A sa manière, ce livre traite de la beauté de l’éphémère, du charme du temps qui passe et du temps passé. Surtout, il ravive les souvenirs des anciens à la vue de ce château de sable sans cesse recommencé et sans cesse emporté. Si les marées l’effacent, son souvenir reste en nos mémoires, embelli par les années. Aussi, si ce livre entièrement muet s’adresse de prime abord avant tout aux jeunes lectrices et lecteurs, il dégage un charme nostalgique qui parlera aux plus anciens dans mon genre.
Entièrement muet donc, ce récit se concentre sur une journée à la plage. Journée durant laquelle deux enfants n’auront de cesse de construire et reconstruire leur château de sable, détruit tantôt par un chapeau emporté par le vent, tantôt par un bambin indélicat et tantôt par la marée montante. C’est finement observé, plein de charme, joliment dessiné et lumineusement colorisé. L’absence de textes renforce le caractère poétique et philosophique de l’œuvre : pas besoin de paroles, le lecteur ressent les émotions des personnages au travers du dessin et en tire ses propres conclusions.
Même s’il est très léger et ne raconte rien d’essentiel, ce petit livre m’a procuré un plaisir réel. Je suis intimement convaincu qu’il plaira aussi aux jeunes, qui s’amuseront des obstacles qui se dressent entre les deux enfants et la réalisation de leur château. Et qui, comme moi, le reliront bien plus vieux en se remémorant ces journées à la plage passée à construire des châteaux éphémères.
PS : l’éditeur mentionne le nom de la traductrice. Le livre étant entièrement muet, hormis la traduction du titre, je ne saurais dire quel a été son rôle mais j’aurais trouvé indélicat de l’oublier alors que l’éditeur la mentionne.
Je vais bientôt avoir lu tout ce qu'Anouk Ricard a pu faire. Ici on retrouve ses personnages animaliers "dessinés comme un enfant de 5 ans" mais c'est plus clairement destiné à un public jeune que certaines autres de ses oeuvres. L'auteur sait aussi montrer un autre style de dessin lors d'intermèdes entre les différentes histoires.
Anna est une petite fille entourée d'animaux qui parlent (à moins qu'elle prête des voix à ses peluches). Pour autant on pourra y voir une double lecture qui fait qu'un adulte ne s'ennuiera pas. Il y a aussi certaines morales dans ces petites histoires comme quand les personnages sont méchants ou égoïstes telle l'histoire avec ce thon qui doit toujours aller récupérer le ballon. L'histoire où Anna croit avoir avalé un ver de terre est drôle aussi. Bref les 2 tomes que j'ai pu lire m'ont bien plu.
Pas facile de faire une métaphore de la création artistique en BD, pour un public jeune.
C'est pourtant ce qu'a essayé de faire Claire Grimond avec cette première BD, elle qui s'est faite connaître en tant que sculpteuse et scénariste pour l'animation. Sa fascination pour l'inspiration créatrice, la peinture en particulier transpire des idées qui parsèment ce récit qui mêle quête initiatique et amour filial (petit-filial, en l'occurrence). C'est assez basique, avec des gentils très vite identifiés, un méchant qui reste méchant tout du long, et des simili-méchants qui s'avèrent plutôt bienveillants. A côté de ça, le cheminement de l'histoire et ses différents éléments sont confus, même si les enjeux sont correctement posés.
Le dessinateur est lui aussi un "débutant" dans l'exercice, Léo Verrier a fait ses armes dans le cinéma d'animation. Le communiqué de presse parle d'inspirations diverses, telles que Hayao Miyazaki, Italo Calvino, David Lynch et Nicolas de Crécy. C'est ce dernier nom qui me semble le plus légitime pour cet album, avec ses couleurs pastels et son design rond, particulièrement pour le fameux navire écarlate, que j'aime beaucoup. Les personnages m'ont moins convaincu, je trouve qu'ils manquent un peu de fantaisie, mais l'ensemble est tout de même fort agréable à l'œil, et je tiens à mettre en exergue la couverture, très jolie avec son vernis argenté sélectif.
En bonus, un plan en coupe du fameux navire.
