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Zaroff

Note: 4/5
(4/5 pour 11 avis)

Adaptation du roman de R.Connel lui même adapté au cinéma sous le titre "Les chasses du comte Zaroff"


Adaptations de romans en BD Auteurs canadiens Coupés du monde... Jeux mortels L'Océan pacifique Le Lombard One-shots, le best-of

Fiona Flanagan est l'héritière d'un gang criminel de Boston, elle mets en place un stratagème pour venger la mort de son père, le responsable étant le comte Zaroff. Sur une île pas si déserte Fiona et ses hommes sont confrontés au comte Zaroff, grand chasseur devant l’éternel. Alors que la tempête fait rage les protagonistes s'affrontent dans un déchainement de violence.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 14 Mai 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Zaroff

09/06/2019 | sloane
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Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Josq

L'enthousiasme de notre ami Agecanonix était tel que je ne pouvais pas passer à côté de cette bande dessinée ! Après avoir découvert le merveilleux film de 1932 récemment, je me suis donc lancé dans cette suite dessinée, et indéniablement, c'est du très, très bon boulot ! Faire revivre ce personnage détestable et fascinant n'était pas chose aisée, mais Sylvain Runberg a trouvé un excellent point de départ, permettant de renouveler les bases du scénario original tout en perpétuant l'univers dans la grande continuité de ce qu'instaurait le film de Pichel et Schoedsack. Cette idée d'opposer au général Zaroff une autre psychopathe permet de mettre en scène un nouveau duel où, cette fois, il devient difficile de déterminer qui, des deux adversaires, est la proie et qui est le chasseur. Les personnage sont très bien dessinés, et surtout très nuancés, par leurs actes et leurs dialogues, joliment écrits. Ainsi, Zaroff se découvre une âme en étant obligé de sauver la famille de sa sœur, mais pour autant, il ne devient pas un "gentil". Cela reste un psychopathe, un chasseur qui aime le goût du sang, mais au fond duquel sommeille toutefois un homme loyal. Heureusement, le scénario nous offre donc également les personnages de la sœur du général russe et de ses enfants, auxquels on aura moins de scrupules à s'attacher qu'au personnage principal. Le récit est raconté sur un ton très réaliste, et prend le temps de développer chacune de ses péripéties, malgré quelques raccourcis narratifs vraiment pas méchants (genre la civière qui surgit de nulle part sans précision d'une quelconque ellipse temporelle ayant permis sa confection). Ainsi, la crédibilité est de mise dans ce duel entre deux esprits tout aussi tordus l'un que l'autre, à la fois terrifiants et envoûtants. Surtout, le récit est parfaitement servi par le dessin de François Miville-Deschênes, d'une précision ahurissante et donc d'une beauté stupéfiante. Vraiment, chaque case est un pur plaisir à regarder. J'aime rarement quand le dessin est hyper-réaliste (à la Bergèse dans les "Buck Danny de 2005-2006, par exemple), mais ici, Miville-Deschênes réussit à faire quelque chose de très fluide. Notamment, l'alchimie entre les personnages et les paysages (élément essentiel dans les histoires mettant en scène le comte Zaroff) est admirable, il n'y a pas le côté trop statique qu'on trouve souvent quand le dessin essaye d'être trop réaliste. Ici, pas un trait en trop, l'équilibre est parfait ! Seul (très) léger reproche : il est peut-être un peu trop propre par rapport au ton du récit. Quand ça devient vraiment sanglant, on a parfois un petit peu de peine à ressentir l'impact d'une blessure ou d'un coup de griffe. Ou encore le visage blessé du général Zaroff est bien trop lisse par rapport à ce à quoi on aurait pu s'attendre. Mais bon, ça n'entame pas la qualité incroyable du dessin. Ainsi, alors que le pari de reprendre la nouvelle initiale et le film de 1932 avec la même intensité semblait perdu d'avance, Runberg et Miville-Deschênes réussissent pourtant à créer un résultat à la hauteur des œuvres initiales. Rien n'est édulcoré, aucun élément de base n'est trahi, et la continuité est parfaitement entretenue jusqu'à une conclusion qui sait être sombre sans l'être à l'excès. Une conclusion qui résume parfaitement l'esprit de cette bande dessinée : ne rien trahir, trouver le juste équilibre. Clairement, c'est une mission accomplie pour les deux auteurs !

