Une excellente BD comme j'aimerais en lire plus souvent, vraiment, doublé d'un énorme coup de cœur pour le concept.
Concept qui est ?
Un jeune ado plutôt mal dans sa peau et pas forcément très intégré, trouve, comme échappatoire, la compagnie de ses trois amis imaginaires eux, sortit du cinéma d'action des 80's : Arnold Schwarzenegger ; Sylverster Stallone et Russell Crowe. Une sorte de "Calvin & Hobbes" pour ado en somme...
Sur cet excellent concept, Bastien Vivès (qui n'avait pas, alors, sa popularité actuelle) et Michael Sanlaville nous offre une histoire passionnante, qui me parle forcément (quoique j'ai la chance d'être plus beaucoup socialisé que Jan, mais j'ai des connaissances qui sont un peu dans son cas), et que j'ai trouvé extrêmement drôle (voire interagirent les trois acteurs bourrins, habillés avec les costumes de leurs personnages fétiches, avec l'environnement de Jan est à hurler de rire, entre l'obsédé tripoteur Russell et l'imprévisible Arnold), et même si j'ai trouvé la fin un peu spéciale, il y a pas à dire ; cette histoire, c'est du grand art.
Comme à côté, le dessin (fait à 4 mains) est plutôt bon, dynamique et efficace (comme du Vivès), et bien on passe un moment vraiment génial...
A découvrir !!!
Avis à toutes les personnes qui vont lire mon avis par envie ou par ennui : tout ce que vous disent les autres posteurs plus bas est strictement véridique et je partage leurs opinions sans même en discuter le moindre mot.
Mais Necron possède également un charme indéfinissable qui s’appelle aussi nostalgie. C’est également cette même nostalgie qui vous saisit lors de votre premier Blake et Mortimer, ce charme kitsch qui rend les dialogues légèrement décalés et pompeux et les cartouches temporels d’un autre âge « Pendant ce temps » et consorts..
Sauf que Necron n’est pas une œuvre tous publics et fait partie de ces fameuses séries italiennes bis qui plaisent tant à Jean-Pierre Dionnet et que l’on qualifierait élégamment ici de « romans de gare », ici la ligne claire et aux superbes contrastes par Magnus.
Ok l’histoire est complètement cliché avec cette doctoresse teutonne nécrophile qui réanime sa créature de Frankenstein au sexe surdimensionné dans le seul but de la satisfaire puisque cette charmante demoiselle n’obtient que des orgasmes avec les morts !
Forcément le Necron en question comme elle le baptise est un parfait abruti au visage rigolo et dont le cœur mort ne bat que pour sa cruelle maitresse. Problème : il est doté d’une force surhumaine, n’est pas spécialement attirant et est un brin cannibale !
Sur ces quelques bases, on va parler de conquète du monde, de sexe (plutôt explicite) et de têtes ratatinées et de cervelles explosées. Croyez-le ou non mais l’ensemble se laisse lire sans déplaisir grâce à un rythme soutenu et des situations aussi exagérées que plaisantes à lire.
Cela aurait pu être plus drôle (second degré et sérieux des situations ridicules assumées), cela aurait pu être plus sexy (imaginez du porno entre une nana SM et un cadavre sorti de Reanimator), cela aurait pu être plus gore (le noir et blanc atténue les scènes violentes) mais franchement on se marre, on bande et on se délecte du gore tellement tout est décalé et barré dans cette œuvre.
Certaines situations pourraient être malsaines car elles vont très loin dans le trash et le politiquement incorrect mais cela reste très fun grâce à la tronche de ce Necron qui m'a arraché plusieurs fois le sourire. Cela contraste pas mal avec le visage de sa maitresse Frida qui a un corps superbe mais un regard aussi dur et cruel qu'elle ne l'est également dans ses propos et actes.
Mais cela reste vraiment suffisamment divertissant et différent pour peu que vous soyez un tant soit peu intéressés. En tous cas et même si mon principal reproche porte sur les décors vraiment au second plan, je me suis régalé à lire l’édition Cornelius qui respecte le découpage d’origine dans de superbes éditions au format poche.
