Les derniers avis (49008 avis)

Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série Red Gun
Red Gun

1866, USA, chantier de construction de chemins de fer : Le décor est immédiatement planté. S'il fallait enfoncer le clou, on aura droit très vite à de la poussière, des colts, des chevaux et un saloon. Les codes du western sont respectés à la lettre. Sauf que ce récit lorgne fortement du coté du polar. En effet il y sera question de meurtres de prostituées, proférés par ce qui ressemble à un sérial killer. On suit un chasseur de primes, mandaté pour résoudre l'affaire. Le récit est plutôt efficace, bien servi par un dessin agréable, même si les couleurs sont parfois un peu sombres. Notre héros va de suspects en suspects, interroge les différents témoins et il est plutôt doué pour démêler le vrai du faux. Il est surtout bien malin pour éviter les fausses pistes évidentes dans lesquelles l'intendant du chantier se précipite un peu trop volontiers. Ca parait trop facile pour lui. L'histoire est conclue en un tome, mais la série devrait comporter d'autres titres par la suite. Du coup un effort est fait pour distillé quelques infos sur son passé et nous montrer un héros tourmenté par de vieux démons. Si il fallait reprocher quelque chose à cette enquête c'est qu'au final on a l'impression que la vérité arrive un peu sur un plateau à notre héros. Ce n'est pas le résultat d'un travail d'investigation minutieux (c'est pas Sherlock Holmes). Il explore les environs à la recherche du suspect, élimine deux ou trois pistes et pousse un peu la 4e quand un détail louche retient son attention. Et cette dernière piste sera la bonne, comme par hasard. Du coup le suspens est un peu inexistant, mais c'est pas gênant. Cette lecture n'est pas prise de tête et c'est déjà très bien.

04/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Aventures de Philou et Mimimaki
Les Aventures de Philou et Mimimaki

Malgré un graphisme qui m'a séduit je n'ai pas accroché à l'humour de cette série. C'est dommage car il y a de nombreux passages plaisants. Le récit travaille entre la satire sociale portée par Maki et le documentaire culturel dans les pérégrinations du groupe qui entoure le lémurien. Si j'ai bien aimé les descriptions de villes, de musiciens ou de traditions malgaches j'ai moins apprécié les remarques (souvent vulgaires) d'une philosophie de comptoir de Maki. C'est de l'humour "déconne" qui n'est pas ma tasse de thé. D'ailleurs les auteurs indiquent dès le titre et le nom de la série cette volonté déjantée. Cela reste tout de même assez soft. À l'inverse j'ai bien aimé le graphisme de Farahaingo qui porte une force humoristique importante dans les expressions utilisées. La mise en couleur assez kitch renvoie à une exubérance exotique qui convient bien au récit. Une lecture dépaysante mais que j'ai moyennement appréciée. Dans le genre je préfère les aventures de Rémy.

