Un album sur le thème de l'inceste pédophile et sur son complexe impact sur l'ensemble familial.
Émilie, alter ego de la co-scénariste et actrice Héloïse Martin, rejoint une grande réunion de famille pour fêter les cinquante ans de mariage de ses grands-parents. Sauf qu'a également été invité le coupable de crimes pédophiles à son encontre quand elle était enfant. Pourquoi est-il là ? Parce que la majorité des participants souhaite une famille complète et soudée et pardonner à cet homme pourtant jugé coupable par la justice, quitte à occulter la souffrance d'Emilie voire même à lui reprocher de se présenter en victime.
Difficile sujet abordé avec délicatesse dans cette BD qui présente les faits mais pas forcément de solution.
Dessin et couleurs sont doux et agréable. Le récit de cette réunion familiale à la montagne est crédible et bien mené. La mise en scène du trouble de l'héroïne est bien transmise aux lecteur. Avec elle, on est outrée du comportement d'une grosse partie de sa famille et de comment une telle situation peut avoir lieu. C'est en effet la victime qui est rabrouée et le coupable pardonné sans ambages. On veut comprendre pourquoi, comment une telle chose est possible, et on est révolté par certaines paroles échangés entre membres d'une même famille.
C'est intéressant et cela ouvre beaucoup de questions. En tant que père et fils, je peux comprendre l'instinct de vouloir protéger son enfant ou son propre père, quitte à vouloir occulter des choses terribles, à essayer de les enfouir pour qu'elles disparaissent éventuellement et permettre ainsi de retrouver une vie familiale sereine. Mais en même temps, comment imaginer faire ça au détriment d'un autre membre de votre famille ? En cela, le comportement de la grand-mère est odieux, et celui de la mère décevant de passivité.
Toute la complexité de cette situation est bien mise en avant ici... mais certains choix narratifs me laissent un peu perplexe. Je n'ai notamment pas compris ce choix de laisser planer le doute jusqu'à tard dans l'album sur l'identité du coupable. C'est clairement voulu mais je n'ai pas vu ce que cela apportait si ce n'est une confusion chez le lecteur. D'autant que quand celui-ci est finalement désigné, il faut revenir en arrière dans les pages pour savoir qui il est et quel est son rapport avec l'héroïne et les autres membres de la famille. De même, la réalité de ce qu'il s'est passé autrefois n'est dévoilée que bribes par bribes, laissant là encore le lecteur dans l'inconnu pendant un bon moment. J'ai le sentiment que si le lecteur avait su plus rapidement qui était qui et ce qu'il s'était passé concrètement, il aurait pu mieux appréhender les réactions de chaque membre de la famille et ne pas être trop longtemps laissé de côté, comme un intrus dans une famille étrangère.
Cela a légèrement gâché le plaisir et l'intensité de ma lecture alors que l'album est bien fait et aborde avec sincérité et intérêt un sujet complexe et intime.
2.5
Un manga qui rappelle ''Lone Wolf & Cub'' et d'ailleurs c'est paru à la même époque.
Ce que j'ai surtout aimé c'est le dessin de Shotaro Ishinomori qui est beaucoup plus réaliste que ce qu'on retrouve dans ses autres mangas parus en français. Il y a de superbes planches. Sinon, le scénario se passe dans le Japon historique et même si j'aime bien l'histoire, plusieurs mangas qui se passent durant cette période ne m'ont pas intéressé et ici j'ai trouvé le résultat moyen.
Le héros est typiquement le genre de héros macho qui me laisse indifférent: il est surtout fort et réussit toujours à battre les méchants tout en restant stoïque. Heureusement, il devient un peu intéressant lorsque le scénario met en avant sa vengeance, surtout lorsqu'il va enfin exprimer des émotions comme un humain normal.
Le récit mélange des chapitres qui font avancer la trame principale et les récits épisodiques où le héros vit des aventures à chaque village où il se rend. Le résultat est inégal et mon intérêt variait selon les chapitres, certains étant bons et d'autres d'intérêt limité.
Au final, cela se laisse lire, mai ce n'est pas un album que je relirai un jour, surtout qu'il est lent.
Une jeune femme, Diane, espoir de la boxe, qualifiée aux J.O., abandonne brusquement sa carrière, et disparait des radars. Jusqu’à ce qu’elle entende parler à la télé de son entraineur de l’époque, et que revienne à la surface le viol dont elle a été victime de sa part. d’abord hésitante, elle va alors se lancer dans un pari fou pour faire éclater la vérité et surtout se venger publiquement, en le défiant dans un match de boxe, en se faisant passer pour un garçon !
Le sujet est des plus actuels – hélas ! – et dans la ligne des vagues « metoo », et Freaks y ajoute l’homosexualité dans le sport, et flirt avec le travestissement.
