Mon avis va être court et je vous renvoie à celui de Jetjet juste en dessous car il a résumé admirablement cette série et je suis en parfait accord avec son avis.
Sentinelles c'est avant tout un bon scénario. Un héros crédible, des second couteaux intéressants et, ce qui fait le plus de cette histoire, un contexte passionnant. Alors en plus on y ajoute un dessin superbe qui fait très début 20ème siècle et notamment les affiches de propagandes de l'époque et vous avez un quasi chef d'oeuvre. Pourquoi quasi ? Tout simplement parce que la série est en cours.
A lire absolument.
Alors là merci Urban Comics. J'ai eu la chance d'acheter la version de l'album qui contenait le dvd et le blu-ray de l'animé plus des bonus à foison. C'est un plaisir incroyable de redécouvir cette oeuvre à travers une édition aussi complète.
Le travail fourni sur cet album est incroyable. Le scénario nous entraîne à la suite de Bruce Wayne qui est en train de devenir Batman. On découvre comment il choisit la chauve-souris comme emblème et surtout ses premiers pas en tant que justicier. Ces derniers sont d'ailleurs chaotiques rendant le personnage plus humain. Le développement du commissaire Gordon très présent dans cet album et qui fait lui aussi ses premiers pas à Gotham est le gros point fort de l'album. Quel plaisir de découvrir son arrivée, de voir la corruption qui gangrène la ville. Le personnage de Sélina Kyle présent aussi ici achève de fournir à cet album son quota de personnages cultes. En plus elle aussi bénéficie d'un bon développement, ce qui ne gâche rien.
Côté dessin j'aime beaucoup le travail de Mazzuchelli et pour une fois les couleurs n'ont pas trop mal vieilli.
Un magnifique album donc, à découvrir ou à redécouvrir.
Voici un manga au sujet assez atypique. Pour etre honnete, je suis tombé dessus par hasard et je ne pensais pas réellement y accrocher. Et bien c'est pourtant le cas!
Le dessin est parfois superbe et c'est sans doute ce qui m'a aidé à lire le début du manga. On s'attache ensuite facilement aux personnages (surtout le personnage principal, lui aussi atypique). Les rebondissements sont nombreux, le scénario ne cède pas à la facilité et est intelligent (le manga est après tout inspiré d'un roman) et on ne s'ennuie pas une minute.
Bref, une bonne surprise au sujet assez rare en BD.
Plusieurs éléments ont fait en sorte que je me suis attaché à cette série mais les principaux pourraient se résumer à cette remarque : la pertinence d’un délire cohérent.
En effet, et alors que je m’attendais à trouver à l’intérieur de ces tomes des histoires bien distinctes, c’est à un univers certes délirant mais obéissant à une grande logique que je me suis retrouvé confronté. Les enquêtes finissent rapidement par se recouper et ce même si, de prime abord, un coq de combat, un fruit venu de l’espace ou une chronique gastronomique particulièrement bien tournée ne semblent pas avoir de grands rapports entre eux.
Viennent s’ajouter à cela, et toujours dans cet esprit de cohérence dans le délire, des supers-pouvoirs pour le moins inhabituels. Ces particularismes enrichissent clairement l’intrigue en apportant tantôt un prétexte à un passage humoristique, tantôt une manière originale de faire progresser l’intrigue.
Ajoutez à cela quelques clins d’œil. Une planche du troisième tome est, par exemple, quasiment identique à une du deuxième si ce n’est que les protagonistes changent tout autant que l’émotion qu’ils font passer. C’est le genre de séquence qu’à titre personnel, j’adore !
Le dessin, très lisible, carré et expressif est d’une indéniable qualité. Il dispose de tout le nécessaire pour transmettre les émotions, pour dynamiser l’action et pour planter des décors variés.
Au début, j’ai cru que je n’allais pas aimer plus que ça. Après trois tomes, je me réjouis de lire la suite !
Excellent !
