Cette bd a, à mes yeux, la saveur particulière de Wonderful Life de Capra à l’approche de Noël. Ca ne se lit pas en plein été, mais posé au coin du feu, avec le sapin en fond visuel et le chat sur les genoux.
C’est marqué dans le temps niveau graphisme (et encore !) car on est en plein dans le style Franquin des années Spirou (le journal), mais c’est plein de poésie, limite sirupeux, mais c’est un peu ce que l’on vient chercher quand on saisit cette bd dans la bibliothèque.
Objectivement, on sent la commande, et si on peut ressentir un Franquin cantonné dans un style qui n’est pas son environnement naturel, on n’en ressent pas moins le plaisir pris à la réalisation de ces histoires de Noël.
Let it snow comme dirait le grand Sinatra…
On est ici typiquement dans l’univers de Loisel.
Et même si ce n’est pas lui aux dessins, on pourrait presque y croire tant sa patte est là.
Graphiquement donc, on est dans du connu quant au style du susnommé. Les dessins sont agréables, avec des personnages bien marqués, des femmes callipyges et des décors qui gagnent en finesse au fil des tomes.
Côté scénario, là encore on retrouve l’influence marquée de Loisel avec un rythme assez lent, mais contribuant à insuffler à cette histoire cette ambiance si particulière et attachante. On suit les péripéties de Pauline et Erwan avec un intérêt grandissant. Les informations sont données au compte goutte, mais suffisamment pour maintenir la curiosité.
La série est prévue en 5 tomes et j’ai hâte que le dernier sorte pour nous livrer tous ses secrets.
Une sacrée claque cette bd.
On a ici une histoire poignante, sombre et dure parfaitement mise en image par Alfred. Son trait, son style, la mise en couleur viennent parfaitement appuyer cette ambiance où se mêlent les sentiments sur fond de guerre civile.
Si le premier tome apporte quelques touches de légèreté et de lumière dans cette trilogie, les deux autres tomes sont durs et peu enclins à l’espoir. Mais malgré cette noirceur, il se dégage une vraie beauté de cette histoire d’amour, d’exil et de mort dans un contexte politique allégorique, mais tellement juste.
Chacun des personnages est ciselé, précis et le tout est d’une grande justesse. Le personnage du dictateur fait froid dans le dos tant il fait écho.
L’ensemble est sans appel et la dernière planche claque comme un coup de feu.
Cette bd aborde un thème similaire au bien connu Monstres & Cie : ce qu’il se passe dans le placard des enfants la nuit. Mais la ressemblance s’arrête là. Aussi bien graphiquement que scénaristiquement.
Les dessins sont à la fois sombres et confinés, même les scènes se déroulant en extérieur semblent se jouer dans un espace réduit. Sûrement le résultat de ce style au crayonné, mais le rendu nous livre un Obscur oppressant.
Sur le scénario, si l’idée n’est pas nouvelle, c’est le traitement qui en fait ici son originalité. On n’est pas dans l’univers bon enfant où tout finit bien pour tout le monde. Des personnages meurent, d’autres sont des lâches, des traitres. Peu de consensus, et ce n’est clairement pas une bd destinée à un jeune public.
Sur le rythme, si le premier tome va bon train, j’ai trouvé dans le second un peu plus de longueur, et si le but avoué de ces jouets est de retrouver leur enfant, je trouve leur méthode de recherche pour le moins un peu erratique. Comme si ce but premier n’était au final qu’une trame de fond pour narrer les aventures des personnages confrontés au croquemitaine. Et du coup, je trouve que ça manque un peu de cohérence.
Mais on reste sur une belle histoire, joliment racontée pour le moment. A voir avec la suite à paraître….
Quelle série brillante. On se promène ici aux limites de la bd historique, du documentaire et du roman. L’ensemble est mixé avec brio.
Histoire basée sur des faits réels, on est ici tenu en haleine tout au long des tomes que constitue la vie de Joseph Joanovici, personnage si controversé par sa collaboration qui a permis de sauver des vies pendant la guerre, mais qui en a aussi profité pour s’enrichir grâce aux Allemands. L’ambiguïté du personnage, de son entourage, de ses manœuvres est parfaitement rendue par le scénario. On admire et on déteste tour à tour ce juif opportuniste et ses frasques.
