Lune de guerre

Note: 3.37/5
(3.37/5 pour 51 avis)

Un mariage qui tourne mal... (c'est le moins que l'on puisse dire)


Aire Libre BDs adaptées en film Petits villages perdus Secrets de famille... Van hamme

Deux familles, les Maillard et les Cazeville, vont s'unir par l'intermédiaire de Dominique et Jérôme, pour le meilleur et surtout pour le pire Tout le monde se retrouve à "la ferme du gaucher", un restaurant bien coté de la région... Mais un petit soucis va déclencher une dispute: les crevettes ne sont pas fraîche! Le ton monte et on finit par sortir les fusils... et là commence l'histoire d'un mariage d'amour qui se termine en bataille rangée pleine de haine et de rancoeur, qui va permettre de révélé les personnalités de chacun, mais également quelques secrets de famille...

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 2000
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Lune de guerre
Les notes (51)
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Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Plusieurs réflexions après la lecture de cet album. Quand deux grands noms de la bande dessinée s'associent, l'on peut avoir trop d'attente et placer la barre très haute. Ici même si je ne crie pas au génie je doit dire que nous sommes en face d'un truc assez balaise . Van Hamme nous croque une galerie de personnages assez fabuleux, et sans tomber dans la caricature facile, il nous montre des beaufs ordinaires qui ne sont pas sans rappeler certains rôles vus dans le cinéma de Chabrol. Quelle "magnifique" peinture de la connerie humaine! ou de sentiments aussi vains que l’orgueil mal placé. Après avoir lu cette histoire que l'on ne s'étonne pas que des guerres soient déclenchées dans le monde. Un scénario parfaitement calibré, pro, bien huilé ou la tension monte crescendo, des évènements à priori anodins sont amenés qui trouveront leur place dans le puzzle final. Pour reproduire ces caractères humains, Hermann au dessin est comme à son habitude très à l'aise, au pire pourrait on lui reprocher cet aspect anguleux dans les visages féminins mais là je chipote Tout ça est vraiment bon, tient plus que la route ( prouve que lorsque Hermann possède un bon scénario il fait des étincelles). A lire pour se rappeler que vivre ensemble est un combat de tous les jours et qu'il y a encore du boulot.

08/05/2015 (modifier)
Par Jérem
Note: 3/5

L’idée de départ de cet album est séduisante ; un conflit mineur entre un patriarche autoritaire et un aubergiste borné dégénère en une véritable bataille rangée. La noce se transforme en drame et Van Hamme, en scénariste expérimenté, fait progressivement monter la tension et la violence à son paroxysme. L’histoire est intéressante et très bien menée mais le très grand nombre de personnages est pour moi un petit défaut qui nuit un peu à la parfaite fluidité de la trame. De plus, certains d’entre eux sont à peine esquissés, d’autres sont peu travaillés et deviennent de fait trop stéréotypés. C’est dommage. Les dessins de Hermann sont une fois encore magnifiques. L’action est claire et limpide mais certains personnages sont difficiles à différencier. Lune de guerre est un album prenant qui oscille pour moi entre 3 et 4 étoiles.

05/03/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Avant tout, ce one-shot marque la rencontre de 2 grands auteurs de BD. L'un a illustré un huis-clos sauvage et fulgurant, l'autre a échafaudé un scénario tellement ahurissant et tellement extrême que le lecteur en reste secoué. Secoué surtout devant la stupidité aveuglante de l'homme, qui révèle dans ce récit ses plus bas instincts, en accomplissant la synthèse de toutes les guerres qu'il a engendrées. Et souvent pour de futiles raisons, on en a un exemple frappant ici, avec cette histoire de crevettes. Et ça donne une opposition due à un banal incident qui aurait pu se régler à l'amiable, entre un paysan enrichi et imbu de lui-même, devant qui tout doit plier, et un aubergiste vexé, impulsif et preneur d'otages. Tous deux se cabrent, les mots se durcissent, c'est l'explosion. Dès lors, on assiste au sein de ce décor unique à un siège en règle, où la tension monte au fil des pages et où la violence agit comme un révélateur de la nature humaine ; la vérité de chacun apparaît alors, l'affrontement vire au carnage où la mort fauche aveuglément des innocents. Malgré un trop grand nombre de personnages (29 exactement plus 1 chien), on s'y perd un peu au début et il faut du temps pour identifier tout le monde ; certains sont sacrifiés et trop vite brossés, mais ces défauts sont rattrapés par la peinture des caractères qu'en fait Van Hamme (même si la plupart sont peu nuancés) et le dessin remarquable de Hermann qui ici, n'utilise que des couleurs tristes donnant un aspect sombre et tragique au récit. Personnellement, je le trouve plus à l'aise dans les grands paysages ensoleillés de Comanche ou les voyages exotiques de Bernard Prince, mais son génie graphique s'exprime quand même bien ici. On peut regretter une fin un peu trop hâtive, mais cet album inégalé, dont l'escalade de la violence paraît excessive et fait penser à celle en crescendo du film de Spike Lee "Do the right thing", est d'après la préface de Van Hamme, inspiré d'un fait réel (heureusement conclu de façon plus raisonnable), c'est dire si les auteurs démontrent avec acuité que l'homme est un fléau pour lui-même, qu'il est capable des pires horreurs et jusqu'où la folie peut mener ; un constat amer qui laisse pensif.

