« Les chasses du comte Zaroff » est un titre qui me parle, sans que j’aie vu le film en question (pas plus que la nouvelle qui l’a inspiré). Et c’est bien dommage, il faudra bien que je la découvre, car elle a été coréalisée par Schoedsack, aussi coréalisateur du génial « King Kong » !
C’est donc sans ces points de comparaison que j’ai lu la version- ou plutôt la sorte de suite – imaginée par Runberg.
Le résultat est globalement bon, très efficace. En effet, tout est misé sur l’action, le rythme – au détriment de la profondeur des personnalités. Nous suivons donc une énorme chasse à l’homme (ou plutôt deux chasses en une !), sans aucun temps mort. Et là Runberg a cherché à placer tous les clichés du genre : sur une île déserte, des animaux sauvages, des pièges, une nature hostile (avec de gros orages), un rapport de force au départ déséquilibré, mais qui permet de faire disparaître au fur et à mesure un grand nombre de personnes pour un rééquilibrage final, etc. Bref, du déjà vu (voir « Jurassic Park : le monde perdu » de Spielberg, par exemple, qui inverse lui aussi les rapports entre chasseurs et chassés). Le côté niaiseux en moins, le pitch de la chasse à l’homme m’a aussi fait penser à un épisode de la pauvre série « L’île fantastique » (je ne sais plus trop pourquoi ?).
Il faut donc accepter d’entrer sans trop de questions dans l’intrigue qui, un peu bâtie sur du réchauffé, est quand même bien fichue. Il faut aussi faire abstraction des quelques facilités scénaristiques (la très rapide reconstruction d’un nouveau territoire de chasse et d’un château par Zaroff, sur une île loin de tout, la vitesse incroyable à laquelle son sbire fabrique un brancard pour son neveu, ainsi que la vitesse des déplacements de Zaroff sur son île pour éliminer ses poursuivants – sur la plage en particulier, etc.).
Cela dit, l’histoire se laisse lire rapidement, elle est assez prenante, et agréable. D’autant plus que Miville-Deschênes a encore progressé, son trait étant plus dynamique (les visages moins statiques, figés par exemple) que pour sa précédente collaboration avec Runberg, « Reconquêtes ».
****************
Maj après lecture du tome 2 (La vengeance de Zaroff).
j'ai retrouvé dans ce deuxième album le beau dessin de Miville-Deschênes, qui se trouve aussi à l'aise à représenter les étendues hivernales russes que la jungle tropicale. C'est en tout cas un réel plus, et rend agréable la lecture.
Quant à l'histoire, elle se laisse lire, c'est dynamique , sans fioriture ni vraie psychologie, les amateurs de récits guerriers et d'action y trouveront leur compte.
Mais ils doivent être prêts à avaler plus de couleuvres que dans le premier tome. En effet, les grandes lignes, comme pas mal de détails sont vraiment improbables et menacent franchement la crédibilité de l'ensemble. Aller chercher une savante russe à Moscou, en pleine offensive allemande de 1941, traverser les lignes allemandes et russes aussi facilement dans les deux sens, retrouver son chemin (même si on est sensé être originaire du pays) dans la nuit, la neige et en pleine bataille, voila bien un exploit improbable de Zaroff, qui n'oublie pas de trouver le temps de mettre en scène toutes ses tueries. Et je ne parle pas de l'aller retour d'avions américains pour déposer le commando et venir chercher les survivants, dans une zone concentrant sans doute des milliers d'avions russes et allemands...
Mais si vous acceptez ce lot de facilités (et d'autres), ça peut être une lecture défouloir plaisante. Un album qui peut tout à fait être lu sans connaitre le premier tome, tant Runberg s'est écarté de l'intrigue d'origine (et je ne parle pas seulement du cadre géographique).
Bref, une belle mise en images d'une fantaisie guerrière que Runberg a voulu un peu trop "too much".
Comme souvent dans cette collection, la mise en place, la présentation du contexte et de quelques « participants » est bien plus longue que celle de la bataille elle-même. Il faut dire que de bataille il n’y eut pas vraiment, tant cette « rencontre » entre une flottille espagnole sous équipée et en fuite et une armada américaine très nettement supérieure s’apparente à une exécution.
De fait la quasi absence de dégâts et de perte côté américain contraste avec le bilan espagnol : des centaines de morts, tous les navires coulés.
Comme à Manille, l’Espagne en déclin s’effondre face à la supériorité industrielle et militaire de la future première puissance mondiale.
Le récit se laisse lire, mais, immanquablement, la bataille est « décevante », tant elle est disproportionnée et rapide (grosso modo des navires fuient, d’autres leur tirent dessus jusqu’à les toucher et le couler).