Côté dessin, on est là dans une application parfaite. Le rendu, les couleurs collent une ambiance à la série qui nous plonge immédiatement dans le récit. Le tout est vraiment soigné, les cadrages habiles.
Une bd à lire, à découvrir et à partager.
Dernière œuvre fleuve de Craig Thompson qui ne laisse pas indiffèrent. Et ce ne sont pas les avis ci dessous qui vont me faire dire le contraire….
Graphiquement, on retrouve le style qui caractérise maintenant l’auteur avec sa maitrise du noir et blanc qui va grandissant au fil de ses albums et des années qui passent. Le travail est tel que certaines planches de ce roman me laissent en extase pendant plusieurs minutes et Dieu sait que ce n’est pas facile vu le poids du bouquin. On est dans du Thompson pur jus et moi je trouve ça beau.
Côté scénario, c’est assez déstabilisant. D’abord parce que je n’ai pas su me situer dans le temps : contemporain ou 50 ans en arrière ? Et puis au fil de la lecture, j’ai laissé tomber, car un conte n’a pas de repère temporel. En 600 pages, Graig Thompson aborde un peu tout ce qui lui tient à cœur. Ça fait beaucoup, mais pour moi, le liant à fonctionné. Peut-être pas aussi bien que pour un Blanket, mais j’ai lu Habibi sans rechigner, ni m’embêter.
Scénaristiquement peut-être pas le meilleur de Thompson, mais graphiquement il n’a jamais été aussi bon.
Waaaahhh !!!! La gueule que j’ai eue en finissant la lecture de cette bande dessinée ! « K, une jolie comète » se lit très vite parce qu’elle ne comporte qu’une trentaine de pages mais qu’est ce que j’en ai pris plein la gueule !
C’est bien simple : je n’ai jamais éprouvé autant d’émotions en feuilletant une petite histoire comme celle présentée dans « K, une jolie comète ». Et encore attention, quand j’écris « une petite histoire », ça ne veut pas dire que c’est un récit banal, bien au contraire ! Efix et Cric nous présentent une romance entre Kate, une jeune femme célibataire très dynamique de 22 ans et un homme marié de 37 ans ayant des enfants.
Bon, je passe sur les bienfaits et les méfaits de ce genre de relation parce que ce n’est pas vraiment le propos de cette bande dessinée. Non, ce qui est intéressant avec ce récit, c’est la passion qui s’est nouée entre deux êtres. On a d’un côté une demoiselle pleine de vie qui désire profiter au maximum de ces instants de folie avec son amant et d’un autre côté un homme qui est pris en tenaille entre ses devoirs de père de famille et sa folle passion pour Kate.
Le lecteur est ainsi entraîné dans ce tourbillon de vie accentué par sa vivacité du découpage et de coup de crayon d’Efix, et de la joie de vivre très communicative de Kate.
Et c’est ainsi que l’album se lit à cent à l’heure entre éclats de rire, moments de tendresse, de frissons puis de tristesse… ça se passe d’ailleurs tellement vite qu’au dénouement, je suis resté planté, immobile comme un con en train de me demander ce qui s’est passé, pourquoi ça se termine comme ça… vraiment… merde, c’est terrible !
Mais, alors, pourquoi ne mets-je que 4 étoiles à cette merveille ? Uniquement, parce que j’aurais aimé savoir davantage sur la façon dont l’homme en question a vécu ce « dénouement ». Et parce que j’aurais apprécié connaître davantage le personnage de Kate : son enfance, sa vie, tellement elle est attachante cette demoiselle ! Bref, je ne vous cache pas que, paradoxalement, c’est comme ça que j’apprécie le plus un livre : c’est quand celui-ci me fait poser des questions des heures et des heures après que je l’eus refermé.
« K, une jolie comète » fait partie des rares albums qui m’ont procuré beaucoup d’émotions, c’est à dire « une explosion de sentiments », en si peu de pages : un vrai bijou cette bande dessinée !
Décidément la série Sept me surprend par l'inégalité de la qualité de ses albums. On passe du one shot sympathique au très mauvais pour revenir ensuite, comme c'est le cas ici, à un récit de grande qualité.
