Je connaissais déjà Philippe Valette pour son excellent Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle qui allie la parodie et l'hommage dans un ballet parfaitement maitrisé. Et il revient aujourd'hui avec une BD plus sombre, bien différente dans le fond et sur la forme.
Ici, l'auteur a décidé de se lancer dans un dessin bien de son style pour les personnages mais en environnement numérique bien plus réaliste. C'est une belle réussite, la narration passe parfaitement dans des visages simples et peu de personnages, tandis que les environnements permettent une immersion réelle.
Petite aparté, mais je trouve qu'il y a de nouveau un engouement vers la hard-SF, orientée vers des histoires sombres, plus documentée techniquement et aux sujets d'actualités (changements climatiques, fin du monde, questions politiques, grosses sociétés ...).
Bref, "L'héritage fossile" se pose dans un paysage de SF en renouvellement et je dois dire qu'il s'inscrit pleinement dans les thématiques d'aujourd'hui. L'histoire a deux trames qui se croisent vers le final, mais je dois dire qu'elle évolue d'une façon qui est inattendu pour les deux. J'ai compris vers le milieu la façon dont les trames se croiseraient, mais j'ai tout de même eu des surprises sur la façon dont ça arriverait. Et pour le coup, les détails de la fin m'ont étonné comme jamais. C'est glauque et sombre, avec une finalité qui m'a semblé en écho du réchauffement climatique actuel. Et quelle fin, quelle claque ! Je trouve que le développement de l'intrigue conduit logiquement à ce point mais sans pour autant être prévisible.
Je recommande la BD. Elle est surprenante, mais aussi addictive. Les premières pages passées, il est assez difficile de lâcher l'affaire. On sent des sources d'inspirations diverses (je dirais Inception et La route pour les visuels, mais je suis sur que d'autres aussi) et pourtant l'histoire m'a semblé franchement innovante. Je n'attendais pas un tel récit, une façon de raconter qui insiste autant sur une nature foncièrement mauvaise de l'homme. Et surtout insister sur sa capacité de nuisance ...
Lecture perturbante, aucun doute, et qui m'a beaucoup plu. Je recommande la lecture
C'est avec ce nouvel album que je découvre le travail de Philippe Valette (oui, shame on me, je n'ai pas lu Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle, mais promis je vais me rattraper ! ).
Déjà, on appréciera le travail de maquette réalisé, c'est un très bel objet qui nous est proposé. Format simili carré, titre en relief, et très belle couverture intrigante qui ne demande qu'à ce que nous engagions notre lecture. Le récit s'ouvre sur un duo composé d'une jeune fille et d'un vieil homme couvert de cicatrices qui avancent péniblement dans ce qui ressemble à un désert en pleine tempête de sable. Flashback... Nous voilà au milieu d'une équipe d'astronautes ; leur vaisseau est en mission pour réaliser la première colonisation d'une exoplanète. Petit détail, le voyage est prévu sur une durée de...
20 000 ans !!!
C'est donc au fil des recherches de notre jeune Nova et de son père Reiz pour retrouver les modules de leur vaisseau éparpillé sur cette exoplanète que nous allons découvrir les péripéties de ce voyage improbable et qui ne s'est forcément pas se passer comme prévu. On se fait rapidement happer par le récit et les réflexions et questionnement fourmillent au fil de cette épopée. Philippe Valette a indéniablement le sens du récit et de la narration ! Si le lecteur de SF que je suis y a retrouvé des thèmes et réflexions "classiques" du genre, c'est fait de façon complètement maitrisée et efficace.
Côté graphisme, il mélange habillement un dessin minimaliste et 3D pour ses décors. La colorisation surprend un peu au début, mais je m'y suis fait et j'ai même fini par la trouver agréable ; elle donne à cet album un petit côté "animé" qui n'est pas déplaisant (on sent que l'auteur a travaillé dans l'animation).
Bref, un très bon récit de SF servi dans un très bel écrin !
C'est en voyant que "Au-dedans." venait de recevoir le Prix Comics ACBD 2024 que j'ai réalisé que je n'avais pas laissé d'avis sur cet album.
Et quel album ! Surprenant de bout en bout !