04/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Queen en BD
Queen en BD

Now I’m here, Don’t stop me now, Bohemian Rhapsody, The Show must go on, We will rock You/We are the champions, Killer queen, I’m going slightly mad, Radio gaga, I want to break free, Innuendo… La liste est tellement longue qu’il est impossible de ne pas oublier l’un ou l’autre tube signé par ce prodigieux groupe que fut Queen. Un groupe qui m’aura accompagné depuis mon enfance (je n’avais que 5 ans lorsque Bohemian Rhapsody a envahi les ondes) jusqu’à la fin de mes études (je me souviens encore du concert hommage de 1992, regardé dans le salon TV de l’internat dans lequel je séjournais alors). Un groupe protéiforme, une somme d’individualités qui ne parvenaient jamais à donner le meilleur d’elles-mêmes que lorsqu’elles étaient réunies (il suffit d’écouter les projets solos des différents membres pour s’en convaincre). Queen, quoi ! Séduit par le volume consacré à Led Zeppelin dans cette même collection éditée par Petit à Petit, je me suis laissé tenter par cet album. Avec une grosse crainte toutefois : voir les auteurs se focaliser sur Freddy Mercury et oublier les autres membres du groupe. Heureusement, il n’en est rien et le volet documentaire de ce livre est parfaitement maitrisé et très réussi. Bien sûr, il est impossible de parler de tout mais les auteurs reviennent sur de nombreux événements marquants et impliquant l’ensemble des musiciens, de sorte que nous avons droit à une très belle rétrospective hors de laquelle on peut pêcher l’une ou l’autre anecdote moins connue. De la sorte, que l’on soit fan ou juste curieux de mieux connaître ce groupe, chaque lecteur peut trouver son bonheur. Au niveau du dessin, je suis par contre nettement moins enthousiaste. Les différents dessinateurs officient dans des styles très disparates (ce qui n’est pas un défaut) dont certains m’ont semblé peu adaptés au propos ou maladroit au niveau des morphologies (et ça, c’est plus gênant). Sans le contexte, à certains moments j’aurais bien eu du mal à vous dire si tel dessinateur avait voulu croquer Freddy Mercury ou Linda de Suza ! Au niveau de l’alternance dessin/documentaire, j’ai également trouvé cet album par moments maladroit, avec des enchainements qui ne se complétaient pas toujours, avec des redites inutiles. Ce n’est pas dramatique mais j’espérais quand même mieux. Si le sujet vous intéresse, cet album a de quoi vous satisfaire mais c’est surtout via sa partie documentaire. Le côté bd, lui, m’a un peu déçu… mais c’est une lecture que je ne regrette quand même pas. Et puis ce concept d'alterner bandes dessinées et courts documentaires est un fameux moteur pour la lecture puisqu'il nous encourage à continuer celle-ci, chaque volet étant suffisamment court pourque l'on se dise "Bon ! Allez, je vais encore lire ça puis j'arrête"... sans jamais vraiment arrêter.

04/03/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Retour à Neverland
Retour à Neverland

Neverlanders, en version originale, est un comics pour jeunes ados reprenant le concept du Pays Imaginaire de Peter Pan imaginé par J. M. Barrie. L'histoire se déroule de nos jours et met en scène un groupe de 5 orphelins survivant en groupe dans une société qui les ignore, tandis que du côté du monde imaginaire Peter Pan et la majorité des Enfants perdus ont été tués par les pirates. Paco, le dernier survivant de ces derniers, est venu dans le monde réel chercher ces cinq là pour devenir les nouveaux Enfants perdus, voire peut-être le nouveau Pan pour l'un d'entre eux. De retour à Neverland, les orphelins vont découvrir une île assiégée par des pirates bien armés et aidés de créatures maléfiques, et ils vont devoir compter sur les costumes et super-pouvoirs qu'ils vont chacun gagner pour contrer la menace et sauver l'Arbre-Coeur du Pays Imaginaire. Si on en retrouve bien les décors et l'idée de base de Peter Pan, on est clairement ici dans le domaine du récit de super-héros pour adolescents, avec pour originalité ce cadre de fantasy. Chacun des héros va recevoir son super-costume et des pouvoirs qui lui seront propres, et ils s'organiseront en une équipe soudée pour combattre des vilains très vilains. Les pirates sont en dirigeable et armés de pistolets et autres fusils mitrailleurs. Quant au fées et à Clochette en particulier, c'est une armée de petites créatures volantes aux allures punk, prêtes à en découdre avec l'ennemi. Graphiquement, c'est du comics jeunesse, légèrement influencé par l'animation Disney. C'est un style maîtrisé, dynamique, percutant, un peu trop convenu toutefois. Il cherche plus à donner de la classe à ses personnages qu'à les rendre crédibles, et un lecteur adulte s'étonnera par exemple du style vestimentaire cool et recherché des pauvres orphelins dès les premières pages. On est ici dans de l'action à grand spectacle et sans prise de tête. Il y a beaucoup de passages stéréotypés, et je pense notamment au traitement du plus âgé des orphelins et de ce qu'il va être amené à faire. Les auteurs revisite le mythe de Peter Pan et bouleverse un peu la situation au pays imaginaire par rapport à ce que l'on en connait de l'oeuvre de Barrie. A ce sujet, la fin du tome 1 apporte une révélation fracassante mais que je trouve assez factice et peu crédible par rapport aux caractères des personnages concernés. Globalement, c'est une série divertissante mais sans doute plus à même de séduire de jeunes lecteurs que des adultes. A noter que l'album actuellement paru porte le numéro 1 indiquant que, même si c'est une histoire complète qui peut se suffire à elle-même, les auteurs n'excluent pas la possibilité d'une suite.

