Au-Dedans. (In: The Graphic Novel)

Note: 3.36/5
(3.36/5 pour 11 avis)

Une exposition claire comme de l'eau de roche, et particulièrement bien illustrée et mise en scène, d'une des nombreuses incarnations de la solitude moderne ; ou comment l'intégrité intrinsèque du discourt avec l'autre en modifie la nature, et donc l'impact.


Les petits éditeurs indépendants Les prix lecteurs BDTheque 2024 Profession : bédéiste

Illustrateur freelance pour un grand quotidien, et donc particulièrement libre de son temps, Nick s'interroge sur la valeur de ses interactions avec son entourage ou même ses proches, tant il éprouve de difficultés à oser exprimer ses ressentis les plus profonds. Timidité, pudeur ou même simple émotivité envahissante, l'obstacle crée une distance non négligeable entre lui et le monde ; et il lui faudra beaucoup de volonté pour enfin, au delà de la peur de l'intimité et/ou du rejet, s'ouvrir aux autres -parfois à brûle-pourpoint !- afin de les connaitre mieux et, donc, de les aimer vraiment.

Scénario
Dessin
Traduction
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 18 Janvier 2024
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Au-Dedans. © 404 éditions 2024
Les notes
Note: 3.36/5
(3.36/5 pour 11 avis)
Cliquez pour afficher les avis.

06/05/2024 | Bruno :)
Modifier


Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Nick, un jeune illustrateur new-yorkais, passe son temps à analyser ses propres pensées et ses relations aux autres, cherchant comment réussir à communiquer vraiment avec autrui. Malgré ce choix bizarre de donner à presque tous les personnages ces grands yeux perpétuellement héberlués et assez rebutants au départ, le graphisme m'a beaucoup plu. La majorité des pages est en noir et blanc avec un trait souple, clair, agréable et une mise en scène d'une grande fluidité. Ce récit là se voit entrecoupé ici et là de quelques séquences absolument magnifiques qui apparaissent à chaque fois que le héros (puis un autre personnage) parvient enfin à établir une connexion authentique avec quelqu'un. Le noir et blanc laisse alors place à des planches en couleurs d'une beauté saisissante. Ces parenthèses oniriques traduisent visuellement l'état intérieur du personnage avec énormément de sensibilité et constituent, pour moi, les plus grands moments visuels de l'album. L'intrigue, elle, m'a davantage laissé à distance. Toute la première partie est très introspective, centrée sur ce héros urbain qui dissèque en permanence ses pensées, ses émotions et son incapacité supposée à ressentir les choses comme les autres. Le propos est intéressant et souvent juste sur la difficulté des relations humaines et la superficialité de nombreux échanges, mais il reste aussi très psychologique et contemplatif. J'ai parfois eu le sentiment que Nick tournait un peu en rond dans ses réflexions, au point que le récit peine à réellement me captiver. En revanche, le dernier tiers apporte une dimension plus touchante. Lorsque cette quête intérieure se confronte à la maladie puis au deuil, les questionnements prennent enfin une véritable épaisseur émotionnelle. Sans devenir bouleversant à mes yeux, l'album trouve alors un équilibre plus convaincant entre réflexion et émotion. Je retiens un beau roman graphique, sublimé par un usage remarquable de la couleur, au service d'un récit intelligent mais un peu trop introspectif pour véritablement m'emporter. C'est une belle lecture, davantage marquante par sa forme que par son histoire.