Je ne connaissais pas Emmanuel Moynot dans le registre humoristique que peut proposer Fluide Glacial. Déjà le titre me fait bien marrer. C'est une revisite des débuts de la religion du Livre avec Adam et Eve, leurs enfants Caïn, Abel et puis les autres, tout cela à une époque préhistorique où on fait de la peinture sur les murs de sa grotte. Bien sûr avec un langage aussi châtié que le titre, ce n'est pas rédigé dans un style conventionnel et si l'ensemble n'est pas à mourir de rire, l'histoire révèle une certaine fidélité à l'originale avec un ton rafraichissant. Le dessin bien qu'un peu brouillon et la colorisation me vont bien.
Ce n'est pas l'œuvre du siècle d'un point de vue scénario même si Katia Even n'est pas une novice dans le genre 'pour adultes'. On est sur de la secrétaire qui fait des coquineries avec son patron et la femme de ce dernier tant qu'à faire. Les femmes sont tout de même assez valorisées et actrice de leurs désirs ce qui est loin d'être toujours le cas. Ce qui m'a attiré de prime abord, au delà de la couverture, est le dessin qui pour une fois sort un peu de la colorisation criarde et qu'on voit trop souvent dans le genre, ici le dessin de Bleda est clairement un atout.
Bon, les amateurs exclusifs de poésie fine auront sans doute passé leur chemin à la lecture du titre, et ils auront sans doute eu raison. Mais le contenu saura néanmoins satisfaire les lecteurs amateurs d’humour un peu décalé, et parodique.
En plusieurs chapitres, globalement chronologiques, nous suivons la vie d’Adam et Eve, et de leurs progéniture et descendants, le tout situé par Moynot dans une préhistoire d’opérette.
Bien évidemment, on s’éloigne assez rapidement de la Genèse, même si en connaître les grandes lignes permet d’apprécier quelques clins d’œil ou détournements plus ou moins loufoques et absurdes. Moynot y ajoute des anachronismes, des dialogues « hors-sol » ou avec un vocabulaire contemporain.
Le dessin n’est pas forcément extraordinaire, il est même simpliste (avec peu de détails et des personnages aux contours parfois esquissés). Bref, pas le truc très fouillé sur lequel on s'extasie, mais il est lisible, et l’essentiel est ailleurs.
Et justement, ailleurs, les péripéties et les dialogues, s’ils sont inégaux, donnent un résultat que j’ai trouvé globalement amusant. Pas d’éclat de rire, mais une lecture le sourire aux lèvres agréable.
Nicoby a une bibliographie assez fournie, pourtant je n'ai pas lu grand chose de lui à part Leconte fait son cinéma. Avec Apple et Lemon il verse dans l'humour autour de deux ados/jeunes adultes obsédés par leurs hormones et le sexe, cherchant toutes sortes de combines pour mater la gent féminine.
C'est bon enfant, la drôlerie n'est pas toujours au rendez-vous et c'est parfois répétitif notamment autour du sniffage de sous-vêtements mais globalement les 2 gamins m'ont fait marrer.
Voici un album sur l'expérience personnelle de Clara Cuadrado et son rapport avec les animaux. Elle questionne la différentiation qu'on fait entre ceux qu'on caresse, qui font partie de la famille comme les chats et les chiens, et ceux qu'on met dans notre assiette car on nous a appris qu'on devait en manger pour vivre. Le titre Extrême fait référence à ce qu'elle a pu entendre quand elle fait part de ses choix alimentaires pour éviter de manger des êtres vivants. Les motivations peuvent aussi être pour réduire l'empreinte écologique ou pour des raisons de santé. Il y a beaucoup d'humour dans cet ouvrage qui démonte les clichés et se veut plutôt didactique avec pleins de faits et beaucoup de texte, c'est pourquoi je l'ai plutôt classé en documentaire. D'ailleurs l'auteur cite des sources à la fin.
Je connaissais certaines anecdotes comme ce père de la propagande (ce qu'on appela ensuite relations publiques) qui trouva quelques médecins américains au début du XXème siècle pour affirmer qu'un petit-déjeuner à base d'oeufs et de bacon était sain, tout cela afin de favoriser l'industrie. J'y ai appris d'autres éléments notamment autour de la fameuse vitamine B12 essentielle au cerveau qui ferait défaut au régime non carné. Or on supplémente aussi les animaux de manière médicamenteuse avec cette vitamine alors qu'on pourrait simplement nous humains prendre directement un cacheton de temps en temps.
