Un ouvrage de la collection Rivages noir qui tient bien sa place. Je n'ai pas lu le roman de Schulberg ni vu son adaptation ciné avec Marlon Brando. C'est toujours difficile ce type d'exercice pour une série BD qui contracte beaucoup le récit pour tenir dans un album.
Pourtant le scénario de Rodolphe garde une fluidité qui permet une lecture facile. Malheureusement le suspense et la tension dramatique sont un peu absentes. Le graphisme de Van Linthout réussit bien à dépeindre cet univers glauque des quais de NY mais il manque ce soupçon d'angoisse que procure un récit de roman. La faute à une action souvent trop rapide pour laisser cette ambiance murir. Le dessin est agréable, précis et bien détaillé dans les personnages et dans les extérieurs.
Cela donne une lecture plaisante mais assez conventionnelle et sans trop d'émotion.
J'aime beaucoup Christophe Bec, mais il a un gros défaut : il produit beaucoup trop pour garder un niveau de qualité constant. Et c'est bien le problème des Tourbières noires. Inspiré d'une nouvelle de Maupassant, Christophe Bec fait ce qu'il sait faire le mieux : mettre en place une atmosphère. En effet, l'atmosphère qu'il instaure ici est proprement fascinante. Les grands paysages désolés de l'Aubrac, qu'il restitue magnifiquement (c'est même probablement la 1re raison d'être de la BD) font sensation, on s'immerge dedans avec un plaisir macabre non dissimulé.
Le récit, lui, est assez classique, et probablement trop pour son propre bien. Le twist final est facilement anticipé mais à défaut d'être surprenant, il s'insère logiquement dans la narration. Les péripéties en général ne sont pas d'une originalité folle, mais aucune ne m'a énervé par son caractère trop conventionnel, et dans l'ensemble, ça fonctionne bien. De fait, si le récit est trop classique, Bec fait preuve d'un art narratif consommé, qui sauve largement l'ensemble.
Mais ce qui sauve le mieux l'ensemble, c'est le dessin de Bec. Quel plaisir de retrouver sa patte unique ! Sa maîtrise des ombres, son dessin rigoureux, ses paysages hypnotisants, tout ça fonctionne de la meilleure des manières ! Pas assez pour transformer cette bande dessinée en chef-d'œuvre, mais ça fait largement le boulot grâce à ça.
Et finalement, quand j'ai terminé cette bande dessinée, je n'ai pas trouvé que j'avais gâché mon temps. Mission accomplie, donc.
Retour en librairie, belle surprise que de voir cette jolie page de couverture associée à un auteur, Jeff Lemire, que j’ai découvert et qui m’a convaincu après Le Labyrinthe inachevé.
On y retrouve le même style graphique, ce qui m'arrange bien: le trait bleuté, la mise en avant d'une couleur en particulier, le rendu esquissé offrant beaucoup de vie aux personnages, etc.
Le genre fantastique ne doit pas rebuter les lecteurs qui n'en sont pas friands. Seules une grosse bestiole (éphémère donc) et une ambiance générale légèrement paranormale font la recette de ce premier tome. Reste à savoir si l'auteur choisira d'étendre ces phénomènes? On y pense car, comme une plaie d'Egypte, les péripéties surnaturelles pourraient prendre de l'ampleur! Ou bien souhaite-t-il garder un caractère réaliste au récit tout en exploitant ce fragment d'imaginaire, isolé et personnifié.
J'aime beaucoup le scénario, qui allie enquête avec croisée des chemins, évoluant sans dévoiler grand chose pour le moment. Bref le mystère est encore complet, rien n'est sûr, tout reste à découvrir!
Même si mon enthousiasme est véritable à la sortie de ma lecture, ma note se reflète devant l'attente des tomes suivants.
Les petits Robinsons est un récit jeunesse qui marque avant tout le lecteur par son esthétique. Des aplats de couleurs, des formes géométriques, des teintes pastel dans une gamme restreinte : le choix est radical et le rendu est agréable à l’œil. Les personnages se reconnaissent aisément, les décors sont idéalisés et là encore faciles à identifier. Pour les jeunes lecteurs, voici une œuvre à l’esthétique différente de ce qu’on leur propose d’ordinaire et toutefois extrêmement facile d’accès.
