J’avais découvert Geoffroy Monde avec l’excellent De rien. Mais depuis, dans tous les autres albums de lui que j’ai pu lire, je dois dire que je n’ai pas retrouvé le même équilibre et la même réussite dans les gags absurdes.
Ici, on est encore dans un absurde pur et dur, qui confine parfois à l’abscons. Il faut clairement ne pas être réfractaire à certains délires totalement loufoques (même si Monde agit souvent avec un humour froid, surjouant l’anormalité normalisée).
L’ensemble est inégal, et gagne à être lu à petites doses, l’overdose d’absurde menaçant.
Quant au dessin, il y a une alternance entre style semi réaliste et simples crobars « améliorés », avec une colorisation elle aussi très différente d’une histoire à l’autre.
Tout ceci donne un aspect patchwork, probablement lié à la parution dispersée en revue ou sur un blog de la plupart de ces délires décalés.
A noter que plusieurs histoires ont pour protagonistes Serge et demi Serge, qui auront peu de temps après droit à un album (que je n’ai pas encore lu).
Note réelle 2,5/5.
La Caire, nid d'espions ! Avec cette BD, nous sommes en plein dans cette vision caricaturale de la ville. Il est question de trafic d'antiquités, de mystérieux meurtriers et kidnappeurs, d'organisation internationale et peut-être aussi de terroristes Khomeynistes. Enfin, à ce que j'en ai retenu car il faut drôlement s'accrocher pour y comprendre quelque chose.
Mais avant tout parlons du dessin car il est excellent. Le style de Magnus y est vraiment classe, avec un trait épais, des pleins et déliés maîtrisés, une ligne claire et des décors grandioses. Hormis les visages qui ont l'air de prendre un peu trop la pose, l'ensemble est d'une grande élégance et d'une grande beauté.
Ces même visages ont également en permanence l'air de comploter, tous sourcils froncés, sourires entendus. Même si on ne peut pas véritablement parler de récit d'espionnage, on a l'impression d'être en plein dedans, avec énormément de non-dits, de sous-entendus, de dialogues alambiqués où le lecteur doit essayer de comprendre les choses à demi-mots. Même durant les scènes de pure action, c'est la narration qui prend le relais en récitant une prose absconse dont on imagine quelque part un profond sens caché et artistique.
Mais concrètement, même si ce n'est pas purement incompréhensible, c'est pénible à lire. Le rythme est très haché, avec parfois de surprenantes ellipses et l'impression que l'action prend parfois des heures à s'écouler et d'autres fois saute directement à sa résolution avec une mise en place qui semble finalement n'avoir servi à rien. Et toujours il y a ces dialogues qui semblent posés là comme dans une pièce de théâtre, et cette foule de personnages dans laquelle on se perd et dont beaucoup ne semblent jamais servir à autre chose qu'à embrouiller l'intrigue.
Je me suis accroché jusqu'au bout pour comprendre où le scénario allait me mener, pour profiter du graphisme, et aussi pour comprendre pourquoi la série s'appelle le Spécialiste alors que le gars en question est très secondaire dans l'intrigue. Au final, je n'en garde que la satisfaction d'avoir vu de belles planches, mais j'ai un léger mal de tête au souvenir du scénario, de son mauvais rythme et de l'inutile complexité de sa mise en scène.
NB: Je note après coup que ce fameux personnage du Spécialiste est également connu sous le nom de L'Inconnu et que certaines de ses aventures plus courtes ont été publiées en France sous ce titre.
Je suis clairement athée, mais pourtant cette nouvelle collection lancée par Glénat autour des papes importants m'intéresse, tant certains, de part leur personnalité et la place qu'ils ont occupée dans l'Histoire sont souvent incontournables (dans leur réalité et/ou dans leur instrumentalisation). L'aspect purement chrétien n'est donc pas ce qui m'importe le plus.
Hélas, la première de ces biographies qui me soit tombé sous la main n'est clairement pas une bonne pioche. Placée sous l'égide du Cerf, éditeur chrétien, cette histoire ne sort jamais du côté religieux, ne fait pas sortir le personnage de Pierre de sa gangue biblique et consacrée.