Bref sans être non plus militant ou culpabilisant, je trouve que c'est une bonne synthèse qui pourrait éclairer ceux tiraillés par la dissonance cognitive entre aimer ou manger les animaux.
L’album est très vite lu, car entièrement muet, et avec une « histoire » des plus linéaires.
En fait, nous suivons un gros fumeur (au boulot, chez lui, durant ses loisirs), qui finit par tousser, tomber malade, apprendre qu’il a le cancer, et mourir (vers la fin des flash-backs remontent les étapes l’ayant mené à être victime de cette tabagie).
La lecture est rapide donc, et l’intrigue pas forcément captivante.
Mais le dessin de Nina Jacqmin est simple et chouette, avec une colorisation jouant sur du Noir et Blanc et des nuances de gris, quelques taches de rouge (préfigurant le sang que le « haros » finit par cracher). Et un rendu très « doux », agréable (j’avais déjà apprécié son travail sur plusieurs séries).
Reste que cet album ressemble fort à une campagne contre le tabagisme (sans surprise la Ligue contre le Cancer se présente en postface).
Un message intéressant, une mise en images simple et jolie, une narration efficace et agréable. Mais une lecture qui ne m’a pas marqué.
Note réelle 2,5/5.
Mo/cdm commence à avoir une biblio relativement importante. C’est inégal, mais toujours sur le même type d’humour, dont je suis a priori friand.
Je trouve qu’ici, sur des formats courts (gags en une page), ça fonctionne plutôt bien.
Le fil rouge, c’est un président des États-Unis qui souhaite lutter contre la morosité, et qui reçoit successivement trois spécialistes es-gags (dont Mo/cdm lui-même), qui lui proposent donc de quoi agiter les zygomatiques de ses concitoyens.
Les trois passages avec le président des USA sont moyens, sans grand intérêt. Mais les gags eux-mêmes, s’ils sont inégaux, sont globalement réussis. La lecture est agréable et plusieurs gags m’ont amusé. Le ton est à l’humour très con, voire absurde, et c’est assez varié.
Une lecture qui tient ses promesses, et se révèle assez drôle.
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Le Jour des châteaux de sable
A sa manière, ce livre traite de la beauté de l’éphémère, du charme du temps qui passe et du temps passé. Surtout, il ravive les souvenirs des anciens à la vue de ce château de sable sans cesse recommencé et sans cesse emporté. Si les marées l’effacent, son souvenir reste en nos mémoires, embelli par les années. Aussi, si ce livre entièrement muet s’adresse de prime abord avant tout aux jeunes lectrices et lecteurs, il dégage un charme nostalgique qui parlera aux plus anciens dans mon genre. Entièrement muet donc, ce récit se concentre sur une journée à la plage. Journée durant laquelle deux enfants n’auront de cesse de construire et reconstruire leur château de sable, détruit tantôt par un chapeau emporté par le vent, tantôt par un bambin indélicat et tantôt par la marée montante. C’est finement observé, plein de charme, joliment dessiné et lumineusement colorisé. L’absence de textes renforce le caractère poétique et philosophique de l’œuvre : pas besoin de paroles, le lecteur ressent les émotions des personnages au travers du dessin et en tire ses propres conclusions. Même s’il est très léger et ne raconte rien d’essentiel, ce petit livre m’a procuré un plaisir réel. Je suis intimement convaincu qu’il plaira aussi aux jeunes, qui s’amuseront des obstacles qui se dressent entre les deux enfants et la réalisation de leur château. Et qui, comme moi, le reliront bien plus vieux en se remémorant ces journées à la plage passée à construire des châteaux éphémères. PS : l’éditeur mentionne le nom de la traductrice. Le livre étant entièrement muet, hormis la traduction du titre, je ne saurais dire quel a été son rôle mais j’aurais trouvé indélicat de l’oublier alors que l’éditeur la mentionne.
Anna et Froga
Je vais bientôt avoir lu tout ce qu'Anouk Ricard a pu faire. Ici on retrouve ses personnages animaliers "dessinés comme un enfant de 5 ans" mais c'est plus clairement destiné à un public jeune que certaines autres de ses oeuvres. L'auteur sait aussi montrer un autre style de dessin lors d'intermèdes entre les différentes histoires. Anna est une petite fille entourée d'animaux qui parlent (à moins qu'elle prête des voix à ses peluches). Pour autant on pourra y voir une double lecture qui fait qu'un adulte ne s'ennuiera pas. Il y a aussi certaines morales dans ces petites histoires comme quand les personnages sont méchants ou égoïstes telle l'histoire avec ce thon qui doit toujours aller récupérer le ballon. L'histoire où Anna croit avoir avalé un ver de terre est drôle aussi. Bref les 2 tomes que j'ai pu lire m'ont bien plu.
