Quelle drôle d’histoire que celle de ce berger qui prête serment de débarrasser le monde de la magie après s’être fait décimer son troupeau. Mais j’adhère complètement. C’est barré juste comme il faut, avec un humour qui fonctionne parfaitement.
Au scénario, Lupano (dont j’apprécie de plus en plus la production) nous livre une histoire drôle (donc), en utilisant les codes du genre heroic fantasy pour en faire une histoire complétement décalée mais surtout qui fonctionne. On entre sans tarder dans l’épopée déjantée de ce producteur de fromage qui s’est juré de débarrasser le monde des mages nuisibles.
Au dessin, c’est surprenant au premier abord, mais la richesse des cases et des détails m’ont rapidement affranchi de mes primes réserves sur le style. Et au final, je trouve l’ensemble très bien équilibré. C’est fouillé et précis. Graphiquement très lisible.
A la lecture de ce premier tome, je suis pour l’heroic fantasy rurale. Et je dirais même que je la recommande sans réserve. A lire en savourant un pécadou bien fait pour une expérience compléte.
Anthologie sur les X-Men, cet ouvrage rassemble les histoires fondatrices du groupe de mutants ainsi que certaines très emblématiques (On retrouve ainsi par exemple l'histoire complète de Days of Futur Past qui a inspiré le film éponyme).
Cette anthologie s'adresse au public désirant connaitre les X-Men, leur évolution au fil des années, et des auteurs, sans en avoir trop lu. Cela pourra, par exemple, parfaitement plaire aux personnes ayant vu les films et souhaitant creuser les comics.
Par contre, les amateurs auront déjà certainement lu les histoires qui composent le volume.
En retraçant l'Histoire du comic, on peut (re)découvrir l'évolution du style dans le texte (abréviations, type de langage) ainsi que du dessin.
On regrette cependant qu'il n'y ai pas plus de textes entre chaque histoire présentant ce que l'on s'apprête à lire et pourquoi ce choix.
Mention particulière pour les références à certaines histoires non présentes dans l'ouvrage mais citées par les personnages : on peut ainsi aisément aller approfondir sur telle ou telle histoire. Ce n'est pas le cas de toutes les anthologies, il faut le préciser.
En bref, Nous sommes les X-Men fait retrace les histoires des mutants, des fondations aux temps modernes. Ouvrage indispensable et très bien construit pour les personnes ne connaissant pas (ou peu) les X-Men et souhaitant en apprendre un peu plus.
Avec les dessins de Jean Graton, chaque album raconte la vie et les faits d'un grand personnage de l'histoire de l'automobilisme, du cinéma, de la culture populaire. Oui, je sais, on n'aime pas beaucoup Michel Vaillant en France... Mais au delá des préjugès, le dessin est rigoureux, les faits réels, et une merveilleuse nostalgie naît de ces lectures. Mon coup de coeur s'adresse surtout aux trois premiers albums.
Un habile mélange de drames individuels entrainés par la guerre de 14 et des errances morales de l'élite parisienne au sortir de la guerre.
J'ai lu le roman cet été et il faut avouer qu'il est vraiment très bien : la voix si particulière de chacun des deux soldats, avec leur milieu social éloigné, et celle de l'affreux Lieutenant Pradelle vous trottent dans la tête comme un reflet d'un époque.
J'étais un peu réticente à l'idée de lire l'adaptation, du fait de ce génie de la phrase qui ne serait nécessairement plus présent dans une bande dessinée. Eh bien je crois que le trait remplace d'une certaine façon la subtilité des contours de la pensée . Le rythme des phrases et le vocabulaire sont remplacés par la pente du nez, les plis autour des yeux, les mouvements de sourcils. Bref c'est réussi.
Très peu de mots, finalement, et je ne sais pas si on comprend vraiment tout sans avoir lu le livre. En particulier l'histoire de la tête de cheval mort avec laquelle Maillard se trouve nez à nez lorsqu'il est au fond du trou. Mais ce n'est peut-être pas nécessaire pour suivre les péripéties de nos deux bougres.
Bref, les traits et les tâches de couleur décrivent d'une autre manière ce monde de l'entre deux guerres, avec le populo d'un coté (une pièce pour dormir et manger, avec un rideau en guise de séparation) et l'élite de l'autre (les palais parisiens avec leurs grands escaliers , leurs antichambres, leurs tapisseries et leurs soubrettes) . Le tressage de ses deux approches est très bien agencé par le scénario et je vous en conseille la lecture!
Un fantasme magnifique!
