Je ne connaissais pas l’auteur. J’ai emprunté ce volume en croyant y trouver un témoignage ou une dénonciation des prédateurs sexuels, une sorte de Me Too avant l’heure.
Du tout. Perso j’y ai trouvé une espèce de verbiage insignifiant sur la chasteté dans le couple.
Tout ça se passe dans le milieu des écrivains, dont je me demande si l’auteur avait bien conscience de décrire un groupe de personnages snobinards ne sachant plus quoi inventer pour ne pas s’emmerder.
Bref, le héros, tête à claques à mon goût, un écrivain riche et bien en vue, prônant la chasteté, a le malheur de rencontrer une très jeune fille qu’il trouve appétissante. Elle aime le vieux schnoque, justement parce qu’il n’essaiera pas de coucher. Et bien entendu, il ne pensera plus qu’à ça.
Ça papote, ça digresse, ça se pique de philosopher sur le sujet avec les copains dans les salons des beaux quartiers, un verre de champagne à la main… Ça m’emmerde.
Je ne vous dis pas s’il la saute ou pas à la fin, c’est le seul suspense. Ou alors, je suis trop basse de plafond pour apprécier les discussions de ce beau monde.
Le dessin me fait un peu penser à du Martin Veyron, mais en mieux, il ne m’est pas désagréable et correspond bien l’ambiance de cette histoire. D’ailleurs l’ambiance aussi me fait penser à cet auteur. J’ai l’impression que c’était à la mode à l’époque.
Le posteur a classé ça en érotique (???), pas compris. On n’a visiblement pas eu du tout le même ressenti.
Un dernier détail, quand on veut faire intello dans une bd, on évite les fautes de conjugaison récurrentes. Toujours le même type de faute, ce n’est plus une coquille, mais un aveu de méconnaissance de la grammaire.
Vite lu finalement, passons à autre chose.
Assez moyen cet album de Fabcaro, aussi bien sur le plan du dessin façon Bercovici que du concept. Steve Lumour est un loser qui se croit drôle mais fait des vannes carambar qui ne font rire personne. Son ennemi est un standuper beaucoup plus drôle et connu que lui.
Rien de transcendant, un peu longuet. D'ailleurs ça s'est limité à un seul tome. Pas spécialement matière à faire quelque chose de plus.
Je trouve que le plus amusant dans l'album est le titre. En effet puisque c'est ineffable, cela devrait être presqu'inexprimable. Or ces strips sont soutenus par un texte abondant, assez vif et parfois drôle.
Malgré tout on tourne vite en rond et cela a plus l'aspect d'un exercice de potache qu'une oeuvre bien aboutie. Le graphisme est lui aussi assez dynamique mais je n'accroche pas plus que ça à ces petits personnages un peu en forme d'oeufs ou patates.
Une lecture rapide et moyennement intéressante.
Cette collection m’intéresse d’abord par les alentours des papes étudiés, la mise en perspective éventuelle. Jean-Paul II n’est pas celui dont j’attendais le plus, et cette biographie souffre, par-delà l’orientation catholique du Cerf qui codirige la collection, du parti pris du « conseiller ».
Une fois n’est pas coutume, le « conseiller historique » n’est pas historien, mais un journaliste, multibiographe de ce pape et rédacteur au Figaro (ainsi le dossier final, souvent bien fichu dans ce type de collection, est décevant, relevant plus du journalisme que de l’historien, n’apportant pas la mise en perspective habituelle). L’aspect « historique » - il est vrai plus difficile à appréhender par manque de recul, est ici escamoté, au profit d’une vision particulière, illustrée par le titre de l’une de ses biographie, intitulée « Le Pape qui a vaincu le communisme ». Assimiler systématiquement communisme et stalinisme, voilà un raccourci que je rejette. Dans le lexique final, Staline est présenté comme un « dictateur » (ce qu’il était), alors que Pinochet a droit à « Président du Chili » (et pas dictateur donc !), ce qui pose question quand même. Dans le même lexique, à l’entrée communisme, on trouve : « idéologie marxiste ayant débouché sur la dictature ». Ce genre de raccourcis devenus communs me gênent au plus haut point.