Mais comment en aurait été autrement ? En effet, par delà les doutes sur l'existence même du personnage, il y a finalement peu de documents pour nous renseigner , et son personnage, son "rôle", a bien souvent été reconstruit largement a posteriori.
Du coup l'histoire est ici très pauvre. Pierre est sur sa croix, supplicié, et raconte avant de mourir à un officier romain sa rencontre avec le Christ. Cela manque clairement de dynamisme, et d'intérêt je trouve.
Mais surtout, prenant place dans une collection intitulée "Un pape dans l'Histoire", la question se pose déjà de savoir si Pierre était un pape. Car si le personnage de Pierre est une construction de l’Église plusieurs siècle après sa mort, a-t-il même été un évêque, si ce n'est l'évêque de Rome ? Et, surtout, l'évêque de Rome n'est devenu le "pape" que tardivement. Faire de Pierre, eut-il existé, eut-il été "premier parmi les chrétiens" un pape, est aussi une construction que je ne suis pas. Il y a là comme la volonté de faire rentrer au forceps dans une collection un personnage qui n'en relève pas. Détenir les clés du paradis ouvre semble-t-il toutes les collections chez Glénat.
Bref, c'est je pense une fausse bonne idée que d'intégrer Pierre dans cette collection. Historiquement, mais aussi narrativement, tant manquent les informations pour donner du corps à une "intrigue".
C'est donc déçu que je ressors de ma découverte de cette collection. Mais j'attends davantage de certains autres "papes", et vais donc aller à leur rencontre.
Une belle couverture qui attire l'oeil, la promesse d'histoires courtes emplies de fantastique en lien avec la faune, et cela de la part d'un auteur peu connu et venant d'un album passé inaperçu quand il est paru en 1990, j'étais assez curieux.
J'ai découvert un graphisme très intéressant, un trait étonnamment maîtrisé pour ce dessinateur qui a peu fait parler du lui. Entre le titre de l'album, les couleurs travaillées et esthétiques, et le sujet où prédominent les animaux, j'avoue avoir penser me retrouver face à un précurseur de la série Zoo de Philippe Bonifay et Frank Pé.
Malheureusement, le résultat final n'est pas du tout du même calibre.
Pour commencer, malgré ce dessin qui est bon en lui-même, la mise en scène des planches n'est pas réussie. Elle est souvent confuse, les enchainements sont mal amenés, le rythme est bancal : la narration graphique ne permet pas d'entrer pour de bon dans l'intrigue.
Quant à ces histoires courtes, elles insistent sur un ton un peu effrayant, de la nature qui se rebelle contre l'Homme ou de celui-ci qui joue avec des phénomènes qu'il ne maîtrise pas. Mais aucun des scénarios des quatre premières histoires courtes qui composent cette album n'est vraiment convaincant, parfois trop attendu, trop naïf, ou tombant simplement à plat tandis que le lecteur se demande si l'histoire est finie ou pas. Quant à la dernière histoire qui sert de conclusion et de rappel aux 4 précédentes, elle est tout d'abord assez ennuyeuse avant de terminer dans un délire onirique sans intérêt.
Dommage donc de gâcher la belle esthétique de ce graphisme dans des histoires médiocres et une mise en scène qui ne fonctionne pas.
L’idée de départ est assez originale : le personnage principal a pour métier la recherche d’héritiers inconnus ou disparus. Et évidemment, rien n’est simple… Passée cette bonne impression de départ, on verse dans une série de clichés qui mélange enquête policière, course poursuite dans la jungle, mystères de Venise, trafic de tableaux, méchants dans tous les sens et tirs tous azimuts. Une bonne dose du Guignolo avec Belmondo et une petite dose du Tueur de Matz et Jacamon ne suffisent malheureusement pas à rendre l'ensemble crédible. Le héros est un sportif accompli… ou presque, habile au tir et judicieusement aidé par un ancien des services secrets qui lui livre les renseignements tant attendus sur un plateau et au bon moment. Ces deux albums ne sont pas du tout désagréables à lire mais il n’y a pas grande surprise à en attendre.
