Les derniers avis (32245 avis)

Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Zodiaque (Weiwei)
Zodiaque (Weiwei)

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en attaquant la lecture de cet album, j'étais juste curieux d'en découvrir un peu plus sur cette légende de l'art contemporain chinois que représente Ai Weiwei. Pour avoir suivi de études artistiques et philosophiques, la présentation de l'album ne pouvait pas être plus percutante pour titiller ma curiosité. Pour réaliser cet album, Ai Weiwei s'est entouré de deux auteurs engagés, ce qui n'est pas étonnant de sa part. Elettra Stamboulis, scenariste et experte en art est italo-grecque ; Gianluca Constantini est dessinateur de BD italien. Tous deux font preuve d'un engagement certain et mettent leur art et leur talent au service de leurs causes. On notera que la magnifique couverture est de Ai Weiwei. C'est donc au travers du zodiaque chinois que nous allons suivre les réflexions de cet artiste chinois. Ce qui nous donne douze chapitres où chaque anima donnera lieu aux réflexions de l'auteur, partant de son quotidien avec son fils ou des rencontres avec ses quelques amis en Chine, ou remontant le temps pour nous narrer sa jeunesse ou celle de ses parents. Son père poète mis au ban par Mao lui a d'une certaine façon montré la voie qu'il perpétue. C'est cette réflexion sur la force de l'art contre l'hégémonie d'un système qui est intéressante ; la liberté, surtout d'expression, dérange les dictatures. A travers son parcours, on découvre donc cette quête de soi et de liberté intimement liés qui l'ont conduit aux quatre coins du monde, mais aussi aux pires geôles chinoises. Le trait fin et réaliste de Gianluca Constantini surprend au début, mais il est des plus efficace et expressif pour passer aussi bien d'une scène du quotidien au figures légendaires du folklore chinois. Au final, un très bel album pour les curieux de l'artiste et ceux aiment réfléchir sur la force de l'art et la liberté d'expression. Et pour ça, Ai Weiwei ne nous déçoit pas ! (Je vous renvoie à la dernière case de l'album ;) )

25/11/2024 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Le Voyage de Renn
Le Voyage de Renn

Décidément, Christian Paty nous régale avec ses animaux ! Après la bonne série Le Pré derrière l'église et Uluru qu'il avait réalisé avec Didier Crisse au scénario, il se lance en solo pour ce dernier album qui se déroule dans le grand Nord. C'est dans ce décor glaciaire (qui nous change de la chaleur torride de l'Australie -voir Uluru) que nous allons suivre le parcours initiatique de Renn, un jeune ours blanc adopté par une harde de rennes... Ne cherchons pas de rationalité dans cette adoption, et pour ceux qui tiqueraient, vous n'avez pourtant rien dit quand tout ce beau petit monde parlait ;) . Renn grandit donc dans cette nouvelle famille et se lie d'amitié avec le jeune Renne Solveig. C'est au cours de l'une de leurs escapades qu'ils trouvent un crâne d'ours dont Renn se pare, sans réussir à le retirer par la suite. La vieille shamane de la harde voit dans cet objet une relique sacré qui ferait de Renn un élu ! Dans le même temps, une jeune renne est retrouvé égorgé et Renn s'en retrouve accusé et banni du clan. Il entame donc un long voyage qui lui révèlera bien des secrets... C'est toujours un plaisir de retrouver les bouilles si expressives des animaux croqués par Christian Pati. Ses chèvres et autres moutons de la série Le Pré derrière l'église m'avaient déjà beaucoup fait marrer, on les retrouves par la bande avec ce clan de rennes tout aussi truculents. Mais d'autres animaux inattendus s'invitent aussi à la fête, comme cette bande de singes japonais qui est un vrai régal ! On retrouve aussi avec plaisir cette touche mystique et shamanique qui s'invite dans ses histoires ; c'est fait de belle manière et intelligemment, apportant profondeur au récit et lui permettant des scènes graphiques impressionnantes. Bref, encore un très bon tome, tout en humour et en aventure ; un album qui ravira aussi bien petits et grands lecteurs !