04/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Lino Ventura et l'oeil de verre
Lino Ventura et l'oeil de verre

Lino Ventura est un de mes acteurs préférés depuis que j'ai quitté un univers exclusivement Disney. J'aime à la fois l'acteur et aussi l'homme dans son côté "brut de fonderie" du gros dur au cœur tendre. J'ai été un peu déçu par la série qui manque un peu de souffle à mes yeux. Arnaud Le Gouëfflec reprend le modèle ultra classique de l'interview pour éclairer différents aspects de la vie et de la carrière de Lino. En premier lieu, le personnage du journaliste/enquêteur est un peu faible et assez loin du Jacques Brel de "L'emmerdeur" dont j'ai cru reconnaître le schéma. Ensuite j'ai senti le scénario hésitant entre le côté perso et le côté acteur. Cela donne une suite d'anecdotes que j'ai lues avec intérêt mais il manque de la fluidité et du lien pour que le récit soit plus touchant. Je trouve que les auteurs passent trop vite sur des passages clés comme ses liens avec Giovanni ou son implication dans "Perce-neige" à une époque où le handicap était surtout caché. Le graphisme de Stéphane Oiry fait le travail même si je trouve que le visage de Lino n'est pas toujours constant au fil des cases. De plus je trouve que l'auteur abuse des mimiques incontournables du Lino acteur. Pour finir je n'ai pas été séduit par cette mise en couleur avec un fond jaunâtre ou rosâtre. Toutefois malgré ces réserves j'ai pris du plaisir à retrouver cet homme que j'apprécie beaucoup.

04/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Sherlock Holmes - La BD dont vous êtes le héros
Sherlock Holmes - La BD dont vous êtes le héros

Ced reprend un concept très en vogue dans les années 90. J'étais assez fan de ces lectures avec mon fils qui nous faisait lire, jouer avec des dés et développer votre propre imaginaire Fantasy. J'avoue que je suis moins fan (l'âge ?) de la reprise du concept dans le domaine de la BD. En effet je trouve que la discontinuité des cases rompt le charme de l'univers BD. Toutefois je reconnais que Ced a bien réussi sa série. Tout d'abord il a choisi le bon personnage avec un Sherlock bien dans l'esprit d'origine avec de l'humour et des enquêtes multidirectionnelles. La construction est bien faite et je ne me suis jamais perdu en chemin. Ced donne envie d'aller explorer tous les chemins disponibles ce qui propose plusieurs lectures possibles. Le graphisme de Ced est rempli d'humour et très accessible à un public pré-ado. C'est assez simple dans les détails mais travaille bien sur l'expression des personnages. Un tome m'a suffi mais la série peut plaire à un public jeune et curieux d'autant plus qu'elle est techniquement bien réalisée.

04/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Silence est d'ombre
Le Silence est d'ombre

Mon premier contact avec la collection Les Contes des coeurs perdus, le public visé est un lectorat assez jeune mais je jetterai volontiers un œil sur les autres albums. Une lecture que je juge un peu trop rapide mais servie par une belle histoire autour de la mort, et surtout un graphisme très agréable, les couleurs sont vraiment bien réussies. J’ai adoré les cases représentant les voyages de nos 2 amis. Il y a beau côté poétique qui s’en dégage. Parfait pour la cible.

03/03/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Ranpo Gekiga - Anthologie
Ranpo Gekiga - Anthologie