22/10/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Le scénario de Van Hamme est, comme d’habitude, bien huilé, très "pro", un bon script de film. Cette volonté de tenir en haleine le lecteur, avec action et rebondissements savamment distillés est sa marque de fabrique, et cette histoire n’y déroge pas. Il y a ici une bonne palette de crétins, plus ou moins méchants, de types à la fierté mal placée, le tout enrobé de rancœurs qui éclatent comme des bubons sur un corps contaminé au contact de la pire des maladies, la connerie humaine, ordinaire. Ceci étant dit, si l’histoire se laisse lire, je ne l’ai pas trouvée non plus transcendante, et je ne pense pas y retourner. Le dessin d’Hermann est classique pour lui, c'est-à-dire plutôt bon. Deux bémols toutefois. Tout d’abord il est bien meilleur pour les extérieurs et les grands espaces, et comme ici on a affaire à une sorte de huis clos et à des décors d’intérieur… Ensuite, mais je m’étais déjà fait la remarque à son propos, je trouve qu’il ne réussit pas les visages féminins, qui ont parfois des airs de Néanderthaliennes… Vite lu, et presque aussi vite oublié, donc, cet album réunissant deux grands "noms" de la bande dessinée m’a clairement laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.

08/10/2013 (modifier)
Par Jul
Note: 3/5

Une bonne bd d'Hermann mais je préfère nettement ses albums de Jeremiah. Là nous avons affaire à un simple fait divers (un mariage qui tourne mal à cause de crevettes) et bascule donc dans la violence et le sang. Graphiquement c'est superbe comme d'habitude avec Hermann. La couleur directe à l'aquarelle est très jolie (surtout de nuit). Les visages un peu moins, un truc un peu crispant chez Hermann. Ils sont tous larges et durs, même les femmes, mais bon on s’habitue. Et puis tout le reste est très joli. Le problème avec ce genre de récit (et le style d'Hermann) c'est que cela essaye de coller de trop près à des trucs qu'on a vu au cinéma ou à la télé, essayant de singer les tics de la série B. Du coup c'est assez banal au final. Une bd sera toujours moins puissante qu'un film donc autant développer un truc original qu'on ne voit pas au cinéma. Mais bon cela dit j'adore vraiment sa série Jeremiah. Un vrai western S.F très cinématographique également mais qui me touche plus que ce simple fait divers.

22/08/2013 (modifier)
Par Chéreau
Note: 3/5

Je vais tâcher de noter de mémoire cet album lu il y a quelques années. L'argument m'avait séduit : deux familles s'entretuent le jour du mariage qui doit les unir, pour un prétexte stupide : les crevettes ne sont pas fraîches. Le crescendo reste crédible, Van Hamme ayant rajouté suffisamment de rancœurs recuites pour rendre plausible le déchaînement de violence. Ce sont plutôt les personnages, un poil caricaturaux, qui m'ont laissé sur ma faim. La fille allumeuse, le père dominateur et tyrannique, etc... Et puis, j'ai du mal à accrocher au dessin d'Hermann, qui passe mieux, à tout prendre, dans le contexte médieval des Tours de Bois-Maury, ou bien dans le far-west de Comanche, deux séries où les scènes en pleine nature et les atmosphères en clair-obscur paraissent mieux adaptées à ce trait à la fois esquissé et nerveux. Dans ce récit très contemporain et cette ambiance réaliste voire quotidienne, le dessin d'Hermann fait presque anachronique.