Au niveau de l’histoire, je suis moins enthousiaste. Romain Taszek propose un récit extrêmement pédagogique. Nous suivons ainsi un groupe d’enfants isolés dans une forêt (on ne sait trop pourquoi). Les chapitres permettent de suivre leur acclimatation au lieu. Choix du site sur lequel camper, aménagement du campement, répartition des tâches, fonctionnement du groupe, découverte de la nature environnante, chaque chapitre permet d’aborder un sujet différent. Je regrette que cette découverte ne soit pas intégrée dans une véritable histoire, ici nous restons dans quelque chose de très démonstratif, de très pédagogique. Alors oui, c’est gentil, amusant parfois, ça incitera peut-être un jeune lecteur à reproduire certaines idées développées dans cet album… mais je crains qu’il manque quelque chose pour vraiment le happer, le passionner.
Par ailleurs, il faut accepter le ton naïf de l'auteur et donc l'idée que, par exemple, construire une mangeoire pour oiseaux (alors que ceux-ci sont à l'intérieur d'un énorme garde manger que constitue la forêt) soit une priorité pour des enfants perdus en pleine forêt. C'est un détail insignifiant si cet album donne l'envie aux jeunes lecteurs de fabriquer, eux aussi, une mangeoire, mais pour moi, ça ne cadre pas avec cette idée d'enfants perdus. J'aurais préféré qu'un parent/voisin/fermier du coin leur prête un terrain avec charge pour eux de l'aménager le temps d'un été. Cela m'aurait semblé plus cohérent et tout aussi propice à invention, exploration, conflits et réconciliations.
La fin du récit est aussi ‘facile’ que son début, comme si l’auteur voulait prouver par là même que l’essentiel était ailleurs.
Pour son aspect visuel, je vais dire que c’est pas mal… mais pour moi, ça reste un peu trop léger pour dire franchement bien.
Une BD qui parle d'un sujet social très en vogue en ce moment à savoir la transsexualité.
La scénariste raconte la transition d'une femme transsexuelle qu'elle a connue lorsqu'elle était un petit garçon et on peut dire qu'elle a eu une grosse surprise lorsqu'elle l'a revue 21 ans plus tard ! Le sujet est bien traité, on aborde plusieurs aspects de la transsexualité et c'est bien expliqué sans qu'on perde le lecteur avec plusieurs termes techniques. La vie de Sofia est traitée avec pudeur même si certains passages sont un peu crus. On sent vraiment de la sympathie pour Sofia et on ne la tourne pas en objet de curiosité.
Toutefois, j'aurais aimé que le scénario creuse d'avantage certaines choses qui sont justes survolées. Je pense par exemple à l'acceptation des parents sur la situation de leur fille. Il y a une scène où on voit que même s'ils la soutiennent, ils angoissent un peu sur son avenir et sur ce qui pourrait lui arriver, mais c'est la seule scène comme ça et la plupart du temps ils sont un peu trop effacés à mon goût.
Le dessin est sobre et va très bien pour ce type d'ouvrage.
2.5
Une autre bande dessinée où on parle de névrose et il y a clairement un coté autobiographique.
Ayant déjà lu d'autres albums sur le sujet, disons que pour moi il y avait un côté un peu réchauffé par moments dans celui-ci. Comme souvent, la qualité des gags est inégale et plusieurs anecdotes marchent mieux si on s'identifie à ce que vit l'autrice. Il y a aussi plusieurs pages qui n'ont pas pour fonction de faire rire (ou alors l'humour est tellement nul que je m'en rends pas compte que c'est censé être marrant) et qui ont souvent un coôé poétique. Au final, l'album se lit un peu trop vite pour être vraiment mémorable et mon intérêt variait selon les pages.
Le point fort est le dessin que je trouve très dynamique et agréable à regarder. J'espère que l'autrice va sortir d'autres albums parce que je trouve qu'elle a du potentiel.
C’est par cet album que j’ai découvert ce duo d’auteurs. Il garde ma sympathie même si je suis beaucoup moins enthousiaste qu’à l’époque.
Il compile de courts récits humoristiques, avec en thématiques des questions plus ou moins sérieuses sur l’univers.
Ça joue bien avec les clichés (dragons, nains …), l’humour ne fait pas systématiquement mouche mais ça amusera gentiment les amateurs d’Héroïc Fantasy.
Il me semble d’ailleurs que ces récits paraissaient dans une revue pour les rôlistes (Casus Belli ?), c’était plutôt bien vu pour ce lectorat.
