Pourquoi j'ai tué Pierre

Note: 3.89/5
(3.89/5 pour 46 avis)

Angoulême 2007 : album essentiel. L'abus sexuel d'un enfant raconté à la première personne.


Angoulême : récapitulatif des séries primées Autobiographie BDs à offrir Douleurs intimes Enfance(s) Les prix lecteurs BDTheque 2006 Mirages One-shots, le best-of Photo et dessin

Olivier est un garçon sans histoires. Élevé dans une ambiance baba-cool au sein d’un milieu libertaire et permissif, c’est un enfant peu farouche qui a l’habitude de la nudité des adultes. À 12 ans, il part en colonie de vacances. Là, Pierre, un curé avec qui il s’est lié d’amitié, lui demandera de toucher son corps. Olivier ne sera ni violé ni abusé, mais cet évenement marquera son existence à jamais… Texte : Delcourt

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 13 Septembre 2006
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Pourquoi j'ai tué Pierre
Les notes (46)
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26/09/2006 | ArzaK
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Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

Hum ... Je ne peut qu'ajouter une nouvelle à la longue liste des critiques positives sur cette BD. Que dire qui n'a pas déjà été dit ? Cette BD a fait beaucoup parler d'elle à sa sortie, mais elle le mérite. C'est un témoignage poignant et violent sur une douleur intime. C'est le récit d'un homme qui a souffert sans le savoir d'un attouchement sexuel subit dans son enfance. Et c'est dramatiquement bien mis en scène. La BD n'en a pas l'air, mais elle est particulièrement dense. On suivra toute les étapes de la vie de Olivier Ka, jusqu'à la libération de cet événement traumatisant. Je me suis rendu compte à la fin de la lecture exceptionnellement fluide qui nous est proposé. Jamais je n'ai eu envie de m'interrompre ou de bouger de mon siège. J'étais immergé dans cette histoire jusqu'au bout. Et je n'ai ressenti à aucun moment une quelconque sensation de malaise. Bien que plusieurs fois très marquant par le traumatisme exposée, la BD sait se faire dynamique et intéressante. Le dessin aide beaucoup, avec cette lisibilité parfaite qui est donné. Non, en vrai je ne saurais dire beaucoup de choses sur cette BD si ce n'est qu'il s'agit là d'une excellente BD et que je comprend l'engouement qu'elle a suscité à sa sortie, et qui continue encore. C'est une histoire qui ne laisse pas indifférent. J'aurais aimé, en fermant la BD, penser que ce serait une histoire inventée. Mais non, la réalité sordide et crue frappe toujours et c'est encore une fois un excellent exemple qui est donné ici. Ne vous privez pas de la lire si jamais vous mettez la main dessus.

28/12/2018 (modifier)
Par Puma
Note: 2/5

L'indigence du dessin m'interdit de monter au-delà du juste 2* (1* serait même plus adéquat). Par ailleurs, le scénario qui se veut être pour son auteur une thérapie libératrice face à un événement traumatisant, a sans doute rempli sa fonction de soulager celui-ci mais me laisse, moi lecteur, sur ma faim quant à l’absence de réelle analyse et de conclusion à l'ouvrage. Le coté biographie au premier degré et sans recul crée quelques passages pour le moins lourdauds. Thème difficile néanmoins abordé avec pudeur et délicatesse, et qui a la grande qualité d'éviter le jugement.

02/08/2018 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5

Pourquoi j’ai tué Pierre est le récit autobiographique du scénariste Olivier Ka, victime d’un abus sexuel dans sa jeunesse par un prêtre pédophile. Véritable catharsis pour surmonter le mal-être profond de son auteur, l’album est également un témoignage bouleversant et d’une grande sincérité sur l’enfer qu’il a vécu. Olivier Ka se livre complètement et prend le parti de développer son enfance, son cadre familial, son rapport à la religion et surtout l’arrivée du prédateur Pierre dans sa vie. Il montre bien comment se dernier est rapidement devenu un ami de la famille, la manière dont il a gagné la confiance d’Olivier. La narration est fluide avec le choix d’un chapitrage clair et l’histoire est passionnante à suivre. Les dessins d’Alfred sont simples, sans artifice, et se mettent entièrement au service du récit. Pourquoi j’ai tué Pierre est un album particulièrement dur, qui a dû demander beaucoup de courage aux auteurs. Bravo à eux pour ce titre coup de poing !