En attaquant ma lecture, j'ai commencé par me dire que cet OVNI de quelques 300 pages n'allait pas m'emballer plus que ça. Un trait sobre, des pages très aérées, une histoire personnelle sur la difficulté à s'intégrer, et surtout à communiquer en société ou comment exprimer sincèrement ses émotions... Bon, pourquoi pas, mais ça m'emballait pas plus que ça...
Et c'est là toute la magie de cet album et du talent de Will McPhail. C'est cette fausse légèreté, ce minimalisme qui va a l'essentiel, tant dans la composition des planches que de son trait qui donne cette expressivité et cette justesse à cette réflexion. J'ai adoré l'expressivité qu'il arrive à faire passer sur le visage de son personnage (Nick) en un rien de traits ; j'ai adoré ces explosions de couleurs qui au détour d'une page vous éclaboussent et vous font partager le ressenti de Nick ; en fait, oui j'ai adoré cet album !
Une magnifique découverte d'un travail tout en finesse qui prend et donne sens au fil des pages. Bravo ! Un Prix ACBD largement mérité !
Il n'est pas évident pour nous d'imaginer ce que pouvait être la vie au début du XXème siècle. Il est encore moins possible d'imaginer que la population américaine pouvait être à ce point en difficulté dans l'entre 2 guerres.
Et pourtant c'est bien dans ce cadre, historiquement vrai que ce déroule la fiction d'Aimée De Jongh.
"Jours de sable" nous conte l'histoire d'un jeune photographe envoyé au cœur des Etats Unis qui sont touchés par des tempêtes de sables et des sécheresses à répétition.
Complétement ignorant de ces choses, je ne peux que louer le travail d'enquête réalisé par l'auteure pour arriver à caler sa fiction dans un contexte réel.
La petite documentation en fin d'ouvrage me laisse à penser qu'elle y est arrivée de manière optimale.
Le dessin est très plaisant à regarder et j'ai trouvé le choix des couleurs parfaitement adapté. Il n'y a aucune fausse note à ce niveau là.
Pour ma part je serai un peu plus indulgent que Gruizzli sur le personnage de John. Son histoire combinée à sa mission et tout ce qu'il en a appris ne m'ont pas choqué. Comme si le Dust Bowl avait balayé ses illusions et enterré ses démons pour lui faire prendre conscience du réel sens de la vie. Sur moi ce point a parfaitement fonctionné.
Ce qui a moins fonctionné c'est la fin dont j'ai trouvé l'arrivée très brutale, comme si il avait fallu conclure très rapidement car on manquait de pages. J'aurai préféré un développement un peu plus long de cette partie de l'histoire.
"Jours de sable" est un belle BD à offrir et à l'aube d'un changement climatique majeur un bon rappel que nous ne sommes que des grains de poussières face aux forces de la nature. Il conviendrait donc de la respecter un peu plus si nous espérons continuer à pouvoir vivre.
Les comics « polar noir » ont le vent en poupe : Criminal et ses spin-offs (Un été cruel), Reckless, Pulp, Goodnight paradise, November… deux grosses pointures du comics (Chip Zdarsky de Stillwater et Sex Criminals, et Jacob Phillips, coloriste attitré de Criminal) lancent donc une nouvelle série, et un nouveau héros : Easton Newburn, détective privé ex-flic.
Le résultat ? Et bien c’est pas mal du tout. Le début du premier tome un peu trop ordinaire et linéaire, malgré des personnages intéressants et bien campés. Et puis les derniers chapitres passent à la vitesse supérieure, et le tome 2 confirme ce décollage narratif. L’intrigue devient plus dense et intéressante, certains chapitres en dévoilent plus sur le passé de Newburn, et la fin est satisfaisante, tout en laissant la porte ouverte à un deuxième cycle.
J’ai cependant parfois eu du mal à suivre l’intrigue. J’ai dû relire certaines pages, la faute à une narration et des dialogues confus, sans que cela ait gâché mon plaisir de lecture.
La mise en image de Jacob Phillips est superbe, dans un style assez proche de Criminal.
Un bon 3.5 arrondi à 4 pour l’amateur de polars noirs que je suis.
Franchement, Trondheim est bourré de talent ! Il touche à tous les genres, et réussit quand même très souvent des trucs chouettes. C’est le cas avec cet album tout public (les plus jeunes y trouveront leur compte, les adultes comprendront mieux certains détails, certains sous-entendus).
