Clovis est un personnage important de l’histoire française. Personnage est d’ailleurs le terme adéquat, tant il semble être une création de plume plus que de chair. Tant la légende a dépassé la réalité. Tant il a servi diverses propagandes, dynastique, puis nationale. Héros des origines annexé par les Capétiens (le Louis de la majorité des rois) avec l’appui de l’Église qui y trouvait son compte, puis héros utilisé par la doxa républicaine de la IIIème République, Clovis méritait sans doute d’intégrer cette collection.
Reste qu’il faut faire avec une documentation assez faible, comparée à tous les textes orientés (voir mes réflexions précédentes) qui l’ont immanquablement recouverte, voire remplacée. Et là je trouve que Wyctor est resté trop près de cette « histoire » prosélyte, qu’il ne s’en est pas assez affranchi.
A ça s’ajoutent plusieurs défauts. D’abord le récit de la geste du roi franc, par Munderic, un ancien compagnon de guerre fictif, use parfois d’un ton et d’expressions familiers et contemporains (« tu n’as pas tort papi »).
Surtout, je n’ai pas accroché au dessin de Martinello, que j’avais trouvé meilleur sur « Catherine de Médicis ». Les décors sont assez pauvres, et les scènes de batailles sont moches (avec un niveau bien inférieur aux autres parties). Certaines proportions ou perspectives sont aussi moyennes (cavaliers sur leurs chevaux par exemple). La colorisation manque aussi de nuance.
Bon, sinon, ça se laisse lire, les passages et « phrases » connus – fussent-ils fortement sujets à caution – sont représentés. Comme d’habitude dans cette collection, le dossier final d’un historien est simple mais bien fait, pour restituer les grandes lignes du contexte, et les choix scénaristiques rendus nécessaires par une documentation tardive et partiale.
Note réelle 2,5/5.
Ce petit recueil de contes tibétains est une déception pour moi. 8 petits contes scénarisés par Gaet's et mis en images par un collectif d'artistes. Les styles graphiques sont donc différents avec des couleurs plus ou moins agréables.
Ce qui m'a le plus déçu, c'est que les auteurs ne parviennent pas à faire vivre la spiritualité de ces contes. Je suis ignorant dans les enseignements du Dalaï-Lama mais je ressens à plusieurs remarques des auteurs qu'ils n'ont pas réussis à faire passer ce côté essentiel du Tibet.
C'est à mon avis inutile de s'intéresser aux moines tibétains si c'est pour les faire penser comme un scénariste occidental. Cosey avait bien mieux retranscrit ce particularisme Tibétain dans ses Jonathan. Pour moi c'est un échec dans cette collection même si le livre a le mérite de faire vivre une culture en danger de mort.
Là aussi, je trouve qu'il y a un manque car il n'y a aucune allusion aux souffrances du peuple tibétain (contrairement aux contes Yiddish).
Je poste cette série alors que je n’ai lu que le troisième album, "L'étrangleur de Wyngates". D’abord parce que chaque album peut se lire indépendamment. Ensuite parce que, malgré quelques qualités (graphiques essentiellement), je n’ai pas été convaincu par cette série.
C’est avant tout le dessin de Musquera qui m’a plu. Son trait fin, précis, fait un peu penser à Vance. Il est très agréable, en particulier pour les personnages. Comme Vance d’ailleurs, on peut reprocher à Musquera de dessiner des personnages sortis d’un même moule. Remarque surtout valable pour les femmes.
Il les dessine très belles, séduisantes. Il faut dire que sous le pseudo de Chris, il a publié moult séries érotiques, qui valent surtout pour leur dessin (qui a des accointances avec celui de Levis – avec lequel il a je crois collaboré sur Liz et Beth – dans le même registre). Peggy Press, la journaliste héroïne, enquête sur des meurtres dans un pensionnat, et il est amusant de voir que les jeunes filles ont l’air adultes – et sexy donc ! De la même manière, Musquera ne peut s’empêcher de dessiner Peggy avec des poses suggestives (voir la couverture), montrant ses belles jambes et ses dessous sexy à tout bout de champ. C’est agréable à regarder, mais pas toujours crédible (c’en est même presque caricatural et ridicule parfois).