19/06/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

C’est une histoire qui, au début, m’a fait penser à la récente série de Riad Sattouf, L'Arabe du futur. La colorisation mise à part, cela partait sur le même ton, mi intimiste mi goguenard, avec un regard d’enfant sur un monde d’adultes. Cela s’en écarte ensuite, au fur et à mesure que s’éclaire le titre – et le compte à rebours de ces « j’ai tué Pierre », à divers âges. Sur un sujet scabreux – on devine bien en amont le nœud du problème – cette histoire autobiographique – et quasi cathartique ! – avance à petits pas, l’auteur prenant des précautions avec lui-même, pour aller jusqu’au bout de cette libération. Le dessin simple d’Alfred est aussi pour beaucoup pour faciliter la lecture. C’est vraiment une lecture fortement recommandable, qui ne donne pas dans le pathos, alors même que le sujet y tombe souvent lorsqu’il est évoqué dans les médias. Quant à la justice, puisqu’ici Pierre n’a eu qu’à affronter le regard d’Olivier Ka, elle passe une nouvelle fois l’éponge sur ces criminels en soutanes, fussent-ils, comme ici « très cool ». J’ajoute qu’en plus d’une triste histoire, très noire (certains passages me faisant penser à la noirceur de Larcenet dans certaines de ses œuvres publiées chez les Rêveurs), cet album est aussi un joli portait de famille, d’une génération : cette partie, qui se lit en parallèle de la relation d’Olivier avec Pierre, est elle aussi (sur un ton plus positif bien sûr) intéressante, brossant le passage à l’âge adulte du jeune Olivier. Un album que je vous recommande vraiment !

15/03/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Le sujet est grave. Je pense sincèrement que la BD peut également traiter de sujet difficile et donc moins "léger" que ce que l'on a l'habitude de lire généralement. En règle générale, la BD est faite pour divertir. Ici, on a l'impression que c'est pour expier un mauvais souvenir du passé qui a rongé son auteur subitement à l'âge adulte bien des années plus tard après les faits délictueux. Le problème dans cette BD autobiographique c'est que l'on ressent non seulement un réel malaise dans la lecture mais on perçoit véritablement la haine de l'auteur comme un effet auto-destructeur sans espoir. Bien que je comprenne les sentiments de l'auteur et son regard acerbe sur le monde après un tel drame , je m'interroge sur cette démarche sans trop vouloir polémiquer. Après tout, cela regarde son intimité. Oui, mais nous "lecteurs"? Je crois qu'au delà du sujet abordé, c'est la trahison d'un ami qui nous émeut le plus. Ce sujet étant plus vaste, on peut se sentir concerné. Une BD sans concession auquel il faut laisser le temps d'infuser ou une BD qui cherche à justifier son existence mais ne parvient qu'à prouver sa désuétude? Enfin, l'émotion peut-être recherchée n'a pas eu lieu (comme dans les oeuvres de Tanaguchi où je dois chercher à chaque fois un mouchoir). J'ai été un peu déçu car en lieu et place de l'émotion, j'ai éprouvé un certain malaise pas très salutaire. Pour autant, quelques années après, les scandales de pédophilie au sein de l'Eglise catholique vont mettre cet ouvrage au sein de l'actualité. Bref, on se rend compte que ce n'était pas si anodin. Le dessin académique à tout crin ne me plaît guère (c'est général à tous ces dessinateurs de l'Ecole "simpliste" dans la lignée de Larcenet). Les traits sont également trop gras. Cependant, ils traduisent assez correctement l'ensemble du propos d'autant que je trouve le découpage assez réussi ce qui rend la lecture agréable. "Pourquoi j'ai tué Pierre" est le récit autobiographique d'une manipulation, d'une enfance trahie et des conséquences d'un tel traumatisme racontées avec gravité et pudeur. Un ouvrage qui se veut choc! Un ouvrage que j'avais mal jugé. Sans doute me fallait 'il digérer et avoir un certain recul. Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5

