Entre "Bof, sans plus" et "Pas mal" ! C'est le second album que je lis dans cette série que je trouve basée sur une bonne idée. Une fois encore, le résultat est assez décevant tant l'histoire est rapide et manque d'approfondissements. Pourtant, les retournements de situations fonctionnent assez bien et il y a du rythme. Graphiquement, c'est plutôt réussi, avec une mise en valeur de Catwoman très correcte mais ça ne suffit pas à sauver l'album. Disons 2.5 arrondi à 3 pour l'idée et le dessin.
Avec "Monica", Daniel Clowes nous propose de passer au crible son Amérique à travers la vie assez traumatique de Monica. De sa "tendre" enfance à sa fin de vie, elle va passer par tous les états et les personnages qu'elle va croiser ou côtoyer, semblent tous plus dégénérés les uns que les autres à quelques rares exceptions. Elle grandit de déceptions en déceptions, se construisant une forme d'armure "morale" tout en poursuivant sa quête : retrouver sa mère et trouver qui est son père.
J'ai toujours été attiré par le travail de Daniel Clowes, même si certains de ses albums me sont parus assez hermétiques. C'est aussi ce qui fait sa marque de fabrique, mais quand ça devient trop perché et difficile à suivre j'avoue ne pas adhérer. Là je ressors un peu le cul entre deux chaises, tant les références semblent denses et la partie autobiographique de l'auteur pas facile à dissocier de la fiction. Mais j'adore me laisser porter par ce graphisme si singulier, reconnaissable entre mille. Ce petit côté "vintage" tant dans le trait que dans la colorisation continue de me séduire et je me laisse tenter à chaque fois dès que je vois le nom de Clowes.
Pour le coup, je pense que cet album appelle quelques relectures et quelques recherches sur la vie de l'auteur pour essayer d'en saisir davantage la portée et la profondeur.
(3.5/5)
Je poursuis la découverte de la BD africaine avec cette série béninoise. Hodall Béo nous propose une série de gags autour des motos-taxis si présentes sur toutes les routes du continent.
Chaque planche présente un gag sur les déboires des conducteurs (les zems) ou leurs passagers. C'est un humour gentillet quelquefois naïf qui fait sourire. Je pense que ces histoires doivent bien faire rire un public qui a vécu nombre de ces situations.
C'est un tableau frais et dépaysant du vécu des habitants du Bénin mais aussi de nombreux autres pays d'Afrique.
J'ai bien aimé le trait humoristique de l'auteur. Il est expressif et réussit à transmettre son humour gentil.
Une lecture découverte bien agréable.
Je me rends compte que je poste cet avis un 18 novembre, jour anniversaire de Mickey. Comme le montre ce collectif de dessinateurs, la célèbre souris porte bien ses 95 ans.
Chaque dessinateur se voit libre de célébrer la star entre deux portes. Un petit coup vite fait bien fait pour honorer celui qui porte l'aventure, l'amitié et la bravoure sans jamais défaillir au fil des décennies.
J'ai plutôt aimé cette lecture très rapide où l'on retrouve/découvre les styles de nombreux dessinateurs/trices de renom. Sur une page, il n'y a pas de scénario très élaboré. C'est la diversité des graphismes qui est l'atout majeur de la série.
On retrouve des auteurs/rices déjà habitué(e)s à travailler avec Mickey. Le Mickey aventurier est la thématique la plus présente mais certaines planches visitent l'humour, la tendresse ou l'amitié. Tenue de sortie Mickey exigée.
Une lecture toujours agréable pour petits et grands.
Sherlock Fox est un nom un peu trompeur. Car il ne s'agit pas d'une adaptation, ou même d'une transposition du personnage de Sherlock Holmes à un univers animalier, à la manière du fameux animé de Miyazaki.
La série nous place dans un monde constitué d'animaux anthropomorphiques, et on suit un renard commissaire de police assez malin, peut-être même un peu facétieux, dans le déroulement de son enquête.
L'histoire est assez prenante, les dessins assez sympathiques.