Magnus c’est le grand oublié de la bande dessinée italienne par un trait de crayon superbe aux contrastes profonds qui ne marquera hélas que les lecteurs des œuvres érotiques et autres fumetti de la belle époque.
Pour tous les amateurs de bizarreries dans un esprit pur d’exploitation comme le furent au cinéma les Street Fighter de Sonny Chiba et les pantalonnades déviantes des nanards italiens des années 70/80, Necron constitue un must absolu !
Moi qui ne suis pas spécialement un fan des biographies, j'ai trouvé celle-ci sur Hugo Pratt plus que réussie ! Et ce n'est pas parce que je suis amateur de Pratt et plus particulièrement de Corto Maltese que je suis comblé.
La force de cette série tient à la grande réussite narrative qu'on nous propose. Tout comme dans l'univers et les personnages qui faisaient la force du travail de Pratt, sa vie nous est rapportée comme un grand roman d'aventures où tous les ingrédients sont réunis pour un grand festin : Les personnages étranges et pittoresques (jusque dans la famille même de Pratt !), les décors grandioses en passant de l'Afrique coloniale à Venise, les intrigues et les mystères qui font le charme des grands récits d'Aventure. Tout est ici présent et mis en scène pour qu'on en arrive presque à oublier qu'on relate la vie du créateur de Corto Maltese...
Paolo Cossi s'amuse également avec la forme et les personnages de Pratt pour mettre en scène la vie de son sujet. Raspoutine en fait les frais, pour notre plus grand plaisir ! Tout cela de la plus subtile des manières, sans lourdeur, ni présomption.
Quant au graphisme de Cossi, j'ai trouvé qu'il collait parfaitement au récit plein d'élan et de vivacité. Son dessin fluide et efficace relevé par une colorisation axée sur les ocres est juste parfaite. Et même dans ce petit format (17x24), il joue sur la composition de ses planches, alternant pleines pages et cadrages intelligents pour soutenir le rythme que nécessite cette vie "trop" remplie qui caractérise tant Hugo Pratt. Ajoutez-y quelques esquisses du plus bel effet saupoudrés au rythme des différents chapitres qui découpent cette série, et vous obtenez cette très belle réussite !
Un album qui plaira sans conteste aux amateurs d'Hugo Pratt, mais aussi, et c'est là que réside le succès de cet album, aux néophytes du sieur et de son incroyable existence et créativité
Bonjour,
Je me souviens que j'ai lu cette série il y a environ 4-5 ans et je m'en souviens bien. Je ne savais pas où j'allais en commençant cette série mais il est clair que j'ai accroché rapidement. Déconseillé à un public jeune et sensible, c'est assez cru, violent, de la nudité également. A ne pas mettre entre toutes les mains.
Cependant, c'est une histoire accrocheuse et de ce fait, on suit sans trop de difficulté vu que c'est l'histoire d'une famille.
Je recommande cette lecture, malgré qu'elle soit déjà de 1992 ??
Bonne lecture !
C'est typiquement le genre de série que j'apprécie et elle a su pleinement me contenter, malgré un second tome légèrement en deçà par rapport au premier.
Cette BD, en se basant sur des faits historiques et un solide scénario est un prétexte pour, dans le premier tome ; un peu d’anthropologie et de sociologie et le tout avec des personnages qu'on aime suivre. L'histoire en elle même n'est pas forcément complexe, mais a réussi à me captiver, grâce à une narration réellement maîtrisée et quelques évènements frappants. Le second tome étant lui, un peu plus classique (il fait plus policier/action), plus manichéen et n'aborde pas le thème de la "découverte d'un peuple", élément qui m'avait séduit dans le premier album.