Les 80's n'ont pas produit que des chefs-d'œuvre ! Cliff Burton en est l'illustration. Quel personnage falot ! Passé par le MI5 et le Yard, le voilà malade dès la première vaguelette, pris au piège très régulièrement et manquant cruellement d'initiative et de ressources.
Plus souvent un verre à la main dans des mondanités, ce n'est ni un héros policier ni d'aventure à mon goût. Je le trouve un ersatz de mauvaise qualité.
Les dessins sont classiques mais avec des visages peu expressifs et des couleurs souvent très sombres. Une série qui ne m'attire pas vraiment.
Cet épais album de plus de 120 pages regroupe des thèmes plus ou moins classés par thématiques successives : l'amour et le sexe, la vieillesse et la mort, l'alcool, la richesse, les enfants, puis une trentaine de pages aux thèmes plus disparates dont certaines sur Dieu et les anges.
Et ça me peine de le dire car j'ai beaucoup d'affection pour Quino mais ce ne sont malheureusement clairement pas ses meilleurs gags. Je me suis presque ennuyé à la lecture de cette BD. Beaucoup de gags tombent à plat, certains mêmes sont difficilement compréhensibles, et j'ai rarement souri, et j'ai dû rire une ou deux fois.
Je ne sais pas d'où viennent ces gags, s'il s'agit de gags non publiés jusque là car jugés trop médiocres, ou alors s'il s'agit de gags plus récents que ceux des albums de Quino des années 80 mais hélas moins bons : quoiqu'il en soit, ce n'est vraiment pas son meilleur cru.
J'espère que personne ne le découvrira par le biais de cet album là car ce serait une mauvaise première impression de cet auteur qui a su réaliser de vrais chefs d'oeuvre recueillis dans d'autres albums tels que Bien chez soi ou Qui est le chef ?.
Craig Thomson, toujours pas…
J’avais un bon souvenir de mes quelques lectures de Habibi il y plusieurs années, ce qui m’avait entrainé à acheter Blankets dans la foulée. Et là encore, je ne m’y retrouve plus du tout.
Le dessin est vraiment magnifique. Les formes, les courbes et les lettrages nous font entrer dans un bel univers graphique et les corps nus dégagent beaucoup de sensualité.
Mais l’histoire est lourde de sujets trop multiples. Le rendu final donne un bouquin inutilement compliqué qui voudrait avoir la prétention de passer des messages forts. Je lis jusqu’au bout mais je m’ennuie pas mal.
L’univers graphique offre de la poésie mais l’écriture est trop souvent vulgaire, et ça casse l’ambiance. Je trouve même que certaines scènes sont malaisantes, à commencer par toutes ces perversités sexuelles qui n’apportent pas grand chose à part chercher à nous faire larmoyer sur le sort réservé à nos 2 héros. C’est too much, avec ce magnifique dessin j’attends plus de subtilité. Pareil pour le thème de l’écologie, je n’aime pas l’approche. On en parle pour nourrir l’environnement du récit et pour ajouter du dramatique, sinon franchement on s’en fiche complètement ici.
Et enfin le thème sur les religions, super lourd. Chose que j’avais apprécié chez Blankets (fait rare), je n’ai pas été convaincu ici. Ça part dans tous les sens.
Tout cela m’apparaît accessoire quand je vois l’épilogue, où finalement seule la question de là relation entre Dodola et Zam compte.
Plus de 600 pages qui se parcourent facilement grâce au dessin mais le reste me laisse de marbre, faute à un trop plein de thèmes maigrement exploités ou qui n’avaient pas lieu d’être pour moi. Dommage parce que l’aventure de Dodola et Zam n’est pas sans intérêt.
Moi qui me plaignais que dans un album de Quino tel que A Table !..., le fait d'avoir un thème unique tout au long d'un album pouvait lasser et créer trop d'inégalité entre les gags, nous avons ici le concept inverse : "C'est pas ma faute !" mélange n'importe quels types de gags de l'auteur, sur des thématiques n'ayant pas grand chose à voir si ce n'est forcément son regard tendrement caustique sur la société. Et le résultat n'est clairement pas mieux, non pas parce qu'on s'y ennuie ou pas, mais parce que les gags que contient cet album sont très passables pour leur majorité, loin des perles de l'auteur.