Un grand nombre d'avis a été posté pour ce one shot se déroulant au Japon dans le milieu des Yakusas, donc je serai bref car pratiquement tout ce que je pourrais dire a déjà été dévoilé par mes nombreux prédécesseurs.
Le scénario reste classique , même s'il n'est pas courant de voir un nonagénaire Yakusa de surcroît mener son enquête pour connaître l'identité de la personne qui en veut à sa vie.
Bien évidemment il s'associe à six autres Yakusas pour arriver au chiffre tant attendu.
Le scénario a quand même réussi à me surprendre par son efficacité (sans doute grâce à ses retours en arrière pour nous rappeler l'histoire de chaque personnage). L'action ne manque pas dans ce récit ultra-violent qui nous propose quand même 78 pages, ce qui n'est pas mal même pour un one shot.
Comme pour beaucoup de lecteurs le fait d'insérer des termes japonais m'a un peu dérangé et j'aurais préféré avoir la traduction en bas de la page, plutôt qu'en fin d'album comme c'est le cas.
Il y a tout de même une chose qui m'a interpellé c'est que l'auteur insiste beaucoup sur le traumatisme de la seconde guerre mondiale pour l'ensemble de la population japonaise. D'ailleurs ce que j'ai beaucoup apprécié, c'est qu'il essaye de montrer les différents avis concernant celui-ci. Il dénonce aussi bien les atrocités faites aux Japonais que celles faites par ces derniers sur les populations asservies par L'Empire Japonais durant les années 1930-1940.
En ce qui concerne le dessin je le trouve correct, mais sans plus, par contre il s'accorde parfaitement au récit.
Je conseille donc la lecture de ce one shot qui est assez prenant ce qui n'est pas le cas de tous les autres albums de la série Sept.
Comment ? Je n'ai pas avisé "Pyongyang" ? Alors que je l'ai lu (pas qu'une fois), et je trouve que c'est une grande œuvre (comme d'autres travaux de Delisle que sont Shenzhen et Chroniques Birmanes) qui mine de rien contribue à me faire aimer, d'avantage encore, le support de la BD.
"Pyongyang" c'est un graphisme simple, le plus lisible possible, faisant dans le stylisé et dans le simple mais qui permet à la narration de laisser s'exprimer un superbe récit.
En effet, "Pyongyang" c'est aussi le témoignage de l'occidental capitaliste ayant la chance (?) que peu peuvent se permettre d'avoir, de se glisser dans un pays, totalitaire, ultra-fermé et communiste (un super lieu de vacance en somme), où les habitants vivent un enfer, embrigadés dans un régime atroce, travaillant pour 7 jours sur 7 et qui leur laisse peu de chance pour leur avenir.
Delisle brosse un portrait de ce pays derrière un regard à la fois consterné et amusé. Malgré le sujet qui aurait pu être ultra plombant, l'histoire est finalement assez légère, l'auteur pointant du doigt les incongruités (pour un occidental) d'un pays et lance quelques brides de réflexion plus profonde sans aller trop loin : le bouquin est donc assez universel car même sans bagage politique ; la lecture est assez facile et aisée.
Drôle, ultra passionnant et instructif mais en ne laissant pas de côté la réflexion, voici une autre œuvre de Delisle marquante dans sa carrière.
J'ai lu cette bande dessinée sans rien en savoir à l'avance. J'y ai découvert le récit prenant, fort et très joliment mis en image de la plongée d'un homme dans l'Afrique coloniale profonde et glauque de la fin du XIXe siècle.
D'emblée, le graphisme m'a accroché. On y retrouve le trait charbonneux et rond de Tirabosco, mais je ne lui connaissais pas ce talent pour les décors. Les paysages qu'ils soient européens, maritimes ou africains sont régulièrement très beaux. Ses personnages, eux, sont agréables à l'oeil et, associés à une narration graphique impeccable, c'est avec plaisir qu'on les suit dans cette aventure africaine.
Le personnage principal est accrocheur. C'est un marin dans la force de l'âge, solide mentalement quoiqu'un peu porté sur l'alcool, doté de valeurs humaines strictes mais honorables et d'un esprit vif et plein de bon sens. On est loin des aventuriers romantiques et fragiles qu'on voit trop souvent dans ce type de récits et dont on sait dès le départ qu'ils vont être cassés par la confrontation à la dure réalité des colonies.
