Cette création de 1997 m'a tout de suite emballé, car je suis très attiré par cette époque du Haut-Moyen Age encore mal connue, pleine d'obscurantisme, à un moment où la religion chrétienne commence à grandir dans cet empire Franc.
Malheureusement, cette série fut avortée pour cause d'insuccès et ne compte que 2 albums. Le thème choisi était pourtant riche et fut très peu exploité en BD. Le scénariste Cothias qui, à l'époque, était sur plusieurs autres séries de l'éditeur Glénat, a dû sûrement être débordé et n'a pas eu le temps de rectifier le tir...
Véritable épopée de sang, de barbarie et de passions, la série se déroule sous la royauté de Clothaire, fils de Clovis, et conte d'abord la rivalité des fils de Clothaire puis celle des 2 reines Brunehaut et Frédégonde. Cette succession d'affrontements, de complots, de scènes orgiaques et de débauches effrénées sont donc écrites par Patrick Cothias qui s'est bien documenté sur le sujet, et bien mises en images par Bernard Dufossé, qui change totalement de registre ici, après de nombreuses Bd enfantines et la bande de SF Tärhn, prince des étoiles ; son dessin se fait plus nerveux et plus fouillé, notamment dans les éléments de décor très fidèles au style mérovingien.
Une vraie réussite qui laisse beaucoup de regrets par son potentiel entrevu à la fin du second album, mais hélas inachevé. Je la recommande cependant.
Une belle surprise Mjöllnir, car acheté en festival après avoir rencontré le scénariste Olivier Péru, une personne très sympathique au demeurant.
Une histoire de nain qui s'appelle Thor et qui va posséder le marteau magique Mjöllnir, on est loin du super héros en slip de chez Marvel ! Non pas que je ne n’apprécie pas Thor de chez Marvel, mais vois une adaptation de ces légendes nordique dans un monde plus "crédible" ou du moins plus réaliste, c'est agréable surtout quand c'est bien traité.
L'histoire est donc bien fichu, bien amenée, la narration est agréable. Alors certes quand on a déjà lu ou entendu des histoires sur Thor, la fin du 1er tome n'est pas si surprenante, mais sur le moment, ca le fait et on peut que se dire : vivement le 2e tome (qui sera le dernier selon Olivier Péru)
Graphiquement, même si j'ai un peu de mal avec ces couleurs trop informatisée (quoique j'ai déjà vu bien pire) le trait est très agréable, du bon boulot dans l'ensemble !
"Krrpk" est une excellente BD, sortie l'année dernière mais qui fut, semble-t-il, un peu passé inaperçue. C'est réellement dommage puisqu'elle possède un traitement graphique qui, si il ne plaira pas à tous le monde est indéniablement soigné et un scénario aussi captivant que drôle.
Le dessin de Bill est vraiment surprenant (même si je connaissais quelques planches de Bao Battle), dans une veine très kawaï, ce dessin tout mignon, avec des couleurs qui attirent l’œil, sans encrage, tranche (de manière similaire à la fausse naïveté de l'histoire) avec le grand cynisme qui se dégage de la BD.
Car oui, malgré ce que l'on peut penser en l'ouvrant, "Krrp" est certes drôles, mais aussi cynique, critiquant de manière plutôt habile (à part quelques gags légèrement lourd) les travers de notre société en adaptant ça de façon très intelligente sauce extraterrestre.
Une petite perle d'humour un poil noire, qui se lit d'une traite.
(rien que la fausse note du traducteur en début d'album donne le ton et est particulièrement drôle).
Batchalo, malgré sa jolie couverture et le coup de coeur de mon libraire au moment de sa sortie, ne m'avait pas tentée. Il faut dire que j'ai un peu de mal à me lancer spontanément dans la BD historique. C'est à l'occasion d'un festival BD (Cibeins 2013 pour ne pas le citer) et d'une séance de dédicaces que je me suis décidée, il faut dire que le dessin d'Arnaud Bétend est tout simplement magnifique et une dédicace d'un artiste de ce talent sur un one shot, ça ne se refuse pas. A cette occasion j'ai notamment appris que toutes les planches ont été dessinées et colorisées entièrement "à la main", la seule touche informatique ayant été de mettre un filtre sépia sur des planches originales en noir et blanc.
Batchalo, c'est surtout une histoire édifiante dans un contexte bien mal connu : celui de la déportation et de l'extermination des roms dans les camps de concentration nazis pendant la seconde guerre mondiale.