20/04/2021 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Je crois n'avoir jamais mis de 5 étoiles à une Bd récente, mais voila c'est fait, je n'ai pu résister à cet album qui m'a en plus replongé dans des souvenirs de jeunesse exaltants ; j'ai en effet vu très jeune, alors que j'étais ado ou pré-ado le film de Shoedsack et Pichel au ciné-club de la 2 que présentait Claude-Jean Philippe à la fin d'Apostrophes chez Pivot, c'est vous dire si ça remonte. Mais le souvenir est tellement vivace, ce film m'a tellement marqué, c'est un chef-d'oeuvre du cinéma fantastique, et je me souviens que dans la semaine qui suivit je voyais aussi le Frankenstein de James Whale et le King Kong de 1933 car le ciné-club consacrait un cycle au ciné fantastique des années 30. D'un coup, je faisais mon éducation ciné avec 3 énormes classiques. Les Chasses du comte Zaroff (the Most dangerous game) a été tourné en 1932 par la même équipe que King Kong ; on y retrouvait Shoedsack à la réalisation avec Merian C. Cooper, puis la même actrice Fay Wray, et la musique était signée aussi par le légendaire Max Steiner ; les décors utilisaient le même plateau, avec des décors de jungle issus de Skull Island, les scènes de King Kong étaient tournées le jour par Cooper, et la nuit Shoedsack prenait le relais et tournait celles du Comte Zaroff qui visiblement était une petite production de la RKO devant servir de test au prestigieux projet mené par Shoedsack et Cooper : King Kong. Mais ce soi-disant petit film possédait d'indéniables qualités artistiques et techniques où la traque, la forteresse vaguement gothique, les marécages brumeux, la forêt dense constituaient une atmosphère hostile et angoissante, et qui faisait de Zaroff un aristocrate raffiné et cruel tout à fait fascinant. D'où le fait que ce film a fait date et qu'il a inspiré plusieurs remakes ; j'en citerai 2 qui présentent des qualités intéressantes : la Chasse sanglante en 1974 qui revisitait le mythe de façon plus bestiale et beaucoup plus violente, et la même année, la Comtesse perverse, un film espagnol de Jess Franco, le maître de l'érotisme et de l'horrifique bis, où sa comtesse chassait nue des vierges sur son île, un film qui je me souviens, avait émoustillé ma libido de très jeune adulte au début des années 80. On peut y ajouter Chasse à l'homme, remake moderne et premier film américain de John Woo qui lançait le cogneur belge Jean-Claude Van Damme chassé par d'horribles riches oisifs en Louisiane. Après ce cours d'histoire cinématographique, parlons de la Bd de Runberg et Miville-Deschênes, un album qui m'a entièrement ravi et où j'ai retrouvé plein de sensations. En fait, c'est une extrapolation d'un film mythique, lui-même adapté fidèlement d'une nouvelle, puisque Runberg imagine ce qui se passe après le film, c'est donc un prolongement librement interprété ; les auteurs résument le film dans les premières pages en une sorte de noir & blanc, qui permettent de comprendre la chronologie des événements précédents. Ce qui fait la force de ce scénario, c'est bien évidemment le dessin de Miville-Deschênes que j'avais déjà tellement admiré sur Reconquêtes, précedente Bd d'antic-fantasy du duo Runberg-MD. Ce dessin est toujours aussi somptueux et saisissant, MD crée un background hyper consistant qui donne une force incroyable à ce récit, à tel point que ça en devient presque immersif. Le décor de cette île maléfique constitué d'une jungle luxuriante, d'affrontements, et d'animaux sauvages (déjà MD se régalait avec ses bêtes monstrueuses dans Reconquêtes), tout ceci forme un univers extraordinaire et fantasmé. Certaines images renvoient à l'imaginaire des romans d'aventure du XIXème siècle, c'est proprement fabuleux. Au final, ce récit qui revisite le film avec 2 groupes de chasseurs qui se chassent mutuellement, et tout aussi psychopathes l'un que l'autre, est non seulement haletant, mais surtout parfaitement construit et bien conduit, quelle idée formidable de réinventer cette trame et de n'avoir pas cherché simplement à faire une banale adaptation du film, l'ambiance est parfaitement recréée, ça sera sans doute moins probant pour ceux qui n'ont pas vu le film évidemment, je pense qu'ils perdent beaucoup, mais je peux vous assurer que pour un gars comme moi qui a baigné dans cette atmosphère très jeune qui plus est, je suis tombé à la renverse devant tant d'excellence. Un album sensationnel à lire absolument !