Autre défaut, le dessin, que je n’ai pas forcément aimé, inégal, avec des visages pas toujours ressemblants, un trait parfois grossier, et une colorisation informatique que je n’aime pas.
Par contre, j’ai trouvé intéressante la première moitié de cette biographie, qui retranscrit les jeunes années du futur pape, sa « formation ». J’y ai appris pas mal de chose sur lui, et cela éclaire sa personnalité future. La deuxième moitié, traitant surtout de son rôle de pape, est moins intéressante. En tout cas ne m’a rien appris.
Au final, si Jean-Paul II est un personnage important du dernier quart du XXème siècle, cet album éclaire bien l’avant pape, mais traite d’une façon trop hagiographique et partisane l’œuvre papale (même si certains sujets « gênants » - comme la pédophilie dans l’Église – sont brièvement évoqués vers la fin).
Une biographie qui s’adresse avant tout aux inconditionnels de ce pape, acteur de la guerre froide au rôle réel encore à évaluer.
Note réelle 2,5/5.
J'ai voulu voir comment avaient évolué les comics modernes et comment ça fonctionnait, je n'en lis plus autant qu'à une certaine époque, il m'arrive d'en lire de temps en temps, en évitant un peu les super-héros parce que je ne me reconnais plus vraiment dans ce qu'ils sont devenus, restant sur mes acquis lus dans Strange quand j'étais ado. Mais de temps en temps, je jette un oeil pour voir comment c'est devenu, surtout quand un dessin déchire sa race.
Bon ici, je suis assez mal tombé, c'est une sorte de relecture du mythe de Pandore, ce comics emprunte directement à la Mythologie grecque mais dans un traitement de fantasy. Manque de bol, les auteurs imaginent un récit aux rebondissements souvent maladroits et ridicules, de même que la caution scientifique prête à rire, et les dialogues sont très basiques et par endroits carrément idiots. C'est dommage parce que cette histoire n'était pas plus bête qu'une autre et qu'il y avait un potentiel intéressant, l'ennui c'est que c'est très moyennement exploité, il y avait assurément mieux à faire. L'ensemble peine à convaincre, de même que le dessin n'est guère plus soigné ; certains passages sont corrects graphiquement et les cadrages sont très modernes, les héroïnes sont sexy et ont des silhouettes aguicheuses, mais ailleurs il y a quelques défauts de proportions anatomiques, et la finition est aléatoire.
Au final, on a un comics qui hésite entre Red Sonja et Lara Croft au niveau des personnages féminins, et qui récupère tant bien que mal des éléments mythologiques sans trop savoir comment les utiliser. Un comics très bourrin (mais dans le mauvais sens du terme) qui décidément, ne m'incite guère à poursuivre ma découverte des comics modernes.
Voici une aventure placée sous le sceau du pétrole, c'est Dallas au pays de la vodka ? pas tout à fait, ça a bien évolué depuis, il s'agit d'un récit dont les ressemblances avec le réel sont ouvertement assumées mais sous couvert d'une fiction, avec d'autres noms de personnages, mais le lecteur n'est pas dupe et s'amusera à mettre des noms sur les têtes. Quant aux faits et événements survenus dans cette histoire, je ne saurais dire s'ils font penser à des trucs vrais vu que je ne m'intéresse pas vraiment à la politique internationale russe, et malgré le fait que depuis des mois, on nous rebat les oreilles avec la guerre en Ukraine ; d'ailleurs cette Bd a une saveur particulière au vu de ces événements.
C'est le genre de Bd palpitante à la Desberg ou même à la Van Hamme, car ce sont des sujets qu'ils ont l'habitude de traiter, je ne connais que peu Philippe Gauckler, n'ayant lu de lui que Blue (Humanos) qui n'avait rien à voir et dont le dessin marquait ses débuts. La politique-fiction, c'est bien joli mais ça ne m'a jamais trop passionné, ici on est en plein dedans, et sous sa façade de polar haut de gamme, cette Bd semble (d'après mes faibles connaissances en ce domaine) s'appuyer sur de troublantes réalités, mais explore aussi l'histoire contemporaine de notre monde, ainsi que les joutes perpétuelles entre Russie et Etats-Unis, évoquant certains enjeux de geopolitique mondiale.