J'ai vu Apocalypse Now et j'ai lu la BD Kongo qui s'inspire de roman de Joseph Conrad pour raconter sa propre histoire au Congo Belge, mais c'est la première fois que je lis pour de bon l'adaptation complète d'Au coeur des ténèbres. Et j'ai pu comprendre la fascination qu'il a pu engendrer pour ses lecteurs et à quel point il a inspiré le film de Coppola.
Cela commence d'une manière très Kafkaïenne, avec l'embauche en Europe du héros, Marlow dans une ville administrative bizarre, au dessin sans perspective et aux bureaucrates déshumanisés. Puis très vite, nous sommes plongés dans une Afrique coloniale terrible où tout côtoie la folie à chaque instant. Les colons blancs y sont pour moitié des épaves et pour moitié des monstres sans aucune empathie. Les noirs y sont des objets vivants, des créatures muettes que l'on utilise comme des outils et que l'on fouette, mutile ou tue pour faire l'exemple. Tout est folie, tout est poisseux, tout est horreur. Et dans cette horreur, le mystérieux personnage de Kurtz que Marlow doit retrouver fascine autant le lecteur que les hommes qui l'entourent, devenue idole parmi les populations indigènes, immense et menaçant pour les blancs des compagnies qui savourent autant son efficacité à leur fournir des monceaux d'ivoire qu'ils craignent sa mainmise sur les esprits et sur toute la région dont il a la charge.
L'ambiance de deux premiers tiers de l'album est intense et marquante. Même si le dessin n'est pas excellent, surtout pour les passages européens, il fonctionne bien pour ceux de la nature africaine et de ce périple sur un fleuve sauvage. La mise en scène est bonne et fonctionne. J'ai un peu décroché sur la fin, une fois Kurtz véritablement rencontré, car la fascination s'est plus ou moins transformée en incompréhension, à l'inverse de Marlow qui semble lui avoir capté son esprit.
Il n'en demeure pas moins que c'est une bonne adaptation, faisant ressortir le sentiment de folie exotique et l'horreur du colonialisme capitaliste qui a ravagé le Congo Belge à l'époque, et cela me donne l'envie de lire le roman s'il m'en vient l'occasion.
Ce conte de Noël de Charles Dickens est beaucoup moins connu que celui de Scrooge. C'est donc avec intérêt que j'ai lu cette série.
On se retrouve dans un univers bien différent, beaucoup plus réaliste où le fantastique n'est pas présent. J'ai trouvé que Rodolphe traduisait bien l'esprit du conte même si le format de BD lui impose des raccourcis.
On retrouve la thématique du blues du businessman de la cinquantaine qui a perdu sa vie en voulant la gagner. L'esprit de Noël lui offre une seconde chance. C'est très classique mais conforme au genre et si le dénouement est prévisible, Rodolphe n'exagère pas la sentimentalité de la situation.
Je suis partagé par le graphisme. J'ai bien aimé les décors et les ambiances proposés mais j'ai trouvé les personnages trop figés.
Une lecture découverte de l'oeuvre de Dickens pour les enfants accompagnés dans leur lecture.
Je suis très mitigé sur cette série.
Le premier album m’a fait vraiment bonne impression, un scénario au dix neuvième siècle, comme le titre l’indique. Une histoire de meurtre, et une enquête, avec une touche de steampunk et de surnaturel. De très jolies dessins, en revanche le découpage me laisse plutôt perplexe.
Il y a par ci par là des tentatives de déconstruire le découpage classique d’une planche? Je ne sais pas, mais je trouve qu’hélas, et cela va s’empirer dans les 2 tomes suivants, et va rendre confus lecture des albums, et du scénario.
Le scénario également, en première impression, c’est du tout bon, une intrigue policière, une enquête dans une période de l’histoire que j’apprécie toujours, il y a de quoi faire, et la fin du premier album me laisse espérer une suite captivante. Hélas plus les albums avance, plus le scénario est expédié.
La lecture est très rapide, en 20 minutes c’est lu. Pour au final un sentiment de pas grand chose, beaucoup de planches d’actions, pas assez de planches d’intrigue.
Au final c’est ça que je retiens de cette série, un début très prometteur, et la sensation que la suite n’a pas été à la hauteur, d’avoir été trompé sur la marchandise. Et c’est bien dommage.