Un autre aspect de l’album est toutefois intéressant, lorsqu’il met en avant les échanges entre Randolph Hearst et des officiels américains. En effet, cela met en lumière le rôle des médias, qui jettent de l’huile sur le feu, jouent sur le sensationnel pour mieux vendre (le cynisme d’Hearst est aussi limpide qu’écœurant !). Mais surtout cela montre la collusion entre ces médias tenus par de riches propriétaires et certains milieux politiques (le but de guerre américain n’était pas uniquement la défense des libertés à Cuba – et l’histoire ultérieure de cette île, et ses relations avec le géant nord-américain confirmera l’hypocrisie de la démarche).
Le dessin de Delitte est très bon (même si les têtes des personnages sont toujours assez « carrées » – à l’image d’un Hermann parfois).
Comme d’habitude, un dossier final complète le récit (je regrette juste que Delitte se soit contenté de reprendre dans la partie BD et le dossier un certain nombre de phrases identiques, c’est redondant).
Au final, un album qui se laisse lire, mais qui m’est apparu un peu creux. La faute à une « bataille » qui a plus ressemblé à un tir aux pigeons qu’à un affrontement stratégique fouillé.
Note réelle 2,5/5.
J'ai beaucoup aimé le début de la série. Je trouve que Gabella est pile dans l'esprit du roman et surtout du film de 1961. C'est presque un plaisir de lire cette somme de gros mots dans la bouche de Lebrac, p'tit Gibus et de leurs copains. Bien sûr le langage est un peu trop vert pour un jeune public mais les dialogues invitent plus aux rires qu'à la réprobation.
Le rythme du récit est vraiment bon et les bagarres sont vraiment attendrissantes et drôles. Les marqueurs temporels sont rares mais précis (une 4CV) ce qui donne à la fois un petit côté intemporel mais aussi dans la France pré68.
Le graphisme de Valérie Vernay accompagne très bien l'humour du récit. Les situations avec les zizis à l'air sont toujours désopilantes et l'expressivité des garnements toujours justes et en accord avec l'ambiance.
Malheureusement j'ai été déçu par le T4. Le costume de Ninja casse la cohérence temporelle et s'éloigne trop de l'esprit du roman ou du film.
De même le graphisme de Khaz modifie trop les expressions entre le T3 et le T4 pas forcément dans le bon sens à mon goût. On sent que les auteurs recherchent des voies pour faire durer la série au risque de s'éloigner de l'univers qui fait le charme si particulier du roman (ou du film).
4 pour les deux premiers 3 pour le 3 et 2 pour le 4
Je referme le tome six qui conclut cette série adulée depuis dix ans avec une certaine perplexité. Comme ma note le montre je suis partagé car si j'ai dévoré les passages rouges/jaunes avec un grand intérêt par contre les passages bleus m'ont laissé assez indifférent voire m'ont parfois ennuyé.
J'ai aussi été déçu du tome six où le père est absent hors les pensées et où j'ai trouvé le récit plutôt banal et un brin égocentrique.
Pour résumer, j'ai trouvé cette série paradoxale, émotionnelle et un peu provocatrice.
Le paradoxe de la série est que son attrait majeur (pour moi) est le rapport père/fils qui se développe tout au long du récit. C'est Abdel qui donne le rythme par ses voyages professionnels ou ses retours au pays.
Ce sont ses prises de paroles, son évolution personnelle au cours des vingt années de vie commune avec la maman qui donnent corps à l'originalité du récit. Or Riad Sattouf n'a de cesse de dévaloriser l'image de son père tout au long des six tomes.
D'un "élève brillant" p8 t1 Abdel devient assez vite un personnage peu recommandable et sujet aux moqueries via des lettres à l'orthographe incertaine pour un thésard de la Sorbonne. En effet l'auteur lui prête très vite des propos racistes, antisémites puis des attitudes violentes sur son épouse. Les grands-parents ne sont pas spécialement épargnés avec plusieurs propos homophobes dans leur bouche.
Sattouf reprendrait-il la célèbre invective de Gide "Famille, je vous hais !" ? C'est un peu comme cela que je le ressens. Or c'est là où j'y vois un poil de provocation car je ne trouve pas que toutes les décisions d'Abdel soient aussi sottes que cela. Tout d'abord mettre sur la place publique des propos de natures familiales et privés, même délictueux, ce n'est pas mon truc d'autant plus que cela provient de souvenirs de jeune enfant si l'on suit le récit.
Mais je trouve que les épisodes provocateurs ne s'arrêtent pas là. Ainsi la description du "meilleur plat du monde" avec une galette au jambon, ou l'anecdote de la reproduction d'une danseuse de Degas dans un village traditionnel syrien participe à ce côté provocateur.
Enfin l'épisode du retour au pays de Fadi avec son père est pour moi le sommet du traitement émotionnel de la série. Cet épisode a fortement résonné en moi puisque je suis le papa d'un enfant à double culture comme Fadi. Était-il légitime que son papa emmène son fils avec lui dans sa famille syrienne ? Comme l'explique l'avocat, la police ou les services de l'ambassade mis en scène de façon assez désinvolte voire presque caricaturale, la réponse "oui" est légale et compréhensible.
