcourt dirigée par Jean-David Morvan.
Louis la Guigne
Louis Ferchot, un gentil gaucho aux penchants anarchistes nous emmène dans ses aventures entre deux guerres. La Guigne, c'est son surnom, il se retrouve toujours au mauvais endroit, au mauvais moment (de l'histoire) dans un pays rempli de fachos. Et les fachos, il n’aime pas le Loulou, du coup à chaque album, il en prend plein la tronche sans broncher. Grâce à cet anti-héros rapidement attachant, Frank Giroud nous fait découvrir une époque fascinante où les extrêmes se rencontrent et s'affrontent, dans ce qui apparaît comme les prémices de la seconde guerre mondiale et de la guerre froide ; partie de notre siècle qui me fascine. Les dessins sont "à l'ancienne" et donne une ambiance glauque qui colle assez bien au personnage. La structure des histoires est, elle, plutôt classique mais pas déplaisante. On pourra juste reprocher à l'auteur d'afficher des opinions politiques radicales qui peuvent ne pas être du goût de tout le monde. En gros si vous aimez Bilal quand il ne fait pas du fantastique vous aimerez. Série à prendre avec des pincettes donc et qui aurait mérité une fin digne de ce nom pour devenir culte.
Des mouches pour Nemon
Nemon, simple d’esprit, est chasseur de mouches dans le port de Marseille. Il est la risée des locaux qui ne voient en lui qu’un simplet aux mains atrophiées. Mais Nemon s’en fiche, il est le meilleur chasseur de mouches de la ville et en est fier ! Un Futuropolis des années 80 avec la signature de Berberian au scénario était trop tentant. Cet album est le quatrième de l’auteur accompagné pour l’occasion d’Aussel pour les dessins. Les planches sont contrastées : certaines sont assez chargées avec un trait un peu brouillon qui rend la lecture difficile, d’autres sont plus dépouillées. Heureusement, le contour des personnages reste net, ce qui permet de les dissocier de l’arrière-plan parfois flou et confus. La grande force de ce récit réside dans sa narration. Je reste admiratif devant le travail de Berberian qui part d’une situation assez anodine pour arriver à un final à la fois triste et déroutant mais très émouvant. Le récit monte donc en puissance pour terminer sur une image forte. A découvrir ! [Assez glauque cependant, âmes sensibles...]
Plunk
En matière d'humour absurde, Letzer et Cromheecke avaient déjà fait leurs armes avec Tom Carbone. Leur style s'est cependant affiné avec Plunk puisque les gags, tout en étant plus épurés, sont également plus percutants. Le dessin est simple mais efficace, avec une vraie bouille bien expressive, et parfois bien idiote, pour le personnage du Plunk lui-même. Les gags sont un peu inégaux. Sur certains d'entre eux, on voit en effet la chute venir et cela n'amène guère plus qu'un sourire. Mais sur d'autres, la chute est vraiment tellement surprenante que le rire est immédiat pour qui aime l'humour absurde. C'est si bon et rare de l'humour suffisamment original pour offrir des chutes inattendues. D'autant plus que tous les délires étant permis sur le concept du Plunk, cela permet des gags diversifiés. Seul défaut, l'album se lit un peu trop vite. Mais c'est une bonne tranche de sourires et de pas mal de rires donc n'hésitez pas à le lire.
Les Parrains - Il était une fois à New York (Mafia Story)
Je considérais l’époque de la prohibition comme de vulgaires règlements de compte entre gangsters jusqu’à ce que je lise « Mafia Story »… « Ce qui est à nous », la bd à partir laquelle est venue « Mafia Story », est une série qui me fascine par son côté historique, mais le nombre de tomes qui la compose me rebute toujours de me lancer dans cette lecture. « Mafia story » a le gros avantage par rapport à « Ce qui est à nous » de nous proposer, à ce jour, 2 tomes qui forme une histoire complète. Le premier cycle de « Mafia Story » raconte la vie de Dutch Schultz qui a vécu dans les années 1930 et qui fut l’un des plus grands caïds de New-York. A la lecture de ces deux albums, je suis admiratif devant la précision des faits historiques et du gros travail de documentation que cela a dû induire à Chauvel, le scénariste de la série. La vie de Dutch est exposée d’une manière incroyablement claire et cohérente. Malgré la complexité des relations de ce gangster et de sa vie agitée, la lecture m’est apparue plaisante et facile à suivre. Le mini-dossier présenté à la fin des tomes satisfera les acharnés de faits historiques. Mais ce qui m’a fasciné le plus dans cette série, c’est sa capacité à nous faire comprendre que la prohibition a vraiment marqué l’histoire de l’Amérique. Ainsi, au-delà des rivalités entre gangs, ces caïds avaient beaucoup d’influences sur le pouvoir politique de cette époque. Le fait d’avoir les hauts responsables entre leurs mains, ces gangsters pouvaient aussi influencer par des pots de vins et par des trahisons des populations et donc l’économie d’un pays comme les Etats-Unis ! Les décors de New-York dessiné par Le Saec sont très détaillés. La mise en couleurs est très réussie, elle retransmet bien l’ambiance qu’on se fait de cette époque. Pour un peu, on se croirait en train de regarder le film de Sergio Léone « Il était une fois en Amérique » ! Le seul défaut que j’ai trouvé envers le dessin de Le Saec, c’est la difficulté par moments à bien distinguer les visages des différents personnages de la bd. Les amoureux de récits historiques devraient, à mon avis, être aux anges en lisant cette série. Les faits y sont relatés d’une manière très précise. Grâce à un scénario clair et à une ambiance réussie qui nous fait plonger dans les années 30, la lecture se révèle très agréable. Cependant, je doute que les lecteurs qui détestent les récits historiques apprécieront cette bd car elle ne comporte pas de scènes romancées et les séquences d’action se résument à quelques courses poursuites ou règlements de compte avec l’arme aux poings en une-demi page. Pour ma part, je ne regrette absolument pas mon achat et j’attends impatiemment le prochain cycle !
Aymeric
Les deux précédents avis résument à merveille ces deux tomes des aventures d'Aymeric : à savoir une solide documentation au service d'un récit construit sur suffisamment de péripéties pour instruire en même temps que divertir. La structure du scénario peut paraître classique, mais elle est habile, notamment grâce à ses textes brefs et directs conjugués à des dialogues vivants qui évitent la lourdeur ou la redondance d'une bande dessinée historique didactique. Le dessin n'est pas en reste, Forton illustre son récit avec vivacité, même si son style semble un peu académique parfois. Il n'en est pas moins maîtrisé et se permet quelques audaces dans les choix d'angles tout en maintenant une indéniable fluidité aux scénarios. S'il se laisse aller à quelques schématismes, son dessin n'en oublie pas la rigueur historique et restitue quelques moments avec force : la scène où les cathares se jettent au bûcher est un moment qui vous marque pour longtemps. Dommage que la mise en couleur manque parfois de réalisme et trouble le sérieux du travail des deux auteurs. Donc, de passionnants moments d'Histoire raconté dans un style solide, sans doute pas révolutionnaire, mais efficace et sérieux, ce qui n'est pas rien. Un gage de qualité qui peut séduire un large public.