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Zaroff

Note: 3.71/5
(3.71/5 pour 7 avis)

Adaptation du roman de R.Connel lui même adapté au cinéma sous le titre "Les chasses du comte Zaroff"


Adaptations de romans en BD Auteurs Canadiens Coupés du monde... Jeux mortels L'Océan pacifique Le Lombard Signé

Fiona Flanagan est l'héritière d'un gang criminel de Boston, elle mets en place un stratagème pour venger la mort de son père, le responsable étant le comte Zaroff. Sur une île pas si déserte Fiona et ses hommes sont confrontés au comte Zaroff, grand chasseur devant l’éternel. Alors que la tempête fait rage les protagonistes s'affrontent dans un déchainement de violence.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 14 Mai 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Zaroff
Les notes (7)
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09/06/2019 | sloane
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L'avatar du posteur Le Grand A

Comme d’autres avant moi, je n’ai jamais lu le roman ni vu son adaptation filmique. Le nom du personnage éponyme m’évoquait vaguement quelque chose sans trop savoir de quoi il en retournait. Mais il n’y a pas besoin de s’être déjà immergé dans le bouquin ou le film pour apprécier cette suite non officielle, c’est exactement le même principe que sur Long John Silver avec une histoire qui prend pour point de départ un « et si... ». En l’occurrence ici, et si le tueur Zaroff avait survécu au piège tendu par sa proie Sanger Rainsford, que serait-il advenu de lui ? Eh bien visiblement il a toujours ses mauvaises habitudes. Nouveau terrain de chasse, de nouveaux sbires, mais la passion de la chasse à l’homme est toujours là (enfin disons qu'il a besoin d'un stimuli mais comme Rocky Balboa dans le 6ème film, la bête "est toujours là, au fond"). C’est donc sur sa nouvelle île, à la géographie totalement fantastique mais j’y reviendrai, que le comte s’adonne au plaisir sadique de traquer et buter des proies humaines qui ont eu le malheur de s’aventurer trop prêt de son île sauvage. Pour éviter la redite, le scénariste Sylvain Runberg apporte un élément rocambolesque à cette suite : cette fois-ci le chasseur devient la proie, devra survivre et triompher de ses adversaires (je vous épargne le spoiler du pourquoi du comment). C’est plutôt marrant car j’imagine que dans le média de base il est plutôt perçu comme le méchant, bien que le personnage fascine déjà à ce moment là. Mais cette fois on le suit de prêt, on vit les évènements de son point de vu, et sans aller jusqu’à dire qu’on éprouve de la sympathie pour lui, on est amené à mieux comprendre ce qui le motive, sa nature profonde. Tous sont des pourris dans cette histoire, à l’exception de la famille de Zaroff, car oui, le diable a une sœur et des nièces, et il a même des principes ! On ne touche pas aux siens. Il me fait penser à ces génocidaires, certains tueurs en séries qui démontrent qu’on peut être la pire des raclures, l’homme est un loup pour l’homme, et en même temps avoir une facette d’homme cultivé, très courtois, qui présente bien etc. Donc voilà, le récit fait son taf niveau divertissement et en plus ce n’est pas dénué de fond, je me suis bien marré. Graphiquement je savais à quoi m’attendre avec Miville-Deschênes qui est au sommet de son art ici. Je crois que pour lui aussi cette aventure représente un superbe terrain de jeu, lui qui adore dessiner des animaux, il s’en donne à cœur joie avec toute cette faune sauvage. L’île du comte Zaroff serait inspiré de l’île de King Kong que ça ne m’étonnerait pas. C’est un jungle luxuriante avec tout un tas de bestioles, mais à la géographie improbable : ça monte, ça descend, il y a des chutes d’eau, des ravins, des crevasses de plusieurs centaines de mètres, des marais de crocodiles, des grottes souterraines, une plage, etc. Un vrai décor fantastique propice à l’aventure et au suspens car du coup ce n’est pas seulement de l’homme dont il faut se méfier. J’apprécie beaucoup le style de ce québécois, au trait bien rond, net et semi-réaliste. De même que sa coloration, pour moi le plus impressionnant chez lui, un vrai travail d’artistes, c’est beau quoi, il joue subtilement avec sa palette, c’est du old school au pinceau et cela se voit. Une bien bel objet à exposer dans sa bibliothèque tel un trophée de chasse. Un scénario honnête et plutôt bien torché, servi par un dessin sublime et dynamique, que demander de plus ?