En plus d'être passionnante, de mélanger le genre historique, du policier (caché derrière une pointe de fantastique), du roman graphique "scientifique", cette BD est aussi magnifique du point de vue graphique. Le style semi-réaliste de Chandre et sa colorisation en couleur directe est tout simplement superbe (malgré quelques planches souffrant d'un défaut de netteté dans le tome 2) et retranscrit bien l'ambiance que l'on peut imaginer aux îles écossaises. Sans être virtuose dans le trait, le dessin grâce aux couleurs reste très agréable.
Cette petite série restera dans mon cœur comme une jolie découverte.
Le festival d'Angoulème sert au moins à ça : rassembler une sélection des meilleurs livres parus lors de l'année écoulée et dont la plupart d'entre eux nous ont échappé, dissimulés derrière un flot ininterrompu de publications.
Elu album révélation de l'année, ce one shot nous entraine dans la vie des gens simples, la vie de gens comme vous et moi, qui mènent une vie loin d'être trépidante dans une petite ville de province. Rien ne se passe dans cette vie banale au possible.
Alors pourquoi cet album présente t-il un intérêt ?
Jon Mac Naught est un adepte de Chris Ware, et tout son talent réside dans cette capacité à raconter la vie des petites gens sans tomber dans le misérabilisme et la condescendance. Comme avec Chris Ware, la mise en valeur de ces petits gestes du quotidien, de ces signes du temps qui passe, se fait par de petites vignettes qui se succèdent les unes aux autres, souvent similaires mais avec ce petit détail qui indique un changement de saison, le passage d'un véhicule, l'écoulement d'une journée.
En deux histoires courtes, Jon Mac Naught nous invite à une éloge de la lenteur, à une contemplation de la nature et du temps qui passe. Avec très peu de mots et de longs silences, l'auteur nous fait pénétrer dans la vie de ces petites gens avec pudeur et humanité. Le tout grâce à un graphisme minimaliste et une palette de couleurs (noire, blanche, rose et bleue) volontairement réduite qui réussit à créer une ambiance très particulière et un tout cohérent. Son sens de la mise en scène qui rappelle très fortement l'auteur de Jimmy Corrigan contribue grandement à la réussite de cet album. Que ceux qui sont des adeptes de la BD d'action et de scénarios à la Jacobs ou à la Charlier passent leur chemin. Pour les autres, laissez vous emporter....
Je ne m'attendais pas du tout à ça. Le nom de Vertigo et l'allure de la couverture me faisaient croire à un comics typique de cette collection, avec du fantastique, de l'action et une trame bien américaine. J'ai été surpris d'emblée de voir que les auteurs étaient brésiliens et que l'histoire prenait effectivement place dans le Brésil moderne, avec l'ambiance bien caractéristique de ce pays. Puis j'ai été surpris d'y découvrir non pas une intrigue à base de fantastique ou de super-héros mais un pur roman graphique à la construction originale.
Au début, je n'y ai pas trop accroché. Je comprenais qu'on allait voir des bouts peut-être indépendants de la vie d'un homme, dans le désordre chronologique, avec des chapitres d'une vingtaine de pages maximum où le héros mourait immanquablement à la fin. Au bout des premiers chapitres, comme je voyais mal le lien entre chaque scénette, je commençais à me lasser, peu intéressé par ces morceaux de vie et ces morts peu captivantes.
Et puis peu à peu les choses ont pris forme. Le déclic a probablement eu lieu à partir du chapitre où l'on découvre le héros à 10 ou 11 ans car sa mort, à ce jeune âge, m'a fait de la peine. Là, j'ai commencé à réaliser l'objectif des auteurs. Montrer la force et l'intérêt de chaque étape de la vie d'un homme par la perte que causerait sa mort à tel ou tel moment. "On ne comprend jamais mieux que l'on aime quelque chose qu'au moment où on le perd".
Se met alors en place un récit sur la vie, sur la force de ce qu'elle apporte notamment parce que la mort à la fin est inéluctable, sur le fait qu'il faille en profiter, transmettre ses émotions à ses proches et à ses enfants, etc...