Abdel n'a commis alors aucun délit comme le prouve son retour en France où il a pu circuler librement malgré les demandes de la maman à la police. N'est-il pas légitime qu'un père d'une cinquantaine d'année veuille vivre sa fin de vie sur sa terre natale entouré de ses fils alors que son épouse refuse de le rejoindre sans être divorcée ? A chacun de répondre à cette observation de façon raisonnable ou émotionnelle.
Je me fais un peu l'avocat du diable mais je trouve la charge trop violente sur un personne qui ne peut pas répondre. C'est à mes yeux le plus gros défaut du livre.
Le graphisme est presque imposé par le genre quasi journalistique du récit. Le trait est souple et dynamique. Pourtant je trouve qu'il fige trop les personnages du père et de la mère dans une fixité temporelle qui ne rend pas assez compte du temps qui passe.
Il y peu de décors extérieurs détaillés ce qui enferme l'ambiance dans une confrontation familiale assez lourde.
Une lecture en résonnance avec l'histoire de cette décénie.
2.5
J'ai lu les 10 premiers tomes et je ne compte pas lire la suite parce que je trouve que c'est trop moyen et rien ne me donne vraiment envie de lire la suite.
La série m'a intéressé parce que j'aime bien les belles filles qui sont très fortes et qui font tout pour protéger le garçon qu'elles aiment et on retrouve cette situation ici. Ce qui est bien aussi est que les deux personnages principaux sont mignons ensembles et on ne tombe pas dans le masochisme comme dans d'autres œuvres où les rôles des sexes sont inversés. J'aime bien les femmes fortes, mais j'ai pas trop envie de me faire fouetter en portant des accessoires sadomasochistes. Les personnages sont attachants et l'humour fonctionne bien.
Malheureusement, le traitement de l'histoire est moyen. C'est rempli de combats et à longue cela devient un peu ennuyeux, même s'il y a de la créativité par moment. Le plus gros défaut selon moi est que la manière dont l'autrice bâtit son univers est un peu mal faite. On a droit à des nouvelles informations ou éléments du monde des sorcières qui sortent souvent de nulle part (je pense notamment au truc des sceaux) et qui rendent le scénario inutilement compliqué à suivre. J'aurais aimé qu'on explique tout le fonctionnement au héros dès le début au lieu de le faire au compte-goutte.
Gino d’Antonio fait partie de ces nombreux auteurs italiens de talent, qui ont surtout publié en France dans des œuvres ou collections de commande. Il a participé à l'Histoire du Far West pour Larousse, et publié plusieurs opus dans la collection « Un homme une aventure » de Dargaud, dont cet album donc.
Et je dois dire qu’il est dommage qu’il n’ait pas publié davantage. En effet, son dessin réaliste est de qualité, agréable et sans défaut, dynamique : du classique très bien fait (la colorisation fait son âge par contre, même si elle n’est pas désagréable).
Quant au scénario, d’Antonio reprend l’un des principaux combats ayant opposé l’armée anglaise à l’armée zoulou en 1879 (guerre qui a aussi inspiré Pratt et Ramaïoli). Après une mise en bouche et une bonne présentation du contexte (deux pages de texte en début d’album y aident), le récit se concentre dans les deux derniers tiers sur la résistance acharnée d’un régiment anglais, retranché dans une mission, face à plusieurs milliers de guerriers zoulous. Cet épisode, et la façon de le narrer font immanquablement penser à la résistance d’un bataillon de la Légion étrangère à Camerone au Mexique (en 1863), même si ça se termine légèrement mieux pour les Anglais…
L’homme en question dans le titre et la collection, est un marchand d’armes allemand, pris entre deux feux, qui se trouve embarqué dans la défense du camp retranché anglais.
C’est un très honnête récit de guerre, bien mené, avec du rythme, qui plaira aux amateurs du genre.
Note : 2,5/5
Moyennement convaincu par cette BD.
Le concept est amusant : il s'agit de reprendre le même personnage de Paco, mexicain caricatural mais très enjoué et souriant, et de le placer dans des aventures complètement diverses mais toutes à contre-pied pour un tel personnage. Il est tantôt assistant du grand Zorro, tantôt pirate des caraïbes, tantôt inspecteur de police, ou encore pizzaiolo dans l'univers de la mafia. Et toujours il garde son caractère exubérant de jovialité pour vivre ces aventures au ton décalé et souvent absurde.
Le graphisme est assez personnel. J'aime bien son originalité mais je le trouve tout de même un peu trop lâché et "griffonné" à mon goût.
Les histoires jouent la carte de la déconne, avec un rythme élevé pour tenir en une vingtaine de pages chacune. Ce rythme m'a un peu surpris sur la première histoire car je m'attendais à ce qu'elle s'étale plus en longueur. Mais je l'ai trouvée sympa sans être hilarante. Puis je dois dire que sur la longueur de l'album, je me suis lassé du concept. Le personnage de Paco est amusant mais on a vite fait le tour du sujet, et ce n'est pas tellement en le replaçant dans des contextes très différents que ça rend le tout plus drôle.