Toutefois, la série pêche par deux défauts :
1)Un côté assez "vu et revu", avec des sociétés animales, qui coexistent pacifiquement grâce la consommation quotidienne de substitutions à la viande. On avait un concept similaire dès les années 60 avec Chaminou, de Macherot. La seule "originalité" étant que les pâtes sont remplacées par du tofu, un régime qui rendrait fou n'importe qui sur la longueur (artifice repris dans Jack Wolfgang)
2)L'extrême durée entre les deux tomes. Le premier est sorti en...2014. Et si l'auteur nous affirmait joyeusement avoir terminé le scénario du tome 2 cette même année, la sortie est repoussée de manière régulière, maintenant ce serait le 3 juillet 2022. Nous verrons donc.
MAJ 18/11/2023: Glénat m'a confirmé par écrit que la série était définitivement abandonnée.
J’ai rencontré l’auteur lors du récent festival Quai des Bulles de Saint-Malo – auteur sympathique, qui a agrémenté mon album d’un dessin qui l’est tout autant.
Si le titre fait ouvertement référence au western spaghetti de Leone, l’intérieur en remet pas mal de couche, puisque nombre de détails, péripéties, noms de personnages ou de lieu, font des clins plus ou moins appuyés au film « Le bon, la brute et le truand ».
C’est aussi une histoire divisée en trois possibilités – que l’on suit le plus souvent sous forme de trois bandes horizontales parallèles : selon que les températures augmentent de 2, 3 ou 4 degrés, la situation est plus ou moins infernales pour les quelques protagonistes que nous suivons (mais aucune hypothèse ne mène au paradis !).
Il y a quelques longueurs, et quelques petits passages moins intéressants. Mais je trouve qu’Ulysse Gry s’en sort plutôt bien avec la contrainte formelle qu’il s’impose, et réussit à bâtir une/des histoire(s) agréable(s) à suivre.
Il réussit aussi ici mieux à faire passer ses messages que sur « La revanche des espèces menacées » lue récemment, qui m’avait un peu déçu.
Un récit protéiforme qui nous montre les conséquences du réchauffement climatique, avec une bonne dose de cynisme, un peu d’humour (noir), et de l’aventure à deux balles, le tout reprenant une partie de la trame d’un western célèbre.
C'est une lecture plaisante.
Dans la quête du désorphelinage d'avis, j'ai regardé ce qu'il y avait dans les plus vieux posts et cet album est ressorti. Un livre de l'Association par un auteur dont il me semble n'avoir rien lu alors que c'est presque un des précurseurs de cet éditeur et de mouvements comme l'Oubapo entre autres, je tente.
Sur les premières pages, le choc était rude. Et je n'ai pas du tout pensé à Spigelman mais plutôt aux premiers albums de Trondheim. Les planches sont une succession de petits dessins carrés assortis d'une légende. Le dessin est loin d'être léché. Argh ces doigts constitués de 4 mini-traits... Et surtout au début c'était comme si l'auteur commentait des photos, des instantanés de sa vie. Mais par la suite, l'intérêt s'accroit quand il raconte un voyage en Bretagne plutôt mal organisé et avec une voiture en sale état. Puis il évoque un voyage scolaire avec des étudiants des Beaux-Arts au moment de la chute du mur de Berlin, un voyage où la vodka orange a fait des ravages... Plus tard sa venue à Paris.
Un livre assez dense et digne d'intérêt.
C’est en me promenant dans les rues et avenues de la Fête de l’Huma 2023 que je rencontre l’auteur par hasard, assis à son stand et qui me permet, pour la première fois, de recevoir un bouquin dédicacé.
C’est le style graphique qui m’a tout de suite tapé dans l’œil. A la lecture, j’ai beaucoup aimé parcourir ces planches, résultat d’une linogravure soignée, dégageant poésie et légèreté.
Pourtant, les histoires rapportées par ce petit oiseau pèsent lourdement. Ce sont des témoignages courts qui traduisent les différentes méthodes employées par l’Etat d’Israel souhaitant dominer la région par l’usage de la terreur et de l’emprisonnement d’un peuple. Le message de cette BD est de mettre en avant que les palestiniens sont incarcérés aussi bien en prison qu’en dehors. Mais une nuance est à faire en vue de comprendre leur aspiration existentielle : ils souhaitent quitter la prison, pas leur pays.