Pour le reste, le scénario de Duchâteau ne casse pas des briques. Rien d’original dans les grandes lignes, et dialogues et « retournements de situations » sont un peu convenus et déjà vus (la fin de l’album est elle aussi un peu caricaturale dans ce domaine). Le nom même de l’héroïne est improbable pour une journaliste…
Bref, une héroïne sexy mais aussi peu crédible que le scénario. Cela mérite peut-être un coup d’œil voyeur, mais les gambettes de Peggy Press ne justifient pas à elles-seules l’enthousiasme des lecteurs. Même les amateurs de polars old school (les deux auteurs ont collaboré sur Mr Wens) n’y trouveront sans doute pas leur compte.
Note réelle 2,5/5.
C'est un titre bien coloré pour un album un peu pâle. Les auteurs ont tiré le maximum d'un scénario assez faible. A la fois pseudo enquête sur la disparition de chiens et description intimiste de la crise de couple des 15 ans de vie commune.
C'est aussi pauvre que la personnalité de notre bon François père démissionnaire et sans autorité qui s'offre le coup d'un soir avec son amie d'enfance au prix de la culpabilité et de remords.
Ce n'est pas d'une originalité folle dans le type des vacances sur la Côte d'Azur en low cost. Le souci est que pour faire du simili Simenon à Porquerolles, il faut faire chanter les grillons et que le soleil vous cloue au sol en lisant l'album.
C'est loin d'être le cas et je trouve que l'ambiance n'est pas tout à fait au rendez-vous. Comme les deux histoires, d'adultère et de chiens, finissent en queues de poissons, c'est l'impression de peut mieux faire qui domine.
Seule la légère caricature des chasseurs ressort un peu. Trop peu pour que je valide.
C'est le quatrième album consacré aux archives Goscinny que je lis et c'est celui que j'apprécie le moins. Evidemment la période concernée 1955-56 interdit de juger avec les standards contemporains.
C'est surtout vrai pour les couleurs vieillottes et sans beaucoup de recherche et la mise en page très feuilleton.
J'aime beaucoup le travail de Goscinny qui a été un innovateur de grande classe mais je trouve que son Pistolin fait pâle figure par rapport à certaines productions des mêmes années.
C'est le cas de Jehan Pistolet ou de Oumpah-Pah qui ont une tout autre envergure que ce mièvre Pistolin déguisé en dompteur et accompagné de Nestor, son lion philosophe.
C'est peut-être sa collaboration avec Hubinon qui n'apporte pas la synergie des talents que l'on trouve avec Uderzo. Son travail avec Uderzo aura la marque du génie et de la modernité dès leurs premières planches. Ce n'est pas le cas ici. En effet je trouve que le dessin de Hubinon n'est pas au niveau pour cette série et la tire vers le bas.
Des personnages gros nez sans intérêt, peu de décors et un Pistolin enfant/ado qui dépasse en stature tous les adultes qu'il croise.
Le ressort comique de la série se résumant la plupart du temps à une promenade de Nestor qui effraye la population mais ne croque personne.
De plus on retrouve le même défaut de ces feuilletons mis en album : les gags reviennent en boucle et une lecture continue est vite fastidieuse.
Album de comparaison intéressant pour voir les différences importantes entre les séries d'un grand auteur à la même époque.
Cet album m'étant tombé dans les mains, je me suis dit pourquoi pas ? Honnêtement, j'aurais pu m'en passer, déja que je ne suis guère friand des univers de Lovecraft, mais en plus ce récit se déroule dans un univers de SF. Bon dans la SF je n'aime pas tout ; ce que je préfère c'est le post-apo, or ici il n'y en a pas. Je n'ai pas lu tout de Lovecraft, aussi je ne connais pas cette nouvelle, mais pourquoi cette adaptation en science-fiction et non dans un univers plus fantastique ? Récemment, j'ai lu Arkham Mysteries et ça ne m'a pas vraiment botté, alors que l'univers était typiquement lovecraftien, donc ici, je ne vois rien qui peut m'attirer. Visiblement c'est traité dans un ton de série B assumé, l'intention est bonne, il y a des êtres monstrueux et des trucs inquiétants, mais ce n'est pas assez distrayant pour moi, et cet album ne laisse pas une impression suffisamment forte pour retenir mon attention. Le dessin de Pion est bon, c'est une sorte d'hommage aux magazines d'horreur des années 70, mais là aussi, je suis moyennement réceptif. Un album que j'oublierai facilement.
