Le père Ubu est à l’origine d’un récit complètement ubuesque (c’est le cas de le dire !).
Autant je n’avais pas pu aller jusqu’au bout de l’adaptation de Reuzé, autant celle de Casanave m’a captivé. Une satire fait toujours dans la démesure pour dénoncer l’absurdité de certains comportements et le grotesque de situations. C’est souvent lourd mais ce n’est pas le cas ici. Casanave dynamise le récit et accentue la satire grâce à son trait jeté très caricatural. C’est jouissif jusqu’à la fin. Finalement, je ne sais si le père Ubu n’est pas plus à plaindre qu’à blâmer.
Une réussite à petit prix (au vu de la pagination) !
L'auteur nous raconte son "amitié" étrange avec Jeffrey Dahmer qu'il a fréquenté au collège puis perdu de vue jusque 1991, année où fût arrêté celui qui était entre-temps devenu le cannibale de Milwaukee, l'un des pires serial killers qu'aient connus les USA.
Ce récit, illustré par un dessin très typé comics indépendant, s'avère assez vite fascinant. Les interrogations de l'auteur sur les raisons qui ont pu pousser Jeffrey Dahmer à devenir un tueur en série sont mises en scène avec une justesse presque touchante. Il met sans cesse la vie de Dahmer en perspective avec celle des autres ados de son âge et cherche à comprendre. Sans excuser ni justifier... Juste comprendre.
Un album presque dérangeant. On le referme avec une sensation de malaise mais aussi avec l'impression que l'auteur a su retranscrire le sien avec une grande justesse. Bel exercice d'équilibriste.
Vous en avez marre des "Super Méchants" gavés de pouvoirs à ne plus savoir qu'en faire et qui au final ont plus l'amère saveur d'un canada dry éventé laissé à chambrer à la terrasse d'un rade mexicain ? Passez à "Bad Ass" pour l'apéro alors ! "Avec "Bad Ass", la fête est plus classe !"
Cynique, sûr de lui, aguerri et efficace, à la limite d'être antipathique, le lascar ne fait pas dans la demi mesure. Il aime quand ça chiale, quand ça frappe, quand ça saigne, quand ça vous ruine le mascara, le tout avec un flegme et une répartie digne d'un James Bond passé du côté obscur de la Force. Et de l'humour (noir), il en a à revendre. S'attaquer aux forces en puissance, institutionnelles, mafieuses ou aux super héros ne lui fait pas peur et plutôt marrer. Reste à savoir pourquoi...
Car qui est ce mystérieux Dead End qui semble pétri d'une haine et d'une rancœur pour tout ce qui l'entoure ? Quelle est donc la motivation de ce personnage assez glaçant ? Pour l'instant, le voile ne se lève que doucement grâce à une narration qui alterne présent et jeunesse de ce Jack... qui deviendra Dead End.
En tout cas, ce premier tome de "Bad Ass" démarre sur les chapeaux de roue : narration très fluide et rythme très soutenu malgré les allers-retours entre passé et présent ; scènes d'actions très bien réglées et d'une grande intensité ; informations et mystères distillés savamment au fil du récit ; un dessin et une mise en page qui tiennent parfaitement la longueur, pour nous mettre sur un plateau une mise en bouche qu'on dévore à coups de crocs bien sentis. Je reste plus mitigé sur la colorisation très informatique qui n'est pas ma tasse de thé, mais qui passe quand même tranquillement dans ce brio général.
Dead End et sa bonne étoile sont donc promis au meilleur. Espérons que cette chance versatile qui fit son bonheur ne tourne pas court pour que le nôtre soit complet. Si ce premier tome est pour moi une réussite, j'ai quand même été un brin surpris par la fin et cette escouade de super héros qui débarque...
A suivre de (très) près donc, en espérant une suite taillée dans la même roche, dure et froide.
Très bien, ce one shot, efficace, dynamique, et à mon sens, très documenté sur le sujet des maltraitances conjugales.
Premièrement, sur les processus qui mènent à la violence à l'intérieur du couple, mais également sur l'environnement de la victime, car à mon avis le problème est là : pourquoi ne le quitte-t-elle pas? Mais parce qu'elle ne PEUT pas!
