Oh oui, j'ai bien aimé ce piège nuptial en plein coeur du désert australien. Il ne faut jamais voter pour le bush. Voilà ce qui arrive quand on cède sous le charme d'une belle blonde. Et on peut en avoir trois pour le prix d'un et se retrouver dans un bled paumé. Oui, c'est l'autre face de l'Australie de rêve !
Ceci dit, j'aime beaucoup les adaptations de Christian de Metter car elles sont souvent réussies magistralement. Il sait y faire pour maintenir le lecteur en haleine. On ne perd pas une miette de ce récit qui nous entraîne dans ce piège à kangourous. On retrouve également une certaine atmosphère à la Shutter Island qui a marqué une génération de lecteurs.
Moralité de ce récit : il ne faut jamais sortir de chez soi pour partir à la découverte du monde car on ne sait jamais. Par ailleurs, il faut également faire attention à ses fréquentations et ne jamais prendre d'auto-stoppeuses. C'est un roman noir comme je les aime.
J'aime bien Binet, à défaut de me faire rire aux éclats du moins me fait il sourire, ses dessins et les situations qu'il invente me mettent de bonne humeur ce qui avouez le n'est déjà pas si mal. Je ne suis pas musicien mais pour avoir aperçu ici ou là les enfants d'amis s’escrimant au piano ou au violon je ne peux que comprendre les affres que doivent subir ces pauvres profs de musique entre le sale gosse qui n'en a rien à battre mais obéit aux ordres de ses parents et le pauvre gamin qui jamais n'aura l'oreille musicale ou le sens du tempo.
En quelques saynètes courtes mais percutantes l'auteur nous livre des tranches de cours, des petits morceaux mélodieux ou non, mais toujours pour notre plus grand plaisir. Si vous envisager de prendre des leçons de musique ou d'en faire prendre à votre progéniture n'hésitez pas à lire par avance ce petit opus.
A plus d'un titre une grande et utile BD. Utile parce que le service militaire n'existe plus en France depuis maintenant plusieurs années. Faut-il s'en plaindre ? Regretter comme certains ce temps où le Service était en partie le lieu de la mixité sociale, certes dans un cadre particulier, mais au moins cela avait le mérite de faire se réunir pour le pire ou le meilleur des gens qui ne se seraient jamais côtoyer autrement.
Je fais partie de cette génération qui y a eu droit et j'avoue que, plus que la mixité, c'est la notion d’abêtissement que je garde à l'esprit. Oh bien sûr, en fin de soirée après trop de verres je serais capable de vous sortir deux, trois anecdotes rigolotes à propos de mon service militaire, mais le sentiment qui persiste est tout de même qu'il s'agit d'un lieu où finalement on vous apprend à être plus rapide, plus fort, plus résistant pour pouvoir tuer l'autre.
A ce titre cette histoire vécue fait donc œuvre de témoignage, de document sur un temps qui n'existe plus. L'auteur y livre son expérience personnelle mais encore plus intime puisqu'il n'hésite pas à nous montrer les affres psychologiques par lesquels il passe.
A propos de psychologique je me suis toujours interrogé sur cette faculté, notamment à l'armée d'utiliser un langage fleuri à connotation sexuelle, entre autre "pédale" ou "enculé". De là à parler de refoulement il n'y a bien sûr qu'un pas que je n'oserais franchir !!
Non ce récit est dur, âpre et à mon sens il reflète vraiment bien ce par quoi peut passer un jeune homme normal lorsqu'il passe dans le moule, dans une machine à décérébrer qu'est l'armée et où penser n'est plus une priorité.
Le dessin n'est pas un problème, il est sans esbroufe et correspond parfaitement à son sujet.
BD utile hautement recommandable et donc à lire.
J'ai découvert véritablement cet auteur cet été avec la lecture de l'excellent récit exotique Escales en femmes inconnues. Certes, il y avait eu également Errance en mer rouge mais cela m'avait beaucoup moins marqué. Avec ce présent ouvrage dans un tout autre genre, je peux affirmer qu'il casse les briques à tout les points de vue que cela soit graphiquement ou narrativement. C'est tout bonnement excellent.