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Un ouvrage de la collection Rivages noir qui tient bien sa place. Je n'ai pas lu le roman de Schulberg ni vu son adaptation ciné avec Marlon Brando. C'est toujours difficile ce type d'exercice pour une série BD qui contracte beaucoup le récit pour tenir dans un album. Pourtant le scénario de Rodolphe garde une fluidité qui permet une lecture facile. Malheureusement le suspense et la tension dramatique sont un peu absentes. Le graphisme de Van Linthout réussit bien à dépeindre cet univers glauque des quais de NY mais il manque ce soupçon d'angoisse que procure un récit de roman. La faute à une action souvent trop rapide pour laisser cette ambiance murir. Le dessin est agréable, précis et bien détaillé dans les personnages et dans les extérieurs. Cela donne une lecture plaisante mais assez conventionnelle et sans trop d'émotion.
Les Tourbières noires
J'aime beaucoup Christophe Bec, mais il a un gros défaut : il produit beaucoup trop pour garder un niveau de qualité constant. Et c'est bien le problème des Tourbières noires. Inspiré d'une nouvelle de Maupassant, Christophe Bec fait ce qu'il sait faire le mieux : mettre en place une atmosphère. En effet, l'atmosphère qu'il instaure ici est proprement fascinante. Les grands paysages désolés de l'Aubrac, qu'il restitue magnifiquement (c'est même probablement la 1re raison d'être de la BD) font sensation, on s'immerge dedans avec un plaisir macabre non dissimulé. Le récit, lui, est assez classique, et probablement trop pour son propre bien. Le twist final est facilement anticipé mais à défaut d'être surprenant, il s'insère logiquement dans la narration. Les péripéties en général ne sont pas d'une originalité folle, mais aucune ne m'a énervé par son caractère trop conventionnel, et dans l'ensemble, ça fonctionne bien. De fait, si le récit est trop classique, Bec fait preuve d'un art narratif consommé, qui sauve largement l'ensemble. Mais ce qui sauve le mieux l'ensemble, c'est le dessin de Bec. Quel plaisir de retrouver sa patte unique ! Sa maîtrise des ombres, son dessin rigoureux, ses paysages hypnotisants, tout ça fonctionne de la meilleure des manières ! Pas assez pour transformer cette bande dessinée en chef-d'œuvre, mais ça fait largement le boulot grâce à ça. Et finalement, quand j'ai terminé cette bande dessinée, je n'ai pas trouvé que j'avais gâché mon temps. Mission accomplie, donc.
Les Éphémères
Retour en librairie, belle surprise que de voir cette jolie page de couverture associée à un auteur, Jeff Lemire, que j’ai découvert et qui m’a convaincu après Le Labyrinthe inachevé. On y retrouve le même style graphique, ce qui m'arrange bien: le trait bleuté, la mise en avant d'une couleur en particulier, le rendu esquissé offrant beaucoup de vie aux personnages, etc. Le genre fantastique ne doit pas rebuter les lecteurs qui n'en sont pas friands. Seules une grosse bestiole (éphémère donc) et une ambiance générale légèrement paranormale font la recette de ce premier tome. Reste à savoir si l'auteur choisira d'étendre ces phénomènes? On y pense car, comme une plaie d'Egypte, les péripéties surnaturelles pourraient prendre de l'ampleur! Ou bien souhaite-t-il garder un caractère réaliste au récit tout en exploitant ce fragment d'imaginaire, isolé et personnifié. J'aime beaucoup le scénario, qui allie enquête avec croisée des chemins, évoluant sans dévoiler grand chose pour le moment. Bref le mystère est encore complet, rien n'est sûr, tout reste à découvrir! Même si mon enthousiasme est véritable à la sortie de ma lecture, ma note se reflète devant l'attente des tomes suivants.
