3,5/5
Un album dans la plus pure tradition de la ligne claire ! Côté dessin, c’est bien simple, on pourrait croire qu’on est en train de lire un album de Tintin. Le trait, le découpage, le lettrage, tous les codes sont respectés. Et même coté scénario cela rappelle les histoires d’Hergé. A chaque double page, il y a un rebondissement !
On suit avec un certain plaisir une enquête menée tambour battant par … un prêtre. L’aventure est au rendez-vous puisque les nombreuses péripéties s’enchaînent à vitesse grand V. Notre héros va de découvertes en surprises. Il n’y a pas de temps mort et cela contribue pleinement à rendre cette histoire prenante. Un léger soupçon de fantastique vient se greffer, mais ce n’est absolument pas gênant, au contraire même.
Le croiseur fantôme est donc un one shot agréablement surprenant qui mêle une histoire passionnante avec un dessin classique. Et le mélange est réussi.
Avec cette série, c'est ma première lecture dans le cadre de DC Renaissance, le reboot des super-héros DC qui m'intriguait et dont j'avais entendu plutôt du bien. Contrairement à ce que j'imaginais, ici pas vraiment de reboot, c'est un récit dans la continuité des plus récents, avec un Batman déjà bien en place et accessoirement accompagné des différents ex-Robin dont notamment son fils Damian Wayne. Donc pas de dépaysement ni de nouveauté.
Quoiqu'il en soit, le premier tome de cette série qui s'entame en France fut pour moi une bien agréable lecture. C'est du bon Batman !
J'ai avant tout été séduit par le graphisme de Greg Capullo, un graphisme maîtrisé, au trait anguleux et fin qui me rappelle parfois celui d'Andreas que j'adore mais aussi un peu celui de Frank Miller au niveau de l'encrage. Avec des couleurs impeccables, il offre des planches de toute beauté et des cases dynamiques emplies de cadrages originaux qui passent comme des lettres à la poste.
L'intrigue est bonne elle aussi. Elle a la première qualité de ne pas se focaliser sur l'action et les bagarres comme les mauvaises histoires de super-héros mais beaucoup sur la réflexion et les dialogues, ce qui fait la force des récits du Dark Knight. L'adversité que rencontre Batman est en outre originale puisqu'elle le touche dans l'une des choses qui lui tient le plus à coeur, son attachement à sa ville qu'il croit connaître mieux que personne.
La narration est excellente, avec quelques originalités comme le passage où les auteurs jouent sur le média bande dessinée et le sens des planches pour accentuer l'effet de désorientation que subit alors Batman et l'immersion du lecteur au passage.
Ce n'est pas une histoire culte comme peuvent l'être des chefs-d'oeuvre comme Batman - Un long Halloween ou Batman - Dark Knight, mais c'est une très bonne histoire avec un très bon graphisme qui font honneur au Batman et raviront ses amateurs.
Le roman graphique post-apocalyptique est un sous-genre aux frontières mouvantes, où il est facile de s’enliser ; mais il y a aussi des exemples de belle réussite, comme Walking Dead. Sans être du niveau de celui-ci, Havre constitue une belle et réelle surprise.
D’abord parce qu’il est écrit par Isabelle Bauthian, qui n’avait jusque-là réalisé que deux albums, dans des genres différents, même si l’éphémère Anathème touchait au fantastique. Havre constitue une évolution remarquable. D’abord de par son ampleur. Certes, l’intrigue se passe dans un désert post-apocalyptique (post-atomique ?), mais elle implique plusieurs personnages aux personnalités très marquées, mais aussi des pouvoirs mentaux aussi diversifiés que balisés. Ces pouvoirs vont bien sûr impliquer fortement les relations entre les personnages. Même si le récit va se concentrer sur quelques personnages, les plus intrigants, à savoir les monstres, vont faire l’objet d’une nouvelle à la fin du premier album.
Le second tome nous emmène dans un cadre différent, puisque nos héros arrivent dans une communauté. A charge pour eux de se trouver une place, au sein de ce groupe où des factions se créent pour contrôler des rednecks. Ce second tome est forcément plus bavard, moins centré sur l'action. je n'ai pas trouvé toutes les conversations bien menées, certaine sauraient peut-être gagné à avoir plus de clarté, de simplicité. Isabelle Bauthian densifie un peu plus son récit, l'éloignant un peu du survival pour l'emmener vers une étude de moeurs (enfin, tout est relatif, on reste dans un contexte post-apocalyptique). La fin du second tome amène une nouvelle dimension, et le troisième apportera quelques précisions quant à l'origine du cataclysme. Il s'agit d'une origine cynique, et on ne pouvait pas en attendre moins de la part d'un récit dont il est parsemé. Cependant la fin propose, outre, une scène "définitive", une ouverture vers l'espoir.
