Les derniers avis (32076 avis)

Par iannick
Note: 4/5
Couverture de la série Les Pieds dans le Béton
Les Pieds dans le Béton

En feuilletant rapidement cette bande dessinée « Les pieds dans le béton » sur les étals d’un libraire, je fus tout de suite happé par le dessin de Mikaël Ross, c’est d’ailleurs ça qui m’a motivé sa lecture en plus de l’excellente qualité de la maquette (comme toujours chez les éditions Sarbacane). « Les Pieds dans le béton » nous présente un récit sur l’amitié entre deux hommes bien différents l’un de l’autre. Thomas est un bobo, euh, à vrai dire, c’était un bobo jusqu’au jour où sa femme et son boulot décident de le plaquer. Martin, lui, c’est un punk et il l’a toujours été ! Tous les deux ont la quarantaine, ils étaient de supers amis et ils se revoient par hasard sur les quais de la gare de Bruxelles avec Thomas qui était en train de « fuir » son quotidien vers une destination choisie au hasard. Ce qui m’a frappé dans cette bande dessinée, c’est bien entendu le trait de Mikaël Ross d’un dynamique incroyable et d’une beauté qui retient littéralement le lecteur ! Ce sont aussi les séquences crues du monde des punks qui m’est pratiquement inconnu. Et ce n’est pas cet ouvrage qui me fera changer d’avis sur les punks tant je ne les aime pas car cette histoire n’est d’ailleurs pas tendre envers eux. Cependant, il est utile de préciser qu’au delà de la démonstration de ce milieu protestataire, c’est bien la rencontre entre deux anciens amis qui nous est contée dans cet album. Ces retrouvailles sont une occasion pour ces deux êtres de faire un bilan de leurs vies, l’un veut retrouver du piment dans son morne quotidien et cette soif de vivre tandis que l’autre qui est devenu de nos jours un SDF rejeté complètement par la société semble se demander inconsciemment vers où il va… Et on se retrouve donc en train de lire une bande dessinée assez difficile à appréhender et à cerner car les auteurs « jouent » beaucoup avec leurs personnages, on ne sait pas trop ce qu’ils veulent nous montrer, on ne sait pas non plus vers où ils veulent nous emmener… et c’est ça qui m’est apparu assez rebutant en terminant ma lecture de cet album, je me suis retrouvé comme frustré par ce que j’ai lu et et interrogatif sur les motivations réelles de ces deux personnages (et encore, je me demande s’ils ont vraiment des projets ces deux gus !). Bref, je me suis senti perdu par les escapades de Martin et de Thomas… comme les deux (anti)héros ! C’est très fort de la part des deux auteurs ! Très fort de nous interpeller de notre désir de retrouver la liberté à travers les errements de Thomas et sur les impacts que peuvent nous infliger les rancoeurs nées d’un manque d’amour de la part de ses proches dans sa jeunesse comme Martin semble avoir été une victime. Et, cette question lancinante : lequel des deux a réussi sa vie ? Et, on se retrouve comme des cons à se demander, comme Nicolas Wouters et Mikaël Ross, si notre société actuelle peut (encore ?) nous donner toutes les clés et tous les moyens pour vivre pleinement et tranquillement notre désir de liberté. A vous de voir si ce genre de bande dessinée est votre tasse de thé mais, croyez-moi, ça serait bête de passer à côté de cette lecture qui m’a gravement « secoué » !

07/03/2013 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
Couverture de la série Hot dreams
Hot dreams

Longtemps, je tournais autour des livres de Varenne sans pour autant en acquérir un. Et puis avec Hot Dreams, j'ai sauté sur l'occasion et j'ai succombé à l'achat. Je connaissais de loin l'oeuvre de Varenne et j'avoue que son trait réaliste et surtout élégant m'a séduit. Derrière une superbe couverture volontairement suggestive, "Hot Dreams" regoupe autour de cinq thèmes (Rêveries, Libertinages, Découvertes, Rencontres et Vagabondages) près de 60 histoires coquines de 5 à 6 pages , publiées dans le mensuel "Union" entre 2001 et 2007, bref 320 pages dédiées au sexe. (Si vous voulez des révélations sur les débuts de ce journal, reportez-vous à un roman d'Alexandre Jardin, qui en dit long sur les débuts éditoriaux de ce mensuel pour adultes). D'ailleurs, les scenarii sont signés Adam de Lichnana, actuel patron du journal "Union" Malgré des scènes très explicites, le dessin de Varenne, de par son trait, est plus versé vers l'érotisme que vers la pornographie. Varenne ne décrit pas la même chose que Bruce Morgan ou encore qu'Ardem. Certaines histoires relèvent d'ailleurs plus de l'humour ( je pense notamment à "Hot menhir" ou encore "Love cérébral record" voire "Hot Cap") que de la pornographie. Il faut aussi souligner la très belle qualité éditoriale de ce livre, publié par "Page 69".