Et pourquoi? Parce qu'elle a peur! De lui, mais surtout d'elle. Que va t-elle faire? Galérer comme sa copine? Revenir chez sa mère, qui n'est pas un parangon de sensibilité maternelle? Errer dans un centre d'hébergement pour femme battue? Aller travailler? Elle s'est soumise dès le premier regard à son prince charmant qui devient son bourreau.
Lui abuse de la situation et traite sa femme de façon utilitaire (femme = cuisine + ménage + détente), comme il fait avec le reste du monde d'ailleurs. Il est bon pour la consultation, mais ses travers de pervers narcissique le lui interdisent.
CQFD: situation bloquée et femme en souffrance.
MAJ après tome 2
Avis tome 1
Voici un premier tome de SF signé futuropolis, autrement dit, très bonne qualité d’édition associé à un objet peu conventionnel qui aurait eu du mal à trouver sa place dans les collections des autres éditeurs.
Et pourtant quel travail graphique… Dans une cité de divertissement qui se laisse découvrir petit à petit, une fourmilière se dégage où se mêlent humains et robots, touristes et employés. Ce tome introductif nous abreuve d’image, tout comme les habitants de ce monde toutes plus chargées les unes que les autres, il faut un sacré recul pour en admirer les facette y compris les plus sombres qui ne se voient pas de prime abord. J’imagine que la colorisation est informatique, et pour une fois je trouve cela vraiment réussi. L’image colle parfaitement à l’univers pour créer une ambiance digne de L'Incal. En beaucoup plus chargé, moins psyché et avec une colorisation moins conceptuelle.
D’un point de vue scénario plein de choses sont inconnues et forcent la curiosité. Le lecteur trouvera certainement brutal cet entrée dans un univers à priori de divertissement, mais il semble que le divertissement tout comme la notion de justice dans cette univers soient un peu décalés par rapport aux valeurs traditionnelles. Cela commence à poser de sacrés problèmes avec ce « jeu » qui semble cacher une face bien obscure dans la notion de justice tout en conservant une magnifique étiquette d’ordre. Bref un ordre divertissant sans justice équitable, qui raisonne comme dans les cauchemars d’Orwell et de ses écrans que l’on ne débranche pas. On retrouve le pouvoir de l’omniscience par le contrôle et donc la privation de liberté. Le tout est de comprendre ce qu’on en fait, et le fait de se déconnecter dans un moment critique où vie et mort forment un jeu morbide donne finalement une image très glauque.
Arrêtons nous là, mais il y a de nombreux ingrédients, certes classiques en SF, mais parfaitement amenés et bien positionnés pour un tome 1. Tout cela forme une belle base, mais à ce stade n’aboutit pas à grand-chose. Cette série commence très bien et j’en conseille l’achat mais ne forme pour l’instant qu’une bonne série, il va falloir transformer l’essai dans les tomes suivants (je ne vois pas moins de 4 tomes pour développer tout ce qui a été effleuré ici) pour que cette série devienne vraiment bien voire plus. Je le souhaite vraiment !
MAJ tome 2
Tome qui change l’angle de vue pour nous présenter d’autres habitants de ce monde décidément bien glauque. Tout fonctionne, ambiance décor et scénario ont trouvé ici une symbiose qui semble prête à faire des étincelles, les 10 planches finales sont époustouflantes de narration et de qualité dynamique. Beaucoup de nouvelles pistes s’avancent, décidément ce monde peut générer bien des tomes, pourvu que la qualité tienne désormais
Je passe à 4 étoiles.
Ames sensibles s'abstenir. Si vous vous sentez mal à la vue du sang, si les aliments bizarres et pas toujours très frais vous donnent la nausée, cette BD n'est pas faite pour vous. Et c'est bien dommage car vous allez louper un petit bijou d'humour !
L'histoire est très originale et je pense que le scénariste doit avoir un sérieux problème pour imaginer des situations et des personnages aussi déjantés. Le scénario est truffé d'humour (plus certains volumes que d'autres).
Le dessin est clair, bien fait, rien à redire. Il fourmille de détails et n'hésitez pas à même lire les publicités et les titres des articles de presse collés sur les murs des décors.
Vivement le volume suivant !
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Après lecture du tome 5, ma note reste la même. Rien à redire, le dessin est toujours aussi expressif, plein de détails. Le scénario recèle encore quelques petites perles ce qui fait que la lecture est toujours aussi agréable et amusante. A quand le tome 6 ?
