Les derniers avis (31990 avis)

Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Paul dans le Nord
Paul dans le Nord

Cela fait du bien de retrouver Paul après toutes ces années. J'ai eu du plaisir à lire cette histoire quoique j'aie été moins touché que lorsque j'ai lu d'autres Paul. Il faut dire que la crise d'adolescence n'est pas mon sujet préféré, mais l'auteur réussit tout de même à rendre ce sujet intéressant à mes yeux. J'aime bien l'ambiance des années 70 et enfin le monde entier va savoir que les Jeux Olympiques de 1976 c'était vraiment de la merde ! La narration est toujours aussi fluide, les anecdotes intéressantes et l'humour m'a bien fait rire. Le seul truc, c'est qu'il y a ici un personnage important que je ne me souviens pas avoir vu dans d'autres Paul et je me demande ce qu'il est devenu.

20/10/2015 (modifier)
Couverture de la série Bestiarius
Bestiarius

Lorsque le chef éditeur de Kazé demanda à Masasumi Kakizaki quel nouveau projet celui-ci avait en tête, l’auteur du très remarqué western Green Blood lui parla de ses envies d’Histoire et de Rome antique. Kazé proposant un catalogue davantage orienté vers les shonens, on s’imagine les yeux ronds que devait faire l’éditeur devant cette annonce. Mais il y aura aussi des créatures fantastiques et de l’action précise Kakizaki, « ouf ! », l’éditeur est soulagé. Voilà comment est né Bestiarius, série de fantasy historique prévue en trois volumes. Bestiarius propose en réalité plusieurs histoires mettant en scène pour chacune d’elles de nouveaux personnages. Cette absence de fil conducteur peut être perçu comme un point faible car le format court de chaque histoire oblige l’auteur a souvent accélérer son récit quitte à laisser le lecteur tâtonner dans le noir au début. Ce manque de liant est en fait surtout présent dans la première histoire où les scènes s’enchaînent sans temps mort, la tension et la montée en puissance du scénario n’ont pas le temps de se faire. Ceci peut néanmoins s’expliquer par les contraintes d’éditeur où il faut tout de suite captiver le lecteur pour espérer voir commercialiser la suite. Je n’ai pas ressenti ce problème sur les deux arcs suivants où l’auteur prend enfin le temps de pauser le rythme. Dans cette réalité alternative, créatures et monstre fantastiques existent et vivent librement. Du moins jusqu’à ce que Rome, toute puissante et conquérante, décide d’envoyer ses légions les anéantir. Les survivants sont asservis et envoyés au Colisée pour servir de divertissements aux populares et optimates. Là, ils combattent des gladiateurs d’un genre différents, des bestiarii, dont Finn et Zénon, puis Arthur et Elaine ensuite, sont les principaux protagonistes. La première histoire nous conte la destinée de Finn, orphelin, fils de légionnaire, entraîné par le puissant Durandal, la dernière créature Wyvern encore en vie. 85 après JC : Tandis que Finn fort de son entraînement ayant fait de lui le meilleur des bestiarius est la nouvelle vedette du public, l’empereur psychopathe Domitien souhaite le voir combattre son mentor pour son propre plaisir. Mais Finn, qui considère son mentor presque comme un père acceptera t-il de le combattre sachant que le vainqueur de ce duel gagnera sa liberté ? Seconde histoire : la dernière poche de résistance crétoise tombe suite à la mort de Minotaure, chef de la résistance. Son fils le pacifique minotaure Talos est fait esclave et sert dans les cuisines d’un Ludus de Rome tandis que son frère adoptif humain, Zénon, est promis aux arènes comme bestiarius. 