01/06/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

Sans connaître ni la nouvelle « Les chasses du comte Zaroff » de 1924, ni le film qui en fît l’adaptation en 1932, Sylvain Runberg et François Miville-Deschênes nous proposent avec cet album une « suite » palpitante et sans temps morts. Pour les morts « tout court », c’est autre chose, car dans cette chasse à l’homme où le chasseur devient chassé, tout concourt (hommes, nature, animaux et éléments) à cette dramaturgie montant crescendo qui laissera sur le pavé plus d’un protagoniste. Le comte Zaroff a fui la révolution russe pour s’installer sur une île au large du Venezuela. C’est là qu’il s’adonne à sa passion, la chasse, et tout particulièrement la chasse à l’homme… Sa dernière partie ayant envoyé ad patres un chef de gang irlandais, la fille de ce dernier va pour se venger enlever la famille de la sœur du comte et organiser sur son île une chasse à l’homme. Les rôles s’inversent, le chasseur devient la proie… Le rythme narratif est intense, on est happé par cette partie de chasse dans un cadre exceptionnel. L’île de Zaroff est un personnage en soi tant elle impose de par sa nature, ses reliefs et sa faune une ambiance et sa loi. Zaroff en maître des lieux sait en tirer le meilleur parti et son instinct de survie va le pousser dans ses retranchements pour faire face à ses nombreux poursuivants… Le dessin de François Miville-Deschênes est parfait pour ce récit et même impressionnant dans ses décors naturels. Quel rendu pour la jungle et le bestiaire qui la peuple ! Sa colorisation est aussi très réussie et nous propose des atmosphères intenses, surtout quand les éléments se déchaînent. Voilà donc une « suite » originale et intense de grande qualité !

30/05/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

2.5 Bon ben encore un album que tout le monde semble aimer mieux que moi. Je connais le film Les Chasses du comte Zaroff de nom uniquement et je n'ai pas lu le roman original donc je ne peux pas faire de comparaison avec cet album. Un truc bien est qu'au lieu d'être une adaptation comme je le pensais, c'est en faite une suite et qui montre l'affrontement entre Zaroff et des criminels. C'est une bonne idée car cela donne une situation où les rôles chasseur-chassé vont s'échanger selon les scènes. Malheureusement, il y a un truc qui m'a vraiment ennuyé dans le récit:c'est un survival et selon moi ce genre de récit fonctionne si je m'attache aux personnages, du coup le scénario me captive et me tient en haleine car je veux absolument savoir si les personnages que j'aime vont survivre ou non. Et ben ici aucun des personnages ne m'a paru attachant et seul Zaroff est un peu intéressant. La faute au fait qu'il y a trop de personnages et que la plupart n'ont pas vraiment de personnalité. La plupart des criminels sont interchangeables, les serviteurs n'ont pas trop de personnalité et franchement je trouve que rien ne différencie les enfants (enfin, il y en a un qui est un gars alors que les deux autres sont des filles, ça c'est de la personnalité mémorable !). La relation entre Zaroff et sa sœur aurait pu donner un truc intéressant, mais ce n'est pas très développé à mon gout. Comme je l'ai écrit, je n'ai pas vu le film, mais d'après ce que j'ai lu il y a peu de personnages ce qui est bien mieux pour les développer et les rendre attachants et mémorables. Il y a détail dans le scénario qui m'a énervé: comment la méchante fille du chef de bande que Zaroff a tué lors d'une de ses chasses est au courant que Zaroff est celui qui l'a tué ? Genre après avoir tué ses victimes, Zaroff envoie des lettres de condoléances à la famille ? Peut-être que c'est expliqué et que je m'en souviens pas. Au final, le scénario se laisse lire sans plus. Le dessin est très bon et malgré tout j'aurais aucun problème à ce que les auteurs fassent une suite parce que ça se termine sur une scène très intéressante.

