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Les Folies Bergère

Note: 3.33/5
(3.33/5 pour 12 avis)

La guerre 14-18. Les tranchées. Des soldats sont confrontés à la souffrance et à la mort. Considérés comme de la chair à canon par leurs chefs, ils tentent de survivre.


1914 - 1918 : La Première Guerre Mondiale Auteurs espagnols Première Guerre mondiale

La guerre 14-18. Pour défier la mort, les soldats appellent leur compagnie "Les Folies Bergère" et se donnent à chacun un surnom. Dans les tranchées, ils se serrent les coudes. Plaisantent. Dessinent. Gardent espoir. Et se battent. Meurent dans d'atroces souffrances. Se suicident ou perdent la raison. L'un d'eux est condamné au peloton d'exécution et... en réchappe. C'est un miracle. Jusqu'à ce qu'on lui amène sa fillette égarée sur les terres de personne. Le propos est désespéré et les personnages sont tragiques, attachants. Les dialogues vont à l'os et le dessin, réaliste, est très éloquent. Texte : Editeur

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 28 Septembre 2012
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Folies Bergère

28/09/2012 | pol
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Par gruizzli
Note: 3/5
L'avatar du posteur gruizzli

Sans aller jusqu'au génie, cette Bd apporte une belle façon de voir la première guerre mondiale, la der des der. Ce sujet bien souvent traité en bande-dessinée (notamment par Tardi qui en a fait une petite série) est toutefois traité ici sur un ton moins historique que déjanté. C'est le moins de ce qu'on pourrait dire à propos de ce récit où se retrouvent des éléments fantastiques (le gars qui refuse de mourir), des hallucinations et de la folie, mais aussi de la noirceur jusque dans les quelques traits d'humour ("Pardon de vous avoir tiré dessus, c'est une erreur"). Le ton du récit oscille entre plusieurs genres et ne tombe jamais dans la dénonciation gratuite et absurde, mais dans la mise en image de cette guerre moche par tous les aspects. Plutôt qu'un pamphlet contre la guerre, on y trouve un pamphlet pour les hommes qui s'y trouvaient. Et ça change beaucoup. J'ajouterais que la question de la folie progressive m'a rappelé ce qu'on peut trouver dans des livres comme Au cœur des ténèbres ou dans des films comme Jarhead (qui m'a fait penser à cette BD avec l'attente du conflit qui viendra, on le sait, mais quand ?). Le dessin fait mouche, et convient à merveille à cette atmosphère de tranchées froides et poisseuses, dans lesquelles rôde la folie plutôt que la raison. C'est rehaussé par les morceaux de folies qui parsèment les cases, rajoutant des touches d'horreur presque au récit. Une BD à la frontière de certains genres mais qui arrive à tenir son propos d'une très belle façon. La BD m'a même ému, plus d'une fois, dans la façon de raconter les histoires personnelles, et jusqu'à la dernière planche. Une BD qui vaut le détour pour ce qui concerne la Grande Guerre. Et bien moins indigeste que d'autres.

05/11/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Enième série ayant pour cadre l’enfer des tranchées (la battage médiatique autour du « centenaire » n’a fait que renforcer un phénomène déjà existant), cet album est relativement original quant à son angle d’attaque. En effet, il mise tout sur une sorte de délire, de folie ressentie, vécue et transcendée par des poilus, en introduisant quelques touches de fantastique (durant rêves et cauchemars, avec l’apparition de Dieu et du diable, mais aussi avec cet homme, « increvable », qui ne garde que de petits stigmates des balles qui le transpercent, et que l’état-major persiste à vouloir fusiller – dans un absurde et une folie confinant à l’humour noir). Pour le reste, c’est à la fois « classique » et obscur. Classique car on a déjà vu pas mal de fois ces dialogues ironiques et désespérés entre des morts en sursis dans les tranchées (même si finalement les bombes, la mitraille ne saturent l’image que rarement ici). Et obscur car certaines planches le sont graphiquement (même si le dessin parfois expressionniste de Porcel a de réelles qualités, il n’est pas toujours très clair). Mais aussi parce que certaines parties de l’intrigue (le lien entre le curé et son frère, la femme enceinte laissée à l’arrière, l’increvable et sa fille, etc) sont ou sous-exploitées ou difficiles à comprendre. Reste un album assez épais, qui se laisse lire. A emprunter éventuellement.