04/03/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Yann135

Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas régalé comme ça à lire une BD ! Une histoire originale et palpitante avec un graphisme somptueux. Quoi demander de plus ? Tous les ingrédients sont là pour un bon moment de lecture. En 1932 le long métrage « les chasses du comte Zaroff » d’Irving Pichel et Enerst B. Schoedsack - tourné dans les décors de King Kong - allait marquer l’histoire du cinéma. Avant la tragédie du grand singe, Zaroff apportait une incarnation plus radicale de la cruauté humaine. Déjà, l’homme ne sort pas grandi de King Kong, longue agonie du primate martyr, sacrifié au nom de l’appât du gain et pour la grandiloquence du spectacle. Dans « les chasses du comte de Zaroff » c’est encore pire ! Là, l’humain devient jouet, lâché dans la jungle, pour assouvir la passion essoufflée du chasseur. Le comte Zaroff a tout du héros sadique, au sens littéral, toujours en quête de nouvelles sensations à pourvoir à un corps émoussé. Avec cet album, Sylvain Runberg au scénario, nous propose ce qu’aurait pu devenir ce comte russe aimant citer Marc Aurèle durant ses chasses à l’homme. Chaud devant … mais cette aventure bestiale palpitante au final, est juste magnifique. Elle bénéficie de tous les éléments pour un bon thriller avec une multitude de rebondissements. François Miville-Deschênes contribue efficacement à la réussite de cet album. Les dessins sont particulièrement réussis. Coup de chapeau particulier pour les traits du général Zaroff. Le russe y exhale un mélange subtil de raffinement et d’animalité, de distinction et de sauvagerie primitive. Un aristocrate éclairé sous le vernis policé duquel se révèle une bête de sang obsédé par sa proie. Un régal pour les yeux. J’ai même trouvé ce personnage immonde par moment sympathique. Coup de chapeau également aux décors. Nous sommes sur une île tropicale façon Jurassic park. Les paysages sont merveilleux. Vous plongez allégrement dans une jungle particulièrement luxuriante. Les animaux sauvages sont parfaits. C’est époustouflant. Je ne vois pas de défauts. Tout pour moi est remarquable. Mon coup de cœur du moment.

25/10/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Guillaume.M

Comme plusieurs lecteurs avant moi, je ne connaissais ni le roman, ni son adaptation au cinéma avant de découvrir « Zaroff ». En quelques mots, cet album imagine la suite des œuvres précitées et met à nouveau en scène le comte Zaroff, richissime noble russe ayant fui la révolution de son pays au début du 20ème siècle pour se réfugier sur une île exotique d’Amérique latine. Le comte y pratique son sport favori… la chasse à l’homme ! Sa dernière victime est un parrain de la pègre irlandaise de New York, ce qui va conduire à quelques turbulences et une grande chasse. Après une habile introduction permettant de résumer efficacement les événements qui précèdent cette histoire, le lecteur est immédiatement capté par un rythme narratif intense et bien dosé. Le scénario est porté par le comte Zaroff, personnage central aussi raffiné et charismatique que dangereux et cruel. Rien de révolutionnaire dans les événements décrits, mais la mayonnaise prend sans peine. L’album se dévore littéralement. Une fois commencé, il ne se pose plus. En cela, le lecteur est bien aidé par des dessins absolument magnifiques. Plus encore que les personnages, relativement classiques, ce sont les animaux sauvages et l’île qui sont impressionnants. Quelle dynamique ! Quels décors naturels ! Le tout est servi par une excellente mise en couleur, intense et foisonnante, à l’image du scénario. « Zaroff » est à n’en pas douter l’une des meilleures bandes dessinées d’aventure que j’ai pu lire ces dernières années.

