C’est le nom de Zidrou en couverture et sa sélection à Angoulème qui m’ont donné l’envie de feuilleter « Les folies bergère ». Pour être franc, je ne pensais pas lire un récit sur la guerre 14-18 mais une histoire ayant pour cadre le célèbre cabaret parisien.
A propos de ce cabaret, oui, l’album en parle. Oui, on peut en apercevoir quelques planches où des danseuses se mettent à balancer leurs jambes au rythme du « French Cancan » mais ce n’est franchement pas le thème de cette bande dessinée.
En fait, l’allusion aux folies Bergère vient du désir des soldats d’y aller lorsque la guerre sera terminée ou quand ils ont quelques jours de permission. En attendant, ces malheureux restent terrés dans leurs tranchées et c’est leur quotidien que l’on assiste entre le silence avant l’enfer, la crasse, les punitions parfois adéquats et très souvent injustes, la peur, le désespoir, les rêves tantôt cauchemardesques et tantôt érotiques, les fortes envies de revoir leurs familles, les rancoeurs liées au fait de ne pas assister à la naissance de leur enfant, et ce putain d’espoir de sortir intact de cette boucherie. Et on partage les journées avec le miraculé aux balles et un prêtre qui prône qu’on ira tous au paradis quel que soit la mort promise à chacun.
Ce que je vous dévoile là n’est rien tant l’album est riche en évènements, riche en personnages, riche en sens aussi, on ne peut pas ressortir indifférent de cette lecture.
Le bédéphile ne replongera pas avec grand plaisir dans le feuilletage de cette bande dessinée parce que le propos n’est franchement pas optimiste et… bref, c’est noir de chez noir quoi d’autant plus que le coup de patte de Porcel retransmet bien la noirceur de ce scénario de Zidrou. Mais, il y a une telle richesse de sentiment et là, encore, de sens dans cette histoire que je ne peux que vous conseiller cette lecture.
Après, on peut se poser des questions sur l’intérêt que les auteurs ont eu à insérer dans ce récit des scènes entre le peintre Monet et un jeune jardinier. On peut se poser aussi des questions sur l’insertion du fantastique dans de nombreuses séquences… ça peut déplaire à beaucoup de lecteurs mais pas à moi parce que je trouve que ces allusions ont un sens, qu’elles ne sont pas du tout inutiles.
Beaucoup de lecteurs m’ont conseillé le feuilletage de « C’était la guerre des tranchées » de Tardi, rien à faire car je n’aime pas le style de cet auteur ce qui n’est pas du tout le cas avec « Les folies Bergère » où je trouve le dessin de Porcel magnifique.
En conclusion, malgré la noirceur du propos, « Les folies Bergère » est une bande dessinée, que dis-je ? Une « bd d’auteurs », oui, une vraie bd d'auteurs pleine de sens, à lire impérativement !
Waow !
Lire un album de Druillet, c’est d’abord et surtout prendre une bonne claque visuelle. Mais ici, ce n’est pas que visuel ! Le coup de cœur n’est pas très éloigné du haut le cœur…
Le texte d’introduction, où il explique la naissance de l’album et son état d’esprit après la mort de sa femme donne le ton, le la, d’un long cri de haine, de désespoir, de douleur… qui ne s’achève, une fois l’apocalypse final passé, que par une plainte déchirante et muette.
Cela aurait pu s’appeler "Le cri", donc, ou alors "Tombeau pour ma femme". En le lisant j’avais en tête la chanson de Thiéfaine, "Alligator 427", mais comme boostée par des flots de décibels à la Jimmy Hendrix ! Me sont aussi revenues les logorrhées de certaines pages de "Tombeau pour cent mille soldats" de Guyotat.
Vraiment l’impression que Druillet a cherché – et réussi ! – à faire passer, ressentir au lecteur tout le mal être, la nausée, mais aussi la haine et le dégoût qui lui inspiraient ces visions apocalyptiques. Qui l’inspiraient tout court. Une inspiration qui ne ferait entrer que du souffre dans les poumons. Quant à l’expiration, dans tous les sens du terme, elle est ici, textes, images et couleurs, souffle de la mort, brûlante.
Du coup, difficile de "noter" un album comme celui-ci. Je peux juste dire qu’il laisse sa marque dans la mémoire du lecteur. Que Druillet, au milieu d’images hallucinantes – et probablement avec l’aide de substances propres à les produire, a réussi à trouver un langage pour dire l’indicible.
A lire donc ! Même si je ne sais pas si je m’y replongerai. Pour rester sur une note de musique, et atterrir en douceur, écoutez "The End" des Doors…
Comme vous pouvez être dur dans la critique parfois !
Ou si par dur disons que les mots deviennent souvent méprisants ou triviaux lorsque l’on parle de simples sentiments.
Tout sauf l’amour est une histoire d’amour improbable, de celles que la société actuelle trouve ridicule ; un peu comme si le modèle de l’homme et de la femme désormais éculé ne pouvait se terminer que dans le drame ou la duperie. Ne cite-t-on pas couramment désormais ce texte devenu culte : « les histoires d’amour finissent mal en général… ».