Savant mélange de fiction et d'histoire avec un grand H, Batchalo nous emmène sur la route, en compagnie de gens du voyage (comme on les appelle maintenant) et d'un "gadjo", à la recherche d'enfants disparus, enlevés par les soldats allemands pour servir la recherche médicale du tristement célèbre Dr Mengele.
La beauté du dessin contraste avec les horreurs vécues par les personnages de l'histoire. Il n'est sans doute pas facile de mettre en image cette triste page de l'histoire européenne. Mais Batchalo ce n'est pas que ça, c'est aussi une formidable plongée dans les traditions roms, la force des liens qui unissent les membres d'une même famille mais aussi ceux du même clan et même des clans entre eux.
Une bien belle BD à découvrir sans hésiter, pour le plaisir des yeux mais aussi pour tout ce qu'elle peut nous apprendre sur cet épisode assez méconnu. Un livret en fin d'ouvrage nous en dit d'ailleurs un peu plus sur tous les points historiques du récit.
Décidément, Florent Maudoux est un auteur de talent, que ce soit au scénario ou au dessin.
Fan de la série mère Freaks' Squeele depuis ses débuts, je n'avais pas été tentée par le premier spin-off (dont il n'était que scénariste) mais Funérailles étant un de mes personnages préférés et Florent ayant cette fois aussi pris en charge le dessin, j'ai moins hésité (les trois avis précédemment postés ayant été décisifs).
Ce premier tome nous conte les jeunes années du légendaire Prétorius, mal né dans un monde aux fondements et traditions admirablement bien pensés et mis en histoire.
Ce savant mélange d'archaïsmes et de modernité, de points communs et de divergences avec notre propre monde donne un album d'une grande richesse (le nombre de pages, bien loin des standards commerciaux, n'y est pas étranger je pense, Ankama laisse de l'espace à ses auteurs et a bien raison de le faire). Je ne m'attendais pas à découvrir un monde aussi intrigant dans un spin off, je me demande si l'auteur avait déjà imaginé tout ça lorsqu'il a créé son personnage pour la série principale.
Graphiquement c'est du Florent Maudoux dans toute sa splendeur (et tout en couleurs) : un style reconnaissable entre tous, une signature à lui tout seul. Je regrette peut-être juste que trop de personnages féminins aient un air de famille avec son héroïne Xiong Mao.
Que dire de plus ? Rien si ce n'est "A quand la suite ??" !
Il restait donc une série culte de ma jeunesse que j'avais oublié de noter !
Combien d'heures de poilade ai-je pu passer sur les planches de Margerin en général et sur les histoires de Lucien en particulier ?
Lucien le looser sympathique, fan de Harley et de rockabilly mais tellement Français moyen.
Lucien le roi des plans foireux et ses potes aussi fumistes que lui : Ricky le rockeur de bal musette, Gillou, le roi du tuning, Riton, le bellâtre frimeur le plus célèbre de Malakoff, Nanard le cousin hippie parti élever des chèvres dans le Larzac...
Margerin est d'autant plus drôle, dans les trois premiers albums, qu'il s'en tient au format de la nouvelle, croquée en quelques pages, sans souci d'organiser une véritable série et de faire progresser ses personnages.
Chaque histoire est une saynète, à la façon de pastilles télévisuelles telles que Kaamelott ou Bref, qui se commence en général par l'idée fumante d'un des membres de la bande (un cachet pour un concert au fin fond de la Bretagne, une petite annonce pour une "belle américaine" vendue une bouchée de pain dans le journal, un grand appart à louer...) et se termine immanquablement en foirade magistrale. L'esprit d'Iznogoud n'est pas loin, si l'ambiance est ici plus Gauloises-Kronenbourg.
Margerin farcit chacune de ses cases de gags visuels et verbaux éparpillés sur plusieurs plans, qui font tout le sel de ses albums et que j'échange encore, régulièrement, avec d'autres afficionados, comme on se récite la scène de la cuisine des Tontons flingueurs.
Dans un rassemblement de motards, un vendeur ambulant de frites douteuses répond à un client mécontent "naze, mon huile ? De la Motul de première qualité !"
Dans un train pour le Castellet (le Castellet dans les Pyrénées comme on le découvrira à la dernière case), un type raide comme un parapluie, vêtu comme un croque-mort et au menton orné d'une sévère barbe en collier lit un livre. Le titre est visible : "Bouquin chiant".
