Les derniers avis (49008 avis)

Par Josq
Note: 3/5
Couverture de la série Miséricorde
Miséricorde

Je ne suis pas forcément un immense fan d'anthologies de ce type, même si j'ai toujours beaucoup aimé les nouvelles à chute. Mais ce qui peut se construire en quelques pages écrites est souvent beaucoup plus dur à faire tenir en quelques pages dessinées. Et sur ce plan, force est de reconnaître que Jean Van Hamme a vraiment un talent tout particulier pour construire tout un univers en un nombre extrêmement réduit de pages. Il exploite parfaitement son talent narratif dans chacune de ces nouvelles. Evidemment, le résultat est très éclectique. Certaines nouvelles sont très bien menées et relativement surprenantes, en tous cas, très satisfaisantes dans leur aboutissement (L'ange de miséricorde, dessinée par Aimée de Jongh, Le piège par Dominique Bertail, ou Les Bretelles avec José-Louis Munuera, mes deux nouvelles préférées). D'autres sont satisfaisantes mais plus prévisibles (Le vol d'Icare, de Ricard Efa, Comment avoir sa statue sur la place Joachim XII avec Emmanuel Bazin, ou même Adios, amigo dessiné par Djief, sans doute la plus banale de ce recueil, mais pas déplaisante pour autant). Il n'y a guère que Les dents de l'amour, avec Durieux, sur laquelle j'ai du mal à statuer, indéniablement surprenante, mais vraiment.. particulière. Dans tous les cas, j'ai un peu du mal à voir le point commun entre ces nouvelles : le thème de la miséricorde n'est pas une évidence pour chacune d'entre elles. Je dirais même qu'elle n'est reliée directement qu'à la première nouvelle, sans doute le pilote de cet album. Mais ça n'a pas une importance majeure, car je trouve que l'éclectisme des thèmes et des récits est bénéfique à ce recueil et ne nous habitue pas à des histoires qui se ressembleraient toutes. Donc au bilan, c'est un album que j'ai aimé, et que je relirais sans doute avec plaisir en picorant l'une ou l'autre nouvelle, mais qui n'a rien d'incontournable pour autant, et ne mérite pas forcément de figurer dans toutes les bibliothèques dignes de ce nom. Van Hamme y est de toute façon suffisamment représenté ! 3,5/5

27/02/2024 (modifier)
Par Cosme
Note: 3/5
Couverture de la série Prima Spatia
Prima Spatia

Une série de science fiction assez classique dans son démarrage. Le duo Filippi et Camboni à qui l’on doit notamment Le Voyage Extraordinaire ce lance dans une nouvelle collaboration qui aura certainement moins de succès. L’histoire d’une jeune fille, Alba, tenu à l’écart de la société intergalactique (on comprendra plus tard pourquoi), et qui ce retrouve rapidement au centre d’une intrigue pleine d’aventures et de rebondissements. Soyons clairs, niveau scénario c’est très classique, et ça ne bouleversera pas le genre. J’ai trouvé (pour le moment les deux premiers albums), assez confus par endroit, sans trop d’originalité, mais suffisamment bien écrit pour avoir envie de lire la suite. Le point positif c’est le dessin de Camboni, que j’apprécie vraiment, il est clair, très lisible, des couleur chatoyante les accompagnent, offrant de belles planches, de beaux paysages sur différentes planètes et dans l’espace. Le bestiaire et les différentes espèces extraterrestre sont variées sans trop d’originalité mais plaisent aux yeux. Le premier tome est vraiment un tome d’introduction, le second m’a beaucoup plus emballé, beaucoup plus riche en action, événements et rebondissements. À suivre pour voir ce que cela va donner dans le temps.

26/02/2024 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Faut pas prendre les cons pour des gens
Faut pas prendre les cons pour des gens

Trouvé par hasard dans une boîte à livres, je me suis laissé tenter par la lecture de cet album, qui a des avis globalement positifs. La parenté avec l’œuvre de Fabcaro a déjà été décrite, je ne reviendrai pas dessus si ce n'est pour dire que ça marche un peu mieux chez l'auteur héraultais. Cependant je dois dire que c'est loin d'être déplaisant comme humour, je me sens assez proche de ce côté absurde. mention spéciale aux planches parlant des déclinaisons absurdes du télétravail, un an ou deux avant la crise du covid qui en e provoqué la généralisation pour un certain nombre de salariés. Ça se lit donc assez bien, pas trop rapidement, les gags sont suffisamment denses pour que la lecture dure un peu. Le style graphique de Reuzé est assez classique de la ligne claire, un peu figé parfois, mais ce qui compte dans ce genre d'exercice est clairement les dialogues. A lire si on a 20 minutes à perdre.

