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Couverture de la série Taras Boulba
Taras Boulba

Voici une vraie adaptation du roman de Gogol, assez fidèle au livre si mes souvenirs sont bons. Il y eut une belle adaptation hollywoodienne en 1962, avec Yul Brynner dans le rôle du truculent cosaque, qui m'a aussi beaucoup marqué étant jeune, aussi pour moi, Tarass Boulba a adopté définitivement le physique de Yul, et le voir ici en BD représenté sous cette figure ventrue, à grosses moustaches, m'a un peu surpris. Passé ce détail, j'ai pris de l'intérêt à cette épopée qui restitue une vraie atmosphère à la Russe et le côté farouche et fier des cosaques. Les auteurs décrivent un pays sauvage et une rudesse de moeurs à travers ce symbole d'un modèle historique incarné par Tarass Boulba ; il représente l'ancienne vie cosaque se greffant brusquement sur la civilisation russe. Le dessin me satisfait à moitié, il est un peu chargé, mais il offre quelques belles images alternant avec des séquences de massacres et de violences un peu crues. La fin du tome 2 semble marquer la fin de l'aventure, mais il se peut qu'il y ait une suite ; en tout cas, ça reste un étonnant mélange de cruauté et de barbarie qui constitue une aventure ethnique intéressante.

30/12/2013 (modifier)
Couverture de la série Le Khan
Le Khan

Cette saga conte la vie de Temudjin avec son lot de cruautés, de sang, de batailles propres à cette époque farouche et barbare. Avec son érudition coutumière, Rocca livre de nouveau un récit bien documenté sur le peuple mongol au XIIIème siècle. J'ai lu plusieurs de ses interviewes, et je sais qu'il fait toujours de grandes recherches, il n'y a qu'à voir ce qu'il a fait sur les Celtes dans Vae Victis, sur les Zoulous dans Zoulouland et sur les Indiens dans Bas de cuir. Il est bien secondé dans cette tâche documentée par son dessinateur qui fait preuve d'une rare précision dans certains éléments de décors, les bijoux et les armes. Pourtant, le dessin n'est pas vraiment d'un style que j'affectionne au premier coup d'oeil, mais il n'est pas déplaisant, surtout qu'il s'améliore nettement au tome 4 ; le dessinateur réussit moins bien certains personnages que ses paysages ou ses vues d'ensemble comme les plans larges de camps mongols. Au final, cette saga est peut-être plus complète que Cinjis Qan qui traite du même sujet, en tout cas, c'est sûrement la plus méconnue des séries historiques de chez Soleil, quand cet éditeur privilégiait la qualité plutôt que le commercial comme c'est le cas aujourd'hui. A redécouvrir impérativement.

30/12/2013 (modifier)
Par dut
Note: 4/5
Couverture de la série Le Chien qui louche
Le Chien qui louche

Ha le nouveau Davodeau ! Apres le très réussi Les Ignorants, magnifique BD sur l'univers du vin, il était forcément attendu (par moi en particulier), et le voici qui signe la BD annuelle commandée par le musée du Louvre ! On se balade dans le Louvre à travers les yeux de Fabien, un gardien de musée, dont la belle famille va lui demander de voir pour faire rentrer une "croûte" d'un aïeul au Louvre. Voilà le pitch un peu loufoque. Mais là ou il est fort Davodeau, c'est d'arriver à raconter une histoire simple, mais d'y mettre le l'humour, des sentiments, mais aussi une touche de critique de la société (il ne peut pas s'en empêcher je crois). Je serais curieux de savoir dans quelle mesure il a été 100% libre de faire ce qu'il voulait, ou s'il a eu des demandes à suivre par le musée du Louvre, non pas que j'ai senti Davodeau brimé ou quoi que ce soit, mais juste par curiosité... Et le république du Louvre ? Pure invention ou est-ce véridique ? Graphiquement, pas de surprise, c'est du Davodeau, simple, mais très efficace. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette BD !

30/12/2013 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Hotel Particulier
Hotel Particulier