Finalement, toute la vie est incluse dans cet ouvrage. La jeunesse, l'amitié, le travail, l'amour, la déception, la famille, les enfants, l'espoir, la perte, la vieillesse... et même un brave et bon chien-chien.
Le message est passé de belle manière, j'ai été de plus en plus touché au cours de ma lecture. Et même si quelques passages m'ont légèrement ennuyé, j'ai eu presque les larmes aux yeux sur certains autres vers la fin de l'ouvrage.
La morale est simple, évidente, mais tellement bien transmise par le biais de cette originalité narrative qu'il n'y a rien à en redire.
Un livre sur la vie par le biais de la mort.
Note : 3.5/5
Je dois dire que le titre de cette BD ne m'a pas aidé à être attiré par elle. Cela ressemblait plus au titre d'un drôle de bouquin de cuisine.
Alors la cuisine fait partie des thématiques de l'ouvrage puisque son personnage éponyme est cuisinier et offre au lecteur quelques recettes de ses plats et cocktails. Mais c'est en fait davantage dans un univers de fantasy assez douillet que je me suis retrouvé.
J'ai beaucoup aimé ce petit monde que forme le Coq Vert et ses entourages. C'est une petite utopie imaginaire que nous offrent là les auteurs, une auberge merveilleuse où on sent qu'il ferait bon vivre (même si le bruit constant des chutes d'eau doit y être assez assourdissant). Les personnages qui le composent sont tous attachants, sauf le fameux Polpette à mon goût ceci dit. Il m'agace un peu par son côté trop parfait de "grand ténébreux un peu ours mais qui assure". Je me sens bien plus proche du drôle de comte Fausto.
Le dessin est dans le style personnel et agréable de Julien Neel. Même si son trait n'est pas très complexe, j'aime l'ambiance visuelle et les couleurs qu'il nous offre. C'est une atmosphère chaleureuse qui correspond bien au récit et au décor représenté.
L'histoire est plaisante sans être particulièrement marquante. C'est une bouffée de chaleur et de bonheur léger, avec quelques péripéties, un peu d'angoisse et une fin heureuse (pour ce qui est du seul tome paru à ce jour en tout cas). J'ai passé un bon moment de lecture.
Ca me fais mal au coeur mais je vais mettre seulement 4 étoiles à cette superbe série. Je m'explique, les premiers tomes sont vraiment une tuerie. On s'attache rapidement aux personnages très charismatiques (que ce soit les personnages principaux ou secondaires) et l'histoire nous emmène de surprises en découvertes sans temps mort. Et que dire des dialogues, ils sont juste sublimes! ...mais voilà, je trouve que la série perd en qualité, sur la fin. J'ai l'impression que les auteurs surfent sur leur succès pour rallonger artificiellement la série. Attention, qu'on soit bien d'accord, ca reste excellent, mais je ne retrouve pas tout le charme des premiers tomes.
Tout de même un de mes meilleurs moments de lecture, toutes catégories confondues!
Je suis un grand amateur de fantastique, et ayant lu il y a quelques années plusieurs oeuvres de Lovecraft, je me suis quasiment jeté sur ce recueil, qui promettait beaucoup.
Et je n'ai pas été déçu. Dans un noir et blanc oppressant et paranoïaque, Erik Kriek a réussi le tour de force de proposer des adaptations à la fois fidèles et libres de certaines des nouvelles les plus connues du Reclus de Providence. L'indescriptible, les menaces sourdes, les personnages étranges, mais aussi l'absence -relative- de narration, tout y est ou presque. Voir par exemple le Cauchemar d'Innsmouth en images m'a ramené à mes lectures d'adolescent.
A noter une préface et une postface d'auteurs néerlandais tout à fait intéressantes, et la traduction réalisée par Johanna Schipper (alias Johanna).
Un excellent moment de lecture, si vous appréciez le fantastique. Mais attention, Lovecraft c'est très particulier...