Mon intérêt a décroché avant la fin de l'album que je trouve donc moyen sans plus.
Zidrou a pondu là un récit aux résonances universelles, très simple dans sa construction et son déroulé, et qui se lit rapidement et agréablement.
Une grande noirceur traverse l’intrigue, jusqu’à une conclusion bien plus positive – et qui se laisse deviner à l’avance. Mais la narration est agréable. Il n’y a pas vraiment de méchants dans ce conte. Même la veuve et mère éplorée, qui extermine tous les oiseaux de son royaume indien, déclenche plus la pitié que la colère, tant son malheur prend le pas sur tout.
Et, comme dans beaucoup de contes, Zidrou défie la probabilité, voire la crédibilité historique ou rationnelle, pour faire se rencontrer et s’aimer la princesse isolée et un gueux voleur mais malin et séducteur (dans le bon sens du terme). Les deux amoureux qui défient les convenances sociales et la volonté de la reine portent avec eux une certaine morale : au final, l’amour triomphe de tout.
Pour cette histoire un peu sirupeuse (mais pas trop), le dessin de Salomone est vraiment chouette, très lumineux, et bien mis en valeur par une mise en page aérée (le travail graphique est de toute façon toujours mis en avant par le galeriste Maghen dans ses publications).
Bref, une histoire simple et bien fichue, jolie à regarder, qui s’adresserait presque plus à de jeunes lecteurs, n’était quelques scènes d’amour (pourtant plus en évocation qu’autre chose).
Note réelle 3,5/5.
Hum, pas mal du tout comme suite à Inguinis ! Katia Even poursuit sa saga romaine en intégrant les pratiques et coutumes romaines, ici tout ce qui concerne le droit des individus selon leur position sociale et selon leur lignage. Une belle exploration du droit romain qui reste pourtant accessible et assez bien menée !
Là où Katia Even fait fort niveau scénario, c'est surtout d'arriver à caser autant de scènes de sexe dans le récit sans pour autant faire dans le remplissage. On a quelques moments qui peuvent sembler gratuit, comme le lupanar, mais finalement c'est toujours pour servir le récit et l'ensemble devient un tout cohérent sans que je n'ai l'impression qu'on a maladroitement tenté de faire coller sexe et histoire. Le récit est d'ailleurs assez maitrisé, avec quelques révélations sur les protagonistes et du jeu sur les attentes, notamment dans le premier tome. J'ai beaucoup aimé !
Niveau dessin, l'auteur se fait plaisir, et pas que sur les corps. On reste dans des morphologies de statues, des corps charpentés et des courbes opulentes, mais le dessinateur s'est aussi fait plaisir dans les décors, représentant des rues et des maisons, des cirques, des temples. Il a une volonté de coller à une réalité et ça se sent, rien ne semble factice dans le choix des environnements. C'est d'autant plus intéressant à lire.
Une suite qui reste du même acabit et que je recommande. C'est du bon Tabou, le genre qui a un intérêt visuel mais pas que. Et je dois dire que le mélange est prenant d'un bout à l'autre des deux volumes. Une préquelle est sortie, je vais voir ce dont il en retourne.
J'ai hésité à mettre 4 pour le dessin, magnifique. J'adore vraiment ce style très coloré qui nous emmène dans cet univers, semble-t-il, enfantin. Le trait de Dumontheil est maîtrisé, les décors sont superbes, c'est vraiment une chouette bd à lire le soir dans son lit.
Après, le scénario, s'il n'est pas si enfantin que ça, manque en effet d'un peu de profondeur et peut paraître un poil trop manichéen par moment. L'ogre surtout n'est pas très attachant pour un méchant (j'aime m'attacher aux méchants et généralement c'est quand je m'y attache que je me dis que j'ai un super bouquin entre les mains). De même, je n'ai pas apprécié outre mesure le traitement des habitants (humains) de la ville non plus. C'est dommage, c'est à ce moment-là que l'histoire aurait pu prendre un tournant plus intéressant que finalement un road-movie absurde entre cet ogre stupide - c'est lui-même qui se décrit ainsi - et ce renard. Il faut dire aussi que nous avions été mis en appétit avec l'ours, personnage plus que secondaire finalement mais qui va connaître une fin digne des scénarii des premières saisons de Game of Thrones : à la fois surprenant mais tellement jouissif.
La fin m'a satisfait. Sans la dévoiler aux futurs lecteurs, je trouve qu'elle fait sens, un peu comme si le destin de l'ogre était corrélé avec le reste.
Pour conclure, on pourrait résumer cette bd avec la maxime suivante : scénario un poil feignant mais dessin sublime.