Je me suis lancé par simple curiosité dans cette Bd sans savoir que ça faisait partie d'une autre, La Légende des nuées écarlates, c'est aussi parce que je trouvais le dessin joli ; bon il y a peut-être quelques détails qui m'ont échappé mais j'ai l'impression que ça peut se lire indépendamment, c'est une sorte de cycle en fait qui n'a que peu de liens avec la série pré-citée. J'ai lu pas mal de Bd sur ce Japon de fantasy, après Kyoteru, Kwaïdan, Saïto, Samurai... que j'ai un peu plus apprécié, mais je reste rétif à cette culture, ça ne me passionne pas comme peuvent me passionner nos chevaliers occidentaux du Moyen Age.
Toutes ces Bd sur ce Japon fantasmé en mode fantasy ne m'attirent pas des masses, j'aime moins cette culture japonaise que la culture chinoise, tous ces mecs qui s'affrontent pour un oui ou pour un non, pour une question d'honneur ou parce qu'ils se font humilier par une caste supérieure, ça ne me touche pas et ça ne m'impressionne pas. Donc au bout de 2 albums, j'en avais déja assez, j'ai laissé tomber. Il s'agit d'une vengeance lente traitée sur un mode contemplatif, c'est long, ça n'avance pas beaucoup, il n'y a pas beaucoup de surprise et on a droit toujours aux mêmes combats sanglants, tout ça finit par me barber au bout d'un moment. Je n'ai donc pas été sensible à cette histoire ; le seul truc qui m'a vraiment plu c'est le dessin, je ne connaissais pas cet auteur, mais esthétiquement, je reconnais que ça a de l'allure, les cases sont bien remplies, il y a une multitude de détails et on sent le soin apporté aux images et aux cadrages. C'est intéressant d'avoir essayé, il me reste à lire Okko, je ne sais pas ce que ça va donner, on verra bien...
Je serais plus sévère que mes prédécesseurs.
Sur le plan graphique, pas grand chose à redire, Munuera est plus sobre qu’à son habitude dans la gestuelle. Trait et couleur sont plutôt esthétiques, du bon boulot.
Par contre niveau histoire, c’est autre chose. Je ne connais pas la nouvelle de Melville dont est issue cette adaptation, mais je suis passé complètement à côté, la thématique m’a laissé de marbre, tout comme la réflexion sociale.
Bref, par pour moi.
J’ai le même ressenti que Paco après la lecture de cet album.
Le dessin minimaliste ne me gêne pas, il peut tout à fait convenir à ce type d’humour – à l’humour en général. Mais ici le problème vient justement que je n’ai pas trouvé ça très drôle.
C’est une suite de réflexions, vaguement illustrées, mais l’ensemble se révèle le plus souvent un peu terne, manquant de percussion. Quelques sourires, mais c’est insuffisant. J’ai traversé cet album rapidement, et il ne m’en reste pas grand-chose en mémoire hélas.
Une petite déception me concernant.
Je suis en phase avec les avis déjà émis sur cette série. Quel est son public ? Difficile à dire.
Le graphisme s'adresse clairement aux enfants de 7/10 ans. Il est attirant avec de belles couleurs même si cela manque parfois un peu de dynamisme, ce n'est pas trop gênant.
Il y a beaucoup de références au monde de Disney facilement identifiables par les plus jeunes.
Le texte et la thématique est plus ado avec une dose d'ironie et de décalage qu'il faut savoir maîtriser.
Ensuite il y une sorte de déconstruction du conte mode Disney encore plus adulte avec ce reproche très contemporain du syndrome du prince charmant dans l'imaginaire féminin.
Je trouve que ces thématiques s'interpénètrent et produisent une série un peu lourde parfois ennuyeuse.
L'utilisation détournée d'images d'autres auteurs (Petit Prince, Disney...) dans l'imagerie des princes me gêne. (Sont-elles dans le domaine public ?)