73 après JC : sur une idée probablement inspirée de la série télé Spartacus, la domina Arianna, femme du sénateur Crassus, fait de Zénon, le champion de l’arène, son escorte et l’invite dans les tribunes. Là, stupéfaction, son frère le gentil et inexpérimenté Talos s’apprête à combattre lui aussi dans l’arène pour le plaisir sadique de la noblesse. Comment réagira Zénon ? Va-t-il se ranger du côté de la gloire et de la richesse et rester aux côté d’Arianna ? Ou va-t-il se ranger du côté de son frère, seul contre tous ? Deuxième tome, troisième arc : En 86 après JC dans un petit village d’Albion, quatre amis humains et non-humains, Arthur et Elaine, Galahad le gobelin et Pan le faune, vivent en harmonie et la saine camaraderie. Jusqu’au jour où les armées romaines envahissent et brûlent leur village. Elaine se laisse capturer pour permettre à ses amis de s’enfuir. Arthur et ses potes vont prêter serment, coûte que coûte ils feront tout pour retrouver Elaine. Ils vont donc voir des héros bien connus du premier volume qui les entraîneront et feront d’eux des guerriers capables de surmonter les épreuves à venir. Un an plus tard ils retrouvent Elaine qui a bien changé, cette dernière est devenue une grande bestiarius et la protégée de Domitien. Lavage de cerveau ou quoi, Elaine se retourne contre ses anciens amis. Cliffhanger, à suivre dans le volume 3. Différentes histoires, chacune se déroulant en d’autres temps en d’autres lieux, mais avec des héros qui s’entrecroisent à la manière d’un récit choral qui devrait trouver sa conclusion dans le volume 3 (et dernier ?). Kakizaki n’est pas aussi bon scénariste que dessinateur et pourtant il arrive à très bien mélanger les codes du shonen nekketsu et ceux du seinen, histoire que tout le monde s’y retrouve. Pour le côté shonen, les personnages véhiculent des valeurs diablement intéressantes que j’adore toujours lire et m'identifier : l’amitié fraternel plus fort que les simples liens du sang et le dévouement et sacrifice qu’il engendre, le courage face à l’adversité, la rédemption, l’esprit aventureux, des rêves et des espoirs utopiques d’un monde meilleur. Avec le côté shonen on traite du spectre positif des émotions humaines mais le récit fait aussi la part belle au seinen où du côté de l’Empereur Domitien, de Lépide, d’Arianna et des légions romaines on y voit aussi le pire de l’humanité. Un aspect seinen qui est renforcé par le graphisme de Kakizaki et son encrage très profond, nuances de noir, de blanc et de gris, des personnages et des décors qui font très réaliste. Son dessin minutieux et extrêmement détaillé sur les premiers plans est un pur régal pour les yeux. Je suis devenu un vrai amateur du style Kakizaki, aussi bon sur les illustrations en couleurs des premières pages que sur le design des humains dont j’apprécie à la fois le style réaliste des adultes que le style « Final Fantasy IX » des enfants ; et tout autant magnifique sur le bestiaire. L’occasion de livrer des scènes d’action de grandes classes avec bottes secrètes et grosses giclées de sang contre Manticore, Béhémoth, Wyvern, Cyclope, Orques, etc dans une arène théâtre d'exploits homériques. Un bestiaire grandement inspiré de la mythologie gréco-romaine et des contes arthuriens. On peut du coup redire ou du moins regretter le format choisi pour les bouquins, à peine plus grand qu’un livre de poche. Je sais qu’il y a plein de mangas dans le même cas mais avec un dessin de cette qualité, c’est vraiment gâché. Vraiment, de chouettes histoires anachroniques et humanistes qui certes, ne surprendront pas les lecteurs affirmés de fantasy car on reste dans quelque chose de très classique, mais c’est divertissant, addictif si les valeurs susmentionnées vous parlent, et plutôt cohérent au final.

