Les derniers avis (32287 avis)

Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Saison de la Couloeuvre
La Saison de la Couloeuvre

La bande dessinée, c'est formidable. Vous pouvez, avec de la chance, tomber sur des auteurs au talent infini, qu'il soit graphique ou narratif, découvrir des univers torturés, audacieux, compliqués et fascinants. Serge Lehman et sa "Saison de la Couloeuvre" sont de cette trempe. Je connaissais déjà l'auteur pour avoir lu un ou deux de ses romans, toujours ou presque dans le domaine de la science-fiction, genre que j'affectionne particulièrement. Mais je n'avais pas encore discerné l'étincelle, l'âme qui en font un authentique créateur d'univers, un démiurge dont l'oeuvre passera à la postérité, à l'instar d'un Asimov, d'un Clarke ou d'un Dick, par exemple. Son passage à la bande dessinée va peut-être me faire changer d'avis. Concomitamment à un Thomas Lestrange qui, à défaut d'être indispensable, se révèle déjà intéressant, voici donc la seconde offensive, intitulée "La Saison de la Couloeuvre". Lehman y met une bonne partie de son talent à inventer des néologismes, des mots-valises vraiment bien pensés. Ainsi la Couloeuvre (il y a 3 mots accolés dans ce néologisme, ami lecteur sauras-tu les retrouver ?) côtoie les fonctionneurs ; d'autres mots apparaissent dans le récit, qui est aussi piqueté de références à d'autres oeuvres ou auteurs. Lehman a su installer un univers cohérent, fascinant, avec des ramifications énormes, que j'espère voir développées par la suite. Plutôt que de nous présenter son univers, il nous propose de le découvrir et de le comprendre au fil de l'histoire. A noter que le résumé de l'éditeur aide d'ailleurs à combler partiellement des interrogations apparues à la fin du premier tome. J'aurais été à mille lieues de penser qu'un dessinateur comme Jean-Marie Michaud (Le pays miroir, La dernière fée du pays d'Arvor, De Profundis) adhèrerait au projet de Lehman. Son talent d'illustrateur de mondes imaginaires n'est pas à mettre en doute, mais de là à faire des illustrations pleine page, avec des vues architecturales ou naturelles vertigineuses, il y a un pas. Allègrement et intelligemment franchi par le dessinateur, qui se révèle très bon sur ces images. Moins à l'aise en revanche sur les visages des personnages, qu'on a du mal à identifier par moment. Derec a l'air bien vieux pour un Bleu, et Rhéa manque cruellement d'expressions sur certaines cases. Mais pour le reste, rien à dire, Michaud étant très efficace dans son exécution, et je dois dire que le changement subtil qui intervient en cours de route est très bien amené graphiquement parlant. Bref, une BD avec un univers fascinant, une série et des auteurs à suivre !

18/09/2007 (modifier)
Par sejy
Note: 4/5
Couverture de la série Trois ombres
Trois ombres

Une œuvre bourrée d’émotions à découvrir et à aimer... deux fois Une première fois, on se laisse porter par l’aventure de Joachim, un bambin joyeux qui vit au creux des collines avec des parents aimants et amoureux. À l’écart, et ignorants du monde extérieur, ils goûtent les joies simples de la nature et d’un quotidien paisible, s’épanouissant dans une sphère rassurante, presque édénique. Presque. Car soudain tout va changer. Apparaissent trois cavaliers mystérieux et oppressants qui vont briser la quiétude de leur bonheur. Trois ombres insondables, inatteignables, menace sourde et omniprésente, qui semblent en avoir après l’enfant. Alors, plutôt que se soumettre, le père décide de fuir avec son fils… La seconde fois, lorsque l’on a saisi tous les enjeux de cette fuite en avant, on apprécie davantage la parabole subtile d’où émergent d’abord les peurs humaines les plus profondes. La mort, l’angoisse de l’inconnu, l’impuissance devant l’inacceptable, l’inéluctable. Le combat d’un homme qui, plus qu’une fugue échevelée, divulgue, au travers d’attitudes, de petits riens qui pourraient sembler si futiles, toute la tendresse d’une relation filiale, toute la dignité d’un amour paternel. Une humanité qui nous explose à la figure, devenue tellement plus évidente et plus belle. Un double plaisir qui dévoile d’autres facettes de l’auteur. Graphiquement, il passe du trait coloré et anguleux d’un Ring Circus ou d’un Shaolin Moussaka à un magnifique noir&blanc, parfois violent ou inquiétant, souvent doux et qui, par moments, n’est pas sans rappeler la ligne de Nancy Peña. Soutenu par un découpage très «cinématographique», on ne peut qu’adorer l’éloquence et la beauté qui se dégagent. L’artiste se révèle beaucoup plus intimiste, n’hésitant pas à glisser du réalisme à l’onirisme. Évitant l’écueil du pathos et de la pleurnicherie, il nous offre un récit d’une grande puissance et d’une grande justesse. Un autre Cyril Pedrosa.