Et si la vie de Marilyn avait été perturbée par un évènement surnaturel? Et si une rencontre étrange avait favorisé sa fragilité légendaire? c'est sur ce fil ténu que tient tout l'album... Mais la grâce de Marilyn est si bien rendue par les aquarelles expressives de De Metter , que le charme nous enveloppe. Tout tient par elle et donc par ce qu'elle évoque en nous. Évidemment que pour les réfractaires à son charme, l'histoire perd un peu de son attrait. C'est tellement malin de compter sur ce que NOUS projetons pour nous tenir en haleine...
L'histoire commence par une nuit enneigée, il faut faire une étape dans le voyage, et l'on s'arrête dans une maison silencieuse... l'histoire d'une nuit, est-ce un rêve ? Est-ce un moment clef ? Demain il fera jour.
Cet album s'adresse avant tout aux passionnés d'histoire, et à ceux qui voudront approfondir leurs connaissances, sur une des périodes les moins glorieuses de l'histoire de France. Sur 130 pages, les auteurs se sont attachés à adapter un documentaire réalisé par l'un d'eux sur le "Procès PETAIN".
Plutôt que de raconter le procès de manière un peu plate, dans le style d'une BD plus traditionnelle, les auteurs utilisent la caricature dans le dessin (comme l'ont fait David B et Jean Pierre FILIU dans Les Meilleurs Ennemis sur les relations entre les USA et le Monde Arabo-Musulman), pour en ridiculiser les acteurs de l'époque et montrer combien certains ne furent que des marionnettes aux mains de l'occupant.
De même, les auteurs inventent un Journal Intime dans lequel PETAIN prendrait la parole pour expliquer son point de vu, et nous montrent également un Winston Churchill dans son salon se désolant de l'attitude des Français. On voit aussi au beau milieu du récit une sorte de dépliant publicitaire ventant les charmes de la ville de Vichy...
Tout cela permet de maintenir un récit assez vivant, dans lequel on comprend mieux les raisons et les conditions dans lesquelles l'armistice a été conclue. L'ambivalence du personnage de PETAIN est particulièrement bien mise en avant.
Comment quelqu'un qui était un héros national passe soudainement au statut de "traitre à la Nation"? Voila finalement la trame de ce procès, ou le simplisme est laissé de coté et la complexité des choix effectués clairement mises en évidence. Une belle réussite
Si le voyage pour vous se résume à traverser la rue pour aller acheter une baguette cette BD n'est pas pour vous. Si au contraire le voyage vous fait rêver, si l'autre sous quelques latitudes que se soit vous intéresse alors vous devez lire cette suite, ces fragments de vies aux quatre coins du monde.
A l'origine, ces récits sont parus dans plusieurs revues et Quai des Bulles a eu la bonne idée de les réunir dans cette BD qui nous propose une suite de saynètes qui nous emportent vers des ailleurs ordinaires, souvent extraordinaires.
L'auteur, Simon Hureau, n'est en aucun cas un touriste ! C'est un voyageur qui, loin de rechercher le sensationnel ou l’esbroufe, se contente de ce qu'il rencontre sur son chemin. Les ambiances l’intéresse, la nature, les monuments, les animaux -particulièrement les insectes-, tout est source d'émerveillement. Lorsqu'en plus une rencontre parfois insolite se fait il nous croque des instants de vie d'où s'échappent des petits moments de grâce ou de poésie. L'humour parfois involontaire des situations arrive par la naïveté, la candeur de l'auteur qui n'hésite pas à se mettre lui même en scène dans des moments de galères.
Moderne Candide à la rencontre de l'autre, Simon Hureau nous offre une respiration, une plage de "zénitude" face à un monde stressé ou tout va trop vite. Aux amoureux du monde, à ceux qui veulent découvrir l'autre je ne saurais que trop conseiller ces fragments bourlinguatoires dont je fais mon coup de cœur.
A vivre trop vite, on en arrive à oublier l'essentiel.
Une BD qui fait revivre le monde magique arthurien de Merlin l'Enchanteur, Morgane la Fée, Viviane la Dame du Lac et, chose nouvelle, celle qui serait la fille et l'élève de Merlin, Aliénor Mandragore. Nous sommes placés dans le cadre de la Forêt de Brocéliande où Merlin prodigue ses cours de druidisme à sa fille et où vit également Morgane, rivale de Merlin.
Le ton est à la douceur, à la légèreté et à l'humour. Aliénor est une gentille fille, assez futée et attachante. Merlin y est un peu balourd et irresponsable, loin du mage puissant et vénérable auquel on est habitué. En même temps, les légendes arthuriennes et bretonnes sont plutôt bien respectés malgré quelques grosses libertés pour favoriser la drôlerie.