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Clovis
Clovis est un personnage important de l’histoire française. Personnage est d’ailleurs le terme adéquat, tant il semble être une création de plume plus que de chair. Tant la légende a dépassé la réalité. Tant il a servi diverses propagandes, dynastique, puis nationale. Héros des origines annexé par les Capétiens (le Louis de la majorité des rois) avec l’appui de l’Église qui y trouvait son compte, puis héros utilisé par la doxa républicaine de la IIIème République, Clovis méritait sans doute d’intégrer cette collection. Reste qu’il faut faire avec une documentation assez faible, comparée à tous les textes orientés (voir mes réflexions précédentes) qui l’ont immanquablement recouverte, voire remplacée. Et là je trouve que Wyctor est resté trop près de cette « histoire » prosélyte, qu’il ne s’en est pas assez affranchi. A ça s’ajoutent plusieurs défauts. D’abord le récit de la geste du roi franc, par Munderic, un ancien compagnon de guerre fictif, use parfois d’un ton et d’expressions familiers et contemporains (« tu n’as pas tort papi »). Surtout, je n’ai pas accroché au dessin de Martinello, que j’avais trouvé meilleur sur « Catherine de Médicis ». Les décors sont assez pauvres, et les scènes de batailles sont moches (avec un niveau bien inférieur aux autres parties). Certaines proportions ou perspectives sont aussi moyennes (cavaliers sur leurs chevaux par exemple). La colorisation manque aussi de nuance. Bon, sinon, ça se laisse lire, les passages et « phrases » connus – fussent-ils fortement sujets à caution – sont représentés. Comme d’habitude dans cette collection, le dossier final d’un historien est simple mais bien fait, pour restituer les grandes lignes du contexte, et les choix scénaristiques rendus nécessaires par une documentation tardive et partiale. Note réelle 2,5/5.
Contes Tibétains en bandes dessinées
Ce petit recueil de contes tibétains est une déception pour moi. 8 petits contes scénarisés par Gaet's et mis en images par un collectif d'artistes. Les styles graphiques sont donc différents avec des couleurs plus ou moins agréables. Ce qui m'a le plus déçu, c'est que les auteurs ne parviennent pas à faire vivre la spiritualité de ces contes. Je suis ignorant dans les enseignements du Dalaï-Lama mais je ressens à plusieurs remarques des auteurs qu'ils n'ont pas réussis à faire passer ce côté essentiel du Tibet. C'est à mon avis inutile de s'intéresser aux moines tibétains si c'est pour les faire penser comme un scénariste occidental. Cosey avait bien mieux retranscrit ce particularisme Tibétain dans ses Jonathan. Pour moi c'est un échec dans cette collection même si le livre a le mérite de faire vivre une culture en danger de mort. Là aussi, je trouve qu'il y a un manque car il n'y a aucune allusion aux souffrances du peuple tibétain (contrairement aux contes Yiddish).
Peggy Press
Je poste cette série alors que je n’ai lu que le troisième album, "L'étrangleur de Wyngates". D’abord parce que chaque album peut se lire indépendamment. Ensuite parce que, malgré quelques qualités (graphiques essentiellement), je n’ai pas été convaincu par cette série. C’est avant tout le dessin de Musquera qui m’a plu. Son trait fin, précis, fait un peu penser à Vance. Il est très agréable, en particulier pour les personnages. Comme Vance d’ailleurs, on peut reprocher à Musquera de dessiner des personnages sortis d’un même moule. Remarque surtout valable pour les femmes. Il les dessine très belles, séduisantes. Il faut dire que sous le pseudo de Chris, il a publié moult séries érotiques, qui valent surtout pour leur dessin (qui a des accointances avec celui de Levis – avec lequel il a je crois collaboré sur Liz et Beth – dans le même registre). Peggy Press, la journaliste héroïne, enquête sur des meurtres dans un pensionnat, et il est amusant de voir que les jeunes filles ont l’air adultes – et sexy donc ! De la même manière, Musquera ne peut s’empêcher de dessiner Peggy avec des poses suggestives (voir la couverture), montrant ses belles jambes et ses dessous sexy à tout bout de champ. C’est agréable à regarder, mais pas toujours crédible (c’en est même presque caricatural et ridicule parfois). Pour le reste, le scénario de Duchâteau ne casse pas des briques. Rien d’original dans les grandes lignes, et dialogues et « retournements de situations » sont un peu convenus et déjà vus (la fin de l’album est elle aussi un peu caricaturale dans ce domaine). Le nom même de l’héroïne est improbable pour une journaliste… Bref, une héroïne sexy mais aussi peu crédible que le scénario. Cela mérite peut-être un coup d’œil voyeur, mais les gambettes de Peggy Press ne justifient pas à elles-seules l’enthousiasme des lecteurs. Même les amateurs de polars old school (les deux auteurs ont collaboré sur Mr Wens) n’y trouveront sans doute pas leur compte. Note réelle 2,5/5.
