Les derniers avis (32076 avis)

Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série Fables amères
Fables amères

C’est avec cet ouvrage que je découvre Chabouté et je dois dire que j’ai plutôt bien accroché. Si ces onze historiettes se lisent presque trop vite, ça ne m’a pas empêché d’être interpelé par le talent de cet auteur. Tout d’abord, j’aime beaucoup son utilisation du noir et blanc qu’il applique à merveille à ces formes accidentées et ces visages qu’on dirait cabossés par la vie. Il y a quelque chose de très visuel où le texte est rare (ce qui explique aussi pourquoi ça se lit vite) avec un cadrage très réussi car particulièrement évocateur. Un gros plan sur une main, sur un regard, sur une boîte de cassoulet vide, de « tout petits riens » qui disent tout… A noter aussi l’absence de titre pour chaque histoire, un parti pris qui efface toute rupture car finalement ces anecdotes parlent toutes de la même chose, de l’absence de « liens » dans notre monde moderne justement… Le tout est fait avec beaucoup de sensibilité et d’humanité, mêlé à une dose d’humour acide qui fait que l’on ne rit pas vraiment mais évite de plomber le propos. Ces petites histoires sont toujours cruelles et montrent ce que des paroles ou des gestes anodins peuvent avoir de blessant, révélant par ailleurs plusieurs des tares de nos modes de vie urbains : incommunicabilité, solitude, indifférence, égoïsme, perte des racines… J’aurais juste une réserve sur la scène du métro que je trouve un peu caricaturale, mais dans l’ensemble ça sent incontestablement le vécu et suffit à me donner envie de découvrir d’autres œuvres de cet auteur.

11/03/2013 (modifier)
Couverture de la série L'Autre Monde
L'Autre Monde

Il y a plus de 10 ans je tombais par hasard sur Mary la Noire. Je décidai immédiatement de chercher "L’Autre Monde". Il m’a fallu 10 ans pour trouver le tome 1 en édition originale (pas cher) et que je décide d’enfin lire cette série. Et quel bonheur malgré le temps ! Ce conte transporte le lecteur dans un univers tout à fait étrange largement composé de nos contes de fées. Cet homme venu d’ailleurs se retrouvant dans un nouveau monde totalement dénué du même sens commun et surtout totalement en décalage dans les repères de base. Terre plate, légendes vivantes, bébés apportés par des cigognes … sont autant de réalités que notre humain va devoir accepter dans leur réalité et non plus en tant que mythe. Rien de transcendant, il faut l’avouer, et pourtant l’alchimie passe totalement au lecteur. Il faut louer le talent graphique qui permet cet ancrage, le dessin me semble tout simplement totalement adapté au conte. La couleur directe fait son effet et le côté naïf s’adapte parfaitement au récit. En écrivant je me rends compte que rien ne me permet de décrire combien j’ai apprécié ce récit. Je vois même des limites comme ce joli dessin qui n’en demeure pas moins assez « décor », tout comme un scénario assez simple au final qui se résume à des aventures rencontrées lors d’un voyage à la découverte de quelque chose. Beaucoup d’anecdotes qui mises bout à bout, forment pourtant un écrin que j’ai beaucoup apprécié. Nous sommes loin des découpages rythmés contemporains et cela fait du bien d’avoir l’impression de pouvoir souffler et de profiter de l’écrin graphique qui nous est présenté. Peut être est-ce là le secret de ce récit : avoir réussi à nous sortir du temps par un pur moment d’imagination débordante. A connaître.