Certes, c'est un récit sur les origines de la famille de l'auteur. Il faut dire que les pieds-noirs n'ont pas été spécialement bien accueilli sur notre territoire après qu'ils aient dû fuir l'Algérie en catastrophe pour ne pas être égorgé. L'auteur a livré une analyse plutôt juste de la situation en n'omettant pas les sujets qui fâchent. Oui, la France avait bien gagné militairement la guerre en Algérie mais politiquement, le Général de Gaulle a dû accorder l'indépendance en préparant le peuple. Oui, ce pays est devenu par la suite une dictature déguisée avec un parti unique. Oui, il y a eu les années de plombs après les premières élections libres du pays donnant la majorité aux islamistes dans les années 90. Et oui, certains pieds-noir se sont mal comportés envers les arabes lorsqu'ils avaient les commandes de ces trois départements français.
Par ailleurs, l'auteur cherche à en savoir plus sur cet héritage familial. Il provient d'une riche famille de Constantine qui étaient des bâtisseurs dans l'immobilier. J'ai beaucoup aimé la visite de cette magnifique cité que je ne connaissais pas. Cela donne véritablement envie d'y aller. Les dessins sont magiques. J'aime beaucoup le style graphique de cet auteur.
Il a réussi son pari pour nous montrer une autre image des pieds-noirs loin de la caricature. Il a réussi également à nous faire aimer ce beau pays qu'est l'Algérie. C'est un très beau témoignage qui garde une grande part d'humanité.
3.5
Un très beau conte quoique cela m'a pris quelques pages pour vraiment rentrer dans l'histoire. En effet, je trouve que Zidrou a du talent mais que, lorsqu'il essaye de faire un truc sérieux, il tombe parfois dans les clichés et la facilité. J'avais peur de lire l'histoire banale d'un type laid qui tombe amoureux d'une fille très jolie.
Puis au fil des pages je me suis rendu compte que ce conte était plus original que je pensais et j'ai pris du plaisir à le lire et au final j'ai été touché par l'histoire de ce gamin moche. Il y a des passages vraiment émouvants et j'aime la narration. Le découpage de l'histoire est vraiment bien fait. Le dessin est pas mal quoique je trouve que le dessin manque parfois un peu de vie, mais bon il faut dire que c'est triste la plupart du temps donc j'imagine que c'est normal.
Se laisser prendre et emporter par cette histoire empreinte d'onirisme, de magie et finalement d'espoir. C'est aussi un récit ou les destins se mêlent, s'entrecroisent dans une trame complexe faite de retours en arrière. Un peu intrigué au départ sur les toutes premières cases, le lecteur s'attend à une énième histoire de fonctionnaire japonais surbooké, mais très vite l'auteur par deux ou trois images chocs nous plonge dans tout autre chose. A peine le temps de s'habituer à cette nouvelle ambiance qu'encore une fois le récit prend plaisir à nous perdre en route.
Au départ bobine de fils emmêlés le scénario entreprend lentement, dans une atmosphère finalement lumineuse, de nous révéler le cheminement des personnages. Cette histoire finalement ordinaire d'un homme, d'une femme et d'une petite fille qui se cherchent sur un chemin où la magie et la violence ont leur part, dégage une ambiance feutrée qui prend son temps.
Le dessin est au diapason. Bien sûr, l'influence de Miyazaki se fait sentir et quelques éléments lui rendent directement hommage mais il n'y a pas ici de bête copié collé. Après ma lecture le sentiment qui domine est d'avoir lu une histoire pas si drôle que ça mais empreinte de beaucoup d'espoir et d'humanité. L'auteur dont c'est le premier titre est à mon avis à suivre de près. Au fait il s'appelle Gabriel Germain.
Arrivé face à 2 "monstres de la BD" avec la sortie d'Undertaker en début d'année (Dorison et Meyer), il paraissait difficile pour Stern de se faire une place face à cette rude concurrence... Pourtant le pari est tenu et réussi, par de les belles qualités que nous offrent les frères Maffre avec leur album.
Stern, c'est avant tout un western qui se différencie par la manière de traiter le personnage du croque-mort. Pas de chapeau ni de vautour, mais un personnage de second rôle qui observe, qui fait son travail dans une ville qui n'échappe pas aux clichés (le sheriff, l'alcoolique, le bar à filles et autres ...) mais sans être dans l'excès, ce qui nous donne un western plus mûr dans son traitement de l'histoire.
Le dessin riche de Julien Maffre est très réussi. Des cadrages subtils et dynamiques dans le traitement des scènes, une colorisation juste en font un modèle du genre.
Bravo pour cette première, on attend avec impatience le tome suivant.
Une histoire mignonne, drôle et agréable à lire.
