C’est en en empruntant quelques albums « pour voir » que je me suis rappelé en avoir lu quelques-uns il y a maintenant fort longtemps.
Et je pense que cette série ne passe pas du tout la barrière de l’âge, elle doit être réservée aux très jeunes. J’ai aussi un doute quant à la barrière du temps. En effet, ces aventures ont quelque chose de désuet dans leur déroulé et dans le dessin (normal me direz-vous, cela date d’un autre millénaire !), et je ne suis pas sûr que les jeunes d’aujourd’hui accrochent autant que leurs « ancêtres » (je n’ai plus d’enfants en bas âge sous la main pour le leur faire vérifier).
Bon, maintenant, si j’évalue la série en tenant compte de son âge, mais surtout du public cible, ça reste une lecture tout à fait recommandable. Petzi est toujours enjoué et partant pour construire, aller à l’aventure, et il est entouré de quelques personnages secondaires – un pingouin, un pélican et un phoque surtout – qui l’accompagnent et permettent aux jeunes lecteurs de retrouver une chouette équipe dans chaque album (très vite lus, avec un dessin simple avare de décors, et seulement une trentaine de pages).
L'Histoire a probablement oublié cette histoire d'un bateau armé par de riches mécènes pour aller toucher le Pôle Nord (alors encore inviolé) en passant par le Détroit de Béring, entre la Sibérie et L'Alaska. Une trentaine d'hommes d'un grand courage sont ainsi partis en 1879, et ne sont rentrés, du moins certains, que trois ans plus tard, bredouilles.
Cette aventure humaine hors du commun nous est donc contée par Clément Baloup, auteur fasciné par les voyages, les explorations, les luttes sociales. Des prémices du projet jusqu'au retour des survivants sous la conduite du chef mécanicien George Melville, les évènements nous sont racontés par ordre chronologique, de manière très factuelle, et je l'imagine le scénariste a comblé quelques trous dans l'histoire. On notera au passage l'action significative de Melville, qui a probablement permis de sauver une douzaine d'hommes d'une mort certaine. C'est vraiment prenant, on ne s'ennuie pas du tout, malgré parfois des passages muets, pas forcément contemplatifs.
Au niveau graphique Baloup collabore avec Hugo Stephan, qui avait jusque-là travaillé en tant qu'illustrateur et motion designer. Sans être totalement mature, son trait retranscrit bien les ambiances (souvent glaciales) de l'histoire, en installant surtout au début un repère visuel basé sur les couleurs. Des couleurs qui se réduisent au bleu lorsque les marins de la Jeannette se retrouvent au milieu des immensités glacés, à la merci de la mort qui rôde...
Simon Portepoisse est une série jeunesse qui rappelle un peu Petit Vampire tant dans son graphisme que dans son esprit.
Le héros est le cadet d'une famille de monstres gentils dont le rôle est de distribuer de la malchance à des personnes désignées. Ce n'est pas de la méchanceté : cette malchance est attribuée à ces personnes pour des raisons parfois bien précises, par exemple pour que le malheur subi entraine un plus grand bonheur ou un développement personnel plus tard.
Graphiquement, le trait rappelle celui de Sfar. Il est très lâché, jamais droit mais reste globalement maîtrisé même si les jambes et bras sont régulièrement très... anatomiquement faux, surtout le chat Monsieur Georges. Je ne suis pas fan de ce type de dessin mais il fonctionne et les couleurs sont plaisantes.
Les histoires sont assez enfantines mais sympathiques à suivre. J'aime bien l'idée de ces malheurs pour de bonnes raisons, et la famille des Portepoisse est plutôt sympa. Ce n'est pas passionnant mais c'est divertissant. A réserver quand même plutôt à des lecteurs de moins de 12 ans.