C'est idiot, c'est potache, mais c'est tout Margerin et j'adore y retrouver mes fous rires d'ados, lorsqu'on lisait à deux ou trois une même planche en s'esclaffant à l'unisson.
A partir de Lulu s'maque, la série s'assagit, prend de la longueur, s'empâte et s'embourgeoise comme le personnage principal. Mais elle garde son charme et ses savoureux détails d'arrière-plan.
Margerin a souvent été critiqué comme un auteur de seconde zone, un gribouilleur de petits mickeys rigolos en ligne claire à la papa. Digne héritier de Goscinny ou Gotlib, il a au contraire créé une sorte de genre.
Et ne compte plus ses fans. J'en suis.
J'ai bien aimé la fraîcheur et l'authenticité apportées par ces quatre gamins dans cette aventure très bien pensé. Que se passerait-il si on avait oublié quatre orphelins derrière les lignes ennemis durant la Première Guerre Mondiale ? Il s'agit de survivre au froid, à la faim et à la mort das un paysage de désolation marquée par la guerre et les obus qui tombent. Cela ne sera pas de tout repos avec un cinquième membre qui va s'ajouter à notre bande de joyeux lurons. C'est la touche féminine et fragile qu'on cherche à protéger.
Certains dialogues feront mouche. C'est drôle par moment malgré une consonance dramatique. On est déjà attaché aux personnages qui sont bien composés. Reste à suivre leur histoire qui ne fait que débuter. Ce premier tome est franchement réussi. Elle mérite d'être lue.
En 1997, J.Y. Mitton quitte Vae Victis et se lance seul dans cette aventure avec toujours un souci du détail remarquablement mis en valeur par son dessin clair et précis, où le décor a autant d'importance que les personnages. A plus forte raison ici où il choisit un sujet riche et complexe avec cette fresque épique, située peu après l'arrivée des Espagnols dans l'empire Aztèque.
Une fresque d'amour et de sang, de fureur et de sexe, à travers le destin tragique d'une jeune aztèque, Maïana, où l'on croise Montezuma et Cortez. C'est elle qui conte à des moines horrifiés son histoire, depuis sa capture dans son village jusqu'à la destruction de Mexico. Comme dans ses autres créations, Mitton donne le premier rôle à une femme, et comme toujours chez lui, il y a beaucoup d'érotisme, qui se traduit ici par des images parfois un peu hard. Trop selon certains ? pas tout à fait vrai, quand on connaît les moeurs aztèques ; j'ai beaucoup lu sur cette civilisation, et leur goût en matière de sexe n'est pas trop loin de ce que montre Mitton même s'il en a rajouté beaucoup certes.
J'adore discuter avec Mitton, à chaque dédicace, il se lâche et vous livre des tas de secrets de fabrication, c'est un épicurien, et quand on le connaît bien, on comprend pourquoi il met du sexe dans ses BD. Bon en dehors de ça, on suit en filigrane le génocide de tout un peuple et l'anéantissement d'une brillante civilisation, c'est la honte de l'Espagne comme le génocide indien est aussi la honte de l'Amérique. Les sacrifices humains et cette "orgie" de sang ? croyez-moi, rien n'est exagéré, Mitton n'a rien inventé ici ; ce qui est étrange, c'est que les conquistadores s'en soient horrifiés, alors qu'avec les tortures de l'Inquisition, ils n'avaient rien à envier aux Aztèques.
Mitton va donc plus loin que Torton dans ses conquérants du mexique, en montrant des scènes violentes qui s'appuient sur la réalité historique. On pense beaucoup au roman "Azteca" de Gary Jennings, dont Mitton m'a avoué s'être inspiré ; il a notamment apporté un grand soin dans le vocabulaire nahuatl, langage parlé par les peuples amérindiens, de même que les coutumes sont bien décrites.
Cette belle fresque qui brille aussi par ses couleurs, explore une période peu abordée aussi crûment en BD pour ses excès sanglants, elle figure parmi les plus fortes des sagas Vécu de l'éditeur Glénat, et en apprendra beaucoup sur ce peuple. Je la recommande.
Fabien Nury est en train de s'imposer comme un des tous grands scénaristes de sa génération. J'avais apprécié sa série Je suis légion, virtuose mais un peu complexe et cérébrale. Son chef d'oeuvre à ce jour, Il était une fois en France, oeuvre adulte, puissante et sombre, est un de mes grands coups de cœur de ces dernières années en BD.