Sorel nous propose ici un voyage au sein d’un immeuble dont il brise les murs pour le transformer en un vaste continent des rêves et de l’imaginaire. C’est totalement sous le charme que l’on suit cette Ophélie rimbaldienne flottant dans les airs et traversant comme bon lui semble les parois et les plafonds, prenant un plaisir croissant à hanter les lieux et pénétrer à leur insu l’intimité des vivants. C’est ainsi que l’on survole les joies et les souffrances des protagonistes. Ici un couple désemparé dont l’enfant a mystérieusement disparu, là un amant au cœur brisé pourchassé par les huissiers, ou encore un étage plus haut, une sorcière pour qui les chats sont juste bons à faire des civets… Cette « promenade » donne également lieu à des rencontres aussi incongrues que surprenantes entre personnages de contes et de fiction, grâce à l’un des habitants, hédoniste solitaire amateur de bonne chère et de littérature, capable d’insuffler la vie aux personnages de son imposante bibliothèque. Il est plutôt amusant en effet de voir Miss Marple en compagnie notamment de Lolita et du baron de Münchhausen. L’ouvrage abonde également de références littéraires, à commencer par « Alice au pays des merveilles » qui lui permet de jouer de façon très poétique avec les miroirs… L’histoire est sublimée par le magnifique trait au lavis de Sorel, qui d’après moi fait partie des dessinateurs les plus talentueux dans le monde du neuvième art, aussi doué dans l’utilisation de cette technique que dans l’aquarelle (« Les Derniers Jours de Stefan Zweig »). Impossible de rester de glace en contemplant ces vues splendides des toits de Paris. Je me suis laissé très vite charmer par ce fantastique du quotidien, intemporel, bien plus troublant que tout ce qu’a à proposer l’ensemble des blockbusters hollywoodiens réunis… On pourra peut-être juste reprocher une certaine froideur, compensée largement par la poésie des images et un humour tout en retenue pour une histoire dont le point de départ (le suicide) était plutôt glauque. Sinon j’ai bien aimé le matou, sorte de sphinx mystérieux régnant sur la vie de cet immeuble et à qui rien n’échappe, habitué aux frasques des humains mais prêt à sortir les griffes dès lors que l’on s’attaque à ses congénères. Pour ma part, je ne regarde plus les chats tout à fait de la même manière depuis cette lecture…

29/12/2013 (modifier)
Couverture de la série Walhalla
Walhalla

Coucou c’est moi ! Alors vous vous souvenez ? Aujourd’hui on va parler d’une bande dessinée Viking scénarisée par une francophone, dessinée par un Espagnol et qui porte le nom de Walhalla ; elle est éditée au sein de la collection Treize Etrange de chez Glénat. Qu’est-ce que cela raconte ? Eh bien, nous sommes sur une ile habitée par un village viking où le temps est aussi glacial que l’humeur de ma femme à l’heure où j’écris ces mots. Or, figurez-vous qu’une prophétie existe ; elle conte que le jour où tous les habitants rêveront de moutons, cela voudra dire que le volcan va se réveiller et que non seulement ils auront chaud aux miches mais qu’en plus ils devront trouver une nouvelle terre promise sous peine de devoir aller « fissa » au Walhalla, le paradis des Vikings et ce, sans passer par la case départ. Manque de bol, cette nuit-là tout le monde a rêvé de moutons et le village va vite paniquer. Le chef du village, qui lui ne rêve que de soleil, va convoquer le sage du village afin d’avoir des conseils. La conclusion ? Il faut se barrer vite fait. Dhamar, le vieux sage, flanqué du puissant et courageux Brömur et du teigneux Rudolf, vont former une équipe afin de trouver une nouvelle terre d’accueil où le soleil brillera, où les filles seront torses nus et où il fera surtout moins caillant. Et les voilà partis en Drakkar, emportés par le vent, avant d’échouer en terre d’Écosse : royaume de la pluie et du mauvais temps. Afin de pouvoir profiter d’un lopin de terre qui leur servira de havre de paix, nos amis vont devoir démêler la querelle fratricide qui sépare les clans McMeat des McBeef, dont l’origine n’est autre que la préparation culinaire du plat typique du coin : le Haggis ! (un superbe mets à base de tripes ou de panse de brebis farcie… Un vrai régal ^^) Saurons-nous si nos valeureux guerriers aux tresses affriolantes sauront sauver leurs peuples ? Le Haggis se prépare-t-il avec ou sans ail ? Et pourquoi Miley Cyrus est-elle dans cet album ? Eh bien vous le saurez en vous plongeant dans cette aventure désopilante pardi ! Une histoire assez déjantée et emplie d’humour, voilà la mixture préparée par Pothier et Lechuga, les deux auteurs. D’ailleurs avec un nom pareil, on se serait rapidement douté que cela allait tourner autour de la nourriture (Lechuga voulant dire laitue en espagnol). C’est très bien raconté, rempli de calembours, de jeux de mots et l’on rit souvent à pleines dents. On sent l’héritage des histoires d’Uderzo et Goscinny mais avec une nette évolution et contextualisation sans parler d’une adaptation quant au niveau du dialogue qui rend l’histoire moins « niaise » qu’un Astérix classique (là je sens que je viens de me faire des ennemis^^). C’est superbement dessiné avec plein de détails ; on est même étonné car d’habitude il n’y a pas un souci profond du détail dans ce style d’histoire puisque c’est le fond qui importe plus que la forme. Ceci donne un livre plus qu’agréable à regarder sans compter les dialogues qui sont assez juteux, jouissifs et très présents. Manque de bol et ne me demandez pas pourquoi, Walhalla ne dispose pas d’une couverture publicitaire et d’une diffusion marketing du tonnerre d’où sa sortie (trop) discrète ; seul le bruitage du bouche à oreille (et vice versa) et les ouï-dire feront que ce sera un succès ou non. Dans tous les cas, cet album à l’histoire exaltée vaut le détour car il dispose d’un vrai potentiel de par son dynamisme, sa dynamique, son ton léger de l’aventure et son humour. J’ai d’ailleurs la curieuse et soudaine envie d’enfiler ma jupe à carreaux et de prendre ma flute pour jouer un petit air de cornemuse, et voir si l’air est aussi frais qu’on le dit en Écosse. Macbeth… Me voilà !