18/09/2007 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Un taxi nommé Nadir
Un taxi nommé Nadir

A la lecture de nombreuses critiques positives, j'étais curieux de découvrir cet album et de comprendre ce qui plaisait tant. En effet, brièvement présenté, il n'avait pas grand chose pour m'attirer. Son sujet, le bavardage d'un chauffeur de taxi sur tout ce qui lui passe par la tête. Ah... Son dessin, des bonshommes pas terriblement dessinés et des décors aux couleurs étranges qui font penser à des photos fortement retouchées. Hum... Et sa narration, pas de bulles mais juste un texte en voix-off, plus ou moins long, en bas d'à peu près chaque case. Mouairf... Et pourtant, alors que je croyais que cela ne me plairait pas, j'ai été vraiment séduit par ma lecture. D'abord par le graphisme. J'ai dit plus haut ce qui ne me plaisait pas dans son style. Mais d'une part, je me suis assez vite fait au style des personnages qui après tout n'a que peu d'importance. Et d'autre part, j'ai été rapidement conquis par les planches de décors, ces couleurs particulières, cette impression de voir des clichés photo multicolores. Et c'est bien de cela qu'il s'agit : des clichés, des momentanés d'une ville la nuit, son ambiance visuelle, ses lumières, ses couleurs, ses passants et habitants. Il se dégage une vraie ambiance de ce graphisme et j'ai profondément été plongé dedans. Et au final, je réalise que j'aime beaucoup ce dessin très personnalisé. Quant au récit, il faut avouer que ce Nadir, chauffeur de taxi d'origine algérienne, a une sacrée tchatche. Il captive son auditoire en parlant de son métier, de sa ville, Paris, de ses anecdotes, de sa famille. Son texte est intelligent et plein de vie, prenant et touchant, intéressant et amusant. On est vraiment plongé dans son histoire, dans son métier, dans sa vie et dans la vie nocturne de Paris (plus particulièrement du Nord-Est de Paris). C'est toute une ambiance nocturne, presque onirique alors qu'elle ne montre que la réalité. J'ai été charmé, vraiment charmé. Heureux de mon achat et heureux d'avoir succombé à la curiosité engendrée par les bonnes critiques sur cet album.

18/09/2007 (modifier)
Par Arno
Note: 4/5
Couverture de la série Lex
Lex

C'est effectivement immoral, mais c'est du second degré. C'est un genre : le pulp ! J'aurais bien aimé froncer le sourcil et condamner l'absence de vertu de cette série, son apologie du crime et sa perversion des principes fondamentaux de la justice, mais que voulez-vous, j'ai trouvé la lecture fort agréable, et même je me suis bien marré. Ben ouais, quand on remet tonne d'hémoglobine après tonne d'hémoglobine, torture Aaargle après torture Aaargle, et qu'en plus on se débrouille pour glisser la grosse feinte sur les Johnson, faut comprendre qu'il y a du second degré quelque part. Un seul défaut important : la ressemblance de visage entre l'inspecteur de la police et l'inspecteur du FBI. Enfin, dans le premier tome parce qu'après... Sinon c'est la tueuse sado-maso qui me fait le plus rigoler. Y'en a pas un poster pour le dessus de mon lit ?