Le dessin de Thomas Labourot est très joli, très soigné. Les cases sont travaillées et détaillées, voire même un tout petit peu encombrées.
Les intrigues elles aussi sont un petit peu confuses, s'égayant dans plusieurs directions. Le rythme n'est pas parfait mais j'ai quand même trouvé cette lecture bien agréable et jolie.
Oh oui, j'ai bien aimé ce piège nuptial en plein coeur du désert australien. Il ne faut jamais voter pour le bush. Voilà ce qui arrive quand on cède sous le charme d'une belle blonde. Et on peut en avoir trois pour le prix d'un et se retrouver dans un bled paumé. Oui, c'est l'autre face de l'Australie de rêve !
Ceci dit, j'aime beaucoup les adaptations de Christian de Metter car elles sont souvent réussies magistralement. Il sait y faire pour maintenir le lecteur en haleine. On ne perd pas une miette de ce récit qui nous entraîne dans ce piège à kangourous. On retrouve également une certaine atmosphère à la Shutter Island qui a marqué une génération de lecteurs.
Moralité de ce récit : il ne faut jamais sortir de chez soi pour partir à la découverte du monde car on ne sait jamais. Par ailleurs, il faut également faire attention à ses fréquentations et ne jamais prendre d'auto-stoppeuses. C'est un roman noir comme je les aime.
J'aime bien Binet, à défaut de me faire rire aux éclats du moins me fait il sourire, ses dessins et les situations qu'il invente me mettent de bonne humeur ce qui avouez le n'est déjà pas si mal. Je ne suis pas musicien mais pour avoir aperçu ici ou là les enfants d'amis s’escrimant au piano ou au violon je ne peux que comprendre les affres que doivent subir ces pauvres profs de musique entre le sale gosse qui n'en a rien à battre mais obéit aux ordres de ses parents et le pauvre gamin qui jamais n'aura l'oreille musicale ou le sens du tempo.
En quelques saynètes courtes mais percutantes l'auteur nous livre des tranches de cours, des petits morceaux mélodieux ou non, mais toujours pour notre plus grand plaisir. Si vous envisager de prendre des leçons de musique ou d'en faire prendre à votre progéniture n'hésitez pas à lire par avance ce petit opus.
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Traquemage
Quelle drôle d’histoire que celle de ce berger qui prête serment de débarrasser le monde de la magie après s’être fait décimer son troupeau. Mais j’adhère complètement. C’est barré juste comme il faut, avec un humour qui fonctionne parfaitement. Au scénario, Lupano (dont j’apprécie de plus en plus la production) nous livre une histoire drôle (donc), en utilisant les codes du genre heroic fantasy pour en faire une histoire complétement décalée mais surtout qui fonctionne. On entre sans tarder dans l’épopée déjantée de ce producteur de fromage qui s’est juré de débarrasser le monde des mages nuisibles. Au dessin, c’est surprenant au premier abord, mais la richesse des cases et des détails m’ont rapidement affranchi de mes primes réserves sur le style. Et au final, je trouve l’ensemble très bien équilibré. C’est fouillé et précis. Graphiquement très lisible. A la lecture de ce premier tome, je suis pour l’heroic fantasy rurale. Et je dirais même que je la recommande sans réserve. A lire en savourant un pécadou bien fait pour une expérience compléte.
Nous sommes les X-Men
Anthologie sur les X-Men, cet ouvrage rassemble les histoires fondatrices du groupe de mutants ainsi que certaines très emblématiques (On retrouve ainsi par exemple l'histoire complète de Days of Futur Past qui a inspiré le film éponyme). Cette anthologie s'adresse au public désirant connaitre les X-Men, leur évolution au fil des années, et des auteurs, sans en avoir trop lu. Cela pourra, par exemple, parfaitement plaire aux personnes ayant vu les films et souhaitant creuser les comics. Par contre, les amateurs auront déjà certainement lu les histoires qui composent le volume. En retraçant l'Histoire du comic, on peut (re)découvrir l'évolution du style dans le texte (abréviations, type de langage) ainsi que du dessin. On regrette cependant qu'il n'y ai pas plus de textes entre chaque histoire présentant ce que l'on s'apprête à lire et pourquoi ce choix. Mention particulière pour les références à certaines histoires non présentes dans l'ouvrage mais citées par les personnages : on peut ainsi aisément aller approfondir sur telle ou telle histoire. Ce n'est pas le cas de toutes les anthologies, il faut le préciser. En bref, Nous sommes les X-Men fait retrace les histoires des mutants, des fondations aux temps modernes. Ouvrage indispensable et très bien construit pour les personnes ne connaissant pas (ou peu) les X-Men et souhaitant en apprendre un peu plus.