Toujours passionné par les grands conflits militaires du XXe siècle, il signe ici un diptyque plus récréatif, sur les traces d'une sorte de James Bond de la Grande Guerre, amateur de costumes en alpaga et d'hôtels de prestige, envoyé par trois employeurs différents aux trousses du mystérieux espion Aquila.
Signe de sa grande maîtrise scénaristique, Nury parvient, sans perdre son lecteur, à multiplier les ellipses pour ne laisser place qu'à l'action : attentat et bagarre au revolver aux galeries Lafayette, poursuite sur les toits ou dans les égouts, corps-à-corps au Lutétia... Les monuments Art nouveau du Paris de la Belle époque offrent un décor grandiose à cette histoire d'espionnage à tiroirs.
La guerre, pourtant, n'est jamais loin. Et l'horreur de la tuerie en cours affleure à chaque page, derrière la frivolité où s'étourdit la capitale. Le front couvert de cadavres servira d'ailleurs de décor à la scène finale de l'histoire, comme pour ramener in extremis le lecteur sur le lieu où se déroule la seule véritable tragédie du récit.
Solidement documenté, Fabien Nury, tout en déployant son roman rocambolesque avec une diabolique maestria, nous fait découvrir les complots et coups bas qui permirent réellement à un Clemenceau plus retors que ne le décrivent les livres d'histoire de prendre le pouvoir, en novembre 1917, en éliminant son adversaire de toujours, Joseph Caillaux.
Pour autant, il ne faut pas chercher une trop grande profondeur chez les différents protagonistes de cette histoire qui est avant tout un grand feuilleton d'aventure. Même si Nury s'attache à ce qu'aucun personnage ne soit totalement binaire, nous ne sommes pas ici dans une oeuvre d'analyse psychologique.
Le dessin nerveux et énergique de Pierre Alary sert parfaitement le scénario. Avec quelques morceaux de bravoure, comme la grande scène des galeries Lafayette. On pourrait reprocher tout au plus au dessinateur de partager le maniérisme un peu outrancier si fréquent dans la BD actuelle.
Ces détails n'enlèvent rien à mon appréciation globale : Silas Corey est un excellent divertissement, qui se lit d'une traite et se referme avec plaisir. De la grande et bonne BD d'aventure comme on aimerait en lire plus souvent.
Voici une série historique de haut niveau et passionnante, datée de 1986, qui ne fut pas poussée au-delà de 3 épisodes. Probablement en raison de l'emploi du temps chargé de ses auteurs. En effet, c'est l'une des bandes qui marquent les débuts de Jean Dufaux à l'époque où il scénarisait dans le journal Tintin, notamment Brelan de Dames pour Renaud, et Renaudin pour Di Sano. Quant à Edouard Aidans, déjà "vétéran" du journal avec ses séries Les Franval, "Bob Binn", Tounga ou Les Panthères, il illustre d'un trait soigné, visiblement avec plaisir les péripéties imaginées par Dufaux dans le Quattrocento à Florence, période riche et peu abordée en BD, où abondent les crimes atroces, les complots sordides, la violence brute et les personnages les plus vils. Peut-être est-ce pour cette raison que la bande n'a pas été publiée dans Tintin, journal pour la jeunesse rappelons-le. Sans compter les scènes érotiques qui s'intègrent bien dans le récit. Mais ce XVIème siècle en Italie est aussi le creuset de la magnificence dans les arts, et aussi des moeurs légères et chatoyantes chez la noblesse ou les riches marchands florentins.
Tout ceci est fort bien rendu dans cette série bien documentée, aux riches décors et costumes, et aux personnages consistants; en tête, Fabrizio Amadeï, noble florentin qui prend à son service Andréa, jeune peintre et héros de l'histoire, qui va se trouver partagé entre les deux familles rivales de Florence, les Medicis et les Pazzi. Andréa devient ensuite le protégé de Laurent de Médicis, et ne pourra empêcher l'assassinat du frère, Julien de Médicis. En fait, Andréa est plutôt un héros passif, un témoin qui assiste à ce duel familial et politique.
Les femmes ont aussi le beau rôle dans cette histoire, notamment La Farentina, amante d'Andréa, et Giuletta, la soeur peu farouche de Fabrizio.
Bref, une belle série mais avortée, au potentiel captivant, agréable à lire, plaisante à l'oeil, qui laisse 3 albums et quelques regrets aux amateurs d'Histoire.