Les Petits Robinsons
Les petits Robinsons est un récit jeunesse qui marque avant tout le lecteur par son esthétique. Des aplats de couleurs, des formes géométriques, des teintes pastel dans une gamme restreinte : le choix est radical et le rendu est agréable à l’œil. Les personnages se reconnaissent aisément, les décors sont idéalisés et là encore faciles à identifier. Pour les jeunes lecteurs, voici une œuvre à l’esthétique différente de ce qu’on leur propose d’ordinaire et toutefois extrêmement facile d’accès. Au niveau de l’histoire, je suis moins enthousiaste. Romain Taszek propose un récit extrêmement pédagogique. Nous suivons ainsi un groupe d’enfants isolés dans une forêt (on ne sait trop pourquoi). Les chapitres permettent de suivre leur acclimatation au lieu. Choix du site sur lequel camper, aménagement du campement, répartition des tâches, fonctionnement du groupe, découverte de la nature environnante, chaque chapitre permet d’aborder un sujet différent. Je regrette que cette découverte ne soit pas intégrée dans une véritable histoire, ici nous restons dans quelque chose de très démonstratif, de très pédagogique. Alors oui, c’est gentil, amusant parfois, ça incitera peut-être un jeune lecteur à reproduire certaines idées développées dans cet album… mais je crains qu’il manque quelque chose pour vraiment le happer, le passionner. Par ailleurs, il faut accepter le ton naïf de l'auteur et donc l'idée que, par exemple, construire une mangeoire pour oiseaux (alors que ceux-ci sont à l'intérieur d'un énorme garde manger que constitue la forêt) soit une priorité pour des enfants perdus en pleine forêt. C'est un détail insignifiant si cet album donne l'envie aux jeunes lecteurs de fabriquer, eux aussi, une mangeoire, mais pour moi, ça ne cadre pas avec cette idée d'enfants perdus. J'aurais préféré qu'un parent/voisin/fermier du coin leur prête un terrain avec charge pour eux de l'aménager le temps d'un été. Cela m'aurait semblé plus cohérent et tout aussi propice à invention, exploration, conflits et réconciliations. La fin du récit est aussi ‘facile’ que son début, comme si l’auteur voulait prouver par là même que l’essentiel était ailleurs. Pour son aspect visuel, je vais dire que c’est pas mal… mais pour moi, ça reste un peu trop léger pour dire franchement bien.
Je suis Sofia
Une BD qui parle d'un sujet social très en vogue en ce moment à savoir la transsexualité. La scénariste raconte la transition d'une femme transsexuelle qu'elle a connue lorsqu'elle était un petit garçon et on peut dire qu'elle a eu une grosse surprise lorsqu'elle l'a revue 21 ans plus tard ! Le sujet est bien traité, on aborde plusieurs aspects de la transsexualité et c'est bien expliqué sans qu'on perde le lecteur avec plusieurs termes techniques. La vie de Sofia est traitée avec pudeur même si certains passages sont un peu crus. On sent vraiment de la sympathie pour Sofia et on ne la tourne pas en objet de curiosité. Toutefois, j'aurais aimé que le scénario creuse d'avantage certaines choses qui sont justes survolées. Je pense par exemple à l'acceptation des parents sur la situation de leur fille. Il y a une scène où on voit que même s'ils la soutiennent, ils angoissent un peu sur son avenir et sur ce qui pourrait lui arriver, mais c'est la seule scène comme ça et la plupart du temps ils sont un peu trop effacés à mon goût. Le dessin est sobre et va très bien pour ce type d'ouvrage.
Journal intime d'une névrosée ordinaire
2.5 Une autre bande dessinée où on parle de névrose et il y a clairement un coté autobiographique. Ayant déjà lu d'autres albums sur le sujet, disons que pour moi il y avait un côté un peu réchauffé par moments dans celui-ci. Comme souvent, la qualité des gags est inégale et plusieurs anecdotes marchent mieux si on s'identifie à ce que vit l'autrice. Il y a aussi plusieurs pages qui n'ont pas pour fonction de faire rire (ou alors l'humour est tellement nul que je m'en rends pas compte que c'est censé être marrant) et qui ont souvent un coôé poétique. Au final, l'album se lit un peu trop vite pour être vraiment mémorable et mon intérêt variait selon les pages. Le point fort est le dessin que je trouve très dynamique et agréable à regarder. J'espère que l'autrice va sortir d'autres albums parce que je trouve qu'elle a du potentiel.
La Quête des réponses
C’est par cet album que j’ai découvert ce duo d’auteurs. Il garde ma sympathie même si je suis beaucoup moins enthousiaste qu’à l’époque. Il compile de courts récits humoristiques, avec en thématiques des questions plus ou moins sérieuses sur l’univers. Ça joue bien avec les clichés (dragons, nains …), l’humour ne fait pas systématiquement mouche mais ça amusera gentiment les amateurs d’Héroïc Fantasy. Il me semble d’ailleurs que ces récits paraissaient dans une revue pour les rôlistes (Casus Belli ?), c’était plutôt bien vu pour ce lectorat.
