Le Désespoir du Singe

Note: 3.83/5
(3.83/5 pour 36 avis)

Tu vois cet arbre, Josef ? On le surnomme "le désespoir du singe" car il ne laisse aucune prise à l'escalade. Notre liaison est comme cet arbre. Elle ne peut se laisser envahir par les sentiments.


BDs à offrir Les meilleures séries terminées en 2011 Les Meilleures Trilogies Les prix lecteurs BDTheque 2006

Au bord d’une mer intérieure menacée de disparition, une ville est agitée par un vent révolutionnaire. Josef, fils de commerçant, va se fiancer. Son amie Édith, peintre et femme libre, lui présente Vespérine, épouse d’un opposant politique paralytique, au charme troublant. Quand la répression s’abat sur la ville, les destins de Josef et Vespérine basculent… Que vont-ils devenir ?

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 2006
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus
Couverture de la série Le Désespoir du Singe
Les notes (36)
Cliquez pour lire les avis

25/01/2006 | Spooky
Modifier


L'avatar du posteur Noirdésir

Voilà une série qui procure de chouettes moments de lecture, et que je ne peux que vous recommander. D’abord parce que le dessin d’Alfred, très moderne, et bien accompagné par une colorisation elle aussi réussie, est tout à fait raccord avec cette histoire d’aventures (politiques et/ou amoureuses). Ensuite parce que cette histoire justement, est rapidement captivante – même si la trame n’est pas toujours originale. On y retrouve (surtout dans les deux derniers tomes) un peu du roman de Pasternak « Le docteur Jivago » (les passages enneigés, l’histoire d’amour au milieu d’une révolution, et cet officier implacable circulant en train spécial et, plus généralement, ce beau et triste lyrisme). L’histoire nous décrit une dictature aux prises avec une menace révolutionnaire. Rien n’est précisément situé, que ce soit au niveau chronologique (le XXème siècle ?) ou géographique : des noms à consonance magyare nous rattachent à l’Europe de l’est ou du centre ? Enfin, l’histoire de cette mer intérieure, asséchée par une dictature imbécile la sacrifiant aux productions agricoles n’est pas sans rappeler la mort de la mer d’Aral : là aussi on en revient à l’URSS ? Une belle série d’aventure, des histoires d’amour (qui, comme on le sait, finissent mal, en général) : une belle réussite en tout cas !

22/02/2017 (modifier)
Par Jerome
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Je découvre cette série un peu par hasard, ayant succombé à l'achat impulsif de l'intégrale. Et quelle belle surprise que ce Désespoir du Singe ! Dans un monde imaginaire en proie à une révolution fasciste, une histoire d'amour impossible nous fait voyager, tout en subtilité, à travers une multitude de sentiments - tant joyeux que sombres. Le tout étant magnifié par le trait de Alfred, qui signe ici de superbes planches, qui ne sont pas sans rappeler Rouge de Chine (une autre série que je recommande fortement). C'est beau, c'est profond, c'est subtil, et poétique. Coup de coeur.

21/06/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Je découvre ce jour cette BD déjà ancienne et c'est une véritable bonne surprise. Dans un pays imaginaire, mais qui pourrait en rappeler beaucoup, une tragique histoire d'amour prend place au milieu d'un vent révolutionnaire qui n'épargne personne. Au-delà d'un dessin très épuré que j'ai mis un peu de temps à apprécier, l'intrigue m'a beaucoup plu. Sans temps mort, avec des aspects oniriques, je pense particulièrement au tome 2 "Le désert d'épaves", le lecteur est happé par les évènements et j'ai eu envie de découvrir la suite. Bien que le contexte dans lequel se déroule le récit soit très sombre, c'est de l'instauration d'une dictature qu'il s'agit et des résistants qui luttent pour retrouver un peu de liberté, malgré ce contexte donc, il y a un je ne sais quoi qui rend les choses assez lumineuses par instants, sans doute est ce cet amour impossible entre un ancien peintre et une passionaria révolutionnaire. Un mot des couleurs assez belles dans l'ensemble qui rehaussent le récit. Pour moi c'est une belle découverte et j'en conseille la lecture.