Face à cette modernité, ce culte de la science, cette frénésie probabiliste, nouvelles idoles au sens religieux de nos contemporains, quelques événements passent néanmoins pour improbables. Généralement un voile de méfiance passe alors chez nos contemporains : ce n’est pas normal, il y a un intérêt là-dessous, on ne nous dit pas tout, ou encore la calomnie font souvent office de soupapes permettant de se rassurer : tout est bien sous contrôle.
Je fais partie de ceux que ces gens nomment couramment rétrogrades, passéistes, ou réactionnaires qui demeurent convaincus que nous sommes loin de maîtriser notre quotidien aussi bien que la sphère média ne veut bien nous le communiquer.
Le rapport avec l’album me direz-vous alors ? Mais enfin lisez, cet album raconte exactement ce que je viens de vous narrer : dans une société moderne pleine de bons sentiments et de politiquement correct, il parait improbable à tous qu’une histoire d’amour puisse sortir d’un néant. Le père ne trouve rien de mieux que de mettre un conflit d’intérêt dans la vie d’un homme qui ne voit que par les 2% que son logiciel lui a calculé en probabilité de tomber amoureux d’une jeune femme et qui ne parle que du cycle hormonal de l’amour. Les amis ne trouvent rien de mieux que de faire ressurgir les histoires de cul, qui n’ont juste rien à voir avec la choucroute de l’amour tandis que la femme en question trouve une raison morale sur base de la culpabilité d’une souffrance donnée à son père. Pour accentuer l’image vous avez même cette notion d’assurance si symptomatique de notre société capitaliste si annihilante en capacité de prise de décision (Cf Palais de cristal) omniprésente dans ce récit (assurance sur la durée du mariage, assurance sur la voiture, assurance sur la mort…). Vous avez tous les cadres actuels de notre société : vénale, judiciaire, intérêt, sexe, relation vécue pour la satisfaction personnelle, et même un chouia de vieille morale œdipienne balayés par une relation d’[b]Agapé[/b] construite sur des bases totalement improbables. Alors vous me direz avec raison que l’on ne sait pas si la relation durera plus que les trois ans réglementaires hormonaux (je note par ailleurs que cette durée est variable entre 6 mois et 3 ans suivant les individus et non fixe à 3 ans)
Certes cette lecture un peu intellectuelle n’engage que moi et l’on peut aussi fort bien y lire une histoire d’amour toute simple entre deux individus que rien ne laissait présager. N’est-ce pas tout de suite cliché genre chiant et facile que d’écrire cela ? quel dommage n’est-ce pas…
Graphiquement, le travail sur Grenoble est épatant, les personnages tout à fait bien saisis dans l’instantanéité du quotidien sans le voyeurisme qui s’impose dans les médias actuels. La colorisation toute en nuances caresse l’œil de bout en bout et incite à la recherche du sens profond pas si superficiel qu’on pourrait bien lire.
Voici donc l’une des très bonnes surprises de ce début d’année que je conseille à toutes vos BDthèques. ceci dit venant de Makio est-ce vraiment une surprise ?
Ce one shot est très réussi, autant pour son scénario que pour son dessin. Si a priori l'histoire peut sembler classique, la qualité de la réalisation rattrape hautement ce petit handicap de départ. En effet Zidrou a soigné son découpage, sa narration, ses dialogues, ses personnages, l'ambiance du récit... bref tous les composants nécessaires. Et comme le dessinateur s'est mis au diapason le résultat est là. Le grand format de l'album fait la part belle à de larges cases très lisibles et très réussies.
Ça marche d'abord parce que le héros est en fait un anti héros. D'emblée on s'attache à ce monsieur-tout-le-monde qui n'a rien à faire dans ce milieu de la nuit et de la prostitution. Il ne s'y prend pas mal pour un amateur d'ailleurs. Dès les premières péripéties on prend un malin plaisir à le voir tenir tête au méchant mafieux. Quand on comprend ce qui le motive, qu'il n'attend ni argent ni bénéfice, mais qu'il est juste guidé par l'amour on y croit volontiers à cette histoire.
Malgré le contexte dans lequel cette histoire se déroule, cet album n'est ni vulgaire, ni voyeur. Il y avait un piège dans lequel il ne fallait pas tomber et les auteurs l'ont superbement évité. Le récit avance tranquillement, mais sûrement. Tel un bon polar, l'évolution de l'intrigue est plutôt prenante. La fin n'en fait pas trop et sans forcément surprendre elle apporte une conclusion plus que satisfaisante.
Que demander de plus ?
Zidrou est en passe de devenir un de mes scénaristes préférés surtout depuis qu’il s’est mis à concevoir des bandes dessinées hors humoristiques.