Un petit mot par rapport aux personnages ; aucun n'est tout blanc ou tout noir, on sent qu'ils ont tous, du moins les personnages principaux, une fêlure, une blessure qu'ils comblent à leur façon. Aucun ne porte de nom, ils sont plus à rapprocher des "caractères" que de véritables personnages de fiction. Cela donne une portée universelle à l'histoire, ambition plutôt bien remplie. De même, ceux qui ont des pouvoirs particuliers ne les utilisent pas à tort et à travers, mais seulement lorsqu'ils sont acculés ou pour satisfaire leurs besoins particuliers.
Il y a déjà de la recherche dans les cadrages, le découpage est lui aussi réussi. L’encrage a réussi à gommer certaines hésitations que j’avais cru discerner dans les crayonnés. Certes, il y a encore des choses à corriger, comme ces corps humains extrêmement minces sur certaines vues de face, ou des cases encore hésitantes (peut-être pas révisées par la dessinatrice ou son éditeur) ; les ambiances, les lumières sont bien posées, par contre. Le tome 3 propose une belle évolution, on sent que la jeune dessinatrice progresse à grands pas.
Une réussite incontestable.
Tout commence dans un futur très proche, 2014 : Barack Obama a été réélu en 2012, le pape Benoit XVI est mort, et un nouveau pape a été désigné par le conclave. Il s'agit du premier pape noir, d'origine africaine, Nelson 1er. Lors de sa première apparition aux Etats-Unis, il est victime d'un attentat... Les bases sont posées et on y croit dur comme fer car c'est plausible.
J'ai bien aimé cette enquête "par anticipation", menée par un policier sosie de Laurence Fishburne. Certes, on ne comprend pas vraiment pourquoi c'est lui qui a été choisi car il n'a pas l'air d'être le plus compétent. Pour l'attentat du Pape, j'imaginais plutôt un super-flic, récompensé des dizaines de fois, spécialiste en complots...
Cependant, nous suivons avec intérêt l'interrogatoire des 3 principaux suspects, arrêtés sur place avec une arme. Chacun possède un motif, une personnalité particulière, et on a l'impression de relations entre ces 3 hommes...
Bref, j'ai été tenue en haleine jusqu'à la fin.
Les dessins et les couleurs collent bien à l'ambiance un peu tendue de ce polar.
Si vous êtes tentés par la lecture de cette BD, ne lisez pas les avis suivants, dévoilant trop à mon goût le final de cette histoire. Ca gacherait pas mal le plaisir, même si je conçois que la fin peut déplaire. L'intérêt est aussi dans le déroulement de l'enquête !
Cette série m'a fait penser à la trilogie Pour L'Empire de Vivès et Merwan
Comme dans cette dernière, l'histoire se situe en un lieu imaginaire au 20e siècle que l'on devine être un pays dirigé par une dictature communiste. Celle-ci, lancée dans un projet économique fou, en vient à assécher une mer intérieure (l'équivalent de la mer d'Aral), empêchant ainsi les pécheurs de pouvoir vivre de leur activité. Un vent de révolte souffle alors sur ce pays mettant aux prises la rebellion à un dictateur sanguinaire amateur d'art qui se déplace dans le pays dans un train accompagné d'une mère castratrice.
Au milieu de tout cela une histoire d'amour contrariée qui se terminera en tragédie, mais je n'en dis pas plus.
Ce tryptique est une vraie réussite et met une fois de plus en avant le talent d'Alfred, qui après Pourquoi j'ai tué Pierre et Je mourrai pas gibier réussit à marquer de son empreinte la BD française contemporaine.
Certes son trait n'est pas des plus esthétiques, mais il a le mérite d'être efficace et de servir un scénario de qualité.
J'ai été véritablement bluffé par les trois premiers tomes de cette série.