La plongée dans l'ère coloniale est parfaitement rendue. C'est un long voyage qui va mener le héros de l'Europe au Congo Belge, puis ensuite lui faire remonter le long du fleuve Congo à pied et en bateau. On se rend vraiment compte avec lui de la réalité de l'époque, de la longueur et de la difficulté du voyage, mais ensuite aussi et surtout de l'impitoyable esprit colonialiste et de la façon dont les populations locales sont traitées et se traitent entre elles.
C'est raconté sans aucun manichéisme. C'est juste une présentation des faits et de la façon dont le héros les découvre, s'en indignant intérieurement quand il ne peut pas agir ni même parler à son encontre. Parmi les personnes qu'il rencontre, il y en a des bons, il y en a des pourris et il y en a d'autres qui se font bouffer peu à peu, parfois très rapidement, par la dureté et l'inhumanité de la vie dans ces conditions aussi dures physiquement que mentalement.
Il en ressort un récit prenant, dépaysant, instructif et beau à la fois. Bref, une très bonne lecture.
Et ce n'est qu'après l'avoir achevée que j'ai appris qu'il s'agissait de l'adaptation libre du roman "Au coeur des Ténèbres" de Joseph Conrad, homonyme du héros de la BD. Ce roman, j'en avais beaucoup entendu parler sans jamais savoir de quoi il parlait exactement. J'ai ainsi appris qu'il s'agissait d'une histoire presque autobiographique puisque l'auteur, Joseph Conrad, avait vécu à l'époque au Congo Belge et rempli ce rôle de marin pour une compagnie coloniale locale. C'est ce roman aussi qui a été transposé dans le Vietnam en guerre du film de Coppola, Apocalypse Now.
De savoir qu'il s'agit d'un récit basé sur un vrai témoignage, aussi romancé soit-il, ajoute encore de la force et de la profondeur à mes yeux à cette bande dessinée.
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Les Noëls de Franquin
Cette bd a, à mes yeux, la saveur particulière de Wonderful Life de Capra à l’approche de Noël. Ca ne se lit pas en plein été, mais posé au coin du feu, avec le sapin en fond visuel et le chat sur les genoux. C’est marqué dans le temps niveau graphisme (et encore !) car on est en plein dans le style Franquin des années Spirou (le journal), mais c’est plein de poésie, limite sirupeux, mais c’est un peu ce que l’on vient chercher quand on saisit cette bd dans la bibliothèque. Objectivement, on sent la commande, et si on peut ressentir un Franquin cantonné dans un style qui n’est pas son environnement naturel, on n’en ressent pas moins le plaisir pris à la réalisation de ces histoires de Noël. Let it snow comme dirait le grand Sinatra…
Le Grand Mort
On est ici typiquement dans l’univers de Loisel. Et même si ce n’est pas lui aux dessins, on pourrait presque y croire tant sa patte est là. Graphiquement donc, on est dans du connu quant au style du susnommé. Les dessins sont agréables, avec des personnages bien marqués, des femmes callipyges et des décors qui gagnent en finesse au fil des tomes. Côté scénario, là encore on retrouve l’influence marquée de Loisel avec un rythme assez lent, mais contribuant à insuffler à cette histoire cette ambiance si particulière et attachante. On suit les péripéties de Pauline et Erwan avec un intérêt grandissant. Les informations sont données au compte goutte, mais suffisamment pour maintenir la curiosité. La série est prévue en 5 tomes et j’ai hâte que le dernier sorte pour nous livrer tous ses secrets.
Le Désespoir du Singe
Une sacrée claque cette bd. On a ici une histoire poignante, sombre et dure parfaitement mise en image par Alfred. Son trait, son style, la mise en couleur viennent parfaitement appuyer cette ambiance où se mêlent les sentiments sur fond de guerre civile. Si le premier tome apporte quelques touches de légèreté et de lumière dans cette trilogie, les deux autres tomes sont durs et peu enclins à l’espoir. Mais malgré cette noirceur, il se dégage une vraie beauté de cette histoire d’amour, d’exil et de mort dans un contexte politique allégorique, mais tellement juste. Chacun des personnages est ciselé, précis et le tout est d’une grande justesse. Le personnage du dictateur fait froid dans le dos tant il fait écho. L’ensemble est sans appel et la dernière planche claque comme un coup de feu.