Beaucoup des gags de cet album sont poussifs, parfois même verbeux alors que Quino n'est jamais plus efficace que dans ses planches muettes. S'il y a des planches qui ne m'ont fait que sourire, il y en a pas mal d'autres dont je n'ai même pas compris la chute ou du moins dont l'humour n'a pas su m'atteindre. Cela m'a presque donné l'impression d'un album constitué de fonds de tiroir car les meilleures créations de l'auteur avaient déjà été toutes publiées.
A vrai dire, ce n'est pas vrai pour toutes les pages de l'album : il y a quelques bons gags en un dessin percutant ou une mise en scène forte et efficace, mais ces gags là on peut les retrouver dans d'autres recueils de l'auteur, notamment Ça va les affaires ?, dans lesquels ils ne sont pas forcément les meilleurs.
Ca me fait mal de mettre une mauvaise note à un album de Quino que j'apprécie tant, mais au moins ça permet d'avertir le lecteur que ce n'est clairement pas ici le meilleur recueil de ses oeuvres.
C'est un petit conte de fée( ou de sirène?) suisse à la façon Cosey. C'est très bien raconté, dessiné et mis en scène. C'est habituel grâce au talent de Cosey. Mais pour une fois je trouve le scénario très faiblard. L'histoire de la star hollywoodienne qui revient dans son village natal européen est un classique déjà vu.
Si les personnages de Gus et Pepe sont intéressants, je trouve le personnage de Calypso vide et fat. Voilà une princesse qui a triché, abandonné et menti à ses plus proches et qui revient comme une fleur fanée pour faire une proposition des plus rocambolesques.
Si on s'attarde sur le côté policier de l'histoire c'est vraiment un scénario pour les enfants. Même l'artifice proposé pour fin aurait du se retourner contre Gus et Pepe car une partie civile moyenne requalifierait les actes commis en meurtre à cause du stress provoqué.
Même le thème de la paternité cher à Cosey est survolé. Je suis un grand fan de l'œuvre de Cosey mais ici je suis déçu.
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Tout ou rien (Monde)
J’avais découvert Geoffroy Monde avec l’excellent De rien. Mais depuis, dans tous les autres albums de lui que j’ai pu lire, je dois dire que je n’ai pas retrouvé le même équilibre et la même réussite dans les gags absurdes. Ici, on est encore dans un absurde pur et dur, qui confine parfois à l’abscons. Il faut clairement ne pas être réfractaire à certains délires totalement loufoques (même si Monde agit souvent avec un humour froid, surjouant l’anormalité normalisée). L’ensemble est inégal, et gagne à être lu à petites doses, l’overdose d’absurde menaçant. Quant au dessin, il y a une alternance entre style semi réaliste et simples crobars « améliorés », avec une colorisation elle aussi très différente d’une histoire à l’autre. Tout ceci donne un aspect patchwork, probablement lié à la parution dispersée en revue ou sur un blog de la plupart de ces délires décalés. A noter que plusieurs histoires ont pour protagonistes Serge et demi Serge, qui auront peu de temps après droit à un album (que je n’ai pas encore lu). Note réelle 2,5/5.