25/11/2024 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Les Météores
Les Météores

C'est après ma lecture que je découvre que cet album fait parti de la sélection du prochain festival d'Angoulême. Et je valide ! Voilà une BD originale au charme certain et aux formidables ambiances. Une météorite fonce bille en tête vers la Terre, mais loin des scénario catastrophe des blockbusters US, c'est sur le quotidien d'une poignée de personnages liés par leur proximité de vie (une ville dont on ne sait pas grand chose ni où elle se situe) que va focaliser notre duo d'auteurs. Bienvenue dans la "vraie vie" ! Que ce soient les problèmes d'ados, la pénibilité au travail en tant qu'aide soignante auprès de petits vieux plus ou moins aigris et désobligeants, le train-train managérial d'une bande d'employés dans une grande enseigne genre Ikea ou la vie singulière d'un simple d'esprit, on se retrouve bien loin des impératifs qu'une catastrophe annoncée aurait pu mettre sur le devant de la scène. Pour autant, ces tranches de vies qui s’interpénètrent nous accrochent ; on rentre dans ces vies chaotiques un peu par effraction, et on s'y complet, on est bien avec cette brochette de bras-cassés. L'ambiance sombre et hivernale qui se rajoute à la catastrophe annoncée contraste singulièrement avec la bienveillance qui se dégage de ces destins croisés. Le dessin de Tommy Redolfi est pour ça d'une redoutable efficacité, à l'aune de ses découpages parfois très aérés qui viennent casser le rythme d'un gaufrier 6x6 de ce format à l'italienne ; ça apporte une petite touche de poésie et de mélancolie qui conforte à merveille l'ambiance générale qui se dégage de cet album. Une très belle découverte, qui conforte le talent de Tommy Redolfi que j'avais découvert d'ailleurs à Angoulême avec l'album Holy Wood - Portrait fantasmé de Marilyn Monroe.

25/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Fils de Rembrandt
Le Fils de Rembrandt

J’ai beaucoup aimé ce récit. Il s’en dégage beaucoup de vie alors que le sujet est marqué par de multiples décès. La destinée du fils de Rembrandt est en effet marquée par de nombreux épisodes dramatiques mais @Robin parvient à nous toucher sans tomber dans le pathos. L’aspect historique est soigné. J’ai ainsi découvert de nombreuses facettes de la vie de Rembrandt que je ne connaissais pas. Et je pourrais élargir ce constat à la reconstitution de la ville d’Amsterdam au XVIIème siècle alors même que le dessin de l’auteur est des plus épurés (avec des petits airs de Sempé, je trouve). Mais derrière cette dimension historique, ce qui m’aura surtout marqué, c’est cette histoire d’amour qui s’étire sur une longue période et qui résiste à bien des aléas. Il y avait tellement de raisons pour que Titus et Magdalena ne s’unissent jamais. Et pourtant, quelle belle histoire d’amour, marquée par les drames mais toujours portée par la vie ! A titre personnel, j’ai été emporté. Je me sens plus instruit et les personnages m’ont touché. Que demander de plus ?

25/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Pawnee
Pawnee

Cet avis porte sur l’ensemble du diptyque Frenchmen/Pawnee. Je ne me vois en effet mal écrire deux avis chacun portant sur une moitié d’histoire alors que l’intérêt du récit réside dans l’homogénéité de son ensemble. En effet, Frenchmen s’arrête alors que deux des trois principaux protagonistes sont en mauvaise posture et Pawnee reprend sur des bases que ne peut justifier que l’évolution des personnages dans Frenchmen. Ce diptyque est à mes yeux l’œuvre la plus réussie de Patrick Prugne. Le contexte historique est intéressant et sa grande connaissance du sujet nous donne le sentiment de lire une œuvre réaliste. Les personnages sont bien développés, avec un premier tome (Frenchmen, donc) qui nous les montre encore jeunes et inexpérimentés, puis marqués par leur découverte de ce nouveau monde et de sa beauté (du moins pour deux des personnages) mais aussi refroidis par la cruauté des hommes. La seconde moitié du récit nous permet de les retrouver quelques années plus tard. De la sorte, on peut mieux comprendre le cheminement des deux garçons et leur évolution, tout en s’engageant dans les pas de la troisième larronne qui, elle, découvre le continent américain. C’est classique, bien foutu, avec quelques deus ex machina pas trop gênants (la manière dont ces personnages vont finir par se retrouver résulte quand même d’un hasard des plus heureux et des moins crédibles mais qu’importe) et une fin satisfaisante. Au niveau du dessin, c’est tout simplement superbe. Les aquarelles de Patrick Prugne sont autant d’accroche-l-œil et certaines de ses illustrations ne feraient pas tâche dans un musée. Malgré la richesse du dessin, le récit demeure fluide et agréable à suivre, l’artiste ayant réussi à garder l’équilibre et la complémentarité entre les deux domaines (dessin et texte). Un peu trop classique pour que je sois follement enthousiaste mais trop bien fait pour que je dise autre chose que « Franchement bien » (mais j’insiste, je juge ici le diptyque dans sa globalité).