C'est un peu l'occasion qui a fait le larron, une séance de dédicace pas trop loin de chez moi, les bonnes notes sur bdtheque, et hop ! En feuilletant l'album je trouvais le dessin un peu étrange, "pas fini", brouillon... Mais à la lecture le sentiment change du tout au tout. Comme dans Magasin général, le mariage entre les storyboards de Bedouel et l'encrage et la minutie de Merwan Chabane est une excellente idée... C'est d'une efficacité assez incroyable par moments. La scène du pilonnage du trou d'obus m'a laissé sans voix. J'ai vraiment vu la séquence s'animer devant mes yeux... C'est du bon.
La suite emmène nos deux compères sous d'autres cieux, et les transporter dans une autre dimension, celle de l'Histoire. Je n'ai pas pu lâcher le tome 3, stupéfait par l'audace narrative des deux coscenaristes. Cette histoire de hérisson alcoolique, quelle idée de génie !
D'ores et déjà un classique.
Très belle découverte pour moi !
Le dessin de Brüno, que je trouvais trop stylisé, a longtemps freiné ma lecture.
Quelle erreur ! On est immédiatement plongé dans cet univers graphique original et parfaitement maitrisé.
Côté scénar, Nury fait une fois de plus un excellent boulot. La narration est fluide, l’action claire et les personnages très charismatiques.
Les mécanismes et l’horreur du commerce triangulaire sont justement et intelligemment évoqués.
Bref, Atar Gull m’a beaucoup plu et je le recommande vivement.
En voilà une héroïne de BD pas banale avec son cynisme chevillé au corps, sa curiosité maladive et son regard complètement désabusé sur sa famille et ses semblables.
Courtney Crumrin débarque un jour avec ses parents dans la maison d'un vieil oncle taciturne et découvre alors qu'elle est la descendante d'une famille de sorciers, évoluant dans un monde où l'on croise à chaque coin de forêt des créatures de la nuit plus ou moins sympathiques, des chats qui parlent, des vampires, des gobelins et des loups-garous pour ne citer qu'eux. Jeune fille quasi incapable de cohabiter avec ses semblables, attachée à mais parfois accablée par sa solitude, elle se découvre alors une affinité bienvenue pour ce nouvel univers, qu'elle va chercher à explorer et à comprendre en bravant tous les interdits et dangers pouvant se dresser sur sa route (au grand dam de son oncle, qui apprécie l'arrivée de cette nièce dans sa vie, mais beaucoup moins sa témérité…). Gare à qui se met en travers de son chemin (humain ou pas) !
Les histoires mettent en scène des monstres pour la plupart peu sympathiques (c'est le moins que l'on puisse dire) et parfois sanguinaires mais ne sont pas dénuées d'humour pour autant (noir ou pas). Le fort (et sale) caractère de Courtney rend le personnage très attachant et les personnages secondaires récurrents (comme le tonton ou Butterworm le gobelin) ne sont pas en reste non plus. L'arrivée en ville d'une jeune fille au caractère aussi bien trempé que le sien au T5 est une nouveauté presqu'aussi surprenante pour Courtney que de croiser un gobelin sanguinaire au fond d'une mare putride…
Trois petits bémols cependant : dans le T4, la lecture des dialogues avec l'accent teuton, amusante au début, finit par être lassante et lourdingue à la longue… Dans le T5, mis à part le personnage de la gamine nouvelle venue, l'histoire n'est pas très intéressante. Le spin-off sur l'oncle A est sans grand intérêt non plus.
Le dessin est un très joli noir et blanc sans nuance ou presque, assez anguleux, torturé ; au premier abord je n'aurais pas spécialement été attirée mais il faut reconnaître à Monsieur Naifeh un talent certain pour la mise en scène d'ambiances pour le moins lugubres. Certaines créatures de la nuit sont d'une beauté saisissante, tant par leur physique atypique que par leur sinistre expressivité.
Un coup de cœur pour le sale caractère de Courtney et pour le ténébreux et silencieux Skarrow.
Avec ce diptyque Dobbs réussit à nous remémorer cette partie de l'Histoire américaine en incluant dans le scénario une interprétation de l'histoire qui réhausse la réputation controversée de Louis Rose(qui est en fait le héros de cette série) .
Ce personnage historique est, pour les Américains , considéré comme le "lâche d'Alamo", car d'aprés la légende c'est le seul défenseur d'Alamo qui aurait refusé de se battre et aurait quitté le fort avant la bataille finale.