Pas facile de s’aimer pour deux adolescents dont les familles se haïssent depuis des années et ne pensent qu’à une chose : se venger. Mais se venger de quoi ? C’est ce que vont découvrir petit à petit Caroline et Christophe, suite à une histoire de lettres anonymes, en observant et interrogeant les membres de leurs familles. D’après une histoire de Didier Convard, Jean-Blaise Djian nous emmène au cœur de ces rancoeurs, de ces secrets de famille qui ressortent . On entre dans l’histoire avec une grande facilité puis on se laisse porter jusqu’au bout pour en connaître le fin mot.
J’ai juste eu un peu de mal au début à m’y retrouver dans la généalogie de ces deux familles, lorsqu’on citait des personnages qu’on n’avait pas vus… mais il est dans quelle famille lui ? Sinon l’histoire est prenante… et les méchants ne sont peut-être pas forcément ceux que l’on croit !
Le dessin de Sébastien Corbet est très agréable, tout en rondeurs. Les visages tout ridés des personnes âgées sont particulièrement réussis. C’est d’ailleurs ce dessin qui m’a attirée en premier vers cette BD, et je ne l’ai pas regretté !
J'aurais pu rédiger une énième chronique sur Tintin ou Thorgal en affublant la série du qualificatif "culte". Ca n'aurait pas apporté grand chose, et j'ai eu la curieuse idée de rédiger une critique sur un de ces albums parus au cours de l'année écoulée et qui s'est noyé dans le flot des plus de 5000 parutions.
Alors pourquoi cet album ? D'abord parce qu'il a été sélectionné à Angoulême, ensuite parce qu'il m'a été conseillé par un galeriste Parisien ne serait-ce que pour le graphisme de l'album.
Jusque là Tardi avait un quasi monopole sur la description des absurdités des deux guerres mondiales qui secouèrent le vieux continent. Puis il y a eu Notre Mère la Guerre qui s'est frottée à cet exercice avec un certain succès. Zidrou et Porcel s'y essaient également dans ce One shot, et avec bonheur.
L'histoire est celle d'un contingent envoyé sur le front qui ne peut que constater l'absurdité d'un conflit auquel ils ont pris part bien malgré eux. Tous ont laissé une famille, des enfants dans le beau pays de France. Peu les reverront. Dans ce bal des anonymes soldats apparaissent également des figures historiques et artistiques, le Président Clémenceau, le peintre Monet qui sur son Aventin continue de distiller un peu de beauté dans ce monde de brutes. On croise également la figure de l'ecclésiastique qui, un peu comme Maître Pangloss dans le "Candide" de Voltaire, prétend que tout va pour le mieux dans ce bas monde, ne serait-ce que parce que la promesse de l'accès au paradis nous a été offerte.
Mais la candeur de l'ecclésiastique est ici très relative, et on s'apercevra que ce curé ne restera pas insensible aux plaisirs de la beauté féminine, dans un ultime hommage à ces soldats disparus, qui tous rêvaient d'aller se divertir aux "Folie bergères".
Et puis il y a aussi cet exercice de style graphique qui laisse apparaître des couleurs dans le gris, le noir et le blanc de la guerre. Cette couverture réussie, ce titre trompeur sur la nature véritable du récit, cette entrée en matière annonciatrice des horreurs à venir.
C'est donc un véritable exercice de style que nous proposent les deux auteurs.
Je laisse le soin à chacun de découvrir cette histoire, innovante sur le plan graphique et scénaristique, et qui fait passer Tintin et Thorgal pour l'enfance de l'art en matière de BD.
Il y avait longtemps que je voulais lire cette série qui en règle générale avait de bonnes critiques.
Je suis tombé par hasard dessus à la médiathèque et je n'ai pas hésité à l'emprunter.
Je vous assure que je ne regrette pas mon choix, bien au contraire.
J'ai passé un moment agréable qui malheureusement ne se reproduira pas, car a priori cette série est bel et bien terminée et là je dis "quel dommage".
L'histoire est très originale : on se retrouve à suivre les péripéties d'une caravane peuplée de "monstres", des erreurs de la nature, tous aussi différents et sympathiques les uns des autres et qui recueillent une petite fille nommée Mila qui vient de perdre son père. Ce geste humain si l'on peut dire va leur attirer un grand nombre d'ennuis.