20/11/2011 (modifier)
Par cac
Note: 3/5

Édifiant. Van Hamme à partir d'une petite anecdote entendue à un dîner parvient à inventer une histoire sur ce qui aurait pu se passer. Avec ce mariage qui tourne au vinaigre, le scénariste parvient à faire monter la pression au fil des pages. On y voit le niveau de bêtise humaine entre la famille du marié et le restaurateur qui tient la promise et sa belle-mère en otages. Il y a beaucoup de personnages et on s'y perd un peu d'autant plus si comme moi on ne lit pas la présentation des parties prenantes au début de l'album. Van Hamme grossit le trait, ses personnages sont franchement stupides, cruels, cupides et les secrets de famille se font jour dans cette noce folle. Hermann assure au niveau dessins, il parvient à donner des visages bien distincts à tous les participants et met en scène ce drame de belle manière. Un bon one-shot pour les amateurs de dîner de famille épicé :)

31/08/2010 (modifier)
Par kalish
Note: 4/5

J’aime bien les séries courtes de Van Hamme. A partir d’une petite histoire à la con, il arrive à te tirer un effrayant fait divers. Une pléiade de personnages stéréotypés mais néanmoins crédibles vont se retrouver entraînés dans une tuerie sanglante pour une simple affaire de fierté. Donner des caractères si tranchés à ses protagonistes pourrait passer pour une facilité de la part de l’auteur. Mais sur un one-shot où les pages sont limitées, ce procédé ne pose pas de problème puisqu’il permet d’enchaîner directement sur les péripéties de cette histoire qui va à cent à l’heure. On lit tout d’une traite pour savoir qui sera sacrifié. Quelques bons rebondissements et coups de théâtre et le tour est joué, du travail de pro. Côté dessin, ça l’est tout autant. Hermann est fidèle à lui-même, je ne suis habituellement pas admiratif de son trait mais il m’a simplement plu. Alors autant dire que pour les fans…

16/10/2009 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Il y a quelques années déjà, la collection Aire Libre réunissait une Dream Team pour un one-shot que beaucoup s’imaginaient fabuleux. Avec l’expérience, je sais malheureusement que ce genre d’initiative débouche rarement sur un chef-d’œuvre. Au scénario : Van Hamme. Tout le monde connaît son talent d’écriture, son art de la dramaturgie. Pour les besoins du présent opus, il nous sert un huis-clos inspiré par une anecdote véridique. L’histoire est plaisante, bien menée, mais peu crédible à mes yeux. J’ai du mal à croire qu’une discorde aussi puérile puisse déboucher sur un tel carnage. Ceci dit (et je me répète), l’histoire est plaisante à lire. Au dessin : Hermann. On connaît le talent incontestable de cet artiste du crayon. Hermann excelle dans la reproduction d’un paysage, de bâtiments ou d’animaux, mais pêche un peu au niveau de ses personnages aux traits souvent trop caricaturaux. Cette particularité fait que ses visages féminins sont souvent disgracieux. Résultat : une histoire plaisante, mais peu crédible, peuplée d’une multitude de personnages auxquels on n’a pas le temps de s’attacher (30 rôles pour 60 pages), et qui ne flatte pas le talent de son dessinateur, plus à l’aise dans ses paysages que dans ses personnages. Pas mal, sans plus …

22/07/2009 (modifier)

Prenez un mariage, 30 des convives, leurs rancœurs, leur défauts, leurs rancunes, leur folie, touillez le tout pour un one shot de 60 pages qui devient un bain de sang, vous en pensez quoi ? Si la promesse de deux signatures était alléchante, le résultat est vraiment dramatique. Le scénario se complique tout seul dans un one shot ou avec 60 planches on essaie de faire vivre 30 personnages. Si le début est banal, très vite le scénario est prenant. On ne comprend pas tout on devine petit à petit les rancœurs, tout cela monte très vite en intensité, et on se retrouve dans de la violence féroce avant même d’avoir eu le temps de comprendre comment on en était arrivé là. En revanche ensuite même si la tension monte progressivement de façon maitrisée, pour ma part j’ai décroché, trop d’incohérence, personnages tous névrotiques sans tabou et sans censure que l’on ne peut même pas apprivoiser car trop rapidement survolés, trop de décalage entre les causes et les conséquences. Le dessin est agréable au début, les couleurs sont habilement choisis et les plans très vivants, mais après un certain temps, l’histoire se compliquant et les personnages nombreux, j’ai eu l’impression d’un flou artistique général peu engageant. Au final le début promet, on arrive au milieu sans avoir eu le temps de dire ouf et puis la seconde partie n’est qu’une escalade ridicule de violence à laquelle nous sommes extérieurs. Le bain de sang final laisse plus de questions qu’il n’apporte de réponse. Bof donc, dommage j’attendais mieux d’une telle collaboration. La lecture peut être justifiée pour ce joli exercice de style à partir d’une crevette pas fraiche, des dessins maitrisés et surtout un scénario très habilement construit, mais trop de manques font que l’achat ne me parait vraiment pas indispensable.

11/05/2009 (modifier)