Dobbs lui en fait un agent double , à la solde de Sam Houston , un général politicien, qui veut se débarrasser de ses rivaux , à savoir le lieutenant-colonel Travis et le fameux Davy Crockett.
Bien sûr au départ de notre lecture on ne peut s'empêcher de penser au film portant le même titre, qui a berçé notre enfance avec John Wayne dans le rôle de Davy Crockett.
Par contre Dobbs se rapproche plus de la vérité historique ( sauf peut-être ce qui concerne Louis Rose)que de ce classique du cinéma qui mettait en scène des personnages sympathiques comme Jim Bowie qui en fait n'était pas si fréquentable que cela( il était , il faut le rappeler, un marchand d'esclaves).
Le scénariste se base plus sur l'adaptation cinématographique de 2004 avec Billy Bob Thornton dans le rôle de Crockett.
En tout cas dans l'une ou l'autre des versions cinématographiques on s'aperçoit qu'on ne fait pas mention de Louis . Est ce que les Américains méprisent à ce point ce personnage au point de ne pas le faire apparaître dans leurs films ?
Pour en revenir à cette bd je dirai qu'on ne s'ennuie pas une seconde tout au long de ce diptyque car l'action y est omniprésente .
Toute l'histoire d'Alamo est en fait le rapport de Louis Rose à son supérieur, ce qui permet au lecteur de se demander quel fut le rôle de ce personnage controversé.
Le dessin est trés agréable et s'adapte particulièrement bien au récit .
On peut donc que conseiller la lecture de cette nouvelle adaptation de la bataille d'Alamo qui est trés surprenante et spectaculaire.
Bonne lecture.
Bon ! Pour tout avouer j'ai acheté cette série en me basant sur le site bdthèque et parce que l'intégrale sortait.
Merci donc à tout le monde d'avoir posté des avis car j'ai passé un très bon moment avec cette oeuvre.
J'ai énormément apprécié le scénario bien construit, pas exempt de défauts, mais la qualité globale les gomme. Non pour moi le seul point un peu négatif vient du dessin que je n'ai pas toujours aimé notamment au niveau des visages.
Je vous conseille fortement cette lecture qui est sans doute un des meilleurs space opéra du 9ème art.
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Le Croiseur fantôme
3,5/5 Un album dans la plus pure tradition de la ligne claire ! Côté dessin, c’est bien simple, on pourrait croire qu’on est en train de lire un album de Tintin. Le trait, le découpage, le lettrage, tous les codes sont respectés. Et même coté scénario cela rappelle les histoires d’Hergé. A chaque double page, il y a un rebondissement ! On suit avec un certain plaisir une enquête menée tambour battant par … un prêtre. L’aventure est au rendez-vous puisque les nombreuses péripéties s’enchaînent à vitesse grand V. Notre héros va de découvertes en surprises. Il n’y a pas de temps mort et cela contribue pleinement à rendre cette histoire prenante. Un léger soupçon de fantastique vient se greffer, mais ce n’est absolument pas gênant, au contraire même. Le croiseur fantôme est donc un one shot agréablement surprenant qui mêle une histoire passionnante avec un dessin classique. Et le mélange est réussi.
Batman (DC Renaissance)
Avec cette série, c'est ma première lecture dans le cadre de DC Renaissance, le reboot des super-héros DC qui m'intriguait et dont j'avais entendu plutôt du bien. Contrairement à ce que j'imaginais, ici pas vraiment de reboot, c'est un récit dans la continuité des plus récents, avec un Batman déjà bien en place et accessoirement accompagné des différents ex-Robin dont notamment son fils Damian Wayne. Donc pas de dépaysement ni de nouveauté. Quoiqu'il en soit, le premier tome de cette série qui s'entame en France fut pour moi une bien agréable lecture. C'est du bon Batman ! J'ai avant tout été séduit par le graphisme de Greg Capullo, un graphisme maîtrisé, au trait anguleux et fin qui me rappelle parfois celui d'Andreas que j'adore mais aussi un peu celui de Frank Miller au niveau de l'encrage. Avec des couleurs impeccables, il offre des planches de toute beauté et des cases dynamiques emplies de cadrages originaux qui passent comme des lettres à la poste. L'intrigue est bonne elle aussi. Elle a la première qualité de ne pas se focaliser sur l'action et les bagarres comme les mauvaises histoires de super-héros mais beaucoup sur la réflexion et les dialogues, ce qui fait la force des récits du Dark Knight. L'adversité que rencontre Batman est en outre originale puisqu'elle le touche dans l'une des choses qui lui tient le plus à coeur, son attachement à sa ville qu'il croit connaître mieux que personne. La narration est excellente, avec quelques originalités comme le passage où les auteurs jouent sur le média bande dessinée et le sens des planches pour accentuer l'effet de désorientation que subit alors Batman et l'immersion du lecteur au passage. Ce n'est pas une histoire culte comme peuvent l'être des chefs-d'oeuvre comme Batman - Un long Halloween ou Batman - Dark Knight, mais c'est une très bonne histoire avec un très bon graphisme qui font honneur au Batman et raviront ses amateurs.