Un récit qui va droit au but, l’approche se veut concrète et succincte, afin de rappeler que des peuples, ici les palestiniens, luttent pour une idée simple mais encore irréalisable à ce jour : vivre libre, vivre tout court, chez soi.
Un livre engagé au point de vue unique, qui prône une lutte pour la Paix et non le Conflit. Nous n’apprendrons pas grande chose de nouveau au sortir, peut être, tristement car l’histoire se répète, mais ce genre de message doit continuer de circuler et de se réinventer.
Coup de cœur pour le dessin que j’ai trouvé particulièrement immersif, bien que la lecture soit de courte durée.
Je crois qu'il va être difficile de faire un titre plus long que celui-ci. Et justement, le titre de cet album n'est pas tout à fait exact, mais ça, je vous laisse le découvrir.
Ma première BD des éditions Oxymore, une très jolie couverture avec un effet brillant et un papier de qualité. Par contre sur la troisième de couverture, en cadeau, se trouve "une roue de la destinée", celle-ci se décolle facilement mais le rond métallique, qui permet de faire tourner la flèche, laisse une trace sur les six dernières pages du bouquin. Grrr.
Je découvre l'autrice avec cette BD. Elle a imaginé sa vie antérieure à partir de quelques mots sortis de la bouche d'une magnétiseuse : XVIII° siècle, en Suède, vous étiez un homme, un pêcheur, vous aimiez les femmes, assassiné et sans doute par un mari jaloux.
Je dois reconnaître qu'à partir de cette base de travail, Édith a su créer une très belle histoire.
Nous sommes en 1769 dans un petit village suédois sur les bords de la mer baltique. C'est là que vient au monde Edin (le masculin d'Édith ?) et c'est là que tout commence. On va découvrir l'enfance difficile de cet enfant chétif, la misère qui l'entoure, la rudesse de l'hiver et puis, en grandissant, son amour pour la gente féminine et du plaisir de la chair. Un récit qui fait voyager et amènera notre jeune homme jusque sur les côtes françaises.
Une narration captivante mais pas au point de me bouleverser malgré les épreuves endurées par Edin. Par contre le récit retranscrit très bien la période où se déroule l'histoire, la vie simple, pénible et précaire des petites gens.
J'aime beaucoup le coup de crayon d'Édith, elle m'a impressionné pour le superbe rendu des paysages accompagné par de magnifiques couleurs froides dans les tons pastels. J'étais un peu sur la réserve pour les personnages, je n'aime pas leur nez, mais je m'y suis vite habitué. Une très belle découverte.
Une agréable lecture.
Note réelle : 3,5.
Le Chevalier double est un conte médiéval publié par Théophile Gautier en 1863. C'est une fable à l'ancienne avec une vraie morale sur la fin, celle-ci étant destinée à prévenir les jeunes femmes des dangers de la tentation et de l'infidélité et des impacts que cela pourra avoir sur elle et leur descendance. Sur le fond, un message très conservateur donc, mais sur la forme un récit médiéval fantastique mis en image de manière très personnelle par Modrimane.
Son trait est relativement simple, se rapprochant par exemple de celui de Dupuy et Berberian. Mais c'est surtout sa colorisation qui est originale. Elle se permet de grandes libertés et le résultat qui aurait pu paraitre discordant est en fait harmonieux et séduisant. J'aime ses mélanges improbables de tons, ces couleurs chaudes se mariant aux bleus profonds, avec un esprit chromatique se rapprochant de certains tableaux de Van Gogh. J'aime cette originalité graphique et la mise en scène qui en découle.
L'histoire pour sa part est sympathique mais elle se lit un peu vite. J'ai notamment été un peu frustré par la vitesse de sa résolution, un problème d'apparence fantastique et datant de 20 ans se résolvant en une simple confrontation sans réel vainqueur. C'est pourtant bien comme cela que Théophile Gautier l'a racontée puisque l'adaptation est très fidèle au texte qui est fourni en fin d'album.
Bien et graphiquement séduisant mais un peu trop court et convenu au final.