13/07/2026 (modifier)
Par Michefra
Note: 4/5
L'avatar du posteur Michefra

Je dois reconnaître que j’ai eu un peu de mal à entrer dans Au-dedans de Will McPhail. En premier lieu, Nick m’a plutôt donné l’impression d’incarner le cliché du trentenaire citadin dépressif alors qu’il aurait toutes les raisons d’être heureux. Puis, peu à peu, j’ai pris conscience que le malaise traversé par Nick me parlait bien plus que je ne le pensais. Je me suis retrouvé plusieurs fois dans ce que pouvait ressentir Nick. Derrière son côté autobiographique / tranche de vie, la BD aborde un thème assez universel : la difficulté à créer de vrais liens avec les personnes qui nous entourent. Les conversations que nous avons avec nos proches, nos collègues, nos voisins dépassent rarement les banalités du quotidien. Nick prend conscience de la superficialité de ses interactions sociales et va tenter de mener des conversations plus profondes avec les gens qui l’entourent. C’est cette idée qui m’a surtout marqué même si j’aurais aimé qu’elle soit un peu plus développée. La BD est mise en scène par un dessin en noir et blanc très épuré et toujours juste dans ce qu’il essaie de faire ressentir. Il alterne parfois avec des passages en couleurs plus contemplatifs qui ont réussi à me marquer à chaque fois. Je trouve que le dessin est approprié au propos, il parvient à montrer les non-dits, les silences. J’ai particulièrement apprécié la façon de représenter les blancs ou les malaises dans les conversations par des cases sans texte qui s’enchainent ou bien les gros plans sur les visages où l’on tente de deviner ce que ressentent les personnages à travers leurs expressions.

03/07/2026 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Voilà un album plutôt original – un peu sur le fond, et bien plus sur la forme – et qui ne peut qu’intriguer ses lecteurs. L’intrigue est centrée autour un personnage maladroit et étrange, qui peine à exprimer clairement ses pensées, en tout cas qui peine à le faire dans le cadre imposé par la société. De fait, il est en grande partie inadapté à la société, même si certains de ses proches – sa sœur, sa mère, et la jeune femme médecin avec laquelle il noue une relation – tentent de le raccrocher à cette société. Confronté à la maladie de sa mère, il va quand même reprendre pied sur la réalité vers la fin. Bon, ça n’est pas toujours très clair, et certaines choses ont dû m’échapper. En particulier toutes les dernières pages autour de la femme médecin, qu’elles soient métaphoriques ou pas, cette conclusion m’a laissé de côté. La narration est souvent aussi elliptique, voire énigmatique que la pensée du héros, c’est un peu décousu. La mise en page est elle aussi hors norme, avec des cases aux formes et aux nombres très variables (on a parfois une petite case au milieu de la page, entourée de blanc donc). Déroutant. Le dessin est globalement très bon, semble-t-il rehaussé au lavis ou à l’aquarelle (toutes sortes de nuances de gris et de Noir et Blanc, avec certaines pages en couleurs). Ce dessin est centré sur les personnages, parfois en plan serré, les décors étant quasiment absents. Cela renforce la froideur de l’ensemble. Je ne suis pas fans des yeux, qui semblent être en permanence exorbités. Étrange, déroutant, avec quelques longueurs, les qualités – réelles – de cet album n’ont que partiellement contrebalancé les côtés obscurs et froids de ce récit.

19/11/2025 (modifier)
L'avatar du posteur bamiléké

Le moins que je puisse dire, c'est que je suis passé au travers de cette lecture longue en pagination et pauvre en texte. Je n'y ai trouvé ni poésie, ni distraction, ni intérêt intellectuel mais beaucoup d'ennui. Je dois avouer que les états d'âme d'un trentenaire qui se la joue tristesse m'indiffèrent voire m'exaspèrent. Si le summum de l'aventure se trouve dans son camion de déménagement bien lui en face. Comme le graphisme assez minimaliste ne m'a pas inspiré plus d'émotion je suis vite passé à autre chose. Les personnages ont beau me regarder avec leurs yeux de poissons genre globuleux j'ai refermer cette série sans état d'âme. Pas pour moi.