26/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Un an sans internet - Journal d'une expérience
Un an sans internet - Journal d'une expérience

Comme mes prédécesseurs je suis resté un peu sur ma faim. Pourtant j'aime bien l'humour de Ced et je trouve le sujet original et intéressant. En effet il est devenu presque impossible de se passer des fonctions de nécessité que propose internet (messagerie, gestion, commande, scolarité, vie pro). Contrairement au sous-titre un peu trompeur, il semblerait que "l'expérience" soit fictive. L'intérêt de la série se réduit à un fiction humoristique remplie de gags. Ainsi j'ai trouvé les passages inégaux d'autant plus que les préoccupations centrales du petit Ced ne sont pas miennes (facebook, séries, games). Si j'ai trouvé le passage Facebook réussi bien que convenu, les autres passages sont moins drôles à mes yeux. De plus Ced passe rapidement sur la pornographie gratuite et très facilement accessible, ce qui est une thématique importante. Je préfère le Ced scénariste au Ced dessinateur mais son trait rond et humoristique convient parfaitement au style de la série. Ced reste dans un style assez dépouillé que j'avais rencontré dans le bon Contes à dormir debout. Malheureusement dans la présente série le personnage de Ced est un peu trop seul pour amener une diversité visuelle qui manque cruellement. Une lecture récréative mais qui manque un peu de profondeur et de sel.

26/02/2024 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Léviathan (Ki-oon)
Léviathan (Ki-oon)

Leviathan est un thriller dans l'espace développé en 3 tomes autour de la thématique de la survie. Si l'on compare à des films, il est clair que l'on s'éloigne aussi bien d'un "Alien" (menace extérieure) que d'un "Gravity" (menace liée à un problème technologique) comme l'on aurait pu s'y attendre ou l'espérer. L'auteur préfère nous inviter à un jeu de massacre, façon Battle Royale (ce qui parle bien davantage aux jeunes d'aujourd'hui, cela étant notamment devenu un sous-genre dans le jeu vidéo), pour tenir un discours pas si éloigné de "Sa majesté des mouches" sur la cruauté des enfants. L'on assiste donc à une foire d’empoigne avec multiples variantes : des alliances de circonstance, des stratégies défensives, des vengeances individuelles dans lesquelles s'expriment différentes cruautés. L'auteur a le bon goût de convier quelques thématiques importantes (harcèlement, féminisme, classes sociales...) mais n'engendrant aucun changement dans sa conception de l'intrigue, apportant au mieux une justification à telle organisation ou telle cruauté, permettant essentiellement de ne pas se lasser de la redondance à l’œuvre. Les chapitres s'attachent généralement à nous présenter un affrontement, dont l'enjeu narratif réside dans la découverte de celui y survivant, non sans adopter un malsain voyeurisme à l'égard d'une violence présentée comme fascinante, spectaculaire, voire amusante. Comme souvent, l'on se perd un peu dans tous ces personnages (malgré des illustrations de plutôt belle facture), et il est impossible de se représenter topographiquement les différents espaces du vaisseau, donc de ressentir toute l'horreur de cette partie de cache-cache. Le manga a la bonne idée de jouer sur les temporalités et d'apporter un point de vue extérieur. L'on découvre en effet l'intrigue tantôt selon les points de vue des enfants, tantôt celui d'un journal intime/de bord (dont on se demande bien comment il a pu être calmement rédigé étant donné la peur devant régner), tantôt celui d'une opération de secours arrivant plusieurs années après la bataille et tentant de comprendre ce qui s'est passé dans le vaisseau. Ce dernier point permet de mettre en doute ici ou là ce que nous avons jusqu'alors vu, et de préparer à l'habile et plausible retournement final.

26/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Gisèle Halimi l'insoumise
Gisèle Halimi l'insoumise

Son décès récent, et les nombreux documentaires qui lui ont été consacrés ont remis sous la lumière Gisèle Halimi, et les séries s'enchaînent autour de cette figure du militantisme. Un attrait qui doit sans doute un peu à l'opportunisme de certains éditeurs. Mais qui en tout cas est légitime, tant Gisèle Halimi a défendu et incarné un certain nombre de valeurs théoriquement portées très haut dans notre République. Le début de l'album m'a un peu laissé sur ma faim, je craignais une biographie scolaire, monocorde et sans âme. Mais la suite m'a donné tort. Si la narration ne m'a pas vraiment enthousiasmé, j'ai trouvé ce récit de plus en plus intéressant. Les racines de l'engagement de Gisèle Halimi puisent dans son enfance (voir pour compléter l'album qui est spécifiquement dédié à cette partie de sa vie, Gisèle Halimi - Une jeunesse tunisienne), et elle a tôt eu cette droiture, cette force, qui l'on poussé à braver menaces et freins sociétaux pour mener jusqu'au bout les grands combats qui l'ont animée toute sa vie: lutter contre le racisme et l'iniquité de la justice coloniale, lutter contre le sexisme et pour le droit à l'avortement. Sa volonté de faire de certains procès des tribunes pour faire "bouger les choses" (un peu comme Badinter contre la peine de mort) l'a amené à rencontrer pas mal de monde (décideurs politiques, intellectuels - Sartre en tête), à parfois se disperser, s'épuiser, et se désillusionner face à l'hypocrisie ou au sectarisme de certains. L'album brosse un portrait complet et intéressant de Gisèle Halimi, de ses combats, de ses méthodes, sans occulter sa personne, ses difficultés à mener de front combats sociétaux et vie familiale. Il manque peut-être un chouia d'envolées, de romantisme, à ce récit d'une vie, mais ça se laisse lire facilement, et ça illustre très bien certains des débats importants de la seconde moitié du XXème siècle. Le dessin de Marko n'est pas forcément ma tasse de thé, mais il est simple et efficace, fluide, et concourt à rendre agréable cette lecture, qui se révèle finalement assez dense. Note réelle 3,5/5.