C’est une suite d’histoire courtes/gags en une page, mais qui forment une sorte d’histoire, autour de 4 personnages (4 générations de femmes, de la gamine à l’arrière-grand-mère d’une même famille), avec chacune leur caractère, qui cohabitent de façon plus ou moins forcée et agréable.
Le talent de Trondheim est de ciselé des dialogues souvent amusants, qui joue souvent sur du vachard gentil, il dose très bien son humour pour toucher un large public. Et le dessin d’Obion est lui aussi très bon, simple et efficace.
Une lecture sans prétention, mais sympathique.
Note réelle 3,5/5
Bess nous présente ici une sorte de carnet de voyage en Inde. Cela se présente comme une suite de longues lettres envoyées à un ami, lettres illustrées en BD.
Plusieurs années auparavant, il s’était déjà livré dans Escondida. Mais ici, il n’y a pas les envolées poétiques et délirantes d’Escondida, c’est plus terre à terre (et sans doute cela déconcertera moins de lecteurs (moi j’avais plutôt apprécié les rêveries d’Escondida !).
Comme le titre l’indique, il s’agit d’un carnet de voyage en Inde. D’un voyage merveilleux et émerveillé. Ceux qui connaissent l’œuvre de Georges Bess savent que l’Inde occupe une place énorme, nombreuses sont les séries (en solitaire ou avec Jodorowsky) qui lui ont permis de donner à voir sa vision de ce pays. Il y est allé plusieurs fois, et ça l’a marqué.
Ici, même si j’ai commencé à dire que c’était un plus « réaliste » qu’Escondida, c’est quand même un peu décousu. Au fil de ses errances, au fil de ses pensées, Bess nous montre une Inde fascinante et énigmatique, belle et repoussante, étrange et difficile à apprivoiser – même s’il semble l’avoir fait.
L'autre aspect intéressant de l'album, même si ça intéressera surtout les amateurs de l'auteur, c'est toute la partie autobiographique: Bess se livre beaucoup sur sa jeunesse et certains moments importants de sa vie.
On ne peut en tout qu’être émerveillé par son dessin, que je trouve très beau. D’une limpidité et d’une précision captivante. Et son trait fin et réaliste use d’un beau Noir et Blanc : Bess est un très grand dessinateur !
Un album intéressant.
Note réelle 3,5/5.
Elon Musk est bien sur un homme d'affaire que je connais, mais je n'avais pas une vue d'ensemble sur sa vie et sur ses réalisations alors cette biographie m'intéressait grandement.
Je ne fus pas du tout déçu. Certes, Cunningham n'a pas le dessin le plus beau au monde et il est orienté, mais cela reste une biographie claire et précise et on voit qu'il a fait un gros travail de recherche au vu des sources bibliographiques présentes en fin d'album.
On dégonfle la figure d'Elon Musk, le self-made man surdoué pro-liberté d'expression qui se révèle être encore une fois un riche qui reçoit l'argent des gouvernements, prend tout le mérite du travail de ses employés et qui n'a aucun problème pour travailler avec des dirigeants pas très connus pour aimer la liberté d'expression. On voit entre-autre que Musk a tendance à rendre incroyable des trucs qui existent déjà ou promettre plus que ce que ses employés peuvent faire. C'est un vrai maitre de l'illusion et le fait qu'il y a autant de richesses entre les mains d'un même homme est vraiment un problème bien détaillé par l'auteur.
Un album instructif car j'en ai appris des choses et je pense que c'est le type de documentaire qui va plaire aux gros fans des questions politiques.
Souvenir d'enfance, la Libre Junior était le supplément jeunesse hebdomadaire du journal "La libre Belgique" dans le milieu des années 50. Beaucoup de nostalgie donc de la part d'un gamin de 1949. Je lisais aussi l'hebdo du journal Tintin. A cette époque, Uderzo et Goscinny publiaient exclusivement en Belgique ds.Tintin essentiellement, avec Oumpah-Pah et la Libre (qui existe toujours, journal catholique)...
Je laisse un avis uniquement sur le premier tome de cette série de 'one shots' supposés relater la vie de grandes figures de l'Ouest américain, ce premier ouvrage étant consacré au légendaire Wyatt Earp, comme indiqué dans le titre.