Le ton un peu simpliste du récit me donne l'impression que cela s'adresse surtout aux enfants. Le récit est un peu facile à deviner (il suffit de regarder la couverture par exemple), mais c'est tellement bien fait que le manque de surprise (enfin, j'ai tout de même été surpris parfois) ne m'a pas du tout dérangé.
Je trouve les personnages attachants (j'aime surtout le chien de garde qui passe son temps à ne rien faire) et l'humour est efficace. Le côté mignon de l'histoire m'a touché et le dessin est vraiment excellent. J'adore le style et les couleurs. Un conte vraiment sympathique que je recommande à tout le monde.
Pour faire d’entrée dans la métaphore culinaire, Jacques Ferrandez et Yves Camdeborde nous régalent avec ces deux tomes de Frères de Terroirs. Les deux auteurs nous font partager la passion de chacun des producteurs des produits avec lesquels Yves Camdeborde travaille dans ses cuisines.
Ils nous montrent que derrière chaque plat, il y a des produits, derrière chaque produit, il y a des hommes et derrière chaque homme, une histoire. Ce qui ressort pour moi de ces ouvrages, ce sont l’histoire et la passion de ces hommes que l’on partage dans nos assiettes. C’est l’amour de leurs produits et de leurs métiers qui est communiqué par la qualité des matières premières du cuisinier qu’ils proposent.
Jacques Ferrandez et Yves Camdeborde ont pris le parti de nous présenter cela par l’intermédiaire de rencontres sur le terrain avec Yves. Chacune d’entre elles fait l’objet d’un chapitre où l’on découvre ces passionnés qui nous présentent leurs produits, leurs approches, leurs savoir faire et leurs histoires. Ils nous délivrent un carnet de découvertes, de reportages de tous ces amoureux de la terre.
Cette structure peut laisser percevoir un manque de liant entre chacune des présentations, mais moi au contraire, j’y vois des tranches de vie que l’on peut picorer au fil du livre. Une lecture épicurienne.
Jacques Ferrandez nous propose un dessin qui alterne de superbes aquarelles sur des doubles pages, afin de nous présenter l’environnement de travail, avec un trait plus réaliste, qui cherche à coller aux personnes présentées. Le souci du détail est constant, aussi bien dans l’approche artistique, que dans les détails techniques dispensés au fil de l’album.
Frères de terroirs est une bd qui donne faim et soif. Une bd qui donne envie d’aller à la rencontre de ces producteurs passionnés et raisonnés dans leur approche avec la nature, de découvrir leurs produits, et de les savourer en cuisine. Une bd gourmande…
Jonathan Hickman est aux commandes de cette nouvelle série Avengers version Marvel Now.
Pour mémoire, Marvel Now correspond à redémarrage de séries (Marvel donc) dont l'objectif est de permettre à de nouveaux lecteurs d'entrer dans l'univers Marvel plus facilement.
Pour Avengers, il ne s'agit pas d'une remise à zéro ni d'une suite aux films.
L'histoire est confiée à Jonathan Hickman (que je ne connaissais pas avant cette série). Le récit est rythmé et il est difficile d'accès pour les novices dans les premiers épisodes (en particulier pour le premier tome).
Bien qu'il ne s'agisse pas d'une remise à plat, on assiste à un roulement dans l'équipe des Vengeurs que l'on connait (en partie) grâce aux films : exit les vedettes et place à des inconnus tels que Manifold.
L'idée d'assister à la création d'un nouveau groupe est l'un des attraits principaux de cette série Avengers. On a moins le sentiment d'avoir droit à la même histoire encore une fois remise au goût du jour mais dont, au final, on connait déjà tout à l'avance. On fait d'ailleurs ici connaissance d'un nouveau clan, les 'batisseurs' qui, on le remarque assez vite, vont donner bien du fil à retordre à nos nouveaux héros ainsi qu'aux lecteurs.
En effet, il n'est pas aisé de suivre et assimiler du premier coup ce que Hickman nous propose, il faut s'accrocher à la première lecture et ne pas être découragé pour en apprécier, par la suite, la substance...
En ce qui concerne les dessins, ceux-ci sont juste sublimes, mention spéciale à Jérôme Opeña !