05/12/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

« Les chasses du comte Zaroff » est un titre qui me parle, sans que j’aie vu le film en question (pas plus que la nouvelle qui l’a inspiré). Et c’est bien dommage, il faudra bien que je la découvre, car elle a été coréalisée par Schoedsack, aussi coréalisateur du génial « King Kong » ! C’est donc sans ces points de comparaison que j’ai lu la version- ou plutôt la sorte de suite – imaginée par Runberg. Le résultat est globalement bon, très efficace. En effet, tout est misé sur l’action, le rythme – au détriment de la profondeur des personnalités. Nous suivons donc une énorme chasse à l’homme (ou plutôt deux chasses en une !), sans aucun temps mort. Et là Runberg a cherché à placer tous les clichés du genre : sur une île déserte, des animaux sauvages, des pièges, une nature hostile (avec de gros orages), un rapport de force au départ déséquilibré, mais qui permet de faire disparaître au fur et à mesure un grand nombre de personnes pour un rééquilibrage final, etc. Bref, du déjà vu (voir « Jurassic Park : le monde perdu » de Spielberg, par exemple, qui inverse lui aussi les rapports entre chasseurs et chassés). Le côté niaiseux en moins, le pitch de la chasse à l’homme m’a aussi fait penser à un épisode de la pauvre série « L’île fantastique » (je ne sais plus trop pourquoi ?). Il faut donc accepter d’entrer sans trop de questions dans l’intrigue qui, un peu bâtie sur du réchauffé, est quand même bien fichue. Il faut aussi faire abstraction des quelques facilités scénaristiques (la très rapide reconstruction d’un nouveau territoire de chasse et d’un château par Zaroff, sur une île loin de tout, la vitesse incroyable à laquelle son sbire fabrique un brancard pour son neveu, ainsi que la vitesse des déplacements de Zaroff sur son île pour éliminer ses poursuivants – sur la plage en particulier, etc.). Cela dit, l’histoire se laisse lire rapidement, elle est assez prenante, et agréable. D’autant plus que Miville-Deschênes a encore progressé, son trait étant plus dynamique (les visages moins statiques, figés par exemple) que pour sa précédente collaboration avec Runberg, « Reconquêtes ».

25/11/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Zaroff sera incontestablement une bd figurant dans le prix des lecteurs de l'année 2019 à n'en point douter. Elle recèle toutes les qualités pour cela. Je connaissais vaguement ce récit mettant en scène une chasse à l'homme mais j'ignorais jusqu'au nom du compte Zaroff ayant fui la révolution bolchevique. La grande originalité de ce récit est de nous raconter une nouvelle aventure après l'officielle et qui met en valeur ce méchant personnage passionné par la chasse. On va avoir droit à un duel entre psychopathes sans savoir qui est le gibier ou le chasseur. C'est un vrai survival dans le genre. Le graphisme est véritablement à couper le souffle. J'avoue avoir apprécié les décors de ces îles tropicales au large du Brésil puis du Vénézuela. La jungle est vraiment belle et luxuriante. Je suis véritablement un adepte du style réaliste. Rien à redire par conséquent. J'ai juste un problème entre deux dates qui me semblent trop rapproché pour être vraiment crédible. En juin 1932 se passe la première partie de l'action qui se solde par un échec pour le comte. Cependant, ce dernier parvient à s'échapper et à reconstruire tout sur une autre île en novembre 1932 de la même année. On nous fait croire qu'il connait tout les recoins de cette nouvelle île alors qu'il n'y a jamais eu de partie de chasse. Dommage pour cette erreur de datation qui aurait pû être évité en laissant tout simplement plus de marge ce qui n'aurait rien changé sur le fond. Pour autant, j'ai passé un agréable moment de lecture et c'est tout ce qui compte. Et même si c'est un peu cruel et intense.