29/12/2013 (modifier)
Par Puma
Note: 4/5
Couverture de la série L'Homme de Java
L'Homme de Java

L'auteur a signé une oeuvre personnelle et forte ! Après un premier tome assez convenu, à mon sens de loin le plus mauvais par son côté sur-enchère forcée et trop facile pour les besoins de la suite de l'histoire, dès le deuxième tome, l'on nous emmène dans un univers très personnel qui, enfin, fait décoller le caractère original de cette épopée. Car c'est bien cet univers profondément personnel et singulier du 2ème tome qui m'a redonné goût à poursuivre cette aventure dont le premier opus m'avait laissé sur ma faim par son côté "vas-y que j'en remette une couche pour faire pleurer dans les chaumières" Au 2ème tome, ça arrache ! C'est superbe ! Enfin l'on sort de l'aventure facile d'une lecture de gare ou de plage, pour entrer dans un essai osé de la différence des pensées entre celles des aborigènes d'Australie et celles des colons. IL met en lumière le choc des cultures et des croyances, et l'apprentissage de la connaissance de soi. Ce 2ème tome remodèle aussi complètement son personnage principal pour la suite du récit. Et que de beaux paysages ! Les 3ème et 4ème tomes redeviennent des récits d'aventures dans la mer de Chine ou l'Océan Indien, tout en gardant des réminiscences fortes permanentes aux deux premiers tomes. La renaissance initiatique du héros au 2ème tome n'est jamais bien loin... Le dessin sans être inoubliable, sert correctement l'histoire, avec une très belle colorisation qui nous donne les si beaux paysages. Les scènes éloignées son également très bien rendues. J'accroche moins sur les visages. Pour l'originalité et la singularité du scénario ainsi que le caractère entier des personnages, pour l'excellente narration et le rythme soutenu d'un bout à l'autre de cette quadrilogie, au vu de l'excellente tenue de l'ensemble, un bon et mérité 4* !

29/12/2013 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Long John Silver
Long John Silver

"Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal....." Cette série au bout du compte c'est quoi: ça sent Baudelaire, Heredia, Conrad et Stevenson tiens. Au delà d'une ou deux erreurs, ( je ne reviendrais pas sur la jambe de bois qui fluctue un brin) nous avons là une épopée une aventure, et par les temps qui cours il ne faut pas être trop pointilleux. Oui il y a sans doute un peu de longueur entre le tome 2 et 3 mais l'ensemble est parfaitement cohérent et maitrisé. Pas de happy end bidon, de vrais personnages et dans quels décors. Quelques cases ou planches mériteraient un accrochage au mur. Si vous devez faire découvrir la BD à un néophyte alors conseillez lui cette série, après s'il n'aime pas , ben je sais pas... Peut être pas culte mais indispensable surement.