17/09/2007 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Là où vont nos pères
Là où vont nos pères

Effectivement, l’air de rien, cet album est très fort. L’objectif est clair : proposer une évocation sur les migrations qui ont vu arriver des millions de personnes sur le sol australien (en particulier, mais partout ailleurs en général) depuis un ou deux siècles. Le parti pris de faire une BD muette est en soi une excellente idée, car c’est une histoire universelle, que chacun d’entre nous peut comprendre, puisqu’il appartient soit à un pays ayant reçu beaucoup de migrants, soit à un pays ayant subi l’hémorragie migratoire. Du coup, cette histoire touche à l’universel. Le héros se retrouve dans un environnement totalement nouveau, avec des créatures inconnues, un langage qu’il mettra du temps à comprendre, allant d’un travail à un autre, avant de trouver celui qui lui conviendra (ou qu’on voudra bien lui donner) ; puis il se fait des amis, envoie de l’argent à sa famille… C’est finement retranscrit, et la succession des dessins rend bien le temps qui passe, les pensées qui s’envolent… Sur un mode poétique et léger, l’auteur reste fidèle à une réalité brute, lourde, séculaire. Shaun Tan propose donc une belle parabole sur les migrants et leur vie. A mettre entre toutes les mains.

17/09/2007 (modifier)
Par fonch001
Note: 4/5
Couverture de la série Aldébaran
Aldébaran

Encore une très bonne BD que j'ai découverte grâce à BDT. Le graphisme est très joli, les personnages très soignés (malgré un aspect un brin figé dans les positions -- genre roman photo -- et des yeux peu expressifs) mais surtout les paysages invitent aux voyages et malgré l'incongruité de la faune comme de la flore on entre totalement dans ce nouveau monde avec un réel plaisir. Un vrai bain de soleil, et puis le sable blanc, la mer turquoise, si ça fait pas rêver : qu'est-ce qui fait rêver ? Mais c'est surtout l'histoire qui m'a scotché. Un super rythme, beaucoup de mystère savoureusement entretenu, des personnages hauts en couleurs... Tout juste ai-je regretté un dernier tome un peu plat et convenu, apportant réponse à tout de façon un peu abrupte. Je crois bien que je vais m'essayer au second cycle :)

17/09/2007 (modifier)
Par fonch001
Note: 4/5
Couverture de la série Sous un rayon de soleil...
Sous un rayon de soleil...

Steven Spielberg sait magnifiquement nous conter à l'écran les histoires d'aventures juvéniles telles "E.T." ou "les Goonies". On retrouve cette même capacité à voir le monde à travers les yeux d'adolescents pré-pubères dans cette oeuvre de Hojo. Comme de coutume dans ce genre d'oeuvre, tout le monde il et beau, tout le monde il est gentil, les "aventures" restent puériles (sans connotation péjorative) et mignonnes. Ajoutez un brin de fantastique et une bonne dose d'écologie et vous avez une sauce qui prend plutôt pas mal, malgré quelques longueurs par moments. Au niveau du graphisme on se trouve très proche de City Hunter dont on reconnaît d'ailleurs quelques personnages (Falcon, Ryo et même Kaori). Du très bon sans grand défaut donc. En revanche l'édition m'a un peu déçu. Un papier de piètre qualité qui jaunit rapidement avec le temps, des fautes de français, des dialogues tronqués par le découpage de la page et même des pages inversées (le tome 2 débute par les pages 3 et 4 puis 1 et 2 !). On est habitué à mieux de la part de Tonkam. A conseiller à un lectorat ayant conservé une âme d'enfant.