11/08/2019 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur herve

Une bande dessinée dans la collection Signé est souvent gage de qualité et en l’occurrence, avec "Zaroff", le lecteur, que je suis , est une nouvelle fois comblé. J’avais repéré ce titre depuis quelques mois dans les prévisions de sorties, grâce à la superbe couverture qui cristallisait le crime, la moiteur d’une forêt vierge et un héros haut en couleur. A la lecture, je ne m’étais pas trompé. Certes Zaroff est le personnage ignoble et cynique que j’attendais, mais au-delà de la galerie des personnages présents, le rôle principal de ce récit reste à mes yeux cette île, je dirai presque cette île mystérieuse qui regorge de pièges, et d’une faune sauvage parfaitement mis en relief par François Miville-Deschênes, que j’avais découvert avec sa série Millénaire. Il faut avouer que son dessin est superbe et restitue l’atmosphère de cette forêt tropicale de manière magistrale. Passionné de cinéma, en particulier de la période 1927-1939, je connaissais l’existence du film de 1932 sur le comte Zaroff, et Sylvain Runberg s’en est habilement et intelligemment inspiré pour construire une chasse à l’homme qui tient en haleine sur près de 80 pages. Un dessin très soigné, un récit haletant, bref une bande dessinée que je recommande vivement

13/06/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur sloane

Quel bonheur anticipé quand il y a quelques temps j'ai vu que les éditions du Lombard s’apprêtait à publier "Zaroff". Pour moi ce nom faisait écho au film de 1932 de Irving Pichel et Ernest Schoedsack ( ce dernier plus connu pour avoir réalisé le premier "King Kong" ). Souvenir du cinéma de minuit.... A l'arrivée ce "Zaroff" se veut être une sorte de suite au film. Le général Zaroff ayant fui la Russie au moment de la révolution bolchevique est un homme cultivé qui cite Marc Aurèle. C'est également un homme passionné de chasse qui s'est construit un petit paradis sur une île au large du Venezuela ou il peut s'adonner à son sport favori. Sa forteresse est décorée de ses multiples trophées mais depuis quelques temps Zaroff apprécie de chasser une autre espèce, celle des bipèdes. Il y a peu il a tué le chef d'un des gangs irlandais de Boston. Son héritière Fiona Flanagazn ayant le sens de la famille, elle kidnappe la sœur de Zaroff et ses enfants et les place dans l'île au cœur de l'affrontement. Dans ce récit ce qui est particulièrement intéressant c'est l'inversion des rôles le chasseur devient chassé et le chassé devient chasseur, les protagonistes ne sont pas forcément ce qu'ils sont censés être, les uns et les autres se déchirant. Quand la nature s'en mêle peuplée de crocodiles, des jaguars qui rôdent et si en plus la tempête arrive tout concours à nous donner une histoire cruelle et violente ou chacun sort transformé de l'affrontement. A ce titre il faut rendre hommage au scénario de Sylvain Runberg que l'on ne présente plus. En ce qui concerne le dessin et la colorisation, là aussi c'est du tout bon avec François Miville-Deschênes déjà rencontré sur Millénaire et Reconquêtes. Sa représentation de la jungle et des animaux qui l'habite est tout simplement exceptionnelle. Et cette couverture ou le comte nous fixe avec cet air de cruauté et de grande classe. N'oublions pas la couleur qui joue un rôle d'importance dans le récit, ce fascinant parallèle entre la chevelure de Fiona et la robe de chambre du comte dans les sous-bois de la jungle est d'une grande pertinence. Personnellement j'ai bien du mal à rester objectif tant le travail de ces deux auteurs me plait, avec un petit zeste d'avantage au dessin de F. Miville-Deschênes. Forcément un coup de cœur et faites tourner.

09/06/2019 (modifier)