Sur un pitch de départ assez casse-gueule (et usé jusqu'à l'os...), l'auteur réussit à tisser une trame pas mal prenante ; surtout grâce au mystère entretenu autour des évènements prévus, ainsi qu'au travers des relations qu'entretiendront -ou entretiennent déjà ?!- les héros. La temporalité, bien bousculée pour le coup (écho des évènements à venir et présents des protagonistes exposés dans le désordre en fonction des points de vus de chacun...!), ajoute au dynamisme du récit, et on suit la progression de l'histoire avec curiosité tant l'angle choisi -intime sans être romantique : très rare- est parfaitement maitrisé. Un sens de l'écriture et de la dramaturgie qui va à l'essentiel : l'action ne perd pas de temps et on avance sans avoir besoin, à chaque chapitre, de dix pages d'explications. Les personnages, pleins de sensibilité et de profondeur, font la différence essentielle de ce puzzle de Science-Fiction, finalement original tant le coeur du propos est décalé d'avec la ligne classique du genre. Pas d'emphase ni de grandiloquence, ici ; et même la touche philosophique finale est assortie : humaine.
Le graphisme frôle le croquis (surtout après les débuts) et est très expérimentalement encré et colorisé en demi-teintes imprécises, renforçant l'ambiance au détriment du détail. Là aussi, l'accent est mis sur les êtres, et non les choses ; mais j'ai trouvé l'équilibre pas mal réussi ; même si je suis persuadé que le format papier présente beaucoup mieux l’œuvre que son pendant numérique (trop grand).
Différent. À découvrir si on aime les histoires de paradoxes temporels prétextes à l'exploration de l'âme ; même aussi Lambda que celles-ci.
Cette BD attire beaucoup par son graphisme remarquable. Silvio Camboni offre des planches superbes et colorées, aussi impeccable pour représenter les personnages de l'univers Disney que pour des décors d'aventure exotique et une ambiance vaguement steampunk. C'est très beau... mais pas très lisible hélas. Chaque case contient trop d'information visuelle et cela embrouille la narration graphique, forçant le lecteur à se concentrer pour bien suivre ce qu'il se passe ce qui amoindrit la fluidité de la lecture.
Quant à l'histoire... C'est le point faible.
Pour commencer, je n'ai vraiment pas du tout eu l'impression de lire une histoire de Mickey. Ce sont bien les personnages de cet univers mais, à part vaguement Pat Hibulaire, aucun d'entre eux n'a un comportement similaire à ceux des aventures de Mickey. En fait, on se croirait dans une aventure d'action steampunk basique pour adolescents, avec des personnages interchangeables. En outre, l'abus de vocabulaire technique et bidon est pénible dès les premières pages : ça sonne complètement factice alors qu'en plus cela ne sert strictement à rien.
Et l'intrigue elle-même est bidon, avec beaucoup d'incohérences et des motivations sans consistance pour les antagonistes. Encore une fois, ça sonne faux et gratuit, de l'aventure pour l'aventure sans tenir compte de la cohérence. Du coup, il n'y a pas moyen d'être pris dans l'histoire.
Dommage car le graphisme est superbe et j'aime l'ambiance de SF-Aventure légèrement steampunk de l'ensemble.
Note : 2,5/5
Tiens, un autre comics de zombies.
La présentation du récit est originale. Le lecteur a le point de vue d'un personnage silencieux qu'on ne voit jamais comme c'est le cas dans plusieurs jeux vidéos sauf qu'on ne peut pas contrôler les actions du personnages, on ne fait que suivre l'action.
Le résultat est pas mal et il y a une bonne ambiance post-apocalypse oppressante où le danger peut surgir n'importe quand. Le récit est beaucoup plus axé sur la psychologie des personnages que sur le bourrin. Il y a au final peut de scènes d'actions et c'est pas plus mal parce que j'en ai marre des scènes de zombie qui se font tirer dessus par dizaines et autre joyeuseté du genre.
Au final, le récit est tout de même un peu banal malgré le gimmick. L'univers post-apocalyptique ressemble à tant d'autres qu'on a déjà vus avant. Cela reste tout de même un bon divertissement servit par un bon dessin. Une curiosité à lire sans être un indispensable.
En 1904, les jeux olympiques sont organisés pour la première fois hors sol européen. C’est l’occasion pour les Etats-Unis de prendre leur revanche sur les jeux de Paris. Le marathon va ainsi devenir le théâtre d’un drame hilarant. Drame car les conditions dans lesquelles les organisateurs vont forcer les participants à concourir va occasionner de sévères séquelles physiques. Hilarant car l’organisation est telle qu’elle permet tous les excès, même les plus incongrus. Kid Toussaint s’empare de la grande histoire pour la réinterpréter à sa manière, s’autorisant quelques écarts avec la réalité historique pour nous servir une farce enlevée et néanmoins révélatrice d’une époque.