L'Etoffe des Légendes
Cette bd aborde un thème similaire au bien connu Monstres & Cie : ce qu’il se passe dans le placard des enfants la nuit. Mais la ressemblance s’arrête là. Aussi bien graphiquement que scénaristiquement. Les dessins sont à la fois sombres et confinés, même les scènes se déroulant en extérieur semblent se jouer dans un espace réduit. Sûrement le résultat de ce style au crayonné, mais le rendu nous livre un Obscur oppressant. Sur le scénario, si l’idée n’est pas nouvelle, c’est le traitement qui en fait ici son originalité. On n’est pas dans l’univers bon enfant où tout finit bien pour tout le monde. Des personnages meurent, d’autres sont des lâches, des traitres. Peu de consensus, et ce n’est clairement pas une bd destinée à un jeune public. Sur le rythme, si le premier tome va bon train, j’ai trouvé dans le second un peu plus de longueur, et si le but avoué de ces jouets est de retrouver leur enfant, je trouve leur méthode de recherche pour le moins un peu erratique. Comme si ce but premier n’était au final qu’une trame de fond pour narrer les aventures des personnages confrontés au croquemitaine. Et du coup, je trouve que ça manque un peu de cohérence. Mais on reste sur une belle histoire, joliment racontée pour le moment. A voir avec la suite à paraître….
Il était une fois en France
Quelle série brillante. On se promène ici aux limites de la bd historique, du documentaire et du roman. L’ensemble est mixé avec brio. Histoire basée sur des faits réels, on est ici tenu en haleine tout au long des tomes que constitue la vie de Joseph Joanovici, personnage si controversé par sa collaboration qui a permis de sauver des vies pendant la guerre, mais qui en a aussi profité pour s’enrichir grâce aux Allemands. L’ambiguïté du personnage, de son entourage, de ses manœuvres est parfaitement rendue par le scénario. On admire et on déteste tour à tour ce juif opportuniste et ses frasques. Côté dessin, on est là dans une application parfaite. Le rendu, les couleurs collent une ambiance à la série qui nous plonge immédiatement dans le récit. Le tout est vraiment soigné, les cadrages habiles. Une bd à lire, à découvrir et à partager.
Habibi
Dernière œuvre fleuve de Craig Thompson qui ne laisse pas indiffèrent. Et ce ne sont pas les avis ci dessous qui vont me faire dire le contraire…. Graphiquement, on retrouve le style qui caractérise maintenant l’auteur avec sa maitrise du noir et blanc qui va grandissant au fil de ses albums et des années qui passent. Le travail est tel que certaines planches de ce roman me laissent en extase pendant plusieurs minutes et Dieu sait que ce n’est pas facile vu le poids du bouquin. On est dans du Thompson pur jus et moi je trouve ça beau. Côté scénario, c’est assez déstabilisant. D’abord parce que je n’ai pas su me situer dans le temps : contemporain ou 50 ans en arrière ? Et puis au fil de la lecture, j’ai laissé tomber, car un conte n’a pas de repère temporel. En 600 pages, Graig Thompson aborde un peu tout ce qui lui tient à cœur. Ça fait beaucoup, mais pour moi, le liant à fonctionné. Peut-être pas aussi bien que pour un Blanket, mais j’ai lu Habibi sans rechigner, ni m’embêter. Scénaristiquement peut-être pas le meilleur de Thompson, mais graphiquement il n’a jamais été aussi bon.