La balade de Yaya est une série qui dispose de multiples atouts pour plaire à un jeune public.
Tout d’abord, il y a ce duo très classique. Une petite fille riche, quelque peu capricieuse mais courageuse et attachante, d’un côté. Un petit garçon pauvre, orphelin, débrouillard, courageux et tout aussi attachant de l’autre. Ce genre de duo a déjà souvent fait ses preuves et, grâce au charisme dont les ont dotés leurs auteurs, c’est encore le cas ici. Les lecteurs s’attacheront vite à eux.
Ensuite, et toujours au niveau des personnages, la série dispose de seconds rôles d’importance. Les principaux, à nouveau très classiques, sont un adversaire obstiné, bête et méchant d’une part et un compagnon d’aventure amusant et fantaisiste qui prend les traits d’un petit oiseau dans le cas présent d’autre part.
Voici donc une galerie de personnages qui, à défaut d’être originale, s’avère d’une grande efficacité.
Ensuite vient le contexte historique. C’est, je trouve, une très bonne idée d’avoir placé l’aventure dans la Chine de l’immédiat avant-deuxième guerre mondiale. Une Chine alors envahie par leur ennemi japonais, théâtre peu souvent employé et qui suscitera à n’en pas douter quelques interrogations chez le jeune lecteur. Et je ne sais pas vous mais moi, j’aime bien quand une série destinée à la jeunesse parviens à titiller la curiosité de son lectorat vers des sujets de prime abord rébarbatifs (comme l’histoire ou la géographie…)
Puis vient le dessin. Très typé manga pour les personnages comme pour les décors, il est « facile à lire », expressif, soigné, rond. Tout pour plaire à un jeune public, donc (et même aux moins jeunes). La colorisation aux teintes pastel souvent agréablement nuancées ne fait qu’amplifier le charme qui se dégage du trait. Certaines « grandes » illustrations ne dépareilleront aucunement sous forme d’affiche dans la chambre d’un enfant tant le travail est soigné et harmonieux.
Enfin vient le format de l’objet. De petits albums plus larges que hauts, qui tiennent facilement en main et ne pèsent pas lourds. Un nombre de pages suffisant pour proposer une matière conséquente pour une lecture assez rapide grâce à un nombre peu élevé de cases par planche. On tourne donc vite les pages, ce qui nous pousse à nous dire : « bon, allez, encore un chapitre et puis j’arrête… » sans jamais nous arrêter.
Une réussite, en somme.
J’étais tombé sous le charme d’Omni-Invibilis, première collaboration fructueuse entre Mathieu Bonhomme que je ne connaissais pas et Lewis Trondheim dont les nombreuses œuvres placées sous le signe du « Pince sans rire » ont toujours eu raison de ma lucidité aussi il était impossible pour moi de passer au travers de ce Texas Cowboys.
Pré-publié en suppléments gratuits dans l’hebdomadaire Spirou, Texas Cowboys est aujourd’hui proposé dans une édition complète de fort belle facture reprenant les diverses couvertures et un papier de qualité avec une impression regorgeant de petits « défauts » volontaires d’impression parsemés ici et là rajoutant au charme rétro et vintage de l’ensemble.
Pour cette occasion, Trondheim choisit d’exploser son récit en 9 chapitres bien distincts et dont les ellipses rappellent le mode de narration utilisé par les films de Tarantino ou celui d’Apocalypse sur Carson City de Griffon.
La lecture peut sembler ardue de premier abord mais il n’en est rien et tout coule de source assez rapidement pour peu que l’on s’accroche un tantinet, ce qui n’est guère difficile avec les nombreuses touches d’humour abstrait ou absurde dont Trondheim parsème intelligemment son récit…
De surcroit la première lecture achevée, on a vite hâte de se relancer pour accorder toutes les pièces du puzzle.
Le récit est agréable, du journaliste peureux et ambitieux balancé dans un bled corrompu jusqu’à la moelle d’un cadre de western classique où rien ne manque, des parties de poker aux attaques de hors la loi sans oublier les indiens.