26/02/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série La Conquête de la Terre par les chats
La Conquête de la Terre par les chats

2.5 Si je ne me trompe pas c'est le premier album de cet auteur chilien que je lis et le résultat est vraiment moyen. Alors l'auteur nous révèle comment les chats sont apparus sur Terre et ont soumis les humains. C'est pas très marrant, l'auteur se contente la plupart du temps d'utiliser les clichés sur les chats. Il y a quelques dialogues qui m'ont fait sourire sans plus. Il faut dire que vu qu'il y a peu de cases par pages, l'album se lit vite et le scénario est au final trop léger pour être marquant. Entre les chapitres du récit, l'auteur place deux interludes dont le ton est beaucoup plus sérieux que le récit principal. La première parle de la fixation des chats pour les boites et la seconde parle de la divination du chat dans diverses mythologies, et je dois dire que j'ai trouvé ces deux parties plus intéressantes que le récit humoristique qui constitue la majorité de l'album. J'aurais préféré que l'album soit un documentaire sur les chats comme ces deux interludes. Le dessin est sympathique sans être génial ou très personnel (on dirait le genre de dessin qu'on voit tous les jours dans les réseaux sociaux). À la limite, c'est à emprunter si on aime les chats.

25/02/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Un Grand-père tombé du ciel
Un Grand-père tombé du ciel

Une petite-fille qui va découvrir un grand-père dont elle ignorait l'existence, au caractère très dur et renfermé, et qui va finalement apprendre à le connaître, lui et son terrible passé ; et pour cause puisqu'il a survécu à la Shoah. C'est terrible mais j'ai l'impression d'avoir déjà lu pas mal de BD sur ce thème là, et même si celle-ci est l'adaptation d'un roman jeunesse qui a peut-être précurseur dans son domaine, cette adaptation n'apporte pas grand chose de neuf au sujet. Il n'y a pas de réel reproche à faire à cette BD dont le sujet est sincère. Le dessin de Marc Lizano est très reconnaissable. Sans qu'on puisse le qualifier de beau, il est agréable et efficace. L'histoire est bien rythmée, bien racontée. Le caractère des deux protagonistes principaux est bien affirmé, ajoutant à l'intérêt de leur récit. Mais comme indiqué plus haut, l'histoire comporte bien peu de surprise à moins d'être un bien jeune lecteur qui découvre le sujet. Et surtout, l'histoire s'arrête simplement quand le grand-père et la petite-fille finissent par bien s'entendre, sans aller vraiment au-delà. Je trouve que ça manque de développement et tel quel l'intrigue me parait trop convenue.

25/02/2024 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Le Pêcheur de rêves
Le Pêcheur de rêves

Deux ans après "Le Silence et l'ombre", Elodie Garcia revient en tant qu'autrice complète avec ce second album. Là encore très personnel, mais émargeant dans un registre plus fantastique. C'est donc l'histoire d'un jeune garçon qui est pris entre ses rêves d'évasion, liés à la mer, et les attentes de ses parents, liées à... la pêche. Son destin va évidemment basculer en lien avec ces contraintes. Il va bien sûr en apprendre plus sur ses origines. Comme en témoigne la superbe couverture, l'album baigne dans des ambiances bleues et un récit aux allures de conte. Si le récit n'offre pas beaucoup de surprises, on voit la progression de la dessinatrice, même au fil des planches. Il y a pas mal d'inventivité en termes de design, mais j'aurais bien aimé découvrir un peu plus le monde des Océnides. Mais j'imagine qu'Elodie Garcia va développer ça par la suite. C'est sympathique, même si l'ensemble manque encore de maturité.

25/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Mérite maritime
Mérite maritime

Sans esbroufe, la série regroupe des histoires plutôt sympas à lire, et relativement variées, contrairement à ce que je craignais, puisqu’elles ont pour protagonistes des marins naviguant sur un cargo. Le dessin de Dubois, avec ces marins à trogne, la gueule « carrée » (mais ses visages féminins – plus rares il est vrai – sont moins réussis), est dynamique. Lui aussi sans fioriture, il fait très bien le boulot. Il y a bien les clichés véhiculés autour de la marine marchande. Mais Riondet n’en abuse pas, et sais glisser quand il le faut de la poésie (lorsqu’un vieux loup de mer déclame du Victor Hugo ou du Supervielle), du polar (à plusieurs reprises). Forcément les bonhommes sont bourrus, mais la fraternité domine. Une vingtaine de pages à chaque fois au minimum, ça permet de développer un peu les récits, de donner à l’intrigue et à la personnalité des marins une profondeur agréable. Une série sympathique.

25/02/2024 (modifier)