Je conseille donc la lecture de cette série aux fans du genre et aussi à ceux qui n'ont pas peur de se plonger dans les débuts d'une longue (on l'espère) aventure.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Piège nuptial
Oh oui, j'ai bien aimé ce piège nuptial en plein coeur du désert australien. Il ne faut jamais voter pour le bush. Voilà ce qui arrive quand on cède sous le charme d'une belle blonde. Et on peut en avoir trois pour le prix d'un et se retrouver dans un bled paumé. Oui, c'est l'autre face de l'Australie de rêve ! Ceci dit, j'aime beaucoup les adaptations de Christian de Metter car elles sont souvent réussies magistralement. Il sait y faire pour maintenir le lecteur en haleine. On ne perd pas une miette de ce récit qui nous entraîne dans ce piège à kangourous. On retrouve également une certaine atmosphère à la Shutter Island qui a marqué une génération de lecteurs. Moralité de ce récit : il ne faut jamais sortir de chez soi pour partir à la découverte du monde car on ne sait jamais. Par ailleurs, il faut également faire attention à ses fréquentations et ne jamais prendre d'auto-stoppeuses. C'est un roman noir comme je les aime.
Haut de gamme
J'aime bien Binet, à défaut de me faire rire aux éclats du moins me fait il sourire, ses dessins et les situations qu'il invente me mettent de bonne humeur ce qui avouez le n'est déjà pas si mal. Je ne suis pas musicien mais pour avoir aperçu ici ou là les enfants d'amis s’escrimant au piano ou au violon je ne peux que comprendre les affres que doivent subir ces pauvres profs de musique entre le sale gosse qui n'en a rien à battre mais obéit aux ordres de ses parents et le pauvre gamin qui jamais n'aura l'oreille musicale ou le sens du tempo. En quelques saynètes courtes mais percutantes l'auteur nous livre des tranches de cours, des petits morceaux mélodieux ou non, mais toujours pour notre plus grand plaisir. Si vous envisager de prendre des leçons de musique ou d'en faire prendre à votre progéniture n'hésitez pas à lire par avance ce petit opus.
Pays kaki 92/08
A plus d'un titre une grande et utile BD. Utile parce que le service militaire n'existe plus en France depuis maintenant plusieurs années. Faut-il s'en plaindre ? Regretter comme certains ce temps où le Service était en partie le lieu de la mixité sociale, certes dans un cadre particulier, mais au moins cela avait le mérite de faire se réunir pour le pire ou le meilleur des gens qui ne se seraient jamais côtoyer autrement. Je fais partie de cette génération qui y a eu droit et j'avoue que, plus que la mixité, c'est la notion d’abêtissement que je garde à l'esprit. Oh bien sûr, en fin de soirée après trop de verres je serais capable de vous sortir deux, trois anecdotes rigolotes à propos de mon service militaire, mais le sentiment qui persiste est tout de même qu'il s'agit d'un lieu où finalement on vous apprend à être plus rapide, plus fort, plus résistant pour pouvoir tuer l'autre. A ce titre cette histoire vécue fait donc œuvre de témoignage, de document sur un temps qui n'existe plus. L'auteur y livre son expérience personnelle mais encore plus intime puisqu'il n'hésite pas à nous montrer les affres psychologiques par lesquels il passe. A propos de psychologique je me suis toujours interrogé sur cette faculté, notamment à l'armée d'utiliser un langage fleuri à connotation sexuelle, entre autre "pédale" ou "enculé". De là à parler de refoulement il n'y a bien sûr qu'un pas que je n'oserais franchir !! Non ce récit est dur, âpre et à mon sens il reflète vraiment bien ce par quoi peut passer un jeune homme normal lorsqu'il passe dans le moule, dans une machine à décérébrer qu'est l'armée et où penser n'est plus une priorité. Le dessin n'est pas un problème, il est sans esbroufe et correspond parfaitement à son sujet. BD utile hautement recommandable et donc à lire.