Avec « Le Client », l’auteur nous présente un récit sur un gus qui est tombé amoureux d’une prostituée. Et bien entendu, à un moment donné, il va essayer de la faire sortir de ce milieu…
C’est une trame très classique donc que nous présente Zidrou et je ne vous cache pas que son dénouement ne surprendra personne. Et pourtant, qu’est ce que j’ai aimé cette histoire ! Parce que « Le Client » est un récit à la fois dur et tendre. Il y a, dans ce scénario, tellement d’amour et de passion entre ces deux êtres que j’en suis resté béa à la fin de ma lecture. Et puis, il n’y a –à mon avis- rien de fantasmagorique dans ce scénario, jugez-en plutôt : ça se passe en Espagne et là-bas, il y a des maisons closes souvent proches de la frontière franco-espagnole d’ailleurs, allez savoir pourquoi... Et puis, il y a vraiment des clients qui tombent amoureux des prostituées, il suffit de regarder un de ces reportages télévisés qui laissent (enfin) la parole à ces intéressés, on se rendra compte que ce genre de relations peut se produire. A la rigueur, on peut rester dubitatif sur la réaction du caïd mais pourquoi pas… On peut rester aussi sceptique sur la réaction de la famille d’Augustin (le personnage principal) mais –là encore- pourquoi pas…
Le trait gras de Man s’accorde bien avec le scénario de Zidrou, la mise en couleurs aux tons pesants et glaciaux renforce l’ambiance « polaristique » de ce récit.
A défaut d’un scénario original, « Le Client » m’est apparu comme un bon polar sur le milieu de la prostitution. Sous ses airs malsains et durs, cette histoire s’avère en fin de compte très tendre et réaliste. Une bonne bande dessinée à découvrir !
C'est après avoir suivi l'apparition des planches de cet album sur le net, qui m'avaient déjà bien tapé dans l'oeil, que j'ai sauté sur l'occasion d'avoir Hervé Tanquerelle en dédicace chez mon libraire pour acheter cet album. Et c'est du tout bon qu'on nous sers !
Nous voilà en 146 avant JC, à suivre les aventures d'un duo de mercenaires voleurs pas très futés. Ils vont se retrouver embrigadés dans un casse d'envergure au moment ou Carthage s’apprête à subir l'assaut final qui la fera tomber aux mains des romains.
Horodamus le gaulois et Berkan le numide vont en effet un peu par hasard se retrouver avec une captive, Tara, qui se révèle être une femme issue de la plus grande guilde des voleurs, la Famille d'Utique. C'est avec eux qu'elle décide de poursuivre le plan du "casse du siècle" qu'elle était censé effectuer au nom de la Famille...
Annoncée en deux tomes, cette série pleine de rebondissements ne traîne pas en chemin et nous embarque tambours battants dans cette aventure avec la mythique Carthage en toile de fond. C'est très efficace, bien écrit - certains dialogues sont savoureux - enlevé, envoutant et très bien construit.
Le dessin charbonneux, vif et expressif de Tanquerelle est de toute beauté et la magnifique colorisation d'Isabelle Merlet donne à cet album toute la force et l'ambiance qu'on peut attendre de ce genre d'histoire. Tour à tour sombre, lumineuse ou chaleureuse, les planches dégagent et les atmosphères des scènes s'imposent d'elles même. Ajoutez à cela quelques planches pleines pages pour les moments forts du récit et vous obtenez un album de toute beauté !
Reste maintenant à attendre la conclusion de cette aventure dans le second et dernier tome... Et l'attente va être longue, car la conclusion de ce premier opus sait faire monter la tension et jouer avec nos nerfs...
Une très bonne BD qui j'espère nous donnera le plaisir de lire un second tome d'aussi bonne facture !
J'ai trouvé cette bd absolument magnifique, à l'image de sa couverture. Je sais que l'utilisation de l'informatique en bande dessinée est très mal ressentie par les puristes du genre. Je pense qu'il faut vivre avec son temps et que le résultat lié à cette nouvelle technologie d'image de synthèse dépasse l'entendement.
Avec un peu de recul, on peut affirmer que cette bd a été largement mésestimée lors de sa sortie. On accepte mieux de nos jours ces techniques lorsqu'elles produisent un résultat de qualité ce qui est le cas. On a l'impression que les dragons sont en 3D ce qui les rend plus réalistes et effrayants. A l'heure où cette technologie est utilisée dans le cinéma, je me dis que ce diptyque avait un peu d'avance sur son temps. Six ans après la sortie du premier tome, on ne peut qu'applaudir et rétablir les faits.
Sur le fond, il s'agit d'une belle histoire d'amour sur le thème de l'acceptation de la mort. Lorsqu'un des amants meurt brutalement, sa compagne ne l'accepte pas. C'est déchirant par moment dans une ambiance romantique et gothique. Un conte simple, vibrant et bouleversant avec un superbe esthétisme.
Oh mais ça sent très bon, ça !