Dossiers Michel Vaillant
Avec les dessins de Jean Graton, chaque album raconte la vie et les faits d'un grand personnage de l'histoire de l'automobilisme, du cinéma, de la culture populaire. Oui, je sais, on n'aime pas beaucoup Michel Vaillant en France... Mais au delá des préjugès, le dessin est rigoureux, les faits réels, et une merveilleuse nostalgie naît de ces lectures. Mon coup de coeur s'adresse surtout aux trois premiers albums.
Au revoir là-haut
Un habile mélange de drames individuels entrainés par la guerre de 14 et des errances morales de l'élite parisienne au sortir de la guerre. J'ai lu le roman cet été et il faut avouer qu'il est vraiment très bien : la voix si particulière de chacun des deux soldats, avec leur milieu social éloigné, et celle de l'affreux Lieutenant Pradelle vous trottent dans la tête comme un reflet d'un époque. J'étais un peu réticente à l'idée de lire l'adaptation, du fait de ce génie de la phrase qui ne serait nécessairement plus présent dans une bande dessinée. Eh bien je crois que le trait remplace d'une certaine façon la subtilité des contours de la pensée . Le rythme des phrases et le vocabulaire sont remplacés par la pente du nez, les plis autour des yeux, les mouvements de sourcils. Bref c'est réussi. Très peu de mots, finalement, et je ne sais pas si on comprend vraiment tout sans avoir lu le livre. En particulier l'histoire de la tête de cheval mort avec laquelle Maillard se trouve nez à nez lorsqu'il est au fond du trou. Mais ce n'est peut-être pas nécessaire pour suivre les péripéties de nos deux bougres. Bref, les traits et les tâches de couleur décrivent d'une autre manière ce monde de l'entre deux guerres, avec le populo d'un coté (une pièce pour dormir et manger, avec un rideau en guise de séparation) et l'élite de l'autre (les palais parisiens avec leurs grands escaliers , leurs antichambres, leurs tapisseries et leurs soubrettes) . Le tressage de ses deux approches est très bien agencé par le scénario et je vous en conseille la lecture!
Marilyn - De l'autre côté du miroir
Un fantasme magnifique! Et si la vie de Marilyn avait été perturbée par un évènement surnaturel? Et si une rencontre étrange avait favorisé sa fragilité légendaire? c'est sur ce fil ténu que tient tout l'album... Mais la grâce de Marilyn est si bien rendue par les aquarelles expressives de De Metter , que le charme nous enveloppe. Tout tient par elle et donc par ce qu'elle évoque en nous. Évidemment que pour les réfractaires à son charme, l'histoire perd un peu de son attrait. C'est tellement malin de compter sur ce que NOUS projetons pour nous tenir en haleine... L'histoire commence par une nuit enneigée, il faut faire une étape dans le voyage, et l'on s'arrête dans une maison silencieuse... l'histoire d'une nuit, est-ce un rêve ? Est-ce un moment clef ? Demain il fera jour.
Juger Pétain
Cet album s'adresse avant tout aux passionnés d'histoire, et à ceux qui voudront approfondir leurs connaissances, sur une des périodes les moins glorieuses de l'histoire de France. Sur 130 pages, les auteurs se sont attachés à adapter un documentaire réalisé par l'un d'eux sur le "Procès PETAIN". Plutôt que de raconter le procès de manière un peu plate, dans le style d'une BD plus traditionnelle, les auteurs utilisent la caricature dans le dessin (comme l'ont fait David B et Jean Pierre FILIU dans Les Meilleurs Ennemis sur les relations entre les USA et le Monde Arabo-Musulman), pour en ridiculiser les acteurs de l'époque et montrer combien certains ne furent que des marionnettes aux mains de l'occupant. De même, les auteurs inventent un Journal Intime dans lequel PETAIN prendrait la parole pour expliquer son point de vu, et nous montrent également un Winston Churchill dans son salon se désolant de l'attitude des Français. On voit aussi au beau milieu du récit une sorte de dépliant publicitaire ventant les charmes de la ville de Vichy... Tout cela permet de maintenir un récit assez vivant, dans lequel on comprend mieux les raisons et les conditions dans lesquelles l'armistice a été conclue. L'ambivalence du personnage de PETAIN est particulièrement bien mise en avant. Comment quelqu'un qui était un héros national passe soudainement au statut de "traitre à la Nation"? Voila finalement la trame de ce procès, ou le simplisme est laissé de coté et la complexité des choix effectués clairement mises en évidence. Une belle réussite
Mille parages - Fragments bourlingatoires d'ici et d'ailleurs