Il faut d'ailleurs prêter un petit peu attention à ce titre 'Wyatt Earp's last hunt' pour tout de suite bien comprendre que l'on est ici sur un épisode (fictif) de la fin de la vie de Earp, sa dernière chasse, sans rapport avec le fameux 'gunfight at the OK Corral', ni même avec la suite un peu moins connue de cet épisode, à savoir cette guerre personnelle entre les frères Earp, et plus singulièrement Wyatt, et Ike Stanton, le chef du gang des 'Cowboys' (si, si, c'était bien le nom du gang en question). Si cela vous intéresse, il existe un ''docu-série'' initialement diffusé sur Netflix, avec la voix de Ed Harris pour guider le spectateur qui relate très bien tout ça, et l'ampleur assez incroyable que cette affaire a pris, d'abord en Arizona, puis dans tout le pays.
On pourra d'ailleurs questionner le choix qui a été fait de laisser le titre en anglais, au risque de tromper involontairement certains lecteurs qui s'attendrait à revoir le fameux épisode du duel avec Doc Holliday et tous les autres, dans l'enclos à chevaux de Tombstone.
Comme cela a déjà été expliqué, nous sommes ici dans une sorte d'enquête policière qui, comme souvent dans certains westerns, fait le lien entre un monde qui disparait (celui de la conquête de l'Ouest, des guerres indiennes, des 'gunslingers', et donc des hommes comme Earp), et un autre qui prend petit à petit le dessus (celui de la modernité, des grandes villes, de l'industrie, etc). Ce thème des héros d'un ancien temps qui, progressivement, disparaissent à été souvent traité (on pensera ici à différentes BDs sur cette même époque), mais, il faut bien avouer que le ressort narratif fonctionne à merveille, ici comme ailleurs.
Ce qui est vrai pour les 'good guys' l'est tout autant pour leurs pendants du côté obscur, les 'badies', qui ne sont plus seulement des 'outlaws' au mauvais caractère, et à la gâchette un peu facile, non, ici, on est déjà dans le meurtrier moderne, version industrielle, des serial killers.
A ce titre, l'histoire narrée dans cet ouvrage n'est finalement pas si différente, ou pas si éloignée de celle que l'on peut lire dans le roman de Caleb Carr : The Alienist (adapté également en film), avec les premiers tueurs en série.
Et, il faut bien dire que ce choix a priori un peu surprenant, est un pari gagnant. Le lecteur, tout comme le personnage de Earp, éprouve un sentiment d'étrangeté à découvrir cette aventure purement citadine, n'ayant que de lointains rapports avec l'Ouest sauvage, mais on a plaisir à suivre cette enquête, émaillée de références à la vie 'précédente' de notre héros, le suspense est prenant, et l'ensemble tient vraiment la route.
Oh, bien sûr, on pourra regretter le ''barbecue final' (je n'en dis pas plus pour ne pas divulgâcher...), et cette fascination pour la violence poussée à son paroxysme que l'on trouve dans de nombreuses BDs de nos jours. On pourra également regretter la façon dont, par endroits au moins, et plus ou moins volontairement, les américains natifs, pour ne pas employer le mot 'indiens', sont un peu essentialisés, et souvent renvoyés à de supposées caractéristiques qui les rapprocheraient de la nature à la fois belle et sauvage, de manière positive ou négative (sagesse vs violence presque animale), tout cela a un petit côté un peu stéréotypé.
Mais, soyons honnêtes, globalement, le scénario proposé ici fonctionne bien, voire très bien, malgré ces quelques réserves.
Reste la question du dessin de Lorusso, et du travail sur les couleurs de Nanjan, qui, je dois l'avouer, me laissent plus sceptique, sans que je ne m'explique tout à fait la chose. Le dessin est propre, efficace, rien à dire, mais..., peut-être un peu trop moderne pour cette histoire. Je résumerais mon sentiment en disant que je n'ai pas l'impression que cela soit un dessin pour du western, même s'il s'agit là, j'en ai bien conscience d'un argument très subjectif, et sans réel fond qui n'engage que moi.
Au final, puisque c'est un peu le jeu d'évaluer la qualité des oeuvres critiquées, j'opterai pour un bon 3,5 / 5 pour toutes les raisons indiquées, que j'arrondirai à 4/5, pour le côté 'surprise' , et la façon assez inattendue avec laquelle on fait du neuf (les crimes en série) avec du vieux (nos héros du far-west). Bref, l'opposition, mais aussi la complémentarité, entre deux mondes.