04/08/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Le Grand A

Comme d’autres avant moi, je n’ai jamais lu le roman ni vu son adaptation filmique. Le nom du personnage éponyme m’évoquait vaguement quelque chose sans trop savoir de quoi il en retournait. Mais il n’y a pas besoin de s’être déjà immergé dans le bouquin ou le film pour apprécier cette suite non officielle, c’est exactement le même principe que sur Long John Silver avec une histoire qui prend pour point de départ un « et si... ». En l’occurrence ici, et si le tueur Zaroff avait survécu au piège tendu par sa proie Sanger Rainsford, que serait-il advenu de lui ? Eh bien visiblement il a toujours ses mauvaises habitudes. Nouveau terrain de chasse, de nouveaux sbires, mais la passion de la chasse à l’homme est toujours là (enfin disons qu'il a besoin d'un stimuli mais comme Rocky Balboa dans le 6ème film, la bête "est toujours là, au fond"). C’est donc sur sa nouvelle île, à la géographie totalement fantastique mais j’y reviendrai, que le comte s’adonne au plaisir sadique de traquer et buter des proies humaines qui ont eu le malheur de s’aventurer trop prêt de son île sauvage. Pour éviter la redite, le scénariste Sylvain Runberg apporte un élément rocambolesque à cette suite : cette fois-ci le chasseur devient la proie, devra survivre et triompher de ses adversaires (je vous épargne le spoiler du pourquoi du comment). C’est plutôt marrant car j’imagine que dans le média de base il est plutôt perçu comme le méchant, bien que le personnage fascine déjà à ce moment là. Mais cette fois on le suit de prêt, on vit les évènements de son point de vu, et sans aller jusqu’à dire qu’on éprouve de la sympathie pour lui, on est amené à mieux comprendre ce qui le motive, sa nature profonde. Tous sont des pourris dans cette histoire, à l’exception de la famille de Zaroff, car oui, le diable a une sœur et des nièces, et il a même des principes ! On ne touche pas aux siens. Il me fait penser à ces génocidaires, certains tueurs en séries qui démontrent qu’on peut être la pire des raclures, l’homme est un loup pour l’homme, et en même temps avoir une facette d’homme cultivé, très courtois, qui présente bien etc. Donc voilà, le récit fait son taf niveau divertissement et en plus ce n’est pas dénué de fond, je me suis bien marré. Graphiquement je savais à quoi m’attendre avec Miville-Deschênes qui est au sommet de son art ici. Je crois que pour lui aussi cette aventure représente un superbe terrain de jeu, lui qui adore dessiner des animaux, il s’en donne à cœur joie avec toute cette faune sauvage. L’île du comte Zaroff serait inspiré de l’île de King Kong que ça ne m’étonnerait pas. C’est un jungle luxuriante avec tout un tas de bestioles, mais à la géographie improbable : ça monte, ça descend, il y a des chutes d’eau, des ravins, des crevasses de plusieurs centaines de mètres, des marais de crocodiles, des grottes souterraines, une plage, etc. Un vrai décor fantastique propice à l’aventure et au suspens car du coup ce n’est pas seulement de l’homme dont il faut se méfier. J’apprécie beaucoup le style de ce québécois, au trait bien rond, net et semi-réaliste. De même que sa coloration, pour moi le plus impressionnant chez lui, un vrai travail d’artistes, c’est beau quoi, il joue subtilement avec sa palette, c’est du old school au pinceau et cela se voit. Une bien bel objet à exposer dans sa bibliothèque tel un trophée de chasse. Un scénario honnête et plutôt bien torché, servi par un dessin sublime et dynamique, que demander de plus ?