20/10/2015 (modifier)
Par zébu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Ambulance 13
L'Ambulance 13

Dans cette série nous suivons le parcours du capitaine Bateloup, jeune bourgeois de bonne famille engagé dans les premières heures du conflit comme responsable d'une unité d'ambulanciers. Il va très vite découvrir les horreurs de la guerre. Ce qui m'a frappé en premier lieu, c'est le fait que tous les personnages servent de faire valoir à des sujets historiques relatifs à cette sombre période. Ainsi on entrevoit pêle-mêle l'horreur des combats, la dure vie dans les tranchées, la terreur du soldat avant de monter à l'assaut, la stupidité des gradés prêts à sacrifier des centaines de vie pour leur gloire personnelle, le fanatisme idiot de certains, la délation, l'injustice face à des situations comme celles des fusillés pour l'exemple, le racisme d'une armée blanche envers ses soldats coloniaux, les gueules cassées, la vie à l'arrière, les magouilles politiques, et enfin comment la guerre change irrémédiablement le caractère des hommes. J'ai un peu le sentiment que l'auteur veut nous dire : "Certes il s'agit d'un récit avec des personnages fictifs mais la plupart des choses que je décris se sont véritablement produites." Cela fait maintenant un siècle que ce conflit meurtrier a eu lieu et cette oeuvre me fait penser à une sorte de devoir de mémoire. Bref, pour moi qui aime les séries historiques, il s'agit là d'une oeuvre puissante, complète et très bien écrite car d'une justesse remarquable ; le tout desservi par des dessins et une coloration d'une qualité indéniable. A découvrir absolument.

19/10/2015 (modifier)
Couverture de la série Nous partîmes 500
Nous partîmes 500

J’ai découvert récemment le travail de Clément Vuillier avec son très original et réussi Le Voyage Céleste Extatique, ce qui m’a donné envie de voir ce qu’il avait publié auparavant. C’est donc avec plaisir que j’ai pu dégotter cet album, lui aussi publié chez un petit éditeur. Ce qui implique un prix élevé, mais aussi un travail éditorial très soigné. Si la couverture à rabats est une sérigraphie en couleurs, j’ai retrouvé dans cet album ce qui m’avait séduit dans Le Voyage Céleste Extatique, à savoir un superbe dessin en Noir et Blanc, très géométrique, minutieux, foisonnant dans des détails alors que souvent les décors sont presque effacés. Alors, comme la citation du Cid de Corneille qui donne son titre à l’album nous le laisse penser, il s’agit là d’une plus ou moins longue hécatombe. Dès les premières pages, on découvre un grand nombre de soldats dans des navires, au milieu d’un océan. Puis ils s’échouent, et de là, les uns après les autres, une fois la terre ferme atteinte, ils meurent, en traversant des milieux hostiles (forêts denses, déserts arides, montagnes glacées, paysages volcaniques. Les éléments les éliminent, dans une sorte de compte à rebours assez froid : ils vont vers leur destin, comme des robots ou des zombies, sans montrer d’inquiétude ni se poser de question, dans un monde lui aussi « froid », où les règnes minéral et végétal dominent (très peu d’animaux et aucun autre être humain visibles). On est là un peu dans un univers proche de certains films de Werner Herzog sur les conquistadors se perdant dans l’infini de la jungle (comme « Aguirre la colère de Dieu »), ou alors pour rester dans la Bande Dessinée, le beau triptyque Pour L'Empire (là aussi un voyage sans fin et empreint d’une rêverie brumeuse). Bon, une fois l’intrigue résumée, autant dire qu’elle n’est que secondaire. En effet, ces hommes – dont on ne distingue pas le corps, recouvert intégralement d’une armure, et dont la tête est remplacée par une pointe – ne sont là que pour « traverser » le décor. Comme pour Le Voyage Céleste Extatique, c’est le voyage (ici totalement muet) qui est au cœur de ce livre. Un voyage là aussi mental autant que physique. Qui magnifie le dessin de Vuillier (dont je suis vraiment fan !), et qui nous emporte loin sur le frêle esquif de notre imagination. Je ne sais si c’est de la gravure ou du « simple » dessin, mais j’attends de pied – et d’œil ! – ferme ses prochaines publications ! Album atypique (à feuilleter avant d’acheter je pense), mais je vous recommande d’y jeter plus qu’un coup d’œil.