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L'Héritage fossile
Je connaissais déjà Philippe Valette pour son excellent Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle qui allie la parodie et l'hommage dans un ballet parfaitement maitrisé. Et il revient aujourd'hui avec une BD plus sombre, bien différente dans le fond et sur la forme. Ici, l'auteur a décidé de se lancer dans un dessin bien de son style pour les personnages mais en environnement numérique bien plus réaliste. C'est une belle réussite, la narration passe parfaitement dans des visages simples et peu de personnages, tandis que les environnements permettent une immersion réelle. Petite aparté, mais je trouve qu'il y a de nouveau un engouement vers la hard-SF, orientée vers des histoires sombres, plus documentée techniquement et aux sujets d'actualités (changements climatiques, fin du monde, questions politiques, grosses sociétés ...). Bref, "L'héritage fossile" se pose dans un paysage de SF en renouvellement et je dois dire qu'il s'inscrit pleinement dans les thématiques d'aujourd'hui. L'histoire a deux trames qui se croisent vers le final, mais je dois dire qu'elle évolue d'une façon qui est inattendu pour les deux. J'ai compris vers le milieu la façon dont les trames se croiseraient, mais j'ai tout de même eu des surprises sur la façon dont ça arriverait. Et pour le coup, les détails de la fin m'ont étonné comme jamais. C'est glauque et sombre, avec une finalité qui m'a semblé en écho du réchauffement climatique actuel. Et quelle fin, quelle claque ! Je trouve que le développement de l'intrigue conduit logiquement à ce point mais sans pour autant être prévisible. Je recommande la BD. Elle est surprenante, mais aussi addictive. Les premières pages passées, il est assez difficile de lâcher l'affaire. On sent des sources d'inspirations diverses (je dirais Inception et La route pour les visuels, mais je suis sur que d'autres aussi) et pourtant l'histoire m'a semblé franchement innovante. Je n'attendais pas un tel récit, une façon de raconter qui insiste autant sur une nature foncièrement mauvaise de l'homme. Et surtout insister sur sa capacité de nuisance ... Lecture perturbante, aucun doute, et qui m'a beaucoup plu. Je recommande la lecture
L'Héritage fossile
C'est avec ce nouvel album que je découvre le travail de Philippe Valette (oui, shame on me, je n'ai pas lu Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle, mais promis je vais me rattraper ! ). Déjà, on appréciera le travail de maquette réalisé, c'est un très bel objet qui nous est proposé. Format simili carré, titre en relief, et très belle couverture intrigante qui ne demande qu'à ce que nous engagions notre lecture. Le récit s'ouvre sur un duo composé d'une jeune fille et d'un vieil homme couvert de cicatrices qui avancent péniblement dans ce qui ressemble à un désert en pleine tempête de sable. Flashback... Nous voilà au milieu d'une équipe d'astronautes ; leur vaisseau est en mission pour réaliser la première colonisation d'une exoplanète. Petit détail, le voyage est prévu sur une durée de... 20 000 ans !!! C'est donc au fil des recherches de notre jeune Nova et de son père Reiz pour retrouver les modules de leur vaisseau éparpillé sur cette exoplanète que nous allons découvrir les péripéties de ce voyage improbable et qui ne s'est forcément pas se passer comme prévu. On se fait rapidement happer par le récit et les réflexions et questionnement fourmillent au fil de cette épopée. Philippe Valette a indéniablement le sens du récit et de la narration ! Si le lecteur de SF que je suis y a retrouvé des thèmes et réflexions "classiques" du genre, c'est fait de façon complètement maitrisée et efficace. Côté graphisme, il mélange habillement un dessin minimaliste et 3D pour ses décors. La colorisation surprend un peu au début, mais je m'y suis fait et j'ai même fini par la trouver agréable ; elle donne à cet album un petit côté "animé" qui n'est pas déplaisant (on sent que l'auteur a travaillé dans l'animation). Bref, un très bon récit de SF servi dans un très bel écrin !
Au-Dedans.