11/03/2013 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Walking Dead
Walking Dead

Ca faisait longtemps que cette série me faisait de l'oeil mais avec déjà plus de 15 tomes sortis quand j'ai commencé à lorgner dessus, c'était un investissement qui méritait de bien peser le pour et le contre. Concours BDThèque et papa Noël aidant, j'ai sauté le pas cet hiver et je ne le regrette pas ! Les 11 premiers tomes méritent 5 étoiles, surtout la partie à la prison et à Woodbury. J'ai pour ainsi dire dévoré cette partie du récit, regrettant tout de même un peu le changement de dessinateur car on a bien perdu au change. Même si le dernier tome en date est plutôt soigné graphiquement, dans l'ensemble c'est souvent hétérogène avec des cases à mon avis franchement bâclées... La palette de personnages est riche et évolue sans cesse, au fil des pertes et des nouvelles arrivées. L'histoire, plus tournée sur la psychologie des survivants que sur les affrontements avec les zombies eux-mêmes, est addictive. Peu m'importe finalement de savoir pourquoi on en est arrivé là et comment cela va finir, j'aime suivre les aventures de ce petit monde et je n'ai pas spécialement envie de voir la série s'arrêter. La partie du récit se déroulant dans la ville d'Alexandria m'a beaucoup moins passionnée. La vie était bien trop "facile" dans cette communauté, et malgré les quelques péripéties rencontrées, je me suis ennuyée dans l'ensemble et j'étais loin de courir après le tome suivant quand j'en terminais un. Heureusement, le tome 17 (dernier sorti en date) remet notre petit groupe de survivants dans une situation critique bien plus accrocheuse à mes yeux, malgré la mort insupportable d'un des personnages les plus emblématiques du groupe. Je mets donc beaucoup d'espoir dans la suite de ce nouveau "cycle". Le coup de coeur est autant pour la série Bd que pour la série TV qui en découle (notamment la saison 3, qui correspond à la meilleure partie de la BD en ce qui me concerne). Walking Dead est un univers accrocheur dans lequel j'aime me plonger et me replonger, que ce soit sur papier (une relecture s'impose) ou sur écran. Dire qu'il va falloir attendre le mois de septembre pour lire la suite... argh.

10/03/2013 (modifier)
Par fab11
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Quatre Coins du Monde
Les Quatre Coins du Monde

Les Quatre Coins du Monde est un diptyque qui mérite largement d'être lu et même de figurer dans toutes les bibliothèques des passionnés de BD historiques et d'aventure. Ce récit est passé quasiment inaperçu sur la BDthèque et je trouve cela bien dommage, car comme le disait le premier posteur nous sommes en présence d'un petit bijou. L'histoire de ce diptyque nous remémore une partie de l'Histoire de France assez méconnue, celle des soldats français basés dans le désert algérien de 1913 à 1919 (en ce qui concerne ce récit en tout cas). Nous suivons les aventures du Capitaine Barentin, de son fidèle ami Afellan et du Lieutenant Dupuy d'abord au sein des compagnies méharistes du Général Laperrine aux confins du Hoggar, puis dans l'enfer des tranchées françaises durant cette atroce guerre surnommée la "Der des Der". Hugues Labiano, scénariste et dessinateur nous plonge dans un spectaculaire récit d'aventure qui débute dans le Sahara, ce mythique désert. Il nous met tout de suite dans le bain en employant des mots arabes (dont la traduction indispensable en bas des pages est très pratique). Il nous fait profiter de la beauté du désert grâce à son dessin très réaliste et détaillé. Certaines planches, d'une grande beauté, nous en mettent plein les yeux. En plus de son superbe travail graphique, j'ai été époustouflé par son travail de recherche car il nous projette dans le passé à la manière d'un historien. La vie des Touaregs nous est racontée avec brio et précision. J'avais l'impression de me retrouver avec eux dans ce lieu hostile mais magnifique qu'est le désert . Les personnages de cette série se sentent attirés par ce lieu et ils ne peuvent que difficilement le quitter et surtout ils veulent y retourner et y mourir. Le désert a un tel pouvoir d'attraction dans ce récit que je vais immédiatement me replonger dans le film Lawrence d'Arabie qui lui aussi m'avait énormément séduit avec ses paysages magnifiques. Hugues Labiano n'oublie pas de nous rappeler le grand sacrifice des troupes coloniales durant la première guerre mondiale. Les tirailleurs algériens ont connu eux aussi l'horreur des tranchées, mais ils n'étaient pas les seuls car chaque colonie a fourni un grand nombre de soldats pour qu'ils finissent eux aussi en chair à canon. Vous l'avez compris je vous conseille de vous plonger dans cette très belle aventure qui vous fera voyager et dans laquelle vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer.