28/09/2025 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

Etonnant album, léger et aérien par son trait presque sans couleur, aux cases aérées et parfois presque vide, dans une ambiance qui se traine et où rien ne se dit, mais dont le fond est lourd et grave. Une alchimie qui semble étrange mais qui fonctionne, je trouve. Et je suis assez surpris d'avoir été plongé autant dans cette BD lorsque je vois les écueils qu'elle porte. Le début de m'a lecture m'a rapidement surpris, notamment avec la représentation des yeux. Mais très vite, je m'y suis fait et je me suis laissé porter par le ton du récit, intimiste et léger dans le traitement. C'est souvent muet et rempli de petits détails (notamment tout le délire autour du café), et parsemés de quelques petites phrases qui permettent de tout comprendre. Une vie simple, ordinaire d'un type lambda dans une ville américaine. Et très vite, s'installe la question de la solitude, de cette mélancolie de la vie. Il n'y a rien d'extraordinaire ici, juste une vie qui se détaille avec des évènements graves, tout en continuant sur son ton doux et calme. C'est indolent, une balade dans la vie et ses hauts et bas. Mais la BD est surtout une mise en scène de la solitude contemporaine. C'est très bien fait, et je trouve que ce personnage est excellent dans son parcours, puisque progressivement il est intéressé par découvrir ses proches, avec des questions parfois saugrenues mais qui mettent en lumière l'envie de découvrir l'autre, son intimité et sa vie qu'il ne connait pas. D'ailleurs les interactions qu'il a avec sa famille sont très mignonnes, en peu de mots on sent l’amour qu'ils se portent mais aussi le fait qu'ils se connaissent très bien. Une BD étonnante, donc, porté par un dessin dont on sent le caractère dessin de presse, notamment avec ces planches d'une seule cases qui permettent de résumer une idée en un coup, tout en présentant une histoire intimiste mais qui peut toucher tout le monde. Les questionnements d'un jeune homme ressentant la solitude dans une ville moderne, c'est sans doute pas si rare que ça et ça touche. Franchement, lecture recommandé !

23/09/2025 (modifier)
L'avatar du posteur Steftheone

Cet imposant album se démarque tout d'abord par sa très belle édition avec une couverture imitant le papier cartonnée très sobre et le dos et la tranche imprimés de décors végétaux rappelant la jungle. L'ensemble mat est très agréable au toucher et l'illustration de couverture est une habile métaphore sur l'introspection que va réaliser le héros Nick tout au long de son parcours. Le côté pile/face du recto et du verso de l'album est également plutôt ingénieux. Malgré ses 272 pages, cet album se lit relativement vite. En effet, les dialogues sont assez rares et l'auteur, Will McPhail, fait souvent le choix d'une mise en page très aérée avec parfois 3 à 4 cases par page. La majeure partie de l'ouvrage est en noir et blanc permettant au lecteur de se concentrer sur le trait de l'auteur. Les rares passages en couleur étant des sortes de métaphores sur les ressentis intérieurs du héros. Cette mise en page très originale et soignée fait vraiment sortir cet ouvrage des productions habituelles bien que je ne sois pas forcément très fan du trait de l'auteur. Côté scénario, malheureusement, cela à moins bien fonctionné avec moi. Il est vrai que je me suis plutôt ennuyé durant les deux premiers tiers de l'ouvrage, ne ressentant au final que peu d'empathie pour ce célibataire trentenaire citadin, se posant des questions métaphysiques sur ses relations avec autrui. J'ai été plus touché à partir de la page 200 quand l'auteur traite du sujet de la maladie et de la perte d'un proche. Peut-être aussi car cela fait plus écho à mon vécu personnel. Mais cela me parait trop tardif et trop peu pour pouvoir mettre la note de 4/5. Un ouvrage dont je conseille tout de même la lecture, ne serait-ce que pour l'originalité et le côté très personnel de l'histoire et de la mise en page. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 6/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10 NOTE GLOBALE : 13/20

11/08/2025 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
L'avatar du posteur Cleck