C'est en voyant que "Au-dedans." venait de recevoir le Prix Comics ACBD 2024 que j'ai réalisé que je n'avais pas laissé d'avis sur cet album. Et quel album ! Surprenant de bout en bout ! En attaquant ma lecture, j'ai commencé par me dire que cet OVNI de quelques 300 pages n'allait pas m'emballer plus que ça. Un trait sobre, des pages très aérées, une histoire personnelle sur la difficulté à s'intégrer, et surtout à communiquer en société ou comment exprimer sincèrement ses émotions... Bon, pourquoi pas, mais ça m'emballait pas plus que ça... Et c'est là toute la magie de cet album et du talent de Will McPhail. C'est cette fausse légèreté, ce minimalisme qui va a l'essentiel, tant dans la composition des planches que de son trait qui donne cette expressivité et cette justesse à cette réflexion. J'ai adoré l'expressivité qu'il arrive à faire passer sur le visage de son personnage (Nick) en un rien de traits ; j'ai adoré ces explosions de couleurs qui au détour d'une page vous éclaboussent et vous font partager le ressenti de Nick ; en fait, oui j'ai adoré cet album ! Une magnifique découverte d'un travail tout en finesse qui prend et donne sens au fil des pages. Bravo ! Un Prix ACBD largement mérité !
Jours de sable
Il n'est pas évident pour nous d'imaginer ce que pouvait être la vie au début du XXème siècle. Il est encore moins possible d'imaginer que la population américaine pouvait être à ce point en difficulté dans l'entre 2 guerres. Et pourtant c'est bien dans ce cadre, historiquement vrai que ce déroule la fiction d'Aimée De Jongh. "Jours de sable" nous conte l'histoire d'un jeune photographe envoyé au cœur des Etats Unis qui sont touchés par des tempêtes de sables et des sécheresses à répétition. Complétement ignorant de ces choses, je ne peux que louer le travail d'enquête réalisé par l'auteure pour arriver à caler sa fiction dans un contexte réel. La petite documentation en fin d'ouvrage me laisse à penser qu'elle y est arrivée de manière optimale. Le dessin est très plaisant à regarder et j'ai trouvé le choix des couleurs parfaitement adapté. Il n'y a aucune fausse note à ce niveau là. Pour ma part je serai un peu plus indulgent que Gruizzli sur le personnage de John. Son histoire combinée à sa mission et tout ce qu'il en a appris ne m'ont pas choqué. Comme si le Dust Bowl avait balayé ses illusions et enterré ses démons pour lui faire prendre conscience du réel sens de la vie. Sur moi ce point a parfaitement fonctionné. Ce qui a moins fonctionné c'est la fin dont j'ai trouvé l'arrivée très brutale, comme si il avait fallu conclure très rapidement car on manquait de pages. J'aurai préféré un développement un peu plus long de cette partie de l'histoire. "Jours de sable" est un belle BD à offrir et à l'aube d'un changement climatique majeur un bon rappel que nous ne sommes que des grains de poussières face aux forces de la nature. Il conviendrait donc de la respecter un peu plus si nous espérons continuer à pouvoir vivre.
Newburn
Les comics « polar noir » ont le vent en poupe : Criminal et ses spin-offs (Un été cruel), Reckless, Pulp, Goodnight paradise, November… deux grosses pointures du comics (Chip Zdarsky de Stillwater et Sex Criminals, et Jacob Phillips, coloriste attitré de Criminal) lancent donc une nouvelle série, et un nouveau héros : Easton Newburn, détective privé ex-flic. Le résultat ? Et bien c’est pas mal du tout. Le début du premier tome un peu trop ordinaire et linéaire, malgré des personnages intéressants et bien campés. Et puis les derniers chapitres passent à la vitesse supérieure, et le tome 2 confirme ce décollage narratif. L’intrigue devient plus dense et intéressante, certains chapitres en dévoilent plus sur le passé de Newburn, et la fin est satisfaisante, tout en laissant la porte ouverte à un deuxième cycle. J’ai cependant parfois eu du mal à suivre l’intrigue. J’ai dû relire certaines pages, la faute à une narration et des dialogues confus, sans que cela ait gâché mon plaisir de lecture. La mise en image de Jacob Phillips est superbe, dans un style assez proche de Criminal. Un bon 3.5 arrondi à 4 pour l’amateur de polars noirs que je suis.
Mamma mia !
