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Le Maître d'armes

Note: 3.75/5
(3.75/5 pour 16 avis)

1537. Au fin fond des montagnes perdues du Jura, un envoyé de l'Église exacerbe la haine religieuse de montagnards catholiques afin qu'ils lancent une chasse à l'homme contre un jeune protestant et son guide. Leur crime ? Vouloir faire passer une Bible traduite en français jusqu'en Suisse pour la faire imprimer.


1454 - 1643 : Du début de la Renaissance à Louis XIII BDs à offrir Grand Est Les Guerres de Religion Les prix lecteurs BDTheque 2015

1537. Au fin fond des montagnes perdues du Jura, un envoyé de l'Église exacerbe la haine religieuse de montagnards catholiques afin qu'ils lancent une chasse à l'homme contre un jeune protestant et son guide. Leur crime ? Vouloir faire passer une Bible traduite en français jusqu'en Suisse pour la faire imprimer. Une hérésie ! Commence une traque impitoyable : à deux contre trente, le destin du jeune homme et du vieux Hans Stalhoffer semble scellé. Sauf que Hans n'est pas une proie comme les autres ; il est l'ancien maître d'armes de François Ier... Et la proie est bien décidée à devenir le chasseur.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 02 Octobre 2015
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Le Maître d'armes
Les notes (16)
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18/10/2015 | herve
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Par Spooky
Note: 3/5
L'avatar du posteur Spooky

Comme Mac Arthur je dois avouer que je ne suis pas forcément fan de tout ce que fait Xavier Dorison, et ce n'est pas cet album qui changera significativement ma perception. Car j'ai malheureusement eu l'impression, tout le long de ce diptyque réuni en une intégrale, de lire un récit que j'ai déjà lu. Dans d'autres albums de Dorison, justement, ou bien dans des BD parlant de duellistes. Avec bien sûr ce petit argument concernant un basculement historique du combat à l'épée, lequel me semble moyennement géré. La satisfaction est ailleurs. Dans le dessin, réalisé par Joël Parnotte. Certains ont cité Rosinski, Alice, je rajouterai pour ma part Lauffray et Loisel. Des références de qualité, qui donnent une idée du niveau du dessin de l'auteur. C'est très agréable à l'œil, bien découpé, très bien cadré, bref, c'est assez beau.

02/09/2017 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Voilà l'exemple même de ce que j'appelle une très bonne BD ! Un excellent dessin à mi-chemin entre les styles de Rosinski (Thorgal) et d'Alex Alice (Le Troisième Testament), un contexte original, un scénario dense et intelligent, de bons personnages, une grande maîtrise de la narration et du rythme, et une histoire qui a vraiment du sens et tient la route. J'ai aimé la manière dont les thèmes s'imbriquent dans une même intrigue. Le changement d'une époque qui est en train de laisser derrière elle le Moyen-âge pour plonger dans la Renaissance, la rivalité sur des années entre un partisan de l'honneur à l'ancienne et un partisan de l'efficacité moderne, le conflit entre Catholiques et Huguenots, la lutte contre une église catholique romaine qui cherche à garder son pouvoir en maintenant le peuple dans l'ignorance, et une fuite dans les montagnes emplie d'action, de suspens et d'aventure. L'ensemble tient dans un album de 96 pages intense et complet où le lecteur ne peut pas se sentir lésé. Et il y a par dessus cela, cet excellent dessin de Joël Parnotte qui rend la lecture d'autant plus agréable et donne envie de prendre le temps d'observer avec plaisir les décors et personnages ainsi mis en scène. Une très bonne BD !

06/07/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Oui bon bah voilà, c’est lu. C’est une bonne bd pour qui cherche un récit classique avec une opposition entre tradition et modernité (avec comme d'hab' cette option qui plaira aux quadra et + que 'c'était mieux avant et patati et patata' ). La narration n’est pas pesante, le découpage est bon, le dessin est agréable (j’ai quand même parfois eu du mal à différencier l’un ou l’autre personnage). Le ton est franchement emphatique. Pour moi, on est même proche du dramatique de bazar mais les fans de Dorison apprécieront (et ils auront bien raison, c’est pas parce que je n’aime pas qu’ils doivent bouder le genre). En résumé : pour moi, c’est pas mal, distrayant mais pas marquant (avec cette désagréable impression d’avoir déjà vu ou lu tout ce qui m’a été ici proposé). Un bon petit emprunt via bibliothèque mais pas le genre de livre que j’achèterai pour le relire régulièrement.

23/08/2016 (modifier)
Par Puma
Note: 4/5

Première pleine page graphiquement très discutable. Mais pour le reste de l'album, dessins très avenants et convaincants. Une lecture de cape et d’épée rondement menée, et à rebondissements permanents, où l’on ne s’ennuie pas une minute à la lecture ! Pour cette histoire menée tambour battant, sans faute, et pour ce très distrayant moment de lecture, vu la qualité du graphisme dans son ensemble, un très mérité 4*.