02/04/2015 (MAJ le 25/11/2024) (modifier)
Couverture de la série Frenchman
Frenchman

Cet avis porte sur l’ensemble du diptyque Frenchmen/Pawnee. Je ne me vois en effet mal écrire deux avis chacun portant sur une moitié d’histoire alors que l’intérêt du récit réside dans l’homogénéité de son ensemble. En effet, Frenchmen s’arrête alors que deux des trois principaux protagonistes sont en mauvaise posture et Pawnee reprend sur des bases que ne peut justifier que l’évolution des personnages dans Frenchmen. Ce diptyque est à mes yeux l’œuvre la plus réussie de Patrick Prugne. Le contexte historique est intéressant et sa grande connaissance du sujet nous donne le sentiment de lire une œuvre réaliste. Les personnages sont bien développés, avec un premier tome (Frenchmen, donc) qui nous les montre encore jeunes et inexpérimentés, puis marqués par leur découverte de ce nouveau monde et de sa beauté (du moins pour deux des personnages) mais aussi refroidis par la cruauté des hommes. La seconde moitié du récit nous permet de les retrouver quelques années plus tard. De la sorte, on peut mieux comprendre le cheminement des deux garçons et leur évolution, tout en s’engageant dans les pas de la troisième larronne qui, elle, découvre le continent américain. C’est classique, bien foutu, avec quelques deus ex machina pas trop gênants (la manière dont ces personnages vont finir par se retrouver résulte quand même d’un hasard des plus heureux et des moins crédibles mais qu’importe) et une fin satisfaisante. Au niveau du dessin, c’est tout simplement superbe. Les aquarelles de Patrick Prugne sont autant d’accroche-l-œil et certaines de ses illustrations ne feraient pas tâche dans un musée. Malgré la richesse du dessin, le récit demeure fluide et agréable à suivre, l’artiste ayant réussi à garder l’équilibre et la complémentarité entre les deux domaines (dessin et texte). Un peu trop classique pour que je sois follement enthousiaste mais trop bien fait pour que je dise autre chose que « Franchement bien » (mais j’insiste, je juge ici le diptyque dans sa globalité).

06/10/2011 (MAJ le 25/11/2024) (modifier)
Couverture de la série Ed Gein - Autopsie d'un tueur en série
Ed Gein - Autopsie d'un tueur en série

S’il me faut faire un reproche à cet album, c’est au niveau du dessin. En effet, je trouve que Eric Powell dessine très mal les enfants. Ceux-ci se retrouvent affublés de têtes de vieillards. Voilà… c’est tout pour les reproches. Le reste est juste excellent. Le travail de reconstitution dégage une impression de sérieux mais aussi un sentiment de neutralité qui l’empêche de sombrer dans le sensationnalisme sans occulter le caractère sordide de l‘affaire. Resituer l’affaire dans son époque permet de mieux comprendre son impact sur la culture américaine. Le découpage en courts chapitres ne donne qu’une envie : lire le suivant. Malgré sa forme de documentaire, le récit est dynamique et prenant. A titre personnel, j’avais une vision d’Ed Gein principalement forgée par sa réinterprétation sous les traits de Norman Bates. J’ai donc appris plusieurs choses même si je n’ai pas été surpris par la majeure partie de ces révélations. Ce genre de personnage intrigue, dégoûte et fascine à la fois et le talent des auteurs est de faire coexister ces différents sentiments au travers d’une analyse à la fois clinique et humaine des faits. Franchement, dans le domaine des biographies de serial killers en bd, cet album est sans doute ce que j’ai lu de mieux.

25/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Magritte - Ceci n'est pas une biographie
Magritte - Ceci n'est pas une biographie

Ils ne nous trompent pas sur la marchandise, car, de fait, les auteurs ne nous proposent pas une biographie… mais nous invitent à découvrir le peintre au travers de ses œuvres, une balade pleine de fantaisie pour évoquer l’un des grands maîtres du surréalisme. J’ai trouvé le procédé adéquat même si déstabilisant. Mine de rien, on apprend pas mal de chose sur René Magritte et certains liens entre l’artiste, son vécu et ses œuvres permettent de mieux comprendre ces dernières. Et pourtant, tout instructif qu’il soit, ce récit est un rêve éveillé dans lequel l’humour occupe une grande place. Du coup, la lecture est très ludique. Côté dessin, l’hommage à Magritte est réussi. On croise au fil des planches un bon paquet de ses œuvres, dont les plus célèbres mais même hors de ces reproductions, le style de Thomas Campi est parfaitement en harmonie avec le genre surréaliste tel que pratiqué par Magritte. Au final, j’ai trouvé ici un bel hommage à René Magritte réalisé par deux auteurs qui semblent réellement aimer le peintre. Franchement pas mal bien !

