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Nous partîmes 500

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Voyage graphique et muet.


BD muette

Qui sont-ils ? Où vont-ils ? Pourquoi continuent-ils jusqu'au dernier ce voyage où l'ennemi est nulle part et partout ?

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 15 Octobre 2014
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Nous partîmes 500
Les notes (1)
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18/10/2015 | Noirdésir
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L'avatar du posteur Noirdésir

J’ai découvert récemment le travail de Clément Vuillier avec son très original et réussi Le Voyage Céleste Extatique, ce qui m’a donné envie de voir ce qu’il avait publié auparavant. C’est donc avec plaisir que j’ai pu dégotter cet album, lui aussi publié chez un petit éditeur. Ce qui implique un prix élevé, mais aussi un travail éditorial très soigné. Si la couverture à rabats est une sérigraphie en couleurs, j’ai retrouvé dans cet album ce qui m’avait séduit dans Le Voyage Céleste Extatique, à savoir un superbe dessin en Noir et Blanc, très géométrique, minutieux, foisonnant dans des détails alors que souvent les décors sont presque effacés. Alors, comme la citation du Cid de Corneille qui donne son titre à l’album nous le laisse penser, il s’agit là d’une plus ou moins longue hécatombe. Dès les premières pages, on découvre un grand nombre de soldats dans des navires, au milieu d’un océan. Puis ils s’échouent, et de là, les uns après les autres, une fois la terre ferme atteinte, ils meurent, en traversant des milieux hostiles (forêts denses, déserts arides, montagnes glacées, paysages volcaniques. Les éléments les éliminent, dans une sorte de compte à rebours assez froid : ils vont vers leur destin, comme des robots ou des zombies, sans montrer d’inquiétude ni se poser de question, dans un monde lui aussi « froid », où les règnes minéral et végétal dominent (très peu d’animaux et aucun autre être humain visibles). On est là un peu dans un univers proche de certains films de Werner Herzog sur les conquistadors se perdant dans l’infini de la jungle (comme « Aguirre la colère de Dieu »), ou alors pour rester dans la Bande Dessinée, le beau triptyque Pour L'Empire (là aussi un voyage sans fin et empreint d’une rêverie brumeuse). Bon, une fois l’intrigue résumée, autant dire qu’elle n’est que secondaire. En effet, ces hommes – dont on ne distingue pas le corps, recouvert intégralement d’une armure, et dont la tête est remplacée par une pointe – ne sont là que pour « traverser » le décor. Comme pour Le Voyage Céleste Extatique, c’est le voyage (ici totalement muet) qui est au cœur de ce livre. Un voyage là aussi mental autant que physique. Qui magnifie le dessin de Vuillier (dont je suis vraiment fan !), et qui nous emporte loin sur le frêle esquif de notre imagination. Je ne sais si c’est de la gravure ou du « simple » dessin, mais j’attends de pied – et d’œil ! – ferme ses prochaines publications ! Album atypique (à feuilleter avant d’acheter je pense), mais je vous recommande d’y jeter plus qu’un coup d’œil.

18/10/2015 (modifier)