25/04/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

En ce début de XVIème siècle, la Bible en latin est l'apanage des seigneurs et surtout de l'Eglise, pour bien se différencier du peuple qui pour la majorité ne sait pas lire le latin. Les protestants ont donc l'idée d'imprimer une Bible en français hors de France, car c'est exclu mais possible en Suisse, berceau de la Réforme. On veut démocratiser la parole de Dieu, et ça déplait bien évidemment à l'Eglise de Rome qui de ce fait n'a plus d'emprise sur le peuple ignorant. Cette idée est à la base de ce récit épique intense où les guerres de Religion sont évoquées en filigrane, avec une haine consommée des huguenots. Nous avons là une histoire au demeurant passionnante sur 96 pages, ce qui incite Dorison à développer l'ensemble comme il le souhaite, à raconter une histoire bien ancrée dans un contexte historique crédible où vers la fin, le roi François Ier n'a cependant qu'un rôle de figurant, on voit tout de suite son talent de conteur. De son côté, Parnotte dont j'avais grandement apprécié le dessin sur Le Sang des Porphyre, peut lui aussi régaler le lecteur avide de combats à peaufiner encore plus son trait, en variant les cadrages tout en regards, gros plans et plans d'ensemble dans une belle mise en page très séduisante ; je trouve que son dessin a ici quelque ressemblance avec celui de Meyer, c'est très chouette, on en a plein la vue. Mais comme certains posteurs précédents, je ne serais pas aussi enthousiaste également sur ce récit sanglant qui se réduit presque exclusivement à une course-poursuite dans le froid et la neige et à des combats à l'épée ; épée contre rapière, détail intéressant, car la rapière était une épée à lame fine et longue, plus légère, destinée à frapper d'estoc, et dont on se servait dans les duels entre les XVème et XVIIIème siècles. C'est un peu l'impression que j'ai avec les combats entre Hans Stalhoffer et le méchant Maleztraza, certes c'est mouvementé et plein de rebondissements, mais c'est un peu comme si on était dans le film Duellistes de Ridley Scott, où 2 soldats passaient leur vie à s'affronter dans une sorte de rituel épéiste. Un peu plus de psychologie aurait été bienvenue. Au final, j'ai pris plaisir à cette lecture sans être véritablement transporté ; ceci dit, je préfère des Bd dans ce style malgré cette petite réserve, que des Bd dont j'attend beaucoup et qui finissent par me décevoir complètement. Au moins ici, pas de déception, juste une impression nuancée c'est tout...

25/02/2016 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5

Je suis un tout petit peu moins enthousiaste que la plupart des autres posteurs. Le Maître d'armes est un album dense, agréable à suivre et très joliment illustré par Joël Parnotte. Le design des personnages est très réussi et l'univers du 16ème siècle, dans le contexte religieux de la Réforme paraît tout à fait crédible. Les (trop?) nombreux combats sont vraiment dynamiques et bien rendus, ce qui n'est pas toujours le cas en BD franco-belges. Le récit est plaisant mais le scénario a du mal à surprendre car l'action, omniprésente, prend sans doute trop de place. Du coup, l'histoire et la psychologie des personnages manquent un peu de densité et d'originalité (mais rien de gênant). Il faut reconnaître qu'il y a de très bonnes idées (la normalisation de la rapière ou le début des guerres de religions) qui sont assez habilement exploitées. La narration est solide et même si j'aurais préféré un scénario un peu plus complexe, je dois admettre que j'ai passé un très bon moment de lecture. J'ai vraiment hésité entre 3 et 4 étoiles mais les nombreuses qualités de l'album me donnent envie d'être "généreux". Le Maître d'armes est un beau récit d'action à découvrir.

15/02/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Avec le Maître d'armes, nous franchissons un plafond de verre. On se situe au-delà de ce qui est commun aux autres bd composant la grande masse. Le talent peut se travailler mais c'est également quelque chose de parfois inné. J'ai beaucoup aimé les scènes de combats mais surtout les joutes oratoires. L'idée d'avoir mêlé une bible traduite en français avec le choix de l'épée ou de la rapière est tout à fait remarquable. On s'aperçoit au fond que c'est un peu le même combat. Bref, la mise en scène est particulièrement intelligente et dynamique pour nous mener jusqu'au dénouement. Un puissant one-shot avec des personnages hauts en couleur à l'exception du roi François 1er inexistant. Il faudra également passer sur les erreurs historiques (la région du Jura était sous la coupe de Charles Quint en 1535 et non du roi de France, son ennemi) ou encore la ressemblance troublante de Hans Stalhoffer avec le héros de l'oeuvre Le Banni. Au final, une excellente bd épique qui n'oublie pas l'humain. 4 étoiles, bien entendu.