Le Navire écarlate
Pas facile de faire une métaphore de la création artistique en BD, pour un public jeune. C'est pourtant ce qu'a essayé de faire Claire Grimond avec cette première BD, elle qui s'est faite connaître en tant que sculpteuse et scénariste pour l'animation. Sa fascination pour l'inspiration créatrice, la peinture en particulier transpire des idées qui parsèment ce récit qui mêle quête initiatique et amour filial (petit-filial, en l'occurrence). C'est assez basique, avec des gentils très vite identifiés, un méchant qui reste méchant tout du long, et des simili-méchants qui s'avèrent plutôt bienveillants. A côté de ça, le cheminement de l'histoire et ses différents éléments sont confus, même si les enjeux sont correctement posés. Le dessinateur est lui aussi un "débutant" dans l'exercice, Léo Verrier a fait ses armes dans le cinéma d'animation. Le communiqué de presse parle d'inspirations diverses, telles que Hayao Miyazaki, Italo Calvino, David Lynch et Nicolas de Crécy. C'est ce dernier nom qui me semble le plus légitime pour cet album, avec ses couleurs pastels et son design rond, particulièrement pour le fameux navire écarlate, que j'aime beaucoup. Les personnages m'ont moins convaincu, je trouve qu'ils manquent un peu de fantaisie, mais l'ensemble est tout de même fort agréable à l'œil, et je tiens à mettre en exergue la couverture, très jolie avec son vernis argenté sélectif. En bonus, un plan en coupe du fameux navire.
L'Humanité de mes couilles
Je ne connaissais pas Emmanuel Moynot dans le registre humoristique que peut proposer Fluide Glacial. Déjà le titre me fait bien marrer. C'est une revisite des débuts de la religion du Livre avec Adam et Eve, leurs enfants Caïn, Abel et puis les autres, tout cela à une époque préhistorique où on fait de la peinture sur les murs de sa grotte. Bien sûr avec un langage aussi châtié que le titre, ce n'est pas rédigé dans un style conventionnel et si l'ensemble n'est pas à mourir de rire, l'histoire révèle une certaine fidélité à l'originale avec un ton rafraichissant. Le dessin bien qu'un peu brouillon et la colorisation me vont bien.
Il faudra me passer sur le corps
Ce n'est pas l'œuvre du siècle d'un point de vue scénario même si Katia Even n'est pas une novice dans le genre 'pour adultes'. On est sur de la secrétaire qui fait des coquineries avec son patron et la femme de ce dernier tant qu'à faire. Les femmes sont tout de même assez valorisées et actrice de leurs désirs ce qui est loin d'être toujours le cas. Ce qui m'a attiré de prime abord, au delà de la couverture, est le dessin qui pour une fois sort un peu de la colorisation criarde et qu'on voit trop souvent dans le genre, ici le dessin de Bleda est clairement un atout.
L'Humanité de mes couilles
Bon, les amateurs exclusifs de poésie fine auront sans doute passé leur chemin à la lecture du titre, et ils auront sans doute eu raison. Mais le contenu saura néanmoins satisfaire les lecteurs amateurs d’humour un peu décalé, et parodique. En plusieurs chapitres, globalement chronologiques, nous suivons la vie d’Adam et Eve, et de leurs progéniture et descendants, le tout situé par Moynot dans une préhistoire d’opérette. Bien évidemment, on s’éloigne assez rapidement de la Genèse, même si en connaître les grandes lignes permet d’apprécier quelques clins d’œil ou détournements plus ou moins loufoques et absurdes. Moynot y ajoute des anachronismes, des dialogues « hors-sol » ou avec un vocabulaire contemporain. Le dessin n’est pas forcément extraordinaire, il est même simpliste (avec peu de détails et des personnages aux contours parfois esquissés). Bref, pas le truc très fouillé sur lequel on s'extasie, mais il est lisible, et l’essentiel est ailleurs. Et justement, ailleurs, les péripéties et les dialogues, s’ils sont inégaux, donnent un résultat que j’ai trouvé globalement amusant. Pas d’éclat de rire, mais une lecture le sourire aux lèvres agréable.