01/06/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

Sans connaître ni la nouvelle « Les chasses du comte Zaroff » de 1924, ni le film qui en fît l’adaptation en 1932, Sylvain Runberg et François Miville-Deschênes nous proposent avec cet album une « suite » palpitante et sans temps morts. Pour les morts « tout court », c’est autre chose, car dans cette chasse à l’homme où le chasseur devient chassé, tout concourt (hommes, nature, animaux et éléments) à cette dramaturgie montant crescendo qui laissera sur le pavé plus d’un protagoniste. Le comte Zaroff a fui la révolution russe pour s’installer sur une île au large du Venezuela. C’est là qu’il s’adonne à sa passion, la chasse, et tout particulièrement la chasse à l’homme… Sa dernière partie ayant envoyé ad patres un chef de gang irlandais, la fille de ce dernier va pour se venger enlever la famille de la sœur du comte et organiser sur son île une chasse à l’homme. Les rôles s’inversent, le chasseur devient la proie… Le rythme narratif est intense, on est happé par cette partie de chasse dans un cadre exceptionnel. L’île de Zaroff est un personnage en soi tant elle impose de par sa nature, ses reliefs et sa faune une ambiance et sa loi. Zaroff en maître des lieux sait en tirer le meilleur parti et son instinct de survie va le pousser dans ses retranchements pour faire face à ses nombreux poursuivants… Le dessin de François Miville-Deschênes est parfait pour ce récit et même impressionnant dans ses décors naturels. Quel rendu pour la jungle et le bestiaire qui la peuple ! Sa colorisation est aussi très réussie et nous propose des atmosphères intenses, surtout quand les éléments se déchaînent. Voilà donc une « suite » originale et intense de grande qualité !

30/05/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

2.5 Bon ben encore un album que tout le monde semble aimer mieux que moi. Je connais le film Les Chasses du comte Zaroff de nom uniquement et je n'ai pas lu le roman original donc je ne peux pas faire de comparaison avec cet album. Un truc bien est qu'au lieu d'être une adaptation comme je le pensais, c'est en faite une suite et qui montre l'affrontement entre Zaroff et des criminels. C'est une bonne idée car cela donne une situation où les rôles chasseur-chassé vont s'échanger selon les scènes. Malheureusement, il y a un truc qui m'a vraiment ennuyé dans le récit:c'est un survival et selon moi ce genre de récit fonctionne si je m'attache aux personnages, du coup le scénario me captive et me tient en haleine car je veux absolument savoir si les personnages que j'aime vont survivre ou non. Et ben ici aucun des personnages ne m'a paru attachant et seul Zaroff est un peu intéressant. La faute au fait qu'il y a trop de personnages et que la plupart n'ont pas vraiment de personnalité. La plupart des criminels sont interchangeables, les serviteurs n'ont pas trop de personnalité et franchement je trouve que rien ne différencie les enfants (enfin, il y en a un qui est un gars alors que les deux autres sont des filles, ça c'est de la personnalité mémorable !). La relation entre Zaroff et sa sœur aurait pu donner un truc intéressant, mais ce n'est pas très développé à mon gout. Comme je l'ai écrit, je n'ai pas vu le film, mais d'après ce que j'ai lu il y a peu de personnages ce qui est bien mieux pour les développer et les rendre attachants et mémorables. Il y a détail dans le scénario qui m'a énervé: comment la méchante fille du chef de bande que Zaroff a tué lors d'une de ses chasses est au courant que Zaroff est celui qui l'a tué ? Genre après avoir tué ses victimes, Zaroff envoie des lettres de condoléances à la famille ? Peut-être que c'est expliqué et que je m'en souviens pas. Au final, le scénario se laisse lire sans plus. Le dessin est très bon et malgré tout j'aurais aucun problème à ce que les auteurs fassent une suite parce que ça se termine sur une scène très intéressante.