Au coeur des ténèbres
J'ai vu Apocalypse Now et j'ai lu la BD Kongo qui s'inspire de roman de Joseph Conrad pour raconter sa propre histoire au Congo Belge, mais c'est la première fois que je lis pour de bon l'adaptation complète d'Au coeur des ténèbres. Et j'ai pu comprendre la fascination qu'il a pu engendrer pour ses lecteurs et à quel point il a inspiré le film de Coppola. Cela commence d'une manière très Kafkaïenne, avec l'embauche en Europe du héros, Marlow dans une ville administrative bizarre, au dessin sans perspective et aux bureaucrates déshumanisés. Puis très vite, nous sommes plongés dans une Afrique coloniale terrible où tout côtoie la folie à chaque instant. Les colons blancs y sont pour moitié des épaves et pour moitié des monstres sans aucune empathie. Les noirs y sont des objets vivants, des créatures muettes que l'on utilise comme des outils et que l'on fouette, mutile ou tue pour faire l'exemple. Tout est folie, tout est poisseux, tout est horreur. Et dans cette horreur, le mystérieux personnage de Kurtz que Marlow doit retrouver fascine autant le lecteur que les hommes qui l'entourent, devenue idole parmi les populations indigènes, immense et menaçant pour les blancs des compagnies qui savourent autant son efficacité à leur fournir des monceaux d'ivoire qu'ils craignent sa mainmise sur les esprits et sur toute la région dont il a la charge. L'ambiance de deux premiers tiers de l'album est intense et marquante. Même si le dessin n'est pas excellent, surtout pour les passages européens, il fonctionne bien pour ceux de la nature africaine et de ce périple sur un fleuve sauvage. La mise en scène est bonne et fonctionne. J'ai un peu décroché sur la fin, une fois Kurtz véritablement rencontré, car la fascination s'est plus ou moins transformée en incompréhension, à l'inverse de Marlow qui semble lui avoir capté son esprit. Il n'en demeure pas moins que c'est une bonne adaptation, faisant ressortir le sentiment de folie exotique et l'horreur du colonialisme capitaliste qui a ravagé le Congo Belge à l'époque, et cela me donne l'envie de lire le roman s'il m'en vient l'occasion.
L'Embranchement de Mugby
Ce conte de Noël de Charles Dickens est beaucoup moins connu que celui de Scrooge. C'est donc avec intérêt que j'ai lu cette série. On se retrouve dans un univers bien différent, beaucoup plus réaliste où le fantastique n'est pas présent. J'ai trouvé que Rodolphe traduisait bien l'esprit du conte même si le format de BD lui impose des raccourcis. On retrouve la thématique du blues du businessman de la cinquantaine qui a perdu sa vie en voulant la gagner. L'esprit de Noël lui offre une seconde chance. C'est très classique mais conforme au genre et si le dénouement est prévisible, Rodolphe n'exagère pas la sentimentalité de la situation. Je suis partagé par le graphisme. J'ai bien aimé les décors et les ambiances proposés mais j'ai trouvé les personnages trop figés. Une lecture découverte de l'oeuvre de Dickens pour les enfants accompagnés dans leur lecture.
Les Métamorphoses 1858
Je suis très mitigé sur cette série. Le premier album m’a fait vraiment bonne impression, un scénario au dix neuvième siècle, comme le titre l’indique. Une histoire de meurtre, et une enquête, avec une touche de steampunk et de surnaturel. De très jolies dessins, en revanche le découpage me laisse plutôt perplexe. Il y a par ci par là des tentatives de déconstruire le découpage classique d’une planche? Je ne sais pas, mais je trouve qu’hélas, et cela va s’empirer dans les 2 tomes suivants, et va rendre confus lecture des albums, et du scénario. Le scénario également, en première impression, c’est du tout bon, une intrigue policière, une enquête dans une période de l’histoire que j’apprécie toujours, il y a de quoi faire, et la fin du premier album me laisse espérer une suite captivante. Hélas plus les albums avance, plus le scénario est expédié. La lecture est très rapide, en 20 minutes c’est lu. Pour au final un sentiment de pas grand chose, beaucoup de planches d’actions, pas assez de planches d’intrigue. Au final c’est ça que je retiens de cette série, un début très prometteur, et la sensation que la suite n’a pas été à la hauteur, d’avoir été trompé sur la marchandise. Et c’est bien dommage.