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Hollywood Jan
Une excellente BD comme j'aimerais en lire plus souvent, vraiment, doublé d'un énorme coup de cœur pour le concept. Concept qui est ? Un jeune ado plutôt mal dans sa peau et pas forcément très intégré, trouve, comme échappatoire, la compagnie de ses trois amis imaginaires eux, sortit du cinéma d'action des 80's : Arnold Schwarzenegger ; Sylverster Stallone et Russell Crowe. Une sorte de "Calvin & Hobbes" pour ado en somme... Sur cet excellent concept, Bastien Vivès (qui n'avait pas, alors, sa popularité actuelle) et Michael Sanlaville nous offre une histoire passionnante, qui me parle forcément (quoique j'ai la chance d'être plus beaucoup socialisé que Jan, mais j'ai des connaissances qui sont un peu dans son cas), et que j'ai trouvé extrêmement drôle (voire interagirent les trois acteurs bourrins, habillés avec les costumes de leurs personnages fétiches, avec l'environnement de Jan est à hurler de rire, entre l'obsédé tripoteur Russell et l'imprévisible Arnold), et même si j'ai trouvé la fin un peu spéciale, il y a pas à dire ; cette histoire, c'est du grand art. Comme à côté, le dessin (fait à 4 mains) est plutôt bon, dynamique et efficace (comme du Vivès), et bien on passe un moment vraiment génial... A découvrir !!!
Nécron
Avis à toutes les personnes qui vont lire mon avis par envie ou par ennui : tout ce que vous disent les autres posteurs plus bas est strictement véridique et je partage leurs opinions sans même en discuter le moindre mot. Mais Necron possède également un charme indéfinissable qui s’appelle aussi nostalgie. C’est également cette même nostalgie qui vous saisit lors de votre premier Blake et Mortimer, ce charme kitsch qui rend les dialogues légèrement décalés et pompeux et les cartouches temporels d’un autre âge « Pendant ce temps » et consorts.. Sauf que Necron n’est pas une œuvre tous publics et fait partie de ces fameuses séries italiennes bis qui plaisent tant à Jean-Pierre Dionnet et que l’on qualifierait élégamment ici de « romans de gare », ici la ligne claire et aux superbes contrastes par Magnus. Ok l’histoire est complètement cliché avec cette doctoresse teutonne nécrophile qui réanime sa créature de Frankenstein au sexe surdimensionné dans le seul but de la satisfaire puisque cette charmante demoiselle n’obtient que des orgasmes avec les morts ! Forcément le Necron en question comme elle le baptise est un parfait abruti au visage rigolo et dont le cœur mort ne bat que pour sa cruelle maitresse. Problème : il est doté d’une force surhumaine, n’est pas spécialement attirant et est un brin cannibale ! Sur ces quelques bases, on va parler de conquète du monde, de sexe (plutôt explicite) et de têtes ratatinées et de cervelles explosées. Croyez-le ou non mais l’ensemble se laisse lire sans déplaisir grâce à un rythme soutenu et des situations aussi exagérées que plaisantes à lire. Cela aurait pu être plus drôle (second degré et sérieux des situations ridicules assumées), cela aurait pu être plus sexy (imaginez du porno entre une nana SM et un cadavre sorti de Reanimator), cela aurait pu être plus gore (le noir et blanc atténue les scènes violentes) mais franchement on se marre, on bande et on se délecte du gore tellement tout est décalé et barré dans cette œuvre. Certaines situations pourraient être malsaines car elles vont très loin dans le trash et le politiquement incorrect mais cela reste très fun grâce à la tronche de ce Necron qui m'a arraché plusieurs fois le sourire. Cela contraste pas mal avec le visage de sa maitresse Frida qui a un corps superbe mais un regard aussi dur et cruel qu'elle ne l'est également dans ses propos et actes. Mais cela reste vraiment suffisamment divertissant et différent pour peu que vous soyez un tant soit peu intéressés. En tous cas et même si mon principal reproche porte sur les décors vraiment au second plan, je me suis régalé à lire l’édition Cornelius qui respecte le découpage d’origine dans de superbes éditions au format poche. Magnus c’est le grand oublié de la bande dessinée italienne par un trait de crayon superbe aux contrastes profonds qui ne marquera hélas que les lecteurs des œuvres érotiques et autres fumetti de la belle époque. Pour tous les amateurs de bizarreries dans un esprit pur d’exploitation comme le furent au cinéma les Street Fighter de Sonny Chiba et les pantalonnades déviantes des nanards italiens des années 70/80, Necron constitue un must absolu !