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Batman - One Bad Day - Catwoman
Entre "Bof, sans plus" et "Pas mal" ! C'est le second album que je lis dans cette série que je trouve basée sur une bonne idée. Une fois encore, le résultat est assez décevant tant l'histoire est rapide et manque d'approfondissements. Pourtant, les retournements de situations fonctionnent assez bien et il y a du rythme. Graphiquement, c'est plutôt réussi, avec une mise en valeur de Catwoman très correcte mais ça ne suffit pas à sauver l'album. Disons 2.5 arrondi à 3 pour l'idée et le dessin.
Monica
Avec "Monica", Daniel Clowes nous propose de passer au crible son Amérique à travers la vie assez traumatique de Monica. De sa "tendre" enfance à sa fin de vie, elle va passer par tous les états et les personnages qu'elle va croiser ou côtoyer, semblent tous plus dégénérés les uns que les autres à quelques rares exceptions. Elle grandit de déceptions en déceptions, se construisant une forme d'armure "morale" tout en poursuivant sa quête : retrouver sa mère et trouver qui est son père. J'ai toujours été attiré par le travail de Daniel Clowes, même si certains de ses albums me sont parus assez hermétiques. C'est aussi ce qui fait sa marque de fabrique, mais quand ça devient trop perché et difficile à suivre j'avoue ne pas adhérer. Là je ressors un peu le cul entre deux chaises, tant les références semblent denses et la partie autobiographique de l'auteur pas facile à dissocier de la fiction. Mais j'adore me laisser porter par ce graphisme si singulier, reconnaissable entre mille. Ce petit côté "vintage" tant dans le trait que dans la colorisation continue de me séduire et je me laisse tenter à chaque fois dès que je vois le nom de Clowes. Pour le coup, je pense que cet album appelle quelques relectures et quelques recherches sur la vie de l'auteur pour essayer d'en saisir davantage la portée et la profondeur. (3.5/5)
Moto-Taxi - À bécane au Bénin
Je poursuis la découverte de la BD africaine avec cette série béninoise. Hodall Béo nous propose une série de gags autour des motos-taxis si présentes sur toutes les routes du continent. Chaque planche présente un gag sur les déboires des conducteurs (les zems) ou leurs passagers. C'est un humour gentillet quelquefois naïf qui fait sourire. Je pense que ces histoires doivent bien faire rire un public qui a vécu nombre de ces situations. C'est un tableau frais et dépaysant du vécu des habitants du Bénin mais aussi de nombreux autres pays d'Afrique. J'ai bien aimé le trait humoristique de l'auteur. Il est expressif et réussit à transmettre son humour gentil. Une lecture découverte bien agréable.
Mickey All Stars
Je me rends compte que je poste cet avis un 18 novembre, jour anniversaire de Mickey. Comme le montre ce collectif de dessinateurs, la célèbre souris porte bien ses 95 ans. Chaque dessinateur se voit libre de célébrer la star entre deux portes. Un petit coup vite fait bien fait pour honorer celui qui porte l'aventure, l'amitié et la bravoure sans jamais défaillir au fil des décennies. J'ai plutôt aimé cette lecture très rapide où l'on retrouve/découvre les styles de nombreux dessinateurs/trices de renom. Sur une page, il n'y a pas de scénario très élaboré. C'est la diversité des graphismes qui est l'atout majeur de la série. On retrouve des auteurs/rices déjà habitué(e)s à travailler avec Mickey. Le Mickey aventurier est la thématique la plus présente mais certaines planches visitent l'humour, la tendresse ou l'amitié. Tenue de sortie Mickey exigée. Une lecture toujours agréable pour petits et grands.
Sherlock Fox
Sherlock Fox est un nom un peu trompeur. Car il ne s'agit pas d'une adaptation, ou même d'une transposition du personnage de Sherlock Holmes à un univers animalier, à la manière du fameux animé de Miyazaki. La série nous place dans un monde constitué d'animaux anthropomorphiques, et on suit un renard commissaire de police assez malin, peut-être même un peu facétieux, dans le déroulement de son enquête. L'histoire est assez prenante, les dessins assez sympathiques. Toutefois, la série pêche par deux défauts : 1)Un côté assez "vu et revu", avec des sociétés animales, qui coexistent pacifiquement grâce la consommation quotidienne de substitutions à la viande. On avait un concept similaire dès les années 60 avec Chaminou, de Macherot. La seule "originalité" étant que les pâtes sont remplacées par du tofu, un régime qui rendrait fou n'importe qui sur la longueur (artifice repris dans Jack Wolfgang) 2)L'extrême durée entre les deux tomes. Le premier est sorti en...2014. Et si l'auteur nous affirmait joyeusement avoir terminé le scénario du tome 2 cette même année, la sortie est repoussée de manière régulière, maintenant ce serait le 3 juillet 2022. Nous verrons donc. MAJ 18/11/2023: Glénat m'a confirmé par écrit que la série était définitivement abandonnée.