On connaissait le talent de Matz (Le Tueur, pour ne citer que sa série ayant obtenu le plus de succès) pour proposer des intrigues hard boiled, dynamiques, avec des personnages aussi riches qu'inoubliables. C'est encore le cas ici, avec ce superflic qui va se retrouver à la tête d'une cellule dédiée aux meurtres liés aux univers virtuels. On remarquera que le scénariste ne s'encombre pas de détails concernant l'enquête, préférant nous montrer les scènes d'action plutôt que les longues sessions de recoupements de témoignages, les relevés d'identité ou le traçage des joueurs impliqués dans l'affaire... Une intrigue aux accents très actuels, avec pas mal d'action et peu de personnages.
Matz, en changeant d'éditeur pour ce projet, s'est allié les services d'un surdoué, Fabien Bedouel, aussi à l'aise dans des ambiances historiques que dans des décors high-tech, celui-ci imprime sa marque sur OPK, avec des décors urbains vertigineux et un sens de l'espace qui a peu d'équivalents à l'heure actuelle. Il préfère d'ailleurs proposer des décors dépouillés, sans négliger les détails lorsque l'intrigue l'exige (comme à Rome, avec le Colisée).
Une nouvelle série (courte) à suivre de près. De très près.
Pour ma part, c'est avec délectation que je me suis plongé dans les sept tomes d'Halloween Blues, très bonne série que j'ai pris grand plaisir à lire et relire.
Contrairement à d'autres posteurs, j'ai trouvé les intrigues intelligentes et bien ficelées (certains tomes nécessitent d'accorder une grande attention à l'histoire, comme le tome 4 "Points de Chute") et les dessins excellents. Kas et Mythic présentent toute une galerie de personnages intéressants. Le couple détonnant entre Forester Hill, inspecteur au look ténébreux et sa regrettée femme, le fantôme de la grande actrice Dana Anderson, en plus de servir de fil rouge entre les albums, apporte un plus non négligeable à la série.
Non seulement la part fantastique est très bien utilisée et maîtrisée, évitant à la série de tomber dans le vulgaire ou le totalement invraisemblable (selon moi), mais le fantôme apporte en plus une bonne dose d'humour et de jalousie... Bien féminine ! L’ambiguïté de ce personnage, que seul Forester peut voir, fait naître des situations assez comiques (l'entourage de l'inspecteur a souvent l'impression que ce dernier parle seul ou perd la boule), mais aussi intéressantes, lorsque Dana intervient elle-même (dans le tome 6) pour aider son mari dans son enquête.
Il est vrai que les dialogues font parfois preuve d'une légère emphase peu naturelle, mais cela donne un côté léché à la série, une identité particulière qui, je trouve, joue plutôt en sa faveur.
A mi-chemin entre plusieurs genres (polar, fantastique et un soupçon d'érotisme), originale, superbement dessinée et mise en couleurs (les crépuscules et scènes de nature sont toujours magnifiques), cette série frôle de peu la mention culte pour moi. Un indispensable de ma bibliothèque, indéniablement.
Voilà une bien belle BD éditée par Casterman. Il faut signaler que cet ouvrage au format à l'italienne bénéficie en plus d'un superbe dessin.
J'ai toujours été étonné de voir à quel point le thème des sous-marins était très utilisé en bande dessinée. De nombreuses séries ont abordé ce thème notamment Sanctuaire, U-29, Immergés (série malheureusement abandonnée) pour les plus connues.
Je n'ai donc pas été surpris de voir éclore un nouvel album abordant ce thème maintes fois traité.
Mais cette fois-ci j'ai été captivé par cette histoire où les personnages sont très attachants et superbement mis en image.
Comme souvent dans ces récits l'histoire bascule dans une ambiance angoissante et fantastique.
Pour résumer celle-ci : en pleine seconde guerre mondiale le jeune Udo Grötendick rejoint dans le Pacifique un U-boat dans lequel il doit remplacer le radio récemment disparu. C'est sa toute première affectation et il va donc découvrir à quel point il est difficile de s'intégrer dans le quotidien d'un sous-marin, du fait de la promiscuité avec les autres membres d'équipage , mais également de l'humidité omniprésente. De plus le capitaine du navire est un homme distant, froid et imprévisible. Si cela ne suffisait pas on va découvrir dans les bagages du nouvel arrivant un livre qui va bouleverser son destin et celui de ses compagnons.
Romain Baudy et Martin Trystram réussissent parfaitement leur première apparition dans la bande dessinée avec ce récit de 86 pages glissant peu à peu du réalisme vers le fantastique.
Le dessin, comme je l'ai dit au début de mon avis est très réussi. Certaines planches sont tout simplement magnifiques, notamment celles détaillant la faune aquatique et l'U-boot en arrière-plan ou encore celles se déroulant en pleine tempête. Les couleurs sont quasiment parfaites et c'est peu dire.
Alors si j'ai réussi à vous mettre l'eau à la bouche, n'hésitez pas, lancez-vous dans cette aventure car vous ne le regretterez pas.
Je n'ai plus qu'un mot à dire : Immersion !!