Franchement, Trondheim est bourré de talent ! Il touche à tous les genres, et réussit quand même très souvent des trucs chouettes. C’est le cas avec cet album tout public (les plus jeunes y trouveront leur compte, les adultes comprendront mieux certains détails, certains sous-entendus). C’est une suite d’histoire courtes/gags en une page, mais qui forment une sorte d’histoire, autour de 4 personnages (4 générations de femmes, de la gamine à l’arrière-grand-mère d’une même famille), avec chacune leur caractère, qui cohabitent de façon plus ou moins forcée et agréable. Le talent de Trondheim est de ciselé des dialogues souvent amusants, qui joue souvent sur du vachard gentil, il dose très bien son humour pour toucher un large public. Et le dessin d’Obion est lui aussi très bon, simple et efficace. Une lecture sans prétention, mais sympathique. Note réelle 3,5/5
Incredible India
Bess nous présente ici une sorte de carnet de voyage en Inde. Cela se présente comme une suite de longues lettres envoyées à un ami, lettres illustrées en BD. Plusieurs années auparavant, il s’était déjà livré dans Escondida. Mais ici, il n’y a pas les envolées poétiques et délirantes d’Escondida, c’est plus terre à terre (et sans doute cela déconcertera moins de lecteurs (moi j’avais plutôt apprécié les rêveries d’Escondida !). Comme le titre l’indique, il s’agit d’un carnet de voyage en Inde. D’un voyage merveilleux et émerveillé. Ceux qui connaissent l’œuvre de Georges Bess savent que l’Inde occupe une place énorme, nombreuses sont les séries (en solitaire ou avec Jodorowsky) qui lui ont permis de donner à voir sa vision de ce pays. Il y est allé plusieurs fois, et ça l’a marqué. Ici, même si j’ai commencé à dire que c’était un plus « réaliste » qu’Escondida, c’est quand même un peu décousu. Au fil de ses errances, au fil de ses pensées, Bess nous montre une Inde fascinante et énigmatique, belle et repoussante, étrange et difficile à apprivoiser – même s’il semble l’avoir fait. L'autre aspect intéressant de l'album, même si ça intéressera surtout les amateurs de l'auteur, c'est toute la partie autobiographique: Bess se livre beaucoup sur sa jeunesse et certains moments importants de sa vie. On ne peut en tout qu’être émerveillé par son dessin, que je trouve très beau. D’une limpidité et d’une précision captivante. Et son trait fin et réaliste use d’un beau Noir et Blanc : Bess est un très grand dessinateur ! Un album intéressant. Note réelle 3,5/5.
Elon Musk - Enquête sur un nouveau maître du monde
Elon Musk est bien sur un homme d'affaire que je connais, mais je n'avais pas une vue d'ensemble sur sa vie et sur ses réalisations alors cette biographie m'intéressait grandement. Je ne fus pas du tout déçu. Certes, Cunningham n'a pas le dessin le plus beau au monde et il est orienté, mais cela reste une biographie claire et précise et on voit qu'il a fait un gros travail de recherche au vu des sources bibliographiques présentes en fin d'album. On dégonfle la figure d'Elon Musk, le self-made man surdoué pro-liberté d'expression qui se révèle être encore une fois un riche qui reçoit l'argent des gouvernements, prend tout le mérite du travail de ses employés et qui n'a aucun problème pour travailler avec des dirigeants pas très connus pour aimer la liberté d'expression. On voit entre-autre que Musk a tendance à rendre incroyable des trucs qui existent déjà ou promettre plus que ce que ses employés peuvent faire. C'est un vrai maitre de l'illusion et le fait qu'il y a autant de richesses entre les mains d'un même homme est vraiment un problème bien détaillé par l'auteur. Un album instructif car j'en ai appris des choses et je pense que c'est le type de documentaire qui va plaire aux gros fans des questions politiques.
Luc Junior
Souvenir d'enfance, la Libre Junior était le supplément jeunesse hebdomadaire du journal "La libre Belgique" dans le milieu des années 50. Beaucoup de nostalgie donc de la part d'un gamin de 1949. Je lisais aussi l'hebdo du journal Tintin. A cette époque, Uderzo et Goscinny publiaient exclusivement en Belgique ds.Tintin essentiellement, avec Oumpah-Pah et la Libre (qui existe toujours, journal catholique)...