L'univers créé par Olivier Milhiet, dont je n'avais jamais rien lu (et oui je n'ai pas lu Spoogue mais rassurez-vous je vais vite y remédier) est tout à fait remarquable et tellement vaste qu'il est navrant de s'arrêter là (oui je sais je me répète).
Tous les "monstres" sont attachants et superbement dessinés. L'auteur a été énormément inspiré pour créer cet univers peuplé d'êtres bizarres qui errent sur les routes avec des règles bien précises ce qui leur permet de survivre dans ces contrées hostiles qui m'ont rappelé certains films comme les Mad Max par exemple.
Le dessin est très agréable mais je comprends qu'il peut en déranger certains car c'est un style assez particulier, il faut l'avouer.
J'irai droit au but, lisez Caravane car c'est tout simplement génial et original.
Alors bonne lecture.
1099 morts, dont 242 enfants. Des familles entières décimées. Dans le genre catastrophe humaine, on a rarement vu plus terrible.
Jean-Luc Loyer nous raconte cette tragédie, mais aussi tout ce qui l’entoure : la situation politique et économique de l’époque, et les conséquences de ce drame pour toute une région, voire tout un pays : grèves, revendications, manifestations violentes, et une prise de conscience collective des conditions de travail dans les mines. L’auteur s’est beaucoup documenté, et parle de la réaction des journalistes de l’époque (dont un certain Jean Jaurès) ainsi que le l’attitude du reste de la population, qui éprouve bien peu de sympathie pour les mineurs (c’est vrai quoi, on a besoin de charbon pour vivre, ils font chier les mineurs).
L’accident même et la galère des survivants essayant de s’échapper de cet enfer sont bien entendu aussi racontés de façon très détaillés, car basés sur des témoignages réels. La gestion de la crise et l’organisation des secours par la compagnie minière sont aussi montrées du doigt.
Une lecture édifiante, surtout si on considère que des enfants descendent toujours dans des mines, ailleurs dans le monde, pour enrichir les autres et faire tourner la machine industrielle.
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Ubu Roi
Le père Ubu est à l’origine d’un récit complètement ubuesque (c’est le cas de le dire !). Autant je n’avais pas pu aller jusqu’au bout de l’adaptation de Reuzé, autant celle de Casanave m’a captivé. Une satire fait toujours dans la démesure pour dénoncer l’absurdité de certains comportements et le grotesque de situations. C’est souvent lourd mais ce n’est pas le cas ici. Casanave dynamise le récit et accentue la satire grâce à son trait jeté très caricatural. C’est jouissif jusqu’à la fin. Finalement, je ne sais si le père Ubu n’est pas plus à plaindre qu’à blâmer. Une réussite à petit prix (au vu de la pagination) !
Mon ami Dahmer
L'auteur nous raconte son "amitié" étrange avec Jeffrey Dahmer qu'il a fréquenté au collège puis perdu de vue jusque 1991, année où fût arrêté celui qui était entre-temps devenu le cannibale de Milwaukee, l'un des pires serial killers qu'aient connus les USA. Ce récit, illustré par un dessin très typé comics indépendant, s'avère assez vite fascinant. Les interrogations de l'auteur sur les raisons qui ont pu pousser Jeffrey Dahmer à devenir un tueur en série sont mises en scène avec une justesse presque touchante. Il met sans cesse la vie de Dahmer en perspective avec celle des autres ados de son âge et cherche à comprendre. Sans excuser ni justifier... Juste comprendre. Un album presque dérangeant. On le referme avec une sensation de malaise mais aussi avec l'impression que l'auteur a su retranscrire le sien avec une grande justesse. Bel exercice d'équilibriste.