Le récit est enjoué, bien porté par le dessin de Munuera. Les multiples personnages permettent de montrer les enjeux parfois forts différents qui motivent ces coureurs. Les auteurs nous entrainent alors dans une course aussi improbable qu’historique : l’absence de ravitaillement, un parcours si mal fléché qu’il est facile de s’égarer, des athlètes parfois réquisitionnés juste pour faire exotique (c’est ainsi que deux sud-africains et un amérindien vont être ‘invités’ à participer à l’épreuve sans y avoir été préparé d’aucune manière), de la triche, du dopage organisé (à la strychnine, s’il vous plait !) C’est tout bonnement tellement incroyable, tellement gros que c’en devient amusant !
Il manque toutefois un petit quelque chose à cet album pour que je m’y attache vraiment. Là, j’ai passé un agréable moment de lecture, je me suis souvent amusé, j’ai souvent été édifié… mais aucun de ces coureurs ne m’aura vraiment touché dans l’âme. Peut-être parce qu’il y en a de trop, je ne saurais dire, mais voilà, hormis le caractère édifiant de ce fait historique, je crains de ne pas retenir grand-chose de ce récit.
Il s’agit toutefois d’une lecture plaisante et je vous la conseille… même si, pour moi, on reste dans l’anecdotique.
Je rejoins totalement les deux avis précédents de Noirdésir et Canarde.
En commençant cette intégrale au format souple de chez Physalis, j'ai immédiatement pensé à la Famille Pirate que je regardais en dessin-animé l'après-midi sur France 3. C'est bien déjanté, ça ne fait pas forcément rire aux éclats mais beaucoup de situations m'ont fait sourire. L'association des personnages de Rosco, vieil escroc pirate, de la Pieuvre, enfant un peu benêt, et du mutique Mammouth fonctionne plutôt bien. On prend un réel plaisir à suivre leurs pérégrinations d'îles en îles et de déconvenues en déconvenues.
Enfin, si de prime abord, on pourrait croire que le dessin est peu travaillé, il n'en est rien, ces pirates ont de vrai trognes. Et la mise en couleur est plutôt bien réussie, collant parfaitement avec l'univers déjanté de ce triptyque.
Une belle surprise à partager avec son fils de 10 ans :)
Histoire - Originalité : 7/10
Dessin - Mise en couleurs : 7/10
NOTE GLOBALE : 14/20
Norbert aurait bien aimé passer des vacances tranquilles chez lui à jouer sur sa console mais ses parents ont décidé de l'envoyer à la campagne chez ses grands-parents. D'un monde moderne comme le nôtre, il va se retrouver dans un cadre de fantasy où sa famille élève des nuages comme on le ferait de moutons, et où tous les enfants qu'il va rencontrer ont un lien magique avec différents éléments de la Nature : une fille qui promène des chardons, un garçon qui peut se rendre invisible ou encore une gamine qui produit du feu à volonté. Et alors qu'ils s'entendent bien et pourraient passer des vacances finalement pas si mal, un danger rôde dans la forêt et ils vont devoir l'affronter.
L'album mélange habilement les classiques histoires de vacances chez les grands-parents et cette ambiance de fantasy et de magie qui semble ici pourtant complètement naturelle. Et même si c'est discret, elle pose bien également ses origines roumaines, une partie du bestiaire légendaire ainsi que les noms, costumes et habitations des personnages étant manifestement typiques de la région d'origine des autrices. Et au final, même si le fond de l'intrigue présente peu de surprise, c'est tout cet ensemble d'originalité qui forme la personnalité à part de cette BD tout à fait agréable. Le dessin est lui aussi très sympathique, mignon graphisme pour la jeunesse bien maîtrisé et avec des très bonnes couleurs.
C'est une BD qu'on lit avec plaisir et qui fait passer un bon moment.