14/02/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Les albums de Dorison sortent de plus en plus avec un gros battage médiatique – pas toujours justifié et qui les dessert clairement. J’ai donc attendu quelque temps avant de jeter un coup d’œil sur cet album, déjà porté au pinacle par de nombreux avis. Je vais clairement être plus modéré et moins enthousiaste. En effet, si j’ai lu cet album relativement épais (96 pages pour ce premier tome quand même !) sans déplaisir, si l’aventure, les combats dans ces montagnes enneigées sont assez bien fichus, je n’ai pas trouvé l’ensemble si transcendant que cela. Cela s’apparente à une chasse à l’homme pas si originale en fait (et, malgré les multiples coups et blessures, que Stalhoffer est résistant !). A cela Dorison a ajouté le duel (réel ou à distance) entre deux hommes que tout semble opposer : pour résumer c'est une sorte de querelle des anciens et des modernes question duel, l’épée contre la rapière. Et les guerres de religions en arrière-plan (même si ce thème me semble ici mal utilisé). Reste le dessin de Parnotte, plutôt bon, qui s’en donne à cœur joie pour les paysages montagneux. Le côté graphique est lui plus réussi. Une série intéressante, mais loin d’être si originale et indispensable qu’auraient pu me le laisser croire les premiers avis recueillis sur ce site.

07/02/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Comme souvent avec Dorison, je trouve l'histoire sympathique, mais je ne vois pas trop en quoi c'est un chef-d'oeuvre. J'ai passé un bon moment de lecture sans plus. Je trouve que l'idée de départ du scénario est intéressante. Les dialogues au sujet de la religion sont très intéressants aussi. Malheureusement, il y a peut-être un peu trop de scènes d'actions et je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages. Du coup cela a fait en sorte que je n'ai pas trouve le périple du héros passionnant (ben oui si je m'étais attaché à lui, j'aurais voulu absolument savoir s'il allait réussir). Le dessin est très bien fait. C'est du très bon dessin réaliste, mais ce n'est pas mon style prefere donc je n'ai pas pu admirer le travail du dessinateur à sa juste valeur. Son découpage est très bon.

06/01/2016 (modifier)
L'avatar du posteur eric2vzoul

On frise la perfection… Bien sûr, dans son scénario, Xavier Dorison joue une partition bien connue : la confrontation entre l'ancien et le moderne, le choc entre ceux qui agissent pour l'honneur et ceux que rien ne motive que leur intérêt, une course poursuite haletante autour d'une Bible en langue vulgaire… Ces ficelles scénaristiques ont si souvent servi qu'elles pourraient être définitivement émoussées. Mais Dorison est un maître ; à l’instar de son héros, il garde le sens de l'aventure. Alors pourquoi changer une recette gagnante alors qu'il suffit de faire un petit pas de côté pour en raviver le piquant ? Il réussit donc le tour de force de réactiver une trame classique dans une histoire impeccablement rythmée, qui suit un fil implacable de la première à la dernière planche de cet excellent one-shot. Les personnages, tout en conservant le rôle stéréotypé que leur assigne l'auteur, offrent tous une complexité et une profondeur inattendues ; même les second rôles ont une densité qui les rend humains (ou inhumains, c'est selon). Les rebondissements sont certes attendus, mais rien ne se déroule exactement comme prévu et chaque séquence parvient malgré tout à étonner le lecteur ravi. Quant au manuscrit de la Bible traduite en français, il s'avère être bien plus qu'un MacGuffin… L'autre coup de génie est d'avoir situé le récit à une époque qui n'a été que rarement traitée en bandes dessinées. Le début du XVIe siècle est pourtant fascinant : la Renaissance, l'esprit humaniste, la Réforme, les prémices des guerres de religion offrent un cadre passionnant. Autre originalité : alors que la peinture de cette époque privilégie d'habitude les milieux urbains, l'action du Maître d'Armes se déroule dans les montagnes reculées du Sud Jura, entre des falaises enneigées et des forêts inquiétantes. Aux pinceaux, Joël Parnotte apporte à l'album ce qu'il faut de réalisme, avec un sens très maîtrisé des ambiances, du mouvement dans les combats et des cadrages. J'ai aimé ses premières œuvres, Hong Kong Triad, Les Aquanautes et Un Pas vers les Etoiles, puis je l'ai perdu de vue durant quelques années, puisque je suis passé à côté de la série Le Sang des Porphyre. Et là, je redécouvre un auteur qui a beaucoup gagné en assurance, dont le talent explose. À mon sens, Le Maître d'Armes est un des meilleurs albums paru cette année, qui fut pourtant un bon millésime. Du très grand art, vraiment.

20/12/2015 (modifier)