Le dessin de Bonhomme est extraordinaire de clarté et de nuances. Qu’il s’agisse des décors comme des personnages, tout est franchement réussi et utilise les codes pour mieux les détourner. Il s’agit bien plus d’un hommage que d’une parodie mais l’humour est loin d’être écarté. Tout juste on pourra reconnaitre une similitude graphique entre notre anti-héros Harvey avec celui d’Omni-invibilis qui lui se prénomme… Hervé !!! et oui !!! :) :) :)
Et les clichés sont nombreux et savamment dosés tout en restant discrèts.
A l’exception de la conclusion un poil trop rapide même si bien amenée et de personnages pas assez développés comme le vieux chercheur d’or, les deux auteurs nous délivrent une œuvre séduisante dont il ne faudrait pas passer à coté malgré une couverture que je trouve un poil décevante (celles des chapitres sont bien plus jolies) et un humour un peu moins inspiré que pour leur premier bébé mais il s’agit d’un must de cette rentrée et j’espère vivement que cette collaboration fructueuse se prolongera dans une autre œuvre à venir !
A lire le résumé, c’est le genre d’album qui peut faire peur. Et pourtant…
Et pourtant, moi qui ne suis pas plus qu’un autre féru de philosophie, je n’ai pu abandonner ma lecture avant la dernière page. Je dirais même plus : avant la dernière phrase de l’interview qui clôt l’album.
J’ai en effet trouvé en Thoreau (prononcez le « th » à l’anglaise) un personnage étonnant, intéressant et attachant (même si certaines de ses facettes le sont moins). Mais surtout, sa vision de la vie et du rôle de l’individu dans la société est incroyablement moderne ! Lecture terminée, je n’avais plus qu’une envie : en savoir plus sur ce personnage. Et c’est là, je pense, l’objectif à atteindre par ce type de biographie, tant il est clair qu’on ne peut résumer une vie et une manière de l’appréhender en si peu de pages.
Chapeau bas, donc, à Maximilien Le Roy pour avoir réussi à structurer une biographie qui fait aussi bien comprendre au lecteur les motivations qui ont influencé la pensée d’un philosophe américain relativement peu connu de ce côté de l’Atlantique ! De plus, jamais je n’ai eu l’impression d’être trop inculte pour pouvoir comprendre cette pensée. Le travail de vulgarisation est donc, lui aussi, d’une indéniable qualité.
La mise en scène fait appel à plus d’un passage muet qui font ressortir le côté « contemplatif » du personnage. Jamais, d’ailleurs, les planches ne seront surchargées de textes, même dans les passages les plus « bavards » (chose que je craignais quelque peu, je l’avoue). Tout est clair, net et bien synthétisé. Jamais rébarbatif, toujours matières à réflexion.
Le dessin, hormis la couverture, n’est pas de ceux qui m’attirent d’ordinaire. Mais, dans le cas présent, j’ai trouvé qu’il convenait parfaitement au récit. Simple, dépouillé mais soigné dans ses aspects naturalistes, il s’appuie sur une colorisation très tranchée qui accentue encore la lisibilité de l’ensemble. Il est clair ici que le dessin sert l’histoire, et non l’inverse.
Une très agréable surprise, donc, qui m’a permis de découvrir un personnage sans doute trop en avance sur son temps (et à plus d’un point de vue, encore en avance sur le nôtre, de temps). Et à lire cet album, je comprends mieux les références qui lui sont faites dans un film tel que « Le cercle des poètes disparus ».
A découvrir, vraiment !
3.5/5
On pourrait résumer mon impression suite à cette lecture avec la phrase suivante: "J'ai bien rigolé!".
C'est pas de la haute voltige, mais c'est marrant, ça tourne bien en dérision le conflit entre les USA et le terrorisme au Moyen-Orient. Et devant cette facette, parmi d'autres, de la bêtise humaine, quelle meilleure arme que l'humour ?