K une jolie comète
Waaaahhh !!!! La gueule que j’ai eue en finissant la lecture de cette bande dessinée ! « K, une jolie comète » se lit très vite parce qu’elle ne comporte qu’une trentaine de pages mais qu’est ce que j’en ai pris plein la gueule ! C’est bien simple : je n’ai jamais éprouvé autant d’émotions en feuilletant une petite histoire comme celle présentée dans « K, une jolie comète ». Et encore attention, quand j’écris « une petite histoire », ça ne veut pas dire que c’est un récit banal, bien au contraire ! Efix et Cric nous présentent une romance entre Kate, une jeune femme célibataire très dynamique de 22 ans et un homme marié de 37 ans ayant des enfants. Bon, je passe sur les bienfaits et les méfaits de ce genre de relation parce que ce n’est pas vraiment le propos de cette bande dessinée. Non, ce qui est intéressant avec ce récit, c’est la passion qui s’est nouée entre deux êtres. On a d’un côté une demoiselle pleine de vie qui désire profiter au maximum de ces instants de folie avec son amant et d’un autre côté un homme qui est pris en tenaille entre ses devoirs de père de famille et sa folle passion pour Kate. Le lecteur est ainsi entraîné dans ce tourbillon de vie accentué par sa vivacité du découpage et de coup de crayon d’Efix, et de la joie de vivre très communicative de Kate. Et c’est ainsi que l’album se lit à cent à l’heure entre éclats de rire, moments de tendresse, de frissons puis de tristesse… ça se passe d’ailleurs tellement vite qu’au dénouement, je suis resté planté, immobile comme un con en train de me demander ce qui s’est passé, pourquoi ça se termine comme ça… vraiment… merde, c’est terrible ! Mais, alors, pourquoi ne mets-je que 4 étoiles à cette merveille ? Uniquement, parce que j’aurais aimé savoir davantage sur la façon dont l’homme en question a vécu ce « dénouement ». Et parce que j’aurais apprécié connaître davantage le personnage de Kate : son enfance, sa vie, tellement elle est attachante cette demoiselle ! Bref, je ne vous cache pas que, paradoxalement, c’est comme ça que j’apprécie le plus un livre : c’est quand celui-ci me fait poser des questions des heures et des heures après que je l’eus refermé. « K, une jolie comète » fait partie des rares albums qui m’ont procuré beaucoup d’émotions, c’est à dire « une explosion de sentiments », en si peu de pages : un vrai bijou cette bande dessinée !
Sept yakuzas
Décidément la série Sept me surprend par l'inégalité de la qualité de ses albums. On passe du one shot sympathique au très mauvais pour revenir ensuite, comme c'est le cas ici, à un récit de grande qualité. Un grand nombre d'avis a été posté pour ce one shot se déroulant au Japon dans le milieu des Yakusas, donc je serai bref car pratiquement tout ce que je pourrais dire a déjà été dévoilé par mes nombreux prédécesseurs. Le scénario reste classique , même s'il n'est pas courant de voir un nonagénaire Yakusa de surcroît mener son enquête pour connaître l'identité de la personne qui en veut à sa vie. Bien évidemment il s'associe à six autres Yakusas pour arriver au chiffre tant attendu. Le scénario a quand même réussi à me surprendre par son efficacité (sans doute grâce à ses retours en arrière pour nous rappeler l'histoire de chaque personnage). L'action ne manque pas dans ce récit ultra-violent qui nous propose quand même 78 pages, ce qui n'est pas mal même pour un one shot. Comme pour beaucoup de lecteurs le fait d'insérer des termes japonais m'a un peu dérangé et j'aurais préféré avoir la traduction en bas de la page, plutôt qu'en fin d'album comme c'est le cas. Il y a tout de même une chose qui m'a interpellé c'est que l'auteur insiste beaucoup sur le traumatisme de la seconde guerre mondiale pour l'ensemble de la population japonaise. D'ailleurs ce que j'ai beaucoup apprécié, c'est qu'il essaye de montrer les différents avis concernant celui-ci. Il dénonce aussi bien les atrocités faites aux Japonais que celles faites par ces derniers sur les populations asservies par L'Empire Japonais durant les années 1930-1940. En ce qui concerne le dessin je le trouve correct, mais sans plus, par contre il s'accorde parfaitement au récit. Je conseille donc la lecture de ce one shot qui est assez prenant ce qui n'est pas le cas de tous les autres albums de la série Sept.