09/12/2018 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur sloane

Assez refroidi ou plutôt lassé par les BD de Tardi sur la période de la guerre 14/18, c'est avec un peu de méfiance mais en même temps l'espoir d'être surpris que je me suis lancé dans cette lecture. D'entrée de jeu,je me suis dit qu'il allait falloir que je prennes tout mon temps pour bien apprécier l'ensemble. Je n'ai pas été déçu. D'autres avis l'ont dit avant moi, mais ce noir et blanc est franchement fabuleux, s'y ajoute quelques teintes sépia et des taches de couleurs qui renforcent le propos. La couverture n'est pas forcément de celles que l'on voudrait mettre dans son salon mais quelle accroche! Passé la beauté du dessin il y a une histoire très forte qui s'aventure vers le fantastique et l'onirisme mais sans jamais partir en sucette. L'histoire est forte avec son lot de drames, d'absurdité et même d'humour. C'est bien sur une approche différente de ce que propose Tardi mais le propos n'est en rien atténué dans la dénonciation de la bêtise humaine et la propension de l'homme à se foutre sur la tronche. Je conseille vivement la lecture de cette bande et l'achat si vous y trouvez votre compte, ce qui ne saurais manquer d'être !

14/07/2015 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
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Moi qui n'aime pas trop Tardi, quand il s'écarte de la comédie (Adèle Blanc-sec, ou La débauche), je n'avais pas vraiment apprécié sa vision de la guerre, sur le mode célinien, extrêmement cynique. Son cynisme y tuait tout, y compris notre envie de comprendre, ou d'être touché. Ici, Porcel et Zidrou nous montrent la première guerre mondiale dans ses absurdités, et sa cruauté, pourtant, le cynisme n'est que latent. La poésie, la bonté, le rire, l'espoir, sont d'autres cordes qui nous fouettent aussi dans ce chat à neuf queues qu'est la guerre. Toutes les stratégies individuelles pour résister à cette tuerie absurde nous laissent la possibilité de nous identifier aux personnages. Le dessin à l'encre noire, baigné de lavis brun, et de quelques pointes de couleur bienvenues, et très bien torché. Réaliste et vif, avec juste ce qu'il faut de traits. Les tranchées sont là, les odeurs de mort, la crasse, les bruits, les repas infects, la promiscuité... Et chaque troufion cherche, par un instinct de survie inespéré, à s'échapper de la taupinière où il est enfermé, par le dessin, les lettres, les blagues, les marionnettes, le souvenir et l'espoir des folies Bergère... C'est une des meilleures BD que j'ai lues sur la guerre de 14-18.

30/09/2014 (modifier)
Par fab11
Note: 3/5

Tiens , encore une histoire se déroulant durant la première guerre mondiale. C'est sûr que celui qui dira que cette période historique n'est pas beaucoup utilisée en bande dessinée est soit un plaisantin , soit un nouveau venu dans l'univers de la BD . J'exagère à peine si je dis qu'en moyenne il sort un album tous les deux mois se déroulant durant la Der des Ders. Par contre même si je ne me suis pas ennuyé durant ma lecture , je ne garderai pas un souvenir impérissable de ce one shot. D'ailleurs je me retrouve assez bien dans l'avis de Gaston (le précédent) car je pense que l'histoire aurait pu être mieux , par contre le dessin rehausse le niveau de cet album. En effet le scénario n'a pas réussi à me passionner contrairement à celui de Kris dans la magnifique série Notre Mère la Guerre. Pourtant l'histoire démarrait plutôt bien en nous plongeant dans la dure réalité du quotidien des poilus. L'auteur aborde un grand nombre de thèmes souvent utilisés dans ce type de récit. Il nous parle bien sûr du danger permanant régnant en première ligne ( les tireurs allemands étaient redoutables ainsi que les tirs d'artillerie). Il traite également de la boue omniprésente dans la vie de ces soldats, des poux , de l'odeur des corps se décomposant , des assauts meurtriers vers les lignes adverses, des règlements de compte entre soldats, des exécutions de soldats pour servir d'exemple. Bon d'accord , je m'arrête là mais j'aurais pu continuer , car l'auteur s'est énormément documenté sur la période et qu'il réussit à nous représenter l'horreur qui régnait dans les tranchées. Mais malgré cela cette histoire de soldats se jurant de se retrouver après le conflit aux Folies Bergère m'a laissé plutôt froid. Et certains passages m'ont même agacé comme ceux mettant en scène Claude Monet ou encore les scènes où le fantastique fait de brèves apparitions. Je me demande si l'auteur n'a pas voulu trop en faire. Mais bon il faut quand même dire que cet album n'est pas mauvais et que le dessin réussit à le rendre très agréable. Le choix du noir et blanc est judicieux , ainsi que les quelques scènes légèrement colorisées . Ce dessinateur à du talent c'est sûr et d'ailleurs j'espère rapidement me plonger dans une autre de ses œuvres. Je conseille la lecture de ce one shot aux personnes qui s'intéressent à ce conflit et qui ont le cœur bien accroché car certaines scènes sont très dures. Par contre ceux qui ont adoré les œuvres de Tardi risquent d'être déçus.