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Zaroff
« Les chasses du comte Zaroff » est un titre qui me parle, sans que j’aie vu le film en question (pas plus que la nouvelle qui l’a inspiré). Et c’est bien dommage, il faudra bien que je la découvre, car elle a été coréalisée par Schoedsack, aussi coréalisateur du génial « King Kong » ! C’est donc sans ces points de comparaison que j’ai lu la version- ou plutôt la sorte de suite – imaginée par Runberg. Le résultat est globalement bon, très efficace. En effet, tout est misé sur l’action, le rythme – au détriment de la profondeur des personnalités. Nous suivons donc une énorme chasse à l’homme (ou plutôt deux chasses en une !), sans aucun temps mort. Et là Runberg a cherché à placer tous les clichés du genre : sur une île déserte, des animaux sauvages, des pièges, une nature hostile (avec de gros orages), un rapport de force au départ déséquilibré, mais qui permet de faire disparaître au fur et à mesure un grand nombre de personnes pour un rééquilibrage final, etc. Bref, du déjà vu (voir « Jurassic Park : le monde perdu » de Spielberg, par exemple, qui inverse lui aussi les rapports entre chasseurs et chassés). Le côté niaiseux en moins, le pitch de la chasse à l’homme m’a aussi fait penser à un épisode de la pauvre série « L’île fantastique » (je ne sais plus trop pourquoi ?). Il faut donc accepter d’entrer sans trop de questions dans l’intrigue qui, un peu bâtie sur du réchauffé, est quand même bien fichue. Il faut aussi faire abstraction des quelques facilités scénaristiques (la très rapide reconstruction d’un nouveau territoire de chasse et d’un château par Zaroff, sur une île loin de tout, la vitesse incroyable à laquelle son sbire fabrique un brancard pour son neveu, ainsi que la vitesse des déplacements de Zaroff sur son île pour éliminer ses poursuivants – sur la plage en particulier, etc.). Cela dit, l’histoire se laisse lire rapidement, elle est assez prenante, et agréable. D’autant plus que Miville-Deschênes a encore progressé, son trait étant plus dynamique (les visages moins statiques, figés par exemple) que pour sa précédente collaboration avec Runberg, « Reconquêtes ». **************** Maj après lecture du tome 2 (La vengeance de Zaroff). j'ai retrouvé dans ce deuxième album le beau dessin de Miville-Deschênes, qui se trouve aussi à l'aise à représenter les étendues hivernales russes que la jungle tropicale. C'est en tout cas un réel plus, et rend agréable la lecture. Quant à l'histoire, elle se laisse lire, c'est dynamique , sans fioriture ni vraie psychologie, les amateurs de récits guerriers et d'action y trouveront leur compte. Mais ils doivent être prêts à avaler plus de couleuvres que dans le premier tome. En effet, les grandes lignes, comme pas mal de détails sont vraiment improbables et menacent franchement la crédibilité de l'ensemble. Aller chercher une savante russe à Moscou, en pleine offensive allemande de 1941, traverser les lignes allemandes et russes aussi facilement dans les deux sens, retrouver son chemin (même si on est sensé être originaire du pays) dans la nuit, la neige et en pleine bataille, voila bien un exploit improbable de Zaroff, qui n'oublie pas de trouver le temps de mettre en scène toutes ses tueries. Et je ne parle pas de l'aller retour d'avions américains pour déposer le commando et venir chercher les survivants, dans une zone concentrant sans doute des milliers d'avions russes et allemands... Mais si vous acceptez ce lot de facilités (et d'autres), ça peut être une lecture défouloir plaisante. Un album qui peut tout à fait être lu sans connaitre le premier tome, tant Runberg s'est écarté de l'intrigue d'origine (et je ne parle pas seulement du cadre géographique). Bref, une belle mise en images d'une fantaisie guerrière que Runberg a voulu un peu trop "too much".
Santiago de Cuba
Comme souvent dans cette collection, la mise en place, la présentation du contexte et de quelques « participants » est bien plus longue que celle de la bataille elle-même. Il faut dire que de bataille il n’y eut pas vraiment, tant cette « rencontre » entre une flottille espagnole sous équipée et en fuite et une armada américaine très nettement supérieure s’apparente à une exécution. De fait la quasi absence de dégâts et de perte côté américain contraste avec le bilan espagnol : des centaines de morts, tous les navires coulés. Comme à Manille, l’Espagne en déclin s’effondre face à la supériorité industrielle et militaire de la future première puissance mondiale. Le récit se laisse lire, mais, immanquablement, la bataille est « décevante », tant elle est disproportionnée et rapide (grosso modo des navires fuient, d’autres leur tirent dessus jusqu’à les toucher et le couler). Un autre aspect de l’album est toutefois intéressant, lorsqu’il met en avant les échanges entre Randolph Hearst et des officiels américains. En effet, cela met en lumière le rôle des médias, qui jettent de l’huile sur le feu, jouent sur le sensationnel pour mieux vendre (le cynisme d’Hearst est aussi limpide qu’écœurant !). Mais surtout cela montre la collusion entre ces médias tenus par de riches propriétaires et certains milieux politiques (le but de guerre américain n’était pas uniquement la défense des libertés à Cuba – et l’histoire ultérieure de cette île, et ses relations avec le géant nord-américain confirmera l’hypocrisie de la démarche). Le dessin de Delitte est très bon (même si les têtes des personnages sont toujours assez « carrées » – à l’image d’un Hermann parfois). Comme d’habitude, un dossier final complète le récit (je regrette juste que Delitte se soit contenté de reprendre dans la partie BD et le dossier un certain nombre de phrases identiques, c’est redondant). Au final, un album qui se laisse lire, mais qui m’est apparu un peu creux. La faute à une « bataille » qui a plus ressemblé à un tir aux pigeons qu’à un affrontement stratégique fouillé. Note réelle 2,5/5.