La narration est fluide et globalement agréable, comme la lecture. Et on ne peut que soutenir les idées véhiculées par Freaks, et incarnées par Diane, même si l’intrigue semble en grande partie romancée et ne s’inspirant pas directement d’une histoire vraie.
Mais je n’irai pas au-delà des trois étoiles, contrairement à Spooky.
D’abord parce que le dessin, pourtant très lisible, n’est pas très fouillé ou pas trop ma tasse de thé.
Ensuite parce que j’ai trouvé un peu improbable certains détails du scénario. La façon dont Diane réussit à masquer sa féminité au cours des différents combats, et j’ai du mal à croire qu’une femme puisse vaincre autant de boxeur masculins (aguerris), même si je n’y connais pas grand-chose en boxe.
Un sujet intéressant, traité de façon assez original. Il m’a toutefois manqué quelques petites choses pour davantage apprécier ma lecture.
Un album que j’ai trouvé au fin fond du rayon comics, l’objet m’a suffisamment titillé pour l’emprunt.
Je découvre l’éditeur et l’auteur pour l’occasion.
Une lecture curieuse mais qui ne restera pas spécialement dans ma mémoire. J’ai mis une trentaine de pages avant de vraiment pouvoir me plonger dans l’histoire. Cette dernière n’est pas désagréable mais fait franchement déjà vu, un futur divisé en 2 classes, le classique inférieurs vs supérieurs. Nous y suivrons Sp4rx, hacker surdoué qui survie comme il peut, avant d’embrasser la cause de la résistance contre la méchante corporation.
Vous l’aurez compris, pas de grande originalité pour le fond, par contre la forme possède quelques qualités.
Si le récit s’avère linéaire, j’ai bien aimé certains passages, comme les pages du JT qui donnent des clés de compréhension de façon ingénieuses sur pas mal de thématiques de ce monde pourri (pub, sport, débat, religion …), où les passages dans la « matrice » graphiquement réussis avec ce noir et blanc, une fin sympa …
Le dessin au style simple et enfantin n’a pas été un frein (dans la veine de Guillaume Long et Max de Radiguès), je n’ai tiqué que sur ses nez (il gommera ce reproche en cours de route).
L’auteur arrive à jouer avec ses qualités et défauts pour créer une certaine atmosphère et ambiance. Rien de fou ni novateur mais quand même pas mal.
Quand on entame cet album sans rien en savoir, le prologue mettant en scène le héros à l'âge de jeune adolescent et évoquant son passé laisse penser qu'on va suivre le récit de sa jeunesse et du traumatisme qui semble l'avoir affecté. Mais ce n'est en réalité là que le tout début de l'histoire car cette BD va raconter quasiment toute la vie de cet homme, Carlos Vargas Moreno, de son enfance durant la guerre civile espagnole jusqu'à 1975, et surtout montrer comment son parcours complexe va l'amener à devenir l'un des rois de la pègre de Barcelone durant toute la période Franquiste. A travers lui, on découvre une histoire familiale tragique ainsi qu'un aperçu de la société Barcelonaise sous la dictature de Franco.
Trois dessinateurs se partagent le dessin sans que je sois capable de distinguer qui a fait quoi et où s'arrête l'apport de l'un ou l'autre. Il faut dire que Torrents avaient déjà fait la preuve avec Le Convoi qu'il était capable de produire un graphisme proche de celui de Ruben Pellejero (Un peu de fumée bleue...) avec une ligne claire élégante et un encrage épais. Quant à Martín Pardo, dont c'est la première BD que je lis, il se fond bien au style des deux autres. Le résultat est visuellement très appréciable et pousse à la lecture : c'est beau et mis en scène avec une grand clarté.
L'histoire surprend un peu par son rythme, les années s'écoulant parfois très vite d'une scène à la suivante, donnant une légère impression de survoler la vie du héros et de n'en avoir que des extraits, mais des extraits plutôt bien choisis qui forment un tout cohérent et consistant. Les drames sont nombreux dans la jeunesse du héros et forgent le caractère du futur adulte qu'il deviendra. Pas de manichéisme car Carlos n'a rien d'un saint, passant du statut de victime à celui de salaud à peine mesuré dans ses actes. Certaines transitions entre les années sont un peu abruptes et donnent l'impression d'avoir manqué une étape ou deux, mais l'ensemble fonctionne et j'ai apprécié de suivre ce parcours d'un homme et de découvrir à travers lui la situation du Pays Catalan dans ces années là. La dictature franquiste est un élément essentiel de l'intrigue mais elle se personnalise avant tout en la personne d'un policier pourri qu'on en vient très vite à détester, aussi minable que le fascisme qu'il adule.