Entre complots d'Etat, recherches scientifiques de pointe, assassinats politiques, anticipation et action brut de décoffrage, la bande est une de ces Bd permettant d'appréhender le monde d'aujourd'hui en se divertissant, d'ailleurs ça démarre très vite et le tome 1 donne une impulsion positive qui au départ m'a emballé, seulement voila, tout cet attirail de thriller d'espionnage me laisse en général assez froid, ça ne me passionne que de loin, et ici dès le tome 2 je commençais à m'ennuyer, plusieurs éléments rendent ce récit par endroits très obscur et difficile à comprendre, je n'y ai pris donc aucun plaisir, je n'ai pas capté grand chose à tout ce tintouin oligarchique et russophone, j'ai lu le dernier tome sans conviction en me tardant que ça finisse.
Quant au dessin, c'est pas mal, ça imite en beaucoup moins bien les styles de Philippe Aymond et Philippe Francq, mais si ce genre de bande n'avait pas eu un tel graphisme, je ne l'aurais sûrement pas lue, ce qui prouve qu'un dessin peut grandement m'attirer car c'est ce que je vois en premier sur une Bd, quitte à être déçu d'une histoire. Une Bd qui semble prometteuse comme ça en façade, mais qui sombre vite dans la confusion et la complexité géopolitique.
Dès le début, on est embarqué dans une fuite en avant à l'issue incertaine, l'entrée en matière est prometteuse, on a envie d'en savoir plus, mais le récit patine un peu et ne décolle pas des masses, je pensais que ça allait s'arranger dans le tome 2, mais c'est raté. Total, si l'idée globale est intrigante, le développement est chaotique. C'est une suite d'événements et de rebondissements abracadabrants, on va de bizarreries absolument pas crédibles en invraisemblances pas croyables, on ne peut croire à cette accumulation de péripéties insensées, on nage littéralement dans un océan de conventions invraisemblables, avec en supplément du sexe et des dialogues infantiles.
Quant au dessin , je ne sais pas trop, j'ai l'impression qu'il s'agit d'un retouchage informatique, le trait semble appliqué mais un peu raide. Au final, ce pauvre Cothias n'en finit plus de galvauder son talent dans des scénarios inconsistants, où est passé le brillant scénariste de Les 7 vies de l'épervier ?
Cette série souffre de deux défauts, qui peuvent être rédhibitoires, selon les goûts ou la patience des lecteurs.
D’abord le dessin de Wilson et la colorisation, qui ne sont pas franchement très clairs et lisibles dans le premier tome. Rien à dire techniquement, c’est un dessin très années 1980 réussi, mais il y a dans ce tome inaugural certaines cases que j’ai eu du mal à déchiffrer. Par la suite ça s’améliore. Le dessin devient plus clair et précis, la colorisation s’améliore elle aussi.
Le deuxième défaut vient du fait que l’originalité n’est pas au rendez-vous. C’est de l’aventure SF post-apocalypse classique, avec quelques survivants (dans un vaisseau spatial et sur quelques bouts de la Terre) qui cherchent à s’en sortir. Le côté « dictature », autour du personnage de Steiner au début tourne court, sans que trop d’explications ne soient données.
Pour le reste, cela se laisse lire, c’est assez rythmé, mais l’arrivée de Smolderen au scénario dans le dernier tome ne suffit pas à relancer une intrigue que j’ai trouvée parfois confuse, et qui donc n’est pas suffisamment sortie d’un déjà-vu.
Un emprunt éventuel peut s’envisager, mais je suis resté sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Je n'ai pas accroché avec cette oeuvre de Lax. Superficiellement l'histoire est agréable, dépaysante avec des personnages bien fouillés dans une époque pleine d'opportunités scénaristiques.
Je suis assez partagé sur le graphisme de Blier. J'aime bien ses extérieurs, ses paysages africains ou de la campagne de Haute-Loire mais je trouve son trait sur les visages et expressions moins à mon goût.
Par contre je trouve les couleurs très belles surtout dans les jaunes et ocres dépeignant la savane Sénégalaise.