Havre
Le roman graphique post-apocalyptique est un sous-genre aux frontières mouvantes, où il est facile de s’enliser ; mais il y a aussi des exemples de belle réussite, comme Walking Dead. Sans être du niveau de celui-ci, Havre constitue une belle et réelle surprise. D’abord parce qu’il est écrit par Isabelle Bauthian, qui n’avait jusque-là réalisé que deux albums, dans des genres différents, même si l’éphémère Anathème touchait au fantastique. Havre constitue une évolution remarquable. D’abord de par son ampleur. Certes, l’intrigue se passe dans un désert post-apocalyptique (post-atomique ?), mais elle implique plusieurs personnages aux personnalités très marquées, mais aussi des pouvoirs mentaux aussi diversifiés que balisés. Ces pouvoirs vont bien sûr impliquer fortement les relations entre les personnages. Même si le récit va se concentrer sur quelques personnages, les plus intrigants, à savoir les monstres, vont faire l’objet d’une nouvelle à la fin du premier album. Le second tome nous emmène dans un cadre différent, puisque nos héros arrivent dans une communauté. A charge pour eux de se trouver une place, au sein de ce groupe où des factions se créent pour contrôler des rednecks. Ce second tome est forcément plus bavard, moins centré sur l'action. je n'ai pas trouvé toutes les conversations bien menées, certaine sauraient peut-être gagné à avoir plus de clarté, de simplicité. Isabelle Bauthian densifie un peu plus son récit, l'éloignant un peu du survival pour l'emmener vers une étude de moeurs (enfin, tout est relatif, on reste dans un contexte post-apocalyptique). La fin du second tome amène une nouvelle dimension, et le troisième apportera quelques précisions quant à l'origine du cataclysme. Il s'agit d'une origine cynique, et on ne pouvait pas en attendre moins de la part d'un récit dont il est parsemé. Cependant la fin propose, outre, une scène "définitive", une ouverture vers l'espoir. Un petit mot par rapport aux personnages ; aucun n'est tout blanc ou tout noir, on sent qu'ils ont tous, du moins les personnages principaux, une fêlure, une blessure qu'ils comblent à leur façon. Aucun ne porte de nom, ils sont plus à rapprocher des "caractères" que de véritables personnages de fiction. Cela donne une portée universelle à l'histoire, ambition plutôt bien remplie. De même, ceux qui ont des pouvoirs particuliers ne les utilisent pas à tort et à travers, mais seulement lorsqu'ils sont acculés ou pour satisfaire leurs besoins particuliers. Il y a déjà de la recherche dans les cadrages, le découpage est lui aussi réussi. L’encrage a réussi à gommer certaines hésitations que j’avais cru discerner dans les crayonnés. Certes, il y a encore des choses à corriger, comme ces corps humains extrêmement minces sur certaines vues de face, ou des cases encore hésitantes (peut-être pas révisées par la dessinatrice ou son éditeur) ; les ambiances, les lumières sont bien posées, par contre. Le tome 3 propose une belle évolution, on sent que la jeune dessinatrice progresse à grands pas. Une réussite incontestable.
In the name of...