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Les Folies Bergère
C’est le nom de Zidrou en couverture et sa sélection à Angoulème qui m’ont donné l’envie de feuilleter « Les folies bergère ». Pour être franc, je ne pensais pas lire un récit sur la guerre 14-18 mais une histoire ayant pour cadre le célèbre cabaret parisien. A propos de ce cabaret, oui, l’album en parle. Oui, on peut en apercevoir quelques planches où des danseuses se mettent à balancer leurs jambes au rythme du « French Cancan » mais ce n’est franchement pas le thème de cette bande dessinée. En fait, l’allusion aux folies Bergère vient du désir des soldats d’y aller lorsque la guerre sera terminée ou quand ils ont quelques jours de permission. En attendant, ces malheureux restent terrés dans leurs tranchées et c’est leur quotidien que l’on assiste entre le silence avant l’enfer, la crasse, les punitions parfois adéquats et très souvent injustes, la peur, le désespoir, les rêves tantôt cauchemardesques et tantôt érotiques, les fortes envies de revoir leurs familles, les rancoeurs liées au fait de ne pas assister à la naissance de leur enfant, et ce putain d’espoir de sortir intact de cette boucherie. Et on partage les journées avec le miraculé aux balles et un prêtre qui prône qu’on ira tous au paradis quel que soit la mort promise à chacun. Ce que je vous dévoile là n’est rien tant l’album est riche en évènements, riche en personnages, riche en sens aussi, on ne peut pas ressortir indifférent de cette lecture. Le bédéphile ne replongera pas avec grand plaisir dans le feuilletage de cette bande dessinée parce que le propos n’est franchement pas optimiste et… bref, c’est noir de chez noir quoi d’autant plus que le coup de patte de Porcel retransmet bien la noirceur de ce scénario de Zidrou. Mais, il y a une telle richesse de sentiment et là, encore, de sens dans cette histoire que je ne peux que vous conseiller cette lecture. Après, on peut se poser des questions sur l’intérêt que les auteurs ont eu à insérer dans ce récit des scènes entre le peintre Monet et un jeune jardinier. On peut se poser aussi des questions sur l’insertion du fantastique dans de nombreuses séquences… ça peut déplaire à beaucoup de lecteurs mais pas à moi parce que je trouve que ces allusions ont un sens, qu’elles ne sont pas du tout inutiles. Beaucoup de lecteurs m’ont conseillé le feuilletage de « C’était la guerre des tranchées » de Tardi, rien à faire car je n’aime pas le style de cet auteur ce qui n’est pas du tout le cas avec « Les folies Bergère » où je trouve le dessin de Porcel magnifique. En conclusion, malgré la noirceur du propos, « Les folies Bergère » est une bande dessinée, que dis-je ? Une « bd d’auteurs », oui, une vraie bd d'auteurs pleine de sens, à lire impérativement !
La Nuit
Waow ! Lire un album de Druillet, c’est d’abord et surtout prendre une bonne claque visuelle. Mais ici, ce n’est pas que visuel ! Le coup de cœur n’est pas très éloigné du haut le cœur… Le texte d’introduction, où il explique la naissance de l’album et son état d’esprit après la mort de sa femme donne le ton, le la, d’un long cri de haine, de désespoir, de douleur… qui ne s’achève, une fois l’apocalypse final passé, que par une plainte déchirante et muette. Cela aurait pu s’appeler "Le cri", donc, ou alors "Tombeau pour ma femme". En le lisant j’avais en tête la chanson de Thiéfaine, "Alligator 427", mais comme boostée par des flots de décibels à la Jimmy Hendrix ! Me sont aussi revenues les logorrhées de certaines pages de "Tombeau pour cent mille soldats" de Guyotat. Vraiment l’impression que Druillet a cherché – et réussi ! – à faire passer, ressentir au lecteur tout le mal être, la nausée, mais aussi la haine et le dégoût qui lui inspiraient ces visions apocalyptiques. Qui l’inspiraient tout court. Une inspiration qui ne ferait entrer que du souffre dans les poumons. Quant à l’expiration, dans tous les sens du terme, elle est ici, textes, images et couleurs, souffle de la mort, brûlante. Du coup, difficile de "noter" un album comme celui-ci. Je peux juste dire qu’il laisse sa marque dans la mémoire du lecteur. Que Druillet, au milieu d’images hallucinantes – et probablement avec l’aide de substances propres à les produire, a réussi à trouver un langage pour dire l’indicible. A lire donc ! Même si je ne sais pas si je m’y replongerai. Pour rester sur une note de musique, et atterrir en douceur, écoutez "The End" des Doors…
Tout sauf l'amour