Indubitablement, ce récit pourrait concourir dans la catégorie WTF du comics au scénario improbable. Imaginez une invasion de monstres venus d’un univers parallèle que seul pourrait éradiquer le heavy metal. Vous n’y parvenez pas ? Pas grave, Daniel Warren Johnson l’a fait pour vous.
Alors oui, le scénario est assez incongru. Oui, il tient sur un timbre postal. Oui, il vaut mieux avoir les bases minimales en matière de heavy et de hard rock, parce que ça aide pour s’amuser de certains clins d’œil (de Rob Halford à Ronnie James Dio en passant par Lemmy Kilmister et bien d'autres). Oui, ce récit est surtout visuel avec de grosses scènes de combat à coup de Flying V ou de Stratocaster, voire de set de batterie volant (avec pédale double sur la grosse caisse). Oui, clairement, c’est du grand n’importe quoi.
Mais il y a quand même un fond. Derrière le délire se cache une morale, celle-ci tient dans le fait que même si tout s’écroule, même si la vie est éphémère, la musique nous porte et nous soutient.
… Oui, d’accord, c’est pas la morale du siècle… Mais elle a le mérite d’être sincère, et de constituer une véritable preuve d’amour de l’auteur pour la musique en général et le heavy en particulier.
Alors voilà, je me suis bien amusé par moments, j’ai trouvé ça lourdingue à d’autres, les clins d’œil que j’ai repérés m’ont plu, la dimension dramatique ne m’est pas parue idiote même si parfois assez déstabilisante (il y a toute une histoire autour d’un des personnages atteint d’un cancer et qui a sombré parce que, justement, il a renoncé à la musique). Surtout, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer parce que cet album se lit vite et qu’il s’y passe toujours quelque chose. Le dessin est lisible même dans les scènes de combat. Les créations graphiques amusent. La mise en page reste sobre et permet donc une lecture aisée.
Pas un chef-d’œuvre (certainement pas) mais pas une daube sans nom non plus. Juste un truc improbable qui fait passer le temps. Pas mal, quoi, mais sans plus (et très honnêtement, je n’espérais pas plus).
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Petzi
C’est en en empruntant quelques albums « pour voir » que je me suis rappelé en avoir lu quelques-uns il y a maintenant fort longtemps. Et je pense que cette série ne passe pas du tout la barrière de l’âge, elle doit être réservée aux très jeunes. J’ai aussi un doute quant à la barrière du temps. En effet, ces aventures ont quelque chose de désuet dans leur déroulé et dans le dessin (normal me direz-vous, cela date d’un autre millénaire !), et je ne suis pas sûr que les jeunes d’aujourd’hui accrochent autant que leurs « ancêtres » (je n’ai plus d’enfants en bas âge sous la main pour le leur faire vérifier). Bon, maintenant, si j’évalue la série en tenant compte de son âge, mais surtout du public cible, ça reste une lecture tout à fait recommandable. Petzi est toujours enjoué et partant pour construire, aller à l’aventure, et il est entouré de quelques personnages secondaires – un pingouin, un pélican et un phoque surtout – qui l’accompagnent et permettent aux jeunes lecteurs de retrouver une chouette équipe dans chaque album (très vite lus, avec un dessin simple avare de décors, et seulement une trentaine de pages).
Captif des glaces
L'Histoire a probablement oublié cette histoire d'un bateau armé par de riches mécènes pour aller toucher le Pôle Nord (alors encore inviolé) en passant par le Détroit de Béring, entre la Sibérie et L'Alaska. Une trentaine d'hommes d'un grand courage sont ainsi partis en 1879, et ne sont rentrés, du moins certains, que trois ans plus tard, bredouilles. Cette aventure humaine hors du commun nous est donc contée par Clément Baloup, auteur fasciné par les voyages, les explorations, les luttes sociales. Des prémices du projet jusqu'au retour des survivants sous la conduite du chef mécanicien George Melville, les évènements nous sont racontés par ordre chronologique, de manière très factuelle, et je l'imagine le scénariste a comblé quelques trous dans l'histoire. On notera au passage l'action significative de Melville, qui a probablement permis de sauver une douzaine d'hommes d'une mort certaine. C'est vraiment prenant, on ne s'ennuie pas du tout, malgré parfois des passages muets, pas forcément contemplatifs. Au niveau graphique Baloup collabore avec Hugo Stephan, qui avait jusque-là travaillé en tant qu'illustrateur et motion designer. Sans être totalement mature, son trait retranscrit bien les ambiances (souvent glaciales) de l'histoire, en installant surtout au début un repère visuel basé sur les couleurs. Des couleurs qui se réduisent au bleu lorsque les marins de la Jeannette se retrouvent au milieu des immensités glacés, à la merci de la mort qui rôde...