C'est au niveau du scénario de Lax que je tique. Lax nous propose comme à son habitude un scénario bourré de dénonciations d'injustices. Je ne vais pas le lui reprocher. Mais je trouve qu'il en fait trop et de façon maladroite, avec une pensée occidentale du XXIeme siècle qui colle mal avec l'esprit de l'époque.
J'y ai vu les dénonciations du mariage arrangé ou forcé, des règles de la Tradition, des inégalités sociales homme/femme, du racisme particulièrement choquant des zoos humains et évidemment des tribunaux militaires de 17.
Cela fait beaucoup de thématiques importantes pas forcément traitées à leur juste valeur. Par exemple l'ignominie des zoos humains est traitée en 10 cases c'est très court et quasi insultant pour les pauvres gens dont on rappelle la mémoire (Africains, Canaques, Annamites).
Mais l'axe central du livre n'est pas là. Le scénario est construit sur les relations en parallèle Hubertine/Jean et Ousmane/Ismaïla (sa soeur). Ce sont des relations que je trouve pour le moins bizarres. La relation proposée par Lax entre Ousmane et sa soeur n'a pas de sens pour moi.
Elle est quasi incestueuse et va à l'encontre de la décision du père d'Ousmane et de la Tradition locale ce qui pour moi est totalement inimaginable. Cette vision très occidentale met en grand danger Ismaïla et ses enfants. En laissant mourir Nabu, Ousmane agit exactement de la même façon que Auxence plus tard dans la tranchée. Pire même, puisque Nabu a quatre autres femmes qui risquent de mourir de faim.
La relation Hubertine/Jean est aussi problématique. Comment une femme de caractère (Lax les apprécie) qui fait médecine (rarissime à l'époque) peut entrevoir un avenir commun avec un paysan qui sait à peine lire et écrire, qui doit parler un patois incompréhensible, boire ses 5 litres de vin par jour et a été élevé dans la tradition de la parole de l'homme tout puissant.
Cela ne cadre pas du tout avec le personnage d'Hubertine à mon avis. C'est tellement vrai que Lax rompt cette relation impossible ce qui lui donne la matière pour son tome 2.
C'est finement joué mais pour moi c'est un peu une astuce bâtie sur du sable.
Je n'ai pas été particulièrement convaincu par le récit autobiographique de madame Findakly. Le graphisme de Lewis Trondheim est sans fioriture et sert de simple support au récit de sa femme.
La vraie valeur de l'ouvrage tient dans le récit abondant de la narratrice. Cela se lit facilement même s’il y a de nombreux aller-retour chronologiques et spatiaux.
Comme le souligne Will Eisner les souvenirs d'enfance sont toujours tronqués : "Fiction et réalité, en se mêlant peu à peu à des souvenirs sélectifs, ont débouché sur une réalité subjective." (Au Coeur de la Tempête, intro)
Ils sont souvent embellis quand il s'agit de la vision des parents aimés, ici surtout le père, et presque toujours rapportés de l'expérience d'autres personnes. De plus l'autrice mélange des anecdotes assez insignifiantes avec des passages historiques bien plus importants sans hiérarchiser ces évènements.
L'artiste a une position "d'immigrée" très particulière car Française pouvant trouver immédiatement un logement parisien, s'offrir des vacances à Antibes ou des cours privés à Paris.
Sa critique appuyée de Saddam Hussein me surprend aussi un peu. Tout d'abord cela vient un peu après la bataille, dans les années 80 peu de voix s'élevaient contre le maître de Bagdad alors bon client et même soutenu lors de la guerre contre l'Iran. Ensuite j'ai bien connu plusieurs familles chrétiennes de Mossoul en 2014 et 2015. Elles avaient beaucoup plus d'aversion pour Daesh (sans être islamophobes pour autant) que pour le régime de Saddam Hussein. D'ailleurs un chrétien pouvait atteindre les plus hauts sommets de l'Etat (Tarek Aziz) fait assez rare dans le monde arabo-musulman.
Un récit qui présente une situation particulière pas forcément généralisable.