18/10/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Le Chef de Nobunaga
Le Chef de Nobunaga

Je poursuis mon exploration de l'univers des mangas. Je suis tombé sur ce titre sans grande conviction. Il s'agit encore d'un scénario temporel envoyant un homme dans le passé. Cependant, la surprise est qu'il s'agit d'un chef cuisinier et qu'il est envoyé visiblement à une époque de trouble dans le Japon du XVIIème siècle. On se demande dès lors comment il fera pour survivre à cette époque. Il croisera la route du fameux Nobunaga, gouverneur féodal redoutable et ambitieux. Nous voilà embarqué pour l'aventure ! J'ai bien aimé ce récit qui même habilement la gastronomie et l'art de la guerre. C'est une combinaison visiblement gagnante car originale. Par ailleurs, le dessin est magnifique jusque dans les détails des décors. On sent tout de suite que c'est un manga de grande qualité avec une narration claire et efficace. Je n'hésite pas à mettre les 4 étoiles franchement mérités. On ne s'ennuiera pas. Cette série est une belle découverte.

18/10/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Le Maître d'armes
Le Maître d'armes

La collaboration entre Xavier Dorison et Joël Parnotte était fort attendue et la couverture qui circulait depuis quelques mois en faisait baver plus d'un. Allez on respire un grand coup et on s'attelle à la lecture. Collaboration d'ailleurs amusante en effet ces deux auteurs se réunissent sur un thème qui traite de l'inverse de l'union puisqu'en effet ici il s'agit plutôt d'opposition. Fin du moyen âge/ début de la Renaissance, début des luttes entre catholiques et protestants et enfin un vieux guerrier maître d'armes à l'épée face à la nouvelle génération qui lui préfère la rapière. Car ici de quoi s'agit il ? Une lecture superficielle pourrait laisser croire que nous n'avons affaire ici qu'à un brave vieux soldat, maitre d'armes des rois, qui au crépuscule de sa vie doit remettre en jeu ce titre prestigieux. Face à lui un jeune noble beau et fringuant cherche à lui ravir la place tant convoitée, lui se bat avec une rapière, arme légère, plus rapide, mais comme le dit notre héros, arme des lâches. Les auteurs auraient pu se contenter de cette bête opposition pour nous proposer une succession de duels jusqu'à une apogée dans les escaliers digne des films de cape et d'épée. Mais voilà, ils sont malins les bougres, ils ont travaillé le background et ils nous rajoutent une histoire de première bible, traduite en langage populaire par les protestants, et qui doit être acheminée vers Genève pour y être imprimée. S'ensuit une course poursuite à travers bois et montagnes qui implique plusieurs bandes de soudards. Lorsque cet aspect du récit débute, ça commence à envoyer sec, sanglant devrais je dire parce que nos gaillards, si nous sommes à l'aube d'une période dites éclairée, la Renaissance, je vous rappelle, manifestement eux ne sont pas au courant. Ça trucide et ça massacre de bon cœur. Petite touche personnelle, si vous permettez, à l'heure ou des guerres de religions qui ne disent pas leurs noms sont à l’œuvre, il est bon de rappeler que tout cela n'est pas nouveau et qu'en d'autres temps des gens qui croyaient au même Dieu se foutaient sur la gueule. Mais je m'égare!! Après moult péripéties nos deux prétendants au poste de maitre d'armes finiront bien sur par se rencontrer pour un final ma foi fort bon. Que dire ? Voila un scénario fort bien ficelé qui se lit sans temps mort, bon X. Dorison n'est pas un lapin de six semaines, quand à son acolyte au dessin, je trouve que J. Parnotte à fait de gros progrès depuis "Le sang des porphyres", son trait est devenu plus acéré, plus dynamique, vraiment sympa quoi. Lecture divertissante, que demander de plus! et moi j'ai acheté!