Il s'agit d'un beau petit foutage de gueule de l'équipe de W. Bush, mais aussi des islamistes intégristes. Tout le monde en prend plein pour son grade, les cases sont très drôles.
Du n'importe quoi façon potache, mais ça me fait marrer.
(159)
Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur cet album, expérimental comme souvent avec Marc-Antoine Mathieu.
Ici il nous permet de suivre la trajectoire de la lumière, dans un fondu déchaîné assez bluffant. Que peut-il se passer en trois secondes ? Beaucoup, mais vraiment beaucoup de choses, dans une trajectoire spatiale un peu particulière, entre petits détails anodins et évènements majeurs... Le résultat est complexe, tant sur le plan du fond que de la forme, et même si je ne suis pas sûr de la "véracité" de certaines choses, comme les angles de vue des reflets, on va dire que MAM a probablement arrangé les choses pour une meilleure lisibilité, sur ce coup-là. Mais quoi qu'il en soit, le travail me semble proprement titanesque pour réaliser un tel bouquin, nul doute qu'ils seraient nombreux à lâcher l'affaire ou intégrer une maison de fous avant l'heure. Mais pas lui.
Franchement, c'est un album qui vaut le coup d'être vu. Même en un éclair.
Un bon thriller au rythme fou, une lecture assez rapide malgré les 126 pages, la narration vive et prenante est construite essentiellement au niveau de l’image.
Une histoire qui commence pourtant sur un mode mineur, Eric Borg nous amène dans un petit village du Midi où Théo et Clara se retrouvent après bien des années.
Pour nos deux protagonistes, le village n’a pas laissé que de bons souvenirs… l’histoire est en place et ça va déménager…
Un bon récit assez noir et violent, une narration originale et surprenante avec un dessin tout ce qu’il faut pour servir à merveille ce récit assez terrifiant.
3.5
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Les Sentinelles
Mon avis va être court et je vous renvoie à celui de Jetjet juste en dessous car il a résumé admirablement cette série et je suis en parfait accord avec son avis. Sentinelles c'est avant tout un bon scénario. Un héros crédible, des second couteaux intéressants et, ce qui fait le plus de cette histoire, un contexte passionnant. Alors en plus on y ajoute un dessin superbe qui fait très début 20ème siècle et notamment les affiches de propagandes de l'époque et vous avez un quasi chef d'oeuvre. Pourquoi quasi ? Tout simplement parce que la série est en cours. A lire absolument.
Batman - Année Un (Year One)
Alors là merci Urban Comics. J'ai eu la chance d'acheter la version de l'album qui contenait le dvd et le blu-ray de l'animé plus des bonus à foison. C'est un plaisir incroyable de redécouvir cette oeuvre à travers une édition aussi complète. Le travail fourni sur cet album est incroyable. Le scénario nous entraîne à la suite de Bruce Wayne qui est en train de devenir Batman. On découvre comment il choisit la chauve-souris comme emblème et surtout ses premiers pas en tant que justicier. Ces derniers sont d'ailleurs chaotiques rendant le personnage plus humain. Le développement du commissaire Gordon très présent dans cet album et qui fait lui aussi ses premiers pas à Gotham est le gros point fort de l'album. Quel plaisir de découvrir son arrivée, de voir la corruption qui gangrène la ville. Le personnage de Sélina Kyle présent aussi ici achève de fournir à cet album son quota de personnages cultes. En plus elle aussi bénéficie d'un bon développement, ce qui ne gâche rien. Côté dessin j'aime beaucoup le travail de Mazzuchelli et pour une fois les couleurs n'ont pas trop mal vieilli. Un magnifique album donc, à découvrir ou à redécouvrir.