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Touche pas à mon corps
Je ne connaissais pas l’auteur. J’ai emprunté ce volume en croyant y trouver un témoignage ou une dénonciation des prédateurs sexuels, une sorte de Me Too avant l’heure. Du tout. Perso j’y ai trouvé une espèce de verbiage insignifiant sur la chasteté dans le couple. Tout ça se passe dans le milieu des écrivains, dont je me demande si l’auteur avait bien conscience de décrire un groupe de personnages snobinards ne sachant plus quoi inventer pour ne pas s’emmerder. Bref, le héros, tête à claques à mon goût, un écrivain riche et bien en vue, prônant la chasteté, a le malheur de rencontrer une très jeune fille qu’il trouve appétissante. Elle aime le vieux schnoque, justement parce qu’il n’essaiera pas de coucher. Et bien entendu, il ne pensera plus qu’à ça. Ça papote, ça digresse, ça se pique de philosopher sur le sujet avec les copains dans les salons des beaux quartiers, un verre de champagne à la main… Ça m’emmerde. Je ne vous dis pas s’il la saute ou pas à la fin, c’est le seul suspense. Ou alors, je suis trop basse de plafond pour apprécier les discussions de ce beau monde. Le dessin me fait un peu penser à du Martin Veyron, mais en mieux, il ne m’est pas désagréable et correspond bien l’ambiance de cette histoire. D’ailleurs l’ambiance aussi me fait penser à cet auteur. J’ai l’impression que c’était à la mode à l’époque. Le posteur a classé ça en érotique (???), pas compris. On n’a visiblement pas eu du tout le même ressenti. Un dernier détail, quand on veut faire intello dans une bd, on évite les fautes de conjugaison récurrentes. Toujours le même type de faute, ce n’est plus une coquille, mais un aveu de méconnaissance de la grammaire. Vite lu finalement, passons à autre chose.
Steve Lumour - L'Art de la Winne
Assez moyen cet album de Fabcaro, aussi bien sur le plan du dessin façon Bercovici que du concept. Steve Lumour est un loser qui se croit drôle mais fait des vannes carambar qui ne font rire personne. Son ennemi est un standuper beaucoup plus drôle et connu que lui. Rien de transcendant, un peu longuet. D'ailleurs ça s'est limité à un seul tome. Pas spécialement matière à faire quelque chose de plus.
Les Ineffables
Je trouve que le plus amusant dans l'album est le titre. En effet puisque c'est ineffable, cela devrait être presqu'inexprimable. Or ces strips sont soutenus par un texte abondant, assez vif et parfois drôle. Malgré tout on tourne vite en rond et cela a plus l'aspect d'un exercice de potache qu'une oeuvre bien aboutie. Le graphisme est lui aussi assez dynamique mais je n'accroche pas plus que ça à ces petits personnages un peu en forme d'oeufs ou patates. Une lecture rapide et moyennement intéressante.
Jean-Paul II - "N'ayez pas peur !"
Cette collection m’intéresse d’abord par les alentours des papes étudiés, la mise en perspective éventuelle. Jean-Paul II n’est pas celui dont j’attendais le plus, et cette biographie souffre, par-delà l’orientation catholique du Cerf qui codirige la collection, du parti pris du « conseiller ». Une fois n’est pas coutume, le « conseiller historique » n’est pas historien, mais un journaliste, multibiographe de ce pape et rédacteur au Figaro (ainsi le dossier final, souvent bien fichu dans ce type de collection, est décevant, relevant plus du journalisme que de l’historien, n’apportant pas la mise en perspective habituelle). L’aspect « historique » - il est vrai plus difficile à appréhender par manque de recul, est ici escamoté, au profit d’une vision particulière, illustrée par le titre de l’une de ses biographie, intitulée « Le Pape qui a vaincu le communisme ». Assimiler systématiquement communisme et stalinisme, voilà un raccourci que je rejette. Dans le lexique final, Staline est présenté comme un « dictateur » (ce qu’il était), alors que Pinochet a droit à « Président du Chili » (et pas dictateur donc !), ce qui pose question quand même. Dans le même lexique, à l’entrée communisme, on trouve : « idéologie marxiste ayant débouché sur la dictature ». Ce genre de raccourcis devenus communs me gênent au plus haut point. Autre défaut, le dessin, que je n’ai pas forcément aimé, inégal, avec des visages pas toujours ressemblants, un trait parfois grossier, et une colorisation informatique que je n’aime pas. Par contre, j’ai trouvé intéressante la première moitié de cette biographie, qui retranscrit les jeunes années du futur pape, sa « formation ». J’y ai appris pas mal de chose sur lui, et cela éclaire sa personnalité future. La deuxième moitié, traitant surtout de son rôle de pape, est moins intéressante. En tout cas ne m’a rien appris. Au final, si Jean-Paul II est un personnage important du dernier quart du XXème siècle, cet album éclaire bien l’avant pape, mais traite d’une façon trop hagiographique et partisane l’œuvre papale (même si certains sujets « gênants » - comme la pédophilie dans l’Église – sont brièvement évoqués vers la fin). Une biographie qui s’adresse avant tout aux inconditionnels de ce pape, acteur de la guerre froide au rôle réel encore à évaluer. Note réelle 2,5/5.