Journées rouges et boulettes bleues
C'est un titre bien coloré pour un album un peu pâle. Les auteurs ont tiré le maximum d'un scénario assez faible. A la fois pseudo enquête sur la disparition de chiens et description intimiste de la crise de couple des 15 ans de vie commune. C'est aussi pauvre que la personnalité de notre bon François père démissionnaire et sans autorité qui s'offre le coup d'un soir avec son amie d'enfance au prix de la culpabilité et de remords. Ce n'est pas d'une originalité folle dans le type des vacances sur la Côte d'Azur en low cost. Le souci est que pour faire du simili Simenon à Porquerolles, il faut faire chanter les grillons et que le soleil vous cloue au sol en lisant l'album. C'est loin d'être le cas et je trouve que l'ambiance n'est pas tout à fait au rendez-vous. Comme les deux histoires, d'adultère et de chiens, finissent en queues de poissons, c'est l'impression de peut mieux faire qui domine. Seule la légère caricature des chasseurs ressort un peu. Trop peu pour que je valide.
Les Aventures de Pistolin
C'est le quatrième album consacré aux archives Goscinny que je lis et c'est celui que j'apprécie le moins. Evidemment la période concernée 1955-56 interdit de juger avec les standards contemporains. C'est surtout vrai pour les couleurs vieillottes et sans beaucoup de recherche et la mise en page très feuilleton. J'aime beaucoup le travail de Goscinny qui a été un innovateur de grande classe mais je trouve que son Pistolin fait pâle figure par rapport à certaines productions des mêmes années. C'est le cas de Jehan Pistolet ou de Oumpah-Pah qui ont une tout autre envergure que ce mièvre Pistolin déguisé en dompteur et accompagné de Nestor, son lion philosophe. C'est peut-être sa collaboration avec Hubinon qui n'apporte pas la synergie des talents que l'on trouve avec Uderzo. Son travail avec Uderzo aura la marque du génie et de la modernité dès leurs premières planches. Ce n'est pas le cas ici. En effet je trouve que le dessin de Hubinon n'est pas au niveau pour cette série et la tire vers le bas. Des personnages gros nez sans intérêt, peu de décors et un Pistolin enfant/ado qui dépasse en stature tous les adultes qu'il croise. Le ressort comique de la série se résumant la plupart du temps à une promenade de Nestor qui effraye la population mais ne croque personne. De plus on retrouve le même défaut de ces feuilletons mis en album : les gags reviennent en boucle et une lecture continue est vite fastidieuse. Album de comparaison intéressant pour voir les différences importantes entre les séries d'un grand auteur à la même époque.
La Planète aux cauchemars
Cet album m'étant tombé dans les mains, je me suis dit pourquoi pas ? Honnêtement, j'aurais pu m'en passer, déja que je ne suis guère friand des univers de Lovecraft, mais en plus ce récit se déroule dans un univers de SF. Bon dans la SF je n'aime pas tout ; ce que je préfère c'est le post-apo, or ici il n'y en a pas. Je n'ai pas lu tout de Lovecraft, aussi je ne connais pas cette nouvelle, mais pourquoi cette adaptation en science-fiction et non dans un univers plus fantastique ? Récemment, j'ai lu Arkham Mysteries et ça ne m'a pas vraiment botté, alors que l'univers était typiquement lovecraftien, donc ici, je ne vois rien qui peut m'attirer. Visiblement c'est traité dans un ton de série B assumé, l'intention est bonne, il y a des êtres monstrueux et des trucs inquiétants, mais ce n'est pas assez distrayant pour moi, et cet album ne laisse pas une impression suffisamment forte pour retenir mon attention. Le dessin de Pion est bon, c'est une sorte d'hommage aux magazines d'horreur des années 70, mais là aussi, je suis moyennement réceptif. Un album que j'oublierai facilement.