09/03/2013 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série 520 km (Simon & Louise)
520 km (Simon & Louise)

Après Frangins qui m'avait fait bonne impression malgré mes réticences avant lecture, voici "520 km", encore meilleur à mes yeux. Si le graphisme de Max de Radiguès n'était pas vraiment ma tasse de thé, son talent de narrateur a su me faire apprécier son travail et apprivoiser son coup de crayon. Dans cet album, on reste sur la thématique tranche de vie des pré-ados que l'auteur semble apprécier particulièrement. Il est vrai que cet âge, où l'on se sent tour à tour tout puissant ou moins que rien et où les conneries emboitent rapidement le pas à l'inconscience, se prête facilement à la mise en scène. Encore faut-il le faire avec doigté, sans tombé dans le cliché et le dramatique. Ici, Max de Radiquès évite ces écueils tranquillement avec un scénario très ancré dans notre présent. Mais ce qui fait surtout la réussite de cet album c'est la richesse des personnages qu'il introduit au fil de son récit. Très loin des caricatures d'ados, il sait introduire des personnages originaux voire marginaux, mais qui donne une grande force et crédibilité à l'histoire de Simon. Sans être moralisateur, il sait par leur biais nous montrer les dangers mais aussi les côtés "positifs" d'une fugue émaillée de rencontres plus ou moins heureuses. C'est donc une BD que je recommande chaudement pour la justesse de son ton et de ses personnages, et qui devrait plaire aux pré-ados et plus grands qui en feront la lecture.

09/03/2013 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Africa Dreams
Africa Dreams

Une très belle critique de l'évangélisation et de l'exploitation des colonies par les puissances européennes du 19e siècle à seul dessein que le profit. Comment surexploiter une terre et ses ressources, s'adonner au carnage animalier pour le seul bon plaisir de quelques uns.... Et que dire de l'esclavagisme déguisé par une bonne moral religieuse pervertie par le gain. Véritablement une très belle oeuvre, magnifiée par des peintures de toute beauté. Les paysages du Tanganyika, les sous bois de cette jungle profonde, les méandres du fleuve Congo, que de beautés nous sont confiées ici par l'artiste. Et que dire des visages des personnages, tous très réussis et merveilleusement expressifs et profonds, des principaux acteurs comme des seconds rôles. De la très belle oeuvre. Un regard sans fard sur les "bonnes sociétés".

09/03/2013 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Isabellae
Isabellae

Check list : - Un décor historique dans le Japon médiéval : OK - Une touche de mysticisme celtique : OK - Un brin de fantastique : OK - De l'action en veux-tu en voilà : OK - Des personnages bien campés : OK - Une psychologie des personnages intéressante : OK - Un dessin chouette et efficace : OK - Un beau travail de découpage et de cadrages : OK - Colorisation sympa : OK Bon ba voilà, j'crois que c'est clair : ce joli gloubiboulga trop beau pour être parfait s'annonce comme une grande réussite pour un premier tome. Le duo Raule (scénario) et Gabor (dessin) a su trouver un équilibre maitrisé pour nous proposer un début de série des plus bluffant, surtout au vu de la richesse de ce qu'ils sèment en route. L'histoire est riche et laisse pas mal de choses en suspens pour le moment, mais tout en avancement pleine balle comme la très séduisante et redoutable Isabellae. Espérons que la suite de cette série soit du même tenant et qu'elle tienne toutes ses promesses.