War Goddess
J'ai voulu voir comment avaient évolué les comics modernes et comment ça fonctionnait, je n'en lis plus autant qu'à une certaine époque, il m'arrive d'en lire de temps en temps, en évitant un peu les super-héros parce que je ne me reconnais plus vraiment dans ce qu'ils sont devenus, restant sur mes acquis lus dans Strange quand j'étais ado. Mais de temps en temps, je jette un oeil pour voir comment c'est devenu, surtout quand un dessin déchire sa race. Bon ici, je suis assez mal tombé, c'est une sorte de relecture du mythe de Pandore, ce comics emprunte directement à la Mythologie grecque mais dans un traitement de fantasy. Manque de bol, les auteurs imaginent un récit aux rebondissements souvent maladroits et ridicules, de même que la caution scientifique prête à rire, et les dialogues sont très basiques et par endroits carrément idiots. C'est dommage parce que cette histoire n'était pas plus bête qu'une autre et qu'il y avait un potentiel intéressant, l'ennui c'est que c'est très moyennement exploité, il y avait assurément mieux à faire. L'ensemble peine à convaincre, de même que le dessin n'est guère plus soigné ; certains passages sont corrects graphiquement et les cadrages sont très modernes, les héroïnes sont sexy et ont des silhouettes aguicheuses, mais ailleurs il y a quelques défauts de proportions anatomiques, et la finition est aléatoire. Au final, on a un comics qui hésite entre Red Sonja et Lara Croft au niveau des personnages féminins, et qui récupère tant bien que mal des éléments mythologiques sans trop savoir comment les utiliser. Un comics très bourrin (mais dans le mauvais sens du terme) qui décidément, ne m'incite guère à poursuivre ma découverte des comics modernes.
Koralovski
Voici une aventure placée sous le sceau du pétrole, c'est Dallas au pays de la vodka ? pas tout à fait, ça a bien évolué depuis, il s'agit d'un récit dont les ressemblances avec le réel sont ouvertement assumées mais sous couvert d'une fiction, avec d'autres noms de personnages, mais le lecteur n'est pas dupe et s'amusera à mettre des noms sur les têtes. Quant aux faits et événements survenus dans cette histoire, je ne saurais dire s'ils font penser à des trucs vrais vu que je ne m'intéresse pas vraiment à la politique internationale russe, et malgré le fait que depuis des mois, on nous rebat les oreilles avec la guerre en Ukraine ; d'ailleurs cette Bd a une saveur particulière au vu de ces événements. C'est le genre de Bd palpitante à la Desberg ou même à la Van Hamme, car ce sont des sujets qu'ils ont l'habitude de traiter, je ne connais que peu Philippe Gauckler, n'ayant lu de lui que Blue (Humanos) qui n'avait rien à voir et dont le dessin marquait ses débuts. La politique-fiction, c'est bien joli mais ça ne m'a jamais trop passionné, ici on est en plein dedans, et sous sa façade de polar haut de gamme, cette Bd semble (d'après mes faibles connaissances en ce domaine) s'appuyer sur de troublantes réalités, mais explore aussi l'histoire contemporaine de notre monde, ainsi que les joutes perpétuelles entre Russie et Etats-Unis, évoquant certains enjeux de geopolitique mondiale. Entre complots d'Etat, recherches scientifiques de pointe, assassinats politiques, anticipation et action brut de décoffrage, la bande est une de ces Bd permettant d'appréhender le monde d'aujourd'hui en se divertissant, d'ailleurs ça démarre très vite et le tome 1 donne une impulsion positive qui au départ m'a emballé, seulement voila, tout cet attirail de thriller d'espionnage me laisse en général assez froid, ça ne me passionne que de loin, et ici dès le tome 2 je commençais à m'ennuyer, plusieurs éléments rendent ce récit par