25/11/2024 (modifier)
Couverture de la série Échecs
Échecs

C’est le genre de couverture qui ne m’attire pas du tout. Trop symbolique, elle me laisse craindre un récit hermétique auquel il me serait impossible de m’accrocher. Heureusement pour moi, cette lecture m’ayant été vivement conseillée, je me suis lancé… et dès les premières pages lues, j’ai su que ça allait me plaire. Echecs est une comédie romantique pur jus bâtie sur le principe du récit choral. Nous suivons ainsi plusieurs personnages qui vont se croiser, se rapprocher, s’éloigner voire ne jamais se rencontrer. Le lien entre eux : l’amour. L’auteur, Victor Pinel, use de la symbolique du jeu d’échec pour cataloguer ses personnages. Nous trouvons ainsi des pions, des fous, des tours, des cavaliers, des reines et des rois. Cette profusion de personnages pourrait déboucher sur un récit confus dans lequel on ne sait plus trop qui est qui. Il n’en est pourtant rien. Certes, parfois, on se demande bien « mais c’est qui encore, celle-là ? » mais en règle générale, les personnages étant très bien typés, leurs univers étant bien différenciés, les histoires ont beau s’entrecouper, on ne s’emmêle pas les pinceaux. Plusieurs histoires sont touchantes et le spectre est assez large. On n’évite pas certains clichés (le plus gros étant celui de l’acteur qui voudrait tout lâcher, retrouver l’anonymat et la simplicité de sentiments sincères) ni l’histoire du couple homosexuel (à titre personnel, je m’en fous un peu mais mes dernières lectures m’ont fait me demander s’il existait encore des histoires romantiques sans lien avec la communauté LGBTQ+) mais à côté de cela, certains couples sont plus originaux et, surtout, me parlent plus. La conclusion est un peu trop insistante à mon goût et certaines « révélations » me semblaient tellement évidentes depuis bien longtemps qu’elles ne m’ont en rien surpris, mais je ne vais pas bouder mon plaisir. Il est en effet rare de tomber sur ce genre de comédie romantique sans sombrer dans les très gros clichés et, la majeure partie du temps, cet album y parvient. Franchement bien, donc, un album que je conseillerais sans hésitations à ceux qui ont aimé « Malgré tout » (le dessin de Victor Pinel n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Jordi Lafebre, école espagnole oblige ?)

25/11/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 4/5
Couverture de la série Silence
Silence

Encore un album que je n'aurais pas lu sans fréquenter BDtheque. Merci donc aux précédents aviseurs ! L’atmosphère est lourde dès les premières pages. On est plongé dans un village reculé des Ardennes, entre superstitions et secrets. Silence, un grand gaillard muet et simple d’esprit, y travaille pour Mauvy, un fermier dur et brutal. Il ne parle pas, il écrit sur une ardoise, avec des mots phonétiques maladroits qui trahissent une innocence presque enfantine. Son monde, c’est la forêt et les animaux, loin de la méchanceté des hommes. Mais tout ça tient à un fil. Le dessin, en noir et blanc, porte tout. Chaque trait est pensé pour peser. La neige, les granges, les arbres… tout est dense, presque étouffant. Les ombres s’étirent, les paysages semblent vivants, comme un écho de ce qui couve sous la surface. Comès ne laisse rien au hasard. Même les cadrages, souvent serrés, nous gardent prisonniers de cette tension sourde. L’histoire avance lentement, à la manière d’une tragédie inévitable. La Sorcière, aveugle mais terriblement lucide, apparaît comme une figure clé, pleine de mystère et de rancunes anciennes. Le village tout entier semble ligué contre quelque chose qu’on ne comprend pas tout de suite. La peur est partout. On cloue une chouette sur une porte, on consulte un sorcier pour un mal de ventre, on murmure plus qu’on ne parle. Au cœur de tout ça, Silence reste un personnage attachant. Il traverse les drames sans toujours les comprendre, mais il en devient peu à peu le centre. Quand il découvre ce qu’il n’aurait jamais dû voir, tout bascule. Les révélations arrivent par petites touches, presque comme un poison qui se diffuse. Pas de grands éclats, mais une montée en puissance qui prend aux tripes. C'est vraiment bien amené. Un récit dur, qui marque autant par ce qu’il montre que par ce qu’il laisse deviner. Pas besoin d’en faire trop : tout est là, dans le dessin, dans les silences, dans les non-dits. Une œuvre qui me restera clairement en tête et qui a toute sa place dans les immanquables BDTheque.

25/11/2024 (modifier)