Simon Portepoisse
Simon Portepoisse est une série jeunesse qui rappelle un peu Petit Vampire tant dans son graphisme que dans son esprit. Le héros est le cadet d'une famille de monstres gentils dont le rôle est de distribuer de la malchance à des personnes désignées. Ce n'est pas de la méchanceté : cette malchance est attribuée à ces personnes pour des raisons parfois bien précises, par exemple pour que le malheur subi entraine un plus grand bonheur ou un développement personnel plus tard. Graphiquement, le trait rappelle celui de Sfar. Il est très lâché, jamais droit mais reste globalement maîtrisé même si les jambes et bras sont régulièrement très... anatomiquement faux, surtout le chat Monsieur Georges. Je ne suis pas fan de ce type de dessin mais il fonctionne et les couleurs sont plaisantes. Les histoires sont assez enfantines mais sympathiques à suivre. J'aime bien l'idée de ces malheurs pour de bonnes raisons, et la famille des Portepoisse est plutôt sympa. Ce n'est pas passionnant mais c'est divertissant. A réserver quand même plutôt à des lecteurs de moins de 12 ans.
The Bunker
Sur un pitch de départ assez casse-gueule (et usé jusqu'à l'os...), l'auteur réussit à tisser une trame pas mal prenante ; surtout grâce au mystère entretenu autour des évènements prévus, ainsi qu'au travers des relations qu'entretiendront -ou entretiennent déjà ?!- les héros. La temporalité, bien bousculée pour le coup (écho des évènements à venir et présents des protagonistes exposés dans le désordre en fonction des points de vus de chacun...!), ajoute au dynamisme du récit, et on suit la progression de l'histoire avec curiosité tant l'angle choisi -intime sans être romantique : très rare- est parfaitement maitrisé. Un sens de l'écriture et de la dramaturgie qui va à l'essentiel : l'action ne perd pas de temps et on avance sans avoir besoin, à chaque chapitre, de dix pages d'explications. Les personnages, pleins de sensibilité et de profondeur, font la différence essentielle de ce puzzle de Science-Fiction, finalement original tant le coeur du propos est décalé d'avec la ligne classique du genre. Pas d'emphase ni de grandiloquence, ici ; et même la touche philosophique finale est assortie : humaine. Le graphisme frôle le croquis (surtout après les débuts) et est très expérimentalement encré et colorisé en demi-teintes imprécises, renforçant l'ambiance au détriment du détail. Là aussi, l'accent est mis sur les êtres, et non les choses ; mais j'ai trouvé l'équilibre pas mal réussi ; même si je suis persuadé que le format papier présente beaucoup mieux l’œuvre que son pendant numérique (trop grand). Différent. À découvrir si on aime les histoires de paradoxes temporels prétextes à l'exploration de l'âme ; même aussi Lambda que celles-ci.