25/12/2015 (modifier)
Par Pierig
Note: 2/5
L'avatar du posteur Pierig

Bof. Voici une série qui n’a pas su tenir ses promesses. Annoncée en 4 tomes, elle arrive péniblement à se boucler au bout de 3 opus. Le premier tome m’a bien accroché, tant au niveau graphique (du Grand Alfred) que de l’histoire avec une narration soutenue et une galerie de personnages hauts en couleurs. Il y est question d’un soulèvement populaire dans un pays imaginaire de l’Est suite au despotisme de son dirigeant. Juste un petit bémol concernant l’origine de cette révolte (détournement de l’eau de mer pour irriguer massivement les cultures) qui n’est pas crédible. Mais c’est peu de choses. Le second est un opus de transition graphiquement parlant. On sent que le trait d’Alfred s’épure et les détails s’estompent. Côté histoire, ça avance, mais peu (comparativement au tome précédent). Avec le tome conclusif, Alfred simplifie son trait à l’extrême et le récit se résume à peau de chagrin. Le final est radical, les auteurs n’ayant manifestement pas envie de continuer. Quand on voit ce à quoi Alfred nous a habitués à ses débuts (La Digue, Le Chant du Coq, Café Panique, Abraxas), je ne peux être que déçu. Déçu et frustré … Cette évolution du trait vers davantage de simplicité reste un choix de l’auteur et, à ce titre, je le respecte. Mais Alfred a perdu un lecteur. Ceci dit, je ne m’en fais pas pour lui car un de perdu … Bref, l’inconstance du trait et l’inconsistance de l’histoire ne plaident pas vraiment pour en conseiller l’achat. Le seul point positif de cette série est de m’avoir fait connaître le désespoir du singe, connaissant déjà celui du peintre.

02/09/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Blue Boy

J’ai été très séduit par cette bande dessinée envoûtante qui m’avait déjà interpelé par ses couvertures très réussies, reflétant parfaitement l’atmosphère générale : à l’image de ce train illustrant le troisième tome, cette saga à la fois fiévreuse et ténébreuse nous embarque à tombeau ouvert vers des horizons rougeoyants d’aventures périlleuses et de romanesque débridé. L’ambiance est souvent très sombre et pourtant jamais glauque. Le dessinateur Alfred a un sacré coup de patte qu’il gère sans coup férir. Toujours intéressantes à détailler, les cases comportent de nombreuses références à la peinture moderne du début du XXème siècle, deux des protagonistes étant d’ailleurs peintres eux-mêmes. Son trait, anguleux et tendu comme un arc, s’inspire d’un néo-expressionnisme à la fois nerveux et menaçant, se voyant renforcé par une composition audacieuse. A souligner une certaine évolution au fil des tomes, inconsciente ou non : perdant en précision, le crayon semble s’adapter, plus naïf, plus abstrait, plus onirique alors que l’histoire s’accélère et que l’abattement semble gagner du terrain. Les couleurs sont superbes, passant avec bonheur des tons chauds bouillants à des nuances obscures et glaciales. Il n’y a quasiment rien à reprocher du point de vue visuel, c’est très original, efficace et stylé, et reflète bien l’atmosphère lourde de menaces de l’entre-deux-guerres sur le vieux continent, ici en l'occurrence dans un pays (imaginaire) qui pourrait être l'URSS. Le scénario est très bien construit, à la façon d’une sarabande dont le rythme ne cesse de s’accélérer jusqu’à l’apothéose du troisième tome. On suit ce récit tour à tour fasciné, émerveillé et inquiet pour ces héros romantiques (au vrai sens du terme), car on sait que d’une manière ou d’une autre, tout ça finira mal… Cette bande dessinée très riche allie avec grand talent l’aventure, la politique, le monde des arts et le romanesque : l’histoire d’un amour passionné entre une pasionaria et un peintre raté, amour menacé par la folie d’un régime tyrannique. Une ode à la vie et à la liberté, tout simplement. Je regretterais seulement le manque d’émotion (sauf à la fin du dernier tome), peut-être due au caractère un peu simpliste des personnages. Mais que l’on ne s’y trompe pas : cette BD demeure un petit bijou à découvrir absolument.