Comme vous pouvez être dur dans la critique parfois ! Ou si par dur disons que les mots deviennent souvent méprisants ou triviaux lorsque l’on parle de simples sentiments. Tout sauf l’amour est une histoire d’amour improbable, de celles que la société actuelle trouve ridicule ; un peu comme si le modèle de l’homme et de la femme désormais éculé ne pouvait se terminer que dans le drame ou la duperie. Ne cite-t-on pas couramment désormais ce texte devenu culte : « les histoires d’amour finissent mal en général… ». Face à cette modernité, ce culte de la science, cette frénésie probabiliste, nouvelles idoles au sens religieux de nos contemporains, quelques événements passent néanmoins pour improbables. Généralement un voile de méfiance passe alors chez nos contemporains : ce n’est pas normal, il y a un intérêt là-dessous, on ne nous dit pas tout, ou encore la calomnie font souvent office de soupapes permettant de se rassurer : tout est bien sous contrôle. Je fais partie de ceux que ces gens nomment couramment rétrogrades, passéistes, ou réactionnaires qui demeurent convaincus que nous sommes loin de maîtriser notre quotidien aussi bien que la sphère média ne veut bien nous le communiquer. Le rapport avec l’album me direz-vous alors ? Mais enfin lisez, cet album raconte exactement ce que je viens de vous narrer : dans une société moderne pleine de bons sentiments et de politiquement correct, il parait improbable à tous qu’une histoire d’amour puisse sortir d’un néant. Le père ne trouve rien de mieux que de mettre un conflit d’intérêt dans la vie d’un homme qui ne voit que par les 2% que son logiciel lui a calculé en probabilité de tomber amoureux d’une jeune femme et qui ne parle que du cycle hormonal de l’amour. Les amis ne trouvent rien de mieux que de faire ressurgir les histoires de cul, qui n’ont juste rien à voir avec la choucroute de l’amour tandis que la femme en question trouve une raison morale sur base de la culpabilité d’une souffrance donnée à son père. Pour accentuer l’image vous avez même cette notion d’assurance si symptomatique de notre société capitaliste si annihilante en capacité de prise de décision (Cf Palais de cristal) omniprésente dans ce récit (assurance sur la durée du mariage, assurance sur la voiture, assurance sur la mort…). Vous avez tous les cadres actuels de notre société : vénale, judiciaire, intérêt, sexe, relation vécue pour la satisfaction personnelle, et même un chouia de vieille morale œdipienne balayés par une relation d’[b]Agapé[/b] construite sur des bases totalement improbables. Alors vous me direz avec raison que l’on ne sait pas si la relation durera plus que les trois ans réglementaires hormonaux (je note par ailleurs que cette durée est variable entre 6 mois et 3 ans suivant les individus et non fixe à 3 ans) Certes cette lecture un peu intellectuelle n’engage que moi et l’on peut aussi fort bien y lire une histoire d’amour toute simple entre deux individus que rien ne laissait présager. N’est-ce pas tout de suite cliché genre chiant et facile que d’écrire cela ? quel dommage n’est-ce pas… Graphiquement, le travail sur Grenoble est épatant, les personnages tout à fait bien saisis dans l’instantanéité du quotidien sans le voyeurisme qui s’impose dans les médias actuels. La colorisation toute en nuances caresse l’œil de bout en bout et incite à la recherche du sens profond pas si superficiel qu’on pourrait bien lire. Voici donc l’une des très bonnes surprises de ce début d’année que je conseille à toutes vos BDthèques. ceci dit venant de Makio est-ce vraiment une surprise ?
Le Client
Ce one shot est très réussi, autant pour son scénario que pour son dessin. Si a priori l'histoire peut sembler classique, la qualité de la réalisation rattrape hautement ce petit handicap de départ. En effet Zidrou a soigné son découpage, sa narration, ses dialogues, ses personnages, l'ambiance du récit... bref tous les composants nécessaires. Et comme le dessinateur s'est mis au diapason le résultat est là. Le grand format de l'album fait la part belle à de larges cases très lisibles et très réussies. Ça marche d'abord parce que le héros est en fait un anti héros. D'emblée on s'attache à ce monsieur-tout-le-monde qui n'a rien à faire dans ce milieu de la nuit et de la prostitution. Il ne s'y prend pas mal pour un amateur d'ailleurs. Dès les premières péripéties on prend un malin plaisir à le voir tenir tête au méchant mafieux. Quand on comprend ce qui le motive, qu'il n'attend ni argent ni bénéfice, mais qu'il est juste guidé par l'amour on y croit volontiers à cette histoire. Malgré le contexte dans lequel cette histoire se déroule, cet album n'est ni vulgaire, ni voyeur. Il y avait un piège dans lequel il ne fallait pas tomber et les auteurs l'ont superbement évité. Le récit avance tranquillement, mais sûrement. Tel un bon polar, l'évolution de l'intrigue est plutôt prenante. La fin n'en fait pas trop et sans forcément surprendre elle apporte une conclusion plus que satisfaisante. Que demander de plus ?