08/03/2013 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Crève saucisse
Crève saucisse

Simple, classique diront certains, mais tellement efficace ! "Crève saucisse" se construit autour d'une banale histoire de couple malmené, mais avec des personnages finement ciselés et une trame rondement menée. Rabaté a le sens du récit et l'amour des personnages. D'une banale histoire qui pourrait être tirée d'un fait divers d'un quelconque canard régional, il extrait une moelle qui donne toute la saveur à la cochonaille qu'il mitonne. On entr edans cette histoire sans pouvoir lâcher l'album de bout en bout. Ajoutez à cela les petits clins d’œil qu'il glisse de ci de là, que ce soit sur la BD ou un de ses propres films ("Ni à vendre, ni à louer", oui le mec avec le cerf volant sur la plage de Noirmoutier, c'est Jacques Gambelin ;) ) et vous avez une récit ficelé façon rôti premier choix ! Côté dessin, c'est avec cet album que je découvre le travail de Simon Hureau. Son trait colle parfaitement au récit. Tout comme lui, il est sobre et efficace ; pas de superflu, tout est ici pensé pour nous guider sur les rails du drame qui se noue inexorablement au fil des pages... J'ai beaucoup apprécié le travail de ses cadrages et les découpages de ses planches. Et puis voir en planche une histoire qui se déroule à deux pas de chez moi, c'est toujours marrant. Le seul bémol reste pour moi (et à priori je ne suis pas le seul) la colorisation que j'ai trouvé un peu fade ; sans doute est-ce du à son application tout en aplat. En tout cas, une lecture très agréable qui confirme le talent de Pascal Rabaté pour nous concocter des histoires à partir de petits riens.

08/03/2013 (modifier)
Par montane
Note: 4/5
Couverture de la série Dimanche
Dimanche

Avant de publier Automne, Mc Naught nous avait livré un avant goût de sa manière de concevoir la bande dessinée. Comme dans Automne, il ne se passe quasiment rien du tout dans cette histoire qui nous montre la manière dont les habitants d'une ville inconnue occupent leur journée lors d'un dimanche comme tous les autres. Les férus d'action détesteront donc cette histoire dont l'intérêt majeur repose sur la manière dont se déroulent les faits. Une succession de petites cases presque semblables les unes aux autres, avec à chaque fois un détail, une posture différente qui permet de voir la scène évoluer lentement, progressivement, à la manière d'un dessin animé dont la succession de dessins superposés les uns après les autres contribuent à créer le sentiment du mouvement. Se succèdent ainsi des enfants qui jouent avec leur console de jeu, un couple en train de bronzer, un autre en train de regarder un film, un individu qui chute à vélo. Pas de paroles, juste des onomatopées, les dialogues d'un dessin animé (NEMO en l'occurence). A la fin de la partie la journée s'est écoulée, il est temps d'aller dormir. L'originalité tient également au format qui est celui d'un simple calepin et aux couleurs (noir, blanc, bleu et orange) dont le nombre est restreint. On pourra regretter ce qui constitue essentiellement un pur exercice stylistique et le trouver parfaitement creux. Mais "Dimanche", c'est quand même un peu plus que cela. Cette BD est en fait parfaitement en phase avec son époque, où c'est désormais "Monsieur tout le monde" qui est devenu un des sujets d'étude principaux du 9e art.

08/03/2013 (modifier)
Couverture de la série Nous sommes tous morts
Nous sommes tous morts

Excellent ! Voilà la démonstration qu'on peut parler de choses comme la mort de manière très simple, sans fioriture. Et la collection Patte de mouche de L'Association, par la contrainte d' "espace" qu'elle impose, s'y prête évidemment. A condition bien sûr d'avoir du talent. Et c'est le cas ici. Le dessin de Trondheim, comme souvent minimaliste, accompagne très bien les propos de Coudray. Tout est à l'unisson pour nous raconter cette petite leçon de philosophie qui ne se donne pas de grands airs. Alors, évidemment, ce n'est ni un traité ni un pamphlet, format oblige, mais c'est quand même un très bon cru Patte de mouche à lire, vraiment.

07/03/2013 (modifier)