21/01/2014 (modifier)

Déçu. Malgré les avis assez souvent élogieux, je reste plus que dubitatif... Les deux premiers tomes m'avaient un peu emballé, j'ai bien aimé l'originalité de l'univers, ce pays slave imaginaire, ses miliciens issus d'une espèce de croisement entre humain, robot et monstre, sa mer intérieure asséchée et ses champs d'épaves. Le dessin m'a bien plu aussi, il m'a beaucoup fait penser au trait d'Emile Bravo. Malheureusement, ça se gâte sévère au 3e tome. Ce dessin, si recherché, si travaillé, si détaillé, devient grossier et enfantin, il manque de lisibilité, et ça gâche beaucoup la lecture. Le scénario n'a pas su me surprendre, du début à la fin, même à la toute fin... J'ai vu venir le dénouement sans étonnement. Au final, c'est une bonne BD, dont le niveau baisse au 3e tome, surtout au niveau du graphisme. Mais je ne vois pas pourquoi on en fait ici tout un pataquès... Ca se lit, mais pas de quoi s'extasier non plus. (269)

30/11/2013 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Je vais aller dans le sens de la plupart des avis. Cette trilogie est une vraie réussite ! Les auteurs ont réussi à créer un monde fictif très proche de la Russie du début du 20ème siècle. L’histoire à la fois romanesque et passionnante nous tient en haleine jusqu’au bout : personnages travaillés, narration impeccable, ton juste et dramatique… C’est du beau boulot. Les dessins stylisés, modernes et terriblement expressifs d’Alfred illustrent parfaitement le scénario. Petit bémol, j’ai trouvé le dernier tome en deçà des autres aussi bien dans l’histoire que dans les traits, ce qui m’empêche de mettre la meilleure note. Le Désespoir du Singe est une grande série à lire absolument.

19/07/2013 (modifier)
Par bab
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur bab

Une sacrée claque cette bd. On a ici une histoire poignante, sombre et dure parfaitement mise en image par Alfred. Son trait, son style, la mise en couleur viennent parfaitement appuyer cette ambiance où se mêlent les sentiments sur fond de guerre civile. Si le premier tome apporte quelques touches de légèreté et de lumière dans cette trilogie, les deux autres tomes sont durs et peu enclins à l’espoir. Mais malgré cette noirceur, il se dégage une vraie beauté de cette histoire d’amour, d’exil et de mort dans un contexte politique allégorique, mais tellement juste. Chacun des personnages est ciselé, précis et le tout est d’une grande justesse. Le personnage du dictateur fait froid dans le dos tant il fait écho. L’ensemble est sans appel et la dernière planche claque comme un coup de feu.

06/03/2013 (modifier)
Par montane
Note: 4/5

Cette série m'a fait penser à la trilogie Pour L'Empire de Vivès et Merwan Comme dans cette dernière, l'histoire se situe en un lieu imaginaire au 20e siècle que l'on devine être un pays dirigé par une dictature communiste. Celle-ci, lancée dans un projet économique fou, en vient à assécher une mer intérieure (l'équivalent de la mer d'Aral), empêchant ainsi les pécheurs de pouvoir vivre de leur activité. Un vent de révolte souffle alors sur ce pays mettant aux prises la rebellion à un dictateur sanguinaire amateur d'art qui se déplace dans le pays dans un train accompagné d'une mère castratrice. Au milieu de tout cela une histoire d'amour contrariée qui se terminera en tragédie, mais je n'en dis pas plus. Ce tryptique est une vraie réussite et met une fois de plus en avant le talent d'Alfred, qui après Pourquoi j'ai tué Pierre et Je mourrai pas gibier réussit à marquer de son empreinte la BD française contemporaine. Certes son trait n'est pas des plus esthétiques, mais il a le mérite d'être efficace et de servir un scénario de qualité.

01/09/2012 (modifier)
Par jurin
Note: 5/5

On n’est pas loin de la perfection avec cette excellente BD. Dès les premières pages j’ai été subjugué par les décors, par l’ambiance et par les dialogues. Si le récit est principalement axé sur l’histoire d’amour entre Josef et Vespérinne, le monde décrit par Peyraud et Alfred ne peut que capter le lecteur, la partie noire de notre société est mise, très justement, en avant. Un récit haut de gamme, un magnifique dessin d’Alfred qui intensifie le côté dramatique du récit. 5 étoiles pour cette BD même si le temps d’attente entre le tome 2 et 3 fut bien trop long, me donnant l’impression d’être pour les auteurs une œuvre mineure.

27/11/2011 (modifier)