Le Client
Zidrou est en passe de devenir un de mes scénaristes préférés surtout depuis qu’il s’est mis à concevoir des bandes dessinées hors humoristiques. Avec « Le Client », l’auteur nous présente un récit sur un gus qui est tombé amoureux d’une prostituée. Et bien entendu, à un moment donné, il va essayer de la faire sortir de ce milieu… C’est une trame très classique donc que nous présente Zidrou et je ne vous cache pas que son dénouement ne surprendra personne. Et pourtant, qu’est ce que j’ai aimé cette histoire ! Parce que « Le Client » est un récit à la fois dur et tendre. Il y a, dans ce scénario, tellement d’amour et de passion entre ces deux êtres que j’en suis resté béa à la fin de ma lecture. Et puis, il n’y a –à mon avis- rien de fantasmagorique dans ce scénario, jugez-en plutôt : ça se passe en Espagne et là-bas, il y a des maisons closes souvent proches de la frontière franco-espagnole d’ailleurs, allez savoir pourquoi... Et puis, il y a vraiment des clients qui tombent amoureux des prostituées, il suffit de regarder un de ces reportages télévisés qui laissent (enfin) la parole à ces intéressés, on se rendra compte que ce genre de relations peut se produire. A la rigueur, on peut rester dubitatif sur la réaction du caïd mais pourquoi pas… On peut rester aussi sceptique sur la réaction de la famille d’Augustin (le personnage principal) mais –là encore- pourquoi pas… Le trait gras de Man s’accorde bien avec le scénario de Zidrou, la mise en couleurs aux tons pesants et glaciaux renforce l’ambiance « polaristique » de ce récit. A défaut d’un scénario original, « Le Client » m’est apparu comme un bon polar sur le milieu de la prostitution. Sous ses airs malsains et durs, cette histoire s’avère en fin de compte très tendre et réaliste. Une bonne bande dessinée à découvrir !
Les Voleurs de Carthage
C'est après avoir suivi l'apparition des planches de cet album sur le net, qui m'avaient déjà bien tapé dans l'oeil, que j'ai sauté sur l'occasion d'avoir Hervé Tanquerelle en dédicace chez mon libraire pour acheter cet album. Et c'est du tout bon qu'on nous sers ! Nous voilà en 146 avant JC, à suivre les aventures d'un duo de mercenaires voleurs pas très futés. Ils vont se retrouver embrigadés dans un casse d'envergure au moment ou Carthage s’apprête à subir l'assaut final qui la fera tomber aux mains des romains. Horodamus le gaulois et Berkan le numide vont en effet un peu par hasard se retrouver avec une captive, Tara, qui se révèle être une femme issue de la plus grande guilde des voleurs, la Famille d'Utique. C'est avec eux qu'elle décide de poursuivre le plan du "casse du siècle" qu'elle était censé effectuer au nom de la Famille... Annoncée en deux tomes, cette série pleine de rebondissements ne traîne pas en chemin et nous embarque tambours battants dans cette aventure avec la mythique Carthage en toile de fond. C'est très efficace, bien écrit - certains dialogues sont savoureux - enlevé, envoutant et très bien construit. Le dessin charbonneux, vif et expressif de Tanquerelle est de toute beauté et la magnifique colorisation d'Isabelle Merlet donne à cet album toute la force et l'ambiance qu'on peut attendre de ce genre d'histoire. Tour à tour sombre, lumineuse ou chaleureuse, les planches dégagent et les atmosphères des scènes s'imposent d'elles même. Ajoutez à cela quelques planches pleines pages pour les moments forts du récit et vous obtenez un album de toute beauté ! Reste maintenant à attendre la conclusion de cette aventure dans le second et dernier tome... Et l'attente va être longue, car la conclusion de ce premier opus sait faire monter la tension et jouer avec nos nerfs... Une très bonne BD qui j'espère nous donnera le plaisir de lire un second tome d'aussi bonne facture !
L'Ange & le Dragon
J'ai trouvé cette bd absolument magnifique, à l'image de sa couverture. Je sais que l'utilisation de l'informatique en bande dessinée est très mal ressentie par les puristes du genre. Je pense qu'il faut vivre avec son temps et que le résultat lié à cette nouvelle technologie d'image de synthèse dépasse l'entendement. Avec un peu de recul, on peut affirmer que cette bd a été largement mésestimée lors de sa sortie. On accepte mieux de nos jours ces techniques lorsqu'elles produisent un résultat de qualité ce qui est le cas. On a l'impression que les dragons sont en 3D ce qui les rend plus réalistes et effrayants. A l'heure où cette technologie est utilisée dans le cinéma, je me dis que ce diptyque avait un peu d'avance sur son temps. Six ans après la sortie du premier tome, on ne peut qu'applaudir et rétablir les faits. Sur le fond, il s'agit d'une belle histoire d'amour sur le thème de l'acceptation de la mort. Lorsqu'un des amants meurt brutalement, sa compagne ne l'accepte pas. C'est déchirant par moment dans une ambiance romantique et gothique. Un conte simple, vibrant et bouleversant avec un superbe esthétisme.