Pour quelques degrés de plus
J’ai rencontré l’auteur lors du récent festival Quai des Bulles de Saint-Malo – auteur sympathique, qui a agrémenté mon album d’un dessin qui l’est tout autant. Si le titre fait ouvertement référence au western spaghetti de Leone, l’intérieur en remet pas mal de couche, puisque nombre de détails, péripéties, noms de personnages ou de lieu, font des clins plus ou moins appuyés au film « Le bon, la brute et le truand ». C’est aussi une histoire divisée en trois possibilités – que l’on suit le plus souvent sous forme de trois bandes horizontales parallèles : selon que les températures augmentent de 2, 3 ou 4 degrés, la situation est plus ou moins infernales pour les quelques protagonistes que nous suivons (mais aucune hypothèse ne mène au paradis !). Il y a quelques longueurs, et quelques petits passages moins intéressants. Mais je trouve qu’Ulysse Gry s’en sort plutôt bien avec la contrainte formelle qu’il s’impose, et réussit à bâtir une/des histoire(s) agréable(s) à suivre. Il réussit aussi ici mieux à faire passer ses messages que sur « La revanche des espèces menacées » lue récemment, qui m’avait un peu déçu. Un récit protéiforme qui nous montre les conséquences du réchauffement climatique, avec une bonne dose de cynisme, un peu d’humour (noir), et de l’aventure à deux balles, le tout reprenant une partie de la trame d’un western célèbre. C'est une lecture plaisante.
Courts-circuits Géographiques
Dans la quête du désorphelinage d'avis, j'ai regardé ce qu'il y avait dans les plus vieux posts et cet album est ressorti. Un livre de l'Association par un auteur dont il me semble n'avoir rien lu alors que c'est presque un des précurseurs de cet éditeur et de mouvements comme l'Oubapo entre autres, je tente. Sur les premières pages, le choc était rude. Et je n'ai pas du tout pensé à Spigelman mais plutôt aux premiers albums de Trondheim. Les planches sont une succession de petits dessins carrés assortis d'une légende. Le dessin est loin d'être léché. Argh ces doigts constitués de 4 mini-traits... Et surtout au début c'était comme si l'auteur commentait des photos, des instantanés de sa vie. Mais par la suite, l'intérêt s'accroit quand il raconte un voyage en Bretagne plutôt mal organisé et avec une voiture en sale état. Puis il évoque un voyage scolaire avec des étudiants des Beaux-Arts au moment de la chute du mur de Berlin, un voyage où la vodka orange a fait des ravages... Plus tard sa venue à Paris. Un livre assez dense et digne d'intérêt.
Je ne partirai pas - Mon histoire est celle de la Palestine
C’est en me promenant dans les rues et avenues de la Fête de l’Huma 2023 que je rencontre l’auteur par hasard, assis à son stand et qui me permet, pour la première fois, de recevoir un bouquin dédicacé. C’est le style graphique qui m’a tout de suite tapé dans l’œil. A la lecture, j’ai beaucoup aimé parcourir ces planches, résultat d’une linogravure soignée, dégageant poésie et légèreté. Pourtant, les histoires rapportées par ce petit oiseau pèsent lourdement. Ce sont des témoignages courts qui traduisent les différentes méthodes employées par l’Etat d’Israel souhaitant dominer la région par l’usage de la terreur et de l’emprisonnement d’un peuple. Le message de cette BD est de mettre en avant que les palestiniens sont incarcérés aussi bien en prison qu’en dehors. Mais une nuance est à faire en vue de comprendre leur aspiration existentielle : ils souhaitent quitter la prison, pas leur pays. Un récit qui va droit au but, l’approche se veut concrète et succincte, afin de rappeler que des peuples, ici les palestiniens, luttent pour une idée simple mais encore irréalisable à ce jour : vivre libre, vivre tout court, chez soi. Un livre engagé au point de vue unique, qui prône une lutte pour la Paix et non le Conflit. Nous n’apprendrons pas grande chose de nouveau au sortir, peut être, tristement car l’histoire se répète, mais ce genre de message doit continuer de circuler et de se réinventer. Coup de cœur pour le dessin que j’ai trouvé particulièrement immersif, bien que la lecture soit de courte durée.