20/11/2013 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

Je n'ai pas aimé le scénario de cet album et je trouve cela dommage parce que j'aime le dessin. C'est un noir et blanc absolument délicieux et lorsque l'auteur ajoutait des couleurs (généralement du rouge évidemment) je trouvais le résultat génial. J'aime aussi la couverture qui présente bien le côté macabre du récit. Le scénario débute pas mal et les planches avant la page titre donne envie de lire la suite, mais dès les premières pages je ne ressentais aucune émotion pour les personnages et cela a empiré dès qu'il y a des éléments poétique et fantastique. J'aime bien la poésie et le fantastique, mais ici je trouve que c'était utilisé de manière lourde et je me suis peu à peu désintéressé du récit au point qu'à la fin je ne comprenais pas trop se qui était réel ou non et franchement je m'en fiche un peu.

22/06/2013 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
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Malgré une couverture assez mauvaise et ratée (à mon goût), cet album de Zidrou et Porcel se révèle au final très bon et surprenant. N'attendez pas ici de folles parties de jambes élancées bien haut sur une scène parisienne, mais plutôt les bas fonds des tranchées de notre bonne vieille mère, la première guerre mondiale. C'est sombre, tragique, mais Zidrou sait distiller au fil du récit quelques touches d'humour (noir), de fantastique et de rebondissements qui nous font accrocher au récit, comme toute bonne boue putride qui se respecte aux godillot de la chair à canon. Sorti de quelques touches colorées qui viennent jouer les trouble-fêtes pour donner quelques rayons de soleil à cet album, le trait réaliste, épais et contrasté de Porcel joue pleinement son rôle et nous immerge dans le tragique quotidien de ces sinistres tranchées. Bref, une BD très efficace et surprenante par certains aspects de son scénario, mais qui hormis une couverture repoussante nous prouve, si nécessaire, le talent de ses deux auteurs.

24/05/2013 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5
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C’est le nom de Zidrou en couverture et sa sélection à Angoulème qui m’ont donné l’envie de feuilleter « Les folies bergère ». Pour être franc, je ne pensais pas lire un récit sur la guerre 14-18 mais une histoire ayant pour cadre le célèbre cabaret parisien. A propos de ce cabaret, oui, l’album en parle. Oui, on peut en apercevoir quelques planches où des danseuses se mettent à balancer leurs jambes au rythme du « French Cancan » mais ce n’est franchement pas le thème de cette bande dessinée. En fait, l’allusion aux folies Bergère vient du désir des soldats d’y aller lorsque la guerre sera terminée ou quand ils ont quelques jours de permission. En attendant, ces malheureux restent terrés dans leurs tranchées et c’est leur quotidien que l’on assiste entre le silence avant l’enfer, la crasse, les punitions parfois adéquats et très souvent injustes, la peur, le désespoir, les rêves tantôt cauchemardesques et tantôt érotiques, les fortes envies de revoir leurs familles, les rancoeurs liées au fait de ne pas assister à la naissance de leur enfant, et ce putain d’espoir de sortir intact de cette boucherie. Et on partage les journées avec le miraculé aux balles et un prêtre qui prône qu’on ira tous au paradis quel que soit la mort promise à chacun. Ce que je vous dévoile là n’est rien tant l’album est riche en évènements, riche en personnages, riche en sens aussi, on ne peut pas ressortir indifférent de cette lecture. Le bédéphile ne replongera pas avec grand plaisir dans le feuilletage de cette bande dessinée parce que le propos n’est franchement pas optimiste et… bref, c’est noir de chez noir quoi d’autant plus que le coup de patte de Porcel retransmet bien la noirceur de ce scénario de Zidrou. Mais, il y a une telle richesse de sentiment et là, encore, de sens dans cette histoire que je ne peux que vous conseiller cette lecture. Après, on peut se poser des questions sur l’intérêt que les auteurs ont eu à insérer dans ce récit des scènes entre le peintre Monet et un jeune jardinier. On peut se poser aussi des questions sur l’insertion du fantastique dans de nombreuses séquences… ça peut déplaire à beaucoup de lecteurs mais pas à moi parce que je trouve que ces allusions ont un sens, qu’elles ne sont pas du tout inutiles. Beaucoup de lecteurs m’ont conseillé le feuilletage de « C’était la guerre des tranchées » de Tardi, rien à faire car je n’aime pas le style de cet auteur ce qui n’est pas du tout le cas avec « Les folies Bergère » où je trouve le dessin de Porcel magnifique. En conclusion, malgré la noirceur du propos, « Les folies Bergère » est une bande dessinée, que dis-je ? Une « bd d’auteurs », oui, une vraie bd d'auteurs pleine de sens, à lire impérativement !