OPK
Oh mais ça sent très bon, ça ! On connaissait le talent de Matz (Le Tueur, pour ne citer que sa série ayant obtenu le plus de succès) pour proposer des intrigues hard boiled, dynamiques, avec des personnages aussi riches qu'inoubliables. C'est encore le cas ici, avec ce superflic qui va se retrouver à la tête d'une cellule dédiée aux meurtres liés aux univers virtuels. On remarquera que le scénariste ne s'encombre pas de détails concernant l'enquête, préférant nous montrer les scènes d'action plutôt que les longues sessions de recoupements de témoignages, les relevés d'identité ou le traçage des joueurs impliqués dans l'affaire... Une intrigue aux accents très actuels, avec pas mal d'action et peu de personnages. Matz, en changeant d'éditeur pour ce projet, s'est allié les services d'un surdoué, Fabien Bedouel, aussi à l'aise dans des ambiances historiques que dans des décors high-tech, celui-ci imprime sa marque sur OPK, avec des décors urbains vertigineux et un sens de l'espace qui a peu d'équivalents à l'heure actuelle. Il préfère d'ailleurs proposer des décors dépouillés, sans négliger les détails lorsque l'intrigue l'exige (comme à Rome, avec le Colisée). Une nouvelle série (courte) à suivre de près. De très près.
Halloween Blues
Pour ma part, c'est avec délectation que je me suis plongé dans les sept tomes d'Halloween Blues, très bonne série que j'ai pris grand plaisir à lire et relire. Contrairement à d'autres posteurs, j'ai trouvé les intrigues intelligentes et bien ficelées (certains tomes nécessitent d'accorder une grande attention à l'histoire, comme le tome 4 "Points de Chute") et les dessins excellents. Kas et Mythic présentent toute une galerie de personnages intéressants. Le couple détonnant entre Forester Hill, inspecteur au look ténébreux et sa regrettée femme, le fantôme de la grande actrice Dana Anderson, en plus de servir de fil rouge entre les albums, apporte un plus non négligeable à la série. Non seulement la part fantastique est très bien utilisée et maîtrisée, évitant à la série de tomber dans le vulgaire ou le totalement invraisemblable (selon moi), mais le fantôme apporte en plus une bonne dose d'humour et de jalousie... Bien féminine ! L’ambiguïté de ce personnage, que seul Forester peut voir, fait naître des situations assez comiques (l'entourage de l'inspecteur a souvent l'impression que ce dernier parle seul ou perd la boule), mais aussi intéressantes, lorsque Dana intervient elle-même (dans le tome 6) pour aider son mari dans son enquête. Il est vrai que les dialogues font parfois preuve d'une légère emphase peu naturelle, mais cela donne un côté léché à la série, une identité particulière qui, je trouve, joue plutôt en sa faveur. A mi-chemin entre plusieurs genres (polar, fantastique et un soupçon d'érotisme), originale, superbement dessinée et mise en couleurs (les crépuscules et scènes de nature sont toujours magnifiques), cette série frôle de peu la mention culte pour moi. Un indispensable de ma bibliothèque, indéniablement.
Pacifique
Voilà une bien belle BD éditée par Casterman. Il faut signaler que cet ouvrage au format à l'italienne bénéficie en plus d'un superbe dessin. J'ai toujours été étonné de voir à quel point le thème des sous-marins était très utilisé en bande dessinée. De nombreuses séries ont abordé ce thème notamment Sanctuaire, U-29, Immergés (série malheureusement abandonnée) pour les plus connues. Je n'ai donc pas été surpris de voir éclore un nouvel album abordant ce thème maintes fois traité. Mais cette fois-ci j'ai été captivé par cette histoire où les personnages sont très attachants et superbement mis en image. Comme souvent dans ces récits l'histoire bascule dans une ambiance angoissante et fantastique. Pour résumer celle-ci : en pleine seconde guerre mondiale le jeune Udo Grötendick rejoint dans le Pacifique un U-boat dans lequel il doit remplacer le radio récemment disparu. C'est sa toute première affectation et il va donc découvrir à quel point il est difficile de s'intégrer dans le quotidien d'un sous-marin, du fait de la promiscuité avec les autres membres d'équipage , mais également de l'humidité omniprésente. De plus le capitaine du navire est un homme distant, froid et imprévisible. Si cela ne suffisait pas on va découvrir dans les bagages du nouvel arrivant un livre qui va bouleverser son destin et celui de ses compagnons. Romain Baudy et Martin Trystram réussissent parfaitement leur première apparition dans la bande dessinée avec ce récit de 86 pages glissant peu à peu du réalisme vers le fantastique. Le dessin, comme je l'ai dit au début de mon avis est très réussi. Certaines planches sont tout simplement magnifiques, notamment celles détaillant la faune aquatique et l'U-boot en arrière-plan ou encore celles se déroulant en pleine tempête. Les couleurs sont quasiment parfaites et c'est peu dire. Alors si j'ai réussi à vous mettre l'eau à la bouche, n'hésitez pas, lancez-vous dans cette aventure car vous ne le regretterez pas. Je n'ai plus qu'un mot à dire : Immersion !!