La Guerre des Boutons
J'ai beaucoup aimé le début de la série. Je trouve que Gabella est pile dans l'esprit du roman et surtout du film de 1961. C'est presque un plaisir de lire cette somme de gros mots dans la bouche de Lebrac, p'tit Gibus et de leurs copains. Bien sûr le langage est un peu trop vert pour un jeune public mais les dialogues invitent plus aux rires qu'à la réprobation. Le rythme du récit est vraiment bon et les bagarres sont vraiment attendrissantes et drôles. Les marqueurs temporels sont rares mais précis (une 4CV) ce qui donne à la fois un petit côté intemporel mais aussi dans la France pré68. Le graphisme de Valérie Vernay accompagne très bien l'humour du récit. Les situations avec les zizis à l'air sont toujours désopilantes et l'expressivité des garnements toujours justes et en accord avec l'ambiance. Malheureusement j'ai été déçu par le T4. Le costume de Ninja casse la cohérence temporelle et s'éloigne trop de l'esprit du roman ou du film. De même le graphisme de Khaz modifie trop les expressions entre le T3 et le T4 pas forcément dans le bon sens à mon goût. On sent que les auteurs recherchent des voies pour faire durer la série au risque de s'éloigner de l'univers qui fait le charme si particulier du roman (ou du film). 4 pour les deux premiers 3 pour le 3 et 2 pour le 4
L'Arabe du futur
Je referme le tome six qui conclut cette série adulée depuis dix ans avec une certaine perplexité. Comme ma note le montre je suis partagé car si j'ai dévoré les passages rouges/jaunes avec un grand intérêt par contre les passages bleus m'ont laissé assez indifférent voire m'ont parfois ennuyé. J'ai aussi été déçu du tome six où le père est absent hors les pensées et où j'ai trouvé le récit plutôt banal et un brin égocentrique. Pour résumer, j'ai trouvé cette série paradoxale, émotionnelle et un peu provocatrice. Le paradoxe de la série est que son attrait majeur (pour moi) est le rapport père/fils qui se développe tout au long du récit. C'est Abdel qui donne le rythme par ses voyages professionnels ou ses retours au pays. Ce sont ses prises de paroles, son évolution personnelle au cours des vingt années de vie commune avec la maman qui donnent corps à l'originalité du récit. Or Riad Sattouf n'a de cesse de dévaloriser l'image de son père tout au long des six tomes. D'un "élève brillant" p8 t1 Abdel devient assez vite un personnage peu recommandable et sujet aux moqueries via des lettres à l'orthographe incertaine pour un thésard de la Sorbonne. En effet l'auteur lui prête très vite des propos racistes, antisémites puis des attitudes violentes sur son épouse. Les grands-parents ne sont pas spécialement épargnés avec plusieurs propos homophobes dans leur bouche. Sattouf reprendrait-il la célèbre invective de Gide "Famille, je vous hais !" ? C'est un peu comme cela que je le ressens. Or c'est là où j'y vois un poil de provocation car je ne trouve pas que toutes les décisions d'Abdel soient aussi sottes que cela. Tout d'abord mettre sur la place publique des propos de natures familiales et privés, même délictueux, ce n'est pas mon truc d'autant plus que cela provient de souvenirs de jeune enfant si l'on suit le récit. Mais je trouve que les épisodes provocateurs ne s'arrêtent pas là. Ainsi la description du "meilleur plat du monde" avec une galette au jambon, ou l'anecdote de la reproduction d'une danseuse de Degas dans un village traditionnel syrien participe à ce côté provocateur. Enfin l'épisode du retour au pays de Fadi avec son père est pour moi le sommet du traitement émotionnel de la série. Cet épisode a fortement résonné en moi puisque je suis le papa d'un enfant à double culture comme Fadi. Était-il légitime que son papa emmène son fils avec lui dans sa famille syrienne ? Comme l'explique l'avocat, la police ou les services de l'ambassade mis en scène de façon assez désinvolte voire presque caricaturale, la réponse "oui" est légale et compréhensible. Abdel n'a commis alors aucun délit comme le prouve son retour en France où il a pu circuler librement malgré les demandes de la maman à la police. N'est-il pas légitime qu'un père d'une cinquantaine d'année veuille vivre sa fin de vie sur sa terre natale entouré de ses fils alors que son épouse refuse de le rejoindre sans être divorcée ? A chacun de répondre à cette observation de façon raisonnable ou émotionnelle. Je me fais un peu l'avocat du diable mais je trouve la charge trop violente sur un personne qui ne peut pas répondre. C'est à mes yeux le plus gros défaut du livre. Le graphisme est presque imposé par le genre quasi journalistique du récit. Le trait est souple et dynamique. Pourtant je trouve qu'il fige trop les personnages du père et de la mère dans une fixité temporelle qui ne rend pas assez compte du temps qui passe. Il y peu de décors extérieurs détaillés ce qui enferme l'ambiance dans une confrontation familiale assez lourde. Une lecture en résonnance avec l'histoire de cette décénie.