Ascension (Delcourt)
Voici un manga au sujet assez atypique. Pour etre honnete, je suis tombé dessus par hasard et je ne pensais pas réellement y accrocher. Et bien c'est pourtant le cas! Le dessin est parfois superbe et c'est sans doute ce qui m'a aidé à lire le début du manga. On s'attache ensuite facilement aux personnages (surtout le personnage principal, lui aussi atypique). Les rebondissements sont nombreux, le scénario ne cède pas à la facilité et est intelligent (le manga est après tout inspiré d'un roman) et on ne s'ennuie pas une minute. Bref, une bonne surprise au sujet assez rare en BD.
Tony Chu Détective Cannibale
Plusieurs éléments ont fait en sorte que je me suis attaché à cette série mais les principaux pourraient se résumer à cette remarque : la pertinence d’un délire cohérent. En effet, et alors que je m’attendais à trouver à l’intérieur de ces tomes des histoires bien distinctes, c’est à un univers certes délirant mais obéissant à une grande logique que je me suis retrouvé confronté. Les enquêtes finissent rapidement par se recouper et ce même si, de prime abord, un coq de combat, un fruit venu de l’espace ou une chronique gastronomique particulièrement bien tournée ne semblent pas avoir de grands rapports entre eux. Viennent s’ajouter à cela, et toujours dans cet esprit de cohérence dans le délire, des supers-pouvoirs pour le moins inhabituels. Ces particularismes enrichissent clairement l’intrigue en apportant tantôt un prétexte à un passage humoristique, tantôt une manière originale de faire progresser l’intrigue. Ajoutez à cela quelques clins d’œil. Une planche du troisième tome est, par exemple, quasiment identique à une du deuxième si ce n’est que les protagonistes changent tout autant que l’émotion qu’ils font passer. C’est le genre de séquence qu’à titre personnel, j’adore ! Le dessin, très lisible, carré et expressif est d’une indéniable qualité. Il dispose de tout le nécessaire pour transmettre les émotions, pour dynamiser l’action et pour planter des décors variés. Au début, j’ai cru que je n’allais pas aimer plus que ça. Après trois tomes, je me réjouis de lire la suite ! Excellent !
La Balade de Yaya
La balade de Yaya est une série qui dispose de multiples atouts pour plaire à un jeune public. Tout d’abord, il y a ce duo très classique. Une petite fille riche, quelque peu capricieuse mais courageuse et attachante, d’un côté. Un petit garçon pauvre, orphelin, débrouillard, courageux et tout aussi attachant de l’autre. Ce genre de duo a déjà souvent fait ses preuves et, grâce au charisme dont les ont dotés leurs auteurs, c’est encore le cas ici. Les lecteurs s’attacheront vite à eux. Ensuite, et toujours au niveau des personnages, la série dispose de seconds rôles d’importance. Les principaux, à nouveau très classiques, sont un adversaire obstiné, bête et méchant d’une part et un compagnon d’aventure amusant et fantaisiste qui prend les traits d’un petit oiseau dans le cas présent d’autre part. Voici donc une galerie de personnages qui, à défaut d’être originale, s’avère d’une grande efficacité. Ensuite vient le contexte historique. C’est, je trouve, une très bonne idée d’avoir placé l’aventure dans la Chine de l’immédiat avant-deuxième guerre mondiale. Une Chine alors envahie par leur ennemi japonais, théâtre peu souvent employé et qui suscitera à n’en pas douter quelques interrogations chez le jeune lecteur. Et je ne sais pas vous mais moi, j’aime bien quand une série destinée à la jeunesse parviens à titiller la curiosité de son lectorat vers des sujets de prime abord rébarbatifs (comme l’histoire ou la géographie…) Puis vient le dessin. Très typé manga pour les personnages comme pour les décors, il est « facile à lire », expressif, soigné, rond. Tout pour plaire à un jeune public, donc (et même aux moins jeunes). La colorisation aux teintes pastel souvent agréablement nuancées ne fait qu’amplifier le charme qui se dégage du trait. Certaines « grandes » illustrations ne dépareilleront aucunement sous forme d’affiche dans la chambre d’un enfant tant le travail est soigné et harmonieux. Enfin vient le format de l’objet. De petits albums plus larges que hauts, qui tiennent facilement en main et ne pèsent pas lourds. Un nombre de pages suffisant pour proposer une matière conséquente pour une lecture assez rapide grâce à un nombre peu élevé de cases par planche. On tourne donc vite les pages, ce qui nous pousse à nous dire : « bon, allez, encore un chapitre et puis j’arrête… » sans jamais nous arrêter. Une réussite, en somme.