Ce fut pour moi une lecture intéressante et prenante mais dont le personnage principal devient de moins en moins attachant au fil des années, ce qui, ajouté au sentiment de superficialité d'une narration au rythme un peu échevelé, établit une certaine distance entre le lecteur et l'émotion qui pourrait se dégager de cette histoire. Elle apparait dès lors davantage instructive que vraiment touchante. J'en conserve toutefois un agréable souvenir et l'envie probable de la relire un jour ou l'autre.
Voici une BD dont j'attendais beaucoup et qui m'a malheureusement déçu.
Sans doute méritait-elle une pagination plus importante pour développer davantage les points de vue des 3 protagonistes (l'héroïne, le ministère et l'entreprise privée), pour comprendre chez l'une l'évolution du point de vue et la maîtrise du projet, chez les autres la dualité et le froid pragmatisme. En l'état, tout est un peu rapide, volontiers caricatural et fort peu réflexif.
La dénonciation est alors bien faible et bien vite caricaturée par cet improbable personnage de l'agent de sécurité. Le choix politique de subventionner la transition écologique et d'en laisser la chronologie et la moralité au bon vouloir des entreprises privées, a pour conséquence d'inattendus écocides comme les forages en mer dont il est question ici [ou ces lourdes voitures électriques et batteries ultra polluantes souvent chargées en accéléré, dont l'usage ne permettra pas de compenser le désastreux bilan carbone initial ; ou ces légumes biologiques cultivés sous serres chauffées au fioul ; ou ces centrales nucléaires sur-consommatrices d'eau produisant des déchets dont on ne sait que faire hormis un problématique enfouissement ; ou... bref, fin de l'aparté]. Tout cela sera à peine évoqué, alors que la réunion initiale dans les bureaux du ministère nous le laissait espérer. L'on assiste plutôt à un agréable récit d'aventure, avec une héroïne donnant d'abord une réalité à sa quête de sens au travail, puis confrontée à la problématique de la survie en autarcie (elle sera gagnée par la faim, la soif, le danger de l'isolement...), puis confrontée à cette intrusion capitaliste.
Ce projet fut longtemps porté et remis à plus tard par son auteur. Un peu comme un étudiant dépassé par son sujet de mémoire, il a peut-être manqué le méticuleux regard d'un éditeur pour cadrer l'ensemble et éviter l'écueil de vouloir emprunter toutes les directions, au risque de n'en traiter aucune véritablement.
C'est néanmoins dynamique, avec des décors joliment illustrés et finement colorés à l'aquarelle (je suis plus réservé quant aux personnages souvent sur-expressifs), le sujet est beau et original. Une demi-réussite donc.
Incontestablement, ce western porte bien son nom. De fait, l’histoire se résume uniquement à la traque vengeresse d’un père de famille sur les traces de trois criminels en cavale. C’est à la fois une force et une faiblesse.
Force car cela donne au récit des airs d’exercice de style qui ne sont pas pour me déplaire. Développer et travailler une seule thématique demande une certaine maîtrise et oblige l’auteur à creuser ses personnages. Et David Wautier fait montre de maîtrise, tant dans son découpage (avec une classique mais judicieuse utilisation de flash-backs) que dans le développement de la thématique centrale (cette soif de vengeance aveugle ce père de famille au point de le pousser à mettre ses enfants en danger).
Faiblesse car, forcément, cela restreint les possibilités de développement de l’univers. Et dans le cas présent, la linéarité du scénario est telle qu’elle crée une certaine monotonie. Ce n’est pas déplaisant à lire, il y a des thématiques abordées qui me semblent très intéressantes, mais ça manque quand même de matière à mes yeux.
Au niveau du dessin, je trouve avant toutes autres choses la couverture très réussie. Le contenu est lui aussi plutôt à mon goût. J’ai découvert un auteur talentueux qui n’est pas sans me rappeler un Benoît Blary dans le trait mais avec un emploi des couleurs plus classique, plus grand public. Le résultat est vraiment agréable à regarder et bien dans la ligne éditoriale des éditions Anspach (qui privilégient des styles classiques et élégants capables de séduire un large panel de lecteurs). Le choix du format de l’album convient également très bien au découpage de David Wautier : suffisamment grand pour que l’on puisse profiter des plans larges mais suffisamment réduit pour ne pas laisser de sensation de vide.
La lecture est très rapide et si l’histoire est bien construite et aborde des thématiques intéressantes, j’aurais aimé que l’auteur creuse un peu plus ses personnages, histoire d’encore plus casser l’aspect manichéen de cette quête. Mais c’est un bon western. Pas assez marquant à mes yeux pour que je monte à un « franchement bien » mais suffisamment prenant pour que je vous en conseille la lecture, voire même l’achat (même si là, le rapport temps de lecture/coût d’achat n’en fait pas une priorité à mes yeux).