18/10/2015 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
Couverture de la série Le Maître d'armes
Le Maître d'armes

Acheté dès le jour de sa sortie, j'ai eu du mal pourtant à me plonger dans cette aventure. J'avais lu quelques pages et puis c'est tout, sans plus. Je m'attendais peut être à une entrée en matière encore plus flamboyante, et cela malgré, les premières pages assez sanglantes. C'est vrai que mon achat était guidé sur le seul nom de Xavier Dorison, auteur du désormais mythique et inégalé Le Troisième Testament (avec Alex Alice). Et puis, j'ai repris l'album et j'ai accroché à partir du moment où Hans Stalhoffer rejoint ses amis dans la forêt. A partir de là, je n'ai plus du tout quitté ces trois personnages en fuite, une fuite ponctuée de combats où l'hémoglobine coule à torrent. Il faut souligner là le travail de Joël Parnotte (que je connaissais seulement à travers Le Sang des Porphyre), qui illustre de manière remarquable cette aventure (avec en outre de superbes pleines pages), même si parfois j'ai du mal à distinguer les personnages dans les scènes de lutte. En opérant un parallèle entre les tenants de l'épée et ceux de la rapière, les partisans de la Bible en latin et ceux de la Bible en français (ou en vulgaire), Xavier Dorison nous offre un one shot historique remarquable qui mérite d'être lu et relu.

18/10/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Juger Pétain
Juger Pétain

Philippe Pétain, c'est pour toutes les générations nées après la seconde guerre mondiale, la figure institutionnelle du collaborateur, celui qui, du haut de l'Etat français, a sacrifié la nation. Pour la génération précédente, c'est l'archétype du demi-dieu guerrier, le vainqueur de Verdun en 1917. Mais lorsque la France a été attaquée puis occupée en 1940, c'est lui qui a obtenu l'Armistice et a gouverné le pays sous le joug nazi. Un acte -ou plutôt une suite d'actes- considéré(s) comme de la haute trahison pour l'ensemble de la population française. Son procès s'ouvre en juillet 1945, soit trois mois après la fin de la guerre, et durera trois semaines. C'est un événement sans précédent, qui sera largement relayé par les média. 70 ans plus tard, le documentariste Philippe Saada réalise Juger Pétain, qui retrace ces quelques jours cruciaux pour l'Histoire de France. Et dans la foulée une version en images avec Sébastien Vassant, excellent BD-reporter habitué de La Revue dessinée, afin d'aller encore plus loin dans la reconstitution des faits et la supposition de certains passages. Attention, il s'agit d'un procès, ne vous attendez pas à un lynchage effréné contre le Français le plus honni du siècle. Le prestige passé de Pétain est présent, mais aussi le fait qu'il a "donné" la France à l'envahisseur. La proximité du procès avec la fin du conflit avait deux raisons ; d'une part l'âge très avancé (89 ans) de l'accusé et aussi le besoin d'exorciser au plus vite les quatre à cinq années de souffrance d'une bonne part de la population. Ce qui explique que certains éléments, comme la déportation et l'élimination de centaines de millions de personnes, soient plus ou moins passés sous silence, non pas par ignorance mais parce que l'ampleur de l'horreur du phénomène n'était pas encore connue. Le résultat est un récit d'apparence aride, un procès c'est rarement passionnant, mais que les auteurs ont émaillé d'intermèdes un peu ludiques (si on peut dire ça dans ce sujet si particulier), nous mettant dans la tête de Pétain qui fait un retour sur sa vie ou dans le cabinet de Churchill, grand amateur de thé. Les auteurs laissent une large place aux "vrais" acteurs de cette période, tels Daladier, Laval, passant de façon plus superficielle sur les témoignages sans incidence. L'ensemble est très éclairant sur la façon dont Pétain et son entourage ont vécu et géré cette époque, tâchant de ne pas paraître trop partisan de l'accusation. Le travail de Sébastien Vassant est remarquable. Très proche des spécialistes des prétoires, il s'est attaché à croquer le plus fidèlement possible les différents intervenants, qui pour des questions de mode, se ressemblaient pas mal. Il n'hésite cependant pas à aller un peu plus vers la caricature pour rendre sa copie moins austère. La patte de La revue dessinée, en quelque sorte. Fortement conseillé si vous souhaitez en savoir plus sur ce pan de notre Histoire...