Texas Cowboys
J’étais tombé sous le charme d’Omni-Invibilis, première collaboration fructueuse entre Mathieu Bonhomme que je ne connaissais pas et Lewis Trondheim dont les nombreuses œuvres placées sous le signe du « Pince sans rire » ont toujours eu raison de ma lucidité aussi il était impossible pour moi de passer au travers de ce Texas Cowboys. Pré-publié en suppléments gratuits dans l’hebdomadaire Spirou, Texas Cowboys est aujourd’hui proposé dans une édition complète de fort belle facture reprenant les diverses couvertures et un papier de qualité avec une impression regorgeant de petits « défauts » volontaires d’impression parsemés ici et là rajoutant au charme rétro et vintage de l’ensemble. Pour cette occasion, Trondheim choisit d’exploser son récit en 9 chapitres bien distincts et dont les ellipses rappellent le mode de narration utilisé par les films de Tarantino ou celui d’Apocalypse sur Carson City de Griffon. La lecture peut sembler ardue de premier abord mais il n’en est rien et tout coule de source assez rapidement pour peu que l’on s’accroche un tantinet, ce qui n’est guère difficile avec les nombreuses touches d’humour abstrait ou absurde dont Trondheim parsème intelligemment son récit… De surcroit la première lecture achevée, on a vite hâte de se relancer pour accorder toutes les pièces du puzzle. Le récit est agréable, du journaliste peureux et ambitieux balancé dans un bled corrompu jusqu’à la moelle d’un cadre de western classique où rien ne manque, des parties de poker aux attaques de hors la loi sans oublier les indiens. Le dessin de Bonhomme est extraordinaire de clarté et de nuances. Qu’il s’agisse des décors comme des personnages, tout est franchement réussi et utilise les codes pour mieux les détourner. Il s’agit bien plus d’un hommage que d’une parodie mais l’humour est loin d’être écarté. Tout juste on pourra reconnaitre une similitude graphique entre notre anti-héros Harvey avec celui d’Omni-invibilis qui lui se prénomme… Hervé !!! et oui !!! :) :) :) Et les clichés sont nombreux et savamment dosés tout en restant discrèts. A l’exception de la conclusion un poil trop rapide même si bien amenée et de personnages pas assez développés comme le vieux chercheur d’or, les deux auteurs nous délivrent une œuvre séduisante dont il ne faudrait pas passer à coté malgré une couverture que je trouve un poil décevante (celles des chapitres sont bien plus jolies) et un humour un peu moins inspiré que pour leur premier bébé mais il s’agit d’un must de cette rentrée et j’espère vivement que cette collaboration fructueuse se prolongera dans une autre œuvre à venir !