Le Spécialiste
La Caire, nid d'espions ! Avec cette BD, nous sommes en plein dans cette vision caricaturale de la ville. Il est question de trafic d'antiquités, de mystérieux meurtriers et kidnappeurs, d'organisation internationale et peut-être aussi de terroristes Khomeynistes. Enfin, à ce que j'en ai retenu car il faut drôlement s'accrocher pour y comprendre quelque chose. Mais avant tout parlons du dessin car il est excellent. Le style de Magnus y est vraiment classe, avec un trait épais, des pleins et déliés maîtrisés, une ligne claire et des décors grandioses. Hormis les visages qui ont l'air de prendre un peu trop la pose, l'ensemble est d'une grande élégance et d'une grande beauté. Ces même visages ont également en permanence l'air de comploter, tous sourcils froncés, sourires entendus. Même si on ne peut pas véritablement parler de récit d'espionnage, on a l'impression d'être en plein dedans, avec énormément de non-dits, de sous-entendus, de dialogues alambiqués où le lecteur doit essayer de comprendre les choses à demi-mots. Même durant les scènes de pure action, c'est la narration qui prend le relais en récitant une prose absconse dont on imagine quelque part un profond sens caché et artistique. Mais concrètement, même si ce n'est pas purement incompréhensible, c'est pénible à lire. Le rythme est très haché, avec parfois de surprenantes ellipses et l'impression que l'action prend parfois des heures à s'écouler et d'autres fois saute directement à sa résolution avec une mise en place qui semble finalement n'avoir servi à rien. Et toujours il y a ces dialogues qui semblent posés là comme dans une pièce de théâtre, et cette foule de personnages dans laquelle on se perd et dont beaucoup ne semblent jamais servir à autre chose qu'à embrouiller l'intrigue. Je me suis accroché jusqu'au bout pour comprendre où le scénario allait me mener, pour profiter du graphisme, et aussi pour comprendre pourquoi la série s'appelle le Spécialiste alors que le gars en question est très secondaire dans l'intrigue. Au final, je n'en garde que la satisfaction d'avoir vu de belles planches, mais j'ai un léger mal de tête au souvenir du scénario, de son mauvais rythme et de l'inutile complexité de sa mise en scène. NB: Je note après coup que ce fameux personnage du Spécialiste est également connu sous le nom de L'Inconnu et que certaines de ses aventures plus courtes ont été publiées en France sous ce titre.
Saint Pierre
Je suis clairement athée, mais pourtant cette nouvelle collection lancée par Glénat autour des papes importants m'intéresse, tant certains, de part leur personnalité et la place qu'ils ont occupée dans l'Histoire sont souvent incontournables (dans leur réalité et/ou dans leur instrumentalisation). L'aspect purement chrétien n'est donc pas ce qui m'importe le plus. Hélas, la première de ces biographies qui me soit tombé sous la main n'est clairement pas une bonne pioche. Placée sous l'égide du Cerf, éditeur chrétien, cette histoire ne sort jamais du côté religieux, ne fait pas sortir le personnage de Pierre de sa gangue biblique et consacrée. Mais comment en aurait été autrement ? En effet, par delà les doutes sur l'existence même du personnage, il y a finalement peu de documents pour nous renseigner , et son personnage, son "rôle", a bien souvent été reconstruit largement a posteriori. Du coup l'histoire est ici très pauvre. Pierre est sur sa croix, supplicié, et raconte avant de mourir à un officier romain sa rencontre avec le Christ. Cela manque clairement de dynamisme, et d'intérêt je trouve. Mais surtout, prenant place dans une collection intitulée "Un pape dans l'Histoire", la question se pose déjà de savoir si Pierre était un pape. Car si le personnage de Pierre est une construction de l’Église plusieurs siècle après sa mort, a-t-il même été un évêque, si ce n'est l'évêque de Rome ? Et, surtout, l'évêque de Rome n'est devenu le "pape" que tardivement. Faire de Pierre, eut-il existé, eut-il été "premier parmi les chrétiens" un pape, est aussi une construction que je ne suis pas. Il y a là comme la volonté de faire rentrer au forceps dans une collection un personnage qui n'en relève pas. Détenir les clés du paradis ouvre semble-t-il toutes les collections chez Glénat. Bref, c'est je pense une fausse bonne idée que d'intégrer Pierre dans cette collection. Historiquement, mais aussi narrativement, tant manquent les informations pour donner du corps à une "intrigue". C'est donc déçu que je ressors de ma découverte de cette collection. Mais j'attends davantage de certains autres "papes", et vais donc aller à leur rencontre.