Tiens, un manga réalisé par des auteurs français !
Avec "L'ombre de Moon", Nevan (au dessin) et Sylvain Ferret (scénario) nous proposent un one shot qui tient plutôt bien la route, même si la trame générale sent quand même le "déjà lu". Sans en révéler davantage, j'avais grosso modo compris l'essentiel de l'histoire rendu à la moitié.
Pour autant, la lecture de ce manga est agréable grâce à un bestiaire, des décors et des personnages bien imaginés. On se laisse prendre par le rythme soutenu du récit, valorisé par un découpage et un dessin dynamiques.
Côté "message", on sent que le scénariste a voulu faire passer pas mal de choses, ce qui se démarque à mon sens des mangas japonais que je trouve plus "binaires".
Deux auteurs à suivre avec une première production prometteuse.
2.5
Une œuvre typique des années 70, époque où sous l'influence du mouvement gekiga les mangakas brisaient tous les tabous et même les magazines pour garçons et pour filles proposaient des séries plus matures que ce qu'il se faisait avant.
Dans cette série on retrouve selon moi les forces et ls faiblesses de Kazuo Kamimura et aussi du gekiga de l'époque. En gros, le dessin est bon, il y a une bonne ambiance glauque et il y a de bonnes scènes, mais le scénario globalement est vraiment moyen. Ça sent l'improvisation parce qu'on passe souvent du coq à l'âne dans le scénario. On dirait que l'auteur avait une liste de sujets dont il voulait aborder et qu'il se foutait de la cohérence.
Les thèmes traités ne sont pas dénués d'intérêt et sont souvent encore d'actualité, mais ils ne sont pas souvent bien développé. On retrouve aussi le coté trop mélodramatique des mangas de l'époque qui va trop loin par moment pour être crédible. Je pense notamment à la scène où l'héroïne découvre la vérité sur la mort de son père. Les dialogues de cette scène sont bons, mais la mise en scène trop dramatique gâche tout. On dirait que les personnages sont des mauvais acteurs de théâtres qui surjouent.
Un manga à lire pour découvrir ce qu'on faisait à l'époque, mais cela a vieillis pour moi.
Je ressors avec un avis mitigé de ma lecture, mais celle-ci a quand même été agréable, d’où les trois étoiles.
Le dessin de Dethorey est lisible, mais je l’ai trouvé emprunté au début, avec quelques erreurs (proportions), et un côté un peu brouillon. Ça s’améliore au fil des tomes (à partir du tome 3 je dirais), même s’il fait bien son âge ! Je ne suis par contre pas fan de la colorisation, très – trop terne – donnant l’impression d’album insolés. Bon, par contre, ça peut coller avec l’ambiance générale de la série, où l’on ne baigne pas dans l’optimisme.
En effet, Giroud a ancré l’intrigue (ou les intrigues, tant on peut presque discerner des cycles d’un ou deux tomes) de la fin de la première guerre mondiale aux prémices de la seconde. Louis Ferchot, le personnage principal, est embarqué à son corps défendant dans tout un tas de péripéties douloureuses. Enrôlé durant la première guerre mondiale, il est, à la fin, embarqué dans des combats en Russie, puis déportés pour insubordination à Cayenne, c’est là que commence la série. Il débarque à Paris pour apprendre la mort de sa mère dans la misère, et puis il est immergé dans les violences des Ligues et un complot, puis est témoin de la montée du fascisme (il assiste à la tentative de putsch d’Hitler à Munich) en Allemagne, en Italie et en Espagne.
On le voit, l’arrière-plan est très riche, et à lui seul il est une mine inépuisable d’action. Giroud utilise bien ce matériau je trouve. Au point que ce décor vole la vedette à la vedette ! En effet, Louis, anar à principes, porte bien son nom, et il s’en prend plein la gueule (au propre comme au figuré) et court de désillusions en désillusions, même s’il poursuit tête baissée, accompagné de quelques idéalistes ou anti-fascistes comme lui (et de quelques femmes), tous et toutes finissant mal généralement.
En lui-même le personnage est intéressant, mais la répétition lasse un peu, et surtout Ferchot n’est souvent qu’un « guide touristique » d’une Europe à la dérive, qui s’efface derrière une machine qui le dépasse.
Et on a aussi parfois l’impression que Giroud force un peu le trait, pour faire en sorte que Ferchot soit partout où l’Histoire se fait, croise des personnages importants. C’est le cas avec Hitler, mais aussi avec Tzara dans le premier tome (passage en soi inutile pour l’intrigue, sur un ton qui de plus ne m’a pas convenu).
Bon, ceci dit, la lecture est plutôt agréable, le cadre historique intéressant. C’est globalement un bon millésime de cette collection Vécu.