29/12/2013 (MAJ le 29/12/2013) (modifier)
Couverture de la série Sherman
Sherman

J'aime bien les années 50 aux Etats-Unis et leur mythologie symbolisée par les grosses bagnoles, les fringues et le cinéma de cette époque, où l'Amérique repartait vers la prospérité après les années de guerre. Les années 20 de ce pays sont aussi fascinantes ; ça tombe bien, dans cette bande, il y a les deux. Les auteurs s'emparent d'un thème très ricain : à travers le portrait d'un self-made man envié qui symbolise à l'excès le fameux rêve américain, soudain brisé par une avalanche d'épreuves qui démolit tout ce qu'il a construit, Desberg et Griffo proposent au lecteur de pénétrer au coeur d'une passionnante intrigue psychologique qui hésite entre la fable sociale et le polar. Le scénario bien construit met en lumière certains événements où Jay Sherman le héros central de ce récit, doit fouiller son passé pour comprendre qui lui en veut et pourquoi, mettant ainsi à nu certaines zones d'ombre et certaines vérités pas toujours très propres. Si Desberg n'évite pas des situations vues ailleurs et des figures attendues de ce type de récit, ainsi que quelques clichés (la rencontre et l'amourette entre Jay et Donna un peu rapide ; la rivalité animale entre Jay et David Sterling...), il se rattrape par une narration virtuose qui alterne présent et passé et qui commence par un début très accrocheur. Seul petit bémol : le récit patine un peu au milieu, ça s'étire et ça s'égare un peu trop lors des séquences avec les nazis, mais sinon, c'est une Bd palpitante, au dénouement inattendu qui tient en haleine avec une efficacité redoutable, à défaut d'une grande originalité. Griffo sait changer de style et de période sans problème, même si j'ai trouvé son dessin un peu bâclé parfois (dû au rythme rapide de parution ?), et n'ayant pas le même soin que sur Cinjis Qan ou Giacomo C. ; son trait est ici plus proche de celui sur Vlad. Les couvertures superbes, rappellent des images de vieux films américains des années 50. Cette série achève de placer Desberg parmi un aréopage de scénaristes doués comme Van Hamme, Giroud, Dufaux ou Cothias ; elle est tellement prenante que quand on la commence, on veut savoir absolument la suite sans décrocher, et j'ai lu les 6 tomes d'affilée sans ennui, ce qui est rare...

29/12/2013 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Canoë Bay
Canoë Bay

Je repoussais cette lecture car son titre et sa couverture me laissaient croire à un classique récit d'aventure dans le Nouveau-Monde à l'époque du conflit entre Anglais et Français. J'ai déjà lu beaucoup de récits dans ce cadre, je trouve qu'ils se ressemblaient tous et aucun ne m'a vraiment passionné. En outre, son édition ouvertement orientée vers la vente de ses planches en galerie m'avait refroidi, craignant une oeuvre commerciale, esthétisante et vide de fond. J'ai été surpris d'y découvrir un récit de pirates. Après une introduction expliquant les premières années du jeune mousse Jack, acadien d'origine, on se retrouve en effet face à une histoire de marins déserteurs et de pirates rejoignant le décor typique du genre des Caraïbes au 18e siècle. Mais ce n'est que temporaire car la piste d'un trésor va les mener à remonter les rivières canadiennes en compagnie d'éclaireurs indiens, avec une jeune aristocrate britannique pour otage, poursuivis par le père de cette dernière, officier mandaté pour la Couronne pour les arrêter. Un mélange de genre surprenant et bien mené. On notera au passage une bonne touche de Stevenson dans ce récit, bien des points rappelant l'Île au Trésor, notamment la relation entre Jim Hawkins et Long John Silver ou encore le fortin assiégé. Les personnages sont charismatiques, l'intrigue dense et rythmée, et évidemment le dessin est superbe même si ce n'est pas mon style préféré. Et moi qui m'attendais à ce que ça finisse mal ou de manière désabusée comme souvent dans ce genre de chasse au trésor folle et un peu désespérée, j'ai été agréablement surpris par la fin. Ce n'est pas une conclusion en queue de poisson mais la vraie fin d'une longue histoire d'aventure historique. Bref une vraie bonne lecture divertissante et dépaysante, de l'aventure à l'ancienne, soutenue par un très beau dessin.

29/12/2013 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série La Cuisine de Mamette
La Cuisine de Mamette

Cette bande dessinée est un spin-off de la série Mamette. Du même auteur, elle reprend le personnage titre de la gentille grand-mère plutôt gourmande et l'utilise pour présenter ses recettes préférées par le biais de petites saynètes. Qu'il s'agisse de repas en famille ou avec ses amies, de discussions avec une inconnue (la mère de Lou ! en guest-star) dans un supermarché ou encore de gâteaux de consolation pour sa petite fille triste, c'est de manière variée et très agréable et très tendre que la petite mamie en vient à nous donner ses recettes. Celles-ci, ensuite, sont présentées toujours par Mamette de manière claire et facile à suivre. La majorité sont des recettes très simples, allant des crèpes aux oeufs cocottes en passant par des boulettes de viandes ou une galette des rois mais aussi quelques plats régionaux plus rares comme le Trinxat de Cerdagne. Toutes ces recettes ont l'air faciles à faire et j'ai personnellement eu envie de me mettre aux fourneaux dès la lecture de certaines d'entre elles. Le tout est mis en image par l'excellent et surtout très agréable dessin de Nob. Ses couleurs chaudes sont les mêmes que celles de Mamette et elles sont toujours aussi belles et douces. C'est donc là un vrai plaisir de lecture qui donne de très bonnes idées de recettes faciles et donne envie de se mettre en cuisine.

29/12/2013 (modifier)