endroits très obscur et difficile à comprendre, je n'y ai pris donc aucun plaisir, je n'ai pas capté grand chose à tout ce tintouin oligarchique et russophone, j'ai lu le dernier tome sans conviction en me tardant que ça finisse. Quant au dessin, c'est pas mal, ça imite en beaucoup moins bien les styles de Philippe Aymond et Philippe Francq, mais si ce genre de bande n'avait pas eu un tel graphisme, je ne l'aurais sûrement pas lue, ce qui prouve qu'un dessin peut grandement m'attirer car c'est ce que je vois en premier sur une Bd, quitte à être déçu d'une histoire. Une Bd qui semble prometteuse comme ça en façade, mais qui sombre vite dans la confusion et la complexité géopolitique.
Le Sceau de l'Ange
Dès le début, on est embarqué dans une fuite en avant à l'issue incertaine, l'entrée en matière est prometteuse, on a envie d'en savoir plus, mais le récit patine un peu et ne décolle pas des masses, je pensais que ça allait s'arranger dans le tome 2, mais c'est raté. Total, si l'idée globale est intrigante, le développement est chaotique. C'est une suite d'événements et de rebondissements abracadabrants, on va de bizarreries absolument pas crédibles en invraisemblances pas croyables, on ne peut croire à cette accumulation de péripéties insensées, on nage littéralement dans un océan de conventions invraisemblables, avec en supplément du sexe et des dialogues infantiles. Quant au dessin , je ne sais pas trop, j'ai l'impression qu'il s'agit d'un retouchage informatique, le trait semble appliqué mais un peu raide. Au final, ce pauvre Cothias n'en finit plus de galvauder son talent dans des scénarios inconsistants, où est passé le brillant scénariste de Les 7 vies de l'épervier ?
Dans l'ombre du soleil
Cette série souffre de deux défauts, qui peuvent être rédhibitoires, selon les goûts ou la patience des lecteurs. D’abord le dessin de Wilson et la colorisation, qui ne sont pas franchement très clairs et lisibles dans le premier tome. Rien à dire techniquement, c’est un dessin très années 1980 réussi, mais il y a dans ce tome inaugural certaines cases que j’ai eu du mal à déchiffrer. Par la suite ça s’améliore. Le dessin devient plus clair et précis, la colorisation s’améliore elle aussi. Le deuxième défaut vient du fait que l’originalité n’est pas au rendez-vous. C’est de l’aventure SF post-apocalypse classique, avec quelques survivants (dans un vaisseau spatial et sur quelques bouts de la Terre) qui cherchent à s’en sortir. Le côté « dictature », autour du personnage de Steiner au début tourne court, sans que trop d’explications ne soient données. Pour le reste, cela se laisse lire, c’est assez rythmé, mais l’arrivée de Smolderen au scénario dans le dernier tome ne suffit pas à relancer une intrigue que j’ai trouvée parfois confuse, et qui donc n’est pas suffisamment sortie d’un déjà-vu. Un emprunt éventuel peut s’envisager, mais je suis resté sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Amère patrie
Je n'ai pas accroché avec cette oeuvre de Lax. Superficiellement l'histoire est agréable, dépaysante avec des personnages bien fouillés dans une époque pleine d'opportunités scénaristiques. Je suis assez partagé sur le graphisme de Blier. J'aime bien ses extérieurs, ses paysages africains ou de la campagne de Haute-Loire mais je trouve son trait sur les visages et expressions moins à mon goût. Par contre je trouve les couleurs très belles surtout dans les jaunes et ocres dépeignant la savane Sénégalaise. C'est au niveau du scénario de Lax que je tique. Lax nous propose comme à son habitude un scénario bourré de dénonciations d'injustices. Je ne vais pas le lui reprocher. Mais je trouve qu'il en fait trop et de