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Les Sanguinaires
Cette création de 1997 m'a tout de suite emballé, car je suis très attiré par cette époque du Haut-Moyen Age encore mal connue, pleine d'obscurantisme, à un moment où la religion chrétienne commence à grandir dans cet empire Franc. Malheureusement, cette série fut avortée pour cause d'insuccès et ne compte que 2 albums. Le thème choisi était pourtant riche et fut très peu exploité en BD. Le scénariste Cothias qui, à l'époque, était sur plusieurs autres séries de l'éditeur Glénat, a dû sûrement être débordé et n'a pas eu le temps de rectifier le tir... Véritable épopée de sang, de barbarie et de passions, la série se déroule sous la royauté de Clothaire, fils de Clovis, et conte d'abord la rivalité des fils de Clothaire puis celle des 2 reines Brunehaut et Frédégonde. Cette succession d'affrontements, de complots, de scènes orgiaques et de débauches effrénées sont donc écrites par Patrick Cothias qui s'est bien documenté sur le sujet, et bien mises en images par Bernard Dufossé, qui change totalement de registre ici, après de nombreuses Bd enfantines et la bande de SF Tärhn, prince des étoiles ; son dessin se fait plus nerveux et plus fouillé, notamment dans les éléments de décor très fidèles au style mérovingien. Une vraie réussite qui laisse beaucoup de regrets par son potentiel entrevu à la fin du second album, mais hélas inachevé. Je la recommande cependant.
Mjöllnir
Une belle surprise Mjöllnir, car acheté en festival après avoir rencontré le scénariste Olivier Péru, une personne très sympathique au demeurant. Une histoire de nain qui s'appelle Thor et qui va posséder le marteau magique Mjöllnir, on est loin du super héros en slip de chez Marvel ! Non pas que je ne n’apprécie pas Thor de chez Marvel, mais vois une adaptation de ces légendes nordique dans un monde plus "crédible" ou du moins plus réaliste, c'est agréable surtout quand c'est bien traité. L'histoire est donc bien fichu, bien amenée, la narration est agréable. Alors certes quand on a déjà lu ou entendu des histoires sur Thor, la fin du 1er tome n'est pas si surprenante, mais sur le moment, ca le fait et on peut que se dire : vivement le 2e tome (qui sera le dernier selon Olivier Péru) Graphiquement, même si j'ai un peu de mal avec ces couleurs trop informatisée (quoique j'ai déjà vu bien pire) le trait est très agréable, du bon boulot dans l'ensemble !
Krrpk
"Krrpk" est une excellente BD, sortie l'année dernière mais qui fut, semble-t-il, un peu passé inaperçue. C'est réellement dommage puisqu'elle possède un traitement graphique qui, si il ne plaira pas à tous le monde est indéniablement soigné et un scénario aussi captivant que drôle. Le dessin de Bill est vraiment surprenant (même si je connaissais quelques planches de Bao Battle), dans une veine très kawaï, ce dessin tout mignon, avec des couleurs qui attirent l’œil, sans encrage, tranche (de manière similaire à la fausse naïveté de l'histoire) avec le grand cynisme qui se dégage de la BD. Car oui, malgré ce que l'on peut penser en l'ouvrant, "Krrp" est certes drôles, mais aussi cynique, critiquant de manière plutôt habile (à part quelques gags légèrement lourd) les travers de notre société en adaptant ça de façon très intelligente sauce extraterrestre. Une petite perle d'humour un poil noire, qui se lit d'une traite. (rien que la fausse note du traducteur en début d'album donne le ton et est particulièrement drôle).