Witchcraft Works
2.5 J'ai lu les 10 premiers tomes et je ne compte pas lire la suite parce que je trouve que c'est trop moyen et rien ne me donne vraiment envie de lire la suite. La série m'a intéressé parce que j'aime bien les belles filles qui sont très fortes et qui font tout pour protéger le garçon qu'elles aiment et on retrouve cette situation ici. Ce qui est bien aussi est que les deux personnages principaux sont mignons ensembles et on ne tombe pas dans le masochisme comme dans d'autres œuvres où les rôles des sexes sont inversés. J'aime bien les femmes fortes, mais j'ai pas trop envie de me faire fouetter en portant des accessoires sadomasochistes. Les personnages sont attachants et l'humour fonctionne bien. Malheureusement, le traitement de l'histoire est moyen. C'est rempli de combats et à longue cela devient un peu ennuyeux, même s'il y a de la créativité par moment. Le plus gros défaut selon moi est que la manière dont l'autrice bâtit son univers est un peu mal faite. On a droit à des nouvelles informations ou éléments du monde des sorcières qui sortent souvent de nulle part (je pense notamment au truc des sceaux) et qui rendent le scénario inutilement compliqué à suivre. J'aurais aimé qu'on explique tout le fonctionnement au héros dès le début au lieu de le faire au compte-goutte.
L'Homme du Zoulouland
Gino d’Antonio fait partie de ces nombreux auteurs italiens de talent, qui ont surtout publié en France dans des œuvres ou collections de commande. Il a participé à l'Histoire du Far West pour Larousse, et publié plusieurs opus dans la collection « Un homme une aventure » de Dargaud, dont cet album donc. Et je dois dire qu’il est dommage qu’il n’ait pas publié davantage. En effet, son dessin réaliste est de qualité, agréable et sans défaut, dynamique : du classique très bien fait (la colorisation fait son âge par contre, même si elle n’est pas désagréable). Quant au scénario, d’Antonio reprend l’un des principaux combats ayant opposé l’armée anglaise à l’armée zoulou en 1879 (guerre qui a aussi inspiré Pratt et Ramaïoli). Après une mise en bouche et une bonne présentation du contexte (deux pages de texte en début d’album y aident), le récit se concentre dans les deux derniers tiers sur la résistance acharnée d’un régiment anglais, retranché dans une mission, face à plusieurs milliers de guerriers zoulous. Cet épisode, et la façon de le narrer font immanquablement penser à la résistance d’un bataillon de la Légion étrangère à Camerone au Mexique (en 1863), même si ça se termine légèrement mieux pour les Anglais… L’homme en question dans le titre et la collection, est un marchand d’armes allemand, pris entre deux feux, qui se trouve embarqué dans la défense du camp retranché anglais. C’est un très honnête récit de guerre, bien mené, avec du rythme, qui plaira aux amateurs du genre.
Paco
Note : 2,5/5 Moyennement convaincu par cette BD. Le concept est amusant : il s'agit de reprendre le même personnage de Paco, mexicain caricatural mais très enjoué et souriant, et de le placer dans des aventures complètement diverses mais toutes à contre-pied pour un tel personnage. Il est tantôt assistant du grand Zorro, tantôt pirate des caraïbes, tantôt inspecteur de police, ou encore pizzaiolo dans l'univers de la mafia. Et toujours il garde son caractère exubérant de jovialité pour vivre ces aventures au ton décalé et souvent absurde. Le graphisme est assez personnel. J'aime bien son originalité mais je le trouve tout de même un peu trop lâché et "griffonné" à mon goût. Les histoires jouent la carte de la déconne, avec un rythme élevé pour tenir en une vingtaine de pages chacune. Ce rythme m'a un peu surpris sur la première histoire car je m'attendais à ce qu'elle s'étale plus en longueur. Mais je l'ai trouvée sympa sans être hilarante. Puis je dois dire que sur la longueur de l'album, je me suis lassé du concept. Le personnage de Paco est amusant mais on a vite fait le tour du sujet, et ce n'est pas tellement en le replaçant dans des contextes très différents que ça rend le tout plus drôle. Mon intérêt a décroché avant la fin de l'album que je trouve donc moyen sans plus.