Tout commence dans un futur très proche, 2014 : Barack Obama a été réélu en 2012, le pape Benoit XVI est mort, et un nouveau pape a été désigné par le conclave. Il s'agit du premier pape noir, d'origine africaine, Nelson 1er. Lors de sa première apparition aux Etats-Unis, il est victime d'un attentat... Les bases sont posées et on y croit dur comme fer car c'est plausible. J'ai bien aimé cette enquête "par anticipation", menée par un policier sosie de Laurence Fishburne. Certes, on ne comprend pas vraiment pourquoi c'est lui qui a été choisi car il n'a pas l'air d'être le plus compétent. Pour l'attentat du Pape, j'imaginais plutôt un super-flic, récompensé des dizaines de fois, spécialiste en complots... Cependant, nous suivons avec intérêt l'interrogatoire des 3 principaux suspects, arrêtés sur place avec une arme. Chacun possède un motif, une personnalité particulière, et on a l'impression de relations entre ces 3 hommes... Bref, j'ai été tenue en haleine jusqu'à la fin. Les dessins et les couleurs collent bien à l'ambiance un peu tendue de ce polar. Si vous êtes tentés par la lecture de cette BD, ne lisez pas les avis suivants, dévoilant trop à mon goût le final de cette histoire. Ca gacherait pas mal le plaisir, même si je conçois que la fin peut déplaire. L'intérêt est aussi dans le déroulement de l'enquête !
Le Désespoir du Singe
Cette série m'a fait penser à la trilogie Pour L'Empire de Vivès et Merwan Comme dans cette dernière, l'histoire se situe en un lieu imaginaire au 20e siècle que l'on devine être un pays dirigé par une dictature communiste. Celle-ci, lancée dans un projet économique fou, en vient à assécher une mer intérieure (l'équivalent de la mer d'Aral), empêchant ainsi les pécheurs de pouvoir vivre de leur activité. Un vent de révolte souffle alors sur ce pays mettant aux prises la rebellion à un dictateur sanguinaire amateur d'art qui se déplace dans le pays dans un train accompagné d'une mère castratrice. Au milieu de tout cela une histoire d'amour contrariée qui se terminera en tragédie, mais je n'en dis pas plus. Ce tryptique est une vraie réussite et met une fois de plus en avant le talent d'Alfred, qui après Pourquoi j'ai tué Pierre et Je mourrai pas gibier réussit à marquer de son empreinte la BD française contemporaine. Certes son trait n'est pas des plus esthétiques, mais il a le mérite d'être efficace et de servir un scénario de qualité.
L'Or et le Sang
J'ai été véritablement bluffé par les trois premiers tomes de cette série. C'est un peu l'occasion qui a fait le larron, une séance de dédicace pas trop loin de chez moi, les bonnes notes sur bdtheque, et hop ! En feuilletant l'album je trouvais le dessin un peu étrange, "pas fini", brouillon... Mais à la lecture le sentiment change du tout au tout. Comme dans Magasin général, le mariage entre les storyboards de Bedouel et l'encrage et la minutie de Merwan Chabane est une excellente idée... C'est d'une efficacité assez incroyable par moments. La scène du pilonnage du trou d'obus m'a laissé sans voix. J'ai vraiment vu la séquence s'animer devant mes yeux... C'est du bon. La suite emmène nos deux compères sous d'autres cieux, et les transporter dans une autre dimension, celle de l'Histoire. Je n'ai pas pu lâcher le tome 3, stupéfait par l'audace narrative des deux coscenaristes. Cette histoire de hérisson alcoolique, quelle idée de génie ! D'ores et déjà un classique.
Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle
Très belle découverte pour moi ! Le dessin de Brüno, que je trouvais trop stylisé, a longtemps freiné ma lecture. Quelle erreur ! On est immédiatement plongé dans cet univers graphique original et parfaitement maitrisé. Côté scénar, Nury fait une fois de plus un excellent boulot. La narration est fluide, l’action claire et les personnages très charismatiques. Les mécanismes et l’horreur du commerce triangulaire sont justement et intelligemment évoqués. Bref, Atar Gull m’a beaucoup plu et je le recommande vivement.