Hugo Pratt, un gentilhomme de fortune
Moi qui ne suis pas spécialement un fan des biographies, j'ai trouvé celle-ci sur Hugo Pratt plus que réussie ! Et ce n'est pas parce que je suis amateur de Pratt et plus particulièrement de Corto Maltese que je suis comblé. La force de cette série tient à la grande réussite narrative qu'on nous propose. Tout comme dans l'univers et les personnages qui faisaient la force du travail de Pratt, sa vie nous est rapportée comme un grand roman d'aventures où tous les ingrédients sont réunis pour un grand festin : Les personnages étranges et pittoresques (jusque dans la famille même de Pratt !), les décors grandioses en passant de l'Afrique coloniale à Venise, les intrigues et les mystères qui font le charme des grands récits d'Aventure. Tout est ici présent et mis en scène pour qu'on en arrive presque à oublier qu'on relate la vie du créateur de Corto Maltese... Paolo Cossi s'amuse également avec la forme et les personnages de Pratt pour mettre en scène la vie de son sujet. Raspoutine en fait les frais, pour notre plus grand plaisir ! Tout cela de la plus subtile des manières, sans lourdeur, ni présomption. Quant au graphisme de Cossi, j'ai trouvé qu'il collait parfaitement au récit plein d'élan et de vivacité. Son dessin fluide et efficace relevé par une colorisation axée sur les ocres est juste parfaite. Et même dans ce petit format (17x24), il joue sur la composition de ses planches, alternant pleines pages et cadrages intelligents pour soutenir le rythme que nécessite cette vie "trop" remplie qui caractérise tant Hugo Pratt. Ajoutez-y quelques esquisses du plus bel effet saupoudrés au rythme des différents chapitres qui découpent cette série, et vous obtenez cette très belle réussite ! Un album qui plaira sans conteste aux amateurs d'Hugo Pratt, mais aussi, et c'est là que réside le succès de cet album, aux néophytes du sieur et de son incroyable existence et créativité
La Caste des Méta-barons
Bonjour, Je me souviens que j'ai lu cette série il y a environ 4-5 ans et je m'en souviens bien. Je ne savais pas où j'allais en commençant cette série mais il est clair que j'ai accroché rapidement. Déconseillé à un public jeune et sensible, c'est assez cru, violent, de la nudité également. A ne pas mettre entre toutes les mains. Cependant, c'est une histoire accrocheuse et de ce fait, on suit sans trop de difficulté vu que c'est l'histoire d'une famille. Je recommande cette lecture, malgré qu'elle soit déjà de 1992 ?? Bonne lecture !
Saint Kilda
C'est typiquement le genre de série que j'apprécie et elle a su pleinement me contenter, malgré un second tome légèrement en deçà par rapport au premier. Cette BD, en se basant sur des faits historiques et un solide scénario est un prétexte pour, dans le premier tome ; un peu d’anthropologie et de sociologie et le tout avec des personnages qu'on aime suivre. L'histoire en elle même n'est pas forcément complexe, mais a réussi à me captiver, grâce à une narration réellement maîtrisée et quelques évènements frappants. Le second tome étant lui, un peu plus classique (il fait plus policier/action), plus manichéen et n'aborde pas le thème de la "découverte d'un peuple", élément qui m'avait séduit dans le premier album. En plus d'être passionnante, de mélanger le genre historique, du policier (caché derrière une pointe de fantastique), du roman graphique "scientifique", cette BD est aussi magnifique du point de vue graphique. Le style semi-réaliste de Chandre et sa colorisation en couleur directe est tout simplement superbe (malgré quelques planches souffrant d'un défaut de netteté dans le tome 2) et retranscrit bien l'ambiance que l'on peut imaginer aux îles écossaises. Sans être virtuose dans le trait, le dessin grâce aux couleurs reste très agréable. Cette petite série restera dans mon cœur comme une jolie découverte.