Apple et Lemon
Nicoby a une bibliographie assez fournie, pourtant je n'ai pas lu grand chose de lui à part Leconte fait son cinéma. Avec Apple et Lemon il verse dans l'humour autour de deux ados/jeunes adultes obsédés par leurs hormones et le sexe, cherchant toutes sortes de combines pour mater la gent féminine. C'est bon enfant, la drôlerie n'est pas toujours au rendez-vous et c'est parfois répétitif notamment autour du sniffage de sous-vêtements mais globalement les 2 gamins m'ont fait marrer.
Extrême - Assumer enfin son amour pour tous les animaux
Voici un album sur l'expérience personnelle de Clara Cuadrado et son rapport avec les animaux. Elle questionne la différentiation qu'on fait entre ceux qu'on caresse, qui font partie de la famille comme les chats et les chiens, et ceux qu'on met dans notre assiette car on nous a appris qu'on devait en manger pour vivre. Le titre Extrême fait référence à ce qu'elle a pu entendre quand elle fait part de ses choix alimentaires pour éviter de manger des êtres vivants. Les motivations peuvent aussi être pour réduire l'empreinte écologique ou pour des raisons de santé. Il y a beaucoup d'humour dans cet ouvrage qui démonte les clichés et se veut plutôt didactique avec pleins de faits et beaucoup de texte, c'est pourquoi je l'ai plutôt classé en documentaire. D'ailleurs l'auteur cite des sources à la fin. Je connaissais certaines anecdotes comme ce père de la propagande (ce qu'on appela ensuite relations publiques) qui trouva quelques médecins américains au début du XXème siècle pour affirmer qu'un petit-déjeuner à base d'oeufs et de bacon était sain, tout cela afin de favoriser l'industrie. J'y ai appris d'autres éléments notamment autour de la fameuse vitamine B12 essentielle au cerveau qui ferait défaut au régime non carné. Or on supplémente aussi les animaux de manière médicamenteuse avec cette vitamine alors qu'on pourrait simplement nous humains prendre directement un cacheton de temps en temps. Bref sans être non plus militant ou culpabilisant, je trouve que c'est une bonne synthèse qui pourrait éclairer ceux tiraillés par la dissonance cognitive entre aimer ou manger les animaux.
Fumée
L’album est très vite lu, car entièrement muet, et avec une « histoire » des plus linéaires. En fait, nous suivons un gros fumeur (au boulot, chez lui, durant ses loisirs), qui finit par tousser, tomber malade, apprendre qu’il a le cancer, et mourir (vers la fin des flash-backs remontent les étapes l’ayant mené à être victime de cette tabagie). La lecture est rapide donc, et l’intrigue pas forcément captivante. Mais le dessin de Nina Jacqmin est simple et chouette, avec une colorisation jouant sur du Noir et Blanc et des nuances de gris, quelques taches de rouge (préfigurant le sang que le « haros » finit par cracher). Et un rendu très « doux », agréable (j’avais déjà apprécié son travail sur plusieurs séries). Reste que cet album ressemble fort à une campagne contre le tabagisme (sans surprise la Ligue contre le Cancer se présente en postface). Un message intéressant, une mise en images simple et jolie, une narration efficace et agréable. Mais une lecture qui ne m’a pas marqué. Note réelle 2,5/5.
Tirez sur mon doigt, Monsieur le Président
Mo/cdm commence à avoir une biblio relativement importante. C’est inégal, mais toujours sur le même type d’humour, dont je suis a priori friand. Je trouve qu’ici, sur des formats courts (gags en une page), ça fonctionne plutôt bien. Le fil rouge, c’est un président des États-Unis qui souhaite lutter contre la morosité, et qui reçoit successivement trois spécialistes es-gags (dont Mo/cdm lui-même), qui lui proposent donc de quoi agiter les zygomatiques de ses concitoyens. Les trois passages avec le président des USA sont moyens, sans grand intérêt. Mais les gags eux-mêmes, s’ils sont inégaux, sont globalement réussis. La lecture est agréable et plusieurs gags m’ont amusé. Le ton est à l’humour très con, voire absurde, et c’est assez varié. Une lecture qui tient ses promesses, et se révèle assez drôle. Pour amateurs d’humour con.