Pyongyang
Comment ? Je n'ai pas avisé "Pyongyang" ? Alors que je l'ai lu (pas qu'une fois), et je trouve que c'est une grande œuvre (comme d'autres travaux de Delisle que sont Shenzhen et Chroniques Birmanes) qui mine de rien contribue à me faire aimer, d'avantage encore, le support de la BD. "Pyongyang" c'est un graphisme simple, le plus lisible possible, faisant dans le stylisé et dans le simple mais qui permet à la narration de laisser s'exprimer un superbe récit. En effet, "Pyongyang" c'est aussi le témoignage de l'occidental capitaliste ayant la chance (?) que peu peuvent se permettre d'avoir, de se glisser dans un pays, totalitaire, ultra-fermé et communiste (un super lieu de vacance en somme), où les habitants vivent un enfer, embrigadés dans un régime atroce, travaillant pour 7 jours sur 7 et qui leur laisse peu de chance pour leur avenir. Delisle brosse un portrait de ce pays derrière un regard à la fois consterné et amusé. Malgré le sujet qui aurait pu être ultra plombant, l'histoire est finalement assez légère, l'auteur pointant du doigt les incongruités (pour un occidental) d'un pays et lance quelques brides de réflexion plus profonde sans aller trop loin : le bouquin est donc assez universel car même sans bagage politique ; la lecture est assez facile et aisée. Drôle, ultra passionnant et instructif mais en ne laissant pas de côté la réflexion, voici une autre œuvre de Delisle marquante dans sa carrière.
Kongo
J'ai lu cette bande dessinée sans rien en savoir à l'avance. J'y ai découvert le récit prenant, fort et très joliment mis en image de la plongée d'un homme dans l'Afrique coloniale profonde et glauque de la fin du XIXe siècle. D'emblée, le graphisme m'a accroché. On y retrouve le trait charbonneux et rond de Tirabosco, mais je ne lui connaissais pas ce talent pour les décors. Les paysages qu'ils soient européens, maritimes ou africains sont régulièrement très beaux. Ses personnages, eux, sont agréables à l'oeil et, associés à une narration graphique impeccable, c'est avec plaisir qu'on les suit dans cette aventure africaine. Le personnage principal est accrocheur. C'est un marin dans la force de l'âge, solide mentalement quoiqu'un peu porté sur l'alcool, doté de valeurs humaines strictes mais honorables et d'un esprit vif et plein de bon sens. On est loin des aventuriers romantiques et fragiles qu'on voit trop souvent dans ce type de récits et dont on sait dès le départ qu'ils vont être cassés par la confrontation à la dure réalité des colonies. La plongée dans l'ère coloniale est parfaitement rendue. C'est un long voyage qui va mener le héros de l'Europe au Congo Belge, puis ensuite lui faire remonter le long du fleuve Congo à pied et en bateau. On se rend vraiment compte avec lui de la réalité de l'époque, de la longueur et de la difficulté du voyage, mais ensuite aussi et surtout de l'impitoyable esprit colonialiste et de la façon dont les populations locales sont traitées et se traitent entre elles. C'est raconté sans aucun manichéisme. C'est juste une présentation des faits et de la façon dont le héros les découvre, s'en indignant intérieurement quand il ne peut pas agir ni même parler à son encontre. Parmi les personnes qu'il rencontre, il y en a des bons, il y en a des pourris et il y en a d'autres qui se font bouffer peu à peu, parfois très rapidement, par la dureté et l'inhumanité de la vie dans ces conditions aussi dures physiquement que mentalement. Il en ressort un récit prenant, dépaysant, instructif et beau à la fois. Bref, une très bonne lecture. Et ce n'est qu'après l'avoir achevée que j'ai appris qu'il s'agissait de l'adaptation libre du roman "Au coeur des Ténèbres" de Joseph Conrad, homonyme du héros de la BD. Ce roman, j'en avais beaucoup entendu parler sans jamais savoir de quoi il parlait exactement. J'ai ainsi appris qu'il s'agissait d'une histoire presque autobiographique puisque l'auteur, Joseph Conrad, avait vécu à l'époque au Congo Belge et rempli ce rôle de marin pour une compagnie coloniale locale. C'est ce roman aussi qui a été transposé dans le Vietnam en guerre du film de Coppola, Apocalypse Now. De savoir qu'il s'agit d'un récit basé sur un vrai témoignage, aussi romancé soit-il, ajoute encore de la force et de la profondeur à mes yeux à cette bande dessinée.