Automne
Le festival d'Angoulème sert au moins à ça : rassembler une sélection des meilleurs livres parus lors de l'année écoulée et dont la plupart d'entre eux nous ont échappé, dissimulés derrière un flot ininterrompu de publications. Elu album révélation de l'année, ce one shot nous entraine dans la vie des gens simples, la vie de gens comme vous et moi, qui mènent une vie loin d'être trépidante dans une petite ville de province. Rien ne se passe dans cette vie banale au possible. Alors pourquoi cet album présente t-il un intérêt ? Jon Mac Naught est un adepte de Chris Ware, et tout son talent réside dans cette capacité à raconter la vie des petites gens sans tomber dans le misérabilisme et la condescendance. Comme avec Chris Ware, la mise en valeur de ces petits gestes du quotidien, de ces signes du temps qui passe, se fait par de petites vignettes qui se succèdent les unes aux autres, souvent similaires mais avec ce petit détail qui indique un changement de saison, le passage d'un véhicule, l'écoulement d'une journée. En deux histoires courtes, Jon Mac Naught nous invite à une éloge de la lenteur, à une contemplation de la nature et du temps qui passe. Avec très peu de mots et de longs silences, l'auteur nous fait pénétrer dans la vie de ces petites gens avec pudeur et humanité. Le tout grâce à un graphisme minimaliste et une palette de couleurs (noire, blanche, rose et bleue) volontairement réduite qui réussit à créer une ambiance très particulière et un tout cohérent. Son sens de la mise en scène qui rappelle très fortement l'auteur de Jimmy Corrigan contribue grandement à la réussite de cet album. Que ceux qui sont des adeptes de la BD d'action et de scénarios à la Jacobs ou à la Charlier passent leur chemin. Pour les autres, laissez vous emporter....
Daytripper (au jour le jour)
Je ne m'attendais pas du tout à ça. Le nom de Vertigo et l'allure de la couverture me faisaient croire à un comics typique de cette collection, avec du fantastique, de l'action et une trame bien américaine. J'ai été surpris d'emblée de voir que les auteurs étaient brésiliens et que l'histoire prenait effectivement place dans le Brésil moderne, avec l'ambiance bien caractéristique de ce pays. Puis j'ai été surpris d'y découvrir non pas une intrigue à base de fantastique ou de super-héros mais un pur roman graphique à la construction originale. Au début, je n'y ai pas trop accroché. Je comprenais qu'on allait voir des bouts peut-être indépendants de la vie d'un homme, dans le désordre chronologique, avec des chapitres d'une vingtaine de pages maximum où le héros mourait immanquablement à la fin. Au bout des premiers chapitres, comme je voyais mal le lien entre chaque scénette, je commençais à me lasser, peu intéressé par ces morceaux de vie et ces morts peu captivantes. Et puis peu à peu les choses ont pris forme. Le déclic a probablement eu lieu à partir du chapitre où l'on découvre le héros à 10 ou 11 ans car sa mort, à ce jeune âge, m'a fait de la peine. Là, j'ai commencé à réaliser l'objectif des auteurs. Montrer la force et l'intérêt de chaque étape de la vie d'un homme par la perte que causerait sa mort à tel ou tel moment. "On ne comprend jamais mieux que l'on aime quelque chose qu'au moment où on le perd". Se met alors en place un récit sur la vie, sur la force de ce qu'elle apporte notamment parce que la mort à la fin est inéluctable, sur le fait qu'il faille en profiter, transmettre ses émotions à ses proches et à ses enfants, etc... Finalement, toute la vie est incluse dans cet ouvrage. La jeunesse, l'amitié, le travail, l'amour, la déception, la famille, les enfants, l'espoir, la perte, la vieillesse... et même un brave et bon chien-chien. Le message est passé de belle manière, j'ai été de plus en plus touché au cours de ma lecture. Et même si quelques passages m'ont légèrement ennuyé, j'ai eu presque les larmes aux yeux sur certains autres vers la fin de l'ouvrage. La morale est simple, évidente, mais tellement bien transmise par le biais de cette originalité narrative qu'il n'y a rien à en redire. Un livre sur la vie par le biais de la mort.