Bad Ass
Vous en avez marre des "Super Méchants" gavés de pouvoirs à ne plus savoir qu'en faire et qui au final ont plus l'amère saveur d'un canada dry éventé laissé à chambrer à la terrasse d'un rade mexicain ? Passez à "Bad Ass" pour l'apéro alors ! "Avec "Bad Ass", la fête est plus classe !" Cynique, sûr de lui, aguerri et efficace, à la limite d'être antipathique, le lascar ne fait pas dans la demi mesure. Il aime quand ça chiale, quand ça frappe, quand ça saigne, quand ça vous ruine le mascara, le tout avec un flegme et une répartie digne d'un James Bond passé du côté obscur de la Force. Et de l'humour (noir), il en a à revendre. S'attaquer aux forces en puissance, institutionnelles, mafieuses ou aux super héros ne lui fait pas peur et plutôt marrer. Reste à savoir pourquoi... Car qui est ce mystérieux Dead End qui semble pétri d'une haine et d'une rancœur pour tout ce qui l'entoure ? Quelle est donc la motivation de ce personnage assez glaçant ? Pour l'instant, le voile ne se lève que doucement grâce à une narration qui alterne présent et jeunesse de ce Jack... qui deviendra Dead End. En tout cas, ce premier tome de "Bad Ass" démarre sur les chapeaux de roue : narration très fluide et rythme très soutenu malgré les allers-retours entre passé et présent ; scènes d'actions très bien réglées et d'une grande intensité ; informations et mystères distillés savamment au fil du récit ; un dessin et une mise en page qui tiennent parfaitement la longueur, pour nous mettre sur un plateau une mise en bouche qu'on dévore à coups de crocs bien sentis. Je reste plus mitigé sur la colorisation très informatique qui n'est pas ma tasse de thé, mais qui passe quand même tranquillement dans ce brio général. Dead End et sa bonne étoile sont donc promis au meilleur. Espérons que cette chance versatile qui fit son bonheur ne tourne pas court pour que le nôtre soit complet. Si ce premier tome est pour moi une réussite, j'ai quand même été un brin surpris par la fin et cette escouade de super héros qui débarque... A suivre de (très) près donc, en espérant une suite taillée dans la même roche, dure et froide.
… à la folie
Très bien, ce one shot, efficace, dynamique, et à mon sens, très documenté sur le sujet des maltraitances conjugales. Premièrement, sur les processus qui mènent à la violence à l'intérieur du couple, mais également sur l'environnement de la victime, car à mon avis le problème est là : pourquoi ne le quitte-t-elle pas? Mais parce qu'elle ne PEUT pas! Et pourquoi? Parce qu'elle a peur! De lui, mais surtout d'elle. Que va t-elle faire? Galérer comme sa copine? Revenir chez sa mère, qui n'est pas un parangon de sensibilité maternelle? Errer dans un centre d'hébergement pour femme battue? Aller travailler? Elle s'est soumise dès le premier regard à son prince charmant qui devient son bourreau. Lui abuse de la situation et traite sa femme de façon utilitaire (femme = cuisine + ménage + détente), comme il fait avec le reste du monde d'ailleurs. Il est bon pour la consultation, mais ses travers de pervers narcissique le lui interdisent. CQFD: situation bloquée et femme en souffrance.
Urban
MAJ après tome 2 Avis tome 1 Voici un premier tome de SF signé futuropolis, autrement dit, très bonne qualité d’édition associé à un objet peu conventionnel qui aurait eu du mal à trouver sa place dans les collections des autres éditeurs. Et pourtant quel travail graphique… Dans une cité de divertissement qui se laisse découvrir petit à petit, une fourmilière se dégage où se mêlent humains et robots, touristes et employés. Ce tome introductif nous abreuve d’image, tout comme les habitants de ce monde toutes plus chargées les unes que les autres, il faut un sacré recul pour en admirer les facette y compris les plus sombres qui ne se voient pas de prime abord. J’imagine que la colorisation est informatique, et pour une fois je trouve cela vraiment réussi. L’image colle parfaitement à l’univers pour créer une ambiance digne de L'Incal. En beaucoup plus chargé, moins psyché et avec une colorisation moins conceptuelle. D’un point de vue scénario plein de choses sont inconnues et forcent la curiosité. Le lecteur trouvera certainement brutal cet entrée dans un univers à priori de divertissement, mais il semble que le divertissement tout comme la notion de justice dans cette univers soient un peu décalés par rapport aux valeurs traditionnelles. Cela commence à poser de sacrés problèmes avec ce « jeu » qui semble cacher une face bien obscure dans la notion de justice tout en conservant une magnifique étiquette d’ordre. Bref un ordre divertissant sans justice équitable, qui raisonne comme dans les cauchemars d’Orwell et de ses écrans que l’on ne débranche pas. On retrouve le pouvoir de l’omniscience par le contrôle et donc la privation de liberté. Le tout est de comprendre ce qu’on en fait, et le fait de se déconnecter dans un moment critique où vie et mort forment un jeu morbide donne finalement une image très glauque. Arrêtons nous là, mais il y a de nombreux ingrédients, certes classiques en SF, mais parfaitement amenés et bien positionnés pour un tome 1. Tout cela forme une belle base, mais à ce stade n’aboutit pas à grand-chose. Cette série commence très bien et j’en conseille l’achat mais ne forme pour l’instant qu’une bonne série, il va falloir transformer l’essai dans les tomes suivants (je ne vois pas moins de 4 tomes pour développer tout ce qui a été effleuré ici) pour que cette série devienne vraiment bien voire plus. Je le souhaite vraiment ! MAJ tome 2 Tome qui change l’angle de vue pour nous présenter d’autres habitants de ce monde décidément bien glauque. Tout fonctionne, ambiance décor et scénario ont trouvé ici une symbiose qui semble prête à faire des étincelles, les 10 planches finales sont époustouflantes de narration et de qualité dynamique. Beaucoup de nouvelles pistes s’avancent, décidément ce monde peut générer bien des tomes, pourvu que la qualité tienne désormais Je passe à 4 étoiles.