Mickey et l'océan perdu
Cette BD attire beaucoup par son graphisme remarquable. Silvio Camboni offre des planches superbes et colorées, aussi impeccable pour représenter les personnages de l'univers Disney que pour des décors d'aventure exotique et une ambiance vaguement steampunk. C'est très beau... mais pas très lisible hélas. Chaque case contient trop d'information visuelle et cela embrouille la narration graphique, forçant le lecteur à se concentrer pour bien suivre ce qu'il se passe ce qui amoindrit la fluidité de la lecture. Quant à l'histoire... C'est le point faible. Pour commencer, je n'ai vraiment pas du tout eu l'impression de lire une histoire de Mickey. Ce sont bien les personnages de cet univers mais, à part vaguement Pat Hibulaire, aucun d'entre eux n'a un comportement similaire à ceux des aventures de Mickey. En fait, on se croirait dans une aventure d'action steampunk basique pour adolescents, avec des personnages interchangeables. En outre, l'abus de vocabulaire technique et bidon est pénible dès les premières pages : ça sonne complètement factice alors qu'en plus cela ne sert strictement à rien. Et l'intrigue elle-même est bidon, avec beaucoup d'incohérences et des motivations sans consistance pour les antagonistes. Encore une fois, ça sonne faux et gratuit, de l'aventure pour l'aventure sans tenir compte de la cohérence. Du coup, il n'y a pas moyen d'être pris dans l'histoire. Dommage car le graphisme est superbe et j'aime l'ambiance de SF-Aventure légèrement steampunk de l'ensemble. Note : 2,5/5
Daybreak
Tiens, un autre comics de zombies. La présentation du récit est originale. Le lecteur a le point de vue d'un personnage silencieux qu'on ne voit jamais comme c'est le cas dans plusieurs jeux vidéos sauf qu'on ne peut pas contrôler les actions du personnages, on ne fait que suivre l'action. Le résultat est pas mal et il y a une bonne ambiance post-apocalypse oppressante où le danger peut surgir n'importe quand. Le récit est beaucoup plus axé sur la psychologie des personnages que sur le bourrin. Il y a au final peut de scènes d'actions et c'est pas plus mal parce que j'en ai marre des scènes de zombie qui se font tirer dessus par dizaines et autre joyeuseté du genre. Au final, le récit est tout de même un peu banal malgré le gimmick. L'univers post-apocalyptique ressemble à tant d'autres qu'on a déjà vus avant. Cela reste tout de même un bon divertissement servit par un bon dessin. Une curiosité à lire sans être un indispensable.
La Course du siècle
En 1904, les jeux olympiques sont organisés pour la première fois hors sol européen. C’est l’occasion pour les Etats-Unis de prendre leur revanche sur les jeux de Paris. Le marathon va ainsi devenir le théâtre d’un drame hilarant. Drame car les conditions dans lesquelles les organisateurs vont forcer les participants à concourir va occasionner de sévères séquelles physiques. Hilarant car l’organisation est telle qu’elle permet tous les excès, même les plus incongrus. Kid Toussaint s’empare de la grande histoire pour la réinterpréter à sa manière, s’autorisant quelques écarts avec la réalité historique pour nous servir une farce enlevée et néanmoins révélatrice d’une époque. Le récit est enjoué, bien porté par le dessin de Munuera. Les multiples personnages permettent de montrer les enjeux parfois forts différents qui motivent ces coureurs. Les auteurs nous entrainent alors dans une course aussi improbable qu’historique : l’absence de ravitaillement, un parcours si mal fléché qu’il est facile de s’égarer, des athlètes parfois réquisitionnés juste pour faire exotique (c’est ainsi que deux sud-africains et un amérindien vont être ‘invités’ à participer à l’épreuve sans y avoir été préparé d’aucune manière), de la triche, du dopage organisé (à la strychnine, s’il vous plait !) C’est tout bonnement tellement incroyable, tellement gros que c’en devient amusant ! Il manque toutefois un petit quelque chose à cet album pour que je m’y attache vraiment. Là, j’ai passé un agréable moment de lecture, je me suis souvent amusé, j’ai souvent été édifié… mais aucun de ces coureurs ne m’aura vraiment touché dans l’âme. Peut-être parce qu’il y en a de trop, je ne saurais dire, mais voilà, hormis le caractère édifiant de ce fait historique, je crains de ne pas retenir grand-chose de ce récit. Il s’agit toutefois d’une lecture plaisante et je vous la conseille… même si, pour moi, on reste dans l’anecdotique.