Batchalo
Batchalo, malgré sa jolie couverture et le coup de coeur de mon libraire au moment de sa sortie, ne m'avait pas tentée. Il faut dire que j'ai un peu de mal à me lancer spontanément dans la BD historique. C'est à l'occasion d'un festival BD (Cibeins 2013 pour ne pas le citer) et d'une séance de dédicaces que je me suis décidée, il faut dire que le dessin d'Arnaud Bétend est tout simplement magnifique et une dédicace d'un artiste de ce talent sur un one shot, ça ne se refuse pas. A cette occasion j'ai notamment appris que toutes les planches ont été dessinées et colorisées entièrement "à la main", la seule touche informatique ayant été de mettre un filtre sépia sur des planches originales en noir et blanc. Batchalo, c'est surtout une histoire édifiante dans un contexte bien mal connu : celui de la déportation et de l'extermination des roms dans les camps de concentration nazis pendant la seconde guerre mondiale. Savant mélange de fiction et d'histoire avec un grand H, Batchalo nous emmène sur la route, en compagnie de gens du voyage (comme on les appelle maintenant) et d'un "gadjo", à la recherche d'enfants disparus, enlevés par les soldats allemands pour servir la recherche médicale du tristement célèbre Dr Mengele. La beauté du dessin contraste avec les horreurs vécues par les personnages de l'histoire. Il n'est sans doute pas facile de mettre en image cette triste page de l'histoire européenne. Mais Batchalo ce n'est pas que ça, c'est aussi une formidable plongée dans les traditions roms, la force des liens qui unissent les membres d'une même famille mais aussi ceux du même clan et même des clans entre eux. Une bien belle BD à découvrir sans hésiter, pour le plaisir des yeux mais aussi pour tout ce qu'elle peut nous apprendre sur cet épisode assez méconnu. Un livret en fin d'ouvrage nous en dit d'ailleurs un peu plus sur tous les points historiques du récit.
Freaks' Squeele - Funérailles
Décidément, Florent Maudoux est un auteur de talent, que ce soit au scénario ou au dessin. Fan de la série mère Freaks' Squeele depuis ses débuts, je n'avais pas été tentée par le premier spin-off (dont il n'était que scénariste) mais Funérailles étant un de mes personnages préférés et Florent ayant cette fois aussi pris en charge le dessin, j'ai moins hésité (les trois avis précédemment postés ayant été décisifs). Ce premier tome nous conte les jeunes années du légendaire Prétorius, mal né dans un monde aux fondements et traditions admirablement bien pensés et mis en histoire. Ce savant mélange d'archaïsmes et de modernité, de points communs et de divergences avec notre propre monde donne un album d'une grande richesse (le nombre de pages, bien loin des standards commerciaux, n'y est pas étranger je pense, Ankama laisse de l'espace à ses auteurs et a bien raison de le faire). Je ne m'attendais pas à découvrir un monde aussi intrigant dans un spin off, je me demande si l'auteur avait déjà imaginé tout ça lorsqu'il a créé son personnage pour la série principale. Graphiquement c'est du Florent Maudoux dans toute sa splendeur (et tout en couleurs) : un style reconnaissable entre tous, une signature à lui tout seul. Je regrette peut-être juste que trop de personnages féminins aient un air de famille avec son héroïne Xiong Mao. Que dire de plus ? Rien si ce n'est "A quand la suite ??" !
Lucien
Il restait donc une série culte de ma jeunesse que j'avais oublié de noter ! Combien d'heures de poilade ai-je pu passer sur les planches de Margerin en général et sur les histoires de Lucien en particulier ? Lucien le looser sympathique, fan de Harley et de rockabilly mais tellement Français moyen. Lucien le roi des plans foireux et ses potes aussi fumistes que lui : Ricky le rockeur de bal musette, Gillou, le roi du tuning, Riton, le bellâtre frimeur le plus célèbre de Malakoff, Nanard le cousin hippie parti élever des chèvres dans le Larzac... Margerin est d'autant plus drôle, dans les trois premiers albums, qu'il s'en tient au format de la nouvelle, croquée en quelques pages, sans souci d'organiser une véritable série et de faire progresser ses personnages. Chaque histoire est une saynète, à la façon de pastilles télévisuelles telles que Kaamelott ou Bref, qui se commence en général par l'idée fumante d'un des membres de la bande (un cachet pour un concert au fin fond de la Bretagne, une petite annonce pour une "belle américaine" vendue une bouchée de pain dans le journal, un grand appart à louer...) et se termine immanquablement en foirade magistrale. L'esprit d'Iznogoud n'est pas loin, si l'ambiance est ici plus Gauloises-Kronenbourg. Margerin farcit chacune de ses cases de gags visuels et verbaux éparpillés sur plusieurs plans, qui font tout le sel de ses albums et que j'échange encore, régulièrement, avec d'autres afficionados, comme on se récite la scène de la cuisine des Tontons flingueurs. Dans un rassemblement de motards, un vendeur ambulant de frites douteuses répond à un client mécontent "naze, mon huile ? De la Motul de première qualité !" Dans un train pour le Castellet (le Castellet dans les Pyrénées comme on le découvrira à la dernière case), un type raide comme un parapluie, vêtu comme un croque-mort et au menton orné d'une sévère barbe en collier lit un livre. Le titre est visible : "Bouquin chiant". C'est idiot, c'est potache, mais c'est tout Margerin et j'adore y retrouver mes fous rires d'ados, lorsqu'on lisait à deux ou trois une même planche en s'esclaffant à l'unisson. A partir de Lulu s'maque, la série s'assagit, prend de la longueur, s'empâte et s'embourgeoise comme le personnage principal. Mais elle garde son charme et ses savoureux détails d'arrière-plan. Margerin a souvent été critiqué comme un auteur de seconde zone, un gribouilleur de petits mickeys rigolos en ligne claire à la papa. Digne héritier de Goscinny ou Gotlib, il a au contraire créé une sorte de genre. Et ne compte plus ses fans. J'en suis.