Moi, Edin Björnsson, pêcheur suédois au XVIIIe siècle coureur de jupons et assassiné par un mari jaloux
Je crois qu'il va être difficile de faire un titre plus long que celui-ci. Et justement, le titre de cet album n'est pas tout à fait exact, mais ça, je vous laisse le découvrir. Ma première BD des éditions Oxymore, une très jolie couverture avec un effet brillant et un papier de qualité. Par contre sur la troisième de couverture, en cadeau, se trouve "une roue de la destinée", celle-ci se décolle facilement mais le rond métallique, qui permet de faire tourner la flèche, laisse une trace sur les six dernières pages du bouquin. Grrr. Je découvre l'autrice avec cette BD. Elle a imaginé sa vie antérieure à partir de quelques mots sortis de la bouche d'une magnétiseuse : XVIII° siècle, en Suède, vous étiez un homme, un pêcheur, vous aimiez les femmes, assassiné et sans doute par un mari jaloux. Je dois reconnaître qu'à partir de cette base de travail, Édith a su créer une très belle histoire. Nous sommes en 1769 dans un petit village suédois sur les bords de la mer baltique. C'est là que vient au monde Edin (le masculin d'Édith ?) et c'est là que tout commence. On va découvrir l'enfance difficile de cet enfant chétif, la misère qui l'entoure, la rudesse de l'hiver et puis, en grandissant, son amour pour la gente féminine et du plaisir de la chair. Un récit qui fait voyager et amènera notre jeune homme jusque sur les côtes françaises. Une narration captivante mais pas au point de me bouleverser malgré les épreuves endurées par Edin. Par contre le récit retranscrit très bien la période où se déroule l'histoire, la vie simple, pénible et précaire des petites gens. J'aime beaucoup le coup de crayon d'Édith, elle m'a impressionné pour le superbe rendu des paysages accompagné par de magnifiques couleurs froides dans les tons pastels. J'étais un peu sur la réserve pour les personnages, je n'aime pas leur nez, mais je m'y suis vite habitué. Une très belle découverte. Une agréable lecture. Note réelle : 3,5.
Le Chevalier double
Le Chevalier double est un conte médiéval publié par Théophile Gautier en 1863. C'est une fable à l'ancienne avec une vraie morale sur la fin, celle-ci étant destinée à prévenir les jeunes femmes des dangers de la tentation et de l'infidélité et des impacts que cela pourra avoir sur elle et leur descendance. Sur le fond, un message très conservateur donc, mais sur la forme un récit médiéval fantastique mis en image de manière très personnelle par Modrimane. Son trait est relativement simple, se rapprochant par exemple de celui de Dupuy et Berberian. Mais c'est surtout sa colorisation qui est originale. Elle se permet de grandes libertés et le résultat qui aurait pu paraitre discordant est en fait harmonieux et séduisant. J'aime ses mélanges improbables de tons, ces couleurs chaudes se mariant aux bleus profonds, avec un esprit chromatique se rapprochant de certains tableaux de Van Gogh. J'aime cette originalité graphique et la mise en scène qui en découle. L'histoire pour sa part est sympathique mais elle se lit un peu vite. J'ai notamment été un peu frustré par la vitesse de sa résolution, un problème d'apparence fantastique et datant de 20 ans se résolvant en une simple confrontation sans réel vainqueur. C'est pourtant bien comme cela que Théophile Gautier l'a racontée puisque l'adaptation est très fidèle au texte qui est fourni en fin d'album. Bien et graphiquement séduisant mais un peu trop court et convenu au final.