Courtney Crumrin
En voilà une héroïne de BD pas banale avec son cynisme chevillé au corps, sa curiosité maladive et son regard complètement désabusé sur sa famille et ses semblables. Courtney Crumrin débarque un jour avec ses parents dans la maison d'un vieil oncle taciturne et découvre alors qu'elle est la descendante d'une famille de sorciers, évoluant dans un monde où l'on croise à chaque coin de forêt des créatures de la nuit plus ou moins sympathiques, des chats qui parlent, des vampires, des gobelins et des loups-garous pour ne citer qu'eux. Jeune fille quasi incapable de cohabiter avec ses semblables, attachée à mais parfois accablée par sa solitude, elle se découvre alors une affinité bienvenue pour ce nouvel univers, qu'elle va chercher à explorer et à comprendre en bravant tous les interdits et dangers pouvant se dresser sur sa route (au grand dam de son oncle, qui apprécie l'arrivée de cette nièce dans sa vie, mais beaucoup moins sa témérité…). Gare à qui se met en travers de son chemin (humain ou pas) ! Les histoires mettent en scène des monstres pour la plupart peu sympathiques (c'est le moins que l'on puisse dire) et parfois sanguinaires mais ne sont pas dénuées d'humour pour autant (noir ou pas). Le fort (et sale) caractère de Courtney rend le personnage très attachant et les personnages secondaires récurrents (comme le tonton ou Butterworm le gobelin) ne sont pas en reste non plus. L'arrivée en ville d'une jeune fille au caractère aussi bien trempé que le sien au T5 est une nouveauté presqu'aussi surprenante pour Courtney que de croiser un gobelin sanguinaire au fond d'une mare putride… Trois petits bémols cependant : dans le T4, la lecture des dialogues avec l'accent teuton, amusante au début, finit par être lassante et lourdingue à la longue… Dans le T5, mis à part le personnage de la gamine nouvelle venue, l'histoire n'est pas très intéressante. Le spin-off sur l'oncle A est sans grand intérêt non plus. Le dessin est un très joli noir et blanc sans nuance ou presque, assez anguleux, torturé ; au premier abord je n'aurais pas spécialement été attirée mais il faut reconnaître à Monsieur Naifeh un talent certain pour la mise en scène d'ambiances pour le moins lugubres. Certaines créatures de la nuit sont d'une beauté saisissante, tant par leur physique atypique que par leur sinistre expressivité. Un coup de cœur pour le sale caractère de Courtney et pour le ténébreux et silencieux Skarrow.
Alamo
Avec ce diptyque Dobbs réussit à nous remémorer cette partie de l'Histoire américaine en incluant dans le scénario une interprétation de l'histoire qui réhausse la réputation controversée de Louis Rose(qui est en fait le héros de cette série) . Ce personnage historique est, pour les Américains , considéré comme le "lâche d'Alamo", car d'aprés la légende c'est le seul défenseur d'Alamo qui aurait refusé de se battre et aurait quitté le fort avant la bataille finale. Dobbs lui en fait un agent double , à la solde de Sam Houston , un général politicien, qui veut se débarrasser de ses rivaux , à savoir le lieutenant-colonel Travis et le fameux Davy Crockett. Bien sûr au départ de notre lecture on ne peut s'empêcher de penser au film portant le même titre, qui a berçé notre enfance avec John Wayne dans le rôle de Davy Crockett. Par contre Dobbs se rapproche plus de la vérité historique ( sauf peut-être ce qui concerne Louis Rose)que de ce classique du cinéma qui mettait en scène des personnages sympathiques comme Jim Bowie qui en fait n'était pas si fréquentable que cela( il était , il faut le rappeler, un marchand d'esclaves). Le scénariste se base plus sur l'adaptation cinématographique de 2004 avec Billy Bob Thornton dans le rôle de Crockett. En tout cas dans l'une ou l'autre des versions cinématographiques on s'aperçoit qu'on ne fait pas mention de Louis . Est ce que les Américains méprisent à ce point ce personnage au point de ne pas le faire apparaître dans leurs films ? Pour en revenir à cette bd je dirai qu'on ne s'ennuie pas une seconde tout au long de ce diptyque car l'action y est omniprésente . Toute l'histoire d'Alamo est en fait le rapport de Louis Rose à son supérieur, ce qui permet au lecteur de se demander quel fut le rôle de ce personnage controversé. Le dessin est trés agréable et s'adapte particulièrement bien au récit . On peut donc que conseiller la lecture de cette nouvelle adaptation de la bataille d'Alamo qui est trés surprenante et spectaculaire. Bonne lecture.
Universal War One
Bon ! Pour tout avouer j'ai acheté cette série en me basant sur le site bdthèque et parce que l'intégrale sortait. Merci donc à tout le monde d'avoir posté des avis car j'ai passé un très bon moment avec cette oeuvre. J'ai énormément apprécié le scénario bien construit, pas exempt de défauts, mais la qualité globale les gomme. Non pour moi le seul point un peu négatif vient du dessin que je n'ai pas toujours aimé notamment au niveau des visages. Je vous conseille fortement cette lecture qui est sans doute un des meilleurs space opéra du 9ème art.