05/03/2013 (modifier)
Par montane
Note: 4/5
L'avatar du posteur montane

J'aurais pu rédiger une énième chronique sur Tintin ou Thorgal en affublant la série du qualificatif "culte". Ca n'aurait pas apporté grand chose, et j'ai eu la curieuse idée de rédiger une critique sur un de ces albums parus au cours de l'année écoulée et qui s'est noyé dans le flot des plus de 5000 parutions. Alors pourquoi cet album ? D'abord parce qu'il a été sélectionné à Angoulême, ensuite parce qu'il m'a été conseillé par un galeriste Parisien ne serait-ce que pour le graphisme de l'album. Jusque là Tardi avait un quasi monopole sur la description des absurdités des deux guerres mondiales qui secouèrent le vieux continent. Puis il y a eu Notre Mère la Guerre qui s'est frottée à cet exercice avec un certain succès. Zidrou et Porcel s'y essaient également dans ce One shot, et avec bonheur. L'histoire est celle d'un contingent envoyé sur le front qui ne peut que constater l'absurdité d'un conflit auquel ils ont pris part bien malgré eux. Tous ont laissé une famille, des enfants dans le beau pays de France. Peu les reverront. Dans ce bal des anonymes soldats apparaissent également des figures historiques et artistiques, le Président Clémenceau, le peintre Monet qui sur son Aventin continue de distiller un peu de beauté dans ce monde de brutes. On croise également la figure de l'ecclésiastique qui, un peu comme Maître Pangloss dans le "Candide" de Voltaire, prétend que tout va pour le mieux dans ce bas monde, ne serait-ce que parce que la promesse de l'accès au paradis nous a été offerte. Mais la candeur de l'ecclésiastique est ici très relative, et on s'apercevra que ce curé ne restera pas insensible aux plaisirs de la beauté féminine, dans un ultime hommage à ces soldats disparus, qui tous rêvaient d'aller se divertir aux "Folie bergères". Et puis il y a aussi cet exercice de style graphique qui laisse apparaître des couleurs dans le gris, le noir et le blanc de la guerre. Cette couverture réussie, ce titre trompeur sur la nature véritable du récit, cette entrée en matière annonciatrice des horreurs à venir. C'est donc un véritable exercice de style que nous proposent les deux auteurs. Je laisse le soin à chacun de découvrir cette histoire, innovante sur le plan graphique et scénaristique, et qui fait passer Tintin et Thorgal pour l'enfance de l'art en matière de BD.

24/02/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Je m'attendais, au vu du titre, à une lecture sur les coulisses de ce célèbre théâtre de music-hall qui symbolisait la vie parisienne dans les années folles. Il n'y aura aucune revue avec cette débauche de costume et de paillette. Mais où sont donc passées les femmes ? Elles restent à la maison pendant que les hommes font la grande guerre dans les tranchées. Oui, il y a un peu tromperie sur la marchandise. On pourra m'objecter que la couverture n'était pas trop représentatif d'un spectacle musical. Non, on va être enterré dans la boue tout le long de ce récit sanglant. Il s'agit de dénoncer la folie des généraux qui n'hésitent pas à fusiller les déserteurs ou les fortes têtes pour une peccadille. On va malheureusement virer vers une histoire un peu ésotérique alors que le phénomène du miracle était intéressant. Je pense que les auteurs ont voulu faire dans l'originale alors que Tardi a déjà bien exploré toutes les facettes de cette Première Guerre Mondiale (C'était la guerre des tranchées). J'ai bien aimé les scènes champêtres où le célèbre Claude Monet peint ses nénuphars. Bref, une nouvelle version de cette guerre 14-18 sans aucune concession. Là encore, j'aurais envie de dire mais où sont donc passées les grenouilles ?

17/02/2013 (modifier)