Petit-fils d'Algérie
J'ai découvert véritablement cet auteur cet été avec la lecture de l'excellent récit exotique Escales en femmes inconnues. Certes, il y avait eu également Errance en mer rouge mais cela m'avait beaucoup moins marqué. Avec ce présent ouvrage dans un tout autre genre, je peux affirmer qu'il casse les briques à tout les points de vue que cela soit graphiquement ou narrativement. C'est tout bonnement excellent. Certes, c'est un récit sur les origines de la famille de l'auteur. Il faut dire que les pieds-noirs n'ont pas été spécialement bien accueilli sur notre territoire après qu'ils aient dû fuir l'Algérie en catastrophe pour ne pas être égorgé. L'auteur a livré une analyse plutôt juste de la situation en n'omettant pas les sujets qui fâchent. Oui, la France avait bien gagné militairement la guerre en Algérie mais politiquement, le Général de Gaulle a dû accorder l'indépendance en préparant le peuple. Oui, ce pays est devenu par la suite une dictature déguisée avec un parti unique. Oui, il y a eu les années de plombs après les premières élections libres du pays donnant la majorité aux islamistes dans les années 90. Et oui, certains pieds-noir se sont mal comportés envers les arabes lorsqu'ils avaient les commandes de ces trois départements français. Par ailleurs, l'auteur cherche à en savoir plus sur cet héritage familial. Il provient d'une riche famille de Constantine qui étaient des bâtisseurs dans l'immobilier. J'ai beaucoup aimé la visite de cette magnifique cité que je ne connaissais pas. Cela donne véritablement envie d'y aller. Les dessins sont magiques. J'aime beaucoup le style graphique de cet auteur. Il a réussi son pari pour nous montrer une autre image des pieds-noirs loin de la caricature. Il a réussi également à nous faire aimer ce beau pays qu'est l'Algérie. C'est un très beau témoignage qui garde une grande part d'humanité.
Bouffon
3.5 Un très beau conte quoique cela m'a pris quelques pages pour vraiment rentrer dans l'histoire. En effet, je trouve que Zidrou a du talent mais que, lorsqu'il essaye de faire un truc sérieux, il tombe parfois dans les clichés et la facilité. J'avais peur de lire l'histoire banale d'un type laid qui tombe amoureux d'une fille très jolie. Puis au fil des pages je me suis rendu compte que ce conte était plus original que je pensais et j'ai pris du plaisir à le lire et au final j'ai été touché par l'histoire de ce gamin moche. Il y a des passages vraiment émouvants et j'aime la narration. Le découpage de l'histoire est vraiment bien fait. Le dessin est pas mal quoique je trouve que le dessin manque parfois un peu de vie, mais bon il faut dire que c'est triste la plupart du temps donc j'imagine que c'est normal.
Lune et l'autre
Se laisser prendre et emporter par cette histoire empreinte d'onirisme, de magie et finalement d'espoir. C'est aussi un récit ou les destins se mêlent, s'entrecroisent dans une trame complexe faite de retours en arrière. Un peu intrigué au départ sur les toutes premières cases, le lecteur s'attend à une énième histoire de fonctionnaire japonais surbooké, mais très vite l'auteur par deux ou trois images chocs nous plonge dans tout autre chose. A peine le temps de s'habituer à cette nouvelle ambiance qu'encore une fois le récit prend plaisir à nous perdre en route. Au départ bobine de fils emmêlés le scénario entreprend lentement, dans une atmosphère finalement lumineuse, de nous révéler le cheminement des personnages. Cette histoire finalement ordinaire d'un homme, d'une femme et d'une petite fille qui se cherchent sur un chemin où la magie et la violence ont leur part, dégage une ambiance feutrée qui prend son temps. Le dessin est au diapason. Bien sûr, l'influence de Miyazaki se fait sentir et quelques éléments lui rendent directement hommage mais il n'y a pas ici de bête copié collé. Après ma lecture le sentiment qui domine est d'avoir lu une histoire pas si drôle que ça mais empreinte de beaucoup d'espoir et d'humanité. L'auteur dont c'est le premier titre est à mon avis à suivre de près. Au fait il s'appelle Gabriel Germain.
Stern
Arrivé face à 2 "monstres de la BD" avec la sortie d'Undertaker en début d'année (Dorison et Meyer), il paraissait difficile pour Stern de se faire une place face à cette rude concurrence... Pourtant le pari est tenu et réussi, par de les belles qualités que nous offrent les frères Maffre avec leur album. Stern, c'est avant tout un western qui se différencie par la manière de traiter le personnage du croque-mort. Pas de chapeau ni de vautour, mais un personnage de second rôle qui observe, qui fait son travail dans une ville qui n'échappe pas aux clichés (le sheriff, l'alcoolique, le bar à filles et autres ...) mais sans être dans l'excès, ce qui nous donne un western plus mûr dans son traitement de l'histoire. Le dessin riche de Julien Maffre est très réussi. Des cadrages subtils et dynamiques dans le traitement des scènes, une colorisation juste en font un modèle du genre. Bravo pour cette première, on attend avec impatience le tome suivant.