Le quotidien pudique, mélancolique, malaisant et ampli d'autodérision d'un trentenaire asocial malheureux. Cette plongée intime est à la fois insupportable d'égoïsme et d'une jolie tendresse. Le style surtout est intrigant : silencieux, d'un tendre noir et blanc, à l'occasion illuminé métaphoriquement de couleurs, servi par une mise en page particulièrement aérée. Celle-ci donne à l'ensemble une sympathique et discrète élégance, en plus d'impacter notre rythme de lecture : se dégage une impression toute artificielle de dévorer ce titre tant notre avancée est rapide. Tout cela combiné, permet de faire pencher la balance du bon côté. La tournure mélodramatique prise par l'intrigue dans sa seconde partie incite également à l'indulgence, l'absence de compassion étant délicate à assumer. Certes, l'on s'étonne que cette oncologue s'intéresse à notre héros, l'on comprend modérément la patience de la sœur et l'on apprécie certaines réflexions tendrement embarrassées de la maman pour recadrer son enfant imparfait. Rien est exceptionnel ici, mais la douce mélancolie et la forme donnée au récit permettent à ce titre de retenir notre attention, de diffuser un certain charme, moins maladroit que celui du héros.

17/06/2025 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Alix

Cet album m’a beaucoup plu. La première partie (les deux premiers tiers) se présente sous la forme d’une autobiographie un peu nombriliste et bobo, avec cet artiste Newyorkais qui nous raconte son quotidien et ses inhibitions sociales. J’aurais pu le trouver antipathique, mais voilà, l’humour loufoque et l’autodérision omniprésente m’ont beaucoup plu, et m’ont un peu rappelé le style de Fabcaro. J’ai bien ri, j’aime notamment sa façon de se moquer de ces cafés modernes et de leurs boissons chaudes « intellos » et hors de prix. Je m’apprêtais à mettre un bon 3/5, et puis… Le dernier tiers du récit devient beaucoup plus sérieux, avec la maladie de la maman. Cette partie m’a beaucoup ému, sans doute parce que je suis à un âge où je réfléchis beaucoup à ces thématiques. Du coup je monte la note à 4/5, et je mets un coup de cœur. Une lecture marquante en ce qui me concerne.

26/01/2025 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

2.5 Le titre va très bien pour ce one-shot parce où je ne pense pas avoir réussi à totalement rentrer dans l'histoire. Heureusement que j'ai bien aimé le dessin et que la narration est fluide parce que je ne pense pas que j'aurais réussi à finir l'album. Il faut dire qu'il y a plusieurs pages muettes ou avec peu de textes alors ça se lit tout de même plutôt vite pour une BD avec autant de pages. Quant au scénario, ça se laisse lire, mais sans plus. Le personnage principal m'a un peu énervé par moment et je n'ai pas trop compris exactement où l'auteur voulait en venir. En fait, j'ai eu la sensation que je regardais un film un peu intello qui, sans être chiant, était un peu incompréhensible dans ce qu'il veut montrer parce qu'il me manque des informations. Je peux comprendre que d'autres lecteurs soient plus touchés par cet album que moi. On va dire que c'était pas une lecture pour moi.

04/12/2024 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur PAco

C'est en voyant que "Au-dedans." venait de recevoir le Prix Comics ACBD 2024 que j'ai réalisé que je n'avais pas laissé d'avis sur cet album. Et quel album ! Surprenant de bout en bout ! En attaquant ma lecture, j'ai commencé par me dire que cet OVNI de quelques 300 pages n'allait pas m'emballer plus que ça. Un trait sobre, des pages très aérées, une histoire personnelle sur la difficulté à s'intégrer, et surtout à communiquer en société ou comment exprimer sincèrement ses émotions... Bon, pourquoi pas, mais ça m'emballait pas plus que ça... Et c'est là toute la magie de cet album et du talent de Will McPhail. C'est cette fausse légèreté, ce minimalisme qui va a l'essentiel, tant dans la composition des planches que de son trait qui donne cette expressivité et cette justesse à cette réflexion. J'ai adoré l'expressivité qu'il arrive à faire passer sur le visage de son personnage (Nick) en un rien de traits ; j'ai adoré ces explosions de couleurs qui au détour d'une page vous éclaboussent et vous font partager le ressenti de Nick ; en fait, oui j'ai adoré cet album ! Une magnifique découverte d'un travail tout en finesse qui prend et donne sens au fil des pages. Bravo ! Un Prix ACBD largement mérité !

13/09/2024 (modifier)