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Un album sur le thème de l'inceste pédophile et sur son complexe impact sur l'ensemble familial. Émilie, alter ego de la co-scénariste et actrice Héloïse Martin, rejoint une grande réunion de famille pour fêter les cinquante ans de mariage de ses grands-parents. Sauf qu'a également été invité le coupable de crimes pédophiles à son encontre quand elle était enfant. Pourquoi est-il là ? Parce que la majorité des participants souhaite une famille complète et soudée et pardonner à cet homme pourtant jugé coupable par la justice, quitte à occulter la souffrance d'Emilie voire même à lui reprocher de se présenter en victime. Difficile sujet abordé avec délicatesse dans cette BD qui présente les faits mais pas forcément de solution. Dessin et couleurs sont doux et agréable. Le récit de cette réunion familiale à la montagne est crédible et bien mené. La mise en scène du trouble de l'héroïne est bien transmise aux lecteur. Avec elle, on est outrée du comportement d'une grosse partie de sa famille et de comment une telle situation peut avoir lieu. C'est en effet la victime qui est rabrouée et le coupable pardonné sans ambages. On veut comprendre pourquoi, comment une telle chose est possible, et on est révolté par certaines paroles échangés entre membres d'une même famille. C'est intéressant et cela ouvre beaucoup de questions. En tant que père et fils, je peux comprendre l'instinct de vouloir protéger son enfant ou son propre père, quitte à vouloir occulter des choses terribles, à essayer de les enfouir pour qu'elles disparaissent éventuellement et permettre ainsi de retrouver une vie familiale sereine. Mais en même temps, comment imaginer faire ça au détriment d'un autre membre de votre famille ? En cela, le comportement de la grand-mère est odieux, et celui de la mère décevant de passivité. Toute la complexité de cette situation est bien mise en avant ici... mais certains choix narratifs me laissent un peu perplexe. Je n'ai notamment pas compris ce choix de laisser planer le doute jusqu'à tard dans l'album sur l'identité du coupable. C'est clairement voulu mais je n'ai pas vu ce que cela apportait si ce n'est une confusion chez le lecteur. D'autant que quand celui-ci est finalement désigné, il faut revenir en arrière dans les pages pour savoir qui il est et quel est son rapport avec l'héroïne et les autres membres de la famille. De même, la réalité de ce qu'il s'est passé autrefois n'est dévoilée que bribes par bribes, laissant là encore le lecteur dans l'inconnu pendant un bon moment. J'ai le sentiment que si le lecteur avait su plus rapidement qui était qui et ce qu'il s'était passé concrètement, il aurait pu mieux appréhender les réactions de chaque membre de la famille et ne pas être trop longtemps laissé de côté, comme un intrus dans une famille étrangère. Cela a légèrement gâché le plaisir et l'intensité de ma lecture alors que l'album est bien fait et aborde avec sincérité et intérêt un sujet complexe et intime.
Kuzuryu
2.5 Un manga qui rappelle ''Lone Wolf & Cub'' et d'ailleurs c'est paru à la même époque. Ce que j'ai surtout aimé c'est le dessin de Shotaro Ishinomori qui est beaucoup plus réaliste que ce qu'on retrouve dans ses autres mangas parus en français. Il y a de superbes planches. Sinon, le scénario se passe dans le Japon historique et même si j'aime bien l'histoire, plusieurs mangas qui se passent durant cette période ne m'ont pas intéressé et ici j'ai trouvé le résultat moyen. Le héros est typiquement le genre de héros macho qui me laisse indifférent: il est surtout fort et réussit toujours à battre les méchants tout en restant stoïque. Heureusement, il devient un peu intéressant lorsque le scénario met en avant sa vengeance, surtout lorsqu'il va enfin exprimer des émotions comme un humain normal. Le récit mélange des chapitres qui font avancer la trame principale et les récits épisodiques où le héros vit des aventures à chaque village où il se rend. Le résultat est inégal et mon intérêt variait selon les chapitres, certains étant bons et d'autres d'intérêt limité. Au final, cela se laisse lire, mai ce n'est pas un album que je relirai un jour, surtout qu'il est lent.