West Legends
Je laisse un avis uniquement sur le premier tome de cette série de 'one shots' supposés relater la vie de grandes figures de l'Ouest américain, ce premier ouvrage étant consacré au légendaire Wyatt Earp, comme indiqué dans le titre. Il faut d'ailleurs prêter un petit peu attention à ce titre 'Wyatt Earp's last hunt' pour tout de suite bien comprendre que l'on est ici sur un épisode (fictif) de la fin de la vie de Earp, sa dernière chasse, sans rapport avec le fameux 'gunfight at the OK Corral', ni même avec la suite un peu moins connue de cet épisode, à savoir cette guerre personnelle entre les frères Earp, et plus singulièrement Wyatt, et Ike Stanton, le chef du gang des 'Cowboys' (si, si, c'était bien le nom du gang en question). Si cela vous intéresse, il existe un ''docu-série'' initialement diffusé sur Netflix, avec la voix de Ed Harris pour guider le spectateur qui relate très bien tout ça, et l'ampleur assez incroyable que cette affaire a pris, d'abord en Arizona, puis dans tout le pays. On pourra d'ailleurs questionner le choix qui a été fait de laisser le titre en anglais, au risque de tromper involontairement certains lecteurs qui s'attendrait à revoir le fameux épisode du duel avec Doc Holliday et tous les autres, dans l'enclos à chevaux de Tombstone. Comme cela a déjà été expliqué, nous sommes ici dans une sorte d'enquête policière qui, comme souvent dans certains westerns, fait le lien entre un monde qui disparait (celui de la conquête de l'Ouest, des guerres indiennes, des 'gunslingers', et donc des hommes comme Earp), et un autre qui prend petit à petit le dessus (celui de la modernité, des grandes villes, de l'industrie, etc). Ce thème des héros d'un ancien temps qui, progressivement, disparaissent à été souvent traité (on pensera ici à différentes BDs sur cette même époque), mais, il faut bien avouer que le ressort narratif fonctionne à merveille, ici comme ailleurs. Ce qui est vrai pour les 'good guys' l'est tout autant pour leurs pendants du côté obscur, les 'badies', qui ne sont plus seulement des 'outlaws' au mauvais caractère, et à la gâchette un peu facile, non, ici, on est déjà dans le meurtrier moderne, version industrielle, des serial killers. A ce titre, l'histoire narrée dans cet ouvrage n'est finalement pas si différente, ou pas si éloignée de celle que l'on peut lire dans le roman de Caleb Carr : The Alienist (adapté également en film), avec les premiers tueurs en série. Et, il faut bien dire que ce choix a priori un peu surprenant, est un pari gagnant. Le lecteur, tout comme le personnage de Earp, éprouve un sentiment d'étrangeté à découvrir cette aventure purement citadine, n'ayant que de lointains rapports avec l'Ouest sauvage, mais on a plaisir à suivre cette enquête, émaillée de références à la vie 'précédente' de notre héros, le suspense est prenant, et l'ensemble tient vraiment la route. Oh, bien sûr, on pourra regretter le ''barbecue final' (je n'en dis pas plus pour ne pas divulgâcher...), et cette fascination pour la violence poussée à son paroxysme que l'on trouve dans de nombreuses BDs de nos jours. On pourra également regretter la façon dont, par endroits au moins, et plus ou moins volontairement, les américains natifs, pour ne pas employer le mot 'indiens', sont un peu essentialisés, et souvent renvoyés à de supposées caractéristiques qui les rapprocheraient de la nature à la fois belle et sauvage, de manière positive ou négative (sagesse vs violence presque animale), tout cela a un petit côté un peu stéréotypé. Mais, soyons honnêtes, globalement, le scénario proposé ici fonctionne bien, voire très bien, malgré ces quelques réserves. Reste la question du dessin de Lorusso, et du travail sur les couleurs de Nanjan, qui, je dois l'avouer, me laissent plus sceptique, sans que je ne m'explique tout à fait la chose. Le dessin est propre, efficace, rien à dire, mais..., peut-être un peu trop moderne pour cette histoire. Je résumerais mon sentiment en disant que je n'ai pas l'impression que cela soit un dessin pour du western, même s'il s'agit là, j'en ai bien conscience d'un argument très subjectif, et sans réel fond qui n'engage que moi. Au final, puisque c'est un peu le jeu d'évaluer la qualité des oeuvres critiquées, j'opterai pour un bon 3,5 / 5 pour toutes les raisons indiquées, que j'arrondirai à 4/5, pour le côté 'surprise' , et la façon assez inattendue avec laquelle on fait du neuf (les crimes en série) avec du vieux (nos héros du far-west). Bref, l'opposition, mais aussi la complémentarité, entre deux mondes.