Thoreau - La vie sublime
A lire le résumé, c’est le genre d’album qui peut faire peur. Et pourtant… Et pourtant, moi qui ne suis pas plus qu’un autre féru de philosophie, je n’ai pu abandonner ma lecture avant la dernière page. Je dirais même plus : avant la dernière phrase de l’interview qui clôt l’album. J’ai en effet trouvé en Thoreau (prononcez le « th » à l’anglaise) un personnage étonnant, intéressant et attachant (même si certaines de ses facettes le sont moins). Mais surtout, sa vision de la vie et du rôle de l’individu dans la société est incroyablement moderne ! Lecture terminée, je n’avais plus qu’une envie : en savoir plus sur ce personnage. Et c’est là, je pense, l’objectif à atteindre par ce type de biographie, tant il est clair qu’on ne peut résumer une vie et une manière de l’appréhender en si peu de pages. Chapeau bas, donc, à Maximilien Le Roy pour avoir réussi à structurer une biographie qui fait aussi bien comprendre au lecteur les motivations qui ont influencé la pensée d’un philosophe américain relativement peu connu de ce côté de l’Atlantique ! De plus, jamais je n’ai eu l’impression d’être trop inculte pour pouvoir comprendre cette pensée. Le travail de vulgarisation est donc, lui aussi, d’une indéniable qualité. La mise en scène fait appel à plus d’un passage muet qui font ressortir le côté « contemplatif » du personnage. Jamais, d’ailleurs, les planches ne seront surchargées de textes, même dans les passages les plus « bavards » (chose que je craignais quelque peu, je l’avoue). Tout est clair, net et bien synthétisé. Jamais rébarbatif, toujours matières à réflexion. Le dessin, hormis la couverture, n’est pas de ceux qui m’attirent d’ordinaire. Mais, dans le cas présent, j’ai trouvé qu’il convenait parfaitement au récit. Simple, dépouillé mais soigné dans ses aspects naturalistes, il s’appuie sur une colorisation très tranchée qui accentue encore la lisibilité de l’ensemble. Il est clair ici que le dessin sert l’histoire, et non l’inverse. Une très agréable surprise, donc, qui m’a permis de découvrir un personnage sans doute trop en avance sur son temps (et à plus d’un point de vue, encore en avance sur le nôtre, de temps). Et à lire cet album, je comprends mieux les références qui lui sont faites dans un film tel que « Le cercle des poètes disparus ». A découvrir, vraiment !
La Croisade s'amuse
3.5/5 On pourrait résumer mon impression suite à cette lecture avec la phrase suivante: "J'ai bien rigolé!". C'est pas de la haute voltige, mais c'est marrant, ça tourne bien en dérision le conflit entre les USA et le terrorisme au Moyen-Orient. Et devant cette facette, parmi d'autres, de la bêtise humaine, quelle meilleure arme que l'humour ? Il s'agit d'un beau petit foutage de gueule de l'équipe de W. Bush, mais aussi des islamistes intégristes. Tout le monde en prend plein pour son grade, les cases sont très drôles. Du n'importe quoi façon potache, mais ça me fait marrer. (159)
3 Secondes (3'')
Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur cet album, expérimental comme souvent avec Marc-Antoine Mathieu. Ici il nous permet de suivre la trajectoire de la lumière, dans un fondu déchaîné assez bluffant. Que peut-il se passer en trois secondes ? Beaucoup, mais vraiment beaucoup de choses, dans une trajectoire spatiale un peu particulière, entre petits détails anodins et évènements majeurs... Le résultat est complexe, tant sur le plan du fond que de la forme, et même si je ne suis pas sûr de la "véracité" de certaines choses, comme les angles de vue des reflets, on va dire que MAM a probablement arrangé les choses pour une meilleure lisibilité, sur ce coup-là. Mais quoi qu'il en soit, le travail me semble proprement titanesque pour réaliser un tel bouquin, nul doute qu'ils seraient nombreux à lâcher l'affaire ou intégrer une maison de fous avant l'heure. Mais pas lui. Franchement, c'est un album qui vaut le coup d'être vu. Même en un éclair.
Crematorium
Un bon thriller au rythme fou, une lecture assez rapide malgré les 126 pages, la narration vive et prenante est construite essentiellement au niveau de l’image. Une histoire qui commence pourtant sur un mode mineur, Eric Borg nous amène dans un petit village du Midi où Théo et Clara se retrouvent après bien des années. Pour nos deux protagonistes, le village n’a pas laissé que de bons souvenirs… l’histoire est en place et ça va déménager… Un bon récit assez noir et violent, une narration originale et surprenante avec un dessin tout ce qu’il faut pour servir à merveille ce récit assez terrifiant. 3.5