Tony Chu Détective Cannibale
Ames sensibles s'abstenir. Si vous vous sentez mal à la vue du sang, si les aliments bizarres et pas toujours très frais vous donnent la nausée, cette BD n'est pas faite pour vous. Et c'est bien dommage car vous allez louper un petit bijou d'humour ! L'histoire est très originale et je pense que le scénariste doit avoir un sérieux problème pour imaginer des situations et des personnages aussi déjantés. Le scénario est truffé d'humour (plus certains volumes que d'autres). Le dessin est clair, bien fait, rien à redire. Il fourmille de détails et n'hésitez pas à même lire les publicités et les titres des articles de presse collés sur les murs des décors. Vivement le volume suivant ! -------------------------------------------------- Après lecture du tome 5, ma note reste la même. Rien à redire, le dessin est toujours aussi expressif, plein de détails. Le scénario recèle encore quelques petites perles ce qui fait que la lecture est toujours aussi agréable et amusante. A quand le tome 6 ?
La Chenue
Pas facile de s’aimer pour deux adolescents dont les familles se haïssent depuis des années et ne pensent qu’à une chose : se venger. Mais se venger de quoi ? C’est ce que vont découvrir petit à petit Caroline et Christophe, suite à une histoire de lettres anonymes, en observant et interrogeant les membres de leurs familles. D’après une histoire de Didier Convard, Jean-Blaise Djian nous emmène au cœur de ces rancoeurs, de ces secrets de famille qui ressortent . On entre dans l’histoire avec une grande facilité puis on se laisse porter jusqu’au bout pour en connaître le fin mot. J’ai juste eu un peu de mal au début à m’y retrouver dans la généalogie de ces deux familles, lorsqu’on citait des personnages qu’on n’avait pas vus… mais il est dans quelle famille lui ? Sinon l’histoire est prenante… et les méchants ne sont peut-être pas forcément ceux que l’on croit ! Le dessin de Sébastien Corbet est très agréable, tout en rondeurs. Les visages tout ridés des personnes âgées sont particulièrement réussis. C’est d’ailleurs ce dessin qui m’a attirée en premier vers cette BD, et je ne l’ai pas regretté !