Celle qui fit le bonheur des insectes
Zidrou a pondu là un récit aux résonances universelles, très simple dans sa construction et son déroulé, et qui se lit rapidement et agréablement. Une grande noirceur traverse l’intrigue, jusqu’à une conclusion bien plus positive – et qui se laisse deviner à l’avance. Mais la narration est agréable. Il n’y a pas vraiment de méchants dans ce conte. Même la veuve et mère éplorée, qui extermine tous les oiseaux de son royaume indien, déclenche plus la pitié que la colère, tant son malheur prend le pas sur tout. Et, comme dans beaucoup de contes, Zidrou défie la probabilité, voire la crédibilité historique ou rationnelle, pour faire se rencontrer et s’aimer la princesse isolée et un gueux voleur mais malin et séducteur (dans le bon sens du terme). Les deux amoureux qui défient les convenances sociales et la volonté de la reine portent avec eux une certaine morale : au final, l’amour triomphe de tout. Pour cette histoire un peu sirupeuse (mais pas trop), le dessin de Salomone est vraiment chouette, très lumineux, et bien mis en valeur par une mise en page aérée (le travail graphique est de toute façon toujours mis en avant par le galeriste Maghen dans ses publications). Bref, une histoire simple et bien fichue, jolie à regarder, qui s’adresserait presque plus à de jeunes lecteurs, n’était quelques scènes d’amour (pourtant plus en évocation qu’autre chose). Note réelle 3,5/5.
Inguinis - Oracle
Hum, pas mal du tout comme suite à Inguinis ! Katia Even poursuit sa saga romaine en intégrant les pratiques et coutumes romaines, ici tout ce qui concerne le droit des individus selon leur position sociale et selon leur lignage. Une belle exploration du droit romain qui reste pourtant accessible et assez bien menée ! Là où Katia Even fait fort niveau scénario, c'est surtout d'arriver à caser autant de scènes de sexe dans le récit sans pour autant faire dans le remplissage. On a quelques moments qui peuvent sembler gratuit, comme le lupanar, mais finalement c'est toujours pour servir le récit et l'ensemble devient un tout cohérent sans que je n'ai l'impression qu'on a maladroitement tenté de faire coller sexe et histoire. Le récit est d'ailleurs assez maitrisé, avec quelques révélations sur les protagonistes et du jeu sur les attentes, notamment dans le premier tome. J'ai beaucoup aimé ! Niveau dessin, l'auteur se fait plaisir, et pas que sur les corps. On reste dans des morphologies de statues, des corps charpentés et des courbes opulentes, mais le dessinateur s'est aussi fait plaisir dans les décors, représentant des rues et des maisons, des cirques, des temples. Il a une volonté de coller à une réalité et ça se sent, rien ne semble factice dans le choix des environnements. C'est d'autant plus intéressant à lire. Une suite qui reste du même acabit et que je recommande. C'est du bon Tabou, le genre qui a un intérêt visuel mais pas que. Et je dois dire que le mélange est prenant d'un bout à l'autre des deux volumes. Une préquelle est sortie, je vais voir ce dont il en retourne.
L'Ogre amoureux
J'ai hésité à mettre 4 pour le dessin, magnifique. J'adore vraiment ce style très coloré qui nous emmène dans cet univers, semble-t-il, enfantin. Le trait de Dumontheil est maîtrisé, les décors sont superbes, c'est vraiment une chouette bd à lire le soir dans son lit. Après, le scénario, s'il n'est pas si enfantin que ça, manque en effet d'un peu de profondeur et peut paraître un poil trop manichéen par moment. L'ogre surtout n'est pas très attachant pour un méchant (j'aime m'attacher aux méchants et généralement c'est quand je m'y attache que je me dis que j'ai un super bouquin entre les mains). De même, je n'ai pas apprécié outre mesure le traitement des habitants (humains) de la ville non plus. C'est dommage, c'est à ce moment-là que l'histoire aurait pu prendre un tournant plus intéressant que finalement un road-movie absurde entre cet ogre stupide - c'est lui-même qui se décrit ainsi - et ce renard. Il faut dire aussi que nous avions été mis en appétit avec l'ours, personnage plus que secondaire finalement mais qui va connaître une fin digne des scénarii des premières saisons de Game of Thrones : à la fois surprenant mais tellement jouissif. La fin m'a satisfait. Sans la dévoiler aux futurs lecteurs, je trouve qu'elle fait sens, un peu comme si le destin de l'ogre était corrélé avec le reste. Pour conclure, on pourrait résumer cette bd avec la maxime suivante : scénario un poil feignant mais dessin sublime.