2.5 Premier tome d'une anthologie sur les adaptations en mangas des œuvres de l'écrivain japonais Edogawa Ranpo que je ne connais pas, mais qui semble avoir laissé sa marque sur la littérature japonaise et d'ailleurs il y a déjà des adaptations de ses récits enregistrées sur le site. Ce premier tome contient deux histoires qui ont pour thème commun les lieux utopiques paradisiaques. La première est par le célèbre Kazuo Kamimura qui adapte une nouvelle qui avait déjà eu une autre adaptation en manga à savoir ''L'Ile panorama''. Un type prend la place d'un mort riche et va profiter de sa fortune pour bâtir son utopie sur une ile. L'idée de base n'est pas mauvaise, mais le récit n'est pas passionnant. En fait, on retrouve ce que je n'aime pas trop dans le style gekiga. Le dessin est pas mal quoique j'ai déjà vu Kamimura mieux dessiner. Il y a une belle atmosphère et justement j'ai l'impression que tout le récit mise sur cette atmosphère et qu'on se fiche du reste comme rendre les personnages intéressants ou la logique du scénario. Ce qui n'aide pas c'est que le récit se termine dans un gros délire psychédélique qui ne m'a pas du tout intéressé. Le second récit est meilleur. Cette fois-ci on est encore dans un lieu étrange bâti par un riche excentrique avec comme différence que si le premier récit montrait surtout comment le lieu avait été bâti, ici tout est construit dès le départ et on voit ce qui arrive lorsqu'un tueur en série se cache parmi les invités et qu'un inspecteur fait tout pour trouver le coupable. Le récit est classique, mais pas mal même si on tombe encore par moment dans le grand-guignolesque que les Japonais semblent affectionner et que personnellement je n'aime pas trop. L'action se passe dans un parc d'attraction étrange et j'ai bien aimé l'atmosphère qui se dégage de ce lieu. Le dessinateur est un inconnu et son style est typique du manga réaliste de l'époque et il est efficace. Donc le premier tome de cette anthologie ne m'a qu'à moitié convaincu et mine de rien cela fait au moins deux ans qu'il est sorti sans avoir de suite.

03/03/2024 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Anna Politkovskaïa - Journaliste dissidente
Anna Politkovskaïa - Journaliste dissidente

Le 7 octobre 2006, l'assassinat d'Anna Politkovskaïa. Le 16 février 2024, la mort plus que suspecte d'Alexeï Navalny. Rien ne change dans la Russie de Poutine, il ne fait pas bon de critiquer le régime en place, la mort frappera à un moment ou un autre. Cette BD commence en 1999 avec la deuxième guerre tchétchène, puis bascule en 2002 et la prise d'otages au théâtre de la Doubrovka et enfin direction Beslan en Ossétie du nord pour la prise d'otages de plus de mille personnes, dont une majorité d'enfants. Des événements qui seront couverts pour le journal Novaïa Gazeta par Anna Politkovskaïa et à chaque fois la même question : à qui profite le crime ? Et toujours la même réponse : Poutine, le nouveau tsar de Russie. La BD est instructive, mais je lui reproche un manque de liant entre les différentes périodes, de ne pas assez s'attarder sur la personnalité de cette courageuse femme et d'être trop vite lue. Mais un album qui à le mérite de rappeler l'épée de damoclès qui plane au dessus de chaque tête des journalistes d'investigations en Russie. Six autres journalistes ou collaborateurs de Novaïa Gazeta ont été tués entre 2000 et 2009, dont Natalia Estemirova, 50 ans, qui avait remplacé Anna Politkovskaïa au sein du journal ou encore Anastassia Babourova en 2009. Comme trop souvent dans la BD documentaire, un dessin qui ne m'enthousiasme pas. Un noir et blanc efficace, qui va à l'essentiel et qui fait le boulot. Sans plus. Pour ne pas oublier.

03/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Panique à Saint-Pancréas
Panique à Saint-Pancréas

Vanoli est un auteur original que j’aime bien. Son œuvre – relativement importante – s’est développée en marge (éditeurs, inspiration, dessin) du mainstream. Cette histoire décousue, un chouia loufoque, m’a quand même un peu déçu. Il y a sans doute trop de longueurs, peut-être pas assez de moments contemplatifs, comme c’est souvent le cas chez lui. Mais la lecture est quand même globalement agréable. D’abord parce que j’aime bien son dessin. Il use une nouvelle fois d’un trait gras, charbonneux, avec des personnages à l’image de l’intrigue, brinquebalants (animaux et humains intervertissent parfois leurs rôles). Et Vanoli s’écarte volontairement de tout réalisme, pour insuffler de la poésie, un peu d’absurde, dans son histoire, où les oiseaux ne volent plus, où certains humains « lévitent ». Un récit inclassable, pas le meilleur de l’auteur, mais une lecture sympathique néanmoins. Note réelle 2,5/5.

03/03/2024 (modifier)