Les Folies Bergère
J'aurais pu rédiger une énième chronique sur Tintin ou Thorgal en affublant la série du qualificatif "culte". Ca n'aurait pas apporté grand chose, et j'ai eu la curieuse idée de rédiger une critique sur un de ces albums parus au cours de l'année écoulée et qui s'est noyé dans le flot des plus de 5000 parutions. Alors pourquoi cet album ? D'abord parce qu'il a été sélectionné à Angoulême, ensuite parce qu'il m'a été conseillé par un galeriste Parisien ne serait-ce que pour le graphisme de l'album. Jusque là Tardi avait un quasi monopole sur la description des absurdités des deux guerres mondiales qui secouèrent le vieux continent. Puis il y a eu Notre Mère la Guerre qui s'est frottée à cet exercice avec un certain succès. Zidrou et Porcel s'y essaient également dans ce One shot, et avec bonheur. L'histoire est celle d'un contingent envoyé sur le front qui ne peut que constater l'absurdité d'un conflit auquel ils ont pris part bien malgré eux. Tous ont laissé une famille, des enfants dans le beau pays de France. Peu les reverront. Dans ce bal des anonymes soldats apparaissent également des figures historiques et artistiques, le Président Clémenceau, le peintre Monet qui sur son Aventin continue de distiller un peu de beauté dans ce monde de brutes. On croise également la figure de l'ecclésiastique qui, un peu comme Maître Pangloss dans le "Candide" de Voltaire, prétend que tout va pour le mieux dans ce bas monde, ne serait-ce que parce que la promesse de l'accès au paradis nous a été offerte. Mais la candeur de l'ecclésiastique est ici très relative, et on s'apercevra que ce curé ne restera pas insensible aux plaisirs de la beauté féminine, dans un ultime hommage à ces soldats disparus, qui tous rêvaient d'aller se divertir aux "Folie bergères". Et puis il y a aussi cet exercice de style graphique qui laisse apparaître des couleurs dans le gris, le noir et le blanc de la guerre. Cette couverture réussie, ce titre trompeur sur la nature véritable du récit, cette entrée en matière annonciatrice des horreurs à venir. C'est donc un véritable exercice de style que nous proposent les deux auteurs. Je laisse le soin à chacun de découvrir cette histoire, innovante sur le plan graphique et scénaristique, et qui fait passer Tintin et Thorgal pour l'enfance de l'art en matière de BD.
Caravane
Il y avait longtemps que je voulais lire cette série qui en règle générale avait de bonnes critiques. Je suis tombé par hasard dessus à la médiathèque et je n'ai pas hésité à l'emprunter. Je vous assure que je ne regrette pas mon choix, bien au contraire. J'ai passé un moment agréable qui malheureusement ne se reproduira pas, car a priori cette série est bel et bien terminée et là je dis "quel dommage". L'histoire est très originale : on se retrouve à suivre les péripéties d'une caravane peuplée de "monstres", des erreurs de la nature, tous aussi différents et sympathiques les uns des autres et qui recueillent une petite fille nommée Mila qui vient de perdre son père. Ce geste humain si l'on peut dire va leur attirer un grand nombre d'ennuis. L'univers créé par Olivier Milhiet, dont je n'avais jamais rien lu (et oui je n'ai pas lu Spoogue mais rassurez-vous je vais vite y remédier) est tout à fait remarquable et tellement vaste qu'il est navrant de s'arrêter là (oui je sais je me répète). Tous les "monstres" sont attachants et superbement dessinés. L'auteur a été énormément inspiré pour créer cet univers peuplé d'êtres bizarres qui errent sur les routes avec des règles bien précises ce qui leur permet de survivre dans ces contrées hostiles qui m'ont rappelé certains films comme les Mad Max par exemple. Le dessin est très agréable mais je comprends qu'il peut en déranger certains car c'est un style assez particulier, il faut l'avouer. J'irai droit au but, lisez Caravane car c'est tout simplement génial et original. Alors bonne lecture.
Sang noir - La catastrophe de Courrières
1099 morts, dont 242 enfants. Des familles entières décimées. Dans le genre catastrophe humaine, on a rarement vu plus terrible. Jean-Luc Loyer nous raconte cette tragédie, mais aussi tout ce qui l’entoure : la situation politique et économique de l’époque, et les conséquences de ce drame pour toute une région, voire tout un pays : grèves, revendications, manifestations violentes, et une prise de conscience collective des conditions de travail dans les mines. L’auteur s’est beaucoup documenté, et parle de la réaction des journalistes de l’époque (dont un certain Jean Jaurès) ainsi que le l’attitude du reste de la population, qui éprouve bien peu de sympathie pour les mineurs (c’est vrai quoi, on a besoin de charbon pour vivre, ils font chier les mineurs). L’accident même et la galère des survivants essayant de s’échapper de cet enfer sont bien entendu aussi racontés de façon très détaillés, car basés sur des témoignages réels. La gestion de la crise et l’organisation des secours par la compagnie minière sont aussi montrées du doigt. Une lecture édifiante, surtout si on considère que des enfants descendent toujours dans des mines, ailleurs dans le monde, pour enrichir les autres et faire tourner la machine industrielle.