Aventures de Tristan Karma - Zoo
Une belle couverture qui attire l'oeil, la promesse d'histoires courtes emplies de fantastique en lien avec la faune, et cela de la part d'un auteur peu connu et venant d'un album passé inaperçu quand il est paru en 1990, j'étais assez curieux. J'ai découvert un graphisme très intéressant, un trait étonnamment maîtrisé pour ce dessinateur qui a peu fait parler du lui. Entre le titre de l'album, les couleurs travaillées et esthétiques, et le sujet où prédominent les animaux, j'avoue avoir penser me retrouver face à un précurseur de la série Zoo de Philippe Bonifay et Frank Pé. Malheureusement, le résultat final n'est pas du tout du même calibre. Pour commencer, malgré ce dessin qui est bon en lui-même, la mise en scène des planches n'est pas réussie. Elle est souvent confuse, les enchainements sont mal amenés, le rythme est bancal : la narration graphique ne permet pas d'entrer pour de bon dans l'intrigue. Quant à ces histoires courtes, elles insistent sur un ton un peu effrayant, de la nature qui se rebelle contre l'Homme ou de celui-ci qui joue avec des phénomènes qu'il ne maîtrise pas. Mais aucun des scénarios des quatre premières histoires courtes qui composent cette album n'est vraiment convaincant, parfois trop attendu, trop naïf, ou tombant simplement à plat tandis que le lecteur se demande si l'histoire est finie ou pas. Quant à la dernière histoire qui sert de conclusion et de rappel aux 4 précédentes, elle est tout d'abord assez ennuyeuse avant de terminer dans un délire onirique sans intérêt. Dommage donc de gâcher la belle esthétique de ce graphisme dans des histoires médiocres et une mise en scène qui ne fonctionne pas.
Chasseur d'héritiers
L’idée de départ est assez originale : le personnage principal a pour métier la recherche d’héritiers inconnus ou disparus. Et évidemment, rien n’est simple… Passée cette bonne impression de départ, on verse dans une série de clichés qui mélange enquête policière, course poursuite dans la jungle, mystères de Venise, trafic de tableaux, méchants dans tous les sens et tirs tous azimuts. Une bonne dose du Guignolo avec Belmondo et une petite dose du Tueur de Matz et Jacamon ne suffisent malheureusement pas à rendre l'ensemble crédible. Le héros est un sportif accompli… ou presque, habile au tir et judicieusement aidé par un ancien des services secrets qui lui livre les renseignements tant attendus sur un plateau et au bon moment. Ces deux albums ne sont pas du tout désagréables à lire mais il n’y a pas grande surprise à en attendre.
Cliff Burton
Les 80's n'ont pas produit que des chefs-d'œuvre ! Cliff Burton en est l'illustration. Quel personnage falot ! Passé par le MI5 et le Yard, le voilà malade dès la première vaguelette, pris au piège très régulièrement et manquant cruellement d'initiative et de ressources. Plus souvent un verre à la main dans des mondanités, ce n'est ni un héros policier ni d'aventure à mon goût. Je le trouve un ersatz de mauvaise qualité. Les dessins sont classiques mais avec des visages peu expressifs et des couleurs souvent très sombres. Une série qui ne m'attire pas vraiment.
Les Gens sont méchants !
Cet épais album de plus de 120 pages regroupe des thèmes plus ou moins classés par thématiques successives : l'amour et le sexe, la vieillesse et la mort, l'alcool, la richesse, les enfants, puis une trentaine de pages aux thèmes plus disparates dont certaines sur Dieu et les anges. Et ça me peine de le dire car j'ai beaucoup d'affection pour Quino mais ce ne sont malheureusement clairement pas ses meilleurs gags. Je me suis presque ennuyé à la lecture de cette BD. Beaucoup de gags tombent à plat, certains mêmes sont difficilement compréhensibles, et j'ai rarement souri, et j'ai dû rire une ou deux fois. Je ne sais pas d'où viennent ces gags, s'il s'agit de gags non publiés jusque là car jugés trop médiocres, ou alors s'il s'agit de gags plus récents que ceux des albums de Quino des années 80 mais hélas moins bons : quoiqu'il en soit, ce n'est vraiment pas son meilleur cru. J'espère que personne ne le découvrira par le biais de cet album là car ce serait une mauvaise première impression de cet auteur qui a su réaliser de vrais chefs d'oeuvre recueillis dans d'autres albums tels que Bien chez soi ou Qui est le chef ?.