Sous la ceinture
Une jeune femme, Diane, espoir de la boxe, qualifiée aux J.O., abandonne brusquement sa carrière, et disparait des radars. Jusqu’à ce qu’elle entende parler à la télé de son entraineur de l’époque, et que revienne à la surface le viol dont elle a été victime de sa part. d’abord hésitante, elle va alors se lancer dans un pari fou pour faire éclater la vérité et surtout se venger publiquement, en le défiant dans un match de boxe, en se faisant passer pour un garçon ! Le sujet est des plus actuels – hélas ! – et dans la ligne des vagues « metoo », et Freaks y ajoute l’homosexualité dans le sport, et flirt avec le travestissement. La narration est fluide et globalement agréable, comme la lecture. Et on ne peut que soutenir les idées véhiculées par Freaks, et incarnées par Diane, même si l’intrigue semble en grande partie romancée et ne s’inspirant pas directement d’une histoire vraie. Mais je n’irai pas au-delà des trois étoiles, contrairement à Spooky. D’abord parce que le dessin, pourtant très lisible, n’est pas très fouillé ou pas trop ma tasse de thé. Ensuite parce que j’ai trouvé un peu improbable certains détails du scénario. La façon dont Diane réussit à masquer sa féminité au cours des différents combats, et j’ai du mal à croire qu’une femme puisse vaincre autant de boxeur masculins (aguerris), même si je n’y connais pas grand-chose en boxe. Un sujet intéressant, traité de façon assez original. Il m’a toutefois manqué quelques petites choses pour davantage apprécier ma lecture.
Sp4rx
Un album que j’ai trouvé au fin fond du rayon comics, l’objet m’a suffisamment titillé pour l’emprunt. Je découvre l’éditeur et l’auteur pour l’occasion. Une lecture curieuse mais qui ne restera pas spécialement dans ma mémoire. J’ai mis une trentaine de pages avant de vraiment pouvoir me plonger dans l’histoire. Cette dernière n’est pas désagréable mais fait franchement déjà vu, un futur divisé en 2 classes, le classique inférieurs vs supérieurs. Nous y suivrons Sp4rx, hacker surdoué qui survie comme il peut, avant d’embrasser la cause de la résistance contre la méchante corporation. Vous l’aurez compris, pas de grande originalité pour le fond, par contre la forme possède quelques qualités. Si le récit s’avère linéaire, j’ai bien aimé certains passages, comme les pages du JT qui donnent des clés de compréhension de façon ingénieuses sur pas mal de thématiques de ce monde pourri (pub, sport, débat, religion …), où les passages dans la « matrice » graphiquement réussis avec ce noir et blanc, une fin sympa … Le dessin au style simple et enfantin n’a pas été un frein (dans la veine de Guillaume Long et Max de Radiguès), je n’ai tiqué que sur ses nez (il gommera ce reproche en cours de route). L’auteur arrive à jouer avec ses qualités et défauts pour créer une certaine atmosphère et ambiance. Rien de fou ni novateur mais quand même pas mal.
Barcelona, âme noire
Quand on entame cet album sans rien en savoir, le prologue mettant en scène le héros à l'âge de jeune adolescent et évoquant son passé laisse penser qu'on va suivre le récit de sa jeunesse et du traumatisme qui semble l'avoir affecté. Mais ce n'est en réalité là que le tout début de l'histoire car cette BD va raconter quasiment toute la vie de cet homme, Carlos Vargas Moreno, de son enfance durant la guerre civile espagnole jusqu'à 1975, et surtout montrer comment son parcours complexe va l'amener à devenir l'un des rois de la pègre de Barcelone durant toute la période Franquiste. A travers lui, on découvre une histoire familiale tragique ainsi qu'un aperçu de la société Barcelonaise sous la dictature de Franco. Trois dessinateurs se partagent le dessin sans que je sois capable de distinguer qui a fait quoi et où s'arrête l'apport de l'un ou l'autre. Il faut dire que Torrents avaient déjà fait la preuve avec Le Convoi qu'il était capable de produire un graphisme proche de celui de Ruben Pellejero (Un peu de fumée bleue...) avec une ligne claire élégante et un encrage épais. Quant à Martín Pardo, dont c'est la première BD que je lis, il se fond bien au style des deux autres. Le résultat est visuellement très appréciable et pousse à la lecture : c'est beau et mis en scène avec une grand clarté. L'histoire surprend un peu par son rythme, les années s'écoulant parfois très vite d'une scène à la suivante, donnant une légère impression de survoler la vie du héros et de n'en avoir que des extraits, mais des extraits plutôt bien choisis qui forment un tout cohérent et consistant. Les drames sont nombreux dans la jeunesse du héros et forgent le caractère du futur adulte qu'il deviendra. Pas de manichéisme car Carlos n'a rien d'un saint, passant du statut de victime à celui de salaud à peine mesuré dans ses actes. Certaines transitions entre les années sont un peu abruptes et donnent l'impression d'avoir manqué une étape ou deux, mais l'ensemble fonctionne et j'ai apprécié de suivre ce parcours d'un homme et de découvrir à travers lui la situation du Pays Catalan dans ces années là. La dictature franquiste est un élément essentiel de l'intrigue mais elle se personnalise avant tout en la personne d'un policier pourri qu'on en vient très vite à détester, aussi minable que le fascisme qu'il adule. Ce fut pour moi une lecture intéressante et prenante mais dont le personnage principal devient de moins en moins attachant au fil des années, ce qui, ajouté au sentiment de superficialité d'une narration au rythme un peu échevelé, établit une certaine distance entre le lecteur et l'émotion qui pourrait se dégager de cette histoire. Elle apparait dès lors davantage instructive que vraiment touchante. J'en conserve toutefois un agréable souvenir et l'envie probable de la relire un jour ou l'autre.