04/03/2007 (MAJ le 13/02/2013) (modifier)
Par etoilawst
Note: 4/5

Il est certain que cette bd ne peut pas laisser indifférent. Le thème en lui même est très sensible. Le fait qu'on découvre qu'il s'agit d'une autobiographie renforce le caractère poignant de l'histoire. Dès le départ et au fil de la lecture un certain malaise envahit le lecteur. On sent que quelque chose ne va pas et qu'un drame va se dérouler. La suite ne fait que confirmer ce sentiment. La suite est le combat de la victime pour ne pas sombrer. Une histoire forte, émouvante et je ne peux que conseiller la lecture de la bd et même son acquisition.

09/09/2012 (modifier)
L'avatar du posteur Le Grand A

Ah ça, c’est le genre de bd qui ne me laisse pas indifférent ! Le thème abordé est suffisamment délicat comme ça alors je ne me permettrai pas de juger le scénariste sur son histoire, savoir si je suis d’accord avec lui ou pas sur certains sujets n’a pas sa place ici. C’est un peu comme le suicide, on ne peut en parler que si on l’a déjà envisagé pour soi-même (dixit Charles Bukowski). Par ailleurs je n’ai vraiment compris qu’il s’agissait d’un récit autobiographique que dans la deuxième partie (jamais entendu parler du scénariste), comme quoi c’est bien foutu. C’est bien foutu parce que tous les ingrédients sont là : un scénario bien mené et un dessin de qualité. Tiens le dessin, il est tout à fait original, à la fois sobre d’une certaine façon pour mieux laisser place au récit qui est le plus important, et aussi impressionnant de mon point de vue car je n’avais jamais vu un dessin et un coloriage de ce genre dans une bd. L’insertion de photos dans la deuxième partie fait basculer la bd du genre autobiographique à un quasi reportage-documentaire et j’ai trouvé ça très intelligent. Cela montrait bien en quelque sorte que l’auteur ne déconnait pas, on prend ça très au sérieux. Il s’agit là d’une bd très viscérale et qui peut mettre mal à l'aise (je ne mets pas de coup de cœur car ce serait un peu déplacé). Toutefois, une seule lecture m’a suffit, l’achat signifierait qu’il y en aurait d’autres mais elle a été suffisamment marquante pour que je m’en souvienne.

02/08/2012 (modifier)
Par Pasukare
Note: 2/5
L'avatar du posteur Pasukare

Bon... mises à part toutes les considérations liées au sujet et au drame vécu par l'auteur, je me prononce ici uniquement sur mon ressenti à la lecture de cette BD et je n'ai vraiment rien ressenti de spécial il faut bien l'avouer. L'histoire, autobiographique, racontée ici est bien entendu horrible et les actes de Pierre lourdement condamnables mais ce témoignage n'a pas eu sur moi l'impact qu'il semble avoir eu sur la plupart des lecteurs, l'émotion n'a pas transpercé les pages de la BD pour venir jusqu'à moi. Peut-être parce que j'en savais déjà trop sur l'histoire et l'identité du personnage avant d'entamer ma lecture. A la limite, en dehors de la scène horrible où Pierre force le jeune Olivier à le toucher (on a envie de tirer le jeune garçon de là, on a envie de lui crier de ne pas rester pétrifié comme ça plus longtemps et de ne pas se laisser faire), ce qui m'a le plus fait réagir et entrer dans le récit, c'est la fin, et la rencontre inattendue qui nous est contée. Cette fin est pour le moins originale et bien trouvée, dans la mesure où on peut qualifier ainsi la fin d'une telle histoire, où rien n'est vraiment calculé. Je pense que cette BD peut être très utile pour des personnes ayant vécu ce genre de drame, pour permettre de faire la lumière sur un traumatisme dont ils ne mesurent peut-être pas la portée. En ce qui me concerne, bien que forcément horrifiée par ce genre de comportement, cette BD en elle-même ne me laisse pas un souvenir impérissable. Le dessin d'Alfred est pas mal, nettement plus à mon goût que dans Je mourrai pas gibier, il colle plutôt bien au récit, même si dans l'absolu, ce genre là n'est pas ma tasse de thé du tout.