Habibi
Craig Thomson, toujours pas… J’avais un bon souvenir de mes quelques lectures de Habibi il y plusieurs années, ce qui m’avait entrainé à acheter Blankets dans la foulée. Et là encore, je ne m’y retrouve plus du tout. Le dessin est vraiment magnifique. Les formes, les courbes et les lettrages nous font entrer dans un bel univers graphique et les corps nus dégagent beaucoup de sensualité. Mais l’histoire est lourde de sujets trop multiples. Le rendu final donne un bouquin inutilement compliqué qui voudrait avoir la prétention de passer des messages forts. Je lis jusqu’au bout mais je m’ennuie pas mal. L’univers graphique offre de la poésie mais l’écriture est trop souvent vulgaire, et ça casse l’ambiance. Je trouve même que certaines scènes sont malaisantes, à commencer par toutes ces perversités sexuelles qui n’apportent pas grand chose à part chercher à nous faire larmoyer sur le sort réservé à nos 2 héros. C’est too much, avec ce magnifique dessin j’attends plus de subtilité. Pareil pour le thème de l’écologie, je n’aime pas l’approche. On en parle pour nourrir l’environnement du récit et pour ajouter du dramatique, sinon franchement on s’en fiche complètement ici. Et enfin le thème sur les religions, super lourd. Chose que j’avais apprécié chez Blankets (fait rare), je n’ai pas été convaincu ici. Ça part dans tous les sens. Tout cela m’apparaît accessoire quand je vois l’épilogue, où finalement seule la question de là relation entre Dodola et Zam compte. Plus de 600 pages qui se parcourent facilement grâce au dessin mais le reste me laisse de marbre, faute à un trop plein de thèmes maigrement exploités ou qui n’avaient pas lieu d’être pour moi. Dommage parce que l’aventure de Dodola et Zam n’est pas sans intérêt.
C'est pas ma faute !
Moi qui me plaignais que dans un album de Quino tel que A Table !..., le fait d'avoir un thème unique tout au long d'un album pouvait lasser et créer trop d'inégalité entre les gags, nous avons ici le concept inverse : "C'est pas ma faute !" mélange n'importe quels types de gags de l'auteur, sur des thématiques n'ayant pas grand chose à voir si ce n'est forcément son regard tendrement caustique sur la société. Et le résultat n'est clairement pas mieux, non pas parce qu'on s'y ennuie ou pas, mais parce que les gags que contient cet album sont très passables pour leur majorité, loin des perles de l'auteur. Beaucoup des gags de cet album sont poussifs, parfois même verbeux alors que Quino n'est jamais plus efficace que dans ses planches muettes. S'il y a des planches qui ne m'ont fait que sourire, il y en a pas mal d'autres dont je n'ai même pas compris la chute ou du moins dont l'humour n'a pas su m'atteindre. Cela m'a presque donné l'impression d'un album constitué de fonds de tiroir car les meilleures créations de l'auteur avaient déjà été toutes publiées. A vrai dire, ce n'est pas vrai pour toutes les pages de l'album : il y a quelques bons gags en un dessin percutant ou une mise en scène forte et efficace, mais ces gags là on peut les retrouver dans d'autres recueils de l'auteur, notamment Ça va les affaires ?, dans lesquels ils ne sont pas forcément les meilleurs. Ca me fait mal de mettre une mauvaise note à un album de Quino que j'apprécie tant, mais au moins ça permet d'avertir le lecteur que ce n'est clairement pas ici le meilleur recueil de ses oeuvres.
Calypso (Cosey)
C'est un petit conte de fée( ou de sirène?) suisse à la façon Cosey. C'est très bien raconté, dessiné et mis en scène. C'est habituel grâce au talent de Cosey. Mais pour une fois je trouve le scénario très faiblard. L'histoire de la star hollywoodienne qui revient dans son village natal européen est un classique déjà vu. Si les personnages de Gus et Pepe sont intéressants, je trouve le personnage de Calypso vide et fat. Voilà une princesse qui a triché, abandonné et menti à ses plus proches et qui revient comme une fleur fanée pour faire une proposition des plus rocambolesques. Si on s'attarde sur le côté policier de l'histoire c'est vraiment un scénario pour les enfants. Même l'artifice proposé pour fin aurait du se retourner contre Gus et Pepe car une partie civile moyenne requalifierait les actes commis en meurtre à cause du stress provoqué. Même le thème de la paternité cher à Cosey est survolé. Je suis un grand fan de l'œuvre de Cosey mais ici je suis déçu.