Rosco le Rouge
Je rejoins totalement les deux avis précédents de Noirdésir et Canarde. En commençant cette intégrale au format souple de chez Physalis, j'ai immédiatement pensé à la Famille Pirate que je regardais en dessin-animé l'après-midi sur France 3. C'est bien déjanté, ça ne fait pas forcément rire aux éclats mais beaucoup de situations m'ont fait sourire. L'association des personnages de Rosco, vieil escroc pirate, de la Pieuvre, enfant un peu benêt, et du mutique Mammouth fonctionne plutôt bien. On prend un réel plaisir à suivre leurs pérégrinations d'îles en îles et de déconvenues en déconvenues. Enfin, si de prime abord, on pourrait croire que le dessin est peu travaillé, il n'en est rien, ces pirates ont de vrai trognes. Et la mise en couleur est plutôt bien réussie, collant parfaitement avec l'univers déjanté de ce triptyque. Une belle surprise à partager avec son fils de 10 ans :) Histoire - Originalité : 7/10 Dessin - Mise en couleurs : 7/10 NOTE GLOBALE : 14/20
Les Vacances de Nor
Norbert aurait bien aimé passer des vacances tranquilles chez lui à jouer sur sa console mais ses parents ont décidé de l'envoyer à la campagne chez ses grands-parents. D'un monde moderne comme le nôtre, il va se retrouver dans un cadre de fantasy où sa famille élève des nuages comme on le ferait de moutons, et où tous les enfants qu'il va rencontrer ont un lien magique avec différents éléments de la Nature : une fille qui promène des chardons, un garçon qui peut se rendre invisible ou encore une gamine qui produit du feu à volonté. Et alors qu'ils s'entendent bien et pourraient passer des vacances finalement pas si mal, un danger rôde dans la forêt et ils vont devoir l'affronter. L'album mélange habilement les classiques histoires de vacances chez les grands-parents et cette ambiance de fantasy et de magie qui semble ici pourtant complètement naturelle. Et même si c'est discret, elle pose bien également ses origines roumaines, une partie du bestiaire légendaire ainsi que les noms, costumes et habitations des personnages étant manifestement typiques de la région d'origine des autrices. Et au final, même si le fond de l'intrigue présente peu de surprise, c'est tout cet ensemble d'originalité qui forme la personnalité à part de cette BD tout à fait agréable. Le dessin est lui aussi très sympathique, mignon graphisme pour la jeunesse bien maîtrisé et avec des très bonnes couleurs. C'est une BD qu'on lit avec plaisir et qui fait passer un bon moment.
Murder Falcon
Indubitablement, ce récit pourrait concourir dans la catégorie WTF du comics au scénario improbable. Imaginez une invasion de monstres venus d’un univers parallèle que seul pourrait éradiquer le heavy metal. Vous n’y parvenez pas ? Pas grave, Daniel Warren Johnson l’a fait pour vous. Alors oui, le scénario est assez incongru. Oui, il tient sur un timbre postal. Oui, il vaut mieux avoir les bases minimales en matière de heavy et de hard rock, parce que ça aide pour s’amuser de certains clins d’œil (de Rob Halford à Ronnie James Dio en passant par Lemmy Kilmister et bien d'autres). Oui, ce récit est surtout visuel avec de grosses scènes de combat à coup de Flying V ou de Stratocaster, voire de set de batterie volant (avec pédale double sur la grosse caisse). Oui, clairement, c’est du grand n’importe quoi. Mais il y a quand même un fond. Derrière le délire se cache une morale, celle-ci tient dans le fait que même si tout s’écroule, même si la vie est éphémère, la musique nous porte et nous soutient. … Oui, d’accord, c’est pas la morale du siècle… Mais elle a le mérite d’être sincère, et de constituer une véritable preuve d’amour de l’auteur pour la musique en général et le heavy en particulier. Alors voilà, je me suis bien amusé par moments, j’ai trouvé ça lourdingue à d’autres, les clins d’œil que j’ai repérés m’ont plu, la dimension dramatique ne m’est pas parue idiote même si parfois assez déstabilisante (il y a toute une histoire autour d’un des personnages atteint d’un cancer et qui a sombré parce que, justement, il a renoncé à la musique). Surtout, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer parce que cet album se lit vite et qu’il s’y passe toujours quelque chose. Le dessin est lisible même dans les scènes de combat. Les créations graphiques amusent. La mise en page reste sobre et permet donc une lecture aisée. Pas un chef-d’œuvre (certainement pas) mais pas une daube sans nom non plus. Juste un truc improbable qui fait passer le temps. Pas mal, quoi, mais sans plus (et très honnêtement, je n’espérais pas plus).