La Brute et le Divin
Voici une BD dont j'attendais beaucoup et qui m'a malheureusement déçu. Sans doute méritait-elle une pagination plus importante pour développer davantage les points de vue des 3 protagonistes (l'héroïne, le ministère et l'entreprise privée), pour comprendre chez l'une l'évolution du point de vue et la maîtrise du projet, chez les autres la dualité et le froid pragmatisme. En l'état, tout est un peu rapide, volontiers caricatural et fort peu réflexif. La dénonciation est alors bien faible et bien vite caricaturée par cet improbable personnage de l'agent de sécurité. Le choix politique de subventionner la transition écologique et d'en laisser la chronologie et la moralité au bon vouloir des entreprises privées, a pour conséquence d'inattendus écocides comme les forages en mer dont il est question ici [ou ces lourdes voitures électriques et batteries ultra polluantes souvent chargées en accéléré, dont l'usage ne permettra pas de compenser le désastreux bilan carbone initial ; ou ces légumes biologiques cultivés sous serres chauffées au fioul ; ou ces centrales nucléaires sur-consommatrices d'eau produisant des déchets dont on ne sait que faire hormis un problématique enfouissement ; ou... bref, fin de l'aparté]. Tout cela sera à peine évoqué, alors que la réunion initiale dans les bureaux du ministère nous le laissait espérer. L'on assiste plutôt à un agréable récit d'aventure, avec une héroïne donnant d'abord une réalité à sa quête de sens au travail, puis confrontée à la problématique de la survie en autarcie (elle sera gagnée par la faim, la soif, le danger de l'isolement...), puis confrontée à cette intrusion capitaliste. Ce projet fut longtemps porté et remis à plus tard par son auteur. Un peu comme un étudiant dépassé par son sujet de mémoire, il a peut-être manqué le méticuleux regard d'un éditeur pour cadrer l'ensemble et éviter l'écueil de vouloir emprunter toutes les directions, au risque de n'en traiter aucune véritablement. C'est néanmoins dynamique, avec des décors joliment illustrés et finement colorés à l'aquarelle (je suis plus réservé quant aux personnages souvent sur-expressifs), le sujet est beau et original. Une demi-réussite donc.
La Vengeance
Incontestablement, ce western porte bien son nom. De fait, l’histoire se résume uniquement à la traque vengeresse d’un père de famille sur les traces de trois criminels en cavale. C’est à la fois une force et une faiblesse. Force car cela donne au récit des airs d’exercice de style qui ne sont pas pour me déplaire. Développer et travailler une seule thématique demande une certaine maîtrise et oblige l’auteur à creuser ses personnages. Et David Wautier fait montre de maîtrise, tant dans son découpage (avec une classique mais judicieuse utilisation de flash-backs) que dans le développement de la thématique centrale (cette soif de vengeance aveugle ce père de famille au point de le pousser à mettre ses enfants en danger). Faiblesse car, forcément, cela restreint les possibilités de développement de l’univers. Et dans le cas présent, la linéarité du scénario est telle qu’elle crée une certaine monotonie. Ce n’est pas déplaisant à lire, il y a des thématiques abordées qui me semblent très intéressantes, mais ça manque quand même de matière à mes yeux. Au niveau du dessin, je trouve avant toutes autres choses la couverture très réussie. Le contenu est lui aussi plutôt à mon goût. J’ai découvert un auteur talentueux qui n’est pas sans me rappeler un Benoît Blary dans le trait mais avec un emploi des couleurs plus classique, plus grand public. Le résultat est vraiment agréable à regarder et bien dans la ligne éditoriale des éditions Anspach (qui privilégient des styles classiques et élégants capables de séduire un large panel de lecteurs). Le choix du format de l’album convient également très bien au découpage de David Wautier : suffisamment grand pour que l’on puisse profiter des plans larges mais suffisamment réduit pour ne pas laisser de sensation de vide. La lecture est très rapide et si l’histoire est bien construite et aborde des thématiques intéressantes, j’aurais aimé que l’auteur creuse un peu plus ses personnages, histoire d’encore plus casser l’aspect manichéen de cette quête. Mais c’est un bon western. Pas assez marquant à mes yeux pour que je monte à un « franchement bien » mais suffisamment prenant pour que je vous en conseille la lecture, voire même l’achat (même si là, le rapport temps de lecture/coût d’achat n’en fait pas une priorité à mes yeux).