façon maladroite, avec une pensée occidentale du XXIeme siècle qui colle mal avec l'esprit de l'époque. J'y ai vu les dénonciations du mariage arrangé ou forcé, des règles de la Tradition, des inégalités sociales homme/femme, du racisme particulièrement choquant des zoos humains et évidemment des tribunaux militaires de 17. Cela fait beaucoup de thématiques importantes pas forcément traitées à leur juste valeur. Par exemple l'ignominie des zoos humains est traitée en 10 cases c'est très court et quasi insultant pour les pauvres gens dont on rappelle la mémoire (Africains, Canaques, Annamites). Mais l'axe central du livre n'est pas là. Le scénario est construit sur les relations en parallèle Hubertine/Jean et Ousmane/Ismaïla (sa soeur). Ce sont des relations que je trouve pour le moins bizarres. La relation proposée par Lax entre Ousmane et sa soeur n'a pas de sens pour moi. Elle est quasi incestueuse et va à l'encontre de la décision du père d'Ousmane et de la Tradition locale ce qui pour moi est totalement inimaginable. Cette vision très occidentale met en grand danger Ismaïla et ses enfants. En laissant mourir Nabu, Ousmane agit exactement de la même façon que Auxence plus tard dans la tranchée. Pire même, puisque Nabu a quatre autres femmes qui risquent de mourir de faim. La relation Hubertine/Jean est aussi problématique. Comment une femme de caractère (Lax les apprécie) qui fait médecine (rarissime à l'époque) peut entrevoir un avenir commun avec un paysan qui sait à peine lire et écrire, qui doit parler un patois incompréhensible, boire ses 5 litres de vin par jour et a été élevé dans la tradition de la parole de l'homme tout puissant. Cela ne cadre pas du tout avec le personnage d'Hubertine à mon avis. C'est tellement vrai que Lax rompt cette relation impossible ce qui lui donne la matière pour son tome 2. C'est finement joué mais pour moi c'est un peu une astuce bâtie sur du sable.
Coquelicots d'Irak
Je n'ai pas été particulièrement convaincu par le récit autobiographique de madame Findakly. Le graphisme de Lewis Trondheim est sans fioriture et sert de simple support au récit de sa femme. La vraie valeur de l'ouvrage tient dans le récit abondant de la narratrice. Cela se lit facilement même s’il y a de nombreux aller-retour chronologiques et spatiaux. Comme le souligne Will Eisner les souvenirs d'enfance sont toujours tronqués : "Fiction et réalité, en se mêlant peu à peu à des souvenirs sélectifs, ont débouché sur une réalité subjective." (Au Coeur de la Tempête, intro) Ils sont souvent embellis quand il s'agit de la vision des parents aimés, ici surtout le père, et presque toujours rapportés de l'expérience d'autres personnes. De plus l'autrice mélange des anecdotes assez insignifiantes avec des passages historiques bien plus importants sans hiérarchiser ces évènements. L'artiste a une position "d'immigrée" très particulière car Française pouvant trouver immédiatement un logement parisien, s'offrir des vacances à Antibes ou des cours privés à Paris. Sa critique appuyée de Saddam Hussein me surprend aussi un peu. Tout d'abord cela vient un peu après la bataille, dans les années 80 peu de voix s'élevaient contre le maître de Bagdad alors bon client et même soutenu lors de la guerre contre l'Iran. Ensuite j'ai bien connu plusieurs familles chrétiennes de Mossoul en 2014 et 2015. Elles avaient beaucoup plus d'aversion pour Daesh (sans être islamophobes pour autant) que pour le régime de Saddam Hussein. D'ailleurs un chrétien pouvait atteindre les plus hauts sommets de l'Etat (Tarek Aziz) fait assez rare dans le monde arabo-musulman. Un récit qui présente une situation particulière pas forcément généralisable.