La Guerre des Lulus
J'ai bien aimé la fraîcheur et l'authenticité apportées par ces quatre gamins dans cette aventure très bien pensé. Que se passerait-il si on avait oublié quatre orphelins derrière les lignes ennemis durant la Première Guerre Mondiale ? Il s'agit de survivre au froid, à la faim et à la mort das un paysage de désolation marquée par la guerre et les obus qui tombent. Cela ne sera pas de tout repos avec un cinquième membre qui va s'ajouter à notre bande de joyeux lurons. C'est la touche féminine et fragile qu'on cherche à protéger. Certains dialogues feront mouche. C'est drôle par moment malgré une consonance dramatique. On est déjà attaché aux personnages qui sont bien composés. Reste à suivre leur histoire qui ne fait que débuter. Ce premier tome est franchement réussi. Elle mérite d'être lue.
Quetzalcoatl
En 1997, J.Y. Mitton quitte Vae Victis et se lance seul dans cette aventure avec toujours un souci du détail remarquablement mis en valeur par son dessin clair et précis, où le décor a autant d'importance que les personnages. A plus forte raison ici où il choisit un sujet riche et complexe avec cette fresque épique, située peu après l'arrivée des Espagnols dans l'empire Aztèque. Une fresque d'amour et de sang, de fureur et de sexe, à travers le destin tragique d'une jeune aztèque, Maïana, où l'on croise Montezuma et Cortez. C'est elle qui conte à des moines horrifiés son histoire, depuis sa capture dans son village jusqu'à la destruction de Mexico. Comme dans ses autres créations, Mitton donne le premier rôle à une femme, et comme toujours chez lui, il y a beaucoup d'érotisme, qui se traduit ici par des images parfois un peu hard. Trop selon certains ? pas tout à fait vrai, quand on connaît les moeurs aztèques ; j'ai beaucoup lu sur cette civilisation, et leur goût en matière de sexe n'est pas trop loin de ce que montre Mitton même s'il en a rajouté beaucoup certes. J'adore discuter avec Mitton, à chaque dédicace, il se lâche et vous livre des tas de secrets de fabrication, c'est un épicurien, et quand on le connaît bien, on comprend pourquoi il met du sexe dans ses BD. Bon en dehors de ça, on suit en filigrane le génocide de tout un peuple et l'anéantissement d'une brillante civilisation, c'est la honte de l'Espagne comme le génocide indien est aussi la honte de l'Amérique. Les sacrifices humains et cette "orgie" de sang ? croyez-moi, rien n'est exagéré, Mitton n'a rien inventé ici ; ce qui est étrange, c'est que les conquistadores s'en soient horrifiés, alors qu'avec les tortures de l'Inquisition, ils n'avaient rien à envier aux Aztèques. Mitton va donc plus loin que Torton dans ses conquérants du mexique, en montrant des scènes violentes qui s'appuient sur la réalité historique. On pense beaucoup au roman "Azteca" de Gary Jennings, dont Mitton m'a avoué s'être inspiré ; il a notamment apporté un grand soin dans le vocabulaire nahuatl, langage parlé par les peuples amérindiens, de même que les coutumes sont bien décrites. Cette belle fresque qui brille aussi par ses couleurs, explore une période peu abordée aussi crûment en BD pour ses excès sanglants, elle figure parmi les plus fortes des sagas Vécu de l'éditeur Glénat, et en apprendra beaucoup sur ce peuple. Je la recommande.