17/09/2007 (modifier)
Par ManuB
Note: 4/5
Couverture de la série Travis
Travis

Je vais profiter de la sortie du tome 8 (le neuvième en vérité) de cette série pour donner mon avis sur les 2 premiers cycles et sur le 3ème qui vient de commencer. Duval a inventé un univers futuriste bien pensé, commun à 2 de ses séries-phares : Carmen Mc Callum et "Travis". Travailler sur une période qui suit la nôtre d’une cinquantaine d’années n’est pas une chose aisée. Il faut savoir rester raisonnable sur l’évolution scientifique pour ne pas en faire trop et pour que le lecteur puisse y croire. C’est ce qu’a réussi Duval. Au-delà de cet aspect, Il nous sert un très bon scénario : le premier cycle a une intrigue très forte, le 2ème cycle est un peu plus léger mais reste intéressant. L’action est très présente mais il n’oublie pas les phases de repos et de réflexion et de créer une vrai personnalité à chacun des acteurs. Pour ce qui est du nouveau cycle qui commence, le début est très intéressant et il reprend tous les personnages charismatiques que l’on a pu voir dans les tomes précédents. Le dessin de Quet a évolué tout au long des 8 tomes qu’il a réalisé, pour devenir parfaitement maîtrisé. Dans un style très nerveux, il dessine parfaitement toutes les scènes d’action avec des découpages très justes qui ne gênent pas la lisibilité. Le décor futuriste est bien équilibré pour rester crédible avec un futur relativement proche. Pour le tome 6.2, le seul qui n’a pas été réalisé par Quet, je trouve que Alizon s’en est bien tiré et le changement ne m’a pas trop gêné même si la qualité était moindre. Une excellent série de SF, indispensable pour les amateurs du genre, et à découvrir pour les autres, sur laquelle on sent que le scénariste peut nous offrir d’autres intrigues intéressantes sans qu’on pense qu’il cherche à épuiser le filon...

17/09/2007 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Biotope
Biotope

Le graphisme est particulier, mais si on accroche aux dessins ce n’est que du bonheur. Nombreuses sont les cases où je me suis marré juste avec les expressions des visages. Vraiment, j’adore ! Et puis l’histoire n’est pas en reste. Une improbable enquête policière sur une planète un peu étrange. Notre équipe de flics n’a pas spécialement l’air d’être la bienvenue. On enchaîne les passages purement excellents (comme par exemple dans le bar disco). Note pour le premier tome : 4,5/5 Petite déception avec le tome 2. Le dessin est toujours excellent, mais c’est du côté du scénario que ça pêche. Je n’ai pas du tout aimé la tournure inattendue prise par l’histoire. Les déambulations de Toussaint tout seul dans la forêt ou la petite guérilla entre clans c’est quand même vachement moins fun que la parodie d’enquête dans la base. Note deuxième tome : 3/5. Malgré ce second tome en-dessous du premier, je recommande vivement ce diptyque.

17/09/2007 (modifier)
Par ManuB
Note: 4/5
Couverture de la série Sept voleurs
Sept voleurs

Pour le deuxième album à sortir dans la collection « 7 » de Delcourt, c’est son directeur qui se met au travail, Chauvel, avec un dessinateur qu’il connaît bien, Lereculey, puisqu’ils ont réalisé la série Arthur ensemble. Ce one-shot est typiquement de l’Heroïc Fantasy, et à la différence de Sept psychopathes ce n’est pas l’originalité du scénario qui le démarque. En effet, on pourra trouver que les auteurs utilisent tous les classiques du genre, mais la construction du récit est beaucoup plus équilibrée que dans le premier album. La recherche des membres de l’équipe de voleurs est, je trouve, beaucoup mieux amenée, sans longueurs et de façon naturelle. La deuxième partie sur le vol en lui-même se lit très bien, sans raccourcis, et même si l’intrigue manque finalement de fond, il en reste un retournement de situation intéressant en fin d‘album. Mention spéciale aux dessins de Lereculey, même si je n’ai jamais accroché à son style dans Arthur, je trouve ici qu’il est très détaillé et très agréable à regarder. Les décors sont recherchés et il n’a pas été avare de travail sur ce point. Je ne suis pas « fan » du style de ses personnages mais je dois admettre qu’ils sont très bien réalisés. Cet album malgré son manque d’originalité et de profondeur, du à la limite imposée par le format de la collection, est très agréable à lire et mieux développé que Sept psychopathes. Espérons quand même que les prochains albums arriveront à sortir de la trame qui s’impose sur ces 2 premiers albums (comme cela a déjà été dit) : constitution de l’équipe / mission.

17/09/2007 (modifier)