Si le voyage pour vous se résume à traverser la rue pour aller acheter une baguette cette BD n'est pas pour vous. Si au contraire le voyage vous fait rêver, si l'autre sous quelques latitudes que se soit vous intéresse alors vous devez lire cette suite, ces fragments de vies aux quatre coins du monde. A l'origine, ces récits sont parus dans plusieurs revues et Quai des Bulles a eu la bonne idée de les réunir dans cette BD qui nous propose une suite de saynètes qui nous emportent vers des ailleurs ordinaires, souvent extraordinaires. L'auteur, Simon Hureau, n'est en aucun cas un touriste ! C'est un voyageur qui, loin de rechercher le sensationnel ou l’esbroufe, se contente de ce qu'il rencontre sur son chemin. Les ambiances l’intéresse, la nature, les monuments, les animaux -particulièrement les insectes-, tout est source d'émerveillement. Lorsqu'en plus une rencontre parfois insolite se fait il nous croque des instants de vie d'où s'échappent des petits moments de grâce ou de poésie. L'humour parfois involontaire des situations arrive par la naïveté, la candeur de l'auteur qui n'hésite pas à se mettre lui même en scène dans des moments de galères. Moderne Candide à la rencontre de l'autre, Simon Hureau nous offre une respiration, une plage de "zénitude" face à un monde stressé ou tout va trop vite. Aux amoureux du monde, à ceux qui veulent découvrir l'autre je ne saurais que trop conseiller ces fragments bourlinguatoires dont je fais mon coup de cœur. A vivre trop vite, on en arrive à oublier l'essentiel.
Aliénor Mandragore
Une BD qui fait revivre le monde magique arthurien de Merlin l'Enchanteur, Morgane la Fée, Viviane la Dame du Lac et, chose nouvelle, celle qui serait la fille et l'élève de Merlin, Aliénor Mandragore. Nous sommes placés dans le cadre de la Forêt de Brocéliande où Merlin prodigue ses cours de druidisme à sa fille et où vit également Morgane, rivale de Merlin. Le ton est à la douceur, à la légèreté et à l'humour. Aliénor est une gentille fille, assez futée et attachante. Merlin y est un peu balourd et irresponsable, loin du mage puissant et vénérable auquel on est habitué. En même temps, les légendes arthuriennes et bretonnes sont plutôt bien respectés malgré quelques grosses libertés pour favoriser la drôlerie. Le dessin de Thomas Labourot est très joli, très soigné. Les cases sont travaillées et détaillées, voire même un tout petit peu encombrées. Les intrigues elles aussi sont un petit peu confuses, s'égayant dans plusieurs directions. Le rythme n'est pas parfait mais j'ai quand même trouvé cette lecture bien agréable et jolie.
Piège nuptial
Oh oui, j'ai bien aimé ce piège nuptial en plein coeur du désert australien. Il ne faut jamais voter pour le bush. Voilà ce qui arrive quand on cède sous le charme d'une belle blonde. Et on peut en avoir trois pour le prix d'un et se retrouver dans un bled paumé. Oui, c'est l'autre face de l'Australie de rêve ! Ceci dit, j'aime beaucoup les adaptations de Christian de Metter car elles sont souvent réussies magistralement. Il sait y faire pour maintenir le lecteur en haleine. On ne perd pas une miette de ce récit qui nous entraîne dans ce piège à kangourous. On retrouve également une certaine atmosphère à la Shutter Island qui a marqué une génération de lecteurs. Moralité de ce récit : il ne faut jamais sortir de chez soi pour partir à la découverte du monde car on ne sait jamais. Par ailleurs, il faut également faire attention à ses fréquentations et ne jamais prendre d'auto-stoppeuses. C'est un roman noir comme je les aime.
Haut de gamme
J'aime bien Binet, à défaut de me faire rire aux éclats du moins me fait il sourire, ses dessins et les situations qu'il invente me mettent de bonne humeur ce qui avouez le n'est déjà pas si mal. Je ne suis pas musicien mais pour avoir aperçu ici ou là les enfants d'amis s’escrimant au piano ou au violon je ne peux que comprendre les affres que doivent subir ces pauvres profs de musique entre le sale gosse qui n'en a rien à battre mais obéit aux ordres de ses parents et le pauvre gamin qui jamais n'aura l'oreille musicale ou le sens du tempo. En quelques saynètes courtes mais percutantes l'auteur nous livre des tranches de cours, des petits morceaux mélodieux ou non, mais toujours pour notre plus grand plaisir. Si vous envisager de prendre des leçons de musique ou d'en faire prendre à votre progéniture n'hésitez pas à lire par avance ce petit opus.