Silas Corey
Fabien Nury est en train de s'imposer comme un des tous grands scénaristes de sa génération. J'avais apprécié sa série Je suis légion, virtuose mais un peu complexe et cérébrale. Son chef d'oeuvre à ce jour, Il était une fois en France, oeuvre adulte, puissante et sombre, est un de mes grands coups de cœur de ces dernières années en BD. Toujours passionné par les grands conflits militaires du XXe siècle, il signe ici un diptyque plus récréatif, sur les traces d'une sorte de James Bond de la Grande Guerre, amateur de costumes en alpaga et d'hôtels de prestige, envoyé par trois employeurs différents aux trousses du mystérieux espion Aquila. Signe de sa grande maîtrise scénaristique, Nury parvient, sans perdre son lecteur, à multiplier les ellipses pour ne laisser place qu'à l'action : attentat et bagarre au revolver aux galeries Lafayette, poursuite sur les toits ou dans les égouts, corps-à-corps au Lutétia... Les monuments Art nouveau du Paris de la Belle époque offrent un décor grandiose à cette histoire d'espionnage à tiroirs. La guerre, pourtant, n'est jamais loin. Et l'horreur de la tuerie en cours affleure à chaque page, derrière la frivolité où s'étourdit la capitale. Le front couvert de cadavres servira d'ailleurs de décor à la scène finale de l'histoire, comme pour ramener in extremis le lecteur sur le lieu où se déroule la seule véritable tragédie du récit. Solidement documenté, Fabien Nury, tout en déployant son roman rocambolesque avec une diabolique maestria, nous fait découvrir les complots et coups bas qui permirent réellement à un Clemenceau plus retors que ne le décrivent les livres d'histoire de prendre le pouvoir, en novembre 1917, en éliminant son adversaire de toujours, Joseph Caillaux. Pour autant, il ne faut pas chercher une trop grande profondeur chez les différents protagonistes de cette histoire qui est avant tout un grand feuilleton d'aventure. Même si Nury s'attache à ce qu'aucun personnage ne soit totalement binaire, nous ne sommes pas ici dans une oeuvre d'analyse psychologique. Le dessin nerveux et énergique de Pierre Alary sert parfaitement le scénario. Avec quelques morceaux de bravoure, comme la grande scène des galeries Lafayette. On pourrait reprocher tout au plus au dessinateur de partager le maniérisme un peu outrancier si fréquent dans la BD actuelle. Ces détails n'enlèvent rien à mon appréciation globale : Silas Corey est un excellent divertissement, qui se lit d'une traite et se referme avec plaisir. De la grande et bonne BD d'aventure comme on aimerait en lire plus souvent.
La Toile et la Dague
Voici une série historique de haut niveau et passionnante, datée de 1986, qui ne fut pas poussée au-delà de 3 épisodes. Probablement en raison de l'emploi du temps chargé de ses auteurs. En effet, c'est l'une des bandes qui marquent les débuts de Jean Dufaux à l'époque où il scénarisait dans le journal Tintin, notamment Brelan de Dames pour Renaud, et Renaudin pour Di Sano. Quant à Edouard Aidans, déjà "vétéran" du journal avec ses séries Les Franval, "Bob Binn", Tounga ou Les Panthères, il illustre d'un trait soigné, visiblement avec plaisir les péripéties imaginées par Dufaux dans le Quattrocento à Florence, période riche et peu abordée en BD, où abondent les crimes atroces, les complots sordides, la violence brute et les personnages les plus vils. Peut-être est-ce pour cette raison que la bande n'a pas été publiée dans Tintin, journal pour la jeunesse rappelons-le. Sans compter les scènes érotiques qui s'intègrent bien dans le récit. Mais ce XVIème siècle en Italie est aussi le creuset de la magnificence dans les arts, et aussi des moeurs légères et chatoyantes chez la noblesse ou les riches marchands florentins. Tout ceci est fort bien rendu dans cette série bien documentée, aux riches décors et costumes, et aux personnages consistants; en tête, Fabrizio Amadeï, noble florentin qui prend à son service Andréa, jeune peintre et héros de l'histoire, qui va se trouver partagé entre les deux familles rivales de Florence, les Medicis et les Pazzi. Andréa devient ensuite le protégé de Laurent de Médicis, et ne pourra empêcher l'assassinat du frère, Julien de Médicis. En fait, Andréa est plutôt un héros passif, un témoin qui assiste à ce duel familial et politique. Les femmes ont aussi le beau rôle dans cette histoire, notamment La Farentina, amante d'Andréa, et Giuletta, la soeur peu farouche de Fabrizio. Bref, une belle série mais avortée, au potentiel captivant, agréable à lire, plaisante à l'oeil, qui laisse 3 albums et quelques regrets aux amateurs d'Histoire.