13/11/2011 (modifier)
Par js
Note: 3/5

Une chose est absolument certaine : la lecture de cette BD est perturbante, troublante. Au début de l'oeuvre, j'ai eu peur de lire une espèce de critique négative de la religion et du coup, je suis devenu un peu hermétique à la lecture (je ne suis pas croyant mais j'en ai marre que l'on casse du sucre sur le christianisme sans cesse). En fait, ce n'est pas cela, l'auteur ne dénigre pas (enfin je crois) la religion (d'ailleurs, les moeurs de ses parents ne sont pas mieux que les idées arrêtées de ses grands-parents). Puis arrive le moment assez horrible de l'histoire et là je ne savais que ce roman graphique était autobiographique ; donc je suis resté un peu perplexe quant à la suite. Ce n'est qu'au 3/4 du récit que j'ai plutôt accroché car l'auteur reste dans le même ton, sans exagérer les choses ; et là je reconnais qu'il y a un gros travail derrière, et sur soi et sur le style. La fin est pas mal et j'aime ce côté un peu perdu de l'auteur qui arrive bien à retranscrire son mal-être et nous dit clairement qu'il va improviser la fin de l'oeuvre (le coup des photos dans l'album est bien vu). Le dessin se laisse regarder car on ne peut pas dire qu'il soit beau. Cependant, la découpe des planches est bien, tout comme les couleurs et les différentes mises en scène imagées parfois bien pensées. Ce récit tient sa force dans son côté autobiographique, ce qui rend la lecture moralement difficile et on peut saluer son auteur pour son courage et sa narration honnête. Après, était-ce le meilleur choix de faire une BD pour sortir ses vieux démons ? A découvrir même si je me suis parfois ennuyé en lisant certains passages et que la narration n'est pas toujours accrocheuse.

13/09/2011 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

Difficile d'écrire un avis au sortir de cette lecture... Quelle baffe ! C'est sur la "renommée" acquise sur BDT que je me suis lancé dans cette lecture, car à vrai dire, même si la couverture est originale et bien trouvée, elle ne m'attirait pas plus que ça. Mais bon, je restais sur un bon sentiment avec Alfred que je connaissais par le biais de la BD jeunesse Octave et surtout le très bon Je mourrai pas gibier, qui semblait plus tenir du même registre. Et c'était peu dire... Car si Je mourrai pas gibier ne faisait pas dans la dentelle, "Pourquoi j'ai tué Pierre" sait nous prendre à la gorge, mais pour une toute autre raison. C'est en réalisant que ce que je lisais était l'histoire personnelle du scénariste que tout a basculé. Cette ré implication dans le réel est brutale et nous sort de la fiction, pour nous scotcher à la dure réalité de la bestialité humaine. Surtout quand c'est un enfant qui en fait les frais... Pas d'emphase, pas de minimisation : rien que la vérité et toute la vérité. Olivier Ka vide son sac et va jusqu’au bout. Si certains ont crié à la thérapie publique et à la pleurnicherie, je ne serai pas de ceux là car j'ai trouvé cette restitution authentique et bien construite. D'une part Olivier Ka a un réel talent de narrateur, et le trait d'Alfred un peu gras et grossier, tout en rondeur colle parfaitement à ce récit. J'ai également beaucoup aimé le traitement graphique final qui mène nos deux auteurs vers une rencontre des plus surréaliste et imprévue. Il renforce notre implication dans ce récit et nous fait nous poser beaucoup de questions... Au final, on sort de cette lecture un peu tout chamboulé, et il m'a fallu un certain temps pour réussir à composé cet avis. Car la force de cette BD réside pour moi dans sa puissance à nous impliquer dans un drame et aux questions qui en découle.

15/06/2011 (modifier)