Le Viandier de Polpette
Note : 3.5/5 Je dois dire que le titre de cette BD ne m'a pas aidé à être attiré par elle. Cela ressemblait plus au titre d'un drôle de bouquin de cuisine. Alors la cuisine fait partie des thématiques de l'ouvrage puisque son personnage éponyme est cuisinier et offre au lecteur quelques recettes de ses plats et cocktails. Mais c'est en fait davantage dans un univers de fantasy assez douillet que je me suis retrouvé. J'ai beaucoup aimé ce petit monde que forme le Coq Vert et ses entourages. C'est une petite utopie imaginaire que nous offrent là les auteurs, une auberge merveilleuse où on sent qu'il ferait bon vivre (même si le bruit constant des chutes d'eau doit y être assez assourdissant). Les personnages qui le composent sont tous attachants, sauf le fameux Polpette à mon goût ceci dit. Il m'agace un peu par son côté trop parfait de "grand ténébreux un peu ours mais qui assure". Je me sens bien plus proche du drôle de comte Fausto. Le dessin est dans le style personnel et agréable de Julien Neel. Même si son trait n'est pas très complexe, j'aime l'ambiance visuelle et les couleurs qu'il nous offre. C'est une atmosphère chaleureuse qui correspond bien au récit et au décor représenté. L'histoire est plaisante sans être particulièrement marquante. C'est une bouffée de chaleur et de bonheur léger, avec quelques péripéties, un peu d'angoisse et une fin heureuse (pour ce qui est du seul tome paru à ce jour en tout cas). J'ai passé un bon moment de lecture.
De Cape et de Crocs
Ca me fais mal au coeur mais je vais mettre seulement 4 étoiles à cette superbe série. Je m'explique, les premiers tomes sont vraiment une tuerie. On s'attache rapidement aux personnages très charismatiques (que ce soit les personnages principaux ou secondaires) et l'histoire nous emmène de surprises en découvertes sans temps mort. Et que dire des dialogues, ils sont juste sublimes! ...mais voilà, je trouve que la série perd en qualité, sur la fin. J'ai l'impression que les auteurs surfent sur leur succès pour rallonger artificiellement la série. Attention, qu'on soit bien d'accord, ca reste excellent, mais je ne retrouve pas tout le charme des premiers tomes. Tout de même un de mes meilleurs moments de lecture, toutes catégories confondues!
L'Invisible et autres contes fantastiques
Je suis un grand amateur de fantastique, et ayant lu il y a quelques années plusieurs oeuvres de Lovecraft, je me suis quasiment jeté sur ce recueil, qui promettait beaucoup. Et je n'ai pas été déçu. Dans un noir et blanc oppressant et paranoïaque, Erik Kriek a réussi le tour de force de proposer des adaptations à la fois fidèles et libres de certaines des nouvelles les plus connues du Reclus de Providence. L'indescriptible, les menaces sourdes, les personnages étranges, mais aussi l'absence -relative- de narration, tout y est ou presque. Voir par exemple le Cauchemar d'Innsmouth en images m'a ramené à mes lectures d'adolescent. A noter une préface et une postface d'auteurs néerlandais tout à fait intéressantes, et la traduction réalisée par Johanna Schipper (alias Johanna). Un excellent moment de lecture, si vous appréciez le fantastique. Mais attention, Lovecraft c'est très particulier...