L'Ombre de Moon
Tiens, un manga réalisé par des auteurs français ! Avec "L'ombre de Moon", Nevan (au dessin) et Sylvain Ferret (scénario) nous proposent un one shot qui tient plutôt bien la route, même si la trame générale sent quand même le "déjà lu". Sans en révéler davantage, j'avais grosso modo compris l'essentiel de l'histoire rendu à la moitié. Pour autant, la lecture de ce manga est agréable grâce à un bestiaire, des décors et des personnages bien imaginés. On se laisse prendre par le rythme soutenu du récit, valorisé par un découpage et un dessin dynamiques. Côté "message", on sent que le scénariste a voulu faire passer pas mal de choses, ce qui se démarque à mon sens des mangas japonais que je trouve plus "binaires". Deux auteurs à suivre avec une première production prometteuse.
Maria
2.5 Une œuvre typique des années 70, époque où sous l'influence du mouvement gekiga les mangakas brisaient tous les tabous et même les magazines pour garçons et pour filles proposaient des séries plus matures que ce qu'il se faisait avant. Dans cette série on retrouve selon moi les forces et ls faiblesses de Kazuo Kamimura et aussi du gekiga de l'époque. En gros, le dessin est bon, il y a une bonne ambiance glauque et il y a de bonnes scènes, mais le scénario globalement est vraiment moyen. Ça sent l'improvisation parce qu'on passe souvent du coq à l'âne dans le scénario. On dirait que l'auteur avait une liste de sujets dont il voulait aborder et qu'il se foutait de la cohérence. Les thèmes traités ne sont pas dénués d'intérêt et sont souvent encore d'actualité, mais ils ne sont pas souvent bien développé. On retrouve aussi le coté trop mélodramatique des mangas de l'époque qui va trop loin par moment pour être crédible. Je pense notamment à la scène où l'héroïne découvre la vérité sur la mort de son père. Les dialogues de cette scène sont bons, mais la mise en scène trop dramatique gâche tout. On dirait que les personnages sont des mauvais acteurs de théâtres qui surjouent. Un manga à lire pour découvrir ce qu'on faisait à l'époque, mais cela a vieillis pour moi.
Louis la Guigne
Je ressors avec un avis mitigé de ma lecture, mais celle-ci a quand même été agréable, d’où les trois étoiles. Le dessin de Dethorey est lisible, mais je l’ai trouvé emprunté au début, avec quelques erreurs (proportions), et un côté un peu brouillon. Ça s’améliore au fil des tomes (à partir du tome 3 je dirais), même s’il fait bien son âge ! Je ne suis par contre pas fan de la colorisation, très – trop terne – donnant l’impression d’album insolés. Bon, par contre, ça peut coller avec l’ambiance générale de la série, où l’on ne baigne pas dans l’optimisme. En effet, Giroud a ancré l’intrigue (ou les intrigues, tant on peut presque discerner des cycles d’un ou deux tomes) de la fin de la première guerre mondiale aux prémices de la seconde. Louis Ferchot, le personnage principal, est embarqué à son corps défendant dans tout un tas de péripéties douloureuses. Enrôlé durant la première guerre mondiale, il est, à la fin, embarqué dans des combats en Russie, puis déportés pour insubordination à Cayenne, c’est là que commence la série. Il débarque à Paris pour apprendre la mort de sa mère dans la misère, et puis il est immergé dans les violences des Ligues et un complot, puis est témoin de la montée du fascisme (il assiste à la tentative de putsch d’Hitler à Munich) en Allemagne, en Italie et en Espagne. On le voit, l’arrière-plan est très riche, et à lui seul il est une mine inépuisable d’action. Giroud utilise bien ce matériau je trouve. Au point que ce décor vole la vedette à la vedette ! En effet, Louis, anar à principes, porte bien son nom, et il s’en prend plein la gueule (au propre comme au figuré) et court de désillusions en désillusions, même s’il poursuit tête baissée, accompagné de quelques idéalistes ou anti-fascistes comme lui (et de quelques femmes), tous et toutes finissant mal généralement. En lui-même le personnage est intéressant, mais la répétition lasse un peu, et surtout Ferchot n’est souvent qu’un « guide touristique » d’une Europe à la dérive, qui s’efface derrière une machine qui le dépasse. Et on a aussi parfois l’impression que Giroud force un peu le trait, pour faire en sorte que Ferchot soit partout où l’Histoire se fait, croise des personnages importants. C’est le cas avec Hitler, mais aussi avec Tzara dans le premier tome (passage en soi inutile pour l’intrigue, sur un ton qui de plus ne m’a pas convenu). Bon, ceci dit, la lecture est plutôt agréable, le cadre historique intéressant. C’est globalement un bon millésime de cette collection Vécu.