18/10/2015 (modifier)
Couverture de la série Rodric
Rodric

J'ai trouvé l'un des 2 albums Bédescope de 1979 à Paris, mais je ne l'ai pas acheté car il est trop cher, sa cote étant élevée. Vance n'a réalisé que 2 épisodes de cette série en 1973 et 74, ils sont rares dans cette édition, donc recherchés. Moi je ne suis pas collectionneur, simplement un grand amateur de BD, ce qui m'intéresse dans une Bd, c'est le contenu, j'en ai rien à faire des éditions originales, et je ne suis pas prêt à mettre 40 euros dans un petit album broché de ce calibre. Et pourtant il me faisait envie, depuis le temps que je cherche cette Bd, mais j'ai pu le lire pratiquement en entier dans la boutique car j'ai acheté pour 120 euros de Bd. Ceci m'a rappelé des souvenirs lorsque j'étais ado en 1973 et que je lisais cette série dans l'hebdo Femmes d'aujourd'hui que ma mère achetait. J'étais (et suis toujours) fan de Vance depuis Howard Flynn et Ringo, et ce sujet sur les croisades en Terre Sainte était une Bd prometteuse, c'est bien dommage qu'il n'ait pu la poursuivre. Mais à cette époque, Vance était complètement débordé : il venait de reprendre Bob Morane, connaissait le succès avec Bruno Brazil, aussi j'ai toujours eu du mal à comprendre pourquoi il avait lancé "Rodric" en 1973 pour l'abandonner après 2 épisodes, et puis créer Ramiro l'année suivante et un peu plus tard Bruce J. Hawker...Elle permettait à Vance d'aborder une époque qu'il aime, le Moyen Age.. D'autre part, aux textes, nous trouvons Lucien Meys, un dessinateur-scénariste qui était plutôt spécialisé dans l'humour au journal Tintin puisqu'il signait les gags de Modeste et Pompon pour Attanasio, ainsi que quelques récits de Spaghetti. Ici, il élaborait un scénario classique d'aventure historique, sans surprise mais très plaisant. En tout cas, dans Femmes d'aujourd'hui, "Rodric" était publiée en couleurs, le résultat était impeccable, mais dans l'album Bédescope, c'est du noir et blanc, et j'ai trouvé que ça avait une sacrée gueule, des images superbes avec un encrage fin et délicat, tout en retrouvant le trait nerveux et enlevé de Vance que je connais et que j'aime, mais j'ai trouvé aussi que son crayon avait moins de fougue que dans Bruno Brazil où il appuyait avec plus de force et en chargeant ses cases. Un autre mystère : dans l'édition "Tout Vance ", la bande est titrée "Rodric" (comme en 1973), alors que dans les 2 albums Bédescope, elle est titrée "Roderic". Toujours est-il que je reste totalement conquis par ce dessinateur hors-norme que j'ai toujours admiré, mais je recherche activement l'album Dargaud " Tout Vance " contenant les 2 récits en couleurs de cette trop éphémère série et dont le prix est beaucoup plus abordable..

18/10/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Bride Stories
Bride Stories

Décidément, les éditions Ki-oon ne cessent de m'étonner dans le sens positif du terme. Déjà, la série Cesare est l'une de mes préférées. C'est en parlant avec mon libraire que ce dernier a attiré mon attention sur Bride Stories. Il m'a parlé vaguement d'une histoire dans les steppes de l'Asie Centrale sur la route de la soie. Il est vrai que l'Histoire n'a pas vraiment une grande place. On découvre plutôt une autre culture assez méconnue en Occident. Il y a toute la délicatesse du trait. C'est très et peut-être sans doute trop gentillet. Il y a un côté qui fait manifestement shojo. Pour autant, on est embarqué dans la vie d'Amir qui se révélera au fil des tomes assez tumultueuse. Point de pathos ou de mièvrerie à l'horizon. J'ai aimé le style graphique assez poussé même si toutes les femmes se ressemblent et qu'on a du mal à distinguer notre héroïne. Il y a le charme d'une certaine simplicité ce qui rend l'oeuvre assez authentique. C'est un beau voyage que voilà.

17/10/2015 (modifier)