Le Grand Méchant Renard
Une histoire mignonne, drôle et agréable à lire. Le ton un peu simpliste du récit me donne l'impression que cela s'adresse surtout aux enfants. Le récit est un peu facile à deviner (il suffit de regarder la couverture par exemple), mais c'est tellement bien fait que le manque de surprise (enfin, j'ai tout de même été surpris parfois) ne m'a pas du tout dérangé. Je trouve les personnages attachants (j'aime surtout le chien de garde qui passe son temps à ne rien faire) et l'humour est efficace. Le côté mignon de l'histoire m'a touché et le dessin est vraiment excellent. J'adore le style et les couleurs. Un conte vraiment sympathique que je recommande à tout le monde.
Frères de Terroirs (carnet de croqueurs)
Pour faire d’entrée dans la métaphore culinaire, Jacques Ferrandez et Yves Camdeborde nous régalent avec ces deux tomes de Frères de Terroirs. Les deux auteurs nous font partager la passion de chacun des producteurs des produits avec lesquels Yves Camdeborde travaille dans ses cuisines. Ils nous montrent que derrière chaque plat, il y a des produits, derrière chaque produit, il y a des hommes et derrière chaque homme, une histoire. Ce qui ressort pour moi de ces ouvrages, ce sont l’histoire et la passion de ces hommes que l’on partage dans nos assiettes. C’est l’amour de leurs produits et de leurs métiers qui est communiqué par la qualité des matières premières du cuisinier qu’ils proposent. Jacques Ferrandez et Yves Camdeborde ont pris le parti de nous présenter cela par l’intermédiaire de rencontres sur le terrain avec Yves. Chacune d’entre elles fait l’objet d’un chapitre où l’on découvre ces passionnés qui nous présentent leurs produits, leurs approches, leurs savoir faire et leurs histoires. Ils nous délivrent un carnet de découvertes, de reportages de tous ces amoureux de la terre. Cette structure peut laisser percevoir un manque de liant entre chacune des présentations, mais moi au contraire, j’y vois des tranches de vie que l’on peut picorer au fil du livre. Une lecture épicurienne. Jacques Ferrandez nous propose un dessin qui alterne de superbes aquarelles sur des doubles pages, afin de nous présenter l’environnement de travail, avec un trait plus réaliste, qui cherche à coller aux personnes présentées. Le souci du détail est constant, aussi bien dans l’approche artistique, que dans les détails techniques dispensés au fil de l’album. Frères de terroirs est une bd qui donne faim et soif. Une bd qui donne envie d’aller à la rencontre de ces producteurs passionnés et raisonnés dans leur approche avec la nature, de découvrir leurs produits, et de les savourer en cuisine. Une bd gourmande…
Avengers (2013)
Jonathan Hickman est aux commandes de cette nouvelle série Avengers version Marvel Now. Pour mémoire, Marvel Now correspond à redémarrage de séries (Marvel donc) dont l'objectif est de permettre à de nouveaux lecteurs d'entrer dans l'univers Marvel plus facilement. Pour Avengers, il ne s'agit pas d'une remise à zéro ni d'une suite aux films. L'histoire est confiée à Jonathan Hickman (que je ne connaissais pas avant cette série). Le récit est rythmé et il est difficile d'accès pour les novices dans les premiers épisodes (en particulier pour le premier tome). Bien qu'il ne s'agisse pas d'une remise à plat, on assiste à un roulement dans l'équipe des Vengeurs que l'on connait (en partie) grâce aux films : exit les vedettes et place à des inconnus tels que Manifold. L'idée d'assister à la création d'un nouveau groupe est l'un des attraits principaux de cette série Avengers. On a moins le sentiment d'avoir droit à la même histoire encore une fois remise au goût du jour mais dont, au final, on connait déjà tout à l'avance. On fait d'ailleurs ici connaissance d'un nouveau clan, les 'batisseurs' qui, on le remarque assez vite, vont donner bien du fil à retordre à nos nouveaux héros ainsi qu'aux lecteurs. En effet, il n'est pas aisé de suivre et assimiler du premier coup ce que Hickman nous propose, il faut s'accrocher à la première lecture et ne pas être découragé pour en apprécier, par la suite, la substance... En ce qui concerne les dessins, ceux-ci sont juste sublimes, mention spéciale à Jérôme Opeña ! Je conseille donc la lecture de cette série aux fans du genre et aussi à ceux qui n'ont pas peur de se plonger dans les débuts d'une longue (on l'espère) aventure.