05/12/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

« Les chasses du comte Zaroff » est un titre qui me parle, sans que j’aie vu le film en question (pas plus que la nouvelle qui l’a inspiré). Et c’est bien dommage, il faudra bien que je la découvre, car elle a été coréalisée par Schoedsack, aussi coréalisateur du génial « King Kong » ! C’est donc sans ces points de comparaison que j’ai lu la version- ou plutôt la sorte de suite – imaginée par Runberg. Le résultat est globalement bon, très efficace. En effet, tout est misé sur l’action, le rythme – au détriment de la profondeur des personnalités. Nous suivons donc une énorme chasse à l’homme (ou plutôt deux chasses en une !), sans aucun temps mort. Et là Runberg a cherché à placer tous les clichés du genre : sur une île déserte, des animaux sauvages, des pièges, une nature hostile (avec de gros orages), un rapport de force au départ déséquilibré, mais qui permet de faire disparaître au fur et à mesure un grand nombre de personnes pour un rééquilibrage final, etc. Bref, du déjà vu (voir « Jurassic Park : le monde perdu » de Spielberg, par exemple, qui inverse lui aussi les rapports entre chasseurs et chassés). Le côté niaiseux en moins, le pitch de la chasse à l’homme m’a aussi fait penser à un épisode de la pauvre série « L’île fantastique » (je ne sais plus trop pourquoi ?). Il faut donc accepter d’entrer sans trop de questions dans l’intrigue qui, un peu bâtie sur du réchauffé, est quand même bien fichue. Il faut aussi faire abstraction des quelques facilités scénaristiques (la très rapide reconstruction d’un nouveau territoire de chasse et d’un château par Zaroff, sur une île loin de tout, la vitesse incroyable à laquelle son sbire fabrique un brancard pour son neveu, ainsi que la vitesse des déplacements de Zaroff sur son île pour éliminer ses poursuivants – sur la plage en particulier, etc.). Cela dit, l’histoire se laisse lire rapidement, elle est assez prenante, et agréable. D’autant plus que Miville-Deschênes a encore progressé, son trait étant plus dynamique (les visages moins statiques, figés par exemple) que pour sa précédente collaboration avec Runberg, « Reconquêtes ».

25/11/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
L'avatar du posteur Erik

Zaroff sera incontestablement une bd figurant dans le prix des lecteurs de l'année 2019 à n'en point douter. Elle recèle toutes les qualités pour cela. Je connaissais vaguement ce récit mettant en scène une chasse à l'homme mais j'ignorais jusqu'au nom du compte Zaroff ayant fui la révolution bolchevique. La grande originalité de ce récit est de nous raconter une nouvelle aventure après l'officielle et qui met en valeur ce méchant personnage passionné par la chasse. On va avoir droit à un duel entre psychopathes sans savoir qui est le gibier ou le chasseur. C'est un vrai survival dans le genre. Le graphisme est véritablement à couper le souffle. J'avoue avoir apprécié les décors de ces îles tropicales au large du Brésil puis du Vénézuela. La jungle est vraiment belle et luxuriante. Je suis véritablement un adepte du style réaliste. Rien à redire par conséquent. J'ai juste un problème entre deux dates qui me semblent trop rapproché pour être vraiment crédible. En juin 1932 se passe la première partie de l'action qui se solde par un échec pour le comte. Cependant, ce dernier parvient à s'échapper et à reconstruire tout sur une autre île en novembre 1932 de la même année. On nous fait croire qu'il connait tout les recoins de cette nouvelle île alors qu'il n'y a jamais eu de partie de chasse. Dommage pour cette erreur de datation qui aurait pû être évité en laissant tout simplement plus de marge ce qui n'aurait rien changé sur le fond. Pour autant, j'ai passé un agréable moment de lecture et c'est tout ce qui compte. Et même si c'est un peu cruel et intense.

11/08/2019 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur herve

Une bande dessinée dans la collection Signé est souvent gage de qualité et en l’occurrence, avec "Zaroff", le lecteur, que je suis , est une nouvelle fois comblé. J’avais repéré ce titre depuis quelques mois dans les prévisions de sorties, grâce à la superbe couverture qui cristallisait le crime, la moiteur d’une forêt vierge et un héros haut en couleur. A la lecture, je ne m’étais pas trompé. Certes Zaroff est le personnage ignoble et cynique que j’attendais, mais au-delà de la galerie des personnages présents, le rôle principal de ce récit reste à mes yeux cette île, je dirai presque cette île mystérieuse qui regorge de pièges, et d’une faune sauvage parfaitement mis en relief par François Miville-Deschênes, que j’avais découvert avec sa série Millénaire. Il faut avouer que son dessin est superbe et restitue l’atmosphère de cette forêt tropicale de manière magistrale. Passionné de cinéma, en particulier de la période 1927-1939, je connaissais l’existence du film de 1932 sur le comte Zaroff, et Sylvain Runberg s’en est habilement et intelligemment inspiré pour construire une chasse à l’homme qui tient en haleine sur près de 80 pages. Un dessin très soigné, un récit haletant, bref une bande dessinée que je recommande vivement

13/06/2019 (modifier)