Les Nuées écarlates - Le Masque de Fudo
Je me suis lancé par simple curiosité dans cette Bd sans savoir que ça faisait partie d'une autre, La Légende des nuées écarlates, c'est aussi parce que je trouvais le dessin joli ; bon il y a peut-être quelques détails qui m'ont échappé mais j'ai l'impression que ça peut se lire indépendamment, c'est une sorte de cycle en fait qui n'a que peu de liens avec la série pré-citée. J'ai lu pas mal de Bd sur ce Japon de fantasy, après Kyoteru, Kwaïdan, Saïto, Samurai... que j'ai un peu plus apprécié, mais je reste rétif à cette culture, ça ne me passionne pas comme peuvent me passionner nos chevaliers occidentaux du Moyen Age. Toutes ces Bd sur ce Japon fantasmé en mode fantasy ne m'attirent pas des masses, j'aime moins cette culture japonaise que la culture chinoise, tous ces mecs qui s'affrontent pour un oui ou pour un non, pour une question d'honneur ou parce qu'ils se font humilier par une caste supérieure, ça ne me touche pas et ça ne m'impressionne pas. Donc au bout de 2 albums, j'en avais déja assez, j'ai laissé tomber. Il s'agit d'une vengeance lente traitée sur un mode contemplatif, c'est long, ça n'avance pas beaucoup, il n'y a pas beaucoup de surprise et on a droit toujours aux mêmes combats sanglants, tout ça finit par me barber au bout d'un moment. Je n'ai donc pas été sensible à cette histoire ; le seul truc qui m'a vraiment plu c'est le dessin, je ne connaissais pas cet auteur, mais esthétiquement, je reconnais que ça a de l'allure, les cases sont bien remplies, il y a une multitude de détails et on sent le soin apporté aux images et aux cadrages. C'est intéressant d'avoir essayé, il me reste à lire Okko, je ne sais pas ce que ça va donner, on verra bien...
Bartleby, le scribe
Je serais plus sévère que mes prédécesseurs. Sur le plan graphique, pas grand chose à redire, Munuera est plus sobre qu’à son habitude dans la gestuelle. Trait et couleur sont plutôt esthétiques, du bon boulot. Par contre niveau histoire, c’est autre chose. Je ne connais pas la nouvelle de Melville dont est issue cette adaptation, mais je suis passé complètement à côté, la thématique m’a laissé de marbre, tout comme la réflexion sociale. Bref, par pour moi.
Soufflement de narines
J’ai le même ressenti que Paco après la lecture de cet album. Le dessin minimaliste ne me gêne pas, il peut tout à fait convenir à ce type d’humour – à l’humour en général. Mais ici le problème vient justement que je n’ai pas trouvé ça très drôle. C’est une suite de réflexions, vaguement illustrées, mais l’ensemble se révèle le plus souvent un peu terne, manquant de percussion. Quelques sourires, mais c’est insuffisant. J’ai traversé cet album rapidement, et il ne m’en reste pas grand-chose en mémoire hélas. Une petite déception me concernant.
Princesse Libellule
Je suis en phase avec les avis déjà émis sur cette série. Quel est son public ? Difficile à dire. Le graphisme s'adresse clairement aux enfants de 7/10 ans. Il est attirant avec de belles couleurs même si cela manque parfois un peu de dynamisme, ce n'est pas trop gênant. Il y a beaucoup de références au monde de Disney facilement identifiables par les plus jeunes. Le texte et la thématique est plus ado avec une dose d'ironie et de décalage qu'il faut savoir maîtriser. Ensuite il y une sorte de déconstruction du conte mode Disney encore plus adulte avec ce reproche très contemporain du syndrome du prince charmant dans l'imaginaire féminin. Je trouve que ces thématiques s'interpénètrent et produisent une série un peu lourde parfois ennuyeuse. L'utilisation détournée d'images d'autres auteurs (Petit Prince, Disney...) dans l'imagerie des princes me gêne. (Sont-elles dans le domaine public ?) Bof bof