06/03/2013 (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5
Couverture de la série La Quête de l'Oiseau du Temps
La Quête de l'Oiseau du Temps

J'ai relu la Quête de l'oiseau du temps 15 ans après, avec l'envie de retrouver le même plaisir. Et, ma foi, c'est dommage mais le coeur n'y est plus... Le dessin est toujours aussi magnifique, les cadrages et la construction des pages toujours aussi réussis, sans que la virtuosité ou le travail s'affiche. L'univers des 7 marches est plein d'imagination, de bêtes inquiétantes, de villes surprenantes, de grottes et de cités oubliées. Mais ce scénario... Comment ai-je pu accrocher à cette intrigue si mince et linéaire, à cette quête prétexte tirée par les cheveux, à ce final qui réussit l'exploit d'être à la fois grandiloquent et en queue de poisson. Les personnages aussi me semblent fades, immatures, caricaturaux. Pélisse le fantasme d'adolescent, qui compresse son 95E dans une petite robe ouverte de partout, d'un tempérament de tigresse ou de chatte selon les moments. Délicieuse mais pas crédible et surtout très cliché. Bragon, le vieux chevalier qui se complique la vie à trop se prendre au sérieux. Le "mystérieux inconnu", véritable caméo de l'auteur qui se dépeint en mal frustré à la Crumb, est le plus original de l'histoire. Le plus agaçant aussi. Letendre a l'excuse d'avoir été l'un des premiers auteurs de fantastique héroïque en bande dessinée. Ceux qui ont remâché les mêmes recettes jusqu'à l'indigestion sont finalement ses suiveurs. Mais je retire mes cinq étoiles pour la note globale. Je descends à 4 : 5 pour le dessin, un tout petit 3 pour le scénario en souvenir de ma première impression de jeune lecteur.

09/03/2007 (MAJ le 06/03/2013) (modifier)
Par bab
Note: 4/5
Couverture de la série W.E.S.T
W.E.S.T

On en est à 3 cycles de parus et le fait est que la série gagne parfaitement en maturité avec le temps. Au scénario Dorison et Nury nous emmènent où ils veulent, mais il le font bien. Le mélange des genres s’il surprend un peu au début et donne une impression de confusion sur le premier cycle, laisse rapidement place à un récit plus structuré. Le récit est mené tambour battant et chaque personnage devient vite attachant. On pourra peut-être regretter quelques raccourcis qui parfois laissent un peu dubitatif, mais rien de rédhibitoire loin de là et puis c’est l’histoire de la poutre et de la paille, tout ça… De manière objective, rien de bien original dans l’ensemble, mais Dorison et Nury mélangent des recettes qui fonctionnent pour nous livrer une composition habile et un brin addictive. Au dessin, Rossi m’a enchanté et il est vrai que, dans un style un peu moins dur certes, je me suis senti replongé par moment dans une ambiance à la « Blueberry ». Les dessins sont vraiment jolis et campent une ambiance bien propice à ce western S-F. La mise en couleur est elle aussi parfaitement réussie avec ses tons chauds.

06/03/2013 (modifier)
Par bab
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Walking Dead
Walking Dead

Cette série laisse rêveur ou « cauchemareur », c’est suivant. Le zombie est à la mode, on le voit traité sous toutes ses formes et le thème est loin d’être nouveau. Alors qu’est-ce qui fait que cette bd est si brillante et accroche tant le lecteur ? Sûrement le fait qu’elle ne s’intéresse pas aux zombies en tant que tels, ni aux causes de leur triste sort, mais à la survie des rescapés et surtout au delà de cette survie, de l’organisation de la vie dans de toutes nouvelles conditions des personnes saines. Il est ici question de la coexistence de personnes qui ne se sont pas choisies et qui doivent vivre ensemble alors que plus aucune règle n’existe. Toutes les formes d’organisation (ou une grande part) sont passées en revue au fur et à mesure des pérégrinations de notre groupe de « héros » ordinaires. L’aspect sociologique et psychologique est bien traité, on évite les écueils des stéréotypes et on se surprend à se demander ce que l’on aurait fait dans telle ou telle situation. Si les tomes se suivent (et se lisent !) à un rythme effréné, il faut convenir qu’il ne sont pas tous du même niveau, mais même les moins dynamiques sont de très bonne facture. On suit avec une vraie avidité les aventures de chacun, une forme de peur au ventre, car on découvre rapidement que les auteurs n’ont pas peur de faire mourir leurs personnages ! Et on se demande bien ou tout cela va nous amener… A lire, même si vous n’êtes pas fan de zombies, car au final, on en voit peu…(mais un peu quand même !)

06/03/2013 (modifier)
Par bab
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Seuls
Seuls

7 tomes de parus et force est de constater que le rythme ne faiblit pas et l’intrigue reste toujours aussi…intrigante ! Pendant longtemps on a voulu savoir ce qui arrivait à ces enfants et quand on a la réponse (bien amenée d’ailleurs), le scénario nous donne envie d’en savoir plus. C’est un peu le Lost de la bd cette série quand on y pense. Vehlmann mène donc sa barque avec beaucoup de brio et le scénario nous tient en haleine sans nous lâcher une seconde. Ses personnages sont riches de caractère et ne peuvent pas laisser indifférents au regard des émotions qui les traversent et des actions qu’ils mènent. Gazzotti au dessin s’en sort aussi admirablement bien. Son trait dont je suis particulièrement fan allie parfaitement le côté sombre, froid et oserais-je dire morbide de cette histoire avec l’espoir de compréhension et cette volonté des enfants à trouver une solution échappatoire dans un monde qu’ils ne comprennent pas. A lire de 7 à 77 ans.

06/03/2013 (modifier)
Par bab
Note: 4/5
Couverture de la série Saint Kilda
Saint Kilda

Même si je connais Chandre et que son amour pour le kebab nous réunis (ainsi que quelques blagues graveleuses et une haleine fortement pétrolée), je vais tacher d’être objectif concernant ces deux albums : J’ai bien aimé. J’ai bien aimé parce que le trait de Chandre est joli (objectif je vous dis), il a su mettre parfaitement en valeur par son ambiance parfois brumeuse, parfois éclairée d’un simple trait de soleil ou encore sous des nuages à la couleur du plomb cette histoire au large de l’Ecosse. Bref, j’ai trouvé sa mise en couleur habile et juste. Côté dessin, ce n’est pas toujours très régulier, mais l’ensemble est vraiment agréable à l’œil. Les traits assez doux de ces personnages contrastent avec ces décors d’une nature sauvage et beaucoup plus brute. Niveau scénario, c’est mené tranquillement et sans surprise. On sait où on va mais le chemin n’est pas désagréable. Une bonne découverte (tardive) de ce festival d’Angoulême 2013.

06/03/2013 (modifier)
Par bab
Note: 4/5
Couverture de la série Pyongyang
Pyongyang

Du Guy Delisle pur souche. Niveau dessin, c’est sobre, mais efficace et surtout juste dans la représentation que ce soit architectural ou dans une ambiance. Je trouve pour ma part, son trait assez frais et plein d’une certaine forme d’humour qui vient parfaitement en contrepoint de situations qui peuvent être un peu compliquées ou lourdes. Niveau scénario, Delisle déroule un peu comme à son habitude ses pérégrinations dans une Corée du Nord à l’ouverture toute relative. Je trouve la vision du monde vue par la lorgnette Nord coréenne offerte par Guy Delisle juste, objective et rare car peu nombreuses sont les occasions d’avoir une vision du quotidien des habitants de Pyongyang. Un bouquin que j’ai trouvé bien intéressant, habile et instructif.

06/03/2013 (modifier)
Par bab
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Malgré nous
Malgré nous

On est ici sur un sujet assez peu traité que ce soit dans les manuels d’histoire scolaire ou tout simplement dans les mémoires communes historique. Ou alors, ça reste presque très géographiquement très localisé. Bref, Thierry Gloris nous livre ici un pan un peu occulté de la seconde guerre mondiale par les atrocités qui ont suivies. Et il le fait habilement en nous faisant suivre les pas de Louis, malgré nous malgré lui ( !). Le récit est dynamique, juste et on sent la documentation rigoureuse. D’un point de vue dessin, Marie Terray affine son trait au fur et à mesure des tomes, ce dernier souligne à mon sens parfaitement le terme bande dessinée. J’entends par là qu’on est dans du trait réaliste, mais ce trait presque au crayon, ces couleurs nous laissent en permanence dans un univers graphique que certaine bd font parfois oublier tant le trait peut être froid. C’est beau et c’est bien. A lire donc, car on a là une belle bd historique.

06/03/2013 (modifier)
Par bab
Note: 4/5
Couverture de la série Magasin général
Magasin général

La bd québécoise où il ne se passe rien, mais où ça fait du bien. C’est vrai quoi, quand on fait le compte, au final, c’est de la vie de village et c’est pas violent niveau péripéties. Mais je prends un sain plaisir à lire, découvrir et suivre la vie de ce village d’un autre temps perdu au milieu des bois canadiens. Leurs tracas sont à l’échelle de leur microcosme, mais ce petit monde vit au rythme des saisons qui accompagnent le travail des hommes. Tout cela se centre plus ou moins autour de Marie, celle qui tient l’unique magasin de Notre-Dame. Leur histoire est paisible bien que parsemée de ces petits conflits, des drames humains et amoureux qui jonchent la vie des villages de ce types. Je trouve que l’atmosphère est parfaitement rendue, aussi bien au niveau scénario que pour le dessin. Loisel et Tripp font un travail à quatre mains qui est vraiment agréable visuellement. Chaque case est travaillée avec soin et la régularité est de mise. C’est beau et joliment dessiné. Je comprends que l’on puisse trouver cela un peu chiant, mais moi j’aime et j’adhère